AUDIENCE AUX GENTILSHOMMES DE SA SAINTETÉ
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
Salle Clémentine du Palais Apostolique
Samedi 7 janvier 2006
Chers amis,
C'est pour moi un motif de grande joie de vous accueillir ce matin en audience spéciale et de vous saluer avec une vive cordialité. Il s'agit d'une occasion propice pour mieux nous connaître et pour vous manifester mes sentiments reconnaissants pour le service que vous rendez au Successeur de Pierre. Je vous vois à l'occasion des cérémonies et des rencontres officielles, lorsque je rencontre des chefs d'Etat, des Premiers ministres, des Ambassadeurs et d'autres Autorités. Je vous suis sincèrement reconnaissant pour votre collaboration! Aujourd'hui, vous êtes venus en accompagnant non pas de hautes personnalités politiques, mais vos chères épouses, comme pour une réunion de famille. Je suis heureux de les accueillir elles aussi et de les saluer avec une affection paternelle.
Votre service, chers gentilshommes, est un service d'honneur qui s'insère dans la tradition séculaire de la Maison pontificale. Aujourd'hui, bien sûr, tout apparaît simplifié au sein de celle-ci, mais si par rapport au passé, les rôles et les fonctions ont changé, le but de ceux qui y travaillent demeure identique, c'est-à-dire celui de servir le Successeur de l'Apôtre Pierre. Nous nous rencontrons au terme du temps de Noël, alors que la nouvelle année vient de commencer. Au cours de cette période, notre regard était sans cesse tourné vers le Sauveur venu sur terre. C'est Lui qui, dans la simplicité désarmante de la Nuit Sainte, nous a apporté la richesse de la communion avec sa vie divine elle-même. Il est la lumière qui ne s'éteint jamais, le centre de notre existence, et nous, comme les pasteurs de Bethléem et les Rois Mages, venus d'Orient pour l'adorer, après nous être arrêtés en prière devant la crèche, nous repartons accomplir nos activités quotidiennes, en emportant dans notre coeur la joie d'avoir fait l'expérience de sa présence. Enveloppés par ce grand Mystère, nous commençons avec sérénité et confiance cette nouvelle année sous le signe de l'amour vivifiant de Dieu.
Dans cette perspective, chers amis, j'ai le plaisir de vous souhaiter une année 2006 bénéfique. Dans l'Eglise, chaque tâche est importante, car l'on coopère à la réalisation du Royaume de Dieu. La barque de Pierre, pour pouvoir avancer avec assurance, a besoin de nombreuses tâches cachées qui, avec d'autres plus apparentes, contribuent au déroulement régulier de la navigation. Il est indispensable de ne jamais perdre de vue l'objectif commun, c'est-à-dire le dévouement au Christ et à son oeuvre de salut. Je vous confie, ainsi que vos familles, à Marie, la Mère du Sauveur, pour qu'elle vous accompagne et vous soutienne dans tous les moments de la vie, alors que je vous souhaite de faire toujours davantage l'expérience de la joie de la présence du Christ dans votre existence. Et je vous bénis tous volontiers, en vous assurant d'un souvenir spécial dans ma prière.
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DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
À UNE DÉLÉGATION DE L'ALLIANCE
MONDIALE DES ÉGLISES RÉFORMÉES
Samedi 7 janvier 2006
Chers amis,
Au début de cette nouvelle année, je vous souhaite la bienvenue, chefs de l'Alliance mondiale des Eglises réformées, à l'occasion de votre visite au Vatican. Je me souviens avec gratitude de la présence des délégations de l'Alliance mondiale aux funérailles de mon prédécesseur le Pape Jean-Paul II, ainsi qu'à l'inauguration de mon ministère pontifical. Dans ces signes de respect mutuel et d'amitié, je suis heureux de voir un fruit providentiel du dialogue fraternel et de la coopération instaurés au cours des quarante dernières années, et un gage d'espérance certaine pour l'avenir.
