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DÉCLARATION COMMUNE DE
SA SAINTETÉ LE PAPE JEAN-PAUL II
ET DE SA SAINTETÉ ARAM I KESHISHIAN, CATHOLICOS DE CILICIE

Au terme de leur rencontre officielle, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II et Sa Sainteté Aram I, Catholicos de Cilicie, rendent grâce à Dieu qui leur a permis d'approfondir leur fraternité spirituelle en Jésus-Christ et leur vocation pastorale et évangélisatrice dans le monde. Ce fut une occasion privilégiée de prier et de réfléchir ensemble, pour renouveler leur engagement et leurs efforts communs pour l'unité chrétienne.
La rencontre entre le Catholicos de la Grande Maison de Cilicie et le Pape de l'Église catholique marque une étape importante dans leurs relations. Ces rapports, qui remontent aux débuts du christianisme en Arménie, ont revêtu une importance particulière du XIème au XIVème siècles en Cilicie, et ils continuèrent après l'exil du Siège du Catholicossat de Sis et son installation, en 1930, à Antélias au Liban.
Le Pape Jean-Paul II et le Catholicos Aram I se réjouissent de leur rencontre dans le cadre de la Semaine de Prière pour l'Unité des Chrétiens, qui rappelle l'urgence de la communion plénière entre les chrétiens, en vue de l'accomplissement de leur mission essentielle qui est d'abord le témoignage rendu au Christ, mort et ressuscité pour le salut de l'humanité. Pendant deux millénaires, l'unité de la foi en Jésus-Christ, don de Dieu, fut maintenue pour l'essentiel, en dépit de controverses christologiques et ecclésiologiques ayant souvent leur source dans des facteurs d'ordre historique, politique ou socioculturel. Cette communion de foi, déjà affirmée durant les dernières décennies par leurs prédécesseurs lors de leurs rencontres, a été récemment réaffirmée solennellement lors de la rencontre de Sa Sainteté Jean-Paul II avec Sa Sainteté le Catholicos Karekine I. Aujourd'hui également, l'Évêque de Rome, successeur de Pierre, et le Catholicos de Cilicie prient pour que progresse la communion dans la foi en Jésus-Christ, grâce au sang des martyrs et grâce à la fidélité des Pères à l'Évangile et à la Tradition apostolique, en se manifestant dans la riche diversité des traditions ecclésiales respectives. Une telle communauté de foi doit se traduire concrètement dans la vie des fidèles et elle doit nous guider vers la pleine communion.
Les deux chefs spirituels soulignent donc l'importance vitale du dialogue sincère portant sur les domaines théologiques et pastoraux, ainsi que sur d'autres dimensions de la vie et du témoignage des fidèles. Les relations déjà existantes constituent une expérience qui favorise la collaboration directe et fructueuse entre eux. Leurs Saintetés ont la ferme conviction qu'en ce siècle où les communautés chrétiennes se sont engagées plus profondément dans le dialogue œcuménique, un rapprochement sérieux, soutenu par le respect et la compréhension mutuels, constitue la seule voie solide et fiable pour conduire à la pleine communion.
L'Église catholique et le Catholicossat de Cilicie ont aussi devant eux un champ immense de coopération constructive. Le monde actuel, du fait des idéologies qui s'expriment dans des valeurs matérialistes et en raison des ravages de l'injustice et de la violence, présente un véritable danger pour l'intégrité et l'identité de la foi chrétienne. Plus que jamais, l'Église du Christ doit, par sa fidélité à l'Évangile, porter au monde un message d'espérance et de charité et devenir la messagère ardente des valeurs évangéliques. Une collaboration active doit aussi être envisagée dans les domaines de l'étude et de l'enseignement de la théologie, de l'éducation religieuse, de l'évaluation des situations pastorales où il est possible d'agir en commun, de la promotion des valeurs éthiques; et encore, on doit chercher à faire face ensemble à divers problèmes relatifs à la mission et à l'engagement pastoral et spirituel pour le renouveau de la vie chrétienne et pour la transformation de la société. Le Pape et le Catholicos exhortent leurs clergés et leurs fidèles à prendre une part active à ces efforts qui doivent se concrétiser et s'organiser à tous les niveaux, notamment au niveau local où les fidèles sont ensemble confrontés à des situations difficiles. La foi chrétienne pousse aussi à collaborer plus efficacement pour promouvoir la dignité et les droits de tout être humain, ainsi que le droit de tous les peuples à voir reconnues leurs aspirations légitimes et leur identité culturelle.
L'Église arménienne fait face aujourd'hui à des conditions de vie et à des défis qui invitent à rendre plus efficace son témoignage en Arménie, au Nagorny-Karabalch, ainsi que dans la diaspora. Dispersés de par le monde, les fidèles de cette Église vivent dans des contextes où le dialogue est indispensable pour sa vie et pour son témoignage.
