MESSAGE RADIO DU PAPE JEAN-PAUL II
AU PEUPLE DU VIETNAM DURANT
LE VOYAGE DE PORT MORESBY À BANGKOK
Jeudi, 10 mai 1984
Aux chers Frères et Sœurs du Vietnam,
au retour de ma visite pastorale en Corée, en Papouasie Nouvelle Guinée et aux Iles Salomon, je me trouve à proximité du Vietnam. Et je tiens à saluer tout le peuple de ce pays que j’aime, à lui manifester ma sympathie et mes sentiments de paix, mes encouragements et mes vœux cordiaux.
Tout être humain, tout peuple avec sa culture, ont leur place dans le regard bienveillant de l’Eglise catholique - universelle -, et dans le cœur de celui qui en est le Pasteur. Tel est l’Evangile d’amour reçu de Jésus-Christ: il embrasse toutes les nations dans un esprit de service, en leur apportant une parole de salut et une aide fraternelle. Pour le cas du Vietnam, tout le monde connaît et apprécie le courage au travail, la ténacité dans les difficultés, le sens familial et les autres vertus naturelles dont vous savez faire preuve. Dans ce pays qui a cruellement souffert des épreuves de la guerre, vous avez dû travailler beaucoup à la reconstruction du pays, déployer de grands efforts pour faire face aux divers problèmes d’éducation, de santé . . . L’Eglise porte un vif intérêt à ces efforts solidaires, les encourage et souhaite qu’ils parviennent à donner à chacun, non seulement le pain et l’instruction, mais la possibilité de l’épanouir librement avec le meilleur de lui-même, y compris dans ses aspirations religieuses et dans un climat de paix avec les autres peuples qui cherchent, comme le Vietnam, à vivre dans la tranquillité et la dignité.
C’est certainement ce que désirent les nombreux Vietnamiens qui, parmi vous, partagent la foi chrétienne. C’est à vous, chers Frères et Sœurs catholiques, que je m’adresse maintenant. Depuis les débuts de l’évangélisation, vous formez des communautés vivantes, riches de la foi de toute l’Eglise bien assimilée par le génie de votre culture vietnamienne, ardentes dans la prière, généreuses dans une charité ouverte à tous. A vos Evêques et à vos prêtres, à vos religieux et religieuses, aux pères et mères de famille, aux enfants, aux jeunes et aux vieillards, à ceux surtout qui sont dans l’épreuve de la maladie ou dans d’autres conditions de vie pénibles, je veux dire mon affection à un titre particulier. Chaque jour, par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, je vous recommande au Seigneur, pour qu’il continue à vous donner, avec le courage de la foi, l’espérance et la paix. Que votre cohésion autour de vos Evêques soit sans faille, dans l’adhésion à Jésus-Christ et à son Eglise! Et je prie pour que vous ayez toujours les possibilités concrètes de professer et de vivre votre foi. La garantie de ces possibilités fait honneur à un pays, elle manifeste son souci de justice et elle favorise la réalisation des valeurs spirituelles si nécessaires à son développement.
L’Eglise entière a les yeux fixés sur vous; en elle, vous avez une place de choix. Elle est fière de vous, sachant la foi chrétienne qui vous habite, avec l’amour loyal de votre nation. Elle vous encourage à construire avec tous vos compatriotes un avenir meilleur pour tous. Et elle encourage volontiers les œuvres catholiques ou les organismes internationaux à vous apporter une aide désintéressée. Je suis heureux de pouvoir aujourd’hui vous en donner l’assurance de vive voix et de vous transmettre de tout cœur ma Bénédiction Apostolique.
© Copyright 1984 - Libreria Editrice Vaticana
VOYAGE APOSTOLIQUE EN CORÉE,
EN PAPOUASIE-NOUVELLE GUINÉE,
AUX ÎLES SALOMON ET EN THAÏLANDE (2-11 mai 1984)
DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AU CORPS DIPLOMATIQUE*
Vendredi, 4 mai 1984
Excellences - Mesdames, Messieurs,
Un des moments très significatifs, dans bien des voyages que j’ai faits dans les différentes parties du monde, pour répondre à ma mission apostolique auprès des communautés catholiques des différents pays, a été celui de ma rencontre avec les membres du corps diplomatique. Aujourd’hui, ici, à Séoul, c’est un grand plaisir pour moi que de me rencontrer avec vous, membres du corps diplomatique accrédités auprès du gouvernement de la République de Corée. Je vous remercie d’être venus ici ce soir.