En effet, le mois dernier a marqué le quarantième anniversaire de la conclusion du Concile Vatican II, qui a vu la promulgation du Décret sur l'Oecuménisme Unitatis Redintegratio. Le dialogue entre l'Eglise catholique et les Eglises réformées, qui vit le jour peu après, a apporté une contribution importante au travail exigeant de la réflexion théologique et de la recherche historique indispensables pour surmonter les divisions tragiques qui sont apparues entre chrétiens au XVI siècle. L'un des résultats de ce dialogue a été d'identifier des domaines importants de convergence entre la conception de l'Eglise par les réformés en tant que Creatura Verbi et la conception de l'Eglise par les catholiques en tant que Sacrement primordial de la grâce de Dieu déversée dans le Christ (cf. Lumen gentium, n. 1). C'est un signe encourageant que l'étape actuelle du dialogue continue d'explorer la richesse et la complémentarité de ces approches.
Le décret sur l'oecuménisme a affirmé qu'"il n'y a pas de véritable oecuménisme sans conversion intérieure" (n. 7). Au tout début de mon Pontificat, j'ai exprimé ma conviction selon laquelle cette "conversion intérieure est le présupposé de tout progrès sur la voie de l'oecuménisme" (Homélie dans la Chapelle Sixtine, 20 avril 2005) et j'ai rappelé l'exemple de mon prédécesseur Jean-Paul II, qui a souvent parlé du besoin de "purification de la mémoire" comme instrument pour ouvrir nos coeurs à recevoir la pleine vérité du Christ. Le défunt Pape, en particulier à l'occasion du grand Jubilé de l'An 2000, a donné un élan puissant à cet effort au sein de l'Eglise catholique, et je suis heureux d'apprendre que de nombreuses Eglises réformées qui sont membres de l'Alliance mondiale ont entrepris de semblables initiatives. De tels gestes constituent les fondements pour construire une relation plus profonde qui doit être nourrie dans la vérité et l'amour.
Chers amis, je prie pour que notre rencontre d'aujourd'hui porte elle aussi du fruit à travers un engagement renouvelé en vue de d'oeuvrer pour l'unité de tous les chrétiens. Le chemin qui nous attend exige sagesse, humilité, étude patiente et échange. Puissions-nous nous mettre en route avec une confiance renouvelée, dans l'obéissance à l'Evangile et avec l'espérance fermement enracinée dans la prière du Christ pour son Eglise, dans l'amour du Père et dans la puissance de l'Esprit Saint (cf. Unitatis Redintegratio, n. 24).
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DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX MEMBRES DU COLLÈGE DES ATTACHÉS D'ANTICHAMBRE
Salle Clémentine
Jeudi 5 janvier 2006
Chers amis,
Notre rencontre se déroule dans l'atmosphère suggestive du temps de Noël, au début de l'année 2006, et elle constitue une occasion plus que jamais propice pour présenter à chacun de vous mes meilleurs voeux pour une nouvelle année sereine et fructueuse. Je vous salue cordialement et je suis heureux de vous recevoir à l'occasion de cette audience spéciale. Je peux dire que vous êtes ici chez vous, et je vous suis sincèrement reconnaissant pour le service d'honneur que vous prêtez, non sans sacrifices, car une disponibilité constante vous est demandée lors des audiences, des cérémonies et des rencontres officielles, lorsque le Pape rencontre les chefs d'Etat, les Premiers ministres et les Ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège. J'ai souhaité vous réserver cette rencontre pour vous dire que j'apprécie l'attention et la cordialité avec lesquelles vous accomplissez votre fonction particulière. En ces premiers mois de mon Pontificat, j'ai pu faire l'expérience d'encore plus près et de manière directe de l'esprit qui vous anime, ainsi que tous ceux qui prêtent service dans l'antichambre pontificale. Je connais également la dévotion que vous nourrissez pour le Successeur de Pierre et je vous en remercie également. Que Dieu vous en rende grâce. Je voudrais adresser un salut particulier à vos chères épouses qui vous accompagnent aujourd'hui, ainsi qu'à ceux qui ont voulu être présents à notre réunion, que nous pouvons bien qualifier de familiale.
Votre Collège digne d'éloges, coordonné par le Doyen, est placé sous la direction de la Préfecture de la Maison pontificale et possède une histoire qui remonte à plusieurs siècles. Les temps changent, les usages et les coutumes se transforment, mais cependant, l'esprit avec lequel chacun est appelé à oeuvrer aux côtés de celui que la Providence divine appelle à diriger l'Eglise universelle demeure le même. Etant donné que cette maison, la Maison pontificale, est la maison de tous les croyants, c'est aussi à vous qu'il revient, chers Attachés d'antichambre, de la rendre accueillante à quiconque vient rendre visite au Pape.
