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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
AUX NOUVEAUX AMBASSADEURS LORS DE LA
PRÉSENTATION DES LETTRES DE CRÉAN
CE*
Salle du Consistoire
Vendredi 4 octobre 1996

Excellences,
Je suis heureux de vous accueillir aujourd'hui et de recevoir les Lettres de Créance qui vous accréditent comme Ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires de vos pays respectifs: le Japon, l'Égypte, la Chine et les Pays-Bas. Je tiens à renouveler l'expression de mon estime et de mon amitié à l'égard des autorités de vos nations et à l'égard de vos concitoyens. Je vous remercie vivement des messages cordiaux que vous m'avez transmis de la part de vos chefs d'État respectifs. Je vous saurai gré de leur exprimer en retour mes salutations déférentes et mes vœux chaleureux pour leur personne et pour leur haute mission au service de leurs compatriotes.
Dans le monde actuel plus que jamais, vos peuples sont porteurs d'espoirs et d'aspirations profondes, en particulier à la paix et au respect des droits de l'homme. De manière légitime, chacun souhaite être reconnu comme une personne, avec sa culture et sa démarche spirituelle spécifiques, et en même temps comme faisant partie d'un corps social, dans lequel il peut occuper la place qui lui revient. Vous savez l'attachement et l'engagement permanent du Saint-Siège en faveur d'une entente toujours plus forte entre les peuples. La paix est le désir de vivre ensemble, pour le bien de tous et spécialement des jeunes générations, en vue desquelles il nous faut préparer un avenir meilleur. Ceux qui aujourd'hui travaillent à éduquer la jeunesse dans la conviction que tout homme est notre frère et que, de ce fait, il mérite attention et respect, construisent la paix. Dans cet esprit, l'apprentissage de la fraternité et des valeurs humaines, civiques, morales et spirituelles est une contribution à l'édification d'une civilisation de l'amour, dont nous avons tous besoin au seuil du troisième millénaire. En tant que diplomates, j'en suis sûr, vous êtes particulièrement sensibles à cet aspect de la vie sociale. Alors que vous commencez votre mission, je vous offre mes vœux les meilleurs et j'invoque sur vous l'abondance des Bénédictions divines, ainsi que sur vos familles, sur vos collaborateurs et sur les nations que vous représentez.

*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XIX, 2 p.517-518.
L'Osservatore Romano 5.10. 1996 p.4.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.42 p.4.

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DISCORSO DI GIOVANNI PAOLO II
AI MEMBRI DELL'ASSEMBLEA PLENARIA DEL PONTIFICIO CONSIGLIO DELLA GIUSTIZIA E DELLA PACE
Venerdì, 4 ottobre 1996

Messieurs les Cardinaux,
Chiers Frères dans l'Épiscopat,
Chers amis
,
1. Je suis heureux de vous rencontrer et de vous exprimer ma vive gratitude pour les travaux de l'Assemblée plénière du Conseil pontifical Justice et Paix. Votre réunion a lieu peu avant le lancement des trois années préparatoires au grand jubilé de l'An 2000; cet événement exceptionnel donne au programme de travail de votre Dicastère son inspiration profonde, afin que le monde connaisse des jours de justice et de paix dans le Christ. Je remercie tout particulièrement votre Président, Monsieur le Cardinal Roger Etchegaray, pour les paroles qu'il m'a adressées, et pour son inlassable ardeur dans les missions qu'il accomplit afin d'apporter, au nom du Siège Apostolique, la parole et les gestes de la paix a ceux que blessent les fléaux de la guerre et tant de formes sociales de la pauvreté. Je voudrais aussi remercier ses actifs collaborateurs pour les services qu'ils rendent quotidiennement. Organe du Saint-Siège, le Conseil Justice et Paix contribue largement à la diffusion de la doctrine sociale de l'Église; l'apport de ses réflexions a été précieux et a enrichi la participation du Saint-Siège aux activités de la communauté internationale ces dernières années.
