DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AU PRÉSIDENT D'INDONÉSIE,
S.E.M. SUKARNO*
Lundi 12 octobre 1964
Nous souhaitons à Votre Excellence une cordiale bienvenue en rappelant avec plaisir vos précédentes visites à Nos illustres prédécesseurs Pie XII et Jean XXIII. Votre visite d’aujourd’hui Nous offre une occasion opportune pour remercier Votre Excellence des marques de bienveillance et de générosité qu’Elle n’a cessé de témoigner à la population catholique d’Indonésie.
En qualité de leur chef spirituel sur terre, Nous pouvons assurer Votre Excellence que les catholiques indonésiens apprécient hautement vos favorables dispositions à leur égard, qu’ils s’efforceront d’être toujours parmi les meilleurs citoyens, loyaux envers leur patrie, obéissants à ses lois et zélés dans leur contribution à son légitime progrès dans tous les domaines.
Nous vous souhaitons, Excellence, l’assistance de Dieu dans l’accomplissement de votre noble tâche et de vos délicats devoirs. Nous prions Dieu d’accorder prospérité et bonheur à la chère nation d’Indonésie, dans la paix et l’amour avec les nations voisines et les autres peuples du monde. Nous saluons les membres distingués de la suite de Votre Excellence et invoquons sur eux les grâces de choix et les faveurs d’En Haut.
En exprimant Notre gratitude à Votre Excellence pour cette visite, Nous nourrissons l’espoir qu’elle contribuera à rendre toujours plus cordiales les relations entre le Saint-Siège et la République d’Indonésie, et favorisera l’acquisition du grand bien que tous les hommes désirent, la Paix sur terre.
*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française, n.43 p.1.
DISCOURS DU PAPE PAUL VI
À LA JEUNESSE FÉMININE CATHOLIQUE
Samedi 10 octobre 1964
Chers fils et filles du Mouvement international de la jeunesse agricole et rurale catholique,
Nous sommes très heureux de vous accueillir ce matin dans cette demeure, qui est celle du Père commun. Et, en vos personnes, c’est la jeunesse agricole et rurale catholique de tous les continents que Nous saluons.
Nous avons suivi avec intérêt les travaux de votre assemblée générale de Yaoundé, et Nous vous encourageons à poursuivre votre apostolat dans le monde entier. Déjà soixante-cinq mouvements nationaux adhèrent au M.I.J.A.R.C. C’est là une réalité riche de promesses.
A l’heure du Concile œcuménique du Vatican, vous avez une tâche irremplaçable dans l’Eglise: faire découvrir à tous les jeunes ruraux les richesses du message du Christ, et les aider à vivre dans leur milieu les exigences de l’Evangile. C’est toute la vie personnelle, familiale, sociale et professionnelle du jeune rural qui est transformée par sa foi au Christ. En formant ainsi dans le monde rural de jeunes chrétiens authentiques, le M.I.J.A.R.C. agit comme un ferment dans ce milieu de vie, pour le rendre plus perméable à l’Evangile, ce message de salut qui ne connaît ni races ni frontières.
C’est la noble mission que vous confie l’Eglise: sachez la remplir avec l’enthousiasme de votre jeunesse, votre ténacité de ruraux, et toute l’ardeur de votre foi. Un monde nouveau se forme à travers les progrès de la technique, qui bouleversent le visage traditionnel des milieux ruraux. Ce monde a besoin de vous: à vous de l’animer par l’esprit de l’Evangile, pour le rendre plus humain, plus fraternel, et plus chrétien.
Tel est Notre souhait très ardent. En priant Dieu qu’Il vous aide à le réaliser par votre généreux apostolat de jeunes ruraux catholiques, Nous appelons de grand coeur sur vous et sur tous les militants que vous représentez - sans oublier vos chers aumôniers - l’abondance des divines grâces, en gage desquelles Nous vous accordons Notre paternelle Bénédiction Apostolique.
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Chères Filles de l’Union Mondiale des Organisations Féminines Catholiques.
Vous avez tenu à Nous rendre visite au cours de la seconde rencontre que votre groupe de recherche a organisée ces jours-ci à Rome: Nous sommes heureux de vous accueillir dans Notre demeure et de vous souhaiter de tout cœur la bienvenue.