Dans les sociétés pluralistes d'aujourd'hui, caractérisées par des échanges, où cultures, religions et civilisations sont en relation et en interaction permanentes, les Églises ont vocation d'être les promoteurs du dialogue. Le contexte moyen-oriental présente une source d'enrichissement mutuel et de témoignage commun pour les chrétiens qui ont, avec leurs concitoyens musulmans, dans une large mesure la même histoire, les mêmes problèmes socio-économiques et le même destin politique. Les Églises sont d'ailleurs convaincues de l'import l'un dialogue avec les Musulmans, et cela entre dans les tâches pour les quelles il y a lieu qu'elles se concertent entre elles. Dans un tel cadre d'ailleurs, le dialogue ne reste pas intellectuel et théorique, mais il porte concrètement sur des éléments de l'existence quotidienne.
Au Moyen-Orient, la présence active et le témoignage dynamique des chrétiens revêtent une importance particulière, car ils sont engagés ensemble dans la lutte pour la justice et la paix. Il est donc indispensable de donner un nouvel élan à la mission spirituelle et sociale des Églises, dans les pays du Moyen-Orient, où apparaissent comme des priorités l'instauration d'une paix juste, globale et durable, et la solution équitable et satisfaisante du problème de la Ville sainte de Jérusalem.
Le Liban, où l'Église catholique et le Catholicossat de Cilicie ont une présence historique et tangible, est un cadre particulier dans lequel s'exerce leur mission. Les efforts des Libanais pour la réconciliation et la reconstruction de leur pays ne doivent pas laisser en marge les valeurs morales et religieuses qui constituent l'identité même de la grande famille libanaise. Qu'ils œuvrent aussi pour que ce pays retrouve pleinement son identité, faite de liberté et de pluralisme, son unité, sa souveraineté et sa vocation spécifique dans la région et dans le monde!
En cette fin du deuxième millénaire chrétien et à l'approche du XVIIème centenaire de l'Église Arménienne, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II et Sa Sainteté Aram I remercient et glorifient la Sainte Trinité qui donne la force spirituelle de rester fermement attaché aux impératifs de la foi apostolique et de la mission pastorale. Ils exhortent leurs clergés et leurs fidèles á 'œuvrer ardemment en vue de l'amour, de la réconciliation, de la justice et de la paix que demande l'Évangile, dans l'attente de la venue du Royaume de Dieu.
Rome, le 25 janvier 1997.
IOANNES PAULUS PP. II
ARAM I KESHISHIAN

© Copyright 1997 - Libreria Editrice Vaticana
  



DISCOURS DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
AUX ÉVÊQUES DE LA RÉGION APOSTOLIQUE DU SUD-OUEST
DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE FRANÇAISE
EN VISITE « AD LIMINA APOSTOLORUM »
Samedi 25 janvier 1997
 
Monsieur le Cardinal,
Chers Frères dans l'épiscopat
,
Au cours de votre pèlerinage aux tombeaux des Apôtres, je suis heureux de vous accueillir, vous qui êtes les pasteurs des dix diocèses de la Région apostolique du Sud-Ouest de la France. Avec vous, j'invoque Pierre et Paul, colonnes de l'Église. Que le premier des Apôtres et l'Apôtre des nations vous obtiennent de mener à bien votre ministère pastoral avec la lumière et la force que donne l'Esprit du Seigneur!
Je remercie le Cardinal Pierre Eyt, Archevêque de Bordeaux et Président de votre Région apostolique, pour ses réflexions éclairantes sur la situation de l'Eglise dans vos diocèses. Les difficultés et les limitations dont vous souffrez sont mises en évidence, mais on peut rendre grâce aussi pour de nombreuses manifestations du dynamisme bien réel de vos communautés.
2. En ce moment, beaucoup de diocèses sont amenés à se réorganiser, et notamment à regrouper ou à remodeler leurs structures territoriales. En effet, des changements importants ont eu lieu et se poursuivent dans le peuplement et dans l'activité économique. Les manières de vivre se modifient. Il faut aussi noter une plus grande mobilité des personnes, dont les centres d'intérêt et la culture évoluent. La physionomie de la société change très sensiblement.
Pour l'Église, les faits les plus apparents sont la diminution du nombre de prêtres et, souvent, la diminution du nombre de pratiquants. Les causes de ces évolutions inquiétantes sont complexes et l'on ne peut ignorer l'influence des transformations de la société sur la pratique des fidèles et des communautés chrétiennes depuis longtemps implantées sur ces terres; ainsi, les modifications institutionnelles sont loin d'être entraînées par les seules évolutions des effectifs du clergé. Des coutumes et des habitudes respectables aujourd'hui délaissées peuvent être regrettées par certains, mais il ne s'agit pas de cultiver la mémoire nostalgique d'un passé d'ailleurs parfois idéalisé, ni de blâmer personne. Dans les rapports quinquennaux, vos analyses montrent que vous êtes lucides sur la situation et actifs pour continuer de bâtir dans des conditions nouvelles.