2. Le thème central de votre Assemblée plénière est celui du rapport entre la démocratie et les valeurs, que j'ai déjà évoqué bien des fois. Il s'agit d'un ensemble de questions parmi les plus actuelles et les plus déterminantes pour maintenir et améliorer les systèmes démocratiques. La doctrine sociale de l'Église condamne toutes les formes de totalitarisme, parce qu'elles nient a la dignité transcendante de la personne humaine »; et, par ailleurs, elle exprime son estime pour les systèmes démocratiques, conçus pour assurer la participation des citoyens, selon le sage critère du principe de subsidiarité. Un tel principe suppose que le système politique reconnaisse le rôle essentiel des personnes, des familles et des différents groupes qui composent la société civile. Une source d'inquilude apparaît cependant: dans de nombreux pays, la démocratie depuis longtemps ou bien commencée ré cernaient, peut être mit 'n péril par des points de vue ou des comportements inspirés par l'indifférence ou le relativisme dans le domaine moral, méconnaissant l'authentique valeur de la personne humaine. Une démon' trie non fondée sur les valeurs propres à la nature humaine ;are t le risque de compromettre la paix et le développement des peuple.
3. Devant de telles situations, les chrétiens sont appelés à réagir avec la force qui leur vient de l'Évangile de Jésus Christ et du patrimoine éclairant de la doctrine sociale de l'Église. Il revient en particulier aux fidèles laies de rendre riche rte valeurs humaines et chié tiennes la pratique démocratique des peuples, grâce à une action éducative intelligente et continue: former à l'honnêteté, à la solidarité, à l'attention aux plus démunis, à « un style de vie dans lequel les éléments qui déterminent les choix de consommation, d'épargne et d'investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune ». En se fondant clairement sur les valeurs de la dignité éminente de la personne humaine, la réflexion actuelle sur le système démocratique ne devra pas prendre seulement en considération les systèmes politiques et les institutions, mais elle devra s'élargir â l'ensemble de la société, à l'économie du travail,' afin d'élaborer une conception de la démocratie authentique et complète.
4. Dans cette perspective, où sont opportunément associées la démocratie et l'économie, je voudrais attirer votre attention sur la question de la dette internationale, car, de la part de ceux qui portent le nom de chrétiens, une contribution déterminée pour résoudre raisonnablement ce problème donnerait un signe éloquent de la conversion des cœurs, élément essentiel du grand Jubilé. Vous savez que le problème de la dette contribue à rendre très dure la situation sociale dans de nombreux pays et qu'elle constitue une hypothèque dramatique sur le développement démocratique de leurs systèmes politiques et économiques, car cela empêche toute espérance eri un avenir plus humain. La communauté internationale, inquiète de voir se disloquer les réseaux de solidarité, a commencé à réfléchir de manière responsable sur ce sujet si important pour le bien de l'humanité, afin de parvenir à des solutions concrètes et raisonnables. Ä l'égard de ces engagements prometteurs, je voudrais ici exprimer l'estime et les encouragements de l'Église, décidée à poursuivre pour sa part ses efforts pour éclairer ceux qui ont à prendre des décisions lourdes de conséquences. Voici déjà dix ans, le Conseil pontifical justice et Paix avait formulé des propositions lucides et prévoyantes dans son courageux document sur la dette internationale (27 décembre 1986). En confirmant aujourd'hui ce type de mission du conseil, je lui confie la responsabilité de mettre à jour et d'élaborer des suggestions et des orientations dans le cadre spirituel et culturel du grand Jubilé de l'An 2000 J'ai la conviction que je puis compter sur votre généreuse disponibilité dans la recherche de solutions qui tendront à soulager la condition de pauvreté de nombreux frères et sœurs et qui stimuleront un monde qui a besoin de retrouver le temps du partage et de la solidarité, en particulier sur le plan international. En demandant, pour ces racles et pour ces soucis, le soutien nia terne de Marie, je bénis de grand cour vos diocèses, vos pays et vos familles.