Vous savez avec quel vif intérêt Nous avons toujours suivi les nombreuses activités que les organisations féminines catholiques déploient dans divers domaines et dans le monde entier, pour faire mieux connaître et aimer Notre-Seigneur et son Eglise, pour aider les femmes d’aujourd’hui à trouver Celui qui est notre seul et unique Sauveur.
Cet intérêt, vous le savez, Nous avons voulu le concrétiser en nommant parmi les auditrices laïques du Concile votre dévouée et zélée Présidente générale qu’il Nous plaît de saluer plus particulièrement ici.
Vous vous êtes réunies cette année pour étudier ensemble «le rôle apostolique du laïcat dans les communautés chrétiennes». Nous vous félicitons du choix de ce sujet de réflexion: il est tout à fait dans la ligne des grandes préoccupations de l’Eglise; les discussions des Pères conciliaires qui portent précisément en ce moment sur le schéma de l’apostolat des laïcs en sont la preuve!
Ces trois journées d’études et de prières, où alternent harmonieusement conférences et échanges de vue, vous avez voulu les consacrer plus spécialement à la communauté chrétienne locale ou paroissiale, à sa situation par rapport à l’Eglise universelle, à sa fonction apostolique dans le monde d’aujourd’hui. Ensemble vous voulez chercher les voies et les moyens les plus aptes et efficaces pour promouvoir et vitaliser le rayonnement .apostolique de chaque paroisse.
Vous venez de divers pays et vos expériences, dans le domaine de l’apostolat, sont variées. Votre intention a été de les mettre en commun, d’en tirer profit et de partager les richesses ainsi découvertes avec d’autres, peut-être moins privilégiés que vous, mais animés du même désir ardent.
Nous ne pouvons que vous encourager dans vos efforts et vous redire Notre satisfaction de vous voir toujours mieux correspondre au désir des Pasteurs en les aidant à porter la responsabilité de l’Apostolat.
Aussi est-ce de grand cœur que Nous invoquons sur vos personnes, les organisations que vous représentez, et sur l’effort apostolique de votre Union Mondiale une large profusion de grâces, en gage desquelles Nous vous accordons une très paternelle Bénédiction Apostolique.
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Chères Etudiantes japonaises, soyez les bienvenues!
Vous Nous arrivez du Pays du Soleil Levant, et vous êtes, Nous dit-on, les élèves d’une école supérieure de Tokyo, tenue par les Sœurs de l’Instruction charitable du Saint Enfant Jésus, plus connues sous le nom de «Dames de Saint Maur».
Notre première pensée, vous n’en serez pas étonnées,. sera pour ces vaillantes éducatrices, qui peuvent à bon droit voir dans ce pèlerinage à Rome d’un groupe important de leurs élèves, la récompense de leurs fatigues apostoliques.
Il y aura bientôt un siècle, en effet - c’était en 1872 - que les «Dames de Saint Maur» s’installaient au Japon - dont aucune religieuse n’avait encore foulé le sol - et y fondaient, au prix d’énormes difficultés, des établissements d’enseignement, qui n’ont cessé, depuis lors, d’être appréciés et de prospérer.
Vous êtes, chères filles, la démonstration vivante de la vitalité de l’œuvre éducative des Dames de Saint Maur au Japon, et Nous sommes sûr que l’un des sentiments qui font vibrer vos cœurs en ce moment, c’est la reconnaissance envers la bonne Providence qui les a envoyées vers vous, en leur inspirant de se dévouer aux âmes des enfants de votre peuple. Vous pouvez, certes, vous estimer heureuses d’avoir été, après tant d’autres, les bénéficiaires de leur dévouement.
Et voici qu’aujourd’hui se présente un nouveau motif, très particulier, de remercier Dieu, puisqu’il a bien voulu conduire vos pas jusqu’à Rome, cette ville sainte où est vivante la mémoire de l’héroïsme des premiers martyrs, où tant de monuments rappellent les grandes heures de l’histoire de l’Eglise et de la Papauté, et où vous pouvez admirer les trésors d’art et de culture, dont cette ville incomparable est la dépositaire.
