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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
À S. Exc. MONSIEUR NOUR EL DIN MOHAMMED HAMMED SATTI,
NOUVEL AMBASSADEUR DE LA RÉPUBLIQUE DU SOUDAN*
Jeudi, 28 octobre 1993
Monsieur l’Ambassadeur,
C’est avec satisfaction que j’accueille Votre Excellence au Vatican en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Soudan près le Saint-Siège.
Je vous remercie vivement de m’avoir transmis les salutations de Son Excellence le Général Omar Hassan Ahmed Al-Bashir, des membres du Gouvernement et du peuple soudanais. En retour, je vous prierai de bien vouloir exprimer au Chef de l’Etat les vœux que je forme pour sa personne ainsi que mes vifs souhaits pour l’accomplissement de sa tâche en vue du bien du peuple soudanais. Je salue également les membres du Gouvernement et j’invoque l’aide de Dieu sur tous les hauts responsables qui sont au service de la nation. Enfin, j’adresse mes meilleurs saluts à tous vos compatriotes dont je garde bien vivant dans la mémoire de mon cœur l’accueil chaleureux qu’ils m’ont réservé lors de ma récente visite pastorale à Khartoum.
De ce voyage, bien sûr, je conserve un souvenir ému. J’avais un grand désir de me rendre au Soudan et je suis reconnaissant aux Autorités de votre pays d’avoir rendu possible cette visite: elle m’a permis de rencontrer un peuple à la riche culture et aussi d’honorer sur son propre sol, avec une grande foule de chrétiens, la bienheureuse Bakhita. J’ai eu aussi la satisfaction d’accomplir ma mission de Successeur de Pierre qui est d’affermir la foi de mes frères et sœurs catholiques. Egalement, j’ai pu témoigner que j’étais proche de tous ceux qui souffrent, des personnes déplacées et sans abri, des victimes de la sécheresse, de la famine, de la maladie et des dévastations de la guerre. Mon désir ardent, comme messager de l’Evangile, était de promouvoir la cause de la justice et de la paix.
Votre présence en ces lieux, Monsieur l’Ambassadeur, me fait espérer qu’un nouvel élan sera donné dans la recherche et la réalisation de ces idéaux de justice et de paix auxquels aspirent les populations du Soudan et celles de l’Afrique entière. Ce sont des préalables nécessaires au développement et au progrès. Aussi, je renouvelle aujourd’hui le vœu que j’ai ardemment exprimé sur votre sol: que tous les citoyens soudanais puissent mener une vie digne, dans le respect de leurs droits, quelles que soient leur religion, leur condition sociale ou leur appartenance ethnique. A cet égard, je considère de bon augure le message qu’a récemment apporté l’envoyé spécial de votre Président.
Dans votre allocution, vous avez bien voulu évoquer les efforts du Siège Apostolique, en Afrique et ailleurs dans le monde, en faveur de la concorde entre les hommes et de la promotion de leur bien-être intégral: je vous sais gré de cette appréciation. Les responsables des nations sont eux-mêmes de plus en plus conscients des tâches prioritaires qui s’imposent et je souhaite qu’en ce domaine ils ne se contentent pas de bonnes intentions. Comme je le disais au début de l’année au Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège, « au fond, tous les problèmes de justice ont pour cause principale le fait que la personne n’est pas suffisamment respectée, prise en considération ni aimée pour ce qu’elle est. Il faut apprendre ou réapprendre aux hommes à se regarder, à s’écouter, à marcher ensemble » (Ioannis Pauli PP. II Allocutio ad Nationum apud Sanctam Sedem Legatos coram admissos, 6, die 16 ian. 1993: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, XVI, 1 (1993) 122).
Vous me permettrez, Monsieur l’Ambassadeur, de saisir l’occasion de cette rencontre pour adresser de Rome, par votre intermédiaire, mon salut le plus fervent aux membres de l’Eglise catholique soudanaise. Puissent-ils, dans le sillage de Bakhita, témoigner de la lumière et de l’amour qui les habitent et être pour tous leurs compatriotes des porteurs d’espérance! Je puis vous assurer que, sous la conduite de leurs évêques, les fidèles du Soudan sont désireux d’apporter leur concours à cette œuvre de longue haleine qu’est l’édification d’une nation prospère où chaque citoyen puisse mener une vie conforme à sa dignité d’être humain. Stimulés par leur foi chrétienne, ils continueront à collaborer pour le bien commun avec leurs concitoyens d’autres traditions religieuses, dans la conviction que, malgré les défis auxquels il faut faire face, il existe de solides raisons pour nourrir une grande espérance en l’avenir.
En terminant, laissez-moi exprimer encore le vœu ardent que les populations de votre pays voient satisfaits leurs besoins alimentaires, aient des soins de santé suffisants et vivent en harmonie. Je prie pour que le rapprochement et la coopération entre chrétiens et musulmans contribuent à résoudre les conflits, pour que les obstacles à la liberté religieuse appartiennent désormais au domaine du passé et pour que la paix durable devienne une réalité quotidienne.
Alors que vous inaugurez votre mission, je vous offre mes vœux les meilleurs et je vous assure que vous trouverez ici un accueil attentif et une compréhension cordiale.
Sur votre Excellence, sur le peuple soudanais et sur ses dirigeants, j’invoque de grand cœur l’abondance des Bénédictions divines.

