01 À BIEN DES REPRISES
et de bien des manières,
Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
02 mais à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils
qu’il a établi héritier de toutes choses
et par qui il a créé les mondes.
03 Rayonnement de la gloire de Dieu,
expression parfaite de son être,
le Fils, qui porte l’univers
par sa parole puissante,
après avoir accompli la purification des péchés,
s’est assis à la droite de la Majesté divine
dans les hauteurs des cieux ;
04 et il est devenu bien supérieur aux anges,
dans la mesure même où il a reçu en héritage
un nom si différent du leur.
05 En effet, Dieu déclara-t-il jamais à un ange :
Tu es mon Fils,
moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ?
Ou bien encore :
Moi, je serai pour lui un père,
et lui sera pour moi un fils ?
06 À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit :
Que se prosternent devant lui
tous les anges de Dieu.
07 À l’adresse des anges, il dit :
Il fait de ses anges des esprits,
et de ses serviteurs des flammes ardentes.
08 Mais à l’adresse du Fils, il dit :
Ton trône à toi, Dieu, est pour les siècles des siècles,
le sceptre de la droiture est ton sceptre royal ;
09 tu as aimé la justice, tu as réprouvé le mal,
c’est pourquoi, toi, Dieu, ton Dieu t’a consacré
d’une onction de joie, de préférence à tes compagnons ;
10 et encore :
C’est toi, Seigneur,
qui, au commencement, as fondé la terre,
et le ciel est l’ouvrage de tes mains.
11 Ils passeront, mais toi, tu demeures ;
ils s’useront comme un habit, l’un et l’autre ;
12 comme un manteau, tu les enrouleras,
comme un habit, ils seront remplacés ;
mais toi, tu es le même,
tes années n’auront pas de fin.
13 Dieu a-t-il jamais dit à l’adresse d’un ange :
Siège à ma droite,
jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis
le marchepied de ton trône ?
14 Les anges ne sont-ils pas tous des esprits chargés d’une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut ?
01 Il nous faut donc d’autant plus prêter attention à ce que nous avons entendu, afin de ne pas nous fourvoyer.
02 En effet, si la parole annoncée par des anges s’est trouvée confirmée, et si toute transgression ou désobéissance a reçu une juste sanction,
03 comment pourrons-nous sortir d’affaire si nous négligeons un pareil salut ? Celui-ci a été annoncé par le Seigneur au commencement ; ceux qui avaient entendu ont confirmé pour nous ce salut,
04 et Dieu joignait son témoignage par des signes, des prodiges, toutes sortes de miracles, et le partage des dons de l’Esprit Saint, selon sa volonté.
05 Car ce n’est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir, dont nous parlons.
06 Un psaume l’atteste en disant :
Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
07 Tu l’as abaissé un peu au-dessous des anges,
tu l’as couronné de gloire et d’honneur ;
08 tu as mis sous ses pieds toutes choses.
Quand Dieu lui a tout soumis, il n’a rien exclu de cette soumission. Maintenant, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis ;
09 mais Jésus, qui a été abaissé un peu au-dessous des anges, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de sa Passion et de sa mort. Si donc il a fait l’expérience de la mort, c’est, par grâce de Dieu, au profit de tous.
10 Celui pour qui et par qui tout existe voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire ; c’est pourquoi il convenait qu’il mène à sa perfection, par des souffrances, celui qui est à l’origine de leur salut.
11 Car celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés, doivent tous avoir même origine ; pour cette raison, Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères,
12 quand il dit :
Je proclamerai ton nom devant mes frères,
je te chanterai en pleine assemblée,
13 et encore :
Moi, je mettrai ma confiance en lui,
et encore :
Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés.
14 Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition : ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable,
15 et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves.
16 Car ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham.
17 Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple.
18 Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve.
01 Ainsi donc, frères saints, vous qui avez en partage une vocation céleste, considérez Jésus, l’apôtre et le grand prêtre de notre confession de foi :
02 pour celui qui l’a institué, il est, comme Moïse, digne de foi dans toute sa maison.
03 Lui, il a même été jugé digne d’une plus grande gloire que Moïse, dans la mesure où le constructeur de la maison reçoit plus d’honneur que la maison elle-même.
04 Car toute maison est construite par quelqu’un, et celui qui a tout construit, le Christ, est Dieu.
05 Moïse, lui, a été digne de foi dans toute la maison de Dieu en qualité d’intendant, pour attester ce qui allait être dit.