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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
AUX ÉVÊQUES DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE
DU SÉNÉGAL, DE LA MAURITANIE, DU CAP-VERT ET DE
GUINÉE-BISSAU, EN VISITE « AD LIMINA APOSTOLORUM »
Vendredi 29 novembre 1996

Cher Monsieur le Cardinal,
Chers Frères dans l'Épiscopat
,
1. Alors que vous accomplissez votre visite ad Limina, c'est avec grande joie que je vous accueille dans cette maison. Pasteurs de l'Église au Sénégal, en Mauritanie, au Cap-Vert et en Guinée-Bissau, vous êtes venus manifester votre communion avec le Successeur de Pierre, trouver force et encouragement auprès du tombeau des Apôtres afin de poursuivre votre ministère épiscopal à la tête du peuple qui vous a été confié. À travers vos personnes, ce sont tous les habitants de votre région que je salue affectueusement, me souvenant encore avec plaisir de mes visites au Cap-Vert et en Guinée-Bissau en 1990, ainsi qu'au Sénégal en 1997. Je remercie Mgr Théodore-Adrien Saur, Évêque de Kaolack et Président de votre Conférence épiscopale, pour l'aimable adresse qu'il m'a présentée en votre nom.
Je formule mes encouragements aux nouveaux Évêques, spécialement à celui de Nouakchott, diocèse dont je connais la situation particulière, et à celui de Ziguinchor, où, nous l'espérons tous, finira par prévaloir une large disponibilité au dialogue qui permette, en Casamance, l'avènement d'une entente juste et définitive.
Uma saudação particular a Dom Paulino Évora e a Dom Settímio Ferrazzetta, que, pela primeira vez, realizam a visita «ad limina » como membros desta Conferência Episcopal. Com eles, trazem uma longa historia de cristianismo: a diocese de Santiago de Cabo Verde foi constituída em 1533, enquanto a diocese de Bissau, formada apenas em 1977, iniciará, no próximo dia 8 de Dezembro, um ano jubilar em que se comemoram os quatrocentos anos dos primeiros baptismos, em Cacheu.
2. La préparation et la célébration de l'Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des Évêques ont été, pour chacun de vos diocèses, un temps de grâce en vue du renouvellement du témoignage rendu au Christ Sauveur dans vos sociétés. Je suis heureux de rappeler ici l'engagement de premier plan assumé par le cher Cardinal Hyacinthe Thiandoum au cours des travaux de ce Synode comme Rapporteur général. Par l'exhortation apostolique Ecclesia in Africa, j'ai voulu affermir les communautés chrétiennes d'Afrique dans la foi et « les exhorter à persévérer dans l'espérance que donne le Christ ressuscité, en surmontant toute tentation de se décourager » [1]. Je vous invite donc à approfondir et à mettre en œuvre dans vos diocèses les grandes orientations de ce document. Vous y trouverez la meilleure préparation à l'entrée dans le nouveau millénaire et à la célébration du grand Jubilé.
Au cours de cette assemblée synodale, en effet, l'Église a voulu chercher les chemins d'une annonce de la Bonne Nouvelle du Christ en Afrique, en s'interrogeant sur elle-même, sur ce qu'elle est, et ce qu'elle doit accomplir afin que sa parole soit pertinente et crédible. Elle a voulu appeler les chrétiens sur votre continent à affermir leur foi et les stimuler à en témoigner clairement. Alors que nous entrons dans une nouvelle étape de la préparation du grand Jubilé de l'an 2000, je vous invite à susciter chez tous les fidèles une « réelle aspiration à la sainteté, un fort désir de conversion et de renouveau personnel, dans un climat de prière toujours plus intense et de solidarité dans l'accueil du prochain, particulièrement des plus démunis » [2]. En approfondissant leur relation avec le Christ, les chrétiens deviendront ces « pierres vivantes » avec lesquelles s'édifie l'Église Famille de Dieu, signe et moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain [3].
