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CHAPITRE 42
VIE D’ENFANCE
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Chemin n°875
N’oublie pas, petit sot, que l’Amour t’a rendu tout-puissant.
Chemin n°876
Enfant, ne perds pas ton habitude, pleine d’amour, d’“ assaillir ” les tabernacles.
Chemin n°877
Quand je t’appelle “ enfant sage ”, ne crois pas que je t’imagine timide et pusillanime. — Si tu n’es pas viril et… normal, au lieu d’être un apôtre, tu en seras la risible caricature.
Chemin n°878
Enfant sage, dis souvent à Jésus dans la journée : je t’aime, je t’aime, je t’aime…
Chemin n°879
Ne t’attriste pas, lorsque tes misères t’affligeront. — Glorifie-toi dans tes faiblesses, comme saint Paul, parce qu’il est permis aux enfants d’imiter les grands sans crainte du ridicule.
Chemin n°880
Que tes fautes et tes imperfections, et même tes chutes graves ne t’écartent pas de Dieu. — S’il est avisé, l’enfant faible s’arrange pour être tout près de son père.
Chemin n°881
Ne t’inquiète pas s’il t’arrive de te fâcher quand tu fais les petites choses, qu’Il te demande. — Tu finiras bien par sourire…
La friandise qu’il a en main, tu sais avec quelle mauvaise grâce l’enfant simple la tend à son père qui le met à l’épreuve. — Cependant il la lui donne : victoire de l’amour.
Chemin n°882
Lorsque tu veux faire les choses bien, très bien, tu n’aboutis qu’à les faire mal. — Humilie-toi devant Jésus. Dis-lui : As-tu vu comme je m’y prends mal pour tout ? — Si tu ne m’aides pas beaucoup, je m’y prendrais plus mal encore !
Aie compassion de ton enfant. Tu sais que chaque jour je veux ajouter une belle page au livre de ma vie…, mais je suis tellement maladroit ! Si le divin Maître ne guide pas ma main, au lieu de jambages bien déliés, ma plume ne tracera que griffonnages et ratures à ne montrer à personne.
Désormais, Jésus, nous écrions toujours ensemble.
Chemin n°883
Je reconnais ma maladresse, mon Amour : elle est si grande…, si grande, que je fais souffrir alors même que je veux caresser. — Adoucis les manières de mon âme ; donne-moi, je veux que tu me donnes avec la robuste virilité de la vie d’enfance, cette délicatesse, ces câlins des enfants tout petits, qui traitent leurs parents dans une intime effusion d’amour.
Chemin n°884
Tu es chargé de misères. — Tu le vois chaque jour plus clairement. — Mais qu’elles ne t’effraient pas. — Lui sait bien que tu ne peux donner plus de fruits.
À cause de tes chutes involontaires — chutes d’enfant — Dieu ton Père ne te portera que plus d’attention, sans oublier que la main affectueuse de Marie ta Mère ne lâchera pas la tienne. Profites-en, et lorsque chaque jour le Seigneur te relève, embrasse-le de toutes tes forces et pose ta pauvre tête sur sa poitrine ouverte, pour que les battements de son Cœur infiniment aimable achèvent de te rendre fou.
Chemin n°885
Une piqûre. — Une autre et encore une autre. — Supporte-les ! Tu es si petit, ne l’oublie pas, que dans ta vie — sur ton petit chemin — tu ne peux offrir que ces petites croix.
Et puis, écoute-moi, une croix sur une autre — une piqûre…, et une autre… — quel grand tas cela fait !
Enfant, tu auras finalement su faire une très grande chose : aimer.
Chemin n°886
Lorsqu’une âme d’enfant exprime au Seigneur le désir d’être graciée, elle doit le faire avec la certitude d’être très vite exaucée. Jésus l’allégera alors de la traîne immonde de ses misères passées. Il la soulagera du poids mort, reliquat de toutes les impuretés, qui la retient collée au sol. Il rejettera loin de l’enfant tout le poids terrestre de son cœur afin qu’il s’élève jusqu’à la majesté de Dieu, pour se fondre en lui, vive flamme d’Amour.
Chemin n°887
Ce découragement provoqué par tes manques de générosité, tes chutes, tes reculs — qui ne sont peut-être qu’apparents — te donne souvent l’impression d’avoir brisé quelque chose de grande valeur (ta sanctification).
Ne t’inquiète pas. Transpose dans la vie surnaturelle la sagesse des enfants simples pour résoudre de pareils conflits.