1. Les raisons de ma visite sont bien connues de vous. L'Église de Corée célèbre ses deux cents ans d'existence dans ce « pays du matin calme ». C'est une jeune Église, déjà riche d'expérience et pleine de promesses pour l'avenir. Le peuple de Corée lui-même donne l'impression d'être un peuple jeune en dépit de sa longue histoire et fait preuve d'une vitalité qui promet beaucoup pour l'avenir: c'est un peuple riche d'espoirs et de nobles aspirations, qui a un immense désir de paix et de stabilité, un immense désir de soigner ses cruelles blessures qui le font encore souffrir profondément. Les aspirations à la paix, à la sécurité et à l'unité nationale qui se font de plus en plus sentir partout aujourd'hui sont particulièrement évidentes chez le peuple coréen; ma visite veut montrer que ces profonds désirs si nobles sont partagés par moi-même et par l'Église.
1. En tant que membres du corps diplomatique, vous êtes les représentants officiels de vos pays respectifs. Vous servez chacun votre pays en faisant progresser et en protégeant les intérêts de vos nations. Mais l'une des caractéristiques de votre service devrait être de vous rendre des observateurs attentifs et des participants réceptifs à la vie culturelle, sociale et psychologique du pays qui est votre hôte. En tant que diplomates, vous êtes tenus d'avoir une sensibilité aiguë aux valeurs typiquement nationales du pays où vous remplissez votre mission. Il est certainement exact de dire que mieux vous connaîtrez et respecterez le caractère authentique et original du peuple coréen, mieux vous réaliserez votre tâche importante de compréhension, de promotion et de bonne volonté réciproques. Il est certainement tout aussi vrai que la compréhension et la bonne volonté, la collaboration et la coresponsabilité sont capables de mettre en mouvement une recherche générale de la paix entre les peuples, au niveau mondial.
2. La paix ! On en parle beaucoup: et pourtant la paix authentique semble nous échapper de plus en plus. D'une part, les instruments de guerre les armes de mort et de destruction sont en constant accroissement. D'autre part, les structures de dialogue existantes, que ce soit entre les grandes nations et alliances ou entre les parties impliquées dans des différends limités et localisés, se sont avérées d'une extrême fragilité et vulnérabilité. Devrions-nous alors cesser de parler de paix? Ne faudrait-il pas plutôt trouver des mots qui puissent susciter une réponse sérieusement réfléchie de la part de tous ceux qui ont une responsabilité dans les décisions et les politiques concernant la paix? Ne serait-ce pas un crime de demeurer silencieux lorsque ce qu'il faut, c'est un appel efficace à une vraie « conversion du cœur" de la part des individus, des gouvernements et des nations?
La conversion du cœur était le sujet de mon message pour la 17~ Journée de la Paix, le 1 janvier de cette année: « D'un cœur nouveau naît la paix (2). » Comme je le disais alors, je crois qu'une sérieuse réflexion sur ce thème « permet d'aller au fond de la question, et qu'elle est de nature à remettre en cause des présupposés qui, précisément, menacent la paix. L'impuissance où se trouve l'humanité pour résoudre les tensions révèle que les blocages, ou au contraire les espoirs, viennent de quelque chose de plus profond que les systèmes eux-mêmes » (n. 1). Ce changement ou « conversion » du cœur n'est ni réservé exclusivement aux chrétiens ni même un idéal religieux. C'est une expérience humaine absolument fondamentale et originale qui s'applique aussi bien aux nations qu'aux individus. Pour reprendre ce que je disais dans le message pour la Journée de la Paix: « Il s'agit de retrouver la clairvoyance et l'impartialité avec la liberté de l'esprit, le sens de la justice avec le respect des droits de l'homme, le sens de l'équité avec la solidarité mondiale entre riches et pauvres, la confiance mutuelle et l'amour fraternel. » (n. 3.)