06 Mais le Christ, lui, est digne de foi en qualité de Fils à la tête de sa maison ; et nous sommes sa maison, si du moins nous maintenons l’assurance et la fierté de l’espérance.
07 C’est pourquoi, comme le dit l’Esprit Saint dans un psaume :
Aujourd’hui, si vous entendez sa voix,
08 n’endurcissez pas votre cœur
comme au temps du défi,
comme au jour de l’épreuve dans le désert,
09 quand vos pères m’ont mis à l’épreuve et provoqué.
Alors ils m’ont vu à l’œuvre
10 pendant quarante ans ;
oui, je me suis emporté contre cette génération,
et j’ai dit : Toujours ils ont le cœur égaré,
ils n’ont pas connu mes chemins.
11 Dans ma colère, j’en ai fait le serment :
On verra bien s’ils entreront dans mon repos !
12 Frères, veillez à ce que personne d’entre vous n’ait un cœur mauvais que le manque de foi sépare du Dieu vivant.
13 Au contraire, encouragez-vous les uns les autres jour après jour, aussi longtemps que retentit l’« aujourd’hui » de ce psaume, afin que personne parmi vous ne s’endurcisse en se laissant tromper par le péché.
14 Car nous sommes devenus les compagnons du Christ, si du moins nous maintenons fermement, jusqu’à la fin, notre engagement premier.
15 Il est dit en effet :
Aujourd’hui, si vous entendez sa voix,
n’endurcissez pas votre cœur
comme au temps du défi.
16 Qui donc a défié Dieu après l’avoir entendu ? N’est-ce pas tous ceux que Moïse avait fait sortir d’Égypte ?
17 Contre qui Dieu s’est-il emporté pendant quarante ans ? N’est-ce pas contre ceux qui avaient péché, et dont les cadavres sont tombés dans le désert ?
18 À qui a-t-il fait le serment qu’ils n’entreraient pas dans son repos, sinon à ceux qui avaient refusé de croire ?
19 Nous constatons qu’ils n’ont pas pu entrer à cause de leur manque de foi.
01 Craignons donc, tant que demeure la promesse d’entrer dans le repos de Dieu, craignons que l’un d’entre vous n’arrive, en quelque sorte, trop tard.
02 Certes, nous avons reçu une Bonne Nouvelle, comme ces gens-là ; cependant, la parole entendue ne leur servit à rien, parce qu’elle ne fut pas accueillie avec foi par ses auditeurs.
03 Mais nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos dont il est dit :
Dans ma colère, j’en ai fait le serment :
On verra bien s’ils entreront dans mon repos !
Le travail de Dieu, assurément, était accompli depuis la fondation du monde,
04 comme l’Écriture le dit à propos du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de tout son travail.
05 Et dans le psaume, de nouveau : On verra bien s’ils entreront dans mon repos !
06 Puisque certains doivent encore y entrer, et que les premiers à avoir reçu une Bonne Nouvelle n’y sont pas entrés à cause de leur refus de croire,
07 il fixe de nouveau un jour, un aujourd’hui, en disant bien longtemps après, dans le psaume de David déjà cité :
Aujourd’hui, si vous entendez sa voix,
n’endurcissez pas votre cœur.
08 Car si Josué leur avait donné le repos, David ne parlerait pas après cela d’un autre jour.
09 Ainsi, un repos sabbatique doit encore advenir pour le peuple de Dieu.
10 Car Celui qui est entré dans son repos s’est reposé lui aussi de son travail, comme Dieu s’est reposé du sien.
11 Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos-là, afin que plus personne ne tombe en suivant l’exemple de ceux qui ont refusé de croire.
12 Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur.
13 Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.
14 En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
15 En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
16 Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.
01 Tout grand prêtre, en effet, est pris parmi les hommes ; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés.
02 Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse ;
03 et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple.
04 On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron.
05 Il en est bien ainsi pour le Christ : il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit :
Tu es mon Fils,
moi, aujourd’hui, je t’ai engendré,
06 car il lui dit aussi dans un autre psaume :
Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek
pour l’éternité.
07 Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect.
08 Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance
09 et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel,
10 car Dieu l’a proclamé grand prêtre de l’ordre de Melkisédek.
11 Sur ce sujet, nous avons bien des choses à dire, et elles sont difficiles à expliquer, puisque vous êtes devenus paresseux pour écouter.