Vous serez, sans nul doute, frappées par la différence entre les formes d’expression de la civilisation qui vous est familière et celles dans lesquelles se présente à vos yeux l’occident chrétien. Mais vous saurez en reconnaître aussi le caractère complémentaire et en tirer un motif de plus pour admirer la Providence, qui répartit ses dons avec tant de richesse et de variété à travers les âges, les peuples et les continents. Et vous saurez voir comment la religion chrétienne ne désire qu’assumer et sanctifier ce qu’il y a de noble et d’élevé dans toutes les expressions de la culture aux différents points du temps et de l’espace, et rassembler toute cette diversité pour en faire hommage au Créateur.
Puisse, chères Filles, ce séjour à Rome être riche pour vous de saintes émotions et de précieuses expériences spirituelles: c’est Notre voeu le plus cher, et tandis que Nous recommandons à Dieu vos personnes, vos études et vos dévouées éducatrices, Nous vous accordons à toutes de grand coeur Notre Bénédiction Apostolique.
DISCOURS DU PAPE PAUL VI
À L'ACADÉMIE PONTIFICALE DES SCIENCES
Samedi 3 octobre 1964
Chers Messieurs,
Au moment où s’achève la semaine d’étude organisée par l’Académie Pontificale des Sciences sur le thème Cerveau et Conscience, Nous avons tenu à venir personnellement vous porter Notre salut, Nos remerciements, l’expression renouvelée de l’intérêt avec lequel Nous suivons le déroulement et le progrès de vos activités scientifiques.
1. Nous saluons d’abord avec plaisir le Président et les membres ici présents de l’Académie; et Nous souhaitons aussi la plus cordiale bienvenue aux savants de différentes nations qui ont accepté de participer à cette session. Leur seule présence en ce lieu appelle déjà de Notre part une vive reconnaissance: reconnaissance encore accrue lorsque Nous considérons les doctes communications par lesquelles ils ont bien voulu apporter leur contribution à cette savante réunion. Par le nombre et la valeur de ces exposés, ils apportent à l’Académie Pontificale des Sciences une animation dont le bienfait rejaillit non seulement sur le Saint-Siège, mais - Nous osons humblement l’affirmer, car c’est Notre conviction - sur le monde scientifique lui-même.
Nous avons eu sous les yeux la série des études déjà publiées dans la collection officielle des «Commentarii» de l’Académie Pontificale des Sciences, ainsi que les trois volumes des «Miscellanea Galileiana» dont on Nous a fait hommage en votre nom. Ces multiples marques de la vitalité de votre Académie Nous réjouissent profondément. Le mérite vous en revient: aussi est-ce de grand cœur que Nous vous en félicitons et vous en remercions.
2. Notre intention, vous vous en doutez, n’est pas de commenter devant vous le thème que vous venez de traiter ces jours-ci avec tant de compétence et de rigueur scientifique. Qu’il Nous soit permis simplement d’en souligner d’un mot l’importance, et d’en relever la parenté - si l’on peut oser ce terme - avec les domaines où s’exerce l’essentiel de Notre propre activité, Nous voulons dire celui des sciences morales et religieuses.
«Cerveau et Conscience»: il suffit de voir associés ces deux mots pour comprendre que vous touchez là à ce qui est le plus spécifiquement humain dans l’homme, à ce qui approche de plus près les mécanismes de sa psychologie, les problèmes de son âme. Certes, en parlant de «conscience», vous n’entendez pas désigner la conscience morale: la rigueur même de vos méthodes vous impose de ne pas sortir du domaine strictement scientifique qui est le vôtre. Ce que vous envisagez exclusivement, c’est la faculté de percevoir et de réagir à la perception, autant dire le concept psychophysiologique qui constitue l’une des acceptions du mot conscience.
Mais qui ne voit l’étroite connexion entre les mécanismes cérébraux, tels qu’ils résultent des données de l’expérimentation, et les processus supérieurs qui intéressent l’activité proprement spirituelle de l’âme?
3. Vos travaux sont donc précieux à Nos yeux, vous le voyez, en raison du domaine dans lequel ils s’exercent, en raison de leurs si proches affinités avec ce qui intéresse souverainement un pouvoir spirituel comme le Nôtre: le domaine des activités morales et religieuses de l’homme.
