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CHAPITRE 7
PÉNITENCE
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Chemin n°208
Bénie soit la douleur. — Aimée soit la douleur. — Sanctifiée soit la douleur… Glorifiée soit la douleur !
Chemin n°209
C’est tout un programme que l’apôtre Paul nous trace pour apprendre avec profit la matière de la douleur : spe gaudentes, joyeux par l’espérance, in tribulatione patientes, endurants dans l’épreuve, orationi instantes, constants dans la prière.
Chemin n°210
Expiation : voilà le sentier qui mène à la Vie.
Chemin n°211
Par la pénitence, enterre tes négligences, tes offenses, tes péchés dans la fosse profonde qu’ouvrira ton humilité. — Ainsi le laboureur enfouit, au pied de l’arbre qui les a produits, les fruits pourris, les brindilles sèches, les feuilles mortes. — Et ce qui était stérile, ou plutôt nuisible, contribue efficacement à une nouvelle fécondité.
Apprends à tirer de tes chutes un élan : de la mort, la vie.
Chemin n°212
Ce Christ, que tu vois, n’est pas Jésus. — C’est tout au plus la triste image que peuvent former tes yeux troubles… — Purifie-toi. Clarifie ton regard dans l’humilité et la pénitence. Ensuite… la clarté lumineuse de l’Amour ne te manquera pas. Et ta vision sera parfaite. Ton image sera réellement la sienne : Lui.
Chemin n°213
Jésus souffre pour accomplir la Volonté du Père… Et tu veux, toi aussi, accomplir la très sainte Volonté de Dieu en suivant les pas du Maître. Dès lors, comment pourrais-tu te plaindre d’avoir la souffrance comme compagne de route ?
Chemin n°214
Dis à ton corps : je préfère t’avoir pour esclave que d’être le tien.
Chemin n°215
Comme les gens ont peur de l’expiation ! Ce qu’ils font pour plaire au monde, s’ils le faisaient pour Dieu en rectifiant leur intention, comme certains hommes et certaines femmes seraient donc saints !
Chemin n°216
Tu pleures ! — N’aie pas honte. Pleure. Oui, les hommes pleurent aussi, comme toi, dans la solitude et devant Dieu. — La nuit, dit le roi David, j’inonderai mon lit de larmes.
Par ces larmes, brûlantes et viriles, tu peux purifier ton passé et rendre surnaturelle ta vie actuelle.
Chemin n°217
Je te veux heureux sur terre. — Tu ne le seras pas, si tu ne te délivres pas de cette peur de la souffrance. Car, tant que nous “ cheminons ”, c’est précisément dans la souffrance que réside le bonheur.
Chemin n°218
Qu’il est beau de perdre la vie pour la Vie !
Chemin n°219
Si tu sais que ces souffrances — physiques ou morales — sont purification et mérite, bénis-les.
Chemin n°220
Ne te laisse-t-il pas un goût désagréable, ce souhait de bien-être physiologique — “ que Dieu vous donne la santé ” — par lequel certains pauvres vous remercient d’une aumône ou la réclament ?
Chemin n°221
Si nous sommes généreux dans l’expiation volontaire, Jésus nous comblera de grâce pour nous permettre d’aimer les expiations qu’il nous enverra.
Chemin n°222
Que, par l’expiation, ta volonté exige de tes sens ce que les autres facultés lui refusent dans l'oraison.
Chemin n°223
Que la pénitence a peu de prix, sans une constante mortification !
Chemin n°224
Tu as peur de la pénitence ?… Cette pénitence qui t’aidera à gagner la Vie éternelle ? — Ne vois-tu donc pas, en revanche, comment, pour conserver cette pauvre vie d’à présent, les hommes se soumettent aux mille tortures d’une sanglante opération chirurgicale ?
Chemin n°225
Ton plus grand ennemi, c’est toi-même.
Chemin n°226
Traite ton corps charitablement, mais pas avec plus de charité que tu n’en aurais pour un ennemi déloyal.
Chemin n°227
Puisque tu sais que ton corps est ton ennemi et l’ennemi de la gloire de Dieu, parce qu’il l’est de ta sanctification, pourquoi le traites-tu avec tant de mollesse ?
Chemin n°228
“ Passez un bon après-midi ”, nous a-t-on dit, selon la coutume. Réflexion d’une âme pénétrée de Dieu : “ Que ce souhait est donc court ! ”
Chemin n°229
Avec toi, Jésus, que la souffrance est douce, et lumineuse l’obscurité !
