DISCORSO DI GIOVANNI PAOLO II
A NOVE AMBASCIATORI IN OCCASIONE DELLA
PRESENTAZIONE DELLE LETTERE CREDENZIALI*
Giovedì, 13 gennaio 1994
1. En recevant les Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeurs de vos pays respectifs près le Saint-Siège, j'exprime ma profonde estime pour les peuples que vous représentez, et j'envoie mes salutations respectueuses à vos chefs d'État. Votre présence ici, vous qui êtes venus des continents de l'Afrique, de l'Amérique, de l'Asie, et de l'Océanie, est l'expression visible de la grande diversité de la famille humaine, et reflète aussi le caractère universel de la communauté diplomatique attachée au Saint-Siège.
Comme diplomates, vous servez les intérêts de vos nations en explorant patiemment les voies de la compréhension et du dialogue qui constituent le seul moyen sûr et durable de promouvoir la justice et la paix dans les affaires humaines. Dans le même temps, vous soutenez les institutions juridiques qui visent à consolider et accroître la coopération politique et sociale entre les nations, et à établir des liens de solidarité plus étroits entre les peuples.
2. Malheureusement toutefois, nous vivons dans un monde déchiré par de douloureux conflits, dans lesquels les appels répétés au dialogue et à la négociation sont trop souvent ignorés et les souffrances des victimes innocentes tous les jours multipliées. Le besoin de paix et de solidarité conduisant au développement réel est ressenti d'une manière particulière par les pays les plus jeunes, spécialement dans l'hémisphère sud. Ils sont à la recherche de modèles de développement qui leur permettront de vivre dans la dignité, en s'émancipant de l'esclavage de la pauvreté, de la faim et de la dette extérieure. Ils souhaitent bâtir un avenir de liberté et d'autodétermination, conformément à leurs propres traditions culturelles et religieuses. Le besoin de paix est ressenti de la même manière par les sociétés plus développées de l'Est et de l'Ouest, qui cherchent un renouveau des valeurs morales et spirituelles, nécessaire à des relations justes et pacifiques à tous les niveaux de leur coexistence.
3. Par sa présence au sein de la Communauté internationale, le Saint-Siège veut, d'une manière conforme à la nature et à la mission spécifiques de l'Église, servir l'humanité précisément en promouvant cette culture de coopération et de solidarité si nécessaire, basée sur le respect des vérités de l'ordre moral, sur le souci pour le développement humain authentique et sur la défense de la dignité humaine. De même, les membres de l'Église, inspirés par le message de l'Évangile, souhaitent servir le bien commun par les œuvres éducatives, caritatives et sociales, par lesquelles ils expriment leur foi dans le Christ. Ils demandent et attendent avec raison la reconnaissance de leur liberté à prendre pleinement part à la vie de leurs pays respectifs, et à offrir aux problèmes critiques qu'affronte la société, la perspective de leur foi chrétienne.
4. C'est pourquoi le Saint-Siège vous considère comme des partenaires dans le service de la famille humaine. L'Église vous encourage dans votre noble tâche d'artisans de paix ! Elle sait que la paix est un don de Dieu Tout-Puissant, qui ne prend pas seulement racine dans les institutions et les structures mais, et cela est bien plus important, au plus profond du cœur humain. C'est pour cette raison qu'elle est convaincue que « l'objectif de la paix, si désiré de tous, sera certainement atteint grâce à la mise en œuvre de la justice sociale et internationale, mais aussi grâce à la pratique des vertus qui favorisent la convivialité et qui nous apprennent à vivre unis afin de construire dans l'unité, en donnant et en recevant, une société nouvelle et un monde meilleur » (Sollicitudo rei socialis, 39).
Excellences, je vous offre mes meilleurs vœux au début de votre mission. Sur vous-même et sur les peuples que vous représentez, j'invoque de grand cœur une abondance de Bénédictions divines.
*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.4 p.6.