Très chers amis, votre service comporte également un engagement assidu de témoignage envers Celui qui est le véritable Seigneur et Maître de maison: Jésus Christ. Cela demande que l'on entretienne avec Lui un dialogue constant dans la prière, que l'on croisse dans son amitié et dans son intimité, prêts à témoigner de son amour accueillant à chaque personne que l'on rencontre. Si tel est l'esprit avec lequel vous accomplissez vos tâches - et je suis certain qu'il en est ainsi pour vous tous - celles-ci peuvent alors devenir un apostolat particulier, une occasion de transmettre avec courtoisie et cordialité la joie d'être des disciples du Christ dans toutes les situations et dans tous les moments de notre vie.
Nous célébrerons demain la solennité de l'Epiphanie et ma pensée se tourne vers Marie, qui présente l'Enfant Jésus aux Rois Mages venus de loin pour l'adorer. De même qu'elle présenta l'Enfant Jésus aux Rois Mages, la Vierge continue de l'offrir à l'humanité. Accueillons-le de ses mains: le Christ comble les attentes les plus profondes de notre coeur et donne tout son sens à chacun de nos projets et actions. Qu'Il soit présent dans les familles et qu'il règne partout avec la puissance de son amour. Que l'intercession maternelle de Marie vous permette de faire l'expérience chaque jour davantage de la communion profonde avec Lui, une communion qui commence sur la terre et qui parviendra à sa plénitude au ciel, où, comme le rappelle saint Paul, nous serons des "concitoyens des saints, de la maison de Dieu" (cf. Ep 2, 19). Pour ma part, je désire vous assurer de mon souvenir dans la prière, afin que le Seigneur vous accompagne au cours de toute l'année qui vient de commencer, qu'il bénisse vos familles et qu'il rende riches en biens vos activités. Avec ces sentiments, je vous donne de tout coeur une Bénédiction apostolique spéciale, que j'étends volontiers à toutes les personnes qui vous sont chères.
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DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS
INTERNATIONAL SUR L'EMBRYON HUMAIN
PROMU PAR L'ACADÉMIE PONTIFICALE POUR LA VIE
Salle Clémentine
Lundi 27 février 2006
Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
Mesdames et Messieurs!
J'adresse à tous mon salut respectueux et cordial, à l'occasion de l'Assemblée générale de l'Académie pontificale pour la Vie et du Congrès international, qui vient de commencer, sur "L'embryon humain dans la phase de la préimplantion". Je salue de manière particulière le Cardinal Javier Lozano Barragán, Président du Conseil pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé, ainsi que Mgr Elio Sgreccia, Président de l'Académie pontificale pour la Vie, que je remercie des paroles courtoises avec lesquelles il a souligné l'intérêt particulier des thématiques qui sont traitées en cette occasion, et je salue le Cardinal élu, mon ami depuis longtemps, Carlo Caffarra. En effet, le thème d'étude choisi par votre assemblée, "L'embryon humain dans la phase de préimplantation", c'est-à-dire dans les tout premiers jours qui suivent la conception, est une question extrêmement importante aujourd'hui, tant en raison des répercussions évidentes sur la réflexion philosophique, anthropologique et éthique, que des perspectives d'application dans le domaine des sciences bio-médicales et juridiques. Il s'agit, sans aucun doute, d'un argument fascinant, mais difficile et exigeant, en raison de la nature délicate du sujet étudié et de la complexité des problèmes épistémologiques qui concernent le rapport entre l'observation des faits au niveau des sciences expérimentales et la nécessaire réflexion sur les valeurs qui s'ensuit au niveau anthropologique.