Chemin n°230
Tu souffres ! — Écoute-moi bien : “ Lui ” n’a pas le Cœur plus petit que le nôtre. — Tu souffres ? Cela te convient !
Chemin n°231
Le jeûne rigoureux est une pénitence très agréable à Dieu. — Mais, les uns comme les autres, nous nous sommes tous relâchés. Il n’y a pas d’inconvénient, au contraire, si ton directeur l’approuve, à ce que tu jeûnes fréquemment.
Chemin n°232
Motifs de pénitence ? Expiation, réparation, demande, action de grâces : moyens pour aller de l’avant…, pour toi, pour moi, pour les autres, pour ta famille, pour ton pays, pour l’Église… Et mille autres motifs.
Chemin n°233
Ne fais pas pénitence au-delà de ce que te permet ton directeur.
Chemin n°234
Comme nous ennoblissons la souffrance, en lui assignant la place qui lui revient (expiation) dans l’économie de l’esprit !

CHAPITRE 8
EXAMEN DE CONSCIENCE
235 • 236 • 237 • 238 • 239 • 240 • 241 • 242 • 243 • 244 • 245 • 246
Chemin n°235
Examen. — Tâche quotidienne. — Comptabilité que ne néglige jamais celui qui gère un commerce.
Or y a-t-il affaire plus importante que celle de la vie éternelle ?
Chemin n°236
Au moment de ton examen de conscience, prends garde au démon muet.
Chemin n°237
Examine-toi. Lentement, avec courage. — Ta mauvaise humeur et ta tristesse sans cause — apparemment sans cause — n’est-il pas vrai qu’elles procèdent de ton hésitation à briser les liens subtils, mais “ concrets ”, tissés sournoisement, artificieusement, par ta concupiscence ?
Chemin n°238
L’examen général est comme une défense.
— L’examen particulier, comme une attaque. — Le premier est l’armure. Le second, l’épée de Tolède.
Chemin n°239
Un regard sur le passé. Et… t’en lamenter ? Non : c’est stérile. — Apprendre : voilà qui est fécond.
Chemin n°240
Demande la lumière. — Insiste jusqu’à mettre à nu la racine. Alors tu pourras t’y attaquer avec cette arme offensive qu’est l’examen particulier.
Chemin n°241
Par l’examen particulier, tu dois tendre directement à l’acquisition d’une vertu déterminée, ou a l’extirpation de ton défaut dominant.
Chemin n°242
“ En tant que chrétien, que ne dois-je pas à Dieu ! Pour n’avoir pas acquitté cette dette, j’ai pleuré de douleur : douleur d’amour. Mea culpa ! ” — Il est bon que tu commences à reconnaître tes dettes ; mais n’oublie pas qu’elles se paient avec des larmes… et avec des œuvres.
Chemin n°243
Qui fidelis est in minimo et in majori fidelis est : qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les grandes. — Saint Luc te signale par ces mots la racine de tes égarements. Fais ton examen.
Chemin n°244
Réagis. — Écoute ce que te dit le Saint-Esprit : Si inimicus meus maledixisset mihi, sustinuissem utique, que mon ennemi m’offense, ce n’est pas surprenant et c’est plus tolérable. Mais toi… tu vero homo unanimis, dux meus, et notus meus, qui simul mecum dulces capiebas, toi, mon ami, mon apôtre, qui t’assieds à ma table et manges avec moi des mets savoureux !
Chemin n°245
Les jours de retraite, ton examen doit être plus profond et plus étendu que celui de chaque soir.
— Sinon tu perdras une grande occasion de rectifier.
Chemin n°246
Achève toujours ton examen par un acte d’amour — douleur d’amour — pour toi, pour tous les péchés des hommes… — Et considère avec quel soin paternel Dieu a écarté les obstacles de ton chemin pour que tu ne trébuches pas.

CHAPITRE 9
RÉSOLUTIONS
247 • 248 • 249 • 250 • 251 • 252 • 253 • 254 • 255 • 256 • 257
Chemin n°247
Sois concret. — Que tes résolutions ne soient pas ces feux de Bengale qui brillent un instant et dont il ne reste, amère réalité, qu’un bout de bois noirci et inutile qu’on rejette avec mépris.
Chemin n°248
Tu es si jeune ! — Tu me fais penser à un bateau qui prend le large. — Cette légère déviation de maintenant, si tu ne la corriges pas au départ, finira par t’empêcher d’arriver à bon port.
Chemin n°249
Prends peu de résolutions. — Prends des résolutions concrètes. — Et, avec l’aide de Dieu, tiens-les.