12 Depuis le temps, vous devriez être capables d’enseigner mais, de nouveau, vous avez besoin qu’on vous enseigne les tout premiers éléments des paroles de Dieu ; vous en êtes au point d’avoir besoin de lait, et non de nourriture solide.
13 Celui qui est encore nourri de lait ne comprend rien à la parole de justice : ce n’est qu’un petit enfant.
14 Aux adultes, la nourriture solide, eux qui, par la pratique, ont des sens exercés au discernement du bien et du mal.
01 Dès lors, laissons de côté l’enseignement élémentaire sur le Christ, élevons-nous à la perfection d’adultes, au lieu de poser une nouvelle fois les fondements, à savoir : conversion avec rejet des œuvres mortes et foi en Dieu,
02 instruction sur les baptêmes et l’imposition des mains, la résurrection des morts et le jugement définitif.
03 Nous élever à la perfection d’adultes, voilà donc ce que nous allons faire si Dieu le permet.
04 Une fois que l’on a reçu la lumière, goûté au don du ciel, que l’on a eu part à l’Esprit Saint,
05 que l’on a goûté la parole excellente de Dieu, ainsi que les puissances du monde à venir,
06 si l’on retombe, il est impossible d’être amené à une nouvelle conversion, alors que soi-même, on crucifie de nouveau le Fils de Dieu et on le tourne en dérision.
07 En effet, si la terre a absorbé la pluie qui tombe fréquemment sur elle, et produit des plantes utiles à ceux pour qui elle est cultivée, elle reçoit de Dieu sa part de bénédiction.
08 Mais si elle donne des épines et des chardons, elle est jugée sans valeur et bien près d’être maudite : elle finira par être brûlée.
09 En ce qui vous concerne, mes bien-aimés, et malgré ce que nous venons de dire, nous sommes convaincus que vous êtes dans la meilleure de ces situations, celle qui est liée au salut.
10 Car Dieu n’est pas injuste : il n’oublie pas votre action ni l’amour que vous avez manifesté à son égard, en vous mettant au service des fidèles et en vous y tenant.
11 Notre désir est que chacun d’entre vous manifeste le même empressement jusqu’à la fin, pour que votre espérance se réalise pleinement ;
12 ne devenez pas paresseux, imitez plutôt ceux qui, par la foi et la persévérance, obtiennent l’héritage promis.
13 Quand Dieu fit la promesse à Abraham, comme il ne pouvait prêter serment par quelqu’un de plus grand que lui, il prêta serment par lui-même,
14 et il dit :
Je te comblerai de bénédictions
et je multiplierai ta descendance.
15 Et ainsi, par sa persévérance, Abraham a obtenu ce que Dieu lui avait promis.
16 Les hommes prêtent serment par un plus grand qu’eux, et le serment est entre eux une garantie qui met fin à toute discussion ;
17 Dieu a donc pris le moyen du serment quand il a voulu montrer aux héritiers de la promesse, de manière encore plus claire, que sa décision était irrévocable.
18 Dieu s’est ainsi engagé doublement de façon irrévocable, et il est impossible que Dieu ait menti. Cela nous encourage fortement, nous qui avons cherché refuge dans l’espérance qui nous était proposée et que nous avons saisie.
19 Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme ; elle entre au-delà du rideau, dans le Sanctuaire
20 où Jésus est entré pour nous en précurseur, lui qui est devenu grand prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.
01 Ce Melkisédek était roi de Salem, prêtre du Dieu très-haut ; il vint à la rencontre d’Abraham quand celui-ci rentrait de son expédition contre les rois ; il le bénit,
02 et Abraham lui remit le dixième de tout ce qu’il avait pris. D’abord, Melkisédek porte un nom qui veut dire « roi de justice » ; ensuite, il est roi de Salem, c’est-à-dire roi « de paix »,
03 et à son sujet on ne parle ni de père ni de mère, ni d’ancêtres, ni d’un commencement d’existence ni d’une fin de vie ; cela le fait ressembler au Fils de Dieu : il demeure prêtre pour toujours.
04 Regardez comme il est grand, celui à qui Abraham, le patriarche, a donné la dîme de son meilleur butin.
05 Or, selon la loi de Moïse, les fils de Lévi qui reçoivent le sacerdoce ont l’ordre de percevoir la dîme sur le peuple, c’est-à-dire sur leurs frères, qui pourtant sont issus d’Abraham, eux aussi.