Comme on peut bien le comprendre, ni l'Ecriture Sainte, ni la Tradition chrétienne la plus antique ne peuvent contenir des orientations explicites à propos de votre thème. Toutefois, lorsque saint Luc rapporte la rencontre de la Mère de Jésus, qui l'avait conçu en son sein virginal depuis quelques jours seulement, avec la mère de Jean-Baptiste, qui se trouvait déjà au sixième mois de grossesse, il témoigne de la présence active, bien que cachée, des deux enfants: "Et il advint, dès qu'Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit en son sein" (Lc 1, 41). Saint Ambroise commente: Elisabeth "perçut l'arrivée de Marie, lui (Jean) l'arrivée du Seigneur; la femme l'arrivée de la femme, l'enfant l'arrivée de l'enfant" (Comm. in Luc., 2, 19.22-26). Toutefois, malgré le manque d'enseignements explicites sur les tout premiers jours de vie de l'enfant à naître, il est possible de trouver dans l'Ecriture Sainte de précieuses indications qui motivent des sentiments d'admiration et de respect à l'égard de l'homme à peine conçu, en particulier pour ceux qui, comme vous, se proposent d'étudier le mystère de la procréation humaine. En effet, les livres sacrés entendent montrer l'amour de Dieu envers chaque être humain avant même qu'il prenne forme dans le sein de sa mère. "Avant même de te former au ventre maternel, je t'ai connu; avant même que tu sois sorti du sein, je t'ai consacré" (Jr 1, 5), dit Dieu au prophète Jérémie. Et le Psalmiste reconnaît avec gratitude: "C'est toi qui m'as formé les reins, qui m'as tissé au ventre de ma mère: je te rends grâce pour tant de prodiges: merveille que je suis, merveille que tes oeuvres. Mon âme tu la connais bien" (Ps 139, 13-14). Il s'agit de paroles qui acquièrent toute la richesse de leur signification quand on pense que Dieu intervient directement dans la création de l'âme de chaque nouvel être humain.
L'amour de Dieu ne fait pas de différence entre celui qui vient d'être conçu et se trouve encore dans le sein de sa mère, et l'enfant, ou le jeune, ou bien encore l'homme mûr ou âgé. Il ne fait pas de différence, car en chacun d'eux il voit l'empreinte de sa propre image et ressemblance (cf. Gn 1, 26). Il ne fait pas de différence, car il voit se refléter en tous le visage de son Fils unique, dans lequel "Il nous a élus, dès avant la fondation du monde... déterminant d'avance que nous serions pour lui des fils adoptifs... Tel fut le bon plaisir de sa volonté" (Ep 1, 4-6). Cet amour infini et presque incompréhensible de Dieu pour l'homme révèle jusqu'à quel point la personne humaine est digne d'être aimée en elle-même, indépendamment de toute autre considération - intelligence, beauté, santé, jeunesse, intégrité et ainsi de suite. En définitive, la vie humaine est toujours un bien, car "elle est dans le monde une manifestation de Dieu, un signe de sa présence, une trace de sa gloire" (cf. Evangelium vitae, n. 34). Une très haute dignité est en effet donnée à l'homme, qui a ses racines dans le lien intime qui l'unit à son Créateur: dans l'homme, en chaque homme, à chaque étape ou condition de sa vie, resplendit un reflet de la réalité même de Dieu. C'est pourquoi le Magistère de l'Eglise a constamment proclamé le caractère sacré et inviolable de chaque vie humaine, de sa conception jusqu'à son terme naturel (cf. Evangelium vitae, n. 57). Ce jugement moral est déjà valable aux débuts de la vie d'un embryon, avant même qu'il se soit implanté dans le sein maternel, qui le protégera et le nourrira pendant neuf mois jusqu'au moment de la naissance: "La vie humaine est sacrée et inviolable dans tous les moments de son existence, même dans le moment initial qui précède la naissance" (ibid., n. 61).