© Copyright 1994 - Libreria Editrice Vaticana
DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
À S.E. M. ALBERT MBONERANE, NOUVEL AMBASSADEUR
DE LA RÉPUBLIQUE DU BURUNDI PRÈS LE SAINT-SIÈGE
À L'OCCASION DE LA PRÉSENTATION
DES LETTRES DE CRÉANCE*
Jeudi 13 janvier 1994
Monsieur l’Ambassadeur,
Soyez le bienvenu en cette demeure, où j’ai la satisfaction d’accueillir Votre Excellence à l’occasion de la présentation des Lettres qui L’accréditent comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Burundi près le Saint-Siège.
Ce cérémonial, que nous aurions aimé voir se dérouler dans une atmosphère toute sereine, est malheureusement empreint d’une certaine tristesse en raison du drame que vit le peuple burundais. Lors de mon inoubliable visite pastorale de septembre 1990, qui m’avait permis d’apprécier la chaleureuse hospitalité de vos compatriotes, le sérieux le leur réflexion et la ferveur de la foi des catholiques, j’avais espéré que le peuple du Burundi se serait résolument engagé sur le chemin de la réconciliation fraternelle et de l’unité, pour vaincre les obstacles de la pauvreté et poursuivre l’œuvre de développement national, dans la fidélité aux nobles traditions ancestrales.
Les événements atroces d’octobre dernier ont mis un frein à ces objectifs et, pour reprendre vos propres termes, les démons de la division semblent avoir repris du terrain. Cependant, dans le prolongement du message que j’ai fait parvenir à Madame le Premier Ministre à l’occasion des funérailles du Président de la République, je voudrais inviter une fois encore tous les Burundais à la réconciliation et à la confiance réciproque. Je souhaite qu’ils s’unissent pour reconstruire ensemble la nation, combler le vide institutionnel qui a déstabilisé le pays et faire du Burundi un Etat de droit qui garantisse les libertés fondamentales et professe le respect des droits de l’homme.
Ainsi que l’a proclamé mon Envoyé spécial, Monsieur le Cardinal Roger Etchegaray, dans son homélie à la cathédrale de Bujumbura le 24 décembre, il faut maintenant décréter « l’état d’espérance » afin que revienne le goût de vivre et de bâtir, que la sécurité s’installe et que les exilés prennent le chemin du retour, dans la certitude consolante d’être accueillis sur leur propre sol par leurs frères et sœurs.
Par votre intermédiaire, je voudrais, Monsieur l’Ambassadeur, adresser mon salut affectueux à la chère communauté catholique. En particulier, vous me permettrez de remercier mes frères dans l’épiscopat ainsi que mon Représentant personnel à Bujumbura pour les efforts qu’ils ont déployés en vue d’apaiser la violence et d’encourager le retour à l’ordre. De grand cœur, j’exhorte les catholiques à contribuer de toutes leurs forces à faire tomber les murs de la haine et à mettre en pratique le commandement de l’amour fraternel que nous a légué le Christ. Que les communautés chrétiennes se présentent comme les fruits mûrs d’une réconciliation vraie!
Je puis vous assurer, Monsieur l’Ambassadeur, que les membres de l’Eglise catholique demeurent désireux d’apporter, comme par le passé, leur contribution à l’édification d’une société burundaise juste et fraternelle. Sous la conduite de leurs évêques, ils ont à cœur d’instaurer, particulièrement chez les jeunes, le climat de vérité, de justice, de solidarité, de réconciliation et de fraternité qui permettra à la nation de progresser harmonieusement. Par ses institutions confessionnelles, l’Eglise catholique souhaite continuer à œuvrer à la promotion de la personne humaine, à se dévouer au service de la santé et de l’éducation, à soutenir l’existence de familles au service de la vie. Elle désire coopérer dans tous ces domaines avec les croyants des autres confessions chrétiennes ou des autres religions.
Alors que vous inaugurez votre mission, Monsieur l’Ambassadeur, je vous offre mes vœux les meilleurs. Je vous assure que vous trouverez toujours ici un accueil attentif et une compréhension cordiale auprès de mes collaborateurs.
Sur Votre Excellence et sur toutes les familles burundaises, en particulier celles qui sont encore dans la douleur, j’invoque avec ferveur le réconfort, le soutien et la vivifiante présence du Dieu de la paix.
