Ressources Catholiques Magistère

précédent
DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX MEMBRES DU MOUVEMENT "PAX CHRISTI"
Samedi 26 octobre 1963
   
Vénérables Frères et chers Fils,
Votre éminent interprète l’a dit très justement : le Mouvement Pax Christi est loin d’être un inconnu pour Nous. Nous l’avons suivi depuis sa fondation, et lui avons, à plusieurs reprises - notamment lors de son Congrès d’Ensiedeln, en 1954 - transmis les directives et les encouragements de Notre grand Prédécesseur le Pape Pie XII.
C’est vous dire que votre visite est accueillie ici avec joie et que vous pouvez être assurés d’avance de trouver auprès de Nous tout l’appui et le soutien qui vous paraîtraient nécessaires à l’heureux développement de votre Mouvement.
Fidèles à la mission que l’Église vous confiait, il y a une douzaine d’années, vous avez eu à cœur de vous mettre au service de la « seule vraie paix », dans un esprit authentiquement chrétien. Et estimant à juste titre que seul l’épiscopat, uni au Pape, pouvait garantir la sûreté doctrinale d’une action commune des chrétiens pour la paix, votre premier souci a été de vous appuyer sur les Évêques. On peut dire que Pax Christi a rendu ainsi hommage à l’épiscopat, dont la place dans l’Église est mise en si vive lumière aujourd’hui par l’imposante assemblée œcuménique. Nous nous plaisons à vous en féliciter.
Mais vous n’êtes pas ici pour vous complaire dans le passé. Pax Christi est un mouvement : vous voulez avant tout assurer sa meilleure marche en avant, et, pour ce faire, procéder à cette « mise à jour », à cette « révision de vie », comme vous l’appelez, à laquelle toute l’Église est invitée dans le cadre du Concile. Ce sera, pour votre Mouvement comme pour d’autres, l’occasion de revoir ses méthodes, d’adapter ses structures, ses objectifs, ses moyens, aux transformations du monde moderne.
Que votre souci primordial soit de ne pas dévier de la ligne qui vous a été tracée. Dans le contexte de l’époque que nous venons de vivre, on a - vous le savez mieux que quiconque - abusé du mot « paix » comme de tant d’autres, jusqu’à le faire servir, hélas ! à opposer les hommes au lieu de les unir. Qu’il soit bien clair que la paix pour laquelle vous travaillez est et reste celle qu’a magistralement définie Notre inoubliable Prédécesseur Jean XXIII dans sa mémorable encyclique Pacem in terris, celle dont votre Mouvement porte légitimement le nom: la paix du Christ, Pax Christi.
Ce titre même vous oblige sans cesse à faire les distinctions nécessaires, afin de ne pas engager l’Église dans n’importe quelle direction, tout en sauvegardant la liberté légitime des choix dans les domaines politique et intellectuel où se construit la paix temporelle.
Il vous oblige à envisager aussi, peut-être, une extension plus grande du Mouvement. Car la paix du Christ n’a pas de frontières, elle est un bien commun, offert à tous, et qui s’enracine et se fortifie en se propageant. Diverses circonstances ont pu faire que le Mouvement ne s’est pas jusqu’ici développé hors d’Europe : le moment ne serait-il pas venu de lui appliquer le duc in altum évangélique ? Et quelle plus belle occasion que le Concile œcuménique, pour entrer en contact, dans ce but, avec les épiscopats des pays où son implantation apparaîtrait maintenant possible et désirable ?
En vous confiant cette suggestion, Nous songeons au rôle toujours plus grand que pourrait être appelé à jouer Pax Christi pour organiser et soutenir partout l’action concertée des chrétiens en faveur de la paix, pour les instruire, les faire réfléchir, les faire agir, et, par eux, faire rayonner enfin, au-delà des frontières de l’Eglise, la conception chrétienne de la paix.
Dieu veuille bénir vos efforts et en multiplier les fruits, Nous le lui demandons de tout cœur, tandis que Nous vous accordons à tous, à commencer par le vénéré Cardinal Président de Pax Christi, une très paternelle Bénédiction apostolique.
      