Chers chercheurs, je sais bien avec quels sentiments d'émerveillement et de profond respect pour l'homme vous menez votre travail de recherche, difficile et fructueux, précisément sur l'origine même de la vie humaine: un mystère dont la science sera en mesure d'éclairer toujours davantage la signification, même si elle réussira difficilement à le déchiffrer totalement. En effet, à peine la raison réussit-elle à franchir une limite considérée comme insurmontable, qu'apparaissent d'autres limites jusqu'à présent inconnues. L'homme restera toujours une énigme profonde et impénétrable. Au IV siècle, saint Cyrille de Jérusalem présentait déjà aux catéchumènes qui se préparaient à recevoir le baptême la réflexion suivante: "Qui est celui qui a prédisposé la cavité de l'utérus pour la procréation des enfants? Qui a animé en lui le foetus inanimé? Qui nous a pourvus de nerfs et d'os en nous enveloppant, ensuite, de peau et de chair (cf. Jb 10, 11) et, à peine l'enfant est-il né, qui fait sortir du sein du lait en abondance? De quelle façon l'enfant, en grandissant, devient-il adolescent, se transforme-t-il d'adolescent en jeune, puis en homme et enfin en vieillard, sans qu'aucune personne ne réussisse à saisir le jour précis où a lieu le changement?" Et il concluait: "Tu es en train de voir, ô homme, l'artisan; tu es en train de voir le sage Créateur" (Catéchèse baptismale 9, 15-16). Au début du troisième millénaire, ces considérations demeurent encore valables, et ne s'adressent pas tant au phénomène physique ou physiologique, qu'à sa signification anthropologique et métaphysique. Nous avons immensément amélioré nos connaissances et mieux déterminé les limites de notre ignorance; mais il semble qu'il soit devenu trop difficile pour l'intelligence humaine de se rendre compte que, en regardant la création, on y découvre l'empreinte du Créateur. En réalité, celui qui aime la vérité, comme vous, chers chercheurs, devrait percevoir que la recherche sur des thèmes aussi profonds nous met en condition de voir, et presque même de toucher, la main de Dieu. Au-delà des limites de la méthode expérimentale, à la frontière du règne que certains appellent méta-analyse, là où la seule perception sensorielle ou la vérité scientifique ne suffisent plus, ou ne sont pas possibles, commence l'aventure de la transcendance, l'engagement d'"aller au-delà".
Chers scientifiques et chercheurs, je souhaite que non seulement vous réussissiez toujours plus à examiner la réalité qui est l'objet de votre travail, mais également à la contempler, de manière telle que, avec vos découvertes, naissent aussi les questions qui conduisent à découvrir dans la beauté des créatures le reflet du Créateur. Dans ce contexte, j'ai à coeur d'exprimer ma satisfaction et mes remerciements à l'Académie pontificale pour la Vie pour son précieux travail d'"étude, de formation et d'information", dont bénéficient les dicastères du Saint-Siège, les Eglises locales et les chercheurs attentifs à ce que l'Eglise propose dans le domaine de la recherche scientifique et autour de la vie humaine dans son rapport avec l'éthique et le droit. En raison de l'urgence et de l'importance de ces problèmes, je considère comme providentielle l'institution de cet Organisme de la part de mon vénéré Prédécesseur Jean-Paul II. Je désire donc vous exprimer avec une sincère cordialité à tous, Bureau de Présidence, personnel et membre de l'Académie pontificale pour la Vie, ma proximité et mon soutien. Avec ces sentiments, en confiant votre travail à la protection de Marie, je vous donne à tous la Bénédiction apostolique.
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DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
À UN GROUPE DE PRÊTRES ET DE SÉMINARISTES
DU COLLÈGE DE THÉOLOGIE "APOSTOLIKI DIAKONIA"
DE L'ÉGLISE ORTHODOXE DE GRÈCE
Salle du Consistoire
Lundi 27 février 2006
Excellence,
Révérends Archimandrites,
Prêtres, séminaristes
et tous les participants
à cette "visite d'étude" à Rome,
En vous accueillant avec joie et gratitude à l'occasion de l'initiative de cette visite à Rome, je souhaite rappeler une exhortation que saint Ignace, le grand Evêque d'Antioche, adressait aux Ephésiens: "Ayez soin de vous réunir plus fréquemment pour rendre grâce à Dieu et célébrer ses louanges. Car, si vous vous réunissez souvent, les forces du mal seront vaincues et son oeuvre de mort détruite par la concorde de votre foi".
Pour nous chrétiens, d'Orient et d'Occident, au début du deuxième millénaire les forces du mal ont également agi à travers les divisions qui perdurent encore entre nous. Toutefois, ces quarante dernières années, de nombreux signes de consolation et d'espérance nous ont fait entrevoir une nouvelle aube, celle du jour où nous comprendrons pleinement qu'être enracinés et fondés dans la charité du Christ signifie trouver concrètement un chemin pour surmonter nos divisions à travers une conversion personnelle et communautaire, l'exercice de l'écoute de l'autre et la prière en commun pour notre unité.