3. De l'appel à la sainteté découle pour les disciples du Christ l'appel à la mission. Comme l'a souligné le Synode, c'est dans des Communautés ecclésiales vivantes que l'Église famille pourra donner sa pleine mesure. Elles sont « d'abord les lieux de leur propre évangélisation, pour porter ensuite la Bonne Nouvelle aux autres; elles devront donc être des lieux de prière et d'écoute de la Parole de Dieu, de responsabilisation des membres eux-mêmes, d'apprentissage de la vie en Église, de réflexion sur les divers problèmes humains à la lumière de l'Évangile » [4]. Dans ces communautés, il est nécessaire que les laïcs prennent une conscience renouvelée de leur vocation particulière, par une participation active et responsable à la vie ecclésiale. Par son baptême et l'œuvre de l'Esprit Saint, chacun est habilité et engagé à mettre en œuvre les dons reçus du Seigneur pour le service de ses frères. Je vous encourage vivement à poursuivre le développement de l'apostolat des laïcs, les incitant à rendre témoignage au milieu de leurs frères d'abord par une vie fondée sur l'Évangile. Je salue aussi les catéchistes et tous les laïcs qui sont engagés au service de leurs communautés ainsi que de l'annonce de la Parole de Dieu.
4. Não posso deixar de congratular-me convosco, amados Irmãos, pelo grande anseio de formação revelado pelos agentes pastorais das vossas dioceses, a ponto de algumas destas o terem incluído entre as suas prioridades de acção. Apraz-me pensar que tal anseio se robusteceu com a caminhada sinodal empreendida pelas comunidades cristãs africanas, que as levou a reconhecerem-se como a Família de Deus, cujo « antepassado comum » é Deus criador, e Cristo o « mais velho » de una multidão de irmãos.
O nascimento de um filho é motivo de alegria e prenúncio de esperança numa família, mas uma tal esperança necessita de ser realizada e consolidada pelo crescimento. Ora, à semelhança do que sucede com a geração e mais do que ela, porque formação ou seja urna espécie de geração continuada, o crescimento humano requer o empenho e entreajuda de todos os membros da família, sob pena de acabar como elemento de perturbação e estagnação aquilo que é o seu recurso decisivo: a pessoa. Visto que a cultura africana tende a privilegiar o comunitário sobre o individual, o clã sobre a pessoa, e, sem negar a liberdade de cada um, prefere destacar a sua integração na família, isso pode ajudar a grande Família de Deus, que é a Igreja em África, a desenvolver, no seu seio e em redor, o calor das relações humanas, a solidariedade e a confiança mútua.
Este é o ambiente eclesial propício para a acção formativa; mas não basta o ambiente, como evidencia a Exortação Apostólica pós-sinodal « Christifideles Laici »: « Não se dá formação verdadeira e eficaz, se cada qual não assumir e não desenvolver por si mesmo a responsabilidade da formação, pois esta configura-se essencialmente como "autoformação" ». Importante é ainda fixar que « cada um de nós é o termo e, simultaneamente, o princípio da formação; quanto mais somos formados, mais sentimos a exigência de continuar a melhorar a formação e «mais nos tornamos capazes de formar os outros ». Necessária e fecunda é, por fim, a certeza de que «a acção formativa, ao recorrer com inteligência aos meios e aos métodos das ciências humanas, é tanto mais eficaz quanto mais for aberta a acção de Deus » [5].
O Sínodo dos Bispos de 1987, depois de ter descrito « a formação cristã como um contínuo processo pessoal de maturação na fé e de configuração com Cristo segundo a vontade do Pai, sob a guia do Espírito Santo », afirma claramente que « a formação dos fiéis leigos deverá figurar entre as prioridades da diocese e ser colocada nos programas de acção pastoral, de modo que todos os esforços da comunidade ... possam convergir para esse fim » [6]. Venerados Irmãos no episcopado, vivam sempre em nossos corações os mesmos sentimentos que o apóstolo Paulo declarara aos Gálatas: « Filhinhos meus, por quem de novo sinto as dores de parto, até que Cristo seja formado em vós » [7].
5. Les formes de la présence de l'Église dans les sociétés de votre région sont multiples. Ainsi, les écoles et les centres de formation catholiques dispensent, sans distinction de milieux sociaux ni de religion, une solide éducation humaine, culturelle et religieuse, dans le respect des consciences des élèves et des options de leurs familles. Ils permettent à des jeunes d'origine différente de faire l'apprentissage du dialogue de la vie, en vue de participer à l'édification d'une société accueillante à chacun et respectueuse des différences. Ils sont aussi des lieux qui les aideront à faire face aux obstacles qui se présentent trop souvent dans la vie des jeunes aujourd'hui, comme le manque de travail ou le découragement devant les difficultés.
