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MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS À LA XIVe ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE
 
Chers amis de l’Action catholique italienne!
Vous êtes réunis à l’occasion de votre assemblée générale sur le thème: Vivre la foi, aimer la vie. L’engagement éducatif de l’Action catholique, pour réaffirmer votre amour au Christ et à l’Eglise et renouveler le chemin de votre association, avec l’engagement d’assumer pleinement vos responsabilités de laïcs au service de l’Evangile. Vous êtes des enfants, des jeunes et des adultes, qui se mettent à disposition du Seigneur dans l’Eglise, à travers un engagement solennel, public, en communion avec les pasteurs, pour apporter un témoignage utile dans chaque domaine de la vie. Votre présence est diffuse dans les paroisses, dans les familles, dans les quartiers, dans les milieux sociaux: une présence que vous vivez au quotidien et en aspirant à la sainteté. Vos enfants, plus petits et plus grands, vos adolescents et vos jeunes, veulent être vifs et heureux, généreux et courageux, comme le bienheureux Pier Giorgio Frassati. Vous êtes animés par l’élan de vous consacrer à l’édification de la ville de tous et par le courage de servir les institutions, comme Vittorio Bachelet, comme le bienheureux Alberto Marvelli, comme Giuseppe Toniolo, qui sera bientôt proclamé bienheureux. Dans votre projet de formation humaine et chrétienne, vous voulez être des amis fidèles du Christ, comme les bienheureuses Pierina Morosini et Antonia Mesina, comme la vénérable Armida Barelli. Vous voulez raviver nos communautés avec des enfants fascinés par la pureté de leur cœur, comme Antonietta Meo, capables d’attirer également leurs parents à Jésus. Lorsque j’accueille vos jeunes à l’occasion de Noël ou du mois de la paix, je suis toujours en admiration devant l’authenticité avec laquelle ils communiquent la joie du Seigneur.
J’ai rencontré l’an dernier au mois d’octobre vos adolescents et vos jeunes, engagés et joyeux, aimant la véritable liberté qui les guide vers une vie généreuse, vers un apostolat direct. Ils ont devant eux l’exemple d’hommes et de femmes heureux de leur foi, qui veulent accompagner les nouvelles générations avec amour, avec sagesse et par la prière, qui veulent construire avec patience des tissus de vie communautaire et affronter les problèmes les plus brûlants de la vie quotidienne de la famille: la défense de la vie, la souffrance des séparations et de l’abandon, la solidarité dans les difficultés, l’accueil des pauvres et des apatrides. Vous êtes suivis par des prêtres assistants qui savent bien ce que signifie éduquer à la sainteté. Dans vos diocèses, vous êtes appelés à collaborer avec vos évêques, de façon constante, fidèle et directe, à la vie et à la mission de l’Eglise. Tout cela ne naît pas spontanément, mais à travers une réponse généreuse à l’appel de Dieu à vivre avec une pleine responsabilité le baptême, la dignité d’être chrétiens. C’est pourquoi vous vous organisez en associations, ayant des idéaux et des qualités précises comme les indique le Concile œcuménique Vatican II : une association qui a l’objectif apostolique de l’Eglise, qui collabore avec la hiérarchie, qui se manifeste comme corps organisé et qui reçoit de l’Eglise un mandat explicite (cf. Décret Apostolicam actuositatem, n. 20). Sur la base de ce que vous êtes, je voudrais, chers amis, sur les traces de mes vénérables prédécesseurs, vous confier certaines indications d’engagement.
1. La perspective éducative
Dans le sillage tracé par les évêques pour les Eglises qui sont en Italie, vous êtes appelés en particulier à valoriser votre vocation éducative. L’Action catholique est une force éducative qualifiée, soutenue par de bons instruments, par une tradition plus que centenaire. Vous savez éduquer les enfants et les jeunes à travers l’Action catholique des jeunes (acr), vous savez réaliser des parcours éducatifs avec les adolescents et les jeunes, vous êtes en mesure de proposer une formation permanente pour les adultes. Votre action sera plus incisive si, comme vous le faites déjà, vous travaillez encore plus entre vous dans une optique profondément unitaire et si vous favorisez des collaborations avec les autres forces éducatives, tant ecclésiales que civiles. Pour éduquer, il faut aller au-delà de l’occasion, du moment immédiat, et construire avec la collaboration de tous un projet de vie chrétienne, fondé sur l’Evangile et sur le magistère de l’Eglise, en plaçant au centre une vision intégrale de la personne. Votre projet de formation est valable pour de nombreux chrétiens et hommes de bonne volonté, surtout s’ils peuvent voir en vous des modèles de vie chrétienne, d’engagement généreux et joyeux, d’intériorité profonde et de communion ecclésiale.