Parmi les signes réconfortants sur ce chemin, difficile et inéluctable, j'ai plaisir à rappeler l'évolution récente et positive des relations entre l'Eglise de Rome et l'Eglise orthodoxe de Grèce. Après la mémorable rencontre à l'Aréopage d'Athènes entre mon bien-aimé prédécesseur, le Pape Jean-Paul II, et Sa Béatitude Christodoulos, Archevêque d'Athènes et de toute la Grèce, ont suivi plusieurs gestes de collaboration et des initiatives utiles ont été menées visant à mieux nous connaître et à favoriser la formation des générations les plus jeunes. L'échange de visites, de bourses d'étude et la coopération dans le domaine éditorial se sont révélés des moyens efficaces pour promouvoir le dialogue et approfondir la charité qui est la perfection de la vie - comme l'affirmait encore saint Ignace - et qui, unie au principe, la foi, saura prévaloir sur les discordes de ce monde.
Je remercie de tout coeur l'Apostoliki Diakonia de cette visite à Rome, des projets de formation qu'elle est en train de développer avec le Comité catholique pour la Collaboration culturelle avec les Eglises orthodoxes dans le cadre du Conseil pontifical pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens. Je suis certain que la charité réciproque saura alimenter notre imagination et nous fera parcourir des routes nouvelles. Nous devons affronter les défis qui menacent la foi, cultiver l'humus spirituel qui a nourri l'Europe pendant des siècles, réaffirmer les valeurs chrétiennes, promouvoir la paix et la rencontre même dans les conditions les plus difficiles, approfondir ces éléments de la foi et de la vie ecclésiale qui peuvent nous conduire au but de la pleine communion dans la vérité et dans la charité, surtout à présent que le dialogue théologique officiel entre l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe dans son ensemble reprend son cours avec une vigueur renouvelée.
Foi, espérance et charité vont de pair dans la vie chrétienne. Combien notre témoignage dans le monde d'aujourd'hui serait plus authentique et efficace si nous comprenions que le chemin vers l'unité exige de nous tous une foi plus vive, une espérance plus solide et une charité qui soit vraiment l'inspiration la plus profonde qui nourrisse nos relations réciproques! L'espérance, toutefois, s'exerce dans la patience, dans l'humilité et dans la confiance en Celui qui nous guide. L'objectif de l'unité entre les disciples du Christ, même s'il ne semble pas immédiat, ne nous empêche pas de vivre entre nous dès à présent dans la charité, à tous les niveaux. Il n'y a pas de lieu ni d'époque où l'amour, façonné sur celui de notre Maître, le Christ, ne soit superflu; celui-ci ne pourra manquer de hâter le chemin vers la pleine communion.
Je vous confie la tâche de transmettre l'expression de mes sentiments de sincère charité fraternelle à Sa Béatitude Christodoulos. Il a été à nos côtés, ici à Rome, pour rendre le dernier salut au Pape Jean-Paul II. Le Seigneur nous indiquera les moyens et les temps pour renouveler notre rencontre dans l'atmosphère joyeuse d'une retrouvaille entre frères.
Puisse votre visite avoir tout le succès escompté. Que ma Bénédiction vous accompagne.
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VISITE AU GRAND SÉMINAIRE PONTIFICAL ROMAIN
À L'OCCASION DE LA FÊTE DE LA MADONE DE LA CONFIANCE
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
Samedi 25 février 2006
Chers frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
chers séminaristes,
frères et soeurs!
C'est avec un grand plaisir que je me trouve ce soir parmi vous, au grand séminaire romain, en cette occasion si particulière qu'est la fête de votre Patronne, la Madone de la Confiance. Je vous salue tous avec affection et je vous remercie de m'avoir accueilli avec tant de chaleur. Je salue en particulier le Cardinal-Vicaire et les Evêques présents; je salue le Recteur, Mgr Giovanni Tani, et je le remercie des paroles qu'il m'a adressées au nom des autres prêtres et de tous les séminaristes, auxquels j'étends volontiers mon salut. Je salue également les jeunes et tous ceux qui, des diverses paroisses de Rome, sont venus passer avec nous ce moment de joie.