Depuis plusieurs années, vous avez mis en place des modes de présence et de service dans le monde culturel et universitaire. Je me réjouis de l'existence, dans plusieurs de vos diocèses, de Centres culturels catholiques « qui permettent de faire connaître très largement, dans un dialogue créatif, les convictions chrétiennes sur l'homme, la femme, la famille, le travail, l'économie, la société, la politique, la vie internationale, l'environnement. Ils sont ainsi des lieux d'écoute, de respect et de tolérance » [8]. En ces temps de grandes mutations l'Église souhaite ainsi participer au développement : intégral de la personne humaine, dans une attitude de dialogue avec les cultures les différents cou rapts de pensée qui s'expriment dans la société.
Pour porter le message de l'Évangile plus largement a vos sociétés, dans certains de vos pays l'Église a le souci de développer de diverses manières ses interventions à travers les moyens de communication sociale. Je vous encourage dans cette voie qui permet de travailler à la formation humaine et spirituelle de l'homme, en le rejoignant au cœur de sa vie quotidienne. Les médias peuvent alors transmettre à tous le témoignage d'espérance et de lumière dont les chrétiens se veulent porteurs.
6. Pour la plupart de vos fidèles, la rencontre avec les croyants de l'Islam est le cadre habituel dans lequel ils doivent exprimer leur témoignage de vie évangélique. Je me réjouis des relations de confiance et d'amitié généralement entretenues dans votre région par les différentes communautés religieuses. Dans de nombreux domaines, il vous est possible de travailler ensemble à la promotion des personnes et au développement de vos peuples, vous rappelant que l'amour fraternel, partagé avec tous, est le signe distinctif du disciple du Christ. Le dialogue de la vie, qui est si important, trouve en effet un épanouissement normal dans la recherche du bien commun, faite dans un esprit de respect réciproque, de concorde et de solidarité. Comme je l'avais souligné lors de ma rencontre avec les chefs religieux musulmans à Dakar, « afin d'apporter une contribution spécifiquement religieuse à la société, le dialogue entre chrétiens et musulmans doit se développer. Nous devons être prêts à nous parler ouvertement et en toute franchise, et nous devons nous écouter les uns les autres avec beaucoup d'attention et de respect » [9]. A une époque où les tentations de refus de l'autre ou de confrontation religieuse menacent la stabilité des collectivités l'équilibre des personnes, il est urgent que chrétiens et musulmans témoignent du Dieu bon et miséricordieux, pour construire une société plus fraternelle et plus accueillante, où chacun pourra être reconnu dans sa diversité.
7. Dans vos rapports, vous avez souligné les nombreuses formes de pauvreté qui frappent les populations de votre région. A la suite du Christ venu « annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres », l'Église s'est largement engagée auprès de ceux qui sont touchés par la pauvreté matérielle, la souffrance, la maladie, à travers ses services sociaux et sanitaires ou en collaboration avec des institutions nationales ou internationales. Je vous encourage avec vigueur à poursuivre ce témoignage de la charité du Christ que vous exercez auprès de tous sans distinction. La sollicitude pour les pauvres est l'un des critères majeurs de l'appartenance au Christ. Je salue ici tout particulièrement les religieuses et toutes les personnes qui travaillent dans les services de santé et qui, de multiples façons, se donnent généreusement pour soulager les souffrances de leurs frères et de leurs sœurs malades, handicapés ou prisonniers. Je sais avec quelle abnégation elles portent témoignage de l'amour de Dieu auprès des plus abandonnés. Je me souviens encore avec émotion de ma visite au Centre d'accueil et de soin pour les lépreux, à Cumura, près de Bissau. Je me réjouis aussi des initiatives que vous avez prises, notamment au Sénégal, pour « apporter aux frères et aux sœurs atteints du SIDA tout le réconfort possible, du point de vue matériel comme du point de vue moral et spirituel » [10]. Je souhaite que l'on poursuive une éducation en vérité pour faire découvrir aux jeunes une saine et authentique conception de la vie, et que soit largement entendu l'appel à l'espérance et à la solidarité, lancé par les Évêques du Sénégal.