*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XVII, 1 p.108-110.
Att. SS. 1994 pp. 50-51.
L'Osservatore Romano14.1.1994 p.9.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.5 p.7.
© Copyright 1994 - Libreria Editrice Vaticana
DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
À S.E. M. EUGÈNE MILINGOUT MANGAKA, NOUVEL AMBASSADEUR
DE LA RÉPUBLIQUE DU GABON PRÈS LE SAINT-SIÈGE
À L'OCCASION DE LA PRÉSENTATION
DES LETTRES DE CRÉANCE*
Jeudi 13 janvier 1994
Monsieur l’Ambassadeur,
C’est avec beaucoup de joie que j’accueille Votre Excellence au Vatican et que je Lui souhaite la bienvenue dans cette maison en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République gabonaise près le Saint-Siège.
Je vous remercie vivement de m’avoir transmis les salutations de Son Excellence El Hadj Omar Bongo, Président de la République, et, en retour, je vous prierai de bien vouloir lui exprimer, avec les vœux que je forme pour sa personne, mes meilleurs souhaits pour l’accomplissement de sa noble tâche en vue du bien de tout le peuple gabonais. Egalement, je salue les membres du Gouvernement et j’invoque bien volontiers l’aide de Dieu sur les hauts responsables au service de la nation.
Votre présence en ces lieux en qualité de chef de mission diplomatique, Monsieur l’Ambassadeur, témoigne du souci de votre pays de mettre en œuvre dans les relations internationales le dynamisme propre des valeurs spirituelles: de cela j’éprouve une réelle satisfaction.
Dans votre allocution, vous avez bien voulu évoquer les efforts que je poursuis, avec mes collaborateurs dans le cadre de ma mission de pasteur de l’Eglise catholique universelle, en vue d’une plus grande compréhension entre les hommes et de l’établissement d’une paix durable entre les nations. En vous remerciant de vos paroles courtoises, il me plaît de penser que les diverses initiatives du Saint-Siège pour faire progresser la justice et la fraternité chez nos contemporains, dans le respect de leurs cultures, trouvent un écho favorable auprès de vos compatriotes, qui partagent eux aussi ces mêmes aspirations à vivre dans la liberté et la dignité.
L’Eglise catholique défend une conception de l’homme à laquelle l’âme africaine est particulièrement sensible par son ouverture à la transcendance. La seule ambition des membres de l’Eglise, qui se situe hors de la sphère des partis politiques est d’offrir le message de salut du Seigneur, souhaitant que l’Evangile, dont elle se fait le héraut, vivifie la société à la manière d’un levain. Stimulés par leur foi et soucieux de favoriser l’unité de leur peuple, les catholiques gabonais sont désireux de se joindre à l’ensemble des citoyens dans la marche vers le progrès et le développement, guidés par leurs pasteurs, sous la direction de Monseigneur Basile Mvé Engone, Evêque d’Oyem et Président de la Conférence épiscopale du Gabon: je saisis l’heureuse circonstance de cette rencontre pour leur adresser mes salutations cordiales et mes encouragements à être d’authentiques disciples du Christ, pour le bien de leur patrie.
Au moment où commence votre mission, permettez-moi, Monsieur l’Ambassadeur, de vous présenter mes vœux les meilleurs afin que vous meniez votre tâche à bonne fin. Soyez assuré que vous trouverez ici un accueil attentif et une compréhension cordiale.
Sur Votre Excellence, sur Monsieur le Président de la République, le Gouvernement et le peuple du Gabon, j’invoque de grand cœur l’abondance des Bénédictions du Très-Haut.
*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol.XVII, 1 p.91-92.
L'Attività della Santa Sede 1994 p. 35-36.
L'Osservatore Romano 14.1.1994 p.6.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.4 p.8.