*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XVI, 2 p.1149-1151.
L'Attività della Santa Sede 1993 p.910-911.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française29.10.1993 p.7.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue françaisen.44 pp.5.7


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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
À NEUF AMBASSADEURS PRÈS LE SAINT-SIÈGE*
Salle Clémentine
Jeudi, 28 octobre 1993

Madame et Messieurs les Ambassadeurs,
1. C’est avec une réelle satisfaction que je viens de recevoir des mains de Vos Excellences les Lettres qui les accréditent auprès du Siège Apostolique comme Ambassadeurs de leurs nations respectives.
A vous tous, je souhaite très cordialement la bienvenue à Rome, et je puis vous assurer que mes collaborateurs sont disposés à vous assister dans votre mission, afin de resserrer utilement les relations entre vos pays et le Saint-Siège.
Je voudrais adresser un salut particulier aux Ambassadeurs de Mongolie et du Swaziland qui sont les premiers chefs de mission de leurs pays accrédités ici; je me réjouis de voir ainsi entrer dans leur phase active les relations récemment établies. D’autre part, c’est pour moi une joie particulière de saluer le Représentant de la Lettonie, nation auprès de laquelle j’ai eu le bonheur de me rendre en visite pastorale il y a quelques semaines; voici que nos rapports retrouvent leur plein exercice après une longue période de latence.
2. Les circonstances réunissent ici les Ambassadeurs de nations situées dans trois continents, l’Europe, avec la Lettonie, l’Asie, avec la Mongolie et Singapour, l’Afrique, avec le Burkina-Faso, le Congo, la République de Guinée, le Soudan, le Swaziland et la Zambie: nous voyons là un clair signe du désir du Saint-Siège d’entretenir des rapports fraternels avec tous les peuples de l’humanité, que les fidèles de l’Eglise catholique en soient une proportion importante ou modeste.
3. En votre présence, comment ne pas évoquer une nouvelle fois les changements profonds qui sont intervenus et qui se poursuivent dans le monde, dans l’espoir qu’ils conduiront à une amélioration considérable de la situation d’une partie importante de l’humanité? Le grand nombre d’Ambassadeurs venus d’Afrique parmi vous, en particulier, m’invite à redire que l’Eglise suit avec beaucoup de sympathie les processus qui conduisent plusieurs peuples vers la démocratie. Je sais les obstacles souvent rencontrés, et je forme des vœux ardents pour qu’ils puissent être surmontés. Les nouvelles de conflits graves qui déchirent trop de peuples du continent africain nous alarment. Aussi, en présence de diplomates, qui sont par vocation des artisans de paix et de coopération entre les nations, je tiens à appeler les hommes et femmes de bonne volonté à tout mettre en œuvre pour bâtir durablement la paix, nécessaire pour le bien de tous.
4. Vous savez que, parmi vos concitoyens, les catholiques désirent prendre généreusement leur part dans le service de la société, spécialement pour ce qui relève du développement. Leurs activités d’éducation, de formation professionnelle, d’organisation des soins de santé, d’entraide caritative, d’initiatives d’ordre économique ont pour but, dans l’esprit même de l’amour fraternel qui anime tout chrétien, de favoriser l’épanouissement des personnes, des familles et des groupes sociaux. Ces efforts des membres de l’Eglise n’ont d’autre ambition que de se joindre à ceux de tous leurs compatriotes, de même qu’à ceux de la communauté internationale.
5. Parmi les thèmes de nos échanges avec les représentants des nations, je voudrais rappeler également que nous gardons présent à l’esprit le souci de voir reconnu et garanti le libre exercice du culte et des activités propres à chaque communauté religieuse, dans le respect mutuel des convictions et des traditions spirituelles des uns et des autres. Protéger le droit de tous à la liberté de conscience et de religion, cela demeure l’une des préoccupations premières du Saint-Siège, car l’épanouissement de la vie spirituelle est un trait essentiel de la vocation de tout homme et de toute femme dans le monde.
6. Madame et Messieurs les Ambassadeurs, au terme de cette cérémonie solennelle, ma pensée se porte vers les peuples que vous représentez. Je voudrais vous charger d’exprimer ma profonde sympathie et les sentiments fraternels que j’éprouve envers eux, dans l’esprit des disciples du Christ dont l’amour s’étend à toute l’humanité. Pour plusieurs d’entre eux, il m’a été donné de les rencontrer sur leur sol: vous leur direz que leur souvenir demeure bien vivant en moi.
Dans la prière, je forme pour tous vos compatriotes des vœux fervents de prospérité dans la concorde et la paix.
Madame, Messieurs, pour vos personnes, vos proches, vos collaborateurs, comme pour les nations que vous représentez, j’invoque l’abondance des dons divins.