8. L'Évangélisation de la faille est l'une des taches joutes de votre ministère épiscopal. La dignité de l'homme et de la femme, créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, leur donne à l'un à l'autre des droits inaliénables et des responsabilités propres. Bien que différents, ils sont essentiellement égaux. Aussi, avec les Pères synodaux, on ne peut que déplorer les coutumes et les pratiques qui privent les femmes de leurs droits et du respect qui leur est dû. La promotion et la sauvegarde de leurs droits est une tache importante pour l'Église en Afrique [11].
La pastorale familiale doit aussi être soucieuse de préparer les jeunes à envisager le mariage chrétien comme une vocation qui suppose un amour unique et indissoluble. Je les invite à ne pas avoir peur de s'engager sur cette voie exigeante, mais qui constitue une expression de l'amour du Christ pour eux. Ils y trouveront l'épanouissement de leur être et la véritable réussite de leur vie, selon la volonté de Dieu sur eux.
9. Monsieur le Cardinal, chers Frères dans l'Épiscopat, avant de terminer, je voudrais encore saluer avec affection les prêtres de vos diocèses, vos collaborateurs immédiats, qui se donnent avec ardeur à l'annonce de l'Évangile, dans des conditions souvent difficiles. Je prie le Seigneur de faire fructifier l'œuvre du salut dont ils sont, avec vous, les serviteurs zélés dans chacun de vos pays. Qu'Il donne à chacun de vous force et lumière pour conduire le peuple dont vous êtes les pasteurs, sur les chemins de la foi, de l'espérance et de la charité! En vous confiant à l'intercession maternelle de la Vierge Marie, je vous donne de grand cœur la Bénédiction Apostolique, que j'étends volontiers aux prêtres, aux religieux, aux religieuses, aux catéchistes et à tous les laïcs de vos diocèses.

[1] N. 7.
[2] Tertio millennio adveniente, 42.
[3] Cf. Lumen gentium, 1.
[4] Ecclesia in Africa, 89.
[5] N. 63.
[6] Ibid., 57.
[7] Gal 4, 19.
[8] Ecclesia in Africa, 103.
[9] 22 février 1992, n. 6.
[10] Ecclesia in Africa, 116.
[11] Cf. Ecclesia in Africa, 82.


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DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
AUX PÈLERINS VENUS À ROME POUR LA BÉATIFICATION
D'OTTO NEURURER, JAKOB GAPP ET CATHERINE JARRIGE
Salle Paul VI
Lunedì, 25 novembre 1996

Liebe Mitbrüder im Bischofsamt,
Liebe Schwestern und Brüder!
Euch allen, die Ihr heute, ein Tag nach der Seligsprechung von Pfarrer Otto Neururer, Pater Jakob Gapp und Schwester Catherine Jarrige zu dieser Audienz zusammengekommen seid, gilt mein herzlicher Gruß. Besonders grüße ich Euch, liebe Mitbrüder im Bischofsamt, sowie alle Priester und Ordensleute und Euch, liebe Pilger, die Ihr so zahlreich vor allem aus Nord, Ost- und Südtirol gekommen seid. Herzlich grüße ich die Pilger aus Watten, dem Geburtsort von Pater Jakob Gapp, sowie aus Piller, dem Geburtsort von Pfarrer Otto Neururer, und aus Götzens, wo er begraben liegt.
Die neuen Seligen sprechen zu uns in besonderer Weise mit der Sprache des Kreuzes, weil sie uns in Gedanken in Zeiten zurückführen, in denen die Christen verfolgt wurden. Sie haben uns ein heroisches Opfer hinterlassen; in ihnen »kämpfen Tod und Leben einen unbegreiflichen Zweikampf« (Ostersequenz). Obgleich in den Augen der Menschen der Tod gesiegt zu haben scheint, so haben sie nach dem göttlichen Heils-plan der Erlösung die Fülle des Lebens als Geschenk erhalten.