Des changements interviennent aussi, et de manière positive, dans le comportement des catholiques. Vous avez fait état de parcours spirituels, de conversions, d'engagements au sein de l'Église, qui manifestent un riche renouveau qualitatif de la foi et de l'action chrétienne. On voit une vraie source d'espérance dans la disponibilité d'un nombre appréciable de laïcs à jouer un rôle plus actif et plus diversifié dans la vie ecclésiale, et à prendre les moyens de se former sérieusement pour cela.
Dans ce contexte, votre mission essentielle de pasteurs vous incite à renouveler l'organisation des communautés. Vous avez montré que les évolutions sont conduites grâce à de larges consultations qui ne portent pas seulement sur les conditions pratiques des regroupements de paroisses ou de la création d'unités pastorales nouvelles. Il s'agit pour les prêtres et les fidèles de déterminer les conditions dans lesquelles la Bonne Nouvelle pourra être annoncée, le Peuple de Dieu guidé et rassemblé par la présence sacramentelle du Christ. Les synodes diocésains ont souvent été le cadre d'une maturation remarquable des baptisés, découvrant mieux leurs inaliénables responsabilités et leur complémentarité dans la vie ecclésiale.
En fonction des situations actuelles et des structures renouvelées que vous êtes amenés à établir, je désire simplement vous faire part de quelques réflexions sur la vie des ensembles pastoraux. Mon intention est de vous encourager, avec le clergé et les fidèles des diocèses de votre pays, à fonder toujours mieux sur le roc du Christ et dans la communion de toute l'Église l'accomplissement quotidien de la mission commune.
3. Les forces vives de beaucoup de vos diocèses, en mettant en œuvre les changements que je viens d'évoquer, ont bien saisi l'importance de l'implantation territoriale de l'Église: dans une bonne coordination avec les autres ensembles pastoraux, c'est essentiellement la paroisse qui fait exister concrètement l'Église, en sorte qu'elle soit ouverte à tous. Quelle que soit sa dimension, elle n'est pas une simple association. Elle doit être un foyer où se rassemblent les membres du Corps du Christ, ouverts à la rencontre de Dieu Père plein d'amour et Sauveur en son Fils, incorporés par l'Esprit Saint dans l'Église au moment de leur baptême et disposés dans l'amour fraternel à l'accueil de leurs frères et sœurs, quelles que soient leurs conditions ou leurs origines.
L'institution paroissiale est destinée à assurer les grandes fonctions de l'Église: la prière commune et la lecture de la Parole de Dieu, les célébrations et principalement celle de l'Eucharistie, la catéchèse des enfants et le catéchuménat des adultes, la formation continue des fidèles, la communication propre à faire connaître le message chrétien, les services caritatifs et de solidarité, l'activité locale des mouvements. En somme, à l'image du sanctuaire qui en est le signe visible, c'est un édifice à bâtir ensemble, un corps à faire vivre et grandir ensemble, une communauté où l'on reçoit les dons de Dieu et où les baptisés donnent généreusement leur réponse de foi, d'espérance et d'amour aux appels évangéliques. En ce temps où les structures pastorales sont amenées à se renouveler, il sera bon de reprendre en profondeur l'enseignement ecclésiologique du Concile Vatican II, dans la constitution sur l'Église « Lumen Gentium » et dans les divers documents d'orientations concernant notamment les prêtres et les laïcs.
Il me semble que le souci qui préside aux réorganisations devenues nécessaires est de permettre à la paroisse de remplir effectivement les fonctions que je viens d'évoquer. Il convient donc qu'elle ne soit pas trop petite et aussi, dans la mesure du possible, qu'elle reste proche des fidèles pratiquants et de l'ensemble de leurs frères. Même lorsqu'un ensemble nouveau réunit les membres de l'Église de plusieurs localités, il importe de faire le maximum pour sauvegarder le patrimoine historique, matériel mais aussi humain, en faisant tout ce qui est possible pour que les chrétiens aient le soutien spirituel nécessaire, ou encore pour que les sanctuaires restent des lieux de prière habités et pour que les coutumes de dévotion populaire ne tombent pas dans l'oubli.