Ils ont brisé — par maladresse, le plus souvent — un objet auquel leur père tenait beaucoup. — Ils le regrettent, ils pleurent peut-être, mais… vont apaiser leur chagrin auprès de celui à qui appartenait l’objet détruit par leur gaucherie… Et le père en oublie la valeur, si grande soit-elle. Plein de tendresse, non seulement il pardonne, mais il console et réconforte le tout-petit. — Que cela t’inspire.
Chemin n°888
Que votre prière soit virile. — Être enfant, ce n’est pas être efféminé.
Chemin n°889
Pour qui aime Jésus, l’oraison, même l’oraison dans l’aridité, est le baume qui adoucit tous les chagrins : on se rend à la prière avec la convoitise de l’enfant pour les sucreries, après avoir avalé la potion amère.
Chemin n°890
Tu es distrait pendant la prière. — Essaie d’éviter les distractions. Cependant ne t’inquiète pas si, malgré tout, elles persistent.
Ne vois-tu pas comme, dans la vie courante, même les enfants les plus sages, s’amusent et se divertissent de ce qui les entoure sans prêter attention, bien souvent, aux leçons de leur père ? — Ce n’est là ni manque d’amour, ni manque de respect, c’est la misère et la faiblesse propres à l’enfant.
Eh bien, toi, tu es un enfant devant Dieu.
Chemin n°891
Lorsque tu fais oraison, fais circuler les idées importunes à la manière d’un agent de police. Tu as, pour cela, l’énergique volonté propre à ta vie d’enfant. — Arrête à l’occasion telle ou telle pensée pour recommander à Dieu les protagonistes de ces souvenirs importuns.
Et alors, en avant… ! Jusqu’à la dernière seconde du temps fixé. — Réjouis-toi quand ta prière ainsi faite t’a semblé inutile. Sois certain que tu as su plaire à Jésus.
Chemin n°892
Qu’il est bon d’être enfant ! — Quand un homme sollicite une faveur, il doit faire valoir ses mérites à l’appui de sa demande.
Quand c’est un enfant qui demande — les enfants n’ont pas de mérites — il suffit qu’il déclare : je suis fils d’Untel.
Seigneur ! — dis-le-lui de toute ton âme ! — je suis… fils de Dieu !
Chemin n°893
Persévérer. — Un enfant qui frappe à une porte, frappe une fois, deux fois, de multiples fois…, fort et longtemps, avec effronterie ! Et celui qui vient ouvrir, d’abord agacé, est ensuite désarmé par la candeur du gamin importun… — Il en est de même pour toi avec Dieu.
Chemin n°894
As-tu bien observé comment les enfants remercient ? — Imite-les en disant comme eux à Jésus, pour ce qui t’est favorable comme pour ce qui t’est adverse : “ Que tu es bon, que tu es bon !… ”
Cette affirmation bien sentie, c'est le chemin d’enfance. Elle t'obtiendra la paix, certes avec une bonne mesure de rires et de larmes, mais avec aussi un Amour sans limites ni mesure.
Chemin n°895
Le travail accable ton corps et tu ne peux prier. Tu demeures toujours en présence de ton Père. — Si tu ne lui parles pas, regarde-le de temps à autre comme un tout petit enfant… et il te sourira.
Chemin n°896
Dans ton action de grâces après la communion, me dis-tu, la première chose qui te vient aux lèvres, sans que tu n’y puisses rien, c’est une demande… : Jésus, donne-moi ceci ; Jésus, telle âme ; Jésus, tel apostolat.
Ne t’inquiète pas, ne te force pas. Ne vois-tu pas que le père étant bon et l’enfant simple et hardi, le tout-petit met les mains dans les poches de son père à la recherche de friandises, avant même de l’embrasser pour lui dire bonjour ? — Alors…
Chemin n°897
Avec la grâce, notre volonté est toute puissante devant Dieu. — Si nous disons à Jésus, par exemple dans un tramway, en pensant à toutes les offenses que l’on fait au Seigneur, et dans un mouvement efficace de la volonté : “ Mon Dieu, je voudrais faire autant d’actes d’amour et de réparation que les roues de cette rame font de tours ”, à cet instant même, nous l’avons réellement aimé et dédommagé à la mesure de notre désir.
Avec une telle “ puérilité ”, on est toujours dans le domaine de l’enfance spirituelle, de l’éternel dialogue entre l’enfant candide et le père qui est fou de son enfant :
— Combien m’aimes-tu ? Dis-le moi ! — Et le tout-petit articule : des mil-lions, des mil-lions !