DISCOURS DU PAPE PAUL VI
À L'OCCASION DE L'OUVERTURE
DE LA DEUXIÈME SESSION DU CONCILE
Jeudi 17 octobre 1963
   
Monsieur le Cardinal,
Chers Messieurs,
Nous sommes profondément touché des nobles paroles que Nous venons d’entendre: celles du très vénéré Cardinal président du « Secrétariat pour l’Unité des Chrétiens » qui vous a présenté ; celles aussi du très digne interprète de vos sentiments à tous, Messieurs, et dont les expressions trouvent une si vive résonance dans Notre propre cœur.
Cette rencontre de ce soir, c’est le renouvellement, dans une atmosphère plus intime, de celle que Nous offrait, l’autre jour, le cadre plus officiel et plus majestueux du Concile. Mais la réalité, la grande réalité, n’est-elle pas la même ? C’est que vous êtes ici, Messieurs, chers frères en Jésus-Christ, invités par Nous, pour assister à cet important événement, qu’est le Concile Œcuménique.
S’approcher, se rencontrer, se saluer, se connaître, se parler : quoi de plus simple, de plus naturel, de plus humain ? Certes. Mais ici, il y a davantage encore: s’écouter les uns les autres ; prier les uns pour les autres ; et, après de si longues années de séparations, après de si douloureuses polémiques, recommencer à s’aimer les uns autres: voilà ce qui rend cette rencontre mémorable et pleine de promesses.
Sans doute n’aurions-Nous qu’à vous répéter ici ce que Nous vous avons dit dans la basilique Saint-Pierre, le jour de l’ouverture de la deuxième session du Concile ; mais ici, dans Notre bibliothèque, où Nous recevons les audiences privées, Nous le ferons d’une façon toute familière et amicale. On pourrait donner à cette circonstance une valeur symbolique : celle de Notre désir de vous accueillir, non seulement sur le seuil de Notre maison, mais dans le cœur même de Notre intimité.
La sincérité de Nos paroles et de Nos sentiments Nous permet, Nous impose même cette nouvelle ouverture de Notre cœur, dans le langage le plus simple, celui qui peut, mieux que la solennité du latin, vous exprimer quelque chose du fond de Notre âme à votre égard.
Nous vous disons donc encore une fois, merci d’avoir accueilli Notre invitation, merci d’être venus, merci de votre présence aux séances du Concile. Soyez assurés de Notre respect, de Notre estime, de Notre désir de nouer avec vous, en Notre Seigneur, les meilleurs rapports possibles. Notre attitude ne cache aucun piège, ne cède à aucune intention de dissimuler les difficultés à une entente complète et définitive ; elle ne craint pas la délicatesse de la discussion, ni la souffrance de l’attente. La bonne foi et la charité sont les bases que Nous offrons à votre présence ici ; l’estime que Nous avons envers vos personnes et envers les institutions et les valeurs chrétiennes que vous représentez, Nous rend facile la tâche d’aborder avec vous le grand dialogue, dont personne ne peut aujourd’hui, étant donné les divergences doctrinales non encore résolues, déterminer la durée ; et la confiance en Notre Seigneur Jésus-Christ, auquel par la foi et le baptême nous sommes tous rattachés, nous remplit le cœur d’une douce et puissante espérance.
Ce n’est pas tout. Peut-être faut-il ajouter encore une remarque, qui peut éclairer davantage notre état d’esprit devant la joie que Nous procure votre aimable visite, pleine du souvenir que vous venez d’évoquer : celui de Notre regretté et vénéré Prédécesseur le Pape Jean XXIII.
Cette remarque, la voici: de quel côté se dirige instinctivement notre pensée, lorsqu’il s’agit de donner une signification exacte à la rencontre, - au niveau le plus élevé et de la plus haute responsabilité, comme vous le voyez - de l’Église catholique avec les autres confessions chrétiennes ? La pensée serait tentée de se tourner vers le passé. Ce serait s’enliser dans les dédales de l’histoire et, sans doute, rouvrir des blessures qui ne sont pas complètement cicatrisées.