4. Une question primordiale est évidemment celle des responsables. Pour guider et animer les unités pastorales, s'impose et se développe la collaboration des prêtres et des laïcs. Autour du pasteur, les conseils pastoraux, les équipes animatrices et les relais pastoraux jouent un rôle indispensable. Ils permettent notamment d'articuler le mieux possible les divers échelons de la vie ecclésiale: la communauté locale parfois petite, mais qui est un relais vivant et actif, la paroisse elle-même, puis le secteur ou la zone pastorale plus vaste, et enfin l'ensemble du diocèse. Il est important de veiller à ce que les échanges soient nourris dans les deux sens: que les responsables entendent les appels venus de la base, et que tous soient rejoints par les orientations données par ces mêmes responsables, á commencer par celles de l'Évêque.
Tout cela suppose que les prêtres et les laïcs coordonnent clairement, sans confusions, ce qui relève du sacerdoce ministériel et du sacerdoce universel, selon l'enseignement du Concile dans la constitution sur l'Église, ainsi que je l'ai souligné à Reims [1]. Les fidèles laïcs qui exercent des charges ecclésiales savent qu'ils ne se substituent pas au prêtre, mais qu'ils coopèrent à une œuvre commune, celle de toute l'Église.
L'un des premiers soucis des pasteurs et des fidèles qui ont des responsabilités est de promouvoir l'unité harmonieuse de la communauté. C'est une condition essentielle pour que l'Église locale soit un signe transparent de la présence du Christ, au regard des baptisés qui ne participent pas à sa vie quotidienne comme de l'ensemble de la société. Entre les chrétiens, les diversités sont grandes, de milieux sociaux, de cultures ou de centres d'intérêt, et aussi de charismes. La vocation des paroisses est précisément de permettre à chacun de s'exprimer et d'entrer dans l'unité du corps formé de membres différents mais complémentaires. Ne cessons pas de méditer les leçons de saint Paul à cet égard [2].
En particulier, il ne faut pas renoncer à ce que la communauté ecclésiale soit un lieu de rencontre des générations, malgré les distances souvent constatées. Sans attendre passivement, les adultes doivent garder le contact avec les jeunes, savoir les accueillir, écouter leurs requêtes, comprendre leurs difficultés et leurs inquiétudes pour l'avenir, leur donner une place de plein droit, les associer aux responsabilités. Les synodes diocésains en ont eu souvent la préoccupation; il convient de faire le maximum pour permettre aux jeunes de poursuivre leur formation chrétienne entre eux, comme ils le désirent souvent, mais aussi pour les aider à s'intégrer dans le monde des adultes auquel ils ont beaucoup à apporter. Je reviendrai sur la pastorale des jeunes, mais je tiens à souligner dès maintenant qu'il faut rester attentif à ne pas l'isoler de l'ensemble de la vie pastorale.
5. La vitalité de la communauté ecclésiale apparaît dans sa fidélité à la mission confiée par le Seigneur à ses disciples: l'évangélisation. Nous sommes dépositaires et porteurs de la Bonne Nouvelle. Sous toutes ses formes, l'apostolat consiste d'abord à transmettre et à proposer la Parole du salut et la connaissance du Verbe qui est Chemin, Vérité et Vie. Seule la Parole de Dieu peut éclairer vraiment la route de chacun, donner un sens plénier à la vie de famille, à l'activité professionnelle et aux mille tâches de la vie sociale, ouvrir à l'espérance.
La Parole que nous acclamons dans la liturgie, et pour laquelle nous rendons gloire à Dieu, s'adresse directement aux fidèles présents. La communauté rassemblée doit elle-même être sans cesse évangélisée: chaque fidèle a toujours besoin de se laisser interpeller par le Christ, de se convertir à l'écoute de la Parole qui porte de grandes exigences mais qui est aussi un don inestimable, car elle est l'annonce du salut, de la réconciliation, de la victoire de la vie sur la mort.
Ouvrir les enfants et les jeunes à l'accueil de la Parole de vie, c'est là une mission capitale d'évangélisation pour les communautés. « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie » [3], nous avons à l'annoncer de génération en génération. L'éveil à la foi de tout-petits, la catéchèse et l'initiation chrétienne doivent mobiliser le maximum de dévouement de personnes qui acceptent de s'y consacrer et d'acquérir des compétences, sans pour autant que les autres paroissiens se désintéressent de ce qui demeure une mission de tous.
Ne devrait-on pas aussi interroger sans cesse les catholiques sur ce qu'ils font pour proposer le message du Christ à ceux qui ne viennent qu'occasionnellement à l'église, aux baptisés qui laissent enfouies la grâce reçue dans leur enfance? Qu'ils trouvent près d'eux des témoins convaincus, accueillants, respectueux de l'itinéraire de chacun mais prêts à rendre compte de l'espérance qui est en eux [4]! Il y a un bonheur de croire et il faut savoir le partager.