*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XVI, 2 pp.1137-1139.
L’Osservatore Romano 29.10. 1993 p.5.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.44 p.5.

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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
À LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES LATINS
DANS LES RÉGIONS ARABES
Jeudi, 28 octobre 1993
Béatitude,
Chers Frères dans l’Episcopat,
Chers amis,
1. Après votre rencontre de l’année dernière, au Caire, vous avez souhaité vous retrouver à Rome pour la XLIIIème Assemblée générale de la Conférence des Evêques latins dans les Régions arabes. Je suis heureux de vous accueillir pendant vos travaux où vous abordez de nombreux thèmes liés pour donner un nouvel élan à vos communautés, en tenant compte des situations spécifiques de vos différents pays. Ces journées vous donnent l’occasion de prier ensemble, d’invoquer l’assistance de l’Esprit Saint pour vos communautés et de partager vos soucis et vos joies pastorales. Vous avez soin d’unir vos efforts pour harmoniser vos actions et pour servir toujours davantage le peuple de Dieu. Ainsi s’expriment et se renforcent vos liens fraternels. Puissent les Apôtres Pierre et Paul, colonnes de l’Eglise, vous guider dans toutes vos réalisations!
2. Après avoir réfléchi sur un aspect particulier de l’annonce de l’Evangile, la catéchèse, vous vous attachez désormais à préparer des chemins nouveaux pour soutenir et pour raviver la vie de foi des catholiques dans le Moyen-Orient, à l’aube du vingt et unième siècle. Les questions auxquelles vous êtes affrontés sont importantes. En effet, plusieurs pays de la région sont soumis à des guerres fratricides depuis longtemps, appauvrissant et réduisant à la famine des populations entières. Le message du Christ, que vous avez la charge de transmettre, est une invitation à la paix profonde que le Seigneur seul peut donner, et un appel au partage au sein des communautés chrétiennes pour surmonter les situations de misère qui défigurent l’être humain et ternissent sa dignité. Je vous encourage et j’encourage les chrétiens de vos diocèses à poser des gestes prophétiques pour que plus jamais la guerre ne soit utilisée comme méthode de pression sur les hommes, au détriment du dialogue qui permet à chacun et à chaque peuple d’être reconnu.
3. Même si les fidèles de vos diocèses sont peu nombreux, leur vocation baptismale les appelle à être inlassablement, au sein de leurs peuples, les initiateurs d’un monde nouveau où règne l’amour entre les frères, prémices du Royaume à venir. Cela suppose d’aimer avec délicatesse sa terre, de s’engager comme citoyen dans la vie publique pour participer aux activités de la cité et à la vie sociale, dans le respect des sensibilités et des convictions religieuses, car « le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter »[1]. C’est pour les fidèles une noble façon d’annoncer l’Evangile que d’apporter leur contribution au bien commun, avec le souci premier d’être des artisans de la paix, don que le Christ a laissé à ses disciples au soir de sa vie[2], ainsi que de servir leurs frères en humanité dans la charité.
4. Je vous exhorte à intensifier les collaborations, sur le plan social et sur le plan ecclésial, avec les pasteurs et les fidèles des différents rites catholiques présents dans les régions arabes, rites qui sont une richesse pour votre terre. En outre, dans l’esprit du deuxième Concile du Vatican, j’invite aussi vos communautés à s’engager avec humilité et avec patience dans le « mouvement œcuménique »[3], pour que s’intensifient les entreprises et les initiatives en faveur de l’unité des Chrétiens. Dans toutes les démarches accomplies, que chacun réponde à l’exhortation de l’Apôtre: « Suivez la voie de l’amour, à l’exemple du Christ »[4]! A ceci nous serons reconnus comme ses disciples et ce sera pour tous les hommes un témoignage.
5. Votre ministère est parfois rendu difficile surtout dans des pays où, dans les faits, la liberté de religion et de culte n’est pas encore totale. Je prie pour que les Chrétiens donnent sans cesse l’exemple de la tolérance, du dialogue avec les autres religions, même si ne se produisent pas encore les résultats tangibles escomptés, et de la coopération active avec leurs membres. Dans le secret des cœurs, l’Esprit Saint travaille pour faire porter des fruits aux œuvres humaines, par les chemins que Dieu veut, car c’est lui qui donne la croissance à la semence portée en terre par les témoins de l’Evangile[5]. Je souhaite ardemment que les communautés chrétiennes aient toujours aussi la possibilité de se rassembler pour la célébration des sacrements, nécessaire à l’affermissement de la foi de ses membres, et qu’elles puissent librement rendre témoignage au Christ rédempteur de l’homme.
Au terme de notre rencontre, je vous invite à poursuivre avec zèle votre ministère. Qu’aucune difficulté ne vous décourage! Je vous demande de porter les encouragements affectueux du Pape aux prêtres de vos diocèses, qui sont pour vous, selon la formule de saint Ignace d’Antioche, « une précieuse couronne spirituelle »[6], aux religieux et aux religieuses, ainsi qu’à tous vos fidèles. De grand cœur, je vous accorde, ainsi qu’à tous les membres de vos communautés, ma Bénédiction Apostolique.