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DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
À S.E. MADAME MADINA LY-TALL, NOUVEL AMBASSADEUR
DE LA RÉPUBLIQUE DU MALI PRÈS LE SAINT-SIÈGE
À L'OCCASION DE LA PRÉSENTATION
DES LETTRES DE CRÉANCE*
Jeudi 13 janvier 1994
Madame,
C’est pour moi une grande joie d’accueillir Votre Excellence à l’occasion de la présentation des Lettres qui l’accréditent comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Mali près le Saint-Siège.
Je vous remercie vivement, Madame, des aimable paroles que vous venez de m’adresser et auxquelles j’ai été très sensible. Ma pensée se porte en premier lieu vers S. Exc. M. Alpha Oumar Konaré, Président de la République du Mali: je vous serais obligé de lui présenter mes salutations déférentes et de l’assurer de mes suffrages auprès de Dieu pour l’heureux accomplissement de sa mission au service du peuple malien, dont le chaleureux accueil à Bamako au début de l’année 1990 est toujours vivant dans la mémoire de mon cœur. Egalement, je salue les personnes engagées avec lui dans la délicate construction d’une société malienne toujours plus fraternelle, qui réponde aux justes aspirations de vos compatriotes. Bien volontiers, je demande au Seigneur de bénir les efforts de tous pour l’édification d’un Mali solide et prospère, dans une paix raffermie et stable.
Votre présence en ces lieux témoigne du respect de votre nation pour les valeurs spirituelles et religieuses: je ne doute pas que votre mission, officiellement inaugurée en ce jour, contribue à renforcer les liens existant entre le Mali et le Saint-Siège.
Dans votre discours, vous avez fait allusion, Madame, aux efforts du Siège Apostolique en faveur des déshérités et à son engagement dans le monde pour l’établissement d’une concorde durable entre les hommes: je vous en sais gré. Puisse une fructueuse action commune des chrétiens et de leurs compatriotes se développer, au bénéfice de tous nos frères et sœurs, en particulier à l’égard des faibles et des nécessiteux vers lesquels, en premier lieu, doit s’exercer notre compassion, en disciples d’un Dieu que nous aimons invoquer sous le vocable de miséricordieux!
Egalement, il m’a été agréable de reconnaître, à travers vos propos, l’estime en laquelle est tenue la personne humaine dans votre culture: « La principale richesse du Mali, . . . ce sont les hommes qui le composent », dites-vous. En effet, héritiers de talents qui enrichissent leur identité et qu’ils doivent faire fructifier, les Maliens sont appelés à être les artisans de leur propre développement et à préparer un avenir plus sûr pour leurs enfants, dans une disposition permanente à communiquer à autrui le meilleur d’eux-mêmes.
Vous avez bien voulu évoquer aussi la contribution de l’Eglise catholique à la formation des consciences, notamment par l’école. Soyez assurée que, stimulés par le dynamisme de leur foi chrétienne, pasteurs et fidèles demeureront disposés à œuvrer au progrès du pays, en s’associant fraternellement à leurs concitoyens.
Vous me permettrez, Madame, d’adresser par votre intermédiaire un salut affectueux à tous les membres de la petite communauté catholique malienne, avec lesquels j’ai eu la joie de célébrer les saints mystères sur leur propre sol, au cours de la visite pastorale que j’évoquais au début de mon discours. Je les invite à être de dynamiques témoins de l’Evangile, dans le respect des croyances d’autrui, et à tisser des liens d’amitié avec les uns et les autres, en s’efforçant de promouvoir la bonne entente au quotidien, pour le bien de leur patrie. Je souhaite qu’un tel dialogue, toujours plus constructif, se développe entre eux et leurs compatriotes musulmans, ainsi qu’avec ceux qui appartiennent à d’autres confessions ou qui pratiquent les religions africaines traditionnelles.
Alors que commence votre mission, je vous offre mes vœux les meilleurs et je vous assure que vous trouverez toujours ici une aide attentionnée et cordiale auprès de ceux qui, à mes côtés, s’emploient au service de la communauté internationale.
Sur Votre Excellence, sur Monsieur le Président de la République du Mali, sur les personnes qui président avec lui aux destinées de la nation ainsi que sur tout le peuple malien, j’invoque de grand cœur l’abondance des bienfaits du Très-Haut.