Nous avons osé, dans Notre discours du 29 septembre, recourir avant tout au pardon chrétien ; réciproque, si possible. « Veniam damus petimusque vicissim » (Horace). Nos esprits ont besoin de cette tranquillité, s’ils doivent entamer des rapports amicaux, des conversations sereines. D’abord parce que c’est chrétien : « Quand donc, dit le Seigneur, tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens d’un grief que ton frère a contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis reviens, et alors présente ton offrande » (Mt 5, 23-24). Et puis, c’est pour nous la méthode la meilleure : regarder non pas vers le passé, mais vers le présent, et surtout vers l’avenir. D’autres pourront et devront pousser les études sur l’histoire de jadis ; nous préférons maintenant fixer notre attention, non pas sur ce qui a été, mais sur ce qui doit être. Nous nous tournons vers une nouveauté à engendrer, un rêve à réaliser. Qu’il nous soit permis d’emprunter les mots de saint Paul : « Oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir, dans le Christ Jésus » (Ph 3, 13-14). L’espérance est notre guide, la prière notre force, la charité notre méthode, au service de la vérité divine, qui est notre foi et notre salut.
Vérité divine qu’il faut sans cesse s’efforcer d’approfondir pour la mieux posséder et en vivre plus pleinement. « Chercher pour trouver, et trouver pour chercher encore » : cette phrase de saint Augustin, que Nous avons eu plaisir, Monsieur le Professeur, à vous entendre citer, elle nous concerne tous : un vrai chrétien ne connait pas l’immobilisme.
Et vous Nous avez ouvert, à ce sujet, des aperçus que Nous n’aurions garde de négliger. Ces développements, que vous appelez de vos vœux, d’une théologie « concrète et historique », « centrée sur l’histoire du salut », Nous y souscririons volontiers pour Notre part et la suggestion Nous paraît tout-à-fait digne d’être étudiée et approfondie. L’Église catholique possède des institutions, que rien n’empêcherait de spécialiser davantage dans ce genre de recherches, quitte même à créer une institution nouvelle dans ce but, si les circonstances le suggéraient.
Permettez-Nous de relever encore, chers Messieurs, avant de vous quitter, une parole de votre interprète : « Nous sommes ensemble sur un chemin ». Autant dire : nous ne sommes pas arrivés.
Pas plus que vous, chers Messieurs, Nous vous l’avons dit, Nous n’attendons de solutions miraculeuses et immédiates. Les fruits que Nous espérons doivent mûrir longuement, par l’étude et la prière ; et des réconciliations apparentes ou improvisées, qui dissimuleraient les difficultés au lieu de les résoudre, retarderaient notre marche, bien loin de l’aider.
Pour nous, tel le veilleur dont parle Isaïe : - Custos, quid de nocte ? Custos, quid de nocte ? (Is 21, 11) - nous sommes aux aguets, cherchant à discerner, et heureux d’enregistrer, chaque fois qu’ils se présentent au cœur de la nuit, les signes avant-coureurs d’une lumineuse aurore : Nous voulons dire les indices d’un progrès réel dans le dialogue engagé, d’un pas en avant vers le rapprochement entre ceux qui se nourrissent du même Évangile et entendent résonner au fond de leurs âmes le même joyeux appel de saint Paul aux Éphésiens : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous » (Ep 4, 4-6).
C’est ce Dieu des miséricordes, le Père de Notre Seigneur Jésus Christ en qui nous croyons, que Nous voulons invoquer, Messieurs, en prenant congé de vous. C’est à Lui que nous confions nos désirs, nos attentes, nos espérances ; c’est de Lui que Nous implorons pour vous tous paix et joie, grâces et bénédictions. Et vous Nous permettrez de vous saluer par les paroles mêmes du grand apôtre dont Nous avons voulu prendre le nom : « La grâce du Seigneur Jésus soit avec vous ! Je vous aime tous dans le Christ Jésus. Amen » (1 Co 16, 23-24).
          



DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE PONTIFICALE DES SCIENCES
Dimanche 13 octobre 1963
    
Messieurs,
Nous n'avons pas l’intention de vous faire un discours. Ce n’est pas que Nous n’aurions bien des choses à vous dire. Cette rencontre avec l'Académie pontificale des Sciences éveille en effet dans Notre âme toutes sortes de thèmes, de questions, de sentiments, qui mériteraient que Nous leur donnions expression. Mais ce n’est pas le moment. En ces jours, absorbés par le Concile et par les problèmes qu’il soulève, le temps Nous manque. Ce ne sera donc qu’une brève salutation que Nous vous adressons, salutation pleine de cordialité pour les personnes que Nous avons le grand honneur de rencontrer, pleine de déférence pour l’institution que Nous avons l’heureuse occasion de revoir.
Comme vous venez de le dire, Monsieur le Président, une estime datant de loin et une sincère amitié Nous lient à votre Académie. Il Nous est agréable de refaire aujourd’hui connaissance avec elle et de saluer d’abord en votre personne, Monsieur le Président, le digne successeur du regretté et inoubliable Père Gemelli.
C’est une joie pour Nous de retrouver l’Académie, dans la plénitude de ses effectifs, appliquée à poursuivre fidèlement ses activités traditionnelles.
Et à ce propos, Nous Nous faisons un devoir de confirmer aux anciens académiciens Nos sentiments dévoués, et de souhaiter une joyeuse bienvenue à ceux des nouveaux que Nous n’avons pas eu encore le plaisir de saluer comme membres de cette illustre société.
Nous voulons aussi exprimer Notre reconnaissance aux personnalités qui ont accueilli l’invitation de Notre Académie et sont venues prendre part à cette semaine d’études, y apportant la précieuse contribution de leurs savants travaux et la flatteuse adhésion de leur présence.
Nous voulons ainsi confirmer à ceux qui appartiennent à l’Académie pontificale des Sciences et à ceux qui participent à ses travaux ou l’honorent de leur sympathie Notre haute estime pour cette institution et, en conséquence, la résolution qui Nous anime de lui accorder l’appui et l’honneur capables d’assurer sa stabilité et de favoriser son développement.
Elle est solennelle, à Nos yeux, la responsabilité qui Nous vient du Pape fondateur de votre Académie; profonde, l’estime que Nous nourrissons pour ceux qui en sont les membres et les promoteurs ; aiguë est en Nous la conscience de l’importance et des besoins de la haute culture scientifique de notre temps; vivant et agissant dans notre âme, le sentiment du devoir, de l’intérêt, et, dans un certain sens, de la nécessité, pour l’Église catholique, d’entretenir les rapports les plus sincères avec le monde scientifique contemporain. Disons enfin que Nous Nous sentons stimulé par la certitude que notre religion, non seulement n’oppose aucune objection réelle à l’étude des vérités naturelles, mais qu’elle peut, sans sortir des limites de sa propre sphère, ni franchir celles du domaine de la science proprement dite, aider la recherche scientifique, honorer ses résultats, favoriser leur meilleure utilisation pour le bien de l’humanité.
La religion que nous avons le bonheur de professer est, en effet, la science suprême de la vie: elle est donc la plus haute et la plus bienfaisante maîtresse dans tous les domaines où la vie se manifeste. Elle pourra sembler absente quand non seulement elle permet, mais ordonne au savant de n’obéir qu’aux lois de la vérité; mais à y regarder de près, elle sera encore près de lui pour l’encourager dans sa difficile exploration, en lui assurant que la vérité existe, qu’elle est intelligible, qu’elle est magnifique, qu’elle est divine ; et pour lui rappeler, à chaque pas, que la pensée est un instrument apte à la conquête de la vérité et qu’il faut l’utiliser avec un tel respect pour ses propres lois que l’on sente continuellement la référence à une responsabilité qui l’engage et la transcende.