[1] Epist. ad Diognetum.
[2] Cfr. Io. 14, 27.
[3] Unitatis Redintegratio, 4.
[4] Eph. 5, 2.
[5] Cfr. 1 Cor. 3, 6.
[6] S Ignatii Antiocheni Ad Magnesios, 13, 1.


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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
À L'ASSOCIATION BELGE « PRO PETRI SEDE »
Vendredi 22 octobre 1993

Monsieur l’Aumônier général,
Mesdames, Messieurs,
Je suis heureux de vous accueillir au cours de votre pèlerinage dans la Ville éternelle. Vous êtes venus sur les pas des Apôtres Pierre et Paul, dont l’exemple ne cesse de vous guider comme le montrent les bulletins de votre Association, pour affermir votre foi personnelle et pour donner un élan nouveau à votre vie spirituelle et au témoignage que vous êtes appelés à rendre au Christ ressuscité dans votre vie quotidienne. Le nom de votre Association, « Pro Petri Sede », rappelle votre attachement particulier au Siège de Pierre et votre désir de vivre en communion avec les Successeurs de l’Apôtre auquel le Seigneur a confié son Eglise, ainsi qu’avec tous ceux qui, dans votre pays, ont reçu la charge apostolique. Comme le suggèrent vos méditations, je vous encourage à puiser dans le mystère eucharistique, expression la plus haute du don divin et de l’unité de l’Eglise, les grâces nécessaires à votre vocation baptismale, car suivant saint Jean Chrysostome, « la participation à l’Eucharistie signifie la communion et la nouvelle fraternité en Christ »[1].
La démarche que vous accomplissez aujourd’hui est en effet le signe visible de cette fraternité qui unit les chrétiens au-delà des frontières et qui fait de tous un peuple nouveau, figure du Royaume à venir: l’amour, que nous tenons du Christ et grâce auquel nous sommes reconnus comme ses disciples[2]. La mission universelle du Pape, assisté de ses collaborateurs, suppose un soutien financier de tous les Chrétiens, selon leurs possibilités. Je tiens à vous redire mon estime pour le soin constant que vous prenez à faire connaître les besoins du Siège Apostolique.
Maar, u weet het, het dienstwerk van de Opvolger van Petrus leidt ook tot het verlenen van hulp aan katholieke gemeenschappen die in nood sijn en, door de bemiddeling van hun caritatieve organisaties, aan de mensen die leven in situaties van extreme armoede. In naam van de armste volkeren die dikwijls sonder stem sijn, « de meest geliefden van God » soals de heilige Gregorius van Myssa hen graag noemde (Over de liefde voor de armen), dank ik u voor uw blijken van solidariteit. Doordat sij het so troostvolle gelaat van de Vader tonen, vormen sij een evangelisch werk en getuigen sij metterdaad van de sorg van de Redder om iedere mens, levend beeld van God. Het is de heilige Geest, gave van God, die werkt in de harten van de gelovigen op wereldwijd niveau sodat de liefde tot uitdrukking komt onder de christelijke gemeenschappen sinds het allereerste begin, want « de liefde van Christus laat ons geen rust »[3].
Je souhaite que vous exprimiez ma gratitude à tous les membres de l’Association « Pro Petri Sede » et aux fidèles de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg qui en vivent l’idéal d’entraide spirituelle et matérielle. J’accorde de grand cœur à tous ma Bénédiction Apostolique.