*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XVII, 1 p.93-95.
L’Attività della Santa Sede 1994 p. 37-38.
L'Osservatore Romano 14.1.1994 p.7.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.4 p.9.
© Copyright 1994 - Libreria Editrice Vaticana
DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
À S.E. M. ELLIOT LATÉVI-ATCHO LAWSON, NOUVEL AMBASSADEUR
DE LA RÉPUBLIQUE DU TOGO PRÈS LE SAINT-SIÈGE
À L'OCCASION DE LA PRÉSENTATION
DES LETTRES DE CRÉANCE*
Jeudi 13 janvier 1994
Monsieur l’Ambassadeur,
C’est avec plaisir que j’accueille Votre Excellence au Vatican à l’occasion de la présentation des Lettres qui L’accréditent comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République togolaise près le Saint-Siège.
Je vous remercie vivement de m’avoir transmis les salutations de Son Excellence le Général Gnassingbé Eyadema. En retour, je vous prierai de bien vouloir lui exprimer les vœux que je forme pour sa personne ainsi que mes souhaits pour l’accomplissement de sa tâche en vue du bien du peuple togolais. Je salue également les membres du Gouvernement et j’invoque l’aide de Dieu sur tous les hauts responsables qui sont au service de la nation. Enfin, en ce 13 janvier, où vos compatriotes célèbrent leur fête nationale, je tiens à leur renouveler les souhaits chaleureux que je leur ai déjà adressés dans mon message au chef de l’Etat et à les assurer de ma prière pour leur bien-être physique et spirituel.
Dans votre allocution, vous avez bien voulu évoquer l’action menée par le Saint-Siège en faveur d’un monde de paix et je vous sais gré de l’appréciation que vous en avez exprimée.
Il me plaît de penser que le Togo partage le même souci de voir le droit et la justice partout respectés: c’est, en effet, le fondement et la condition d’une vie collective ordonnée et tranquille à l’intérieur des nations et entre elles. Puissent les relations entre la République togolaise et le Siège apostolique se développer de telle manière qu’elles deviennent encore plus utiles pour tous! Puissent-elles favoriser la réalisation concrète des aspirations exprimées par vos concitoyens et motiver leur collaboration à un projet de société conforme à leurs vœux! Votre mission, officiellement inaugurée en ce jour, renforcera assurément les liens qui nous unissent en intensifiant notre convergence de vues, pour une œuvre commune au bénéfice de nos frères.
L’Eglise catholique, dont toute l’ambition est de proclamer librement le message évangélique, peut faire beaucoup pour rendre meilleure la vie de la communauté humaine. Dans le respect des civilisations diverses, elle cherche à jouer le rôle de ferment d’unité et elle aimerait que l’Evangile vivifie toujours davantage la société, en particulier son dynamisme culturel, qui est la base d’une nation. C’est à cette tâche que se consacrent les pasteurs et les fidèles du Togo, voulant ainsi servir les intérêts supérieurs du pays. Avec le souci privilégié des pauvres et des petits, ils souhaitent aussi, selon leurs moyens, apporter leur contribution au développement de l’instruction, continuant à former les cœurs et les esprits, à donner le goût du travail désintéressé et du service responsable.
Vous me permettrez de saluer spécialement par votre entremise les catholiques de votre patrie. Ils trouveront toujours de la part de l’Etat, j’en suis convaincu, les conditions favorables à l’exercice paisible et fructueux de leur vie ecclésiale et de leur action apostolique.
Au moment où commence votre mission, je vous offre mes vœux les meilleurs. Je vous assure que vous trouverez toujours ici un accueil attentif et une compréhension cordiale.
Sur Votre Excellence, sur le chef de l’Etat, le Gouvernement et le peuple togolais, j’invoque de grand cœur l’abondance des Bénédictions Divines.
*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XVII, 1 p. 103-104.
L’Attività della Santa Sede 1994 p. 45.