Chemin n°250
Tu m’as dit : “ Oui, je veux être saint ”, et je t’ai écouté en silence ; même si cette affirmation, si floue, si générale, me semble d’ordinaire une sottise.
Chemin n°251
Demain ! Parfois, c’est de la prudence ; très souvent, c’est le mot des vaincus.
Chemin n°252
Prends cette résolution claire et ferme : devant les honneurs et les louanges, te rappeler ce qui te fait honte et ce qui te fait rougir.
C’est là ton lot ; la louange et la Gloire sont à Dieu.
Chemin n°253
Comporte-toi bien “ maintenant ”, sans te souvenir “ d’hier ”, déjà passé, ni te préoccuper de “ demain ”, dont tu ignores s’il arrivera pour toi.
Chemin n°254
Maintenant ! Reviens à ta vie de droiture dès maintenant. — Ne t’y trompe pas : “ maintenant ”, ce n’est ni trop tôt… ni trop tard.
Chemin n°255
Veux-tu que je te dise tout ce que je pense de “ ton chemin ” ? — Eh bien, voilà : si tu réponds à l’appel, tu travailleras pour le Christ à l’égal du meilleur ; si tu deviens homme de prière, tu répondras alors au chemin dont je viens de te parler et tu aspireras, avide de sacrifice, aux plus durs travaux…
Et tu seras heureux ici-bas, puis pleinement heureux dans la Vie.
Chemin n°256
Cette plaie te fait mal. — Mais elle est en bonne voie de guérison : sois conséquent avec tes résolutions. Et bientôt la souffrance deviendra paix joyeuse.
Chemin n°257
Tu es comme un sac de sable. — Tu ne fais rien de ton côté. Il n’est donc pas surprenant que tu commences à éprouver les symptômes de la tiédeur. — Réagis.

CHAPITRE 10
SCRUPULES
258 • 259 • 260 • 261 • 262 • 263 • 264
Chemin n°258
Repousse ces scrupules qui te privent de la paix. — Ce qui enlève la paix de l’âme ne vient pas de Dieu.
Lorsque Dieu te visitera, tu connaîtras la vérité de ces saluts : Je vous donne ma paix…, je vous laisse ma paix…, que la paix soit avec vous…, et cela, au sein même de la tribulation.
Chemin n°259
Encore les scrupules ! — Parle avec simplicité et clarté à ton directeur.
Obéis… et ne rapetisse pas le Cœur débordant d’amour du Seigneur.
Chemin n°260
Tristesse, accablement. Cela ne m’étonne pas : c’est le nuage de poussière soulevé par ta chute. Mais assez ! Le vent de la grâce n’aurait-il pas chassé au loin ce nuage ?
Et puis ta tristesse, si tu ne la repousses pas, pourrait bien être aussi l’enveloppe de ton orgueil. — Te croyais-tu donc parfait et impeccable ?
Chemin n°261
Je te défends d’y penser plus longtemps. — En revanche, bénis Dieu qui a rendu la vie à ton âme.
Chemin n°262
Ne pense plus à ta chute. — Outre que cette pensée te recouvre et t’écrase comme une dalle, elle deviendrait facilement pour toi l’occasion de tentations prochaines. — Le Christ t’a pardonné : oublie le vieil homme.
Chemin n°263
Ne te décourage pas. — Je t’ai vu lutter… ; ta défaite d’aujourd’hui est un entraînement en vue de la victoire définitive.
Chemin n°264
Tu t’es bien comporté…, malgré cette chute si profonde. — Mais oui, tu t’es bien comporté, parce que tu t’es humilié, parce que tu as rectifié, parce que tu t’es rempli d’espérance, et l’espérance t’a ramené à l’amour. — Ne prends pas cet air ébahi : tu t’es bien comporté ! — Tu t’es relevé : surge, et la voix puissante a de nouveau retenti, et ambula ! Maintenant, au travail !

CHAPITRE 11
PRÉSENCE DE DIEU
265 • 266 • 267 • 268 • 269 • 270 • 271 • 272 • 273 • 274 • 275 • 276 • 277 • 278
Chemin n°265
Les enfants… Comme ils essaient de bien se tenir en présence de leurs parents !
Et les fils de roi, en présence du roi leur père, comme ils s’efforcent de garder la dignité royale !
Et toi…, ne sais-tu pas que tu es toujours en présence du grand Roi, Dieu, ton Père ?
Chemin n°266
Ne prends aucune décision, sans t’attarder à considérer la question en présence de Dieu.