2. La proposition de la sainteté
Que vos associations soient des lieux de sainteté, dans lesquels on puisse se former à un engagement total à la cause du Royaume de Dieu, à une organisation de vie profondément évangélique qui vous caractérise en tant que laïcs croyants dans les lieux de vie quotidiens. Cela exige une intense prière tant communautaire que personnelle, une écoute constante de la Parole de Dieu, une vie sacramentelle assidue. Il faut faire en sorte que le terme de «sainteté» devienne une parole commune, qui n’ait pas un caractère exceptionnel, qui ne désigne pas seulement des états héroïques de vie chrétienne, mais qui indique dans la réalité de tous les jours une réponse résolue et une disponibilité à l’action de l’Esprit Saint.
3. La formation à l’engagement culturel et politique
La sainteté signifie pour vous également se prodiguer au service du bien commun selon les principes chrétiens, en offrant dans la vie de la ville des présences qualifiées, gratuite, rigoureuses dans les comportements, fidèles au magistère ecclésial et visant au bien de tous. La formation à l’engagement culturel et politique représente donc pour vous un devoir important, qui exige une pen-sée formée par l’Evangile, capable d’exposer des idées et des propositions valables pour les laïcs. Il s’agit d’un engagement qui se réalise avant tout à partir de la vie quotidienne, de mères et de pères aux prises avec les nouveaux défis de l’éducation des enfants, de travailleurs et d’étudiants, de centres culturels visant au service de la croissance de tous. L’Italie a traversé des périodes historiques difficiles; et elle en est sortie renforcée, également grâce au dé- vouement inconditionnel de laïcs catholiques, engagés dans la politique et dans les institutions. Aujourd’hui, la vie publique du pays exige une réponse généreuse supplémentaire de la part des croyants, afin qu’ils mettent à disposition de tous leurs capacités et leurs forces spirituelles, intellectuelles et morales.
4. Un vaste engagement dans le grand bouleversement du monde et de la Méditerranée
Je vous demande, enfin, d’être généreux, accueillants, solidaires et surtout, de communiquer la beauté de la foi. De nombreux hommes, femmes et jeunes entrent en contact avec notre monde, qu’ils connaissent de façon superficielle, éblouis par des images illusoires, et ils ne doivent pas perdre l’espérance, ni leur dignité. Ils ont besoin de pain, de travail, de liberté, de justice, de paix, de voir reconnus leur droits inviolables de fils de Dieu. Ils ont besoin de foi, et nous pouvons les aider, dans le respect de leurs convictions religieuses, dans un échange libre et serein, en offrant avec simplicité, franchise et zèle notre foi en Jésus Christ. Dans la construction de l’histoire de l’Italie, l’Action catholique — comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire au président de la République à l’occasion du 150e anniversaire de l’Unité de l’Italie — a joué un rôle important, en s’efforçant de maintenir ensemble amour de la patrie et foi en Dieu. Enracinée dans tout le territoire national, celle-ci peut contribuer, aujourd’hui aussi, à créer une culture populaire, répandue, positive, et former des personnes responsables capables de se placer au service du pays, précisément comme à l’époque où la Charte constitutionnelle fut rédigée, et le pays fut reconstruit après la seconde Guerre mondiale. L’Action catholique peut aider l’Italie à répondre à sa vocation particulière, située en Méditerranée, carrefour de cultures, d’aspirations, de tensions qui exigent une grande force de communion, de solidarité et de générosité. L’Italie a toujours offert aux peuples proches et lointains la richesse de sa culture et de sa foi, de son art et de sa pen-sée. Aujourd’hui, vous laïcs chrétiens, êtes appelés à offrir avec conviction la beauté de votre culture et les raisons de votre foi, ainsi que la solidarité fraternelle, afin que l’Europe soit à la hauteur du défi historique présent.
En adressant à l’assemblée tout entière mes vœux les plus cordiaux, je salue le président, M. Franco Miano, l’assistant général, Mgr Domenico Sigalini, et tous les délégués, et j’envoie à chacun et à la grande famille de l’Action catholique italienne, une Bénédiction apostolique particulière.
Du Vatican, le 6 mai 2011
BENEDICTUS PP. XVI
  



MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI
À L'OCCASION DE L'ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE
DE LA COMMISSION PONTIFICALE BIBLIQUE
 
A mon vénéré frère le cardinal William J. Levada
Président de la Commission pontificale biblique
Je suis heureux de vous envoyer, ainsi qu’au secrétaire et à tous les membres de la Commission pontificale biblique, mon salut cordial à l’occasion de l’Assemblée plénière annuelle. Cette commission s’est rassemblée pour la troisième fois, pour traiter le thème qui lui a été confié: «Inspiration et Vérité de la Bible».
Cette thématique constitue l’un des points principaux de mon exhortation apostolique post-synodale Verbum Domini, qui en traite dans la partie initiale (cf. n. 19). «Un concept clé — ai-je écrit dans ce document — pour accueillir le texte sacré, en tant que Parole de Dieu faite paroles humaines, est indubitablement celui de l’inspiration» (ibid.). C’est précisément l’inspiration comme activité de Dieu qui fait en sorte que dans les paroles humaines s’exprime la Parole de Dieu. En conséquence, le thème de l’inspiration est «décisif pour s’approcher de façon juste des Ecritures et pour en faire une exégèse correcte» (ibid.). En effet, une interprétation des Saintes Ecritures qui néglige ou oublie leur inspiration ne tient pas compte de leur caractéristique la plus importante et précieuse, de leur provenance de Dieu.
Une telle interprétation n’accède pas et ne fait pas accéder à la Parole de Dieu dans les paroles humaines et perd donc le trésor inestimable que contient pour nous l’Ecriture Sainte. Ce genre d’approche s’occupe de paroles purement humaines, bien qu’elles puissent être, de manière différente selon les divers écrits, des paroles d’une beauté et d’une profondeur extraordinaires. Dans la discussion sur l’inspiration, il s’agit de la nature intime et de la signification décisive et distinctive de l’Ecriture Sainte, c’est-à-dire précisément de sa qualité de Parole de Dieu.
Dans cette même exhortation apostolique, je rappelais en outre que «les Pères synodaux ont souligné avec justesse que le thème de l’inspiration est aussi lié au thème de la vérité des Ecritures. C’est pourquoi, un approfondissement de la compréhension de l’inspiration portera sans aucun doute aussi à une plus grande intelligence de la vérité contenue dans les Livres Saints» (ibid.). Selon la Constitution conciliaire Dei Verbum, Dieu nous adresse sa parole afin de «se révéler en personne et faire connaître le mystère de sa volonté (cf. Ep 1, 9)» (n. 2). A travers sa Parole, Dieu veut nous communiquer toute la vérité sur Lui-même et sur son projet de salut pour l’humanité. L’engagement de découvrir toujours davantage la vérité des Livres sacrés équivaut donc à chercher à connaître toujours mieux Dieu et le mystère de sa volonté salvifique.
«La réflexion théologique a certainement toujours considéré l’inspiration et la vérité comme deux concepts clé pour une herméneutique ecclésiale des Saintes Ecritures. Toutefois, nous devons reconnaître la nécessité actuelle d’approfondir de façon adéquate ces réalités, afin de pouvoir mieux répondre aux exigences relatives à l’interprétation des textes sacrés selon leur nature» (Verbum Domini, n. 19). En affrontant le thème «Inspiration et Vérité de la Bible», la Commission pontificale biblique est appelée à offrir sa contribution spécifique et qualifiée à cet approfondissement nécessaire. Il est en effet essentiel et fondamental pour la vie et la mission de l’Eglise que les textes sacrés soient interprétés selon leur nature: l’Inspiration et la Vérité sont des caractéristiques constitutives de cette nature. C’est pourquoi votre engagement aura une véritable utilité pour la vie et la mission de l’Eglise.
Enfin, je voudrais seulement mentionner le fait que, dans une bonne herméneutique, il n’est pas possible d’appliquer de manière mécanique le critère d’inspiration, ni celui de la vérité absolue, en extrapolant une simple phrase ou une expression. Le plan sur lequel il est possible de percevoir l’Ecriture Sainte comme Parole de Dieu est celui de l’unité de l’histoire de Dieu, au sein d’un ensemble dans lequel les éléments individuels s’éclairent réciproquement et s’ouvrent à la compréhension.
En souhaitant à chacun de vous une poursuite fructueuse de vos travaux, je voudrais enfin exprimer ma vive satisfaction pour l’activité exercée par la Commission biblique dans la promotion de la connaissance, de l’étude et l’accueil de la Parole de Dieu dans le monde. Avec ces sentiments, je confie chacun de vous à la protection maternelle de la Vierge Marie, qu’avec toute l’Eglise nous invoquons comme Sedes Sapientiae, et je vous donne de tout cœur, vénéré frère, ainsi qu’à tous les membres de la Commission pontificale biblique, une Bénédiction apostolique spéciale.
Du Vatican, le 2 mai 2011
 