Et si l'on est pénétré par la grâce de la foi vivifiée par l'espérance et animée par la charité, aucun aspect heureux ou malheureux de la vie du quartier ou du village ne peut laisser insensible. Alors, l'évangélisation prendra des formes diverses dans la solidarité sociale, la vie familiale, le travail, les relations de voisinage. Un témoin isolé connaît ses limites, mais des témoins stimulés par la communauté sauront mieux partager « l'espérance qui ne déçoit point, parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné » [5].
Dans le cadre des paroisses ou des secteurs pastoraux, je le rappelle d'un mot, les mouvements et associations de fidèles apportent un précieux stimulant à la mission, en restant attentifs à une bonne coordination et à une bonne intégration dans l'ensemble. Ils aident à mûrir la vie spirituelle, à former les jeunes, à partager le souci apostolique dans les différents milieux de vie, à rendre efficaces et continus l'accueil et le service des plus démunis [6].
Aujourd'hui encore, je voudrais encourager les fidèles de vos diocèses à renouveler leurs engagements dans l'évangélisation, personnellement, en famille et dans les groupes constitués. Ils seront heureusement stimulés par la « Lettre aux catholiques de France » récemment adoptée par votre Conférence épiscopale.
6. Ayant abordé la question de l'animation responsable des communautés par les prêtres et les laïcs et celle des missions d'évangélisation, il convient à présent d'évoquer brièvement le cœur de la vie ecclésiale: car la paroisse est le lieu principal de la célébration des sacrements et, en particulier, de l'Eucharistie, source de la sanctification de tous les états de vie. La vocation d'une paroisse ne peut se définir qu'en fonction de la structure sacramentelle de l'Église. C'est là que nous est visiblement signifiée la présence du Christ dans le mystère pascal. A la Messe, convergent les offrandes de tous, celles des bonheurs et des souffrances, des efforts de l'apostolat, des services fraternels de toute nature, Le Seigneur associe à son propre sacrifice ceux de tous ses frères. Il nous rassemble dans son Esprit Saint, il affermit la foi et la charité, il écoute notre supplication pour demander au Père d'étendre au monde entier la réconciliation, le salut et la paix, il nous unit avec les saints de tous les temps dans l'attente de la communion plénière dans son Royaume.
Il est vrai que bien des fidèles souffrent de ce que la Messe ne peut plus être célébrée aussi près de chez eux et aussi souvent que naguère; les prêtres sont moins nombreux et plus éloignés. Il n'en est que plus important de donner sa pleine valeur à l'Eucharistie. Une communauté s'appauvrit si elle ne retrouve avec ferveur ce lien vital avec le Seigneur, source de toute vie chrétienne et de tout apostolat. Le rassemblement eucharistique est le lieu où cette réalité fondamentale de la foi se reconnaît de manière tangible.
Aucun effort n'est à épargner pour que soient rendus accessibles les dons majeurs que sont les sacrements à toutes les étapes de l'existence. La vie chrétienne s'ouvre par la grâce sanctifiante du baptême; l'entrée des jeunes dans la maturité chrétienne est affermie par la confirmation; la constitution du couple et la fondation de la famille sont consacrées par la participation à l'Alliance dans le mariage; dans l'affrontement au mal et au péché, la grâce du pardon et de la réconciliation est accordée et signifiée explicitement par le sacrement de pénitence; la souffrance est unie à la Croix dans le sacrement des malades. Au centre de la mission des communautés chrétiennes, la préparation aux sacrements est évidemment primordiale.
Sans doute une conscience plus vive des dons confiés par le Seigneur à son Église invitera à valoriser les vocations au ministère sacerdotal, pour que la parole de Dieu soit donnée, que le Christ soit rendu sacramentellement présent, et que le peuple de Dieu soit guidé. Que vos communautés pastorales ne cessent de supplier le Seigneur d'appeler des jeunes à se consacrer tout entiers afin de le servir auprès de leurs frères!
7. Il est vrai que l'ampleur de la mission peut paraître dépasser les possibilités de communautés qui ont conscience de leurs limites et de leurs pauvretés. C'est dans la foi qu'elles doivent redécouvrir qu'elle sont à l'image du Fils de l'homme, et de son groupe restreint de disciples qui avaient leurs faiblesses; pourtant, ils ont posé les fondations de l'Église, qui a reçu la promesse de la fidélité du Christ Bon Pasteur.
La pauvreté du nombre, des moyens et des capacités doit inviter à s'appuyer vraiment sur le Seigneur. L'Église se sait vulnérable mais les signes de la grâce apparaissent dans le dynamisme apostolique dont vous êtes témoins et dont nous avons à remercier le Christ qui n'abandonne pas son troupeau, mais le guide par l'Esprit Saint.