3. La paix est menacée la ou l'esprit humain est opprimé par la pauvreté ou contraint par des diktats sociopolitiques ou idéologiques. Dans notre monde, la paix est sérieusement menacée par des tensions qui viennent des différences idéologiques entre l'Est et l'Ouest et par le contraste grandissant entre les pays développes du Nord et les pays en voie de développement du Sud. La paix est menacée là où les droits fondamentaux de l'homme sont ignores ou piétinés, en particulier les droits de la liberté religieuse. La paix est menacée là où le bien-être intégral de la personne humaine n'est pas reconnu, promu, sauvegardé, là où des êtres humains ne sont pas respectes dans leur dignité et leur valeur uniques, là où ils sont subordonnés à des intérêts préconçus et à l'ambition du pouvoir sous toutes ses formes; là où les pauvres sont exploités par les riches, les faibles par les forts, les simples par les gens habiles et sans scrupules. La paix est menacée là où la personne humaine est victime du progrès scientifique et technologique au lieu d'être la bénéficiaire des possibilités merveilleuses offertes par le progrès et le développement authentiques que l'homme tire de l'univers. La paix est menacée par les événements; mais ces événements eux-mêmes reflètent les causes profondes qui sont étroitement liées à l'attitude du cœur humain.
4. Il existe un sérieux besoin de repenser les politiques et les priorités de base. En cette époque de l'histoire, il existe un grand besoin de sagesse. On peut de moins en moins jouer avec le bien-être de la famille humaine. La seule option est un dialogue sincère et une collaboration réciproque pour la construction d'un ordre plus juste dans le monde. En quoi consiste cet ordre juste? Cela reste encore, jusqu'à un certain point, à découvrir, à travers un échange d'idées et de valeurs, établi dans la pleine confiance et sans idées préconçues, un dialogue qui ait pour objectif le bien commun de chacun et les droits inaliénables de tout être humain.
5. Je fais appel à vous, mesdames et messieurs du Corps diplomatique, pour que vous usiez de tous les moyens à votre disposition pour promouvoir ce dialogue. Il faut trouver une manière de penser, de faire ensemble, avec le courage d'entreprendre un nouveau commencement! Les bases morales et les conditions psychologiques qui soutiennent actuellement la situation mondiale ont besoin d'être réétudiées soigneu¬sement et sans partialité.
Comme je l'ai laissé entendre, la plus grande difficulté pour réaliser un dialogue constructif réside peut-être dans le manque de confiance réciproque entre les individus, les groupes, les pays et les alliances. Il y a une atmosphère de suspicion qui fait que l'un doute de la bonne volonté de l'autre. C'est là un obstacle sérieux à l'objectif de la paix et qui vient des circonstances réelles qui touchent la vie des nations. Il faut reconnaître que cette atmosphère de peur, de suspicion, de défiance et d'incertitude est extrêmement difficile a dissiper. Le sentiment d'insécurité est réel et parfois justifie. Il entraîne à son tour des niveaux de plus en plus élevés de tension, encore aggravée par le besoin inévitable, par tous les moyens et de tous les côtés, de s'assurer la supériorité militaire et jusqu'à atteindre la supériorité par des actes de véritable et propre terrorisme, comme il est advenu à Rangoon, ou la prédominance à travers le contrôle économique et idéologique. Les aspirations de centaines de millions d'êtres humains à une vie meilleure, les espoirs des jeunes en un monde meilleur, seront inévitablement frustrés tant qu'on n'en arrivera pas au changement du cœur et a un nouveau commencement !
6. Pour une nouvelle étude des bases morales et des présupposés psychologiques qui constituent une menace pour la paix, le développement et la justice, l'une des conditions fondamentales requises est l'établissement d'un nouveau climat de confiance.« La paix doit naître de la confiance mutuelle entre les peuples au lieu d'être imposée aux nations par la terreur des armes. » (Gaudium et spes n. 82.) Cette même nécessité d'un climat de confiance reste vraie également à l'intérieur d'une nation ou d'un peuple donnés. En particulier, il incombe aux chefs des pays de promouvoir un climat de bonne volonté sincère au dedans et au dehors. Et puisqu'ils ne sauraient ignorer la complexité des relations internationales, ils doivent se sentir tenus eux-mêmes d'assumer le très grave devoir d'être des artisans de paix. Servir la cause de la paix, c'est une oeuvre d'amour immense pour l'humanité. « De nos jours ceci exige très certainement des chefs politiques qu'ils ouvrent leur intelligence et leur cœur au-delà des frontières de leur propre pays, qu'ils renoncent à l'égoïsme national et au désir de dominer les autres nations, et qu'ils entretiennent un profond respect envers toute l'humanité» (Ibid.)