Chemin n°898
Si tu as la “ vie d’enfance ”, parce que tu es enfant, tu dois être spirituellement gourmand.
— Comme ceux de ton âge, souviens-toi des bonnes choses que ta Mère tient en réserve.
Et cela, souvent dans la journée. — C’est une question de secondes… Marie… Jésus… le tabernacle… la communion… l’Amour… la souffrance… les âmes bénies du purgatoire… ceux qui luttent ici-bas : le pape, les prêtres… les fidèles… ton âme… les âmes des tiens… les anges gardiens… les pécheurs…
Chemin n°899
Comme cette petite mortification te coûte ! — Tu luttes. — C’est comme si l’on te disait : à quoi bon te plier si fidèlement à un plan de vie, à une horloge ? — Allons : tu sais avec quelle facilité on trompe les tout-petits. — Ils ne veulent pas prendre le médicament amer et on leur dit : cette cuillerée pour papa, cette autre pour grand-mère… Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’ils aient avalé toute la dose.
De même pour toi : un quart d’heure de plus de cilice pour les âmes du purgatoire ; cinq minutes de plus pour tes parents ; cinq autres minutes pour tes frères d’apostolat… jusqu’à ce que tu aies épuisé le temps prévu par ton horaire.
Ta mortification accomplie de la sorte, quelle valeur n’a-t-elle pas !
Chemin n°900
Tu n’es pas seul. — Supporte avec joie ta tribulation. — Pauvre enfant, tu ne sens pas dans ta main la main de ta Mère, c’est vrai. — Mais… as-tu vu les mères d’ici-bas, bras tendus, suivre leurs petits quand ils s’aventurent tout tremblants à faire leurs premiers pas sans l’aide de quiconque ? — Tu n’es pas seul : Marie est près de toi.
Chemin n°901
Jésus ! Jamais je ne pourrai, même si je mourais d’Amour, te payer la grâce que tu m’as prodiguée en me rendant petit.

CHAPITRE 43
APPEL
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Chemin n°902
Pourquoi ne te donnes-tu pas à Dieu une fois pour toutes…, pour de bon…, à l’instant même ?
Chemin n°903
Si tu vois clairement ton chemin, suis-le.
— Pourquoi ne rejettes-tu pas la lâcheté qui te retient ?
Chemin n°904
“ Allez, prêchez l’Évangile… Je serai avec vous… ” — Voilà ce qu’a dit Jésus… et il te l’a dit à toi.
Chemin n°905
L’élan patriotique — louable — porte beaucoup d’hommes à faire de leur vie un “ service ”, une “ milice ”. — N’oublie pas que le Christ a, lui aussi, je te le rappelle, des “ milices ” et des hommes choisis à son “ service ”.
Chemin n°906
Et regni eius non erit finis : son règne n’aura pas de fin !
Ne te réjouis-tu pas de travailler pour un tel royaume ?
Chemin n°907
Nesciebatis quia in his quæ Patris mei sunt opportet me esse ? Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ?
Réponse de Jésus adolescent. Et réponse à une mère comme sa Mère, qui le recherche depuis trois jours et le croit perdu. — Réponse qui a pour complément ces paroles du Christ, que transcrit saint Matthieu : “ Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi. ”
Chemin n°908
Il est trop simple de ta part de juger la valeur des entreprises apostoliques sur ce que l’on en voit.
— À ce compte, tu devrais préférer un quintal de charbon à une poignée de diamants.
Chemin n°909
Maintenant que tu lui as fait le don de toi-même, demande-lui une vie nouvelle, demande-lui d’apposer sur toi un “ sceau ” qui affermisse l’authenticité de ta mission d’homme de Dieu.
Chemin n°910
Tout cela — ton idéal, ta vocation —, c’est… une folie. — Et les autres — tes amis, tes frères — ce sont des fous…
N’as-tu jamais entendu ce cri tout au fond de toi-même ? — Réponds carrément que tu remercies Dieu pour l’honneur d’appartenir à cet “ asile de fous ”.