Que votre rencontre avec l'Évêque de Rome vous fortifie dans votre ministère! Portez mon salut affectueux et mes encouragements aux prêtres diocésains, aux diacres, aux religieux et aux religieuses, aux laïcs qui s'engagent dans les conseils pastoraux et les équipes d'animation ou les fonctions de relais pastoraux, aux malades, à l'ensemble des fidèles, afin qu'ils progressent dans leurs diverses missions de baptisés, dans l'unité organique de l'Église Corps du Christ.
J'invoque sur vous tous et sur vos communautés diocésaines l'intercession maternelle de Notre-Dame et la grâce des Bénédictions divines.

[1]  Ioannis Pauli PP. Il Sermo in Cathedrali templo Remensi, 4, die 22 sept. 1996: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, XIX, 2 (1996) 440.
[2] Cfr. 1 Cor. 12.
[3] 1 Io.1,1.
[4] Cfr. 1 Petr. 3, 15.
[5] Rom. 5, 5.
[6] Cfr. Apostolicam Actuositatem, 24; Ioannis Pauli PP. II Christifideles Laici, 30.

© Copyright 1997 - Libreria Editrice Vaticana
 



DISCOURS DU SAINT-PÈRE
À L'OCCASION DE LA PRÉSENTATION DES VŒUX
DU CORPS DIPLOMATIQUE ACCRÉDITÉ PRÈS LE SAINT-SIÈGE
*
Salle Royale du Palais apostolique
Lundi 13 janvier 1997

Excellences,
Mesdames, Messieurs,
1. Votre Doyen, Monsieur l'Ambassadeur Joseph Amichia, vient de me présenter vos vœux amicaux avec la sérénité et la délicatesse que nous lui connaissons. Il l'a fait pour la dernière fois, puisque, après plus de vingt-cinq années, il retrouvera définitivement sa chère Côte-d'Ivoire. À son épouse, à sa famille, à ses compatriotes et à lui-même je désire, en votre nom à tous, offrir nos souhaits les meilleurs pour un avenir qui leur permette de réaliser leurs projets les plus chers.
À vous tous, Excellences, Mesdames, Messieurs, vont mes remerciements chaleureux pour vos vœux ; et je vous suis reconnaissant pour les marques d'appréciation que vous donnez si souvent envers l'action internationale du Saint-Siège. J'aurai l'occasion, dans un instant, de vous saluer personnellement et de vous exprimer mes sentiments d'estime. À travers vous tous, je voudrais aussi faire parvenir mes souhaits affectueux et priants aux dirigeants de vos pays et à vos compatriotes : puisse l'année 1997 marquer une étape décisive dans l'affermissement de la paix et pour une prospérité mieux partagée par tous les peuples de la terre !
Dans mon message pour la Journée mondiale de la Paix 1997, j'invitais tous les hommes de bonne volonté à entreprendre ensemble et résolument un véritable pèlerinage de paix, chacun partant de la situation concrète dans laquelle il se trouve (n. 1). Comment mieux le commencer, sinon avec vous, Mesdames et Messieurs, qui êtes des observateurs qualifiés et attentifs de la vie des nations ? En ce début d'année, où en sont l'espérance et la paix ? Telle est la question à laquelle j'aimerais répondre avec vous.
2. L'espérance. Fort heureusement, elle n'est pas absente de l'horizon de l'humanité. Le désarmement a franchi des étapes importantes, avec la signature du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, auquel le Saint-Siège a d'ailleurs apposé, lui aussi, sa signature, dans l'espoir d'une adhésion universelle. Désormais la course aux armements nucléaires et leur prolifération sont mis au ban de la société.
Cela ne doit cependant pas nous rendre moins vigilants quant à la production d'armements conventionnels ou chimiques de plus en plus sophistiqués, ni indifférents aux problèmes posés par les mines anti-personnel. Au sujet de ces dernières, je souhaite qu'un accord, juridiquement contraignant et avec des mécanismes de contrôle adaptés, voie le jour lors de la réunion prévue à Bruxelles au mois de juin prochain. Tout doit être mis en œuvre pour édifier un monde plus sûr !
Presque la totalité des Gouvernements, réunis dans le cadre de l'Organisation des Nations Unies à Istanbul pour la deuxième Conférence sur les Établissements humains et à Rome pour le Sommet mondial de la F.A.O., ont pris des engagements concrets en vue de mieux concilier le développement, la croissance économique et la solidarité. Le droit au logement et le partage équitable des ressources de la terre sont apparus comme des priorités pour les années futures: ce sont là des pas décisifs.
Nous devons prendre acte également de l'accord conclu en fin d'année à Abidjan pour la paix en Sierra Leone, tout en espérant que le désarmement et la démobilisation des hommes en armes adviendront sans lenteur. Puisse-t-il en être de même au Liberia voisin, engagé lui aussi dans un difficile processus de normalisation et de préparation d'élections libres !