Le respect pour l'humanité: c'est vraiment le nœud de toute la question. Si la personne humaine est vraiment respectée dans son inviolable dignité et ses droits inaliénables, alors toute injustice et toute agression seront vues sous leur vrai jour: une arrogance cachant en elle-même un certain désir de mort, parce qu'elle renverse l'équilibre de l'ordre naturel de la justice fondamentale des droits et des devoirs, faisant naître une situation de chaos moral dans laquelle, tôt ou tard, tous seront victimes. Les paroles de l'Évangile qui disent: "Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux" (Mt 7, 12), expriment une nécessite fondamentale de la coexistence humaine qui s'applique autant aux relations entre individus qu'aux relations entre les pays.
7. Aujourd'hui, ici, à Séoul, je saisis cette occasion pour vous demander, à vous, membres du corps diplomatique et je désire étendre cet appel à tous les hommes et à toutes les femmes qui sont en situation de responsabilité de travailler en faveur de la paix en travaillant à changer les cœurs, en s'efforçant de considérer la situation mondiale avec un regard neuf et avec la volonté de venir à bout des vieux préjugés et des vues unilatérales.
En tant que diplomates, vous avez des possibilités particulières pour soutenir et renforcer la bonne volonté entre les peuples et les gouvernements. Pour agir ainsi, vous devez être convaincus que la paix est possible; que la paix est préférable a la guerre; que les êtres humains méritent de se voir épargner l'actuelle logique de la peur et le manque de confiance. Actuellement, le monde a besoin d'hommes et de femmes qui aient le sens de leur destinée, qui se consacrent à sauver notre civilisation des différentes menaces qui mettent en danger son existence elle-même.
8. Dans votre service diplomatique en Corée, vous pouvez voir combien les idéologies opposées et les passions qu'elles déchaînent font naître de profondes souffrances. La douleur angoissante et la souffrance d'une Corée divisée sont le signe d'un monde divise qui manque de confiance et ne parvient pas à faire naître la réconciliation dans l'amour fraternel. Cette Corée divisée est un symbole de la situation du monde qui demande à tout prix une réponse: un comportement nouveau, un cœur nouveau. Votre mission ici, par conséquent, revêt une signification et un poids particuliers. Je prie pour que l'expérience que vous faites ici vous donne la conviction que seule l'affirmation concrète et l'engagement en faveur des droits et des valeurs humaines, unis au respect effectif de la dignité de toute personne humaine, apporteront une réponse durable aux aspirations qui sont au cœur de tous les peuples du monde, celles de vivre dans la paix et dans la fraternité.
*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n. 19 p.9.
La Documentation Catholique n.1876 pp.607-609.
© Copyright 1984 - Libreria Editrice Vaticana
Discours aux participants à la Conférence mondiale sur la pêche*
30 juin 1984
1 J'ai le grand plaisir de m'adresser aujourd'hui à vous qui prenez part à la Conférence mondiale pour l'administration et le développement des pêcheries organisée par la FAO des Nations Unies.
Comme vous le savez, votre réunion se déroule au moment où des célébrations religieuses évoquent l'origine de la communauté des disciples du Christ qui a été fondée sur Pierre, un simple pêcheur qui a été appelé à présider et à diriger une mission spirituelle et morale universelle. Dès ses débuts, l'Église a donc été en contact étroit avec le monde des pêcheurs. Nous pouvons penser que ce qui a particulièrement attiré le Christ vers les pêcheurs et l'a entraîné à les choisir pour un tout autre genre de travail, c'est leur courage, leur esprit d'initiative et leur promptitude à faire face aux risques du vent et des vagues.
L'Église a parfaitement conscience des difficultés et des problèmes insérés dans la vie de tous les hommes qui s'adonnent à l'industrie de la pêche, des problèmes que partagent tous ceux qui, dans le monde, tirent leur subsistance de la mer.
Il est normal que le principal souci de la présente Conférence soit le besoin rapidement croissant de ressources alimentaires pour mettre un terme à la faim des millions de personnes qui souffrent de malnutrition dans les régions les plus pauvres du monde.