[1] S. Ioannis Chrysostomu In prima Cor., 27.
[2] Cfr. Io. 13, 35.
[3] 2 Cor. 5, 14.

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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU CHAPITRE GÉNÉRAL
DES FRÈRES  MARISTES DES ÉCOLES
Salle Clémentine
Vendredi 15 octobre 1993

Chers Frères,
1. Il m’est agréable de vous accueillir à l’occasion de votre Chapitre général qui s’achève. Je salue votre nouveau Supérieur général, le Frère Benito Arbués, le Vicaire général et les conseillers, et je leur offre mes encouragements et mes vœux pour la mission qui vient de leur être confiée au service de l’Institut.
Notre rencontre m’est une occasion favorable pour vous dire toute l’estime de l’Eglise envers les religieux et les éducateurs que vous êtes. Votre témoignage de vie religieuse, à l’exemple du bienheureux Marcellin Champagnat, votre fondateur, est précieux autant pour les Eglises d’ancienne tradition que pour les jeunes Eglises: des hommes consacrés à servir Dieu et le peuple de Dieu, dans l’humilité et la simplicité, constituent un signe important pour montrer à la société contemporaine le chemin ouvert par le Christ à l’humanité. Je tiens à faire une mention particulière de certains de vos frères qui, depuis longtemps, connaissent des conditions difficiles, et je rends hommage à leur fidélité.
2. Votre Congrégation a été fondée pour l’éducation, en un temps où l’ignorance était fort répandue. Si les conditions ont changé, les besoins restent immenses. Gardez votre enthousiasme d’éducateurs des plus jeunes enfants, des adolescents, des étudiants. Vous pouvez leur apporter beaucoup en associant la qualité scolaire et universitaire de votre enseignement et la vigueur de la foi, en animant des établissements d’enseignement ou en prenant part à la pastorale catéchétique dans des cadres différents. Nous savons combien de jeunes vont actuellement comme à tâtons à la recherche du sens de leur vie. Faire œuvre d’éveilleurs de la foi, c’est vraiment travailler à la mission que le Seigneur a confiée à son Eglise.
3. Je voudrais souligner aussi le fait que votre Congrégation est présente en plus de quatre-vingts pays des cinq continents, et je souhaite que beaucoup de jeunes vous rejoignent pour développer encore votre œuvre. De toutes parts, arrivent des appels adressés à l’Eglise pour qu’elle contribue à l’éducation des jeunes. Les grands ordres d’enseignants constituent une des réponses les plus appropriées à ces attentes, particulièrement lorsqu’ils s’attachent à servir les familles les plus pauvres, ainsi que vous y invite le charisme de votre Institut.
4. Chers Frères, que la Vierge Marie, qui inspire et guide quotidiennement votre vie religieuse, rende votre apostolat fécond et fidèle à la Parole qui vient du Seigneur! J’invoque avec ferveur son intercession et celle du bienheureux Marcellin Champagnat pour vous tous. De grand cœur, je vous bénis ainsi que l’ensemble des Frères maristes et des jeunes qu’ils ont vocation de servir.