Mais, élargissant le champ de Notre horizon, Nous voudrions profiter de l’occasion qui Nous est donnée pour réaffirmer devant vous l’attitude d’estime et de confiance de l’Eglise en présence de la pensée scientifique en général.
L’Eglise ne craint pas le progrès des sciences. Elle entre volontiers en dialogue avec le monde créé et applaudit aux merveilleuses découvertes qu’y font les hommes de science. Tout vrai savant est pour elle un ami, et aucune branche du savoir ne lui est étrangère. La variété même des sujets traités au cours des semaines d’études de l’Académie Pontificale des Sciences n’est-elle pas à elle seule une preuve de cet «œcuménisme» culturel de l’Eglise, de son ouverture à tout véritable et réel progrès dans le domaine des sciences, de toutes les sciences?
L’Eglise est attentive à ce progrès. Elle est attentive aussi aux expressions spirituelles qui accompagnent l’effort scientifique. Ces expressions ont varié selon les temps et les lieux, et leur évolution est pour l’Eglise un objet de grand intérêt.
Le monde scientifique, qui avait volontiers adopté, dans le passé, une attitude d’autonomie et de sûreté de soi-même, d’où découlait un réflexe de défiance - sinon de mépris - pour les valeurs spirituelles et religieuses, est saisi aujourd’hui, au contraire, par la conscience de la complexité des problèmes du monde et de l’homme, et ressent une sorte d’insécurité et d’effroi devant l’évolution possible d’une science laissée sans contrôle à son propre dynamisme. Ainsi, la belle assurance des premiers temps a fait place chez beaucoup à une salutaire inquiétude, par laquelle l’âme du savant d’aujourd’hui s’ouvre plus facilement aux valeurs religieuses, et entrevoit, par delà les prodigieuses acquisitions de la science dans le domaine de la matière, les mystères du monde spirituel et les lueurs de la transcendance divine.
Comment l’Eglise ne se réjouirait-elle pas de cette heureuse évolution? Elle est proche de vous dans vos travaux, chers Messieurs, n’en doutez pas, et toujours prête à vous offrir les lumières dont elle est dépositaire, lorsque vos savantes recherches vous amènent au seuil des graves questions qui transcendent le domaine scientifique et de tout temps se sont posées à la conscience humaine: celles de l’origine et du destin de l’homme et du monde.
Acceptez de Nous, chers Messieurs, ces quelques trop brèves considérations, qui ne veulent être autre chose qu’une cordiale attestation de Notre estime pour vos personnes et vos travaux, et de l’intérêt profond avec lequel l’Eglise suit l’évolution du progrès scientifique dans le monde moderne. Nous formons les meilleurs vœux pour le plein succès de la présente session et invoquons sur vous et sur l’heureuse continuation de vos savantes activités, les plus abondantes faveurs divines.
DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX OBSERVATEURS DÉLÉGUÉS
AU IIème CONCILE ŒCUMÉNIQUE DU VATICAN
Mardi 29 Septembre 1964
Chers Messieurs et vénérés Frères,
1. Cette nouvelle rencontre de votre groupe avec l’Evêque de Rome et Successeur de l’Apôtre Pierre, à l’occasion de l’actuelle session du deuxième Concile Œcuménique du Vatican, constitue un nouveau motif de joie spirituelle qui, Nous voulons le croire, est réciproque.
Nous sommes heureux et honoré de votre présence et les paroles qui viennent d’être prononcées Nous assurent que vos sentiments sont identiques aux Nôtres. Nous éprouvons le besoin de vous exprimer Notre reconnaissance pour l’accueil que vous avez réservé à Notre invitation et pour votre assistance, si digne et édifiante, aux congrégations du Concile. Que cette satisfaction mutuelle résultant de nos rencontres répétées, loin d’avoir faibli ou déçu, soit devenue, au contraire, plus vive et plus confiante: c’est déjà, Nous semble-t-il, un excellent résultat. C’est un fait historique dont la portée est positive au regard du but ultime que nous poursuivons ensemble: la vraie et parfaite unité en Jésus-Christ. Un abîme de défiance et de scepticisme a été en grande partie franchi: votre présence ici est le signe et le moyen d’un rapprochement spirituel que nous ne connaissions pas auparavant. Une nouvelle méthode s’est imposée; une amitié est née; une espérance s’est allumée; un mouvement s’est mis en branle. Que le Seigneur soit loué, Lui qui - Nous le croyons - Nous a fait le don de son Esprit Saint (cfr. 1 Thess. 4, 8).