On sait communément qu'il s'est opéré une profonde modification de l'opinion au sujet du développement économique et social en général. En effet, après une période d'excessive attention au secteur industriel, on constate un heureux retour à la primauté de l'agriculture et à l'usage efficace de ses produits. A ce propos, il est bon de rappeler que les statuts de la FAO comprennent sous le titre d'agriculture non seulement les produits du sol et des forêts mais aussi ceux des eaux.
Il est particulièrement opportun que l'accent ait été mis aujourd'hui sur le secteur de la pêche parmi les produits alimentaires demandés par la toujours croissante population du monde. Ceci est tout particulièrement important afin de répondre aux besoins des pays où existe un grave déséquilibre entre la demande et les ressources alimentaires actuelles. De fait, les ressources de la pêche peuvent être encore mieux et encore plus largement utilisées.
La pêche a donc une importance énorme dans la lutte pour remédier à la sous‑ alimentation. Particulièrement dans les plus petits centres, elle constitue une première ressource pour répondre a des besoins alimentaires immédiats.
A juste titre, votre Conférence prête particulièrement attention à la pêche artisanale et vous insistez pour que les problèmes qui s'y rattachent aient réellement la priorité. Les communautés de pêche artisanale et leurs besoins doivent être pris en considération et intégrés dans les économies nationales.
De même, le développement des diverses formes d'aquaculture est évidemment très opportun. Les bons résultats déjà acquis prouvent que cette activité, non seulement aide à accroître les ressources alimentaires mais aussi qu'elle crée de nouvelles possibilités d'emploi, particulièrement dans les pays en voie de développement. Elle est également un puissant instrument pour la protection et la restauration du milieu naturel.
3. Vous considérez justement la pêche comme un ensemble d'activités humaines et, à bon droit, vous mettez l'accent sur les objectifs sociaux qui y sont liés.
Pour faire face aux besoins de la société actuelle, il est nécessaire d'appliquer au secteur de la pêche les formes requises par une gestion moderne et efficace.
Il est clair que votre Conférence doit procéder au niveau des solutions que rend possible la technologie moderne. D'où la nécessité de prendre en considération les conditions économiques de chaque pays individuellement et aussi d'être en mesure de fixer des objectifs réalistes et de spécifier les besoins financiers.
Mais ce que vous avez toujours présent à l'esprit et ce qui vous sert de point permanent de référence, ce sont les aspects humains fondamentaux, spécialement ceux qui sont vécus par les hommes dont le gagne-pain est la pêche et les industries connexes. Votre Conférence a donc pour tâche de revoir les critères qui ont déjà été déterminés pour ce qui concerne l'agriculture, dans le but d'assurer non seulement le développement technique et économique, mais aussi le développement humain des individus et des communautés.
Les pays dépendent évidemment l'un de l'autre et ceci est un fait qui impose la nécessité de coordonner des politiques intérieures en vue d'un développement mondial. C'est pourquoi, dans mon encyclique Laborem exercens, j'ai insisté sur le principe de la priorité du travail humain dans tout le processus économique (cf. n. 24 et 25). Par conséquent, les autorités publiques devraient favoriser des formes de coresponsabilité pour ceux qui travaillent dans des pêcheries artisanales ou industrielles ainsi que les différentes formes de leur solidarité dans de libres associations. Cette participation active de tous les travailleurs de la pêche aux décisions qui affectent leur vie et leur travail doit être encouragée.
4. Une de vos tâches importantes est d'encourager une utilisation correcte des ressources disponibles et d'en développer de nouvelles. Je voudrais lancer un appel pressant aux scientifiques pour qu'ils y emploient tout leur talent et leur expérience. Il doit aussi y avoir un accord sur les critères et les méthodes a appliquer à la pêche dans le contexte du développement mondial.
Une plus grande disponibilité de ressources financières et un progrès des conditions de prêts et crédits sont évidemment des conditions préalables pour un meilleur rendement de la production et il faut également prévoir des réserves pour le renouvellement de l'équipement.
Il faut aussi prendre des mesures pour faciliter l'accès de la production de la pêche aux marches aussi pour les communautés artisanales, en encourageant l'amélioration du traitement et de la présentation de ces produits par les communautés de pêcheur,
C'est pourquoi il faut espérer que la Conférence sera en mesure de conclure un accord sur les principaux aspects de l'organisation et du développement de la pêche.
Il faut également espérer que tous les États et les organisations volontaires, avec toutes leurs ressources et énergies, agiront efficacement ensemble afin de réaliser une féconde action commune.