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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
AU CONSEIL DES MINISTRES DE LA CONFÉRENCE
SUR LA SÉCURITÉ ET LA COOPÉRATION EN EUROPE*
Mardi 30 novembre 1993

Excellences,
1. C’est avec une vive satisfaction que je vous accueille ce soir, au terme de votre première journée de travail. Je vous remercie de tout cœur d’avoir accepté de venir jusqu’à moi et de prendre le temps de partager quelques-unes des préoccupations du Pape, qui suit avec une grande sollicitude les pas encore mal assurés de l’Europe nouvelle, dont la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe a été un artisan convaincu.
2. La réunion annuelle du Conseil des Ministres des Affaires étrangères des pays qui composent aujourd’hui la CSCE vous permet de faire le point sur l’évolution de ce continent aux ressources culturelles et humaines fécondes. Mais il vous appartient aussi de prévenir, autant que faire se peut, les tensions et les conflits, et surtout de tenter courageusement de résoudre les crises qui fragilisent la construction européenne encore en chantier. En vous voyant ici, je pense spontanément que « Europe » veut dire « ouverture »! En effet, à la sécurité et à la coopération en Europe travaillent également des nations appartenant à d’autres continents, comme le Canada et les Etats-Unis, ou comme des Etats d’Asie centrale. La CSCE est donc le cadre naturel de la réalisation d’une large communauté de nations, ouvertes aux autres continents et, en particulier, aux pays du pourtour méditerranéen.
3. La nouvelle Europe, voulue par la Charte de Paris de 1990, n’est ni l’annexion d’une partie du continent par l’autre, ni la substitution d’une confrontation économique à une confrontation idéologique. L’Europe devrait se caractériser par l’élaboration de projets communs, inspirés par les valeurs que la CSCE a promues avec persévérance depuis 1975. L’expérience récente montre que c’est en mettant la dignité des personnes et des peuples au centre de ses préoccupations que l’Europe peut contribuer à l’élimination des différents totalitarismes qui, durant trop d’années, ont défiguré son visage.
4. Voilà pourquoi je voudrais vous dire avec quelle détresse je prends connaissance des nouvelles toujours dramatiques qui nous parviennent de l’ancienne Fédération yougoslave et, plus particulièrement, de Bosnie-Herzégovine. On ne peut affirmer sa souveraineté ou revendiquer ses droits en piétinant ceux de ses frères! On avait pensé ne plus jamais revoir la guerre sur le sol européen. Qui pouvait prédire que des prétentions racistes et des nationalismes iniques auraient de nouveau fait résonner leurs slogans sur ce continent? Que dire de l’atroce spectacle de villages entiers rasés, de leurs populations sauvagement maltraitées et déportées? Cela rappelle durement un passé qui a avili l’histoire des hommes! Et pourtant cela se produit à peu de kilomètres d’ici. Tout le monde le sait, tout le monde le voit. Il importe que la CSCE continue d’exprimer un jugement politique et moral sur le déroulement de la crise yougoslave: de cette manière, elle évitera le scandale du désintérêt face à des événements inadmissibles, et elle obligera l’ensemble des Etats à prendre conscience qu’ils sont directement concernés dès lors que les droits fondamentaux d’une personne ou d’un peuple sont en jeu.
Le plus grand malheur qui puisse arriver à l’Europe d’aujourd’hui serait de se résigner à la guerre qui martyrise des millions d’hommes et de femmes, en particulier dans les Balkans et dans le Caucase.
Il est possible d’y mettre un terme en prenant les moyens de faire prévaloir les règles du droit. L’aide humanitaire généreusement consentie aux populations de Croatie, de Bosnie-Herzégovine, de Serbie et des autres Républiques de ce qui était hier la Yougoslavie fédérée ne saurait dispenser les responsables politiques de continuer à rechercher des solutions originales afin de mettre un terme à des débordements de violence et de haine qui ne mènent nulle part et qu’aucune cause ne peut justifier.
La CSCE a la mission de réunir les conditions d’une sécurité commune, globale et contrôlée. Mais il est désormais clair que celle-ci ne s’établira jamais si l’on cautionne les conquêtes territoriales obtenues par la force, si la « purification ethnique » – qui n’est autre qu’un génocide – est élevée au rang de méthode, ou si les règles les plus élémentaires du droit humanitaire sont ostensiblement violées.