Chemin n°267
Il faut se convaincre que Dieu est continuellement près de nous. — Nous vivons comme si le Seigneur était loin, là-haut, où brillent les étoiles, et nous ne voyons pas qu’il est aussi toujours à nos côtés.
Et il est là, comme un Père aimant. — Il aime chacun de nous plus que toutes les mères du monde ne peuvent aimer leurs enfants. — Il nous aide, nous inspire, nous bénit… et nous pardonne.
Que de fois n’avons-nous pas déridé nos parents, en leur disant, après une espièglerie : je ne le ferai plus ! — Peut-être le jour même sommes-nous retombés.
— Et notre père, avec une dureté feinte dans la voix et le visage sévère, nous a réprimandés…, alors même que son cœur était attendri ; il connaissait notre faiblesse, et pensait : pauvre enfant, comme il s’efforce de bien faire !
Il faut nous en pénétrer, nous en saturer : le Seigneur, qui est à la fois près de nous et dans les cieux, est un Père et vraiment un Père pour nous.
Chemin n°268
Habitue-toi à élever ton cœur vers Dieu en action de grâces, et souvent dans la journée. — Parce qu’il te donne ceci ou cela. — Parce qu’on t’a humilié. — Parce que tu ne possèdes pas ce dont tu as besoin, ou parce que tu le possèdes.
Parce que sa Mère, qui est aussi ta Mère, il l’a voulue si belle. — Parce qu’il a créé le soleil et la lune, et cet animal et cette plante. — Parce qu’il a donné à celui-ci d’être éloquent et à toi de bredouiller…
Remercie-le de tout, parce que tout est bon.
Chemin n°269
Ne sois pas aveugle ou étourdi au point de ne pas pénétrer en esprit dans chaque tabernacle, lorsque tu aperçois les murs ou les clochers des maisons du Seigneur. — Il t’attend.
Ne sois pas aveugle ou étourdi au point d’oublier de réciter ne serait-ce qu’une oraison jaculatoire à Marie Immaculée, lorsque tu viens à passer près des lieux où tu sais qu’on offense le Christ.
Chemin n°270
N’es-tu pas heureux de découvrir, sur ton trajet habituel dans les rues de la ville, un nouveau tabernacle ?
Chemin n°271
Vœux d’une âme de prière : que Jésus soit dans nos intentions notre but ; dans nos affections, notre Amour ; dans nos propos, notre sujet ; dans nos actes, notre modèle.
Chemin n°272
Recours à ces saints “ procédés humains ” que je t’ai conseillés pour ne pas perdre la présence de Dieu : oraisons jaculatoires, actes d’amour et de réparation, communions spirituelles, “ regards ” à l’image de Notre Dame…
Chemin n°273
Seul ! — Tu n’es pas seul. De loin, nous t’accompagnons. — Et puis…, le Saint-Esprit qui habite ton âme en état de grâce — Dieu avec toi — donne un ton surnaturel à toutes tes pensées, à tous tes désirs et à toutes tes œuvres.
Chemin n°274
“ Père, me disait ce grand gaillard, bon étudiant de l’Université Centrale (que sera-t-il devenu ?) — en pensant à ce que vous m’avez dit… en pensant que je suis fils de Dieu ! je me suis surpris, dans la rue, “ fier comme Artaban ” au dehors et plein d’orgueil au dedans… Fils de Dieu ! ”
Je lui ai conseillé, en toute conscience, de cultiver l’“ orgueil ”.
Chemin n°275
Je ne doute pas de ta droiture. — Je sais que tu agis en présence de Dieu. Mais, il y a un “ mais ” : tes actions sont vues, ou peuvent être vues, par des hommes qui les jugent humainement… Et il convient de leur donner le bon exemple.
Chemin n°276
Si tu t’habitues à chercher, fût-ce une fois par semaine, l’union avec Marie pour aller à Jésus, tu verras comme tu obtiendras une plus grande présence de Dieu.
Chemin n°277
Pourquoi cette Croix de bois, me demandes-tu ? — Et je te cite ce passage d’une lettre : “ En levant les yeux du microscope, le regard tombe sur la Croix noire et vide. Cette Croix sans Crucifié est un symbole. Elle a un sens que les autres ne verront pas. Et celui qui, fatigué, était sur le point d’abandonner la tâche, se remet à l’oculaire et poursuit son travail, parce que la Croix vide appelle des épaules qui la portent. ”
Chemin n°278
Sois en présence de Dieu et tu auras une vie surnaturelle.

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