BENEDICTUS PP. XVI
  



MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS À L'ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE
DE L'ACADÉMIE PONTIFICALE DES SCIENCES SOCIALES
 
A Son Excellence le professeur Mary Ann Glendon
Présidente de l'Académie pontificale des sciences sociales
Je suis heureux de vous saluer ainsi que les membres de l'Académie pontificale des sciences sociales tandis que se tient votre dix-septième assemblée plénière sur le thème: «Des droits universels dans un monde de diversité: la question de la liberté religieuse».
Comme je l'ai souligné à diverses occasions, les racines de la culture chrétienne occidentale restent profondes; c'est cette culture qui a donné le jour et offert un espace à la liberté religieuse et continue de nourrir la liberté de religion et la liberté de culte, garanties par la constitution, dont un grand nombre de personnes jouissent aujourd'hui. En raison notamment de leur négation systématique par les régimes athées du XXe siècle, ces libertés furent reconnues et consacrées par la communauté internationale dans la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations unies. Aujourd'hui, ces droits humains fondamentaux sont à nouveau menacés à cause d'attitudes et d'idéologies qui cherchent à entraver une libre expression religieuse. Par conséquent, le défi de défendre et promouvoir le droit à la liberté de religion et à la liberté de culte doit être relevé à nouveau de nos jours. C'est pour cette raison que je suis reconnaissant à cette Académie de la contribution qu'elle apporte à ce débat.
L’aspiration à la vérité et au sens et l’ouverture à la transcendance sont profondément inscrites dans notre nature humaine; nous sommes poussés par nature à nous poser des questions sur l'importance ultime de notre existence. Il y a plusieurs siècles, Tertullien forgea le terme de libertas religionis (cf. Apologeticum, 24, 6). Il souligna que Dieu doit être vénéré librement, et que c'est dans la nature de la religion de ne pas admettre de coercition, «nec religionis est cogere religionem» (Ad Scapulam, 2, 2). Etant donné que l'homme jouit de la capacité de faire librement des choix dans la vérité, et que Dieu attend de l'homme une réponse libre à son appel, le droit à la liberté religieuse devrait être considéré comme appartenant de manière innée à la dignité de toute personne humaine, en accord avec l'ouverture innée du cœur humain à Dieu. En effet, la liberté de religion authentique permettra à la personne humaine de parvenir à la plénitude et contribuera par conséquent au bien commun de la société.
Conscients des développements dans la culture et la société, le Concile Vatican II proposa un fondement anthropologique renouvelé à la liberté religieuse. Les Pères conciliaires établirent que tous les hommes sont «pressés, par leur nature même, et tenus, par obligation morale, à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion» (Dignitatis humanae, n. 2). La vérité nous rend libres (cf. Jn 8, 32), et c'est cette même vérité qui doit être recherchée et librement acceptée. Le Concile fut attentif à préciser que cette liberté est un droit dont toute personne jouit naturellement et qui doit donc pour cette raison être protégé et promu par le droit civil.
Bien sûr, tout Etat possède le droit souverain de promulguer sa propre législation et manifestera différentes attitudes vis-à-vis de la religion dans son droit. Ainsi, certains Etats offrent une ample liberté religieuse dans le sens que nous donnons à ce terme, tandis que d'autres la limitent, pour toute une série de raisons, y compris la défiance à l'égard de la religion elle-même. Le Saint-Siège continue d'appeler à une reconnaissance du droit humain fondamental à la liberté religieuse de la part de tous les Etats, et leur demande de respecter, et si nécessaire de protéger les minorités religieuses qui, bien qu’animées par une foi différente de la majorité qui les entoure, aspirent à vivre avec leurs concitoyens en paix et à participer pleinement à la vie civile et politique de la nation, au bénéfice de tous.
Enfin, permettez-moi d'exprimer mon espérance sincère que votre expertise dans les domaines du droit, des sciences politiques, de la sociologie et de l'économie convergera au cours de ces journées pour apporter un regard nouveau sur cette importante question et portera donc beaucoup de fruits aujourd'hui et à l'avenir. En cette sainte période, j'invoque sur vous une abondance de joie et de paix pascales et je vous donne de tout cœur, ainsi qu’à Mgr Sánchez Sorondo et à tous les membres de l'Académie, ma Bénédiction apostolique.
Du Vatican, le 29 avril 2011
 