En Bosnie-Herzégovine comme en Serbie ou en Croatie, il existe des femmes et des hommes de paix; on ne leur laisse pas assez la parole. Ces populations, que l’histoire a accoutumées à traverser l’épreuve et à se redresser, ont des ressources humaines et spirituelles; donnons-leur la chance de s’exprimer dans le dialogue et la négociation.
5. Excellences, permettez-moi de redire une fois encore, et aujourd’hui devant les plus hauts responsables de la diplomatie européenne, que l’heure est venue – souhaitons qu’il ne soit pas trop tard – de redonner un souffle d’espérance aux personnes et aux peuples; l’heure est venue de créer les conditions pour que les principes et les engagements si heureusement définis et souscrits à Helsinki, à Vienne et à Paris par les participants à la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe, soient réellement appliqués par tous, pour qu’ils aient la même valeur pour tous et en toutes circonstances.
Par son histoire, par son extension géographique et par sa grande diversité culturelle, la CSCE ne peut se contenter d’être, parmi d’autres, un simple instrument pour contribuer au maintien de la paix. Elle doit donner une véritable impulsion pour que toutes les nations qu’elle rassemble s’affirment en tant que communauté, partageant les valeurs humanistes et morales qui ont fait de ce continent une référence pour tant d’autres peuples. Ainsi les peuples que vous représentez se sentiront davantage unis et solidairement responsables de leur avenir. Il convient que cette idée de « communauté de nations » devienne réalité.
6. La haine n’est jamais définitive entre les nations. Des peuples européens divisés se sont réunis; des pays hier ennemis travaillent aujourd’hui ensemble. La volonté politique, l’intelligence de l’histoire, la générosité du cœur permettent d’entreprendre en commun de grands projets de coopération et de développement.
A ce propos, un fait doit être pris en considération: la renaissance de nations qui, durant de longues années, ont été empêchées de manifester leur volonté de vivre libres et d’exprimer leur identité. Cependant il est nécessaire d’éviter qu’à une société de nations unies par la peur ne succède une société divisée par les particularismes; qu’à une société internationale faussement unitaire ne succède une société faussement diversifiée. Certes, il convient de reconnaître les aspirations légitimes des personnes et des peuples à la liberté; mais il est urgent que, aujourd’hui comme hier, tous prennent conscience de leurs devoirs autant que de leurs droits, et qu’ils donnent la priorité à la solidarité pour la construction d’une véritable communauté de nations.
7. Dans ce vaste continent, il y a place pour les grandes et pour les petites nations. Chacune a ses droits et ses devoirs. Chacune doit respecter les autres. Il importe d’assurer l’éducation de tous à la liberté. Les croyants, et l’Eglise catholique en particulier, désirent y contribuer en formant les consciences, notamment celles des jeunes, en insistant sur l’impérieuse nécessité de la réconciliation entre les peuples, en un mot, en promouvant les valeurs morales et religieuses sur lesquelles doivent reposer solidement les fondations de la maison commune européenne. Cette tâche, l’Eglise catholique s’efforce de la mener à bien en étroite collaboration avec les autres communautés chrétiennes et les croyants d’autres traditions. Il s’agit de recomposer la trame de tout le tissu spirituel de l’Europe!
8. Excellences, je confie à votre réflexion ces quelques pensées que me suggère l’histoire européenne d’hier et d’aujourd’hui. Je prie Dieu d’inspirer à chacun de vous les vertus et le courage indispensables à ceux dont la charge est non seulement de guider leurs frères mais aussi de susciter en eux assez d’enthousiasme pour s’engager sur le chemin de la paix. Vous avez en quelque sorte une mission prophétique! Permettez-moi, depuis cette colline du Vatican, de vous rappeler les paroles de saint Paul, l’Apôtre des Nations: « Recherchons donc ce qui contribue à la paix, et ce qui nous associe les uns aux autres en vue de la même construction »[1].
Que Dieu tout-puissant bénisse l’Europe! Qu’il lui donne de montrer au monde l’exemple de la concorde et de la solidarité!
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[1] Rm 1, 19.

*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XVI, 2 pp. 1378-1382.
L'Osservatore Romano 2.12.1993 p.4.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.49 pp.2, 9.
La Documentation Catholique 1994 n.2086 pp.54-56.

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