Au Guatemala, la paix semble finalement se profiler à l'horizon après de trop longues années de lutte fratricide. L'accord signé le 29 décembre dernier, en créant un climat de confiance, devrait favoriser, dans l'unité et avec courage, la solution des nombreux problèmes sociaux encore à résoudre.
Tournant notre regard vers l'Asie, nous attendons la date du 1er juillet 1997, où Hong Kong sera réintégré à la Chine continentale. En raison de la consistance et de la vitalité de la communauté catholique qui réside dans ce territoire, le Saint-Siège suivra avec un intérêt tout particulier cette nouvelle étape, souhaitant que le respect des différences, des droits fondamentaux de la personne humaine et de la suprématie du droit jalonne ce nouvel itinéraire, préparé par de patientes négociations.
3. La paix, en second lieu. Elle semble encore précaire en plus d'un point de la planète, et, en tout cas, elle est toujours à la merci des égoïsmes ou des imprévoyances de bien des acteurs de la vie internationale.
Tout près de nous, l'Algérie continue à se débattre dans un abîme de violence inouïe, donnant la triste image d'un peuple tout entier pris en otage. L'Église catholique y a payé un lourd tribut, l'an passé, avec l'assassinat barbare des sept moines de la Trappe de Notre-Dame de l'Atlas et la mort brutale de Mgr Pierre Claverie, évêque d'Oran. Chypre, encore coupée en deux attend une solution politique qui devrait être élaborée dans un contexte européen lui offrant des horizons plus diversifiés. Et puis, sur la rive orientale de la Méditerranée, le Proche-Orient continue à chercher à tâtons le chemin de la paix. Tout doit être tenté pour que les sacrifices et les efforts consentis ces dernières années, depuis la Conférence de Madrid, ne soient pas rendus vains. Pour les chrétiens, en particulier, cette Terre Sainte demeure le lieu où a retenti pour la première fois ce message d'amour et de réconciliation : Paix sur la terre aux hommes, que Dieu aime !
Tous ensemble, juifs, chrétiens et musulmans, israéliens et arabes, croyants et incroyants, doivent créer et consolider la paix : la paix des traités, la paix de la confiance, la paix des cœurs ! Dans cette partie du monde, comme ailleurs, la paix ne pourra être juste et durable que si elle repose sur le dialogue loyal entre partenaires égaux, dans le respect de l'identité et de l'histoire de chacun, si elle repose sur le droit des peuples à la libre détermination de leur destin, sur leur indépendance et sur leur sécurité. Il ne peut y avoir d'exception ! Et tous ceux qui ont accompagné les parties les plus directement engagées dans le difficile processus de paix au Moyen-Orient se doivent de redoubler d'efforts pour que le modeste capital de confiance accumulé ne soit pas dissipé mais, au contraire, augmente et fructifie.
Ces derniers mois, un foyer de tension s'est dramatiquement étendu à toute la région des Grands Lacs en Afrique. Le Burundi, le Rwanda et le Zaïre en particulier se sont trouvés pris dans l'engrenage fatal de la violence sans frein et de l'ethnocentrisme, plongeant des nations entières dans des drames humains qui ne devraient laisser personne indifférent. Aucune solution ne pourra être élaborée tant que les responsables politiques et militaires de ces pays ne seront pas assis autour d'une table de négociation, avec l'aide de la communauté internationale, pour envisager ensemble comment configurer leurs nécessaires et inévitables rapports. La communauté internationale Ä et j'y inclus les Organisations régionales africaines Ä doit non seulement porter remède à l'indifférence manifestée ces temps derniers face à des drames humanitaires dont le monde entier a été témoin, mais encore accroître son action politique pour éviter que de nouveaux développements tragiques, des dépeçages de territoires ou des déplacements de populations n'en viennent à créer des situations que personne ne serait en mesure de contrôler. On ne fonde pas la sécurité d'un pays ou d'une région sur l'accumulation des risques.
Au Sri Lanka, les espoirs de paix se sont brisés face aux combats qui ont à nouveau dévasté des régions entières de l'île. La permanence de ces luttes empêche évidemment le progrès économique. Là encore, il faudrait que les négociations reprennent pour arriver au moins à un cessez-le-feu qui permette d'envisager l'avenir de manière plus sereine.