L'Osservatore Romano 14.1.1994 p.8.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.5 p.5
© Copyright 1994 - Libreria Editrice Vaticana
DISCORSO DI GIOVANNI PAOLO II
AL NUOVO AMBASCIATORE D'AUSTRIA PRESSO LA SANTA SEDE,
S.E. IL SIGNOR CHRISTOPH CORNARO, IN OCCASIONE DELLA PRESENTAZIONE DELLE LETTERE CREDENZIALI*
Lunedì, 28 febbraio 1994
Monsieur l’Ambassadeur,
1. Je vous prie de recevoir mes sincères remerciements pour les paroles extrêmement aimables avec lesquelles vous avez accompagné la présentation des Lettres qui vous accréditent comme nouvel Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République d'Autriche près le Saint-Siège. Au moment où vous prenez vos fonctions, je vous souhaite cordialement la bienvenue et vous offre mes vœux pour cette charge pleine d'honneur et significative.
Vous prenez en charge la lourde responsabilité d'apporter d'une manière adéquate la contribution de l'Autriche, avec sa grande histoire et son riche héritage culturel, à l'avenir de l'Europe. La République d'Autriche peut contribuer à abattre encore plus les murs qui ont été érigés par les divisions, l'incompréhension et les conflits. Et elle peut avoir confiance dans le fait que les difficultés et les conflits très nombreux qui ont surgi après les événements de 1989, seront résolus.
2. Notre première rencontre d'aujourd'hui est obscurcie, comme vous l'avez souligné vous-même, par l'ombre de la guerre qui se déploie sur une partie de l'Europe, provoquant des souffrances sans nombre dans la population civile. Comme je l'ai noté lors de l'homélie du 23 janvier de cette année, il semble que « de nouveaux murs divisant l'Europe avaient surgi, de manière différentes et pour d'autres raisons. Ces barrières modernes, qui séparent avant tout les nations, sont, à les bien observer, les nationalismes. Nous sommes aujourd'hui les témoins qui voyons se dresser ces divisions, sans que rien ne s'y oppose comme cela se produit dans les Balkans «. Des cruautés brutales, de très graves violations des droits humains fondamentaux, détruisent la civilisation de l'amour, de la compréhension et de la tolérance. Les violences qui ont été commises contre les personnes âgées, les femmes et les enfants, doivent réveiller notre conscience et ne peuvent pas faire taire notre appel à la paix sur la terre. Aucun homme de bonne volonté ne peut se résigner.
Dans ce contexte, je désire remercier le gouvernement, l'Église et tous les hommes de bonne volonté dans la République d'Autriche pour les nombreuses aides qu'ils ont apportées aux réfugiés, aux persécutés, aux immigrés et à ceux qui sont dans le besoin. Dans le même temps j'exprime ma conviction que l'Autriche ne refusera pas non plus dans l'avenir sa bienveillance généreuse et sa charité concrète aux hommes qui sont dans le besoin.
3. La situation actuelle nous amène à penser au fait que, en ce qui concerne le droit des peuples, des divergences malheureusement toujours existantes dans l'estimation des droits de l'homme peuvent être dépassées. Après la chute des barrières idéologiques dans les anciens pays communistes, s'était en effet manifestée une certaine unité de vue sur la valeur de la paix et la signification de droits humains; il reste cependant de nos jours le danger de voir l'euphorie des débuts se transformer en une déception et une frustration nouvelles. L'idée de la protection des droits de l'homme par le droit des peuples est en effet réglée dans les principes, mais la réalisation de ces règles demande un effort important. Lorsque la Communauté internationale n'est en mesure ni de sévir contre d'évidentes violations des droits de l'homme par des mécanismes efficaces, ni d'assurer la paix, un dilemme surgit qui soulève des problèmes moraux importants. Tous les groupes ethniques et religieux doivent en effet s'intégrer par principe dans l'État, mais il faut aussi faire en sorte que leur soient donnée la possibilité de prendre part à la vie de l'État dans l'égalité des droits.