2. Nous voici donc de nouveau, de part et d’autre, à la recherche de la définition de nos positions respectives. La Nôtre vous est déjà connue.
a) Vous aurez remarqué que le Concile n’a eu que des paroles de respect et de joie pour votre présence et pour les communautés chrétiennes que vous représentez. Bien plus,. ce furent à votre égard des paroles d’honneur, de charité et d’espérance. Ce n’est pas un mince progrès, si nous pensons aux polémiques du passé et si nous remarquons que ce changement de notre comportement est sincère, cordial, bon et profond.
b) En outre, vous pouvez observer combien l’Eglise catholique est disposée à un dialogue honorable et serein. Elle n’est pas pressée, elle a seulement le désir de commencer ce dialogue, laissant à la bonté divine le soin de le conclure de la manière et au moment qu’il lui plaira. Nous avons encore présente à l’esprit la proposition que vous Nous avez faite l’an dernier, en pareille circonstance, de fonder un institut d’études sur l’histoire du salut, que Nous pourrions mener à bien par une collaboration commune. Nous espérons réaliser cette initiative en souvenir de Notre pèlerinage en Terre Sainte au mois de janvier, et Nous sommes en train d’examiner si la chose est possible.
c) Ceci vous montre, Messieurs et chers Frères, que l’Eglise Catholique est disposée à considérer attentivement, - alors même qu’elle ne peut s’éloigner de certaines exigences doctrinales auxquelles elle a le devoir dans le Christ de rester fidèle - comment supprimer les difficultés, dissiper les incompréhensions, respecter les trésors authentiques de vérité et de spiritualité que vous possédez, élargir et adapter certaines formes canoniques en vue de faciliter la recomposition dans l’unité des grandes et désormais séculaires communautés chrétiennes jusqu’ici séparées de nous, C’est la charité, non l’égoïsme qui nous presse: «Car l’amour du Christ nous presse» (2 Cor. 5, 14).
d) Dans cet ordre de pensées Nous sommes heureux de pouvoir exprimer Notre reconnaissance à ceux qui ont invité, en diverses occasions, Notre Secrétariat pour l’unité à déléguer des observateurs à des conférences ou des réunions de vos Eglises ou de vos organisations. Nous continuerons volontiers à le faire, afin que les institutions et des personnes catholiques qualifiées puissent, de leur côté, acquérir sur vous une connaissance qui soit conforme à la vérité et à la charité, prémisse d’une union plus profonde dans le Seigneur.
3. Quant à vous, Messieurs. et chers Frères, Nous vous prions de bien vouloir continuer à exercer vos fonctions d’observateurs sincères et aimables. Veuillez ne pas vous contenter d’une simple présence passive, mais ayez à coeur de comprendre, de prier avec Nous, et de communiquer ensuite à vos communautés respectives les informations les meilleures et les plus exactes de ce Concile, de manière à favoriser ainsi un rapprochement progressif des esprits dans le Christ Notre Seigneur.
A ce propos, Nous vous prions dès maintenant de bien vouloir porter à vos communautés et à vos institutions Notre merci, Notre salut, Notre souhait de tout bien excellent dans le Seigneur.
Tout cela, vous le voyez, n’est qu’un début. Pour qu’il soit juste dans son inspiration et devienne, un jour, porteur de fruits, Nous vous invitons à clore notre rencontre en récitant ensemble la prière que Jésus nous a enseignée: le Notre Père.
DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX MEMBRES DU MOUVEMENT INTERNATIONAL D'APOSTOLAT DES MILIEUX SOCIAUX INDÉPENDANTS
Dimanche 20 septembre 1964
Chers fils et chères filles du mouvement international d’apostolat des milieux sociaux indépendants,
Le récit évangélique que nous venons de lire - tel que Saint Matthieu le rapporte dans son chapitre neuf - nous remet en face du Seigneur, maître de la vie; en face du Christ qui a pouvoir sur les corps et sur les âmes, et dont la mystérieuse puissance sur la maladie oriente les esprits vers sa personne de Fils de Dieu. C’est lui à qui tout pouvoir a été donné au ciel et sur la terre, et qui a donné mandat à ses apôtres, en leur disant: «Allez, et de toutes les nations faites des disciples» (Matth. 28, 19).