06 Melkisédek, lui qui n’était pas d’ascendance lévitique, a soumis Abraham à la dîme, et il a béni celui qui possédait les promesses.
07 Or il est indiscutable que c’est toujours le supérieur qui bénit l’inférieur.
08 D’ordinaire, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes qui meurent, et ici, on atteste que celui-là reste en vie.
09 À travers Abraham, Lévi lui-même, qui normalement perçoit la dîme, a été, pour ainsi dire, soumis à la dîme,
10 car il était en germe dans le corps de son ancêtre quand Melkisédek vint à la rencontre de celui-ci.
11 Si l’on atteignait la perfection par le moyen du sacerdoce lévitique, sur lequel repose la législation du peuple, pourquoi faudrait-il que se lève un autre prêtre de l’ordre de Melkisédek, et qu’il ne soit pas appelé prêtre de l’ordre d’Aaron ?
12 Or s’il y a changement de sacerdoce, il y a nécessairement aussi changement de loi.
13 Celui dont il s’agit ici appartient à une autre tribu, dont aucun membre n’a jamais été au service de l’autel.
14 En effet, il est clair que notre Seigneur a surgi de la tribu de Juda, pour laquelle Moïse ne dit rien quand il parle des prêtres.
15 Les choses sont encore beaucoup plus claires si cet autre prêtre se lève à la ressemblance de Melkisédek
16 et devient prêtre, non pas selon une exigence légale de filiation humaine, mais par la puissance d’une vie indestructible.
17 Car voici le témoignage de l’Écriture :
Toi, tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek
pour l’éternité.
18 On a là, d’une part, l’abrogation du commandement précédent, à cause de sa faiblesse et de son inutilité – puisque la Loi n’a rien mené à la perfection –
19 et, d’autre part, l’introduction d’une espérance meilleure qui nous fait approcher de Dieu.
20 Cela ne s’est pas fait sans qu’il y ait eu prestation de serment : en effet, tandis que les autres devenaient prêtres sans aucun serment,
21 celui-là a fait l’objet d’un serment de la part de celui qui lui a dit :
Le Seigneur l’a juré
dans un serment irrévocable ;
toi, tu es prêtre pour l’éternité.
22 Pour cette raison, Jésus est devenu le garant d’une alliance meilleure.
23 Jusque-là, un grand nombre de prêtres se sont succédé parce que la mort les empêchait de rester en fonction.
24 Jésus, lui, parce qu’il demeure pour l’éternité, possède un sacerdoce qui ne passe pas.
25 C’est pourquoi il est capable de sauver d’une manière définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu, car il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.
26 C’est bien le grand prêtre qu’il nous fallait : saint, innocent, immaculé ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux.
27 Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.
28 La loi de Moïse établit comme grands prêtres des hommes remplis de faiblesse ; mais la parole du serment divin, qui vient après la Loi, établit comme grand prêtre le Fils, conduit pour l’éternité à sa perfection.
01 Et voici l’essentiel de ce que nous voulons dire : c’est bien ce grand prêtre-là que nous avons, lui qui s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les cieux,
02 après avoir accompli le service du véritable Sanctuaire et de la véritable Tente, celle qui a été dressée par le Seigneur et non par un homme.
03 Tout grand prêtre est établi pour offrir des dons et des sacrifices ; il était donc nécessaire que notre grand prêtre ait, lui aussi, quelque chose à offrir.
04 À vrai dire, s’il était sur la terre, il ne serait même pas prêtre, puisqu’il y a déjà les prêtres qui offrent les dons conformément à la Loi :
05 ceux-ci rendent leur culte dans un sanctuaire qui est une image et une ébauche des réalités célestes, comme en témoigne l’oracle reçu par Moïse au moment où il allait construire la Tente : Regarde, dit le Seigneur, tu exécuteras tout selon le modèle qui t’a été montré sur la montagne.
06 Quant au grand prêtre que nous avons, le service qui lui revient se distingue d’autant plus que lui est médiateur d’une alliance meilleure, reposant sur de meilleures promesses.
07 En effet, si la première Alliance avait été irréprochable, il n’y aurait pas eu lieu d’en chercher une deuxième.
08 Or, c’est bien un reproche que Dieu fait à son peuple quand il dit :
Voici venir des jours, dit le Seigneur,
où je conclurai avec la maison d’Israël
et avec la maison de Juda
une alliance nouvelle.