Alle Brüder und Schwestern, die um ihres Glaubens willen leiden, haben in einzigartiger Weise am Kreuz Christi teil. Das Kreuz trägt mit seinem tödlichen Zugriff den Leib Christi, bis »alles vollbracht« ist. Dieses Geheimnis setzt sich in der Geschichte der Welt fort. Ebenso setzt sich die herrliche Erlösung fort, die auf immer an das Kreuz von Kalvaria gebunden sein wird. Durch dieses Kreuz wird Gott in der Geschichte des Menschen niemals sterben!
Eine Seligsprechungsfeier ist immer etwas Tröstliches und Erhebendes. Sie ist gleichsam ein Vorspiel zum endgültigen Sieg Christi am Ende der Zeiten. Nehmt etwas von dieser endzeitlichen Hoffnung mit nach Hause; denn es wäre in der Tat zu wenig, wenn nichts zurückbliebe als eine schöne Erinnerung an die Tage in Rom und ein Datum im liturgischen Kalender, an dem wir der Seligen gedenken. Die Märtyrer Jakob Gapp und Otto Neururer verkörpern einen Appell an unseren Alltag als Christen, sie wollen als mitreißendes Beispiel in unser Leben hineinwirken.
Pater Jakob Gapp wird uns ein bleibendes Vorbild für das unerschrockene Zeugnis der Wahrheit sein. Sein Leben und hat etwas von Johannes dem Täufer, der unerschrocken zum Tyrannen sagte: »Es ist dir nicht erlaubt« und dafür in den Tod ging. Pater Gapp ist das Vorbild des unbequemen Mahners, wenn es um die von Christus geoffenbarte Wahrheit geht
Pfarrer Otto Neururer wird uns immer an die Heiligkeit der Ehe erinnern, für die er ins Gefängnis ging, und an die Treue zum priesterlichen Dienst, weswegen er ermordet wurde. Sein Zeugnis berührt somit zwei Säulen des christlichen Lebens.
Wenn Ihr Euch nun wieder nach Hause begebt:, bitte ich Euch, die Erinnerung, das Beispiel und die Botschaft dieser beiden großen Persönlichkeiten im Herzen zu bewahren im Vertrauen, daß sie uns mit ihrer Fürbitte nahe sein werden. Euch allen und Euren lieben Angehörigen zu Hause erteile ich von ganzem Herzen den Apostolischen Segen.
Bienvenue à vous, chers Frères et Sœurs qui, avec votre pasteur, Monseigneur René Séjourné, êtes venus du centre de la France pour prendre part à la béatification d'une enfant de votre terre. Bienvenue à vous, pèlerins de langue française et à vous, fils et filles de la grande famille dominicaine dont l'une des aînées dans la foi a pris place dans l'immense foule des saints et des bienheureux qui entourent le Christ Roi de l'univers.
Comme vous le savez, Catherine Jarrige était surnommée Catinon-Menette, la « menette des pauvres ». « Menette » signifie « moniale »: elle était effectivement consacrée, femme de l'Unique Amour, de l'amour qui englobe, transcende et vivifie tous les autres, l'amour du Christ ressuscité.
Sa charité se déploya constamment auprès des plus démunis. Les pauvres, les prisonniers, les malades, les mourants la voyaient venir avec soulagement, car de leur apportait réconfort et consolation dans l'épreuve. Que, parmi vous, ceux et celles qui se consacrent à leur service trouvent ici l'expression de ma gratitude et de celle de l'Église tout entière. Qu'ils continuent avec persévérance à apaiser les souffrances du corps et de l'âme!
Par exemple de sa vie, par l'exercice de son métier, par son esprit de prière et par son généreux service du prochain, Catherine Jarrige se donna tout entière au Seigneur. Qu'elle soit désormais auprès de vous, chers Frères et Sœurs, une amie véritable, une inspiratrice et un guide vers le Christ Sauveur! Je lui confie votre vie chrétienne, votre apostolat, et je lui demande, ainsi qu'aux bienheureux Otto Neururer et Jakob Gapp, de vous accompagner sur les chemins du Royaume.
À chacun d'entre vous, à vos familles et à ceux qui vous sont unis par la pensée, je donne de grand cœur ma Bénédiction Apostolique.

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