4. La collaboration entre votre pays et le Saint-Siège concerne avant tout l'instauration d'une base ferme en vue d'assurer la paix et un ordre basé sur le droit en Europe. C'est là que le rôle de l'Autriche, qui découle de sa situation historique et géographique, prend une importance particulière. C'est pourquoi nous ne pouvons pas retomber dans des manières de penser dépassées et antiques, qui ne se sont pas révélées solides. Une politique des États nationaux du temps d'avant la Première Guerre mondiale serait dommageable pour l'Europe. En vue d'un changement de comportement, le rôle de l'Europe et de l'Autriche en particulier dans le rétablissement de la paix sera déterminant.
La position classique de l'Autriche a toujours été son rôle de médiateur entre ses voisins de l'Ouest et de l'Est. Si les États voisins de la République d'Autriche sont tentés de repartir de là où ils en étaient avant le début de l'ère communiste, il faut considérer que les destructions opérées ne concernent pas seulement le tissu économique et l'ordre de l'État mais qu'on les trouve avant tout dans le domaine spirituel. C'est pourquoi il est important de rebâtir et de raffermir les principes spirituels et le système des valeurs qui ont formé l'Europe au cours des siècles sur la base des convictions chrétiennes. Comme je l'ai déjà souligné dans l'Encyclique Veritatis splendor, «se répand toujours plus vivement la conviction de la nécessité d'un renouveau radical personnel et social propre à assurer la justice, la solidarité, l'honnêteté et la transparence» (n. 98).
L'extension des possibilités de liberté de l'homme fait partie des grandes conquêtes de l'histoire européenne. Dans les sociétés libres d'Europe, le système des valeurs et de la morale est en effet indiqué comme faisant partie de la sphère d'influence du marché et du capital, et cela ne se fait pas toujours dans l'intérêt des valeurs susmentionnées. Car «dans tous les domaines de la vie personnelle, familiale, sociale et politique, la morale -qui est fondée sur la vérité et qui, dans la vérité s'ouvre à la liberté authentique – rend (...] un service original, irremplaçable et de très haute valeur, non seulement à la personne pour son progrès dans le bien, mais aussi à la société pour son véritable développement» (Veritatis splendor n. 101).
5. M. l'Ambassadeur, en vous référant dans votre discours, à l'Année de la Famille, vous avez attiré l'attention sur l'importance de la famille pour la société tout entière. La protection et l'encouragement de la famille doivent être notre désir à tous, celui de l'Église, de l'organe constitutionnel de l'État ainsi que de toutes les forces sociales. Force, foi, amour, dévouement et abnégation doivent être montrés en exemple par les parents à leurs enfants.
Comme je l'ai déjà exposé dans mon discours aux évêques autrichiens à l'occasion de leur visite ad limina en avril 1992, «le mépris de la vérité, l'avilissement de la femme, le dédain à l'égard des commandements de Dieu, l'égoïsme sans borne, la pornographie dégradante et le jeu insouciant du consumisme qui dévaste le monde» s'étendent toujours plus. Dans le même temps, toutes les forces responsables dans l'État et la société devraient être toujours plus convaincues que « la famille, en tant que communauté fondamentale et irremplaçable d'éducation, est l'agent privilégié de la transmission des valeurs religieuses et culturelles qui aident la personne à forger son identité. Fondée sur l'amour et ouverte au don de la vie, la famille porte en elle l'avenir de la société « (Message pour la Journée mondiale de la Paix 1994, n. 2). Faisons ensemble tous les efforts possibles pour protéger le bien précieux de la famille et pour lui donner un nouvel éclat.
6. La collaboration mutuelle entre l'Église et l'État, qui est réglée d'une manière juste et efficace par le Concordat, pourrait contribuer à un renouveau moral de l'homme et de la société. C'est au bien de l'homme que l'Église et l'État doivent tendre ensemble, tout en recherchant dans la collaboration les grandes valeurs et les grands idéaux.
Avec mes remerciements cordiaux je transmets à mon tour au Président de la Fédération les bons vœux dont vous m'avez fait part. Pour vous, pour votre famille ainsi que pour vos collaboratrices et collaborateurs je demande la protection et l'assistance de Dieu et vous donne de grand cœur à tous ma Bénédiction apostolique.
*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.10 p.5-6.
© Copyright 1994 - Libreria Editrice Vaticana