Il faut aussi espérer que votre travail entraînera l'augmentation des formes de solidarité et d'aide mutuelle non seulement entre les pays hautement industrialisés et les pays en voie de développement mais aussi entre les pays avant des ressources limitées.
5. L'Église répète une fois de plus qu'elle est prête sous les formes qui lui sont propres, à soutenir tous les efforts tendant à éliminer la faim et la sous-alimentation dans le monde, et tous les efforts réalisés pour élever le niveau de vie de ceux qui sont vraiment pauvres et incapables de travailler à leur propre développement économique et social.
En particulier, il semble opportun de souligner que l'Église est toujours prête à inciter ses propres institutions à collaborer dans chaque domaine approprié. Elle est notamment prête à intensifier sa propre action éducative, tant au niveau élémentaire qu`au niveau professionnel, et donc à contribuer a la formation qui est essentielle pour réaliser des changements dans les méthodes de production et de vente.
C'est avec cette sollicitude à l'égard de tous ceux qui travaillent en vue du développement économique et social dans le domaine de la pêche ainsi que pour le progrès de tous ceux qui, partout dans le monde, sont engagés dans des activités de pêche que j'exprime mon admiration pour vos importants efforts. J'invoque pour vous tous les Bénédictions du Seigneur dans votre activité présente et future pour le bien de l'humanité.
*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n. 30 p.4.
La Documentation Catholique n.1881 p. 885-886.
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DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
À UN GROUPE DE JOURNALISTES CATHOLIQUES DE BELGIQUE
Jeudi, 28 juin 1984
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
la longue fidélité et le généreux soutien que votre Association des journalistes catholiques de Belgique a manifestée à mes vénérés prédécesseurs et continue de témoigner à l’actuel Successeur de Pierre, m’est une source de précieux réconfort. Si le Pape doit faire face à sa mission particulière de sollicitude envers toutes les Eglises qui sont en communion avec le Siège de Rome, il sait aussi qu’il peut compter sur le concours du peuple chrétien. Pour votre part, vous illustrez cette solidarité ecclésiale que l’Apôtre Paul recommandait chaleureusement aux chrétiens de Corinthe (2 Cor. 8).
Soyez vivement félicités et remerciés pour la somme que vous avez eu la délicatesse de vouloir me remettre à Rome même. Votre démarche est hautement symbolique et elle est un bel exemple pour les responsables de pèlerinages diocésains ou paroissiaux qui s’efforcent de conduire les fils de l’Eglise aux tombeaux des Apôtres Pierre et Paul, en vue d’un ressourcement de leur foi, de leur charité, de leur espérance.
Je vous saurais gré, Monsieur le Président, d’exprimer ma reconnaissance, par le moyen que vous jugerez à propos, à tous ceux qui ont participé concrètement à la constitution de ces “Etrennes pontificales”: les nombreux lecteurs de vos journaux catholiques et tous les amis de votre Association. Est-il besoin d’ajouter, pour ces bienfaiteurs avertis, que les clichés faciles sur les richesses du Vatican sont objectivement dépassés et que le temps vient où pourrait être mise au point, en ce qui concerne les ressources matérielles, une articulation encore plus efficace entre les services romains de l’Eglise universelle et les Eglises locales.
Soyez en tout cas assurés que tous les dons importants ou plus modestes permettent à celui qui préside à la charité de toutes les Eglises d’assurer le bon fonctionnement des services centraux de l’Eglise et de secourir au nom du Christ les populations et les pays accablés par la misère. En leur nom, je vous exprime des sentiments de très profonde gratitude. Que Dieu lui-même vous bénisse abondamment et qu’il vous fasse la grâce de communiquer à vos frères la passion évangélique du partage!
Volentieri rivolgo anche in fiammingo una parola di ringraziamento cordiale a tutti i membri dell’Associazione dei giornalisti cattolici e dell’Unione dei giornalisti cattolici del Belgio, come pure a tutti i collaboratori e ai lettori dei giornali cattolici per i generosi contributi alla colletta “Strenne pontificie” che è espressione di fedeltà e di affezione sincera per la Chiesa e per il Vicario di Cristo.
Di cuore invoco la grazia e la benedizione di Dio su di voi e con gioia speciale questa volta dico: arrivederci l’anno prossimo in Belgio.
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