Si nous regardons finalement vers l'Europe, on peut observer que la construction des Institutions européennes et l'approfondissement du concept européen de sécurité et de défense devraient assurer aux citoyens des pays du continent un avenir plus stable, parce qu'il repose sur un patrimoine de valeurs communes : le respect des droits de l'homme, le primat de la liberté et de la démocratie, l'État de droit, le droit au progrès économique et social. Tout cela, bien sûr, en vue du développement intégral de la personne humaine. Mais les Européens doivent aussi demeurer vigilants, car des dérives sont toujours possibles, comme l'a montré la crise des Balkans : la persistance des tensions ethniques, les nationalismes exacerbés, les intolérances de toute sorte constituent des menaces permanentes. Les foyers de tension qui persistent dans le Caucase nous disent que la contagion de ces énergies négatives ne peut être enrayée que par l'instauration d'une véritable culture et d'une véritable pédagogie de la paix. Pour le moment, dans trop de régions d'Europe, on a l'impression que les peuples cohabitent plus qu'ils ne coopèrent. N'oublions jamais ce que l'un des pères fondateurs de l'Europe de l'après-guerre écrivait en exergue de ses mémoires Ä je cite ici Jean Monnet : Nous ne coalisons pas des États ; nous unissons des hommes !
4. Ce rapide panorama de la situation internationale suffit à montrer qu'entre les progrès accomplis et les problèmes non résolus, les responsables politiques ont un large champ d'action. Et ce qui manque peut-être le plus aujourd'hui aux acteurs de la communauté internationale, ce ne sont ni les Conventions écrites, ni les enceintes où s'exprimer : elles sont pléthore ! C'est une loi morale et le courage de s'y référer.
La communauté des nations, comme toute société humaine, n'échappe pas à ce principe de base : elle doit être régie par une règle de droit valable pour toutes sans exception. Tout système juridique, nous le savons, a pour fondement et pour but le bien commun. Et cela s'applique aussi à la communauté internationale : le bien de tous et le bien du tout ! C'est ce qui permet de parvenir à des solutions équitables où personne n'est lésé au profit des autres, même s'ils sont majoritaires : la justice est pour tous, sans que l'injustice soit infligée à aucun. La fonction du droit est de donner à chacun ce qui lui revient, de lui rendre ce qui lui est dû en toute justice. Le droit comporte donc une forte connotation morale. Et le droit international lui-même est fondé sur des valeurs. La dignité de la personne, ou la garantie des droits des nations, par exemple, sont des principes moraux avant d'être des normes juridiques. Et cela explique que ce sont des philosophes et des théologiens qui, entre le XVe et le XVIIe siècles, furent les premiers théoriciens de la société internationale et les précurseurs d'une reconnaissance explicite du droit des gens. En outre, on ne peut que constater que le droit international n'est plus seulement un droit inter-étatique, mais qu'il tend de plus en plus à rejoindre les individus, par les définitions internationales des droits de l'homme, du droit médical international ou du droit humanitaire, pour ne citer que quelques exemples.
Il est donc urgent d'organiser la paix de l'après-guerre froide et la liberté de l'après 1989 en se fondant sur des valeurs morales qui sont aux antipodes de la loi des plus forts, des plus riches ou des plus grands imposant leurs modèles culturels, leurs diktats économiques ou leurs modes idéologiques. Les tentatives pour organiser une justice pénale internationale sont en ce sens un réel progrès de la conscience morale des nations. Le développement des initiatives humanitaires, intergouvernementales ou privées, est aussi un signal positif d'un réveil de la solidarité, face à des situations de violence ou d'injustice intolérables. Mais, là encore, il faut être attentif à ce que ces générosités ne deviennent pas rapidement la justice des vainqueurs, ou à ce qu'elles ne cachent pas des arrière-pensées hégémoniques qui feraient raisonner en termes de sphères d'influence, de chasses gardées ou de reconquête des marchés.
Le droit international a été pendant longtemps un droit de la guerre et de la paix. Je crois qu'il est de plus en plus appelé à devenir exclusivement un droit de la paix conçue en fonction de la justice et de la solidarité. Et, dans ce contexte, la morale doit féconder le droit ; elle peut même exercer une fonction d'anticipation sur le droit, dans la mesure où elle lui indique la direction de ce qui est juste et bien.
5. Excellences, Mesdames, Messieurs, telles sont les réflexions que je voulais partager avec vous en ce début d'année. Peut-être pourront-elles inspirer votre réflexion et votre action au service de la justice, de la solidarité et de la paix entre les nations que vous représentez.
Dans la prière, je confie à Dieu le bonheur et la prospérité de vos concitoyens, les projets de vos Gouvernements en vue du bien spirituel et du bien temporel de leurs peuples, ainsi que les efforts de la communauté internationale pour que triomphent la raison et le droit.
Dans notre pèlerinage de paix, l'étoile de Noël nous guide et nous indique la vraie route de l'homme en nous invitant à prendre la route de Dieu.
Que Dieu bénisse vos personnes et vos patries et vous accorde à tous une année heureuse !

*AAS 89 (1997), p.471-476.
Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XX, 1 pp.  92-98.
L'Osservatore Romano 13-14.1.1997 p.6.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n. 2 pp. 2-3-4.
La Documentation Catholique n.2154 pp. 154-156.



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