J'attendais depuis longtemps l'occasion de venir en personne vous rendre visite, à vous qui formez la communauté du séminaire, l'un des lieux les plus importants du diocèse. Il existe plusieurs séminaires à Rome, mais celui-ci est au sens propre le séminaire diocésain, comme le rappelle également sa situation ici, au Latran, aux côtés de la Cathédrale Saint-Jean, la Cathédrale de Rome. C'est pourquoi, selon une tradition chère au bien-aimé Pape Jean-Paul II, j'ai profité de la fête d'aujourd'hui pour vous rencontrer ici, où vous priez, étudiez et vivez en fraternité, vous préparant à votre futur ministère pastoral.
Il est vraiment très beau et significatif que vous vénériez la Vierge Marie, Mère des prêtres, sous le titre particulier de Madone de la Confiance. Cela fait penser à une double signification: à la confiance des séminaristes, qui, grâce à son aide, accomplissent leur chemin de réponse au Christ qui les a appelés; et à la confiance de l'Eglise de Rome, et en particulier de son Evêque, qui invoque la protection de Marie, Mère de toute vocation, sur ce vivier sacerdotal. C'est grâce à son aide que vous pouvez, chers séminaristes, vous préparer aujourd'hui à votre mission de prêtres au service de l'Eglise. Lorsque, il y a quelques instants, je me suis recueilli en prière devant l'image vénérée de la Madone de la Confiance dans votre Chapelle, qui représente le coeur de votre séminaire, j'ai prié pour chacun de vous. Je repensais également aux nombreux séminaristes qui ont séjourné au séminaire romain, et qui ont ensuite servi avec amour l'Eglise du Christ - je pense, entre autres, à Dom Andrea Santoro, tué récemment en Turquie tandis qu'il priait. Et ainsi, j'ai invoqué la Mère du Rédempteur, afin qu'elle obtienne pour vous aussi le don de la sainteté. Puisse l'Esprit Saint, qui a façonné le Coeur sacerdotal de Jésus dans le sein de la Vierge, puis dans la maison de Nazareth, opérer en vous à travers sa grâce, en vous préparant aux futures tâches qui vous seront confiées.
Il est également beau et approprié que, aux côtés de la Vierge Mère de la Confiance, nous vénérions aujourd'hui de façon particulière son époux, saint Joseph, auquel Mgr Marco Frisina s'est inspiré cette année pour son Oratorio. Je le remercie de sa délicatesse, ayant choisi d'honorer mon saint Patron, et je le félicite pour cette composition, tandis que je remercie de tout coeur les solistes, les choristes, l'organiste et tous les membres de l'orchestre. Cet Oratorio, intitulé de façon significative "Ombre du Père", m'offre l'occasion de souligner combien l'exemple de saint Joseph, "homme juste", dit l'Evangéliste, pleinement responsable face à Dieu et face à Marie, constitue pour tous un encouragement sur le chemin vers le sacerdoce. Il nous apparaît toujours plus attentif à la voix du Seigneur, qui guide les événements de l'histoire et qui est prêt à en suivre les indications; toujours fidèle, généreux et détaché dans le service; maître efficace de prière et de travail dans la vie cachée de Nazareth. Chers séminaristes, je peux vous assurer que, plus vous avancerez, avec la grâce de Dieu, sur la voie du sacerdoce, plus vous ressentirez combien se référer à saint Joseph et en invoquer le soutien dans l'accomplissement quotidien de son devoir est riche de fruits spirituels.
Chers séminaristes, recevez mes voeux les plus cordiaux pour le présent et l'avenir. Je les remets entre les mains de la Très Sainte Vierge Marie, Madone de la Confiance. Tous ceux qui sont formés au grand séminaire romain apprennent à répéter la belle invocation "Mater mea, fiducia mea", que mon vénéré prédécesseur Benoît XV définit comme leur formule distinctive. Je prie afin que ces paroles s'impriment dans le coeur de chacun de vous, et vous accompagnent toujours dans votre vie et votre ministère sacerdotal. Ainsi, vous pourrez diffuser autour de vous, partout où vous êtes, le parfum de la confiance de Marie, qui est la confiance dans l'amour providentiel et fidèle de Dieu. Je vous assure que chaque jour, vous serez présent dans ma prière, car vous êtes l'espérance de l'Eglise de Rome. Et à présent, je vous donne de tout coeur et avec joie ma Bénédiction apostolique, ainsi qu'à toutes les personnes présentes, à votre famille et à tous ceux qui sont proches de vous sur le chemin vers le sacerdoce.
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