C’est vous dire, Messieurs, avec quel sérieux et avec quelle faveur Nous considérons cette institution dans laquelle Nous Nous plaisons à voir une représentation du monde scientifique, auquel Nous envoyons, à cette occasion, et par le moyen des interprètes autorisés que vous êtes, Notre salut respectueux et Nos encouragements.
Ce salut peut être symbolisé par la médaille d’or « Pie XI », que Nous avons le plaisir de remettre au professeur Aage Bohr, - fils d’une nation dont Nous apprécions les insignes mérites, le Danemark -, savant célèbre pour ses études sur la structure nucléaire et sur l’analyse théorique des mouvements des noyaux atomiques. Que la remise de cette récompense soit une marque d’admiration et d’encouragement, tant pour la digne personne de ce jeune professeur, que pour la noble phalange, devenue aujourd’hui une véritable armée, des savants engagés dans la moderne et merveilleuse exploration du microcosme physique.
Que, venant de Nos mains sacerdotales, ce prix soit une chaleureuse invitation, un appel évangélique à tous les responsables: qu’ils ne fassent jamais de la science, ou plutôt de ses multiples applications pratiques, - en particulier de la science nucléaire et de ses formidables emplois possibles -, un péril, un cauchemar, un instrument de destruction pour la vie humaine. Déjà un autre de Nos sages prédécesseurs, Pie XII, dès 1943, et encore en 1948, mettait en garde, devant cette même Académie, contre la terrible et menaçante possibilité que l’énergie atomique pût devenir fatale pour l’humanité. Et récemment encore, le Pape Jean XXIII, d’heureuse mémoire, dans son Encyclique Pacem in terris, désormais célèbre, formait le vœu de la prohibition des armes atomiques.
Nous voulons faire Nôtre leur cri paternel et, avec tous les hommes pleins de bonté et de sagesse qui sont dans le monde, souhaiter que soit conjurée une telle menace au salut et à la paix de l’humanité.
Dans votre pacifique assemblée, grâce à Dieu, vous êtes loin de ces perspectives si ténébreuses. Vous y parlez du « rôle de l’analyse économétrique dans la formulation des plans de développement et l’étude des fluctuations économiques ». C’est là le thème de votre semaine d’études, un thème qui tend à rassembler les résultats modernes d’une branche scientifique nouvelle, l’économétrie, et à les présenter à la politique économique, pour l’aider à formuler ces plans de sécurité mieux assurée et de plus grand développement qui peuvent tant apporter pour le bien-être et la paix des peuples.
Nous ne voulons pas aborder ce thème ni y ajouter de commentaires. Mais Nous sommes heureux que des personnes si éminentes soient venues l’exposer devant cette Académie, et Nous les remercions de cette haute contribution qu’ils apportent ainsi au progrès de la science et à la bonne renommée de cette même Académie. Nous tenons à vous exprimer Nos félicitations pour le choix, la manière de traiter et les buts d’un thème aussi riche pour la recherche scientifique que fécond en applications pratiques. Nous sommes sûr aussi que ces études d’économétrie, intégrées aux autres connaissances des phénomènes humains, y compris dans le domaine économique, seront vraiment de grande utilité au progrès ordonné de la civilisation humaine.
Et, en vous saluant paternellement, Nous implorons sur vos personnes et sur vos travaux la protection de Dieu, en vous donnant à tous Notre Bénédiction Apostolique.
         



DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS
DE L'ASSOCIATION INTERNATIONALE DU TRANSPORT AÉRIEN
Vendredi 11 octobre 1963
    
Chers Messieurs,
Au terme de votre Congrès, qui vient de réunir à Rome les présidents et directeurs généraux de plus de quatre-vingt-dix compagnies aériennes à rayonnement mondial, vous avez exprimé le désir d’être reçus par Nous: démarche qui témoigne chez vous d’un souci spirituel dont Nous sommes particulièrement heureux de vous savoir animés.
Ne pourrait-on craindre, en effet, que l’extraordinaire perfection technique qu’ont atteinte aujourd’hui les transports aériens n’ait quelque peu atténué, chez ceux qui en sont les professionnels, la recherche des biens spirituels ? Vos ingénieurs, vos techniciens, les organisateurs de ces itinéraires aériens qui sillonnent aujourd’hui la planète, ont réalisé une sorte de révolution, dont la réussite étonnante peut et doit être source d’une légitime fierté, certes ; mais il faut souhaiter qu’elle soit pour tous une plateforme, un tremplin, en quelque sorte, pour monter plus haut.
La technique a fait disparaître les distances, elle a rapproché les hommes : mais elle s’arrête au seuil du problème fondamental de l’humanité ; celui de la distance entre l’homme et Dieu, du rapprochement entre la créature et son Créateur, le Roi éternel des siècles.
Nous aimons en cet instant à porter dans Notre pensée et dans Notre prière tous ceux auxquels vous procurez l’avantage de ces voyages aériens, sans oublier les courageux pilotes, qui affrontent ces vols à immense portée, de jour, de nuit, par tous les temps, et aussi ces innombrables employés, techniciens et ouvriers auxquels sont demandés parfois une endurance et une énergie peu communes. À tous vont Notre cordial salut, Nos vœux, car l’Église applaudit volontiers aux prouesses dont ils sont les artisans ou les témoins. Quant à vous, Messieurs, à vos collègues, aux responsables et dirigeants de vos Compagnies, Nous invoquons sur tous les meilleures grâces d’En haut et vous accordons, en témoignage de Notre bienveillance, une large Bénédiction Apostolique.


Beloved sons and daughters,
You have corne to Rome to attend, together with Our Venerable Brothers the Bishops of the State of Ohio, the inauguration of a Technical Industrial School at the Boys’ Town of Rome, which is the fruit of your generosity and self-sacrifice.
By your prayers and offerings, you have ensured the happy completion of this institution, which Will enable boys and Young men to prepare themselves for a brighter and more successful future. You have thus contributed both to the students in their own lives and activities, and also to society which, later on, Will benefit from the training they have received, both technical, moral and religious.
We therefore assure you of Our pleasure and joy on this occasion, and We invoke upon you ail, and your loved ones, a rich recompense of divine graces. As a pledge of that heavenly favor, We bestow upon you all Our special Apostolic Blessing, which We send also to the other members of your group at home, to your families and all those you carry in your hearts, particularly the children, the aged and all those in affliction. God bless you!
   



MESSAGE DU PAPE PAUL VI
À L'OCCASION DE LA SEMAINE MONDIALE DE LA RADIO 
   
Chers fils,
Nous sommes heureux de répondre à l’aimable invitation de Radio-Lausanne, et de Nous adresser à vous à l’occasion de « la semaine mondiale de la radio ».
Notre pensée va tout d’abord vers les fils du noble peuple suisse, dont Nous apprécions depuis tant d’années les vertus d’accueil et d’hospitalité, et Nous aimons évoquer tant de doux souvenirs et de visages amis de cette nation dont la vocation est d’être au cœur de l’Europe comme un trait d’union parmi les peuples. L’harmonie des paysages, la civilité des habitants, et leur ardeur au travail, qui a su utiliser les ressources données par la nature pour faire de ce beau pays un véritable home accueillant et reposant: Nous en gardons le souvenir bien fidèle et toujours reconnaissant.
Et comment ne pas souligner, chers fils, le noble exemple que vous donnez par votre pacifique coexistence entre communautés d’expression différente certes, mais réunies par un commun amour de la liberté et le même idéal démocratique : respect de vos traditions et de vos libres institutions, progrès ordonné dans la satisfaction des justes exigences des citoyens, sentiment de fraternité vis-à-vis des autres peuples, et aide apportée à ceux qui sont sur la voie du développement.
Il Nous est bien agréable de le souligner par l’intermédiaire de Radio-Lausanne, dans le cadre de la semaine mondiale de la radio. Car les techniques audio-visuelles peuvent tant faire pour rapprocher tous les hommes de bonne volonté, en leur permettant de se mieux connaître et mieux s’apprécier.
C’est là Notre vœu : que les moyens modernes de diffusion puissent aider ce progrès vrai d’une meilleure fraternité entre les hommes, dont l’Encyclique Pacem in terris de Notre inoubliable prédécesseur traçait l’exaltant programme. Que chacun de vous s’efforce donc de rendre toujours plus parfait et plus chrétien son milieu de vie. Il contribuera ainsi, dans la vérité, la justice, la charité, et la liberté, à édifier un monde pacifique. C’est à cette intention que Nous invoquons le secours du Tout-Puissant, et que Nous vous donnons, à vous d’abord, chers fils de Suisse, et puis aussi à tous ceux, dans le monde, qui sont à l’écoute de Notre parole, une large Bénédiction Apostolique.
Du Vatican, mardi 8 octobre 1963
              



DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE SOMALIE,
S.E.M. ADEN ABDULLA OSMAN*
Lundi 7 octobre 1963

Monsieur, le Président,
En vous souhaitant respectueusement la bienvenue, au moment où vous Nous procurez la joie de cette rencontre, Notre pensée et Notre affection vont avec une bienveillance particulière à la chère population de la République somalienne, dont vous représentez si dignement les qualités, les anciennes traditions, les nobles aspirations !
Et en vous accueillant en Notre présence, Nous avons la consolation de saluer ouvertement et cordialement vous et votre peuple, pour lesquels Nous faisons des vœux de vraie prospérité et que Nous suivons spécialement par Notre prière, afin que le Tout-Puissant Créateur et Père céleste répande sur vous et sur eux la plénitude de ses dons.
Nous n’avons pas eu l’honneur de visiter la Somalie, mais Notre récent voyage dans le continent africain, terre enchanteresse et majestueuse, a suffi pour Nous faire connaître l’esprit de ses populations courageuses, pour Nous faire apprécier pleinement l’authenticité de leurs qualités humaines bien marquées, l’admirable progrès accompli par elles dans différents secteurs de la vie sociale, le zèle prometteur de leur mouvement ascensionnel vers une coexistence civile plus équitable, dans le respect mutuel, la liberté et la paix.
C’est parce que Nous connaissons directement ces populations africaines et leurs vertus natives que Nous aimons à vous exprimer, à vous, Monsieur le Président, ainsi qu’à tous vos compatriotes, Nos sentiments d’estime, Nos éloges et Nos encouragements.
Que la Somalie, qui s’est toujours fait remarquer dans le concert des nations africaines par l’activité de ses habitants, puisse acquérir en abondance les biens temporels et spirituels. Tel est Notre vœu très fervent, accompagné de la prière pour son développement florissant, heureux, constant, aidé des bénédictions célestes.
Et il est bien naturel que Notre salut affectueux aille également, et en premier lieu, à la zélée et très fidèle communauté catholique de Somalie, aux prêtres et aux religieux qui s’y consacrent au soin des âmes, aux œuvres charitables et culturelles entretenues au nom du Christ et de l’Église. Nous sommes sûr que Nos chers fils veulent être l’honneur de leur pays. Et Nous voulons aussi espérer de grand cœur que l’activité déployée par eux spécialement dans les écoles, les hôpitaux, les nombreux instituts de bienfaisance sera toujours entourée de la bienveillance et du respect des autorités civiles.
La présence des catholiques dans tous les pays veut être un élément constructif de collaboration effective, et de respect loyal envers les Autorités constituées. Elle veut être un élément de progrès sûr dans l’ordre et l’amour. Et Nous vous assurons que, comme toute heureuse nouvelle venant de Nos chers fils Nous remplit de sincère émotion, ainsi considérons-Nous comme dirigées à Notre adresse les attentions que vous leur témoignez.
Tandis que Nous vous renouvelons Nos sentiments paternels pour l’affermissement constant dans le monde de la noble nation somalienne, il Nous plait de vous souhaiter, Monsieur le Président, les consolations que votre cœur désire, et de vous exprimer des vœux chaleureux pour votre très haute charge, afin qu’elle rencontre le succès le plus complet et le plus heureux.


*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.42 p.1.





suivant