C’est parce que les apôtres ont été fidèles à ce divin mandat que vous êtes aujourd’hui rassemblés du monde entier, venus de vingt-six nations à Rome pour mettre en commun vos efforts apostoliques. Les disciples de Jésus ont transmis son message qui, de génération en génération, nous est parvenu à travers une chaîne de témoins, dans laquelle. Nous prenons place à Notre tour à la suite de Pierre, à qui le Seigneur a confié le charisme de la foi sans défaillance.
Un vrai chrétien ne peut garder pour lui ce trésor de la foi qu’il a reçu. Vous l’avez compris: tout baptisé est par vocation un apôtre dont la vie même témoigne de la grâce qui est la sienne. Si les évêques sont avec le successeur de Pierre solidairement responsables de l’apostolat dont ils partagent la charge avec les prêtres, leurs collaborateurs, il est clair que tous les membres de la communauté chrétienne, désireux d’être fidèles aux grâces de leur saint baptême, ont à cœur de porter autour d’eux le témoignage de leur foi.
C’est ce que vous faites généreusement. Mettre 1’Evangile dans toute votre vie, et par l’exemple d’une vie évangélique, conduire les hommes à l’Evangile, tel est votre apostolat. Au sein de votre milieu, vous êtes un ferment. Ce milieu, vous le voyez et vous le jugez à la lumière de la sainte Ecriture méditée. Et cette méditation de la parole de Dieu vous pousse tout naturellement à l’apostolat.
Cet apostolat - et c’est ce qui fait la force de votre mouvement - n’est pas solitaire. La mise en commun, l’échange, comme vous l’appelez, dans la révision de vie comme dans la lecture de l’Evangile, en présence de ce témoin autorisé qu’est le prêtre, vous apportent une aide mutuelle précieuse pour l’approfondissement de votre foi et lui donnent une force communicative, que vous rayonnez dans vos milieux de vie.
Bien que divers, ces milieux indépendants auxquels vous appartenez sont cependant marqués par des traits communs qui tiennent sans nul doute à l’éducation reçue, à la culture partagée, à l’exercice des responsabilités, et à une certaine sécurité de vie liée à la possession de biens matériels. Ces constantes que l’on retrouve avec des nuances sous tous les climats sont la source d’une mentalité commune, qui n’est pas toujours accueillante aux valeurs évangéliques. C’est cette mentalité que vous vous efforcez de transformer, pour que les personnes qui en sont plus ou moins consciemment imprégnées s’ouvrent plus facilement au message du Christ, accèdent à ses richesses, et vivent selon son idéal.
Comment ne Nous réjouirions-Nous pas de vous voir réunis autour de Mademoiselle Marie-Louise Monnet, la si zélée inspiratrice de l’Action Catholique indépendante française, qui peut désormais consacrer toutes ses forces au mouvement international d'apostolat des milieux sociaux indépendants. Nous avions plaisir à saluer les prémisses de ce mouvement le cinq mai dernier. Notre joie est profonde de voir aujourd’hui associés dans une commune prière et un fraternel dialogue apostolique des représentants de vingt-six pays d’Europe, d’Afrique et de Madagascar, d’Amérique et du Proche-Orient.
Pour cette première assemblée générale, vous avez voulu vous rassembler à Rome en ce début de la nouvelle session conciliaire, Soyez félicités d’avoir eu le souci de participer ainsi de plus près à ce grand événement de la vie de l’Eglise, pour vous imprégner de son esprit, afin de pouvoir ensuite le répandre dans le monde. Car c’est par le commun effort de tous les baptisés que le Concile portera ses fruits. C’est pourquoi Nous avons tenu à ce que le laïcat soit représenté au Concile, en choisissant des hommes et des femmes tout donnés à l’apostolat. Et Nous pouvons vous dire, dès aujourd’hui, en confidence, que votre Présidente figure sur la liste des personnes que Nous avons l’intention d’appeler au Concile en qualité d’auditrices. Que ce soit pour vous un encouragement à poursuivre avec une ardeur renouvelée votre apostolat d’Eglise dans vos milieux de vie.