Chemin n°911
Tu m’écris : “ Le désir véhément que nous avons tous de voir “ cela ” marcher et se développer, on dirait qu’il tourne en impatience. Quand cela va-t-il bondir, éclater ?… Quand verrons-nous le monde à nous ? ”
Et tu ajoutes : “ Ce désir ne sera pas inutile si nous lui donnons libre cours pour “ forcer ” et importuner le Seigneur : nous aurons alors gagné un temps énorme. ”
Chemin n°912
Je m’explique ta souffrance lorsque, dans ton inactivité forcée, tu considères le travail qui reste à faire. — La planète n’est pas assez large pour contenir ton cœur et tu dois t’accommoder… d’un petit travail de bureau.
Mais pour quand donc gardes-tu le fiat, qu’il en soit ainsi, de Marie ?…
Chemin n°913
N’en doute pas : ta vocation est la plus haute grâce que le Seigneur ait pu t’accorder. — Remercie-le.
Chemin n°914
Comme on souffre de voir ces multitudes — du haut, du bas et du milieu — sans idéal ! — Elles donnent l’impression de ne pas savoir qu’elles ont une âme ; elles sont… harde, bande, troupeau.
Jésus ! avec l’aide de ton Amour miséricordieux nous changerons la harde en troupe, la bande en armée… et du troupeau, nous séparerons, purifiés, ceux qui en ont assez d’être avilis.
Chemin n°915
Les œuvres de Dieu ne sont ni des leviers ni des échelons.
Chemin n°916
Seigneur, fais de nous des fous, de cette folie contagieuse qui en attirera beaucoup à ton apostolat.
Chemin n°917
Nonne cor nostrum ardens erat in nobis, dum loqueretur in via ? Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au fond de nous, quand il nous parlait en chemin ?
Si tu es apôtre, ces paroles des disciples d’Emmaüs devraient venir spontanément aux lèvres de tes collègues de travail après t’avoir rencontré sur le chemin de leur vie.
Chemin n°918
Si tu t’engages dans l’apostolat, c’est pour tout donner, non pour rechercher un quelconque avantage terrestre.
Chemin n°919
En te voulant apôtre, le Seigneur t’a rappelé, pour que jamais tu ne l’oublies, que tu es “ enfant de Dieu ”.
Chemin n°920
Chacun de vous doit s’efforcer d’être un apôtre d’apôtres.
Chemin n°921
Tu es sel, âme d’apôtre. — Bonum est sal, le sel est bon, lit-on dans le saint Évangile, si autem sal evanuerit — mais si le sel s’affadit…, il ne vaut rien, ni pour les labours, ni pour le fumier ; on le jette comme inutile.
Tu es sel, âme d’apôtre. — Mais si tu t’affadis…
Chemin n°922
Si tu aimes ton apostolat, mon enfant, sois certain que tu aimes Dieu.
Chemin n°923
Le jour où tu le “ sentiras ” bien, ton apostolat sera pour toi la cuirasse où se briseront tous les assauts de tes ennemis sur terre et de l’enfer.
Chemin n°924
Ne cesse pas de demander la persévérance pour toi et pour tes compagnons d’apostolat. Notre adversaire, le démon, sait trop bien que vous êtes ses grands ennemis… et une chute dans vos rangs, comme il en est satisfait !
Chemin n°925
De même qu’un religieux zélé s’efforce de savoir comment vivaient les premiers membres de son ordre ou de sa congrégation, de manière à régler sur eux sa conduite, toi, chrétien fervent et homme de bien, efforce-toi de connaître et d’imiter la vie des disciples de Jésus, qui connurent Pierre, Paul et Jean, et furent presque les témoins de la mort et de la Résurrection du Maître.
Chemin n°926
Tu m’interroges…, et je te réponds : ta perfection consiste à vivre parfaitement à l’endroit, dans la profession et au rang où Dieu t’a placé, par la voie de l’autorité.
Chemin n°927
Priez les uns pour les autres. — Celui-là faiblit ?… Tel autre… ?
Continuez de prier sans perdre la paix. — Ils s’en vont ? Ils se perdent ?… Le Seigneur vous a comptés de toute éternité !
Chemin n°928
Tu as raison. — Dans le panorama qu’on découvre au sommet et qui s’étend sur des kilomètres, m’écris-tu, on n’aperçoit pas une seule plaine : derrière chaque montagne, une autre montagne. Lorsque le paysage semble en quelque endroit s’adoucir, la brume qui se dissipe laisse paraître un massif jusqu’alors resté caché.
Tel est, tel doit être l’horizon de ton apostolat : il faut parcourir le monde. Nul chemin cependant n’est préparé pour vous… Vous devrez le frayer à travers les montagnes, à la force de vos pas.

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