09 Ce ne sera pas comme l’Alliance
que j’ai faite avec leurs pères,
le jour où je les ai pris par la main
pour les faire sortir du pays d’Égypte :
eux ne sont pas restés dans mon alliance ;
alors moi, je les ai délaissés,
dit le Seigneur.
10 Mais voici quelle sera l’Alliance
que j’établirai avec la maison d’Israël
quand ces jours-là seront passés,
dit le Seigneur.
Quand je leur donnerai mes lois,
je les inscrirai dans leur pensée et sur leurs cœurs.
Je serai leur Dieu,
et ils seront mon peuple.
11 Ils n’auront plus à instruire
chacun son concitoyen ni chacun son frère
en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! »
Car tous me connaîtront,
des plus petits jusqu’aux plus grands.
12 Je serai indulgent pour leurs fautes,
je ne me rappellerai plus leurs péchés.
13 En parlant d’Alliance nouvelle, Dieu a rendu ancienne la première ; or ce qui devient ancien et qui vieillit est près de disparaître.
01 La première Alliance avait donc ses préceptes pour le culte ainsi que son Lieu saint dans ce monde.
02 Une tente y était disposée, la première, où se trouvaient le chandelier à sept branches et la table avec les pains de l’offrande ; c’est ce qu’on nomme le Saint.
03 Derrière le second rideau, il y avait la tente appelée le Saint des saints,
04 contenant un brûle-parfum en or et l’arche d’Alliance entièrement recouverte d’or, dans laquelle se trouvaient un vase d’or contenant la manne, le bâton d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’Alliance ;
05 au-dessus de l’arche, les kéroubim de gloire couvraient de leur ombre la plaque d’or appelée propitiatoire. Mais il n’y a pas lieu maintenant d’entrer dans les détails.
06 Les choses étant ainsi disposées, les prêtres entrent continuellement dans la première tente quand ils célèbrent le culte.
07 Mais dans la deuxième tente, une fois par an, le grand prêtre entre seul, et il ne le fait pas sans offrir du sang pour lui-même et pour les fautes que le peuple a commises par ignorance.
08 L’Esprit Saint montre ainsi que le chemin du sanctuaire n’a pas encore été manifesté tant que la première tente reste debout.
09 C’est là une préfiguration pour le temps présent : les dons et les sacrifices qui sont offerts ne sont pas capables de mener à la perfection dans sa conscience celui qui célèbre le culte ;
10 ces préceptes, liés à des observances pour les aliments, boissons et ablutions diverses, concernent seulement la chair et ne sont valables que jusqu’au temps du relèvement !
11 Le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. Par la tente plus grande et plus parfaite, celle qui n’est pas œuvre de mains humaines et n’appartient pas à cette création,
12 il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang. De cette manière, il a obtenu une libération définitive.
13 S’il est vrai qu’une simple aspersion avec le sang de boucs et de taureaux, et de la cendre de génisse, sanctifie ceux qui sont souillés, leur rendant la pureté de la chair,
14 le sang du Christ fait bien davantage, car le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut ; son sang purifiera donc notre conscience des actes qui mènent à la mort, pour que nous puissions rendre un culte au Dieu vivant.
15 Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle, d’un testament nouveau : puisque sa mort a permis le rachat des transgressions commises sous le premier Testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis.
16 Or, quand il y a testament, il est nécessaire que soit constatée la mort de son auteur.
17 Car un testament ne vaut qu’après la mort, il est sans effet tant que son auteur est en vie.
18 C’est pourquoi le premier Testament lui-même n’a pas été inauguré sans que soit utilisé du sang :
19 lorsque Moïse eut proclamé chaque commandement à tout le peuple conformément à la Loi, il prit le sang des veaux et des boucs avec de l’eau, de la laine écarlate et de l’hysope, et il en aspergea le livre lui-même et tout le peuple,
20 en disant :
Ceci est le sang de l’Alliance
que Dieu a prescrite pour vous.
21 Puis il aspergea de même avec le sang la tente et tous les objets du service liturgique.
22 D’après la Loi, on purifie presque tout avec du sang, et s’il n’y a pas de sang versé, il n’y a pas de pardon.
23 S’il est nécessaire que soient purifiées par ces rites les images de ce qui est dans les cieux, les réalités célestes elles-mêmes doivent l’être par des sacrifices bien meilleurs que ceux d’ici-bas.
24 Car le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu.
25 Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ;
26 car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice.
27 Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés,
28 ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.