Sachez, chers fils et chères filles, que Notre pensée et Notre prière vous accompagnent dans l’accomplissement des tâches qui sont les vôtres, pour que vous y soyez toujours de bons témoins de l’Evangile, et que vous en viviez d’une manière communicative les exigences dans vos divers pays, ainsi que dans les institutions internationales auxquelles certains d’entre vous appartiennent.
Avec l’apôtre Paul, dont nous relisions à l’instant même l’admirable lettre aux Corinthiens, «nous rendons grâces à Dieu de ces dons qu’Il vous a faits dans le Christ Jésus. Comblés en Lui de toutes les richesses», puissiez-vous largement les communiquer autour de vous, par votre foi, par votre vie, par votre exemple, pour conduire les hommes et le femmes de vos milieux à Jésus. Lui seul peut les libérer de la paralysie du péché et les faire accéder à son amour qui rachète et qui sauve.
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Dobbiamo un saluto particolare ai Partecipanti al III Convegno Nazionale della Federazione Italiana dei Cineforum, la quale per la prima volta si raduna a Roma e s’incontra con Noi.
Voi meritereste, illustri Signori e carissimi Figli, qualche commento al vostro programma; e solo la mancanza di tempo (voi vedete come siamo assediati da visite e da occupazioni!) Ci impedisce di entrare nel vivo dei vostri pensieri e delle vostre attività. Solo vi diremo che apprezziamo nel suo alto e specifico valore la vostra funzione: essa promuove l’atto riflesso del pensiero sopra l’atto diretto dell’impressione e della emozione sensibile, prodotte dallo spettacolo cinematografico; innalza perciò il cinematografo ad un autentico fatto culturale; promuove la ricerca degli aspetti, anzi dei valori tematici, estetici, pedagogici, sociali, morali e finalmente religiosi della rappresentazione cinematografica; la osserva, la studia, la critica, la classifica, al confronto del metro superiore, ch’è la vita dell’uomo, nella sua integrità e nella sua finalità.
Difende perciò lo spettacolo cinematografico dalle sue possibili, e - ahimè! - tanto frequenti degradazioni per incoraggiarlo all’espressione della tematica umana nelle sue componenti positive; e difende lo spettatore dalla suggestione psicosensibile della visione cinematografica per confortare in lui il godimento sano, il discernimento realistico, il criterio artistico, il giudizio morale. È perciò la vostra attività una eccellente integrazione spirituale del grande fenomeno cinematografico; e non possiamo non ammirarne gli scopi, incoraggiarne la promozione; sempre esortando voi, e quanti si occupano di cinematografo a tener vivo ed alto un fiero ed amoroso senso di responsabilità ed una imperiosa esigenza di verità umana, come solo dalla scuola di Cristo, il Maestro dell’umanità, si può, e con tanto profitto e gaudio interiore, derivare.
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Abbiamo presente un gruppo cospicuo, circa mille persone, degne della Nostra più cordiale e rispettosa accoglienza, e degne che quanti partecipano a questa udienza tributino loro un pensiero riverente ed affettuoso: sono i Partecipanti alle celebrazioni indette dall’Associazione nazionale italiana delle Famiglie dei Caduti e dei Dispersi in guerra.
O diletti Figli e Figlie! siate bene accolti da Noi, che tanto comprendiamo i vostri dolori, i vostri ricordi, la vostra generosità, e siate tutti confortati dalla fede, che qua vi conduce, e che di qui vi discorre della misteriosa Bontà divina, paterna e sapiente anche quando permette che la sofferenza, così grande e così tragica nelle vostre vicende, provi e opprima la vita; che si palesa nella sua angosciosa infermità, ma insieme si innalza nella maestosa grandezza, quando fa del dolore un sacrificio, e il sacrificio collega con quello redentore della Croce! E siate voi, immagini piangenti e pie della storia nostra, a dire alla nostra società, alle generazioni nuove specialmente, così facili a dimenticare, che sofferenze come le vostre non devono più ripetersi, e che perciò bisogna fondare la convivenza umana non sul contrasto degli interessi e delle ambizioni, ma sulla giustizia e sull’amore, affinché la Pace regni nel mondo.
Come Cristo c’insegna!