BENEDICTUS PP. XVI
  



MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI
À L'OCCASION DE LA RENCONTE DES ÉVÊQUES RESPONSABLES
DES COMMISSIONS ÉPISCOPALES POUR LA FAMILLE ET LA VIE
D'AMÉRIQUE LATINE ET DES CARAÏBES
[BOGOTÁ (COLOMBIE), 28 MARS - 1er AVRIL 2011]
 
A mon vénéré frère le cardinal Ennio Antonelli
président du Conseil pontifical pour la famille
Je suis heureux de saluer cordialement Votre Eminence, ainsi que les autres cardinaux, évêques et prêtres qui participent à la rencontre des responsables des Commissions épiscopales pour la famille et la vie d'Amérique latine et des Caraïbes, qui se déroule à Bogotá.
Ainsi que je l'ai rappelé lors de la Ve conférence générale de l'épiscopat d'Amérique latine et des Caraïbes, la famille est la valeur la plus chère aux peuples de ces nobles terres. C'est pour cette raison que la pastorale familiale occupe une place importante dans l'action évangélisatrice de chacune des diverses Eglises particulières, en promouvant la culture de la vie et en travaillant afin que les droits des familles soient reconnus et respectés.
Mais on constate avec douleur que les foyers domestiques affrontent actuellement toujours plus souvent des situations difficiles provoquées par les rapides changements culturels, par l'instabilité sociale, par les flux migratoires, par la pauvreté, par les programmes d’éducation qui banalisent la sexualité et par de fausses idéologies. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ces défis. Dans l'Evangile, nous trouvons la lumière nécessaire pour répondre à ceux-ci sans perdre courage. Le Christ, par sa grâce, nous pousse à travailler avec diligence et enthousiasme pour accompagner chacun des membres des familles dans la découverte du projet d'amour que Dieu a pour la personne humaine. Aucun effort ne sera donc inutile dans la promotion de tout ce qui peut contribuer à faire en sorte que chaque famille, fondée sur l'union indissoluble entre un homme et une femme, mène à bien sa mission d'être une cellule vivante de la société, un vivier de vertus, une école de vie en commun constructive et pacifique, un instrument de concorde et un milieu privilégié où, de manière joyeuse et responsable, la vie humaine est accueillie et protégée, de son début à sa fin naturelle. Il vaut aussi la peine de continuer à encourager les parents dans leur droit et leur obligation fondamentaux d'éduquer les nouvelles générations dans la foi et dans les valeurs qui ennoblissent l'existence humaine.
Je ne doute pas que la mission continentale promue à Aparecida, et qui est en train d'éveiller partout tant d'espérance, serve à raviver dans les bien-aimés pays latino-américains et des Caraïbes la pastorale du mariage et de la famille. L'Eglise peut compter sur les familles chrétiennes, en les appelant à être un vrai sujet d'évangélisation et d'apostolat et en les invitant à prendre conscience de leur précieuse mission dans le monde.
J'encourage donc tous les participants à cette réunion significative à développer dans leurs réflexions les grandes lignes pastorales tracées par les épiscopats réunis à Aparecida, en permettant de cette manière à la famille de vivre une profonde rencontre avec le Christ à travers l'écoute de sa Parole, la prière, la vie sacramentelle et l'exercice de la charité. De cette manière, on l'aidera à mettre en pratique une solide spiritualité qui favorise chez tous ses membres une solide aspiration à la sainteté, sans craindre de montrer la beauté des idéaux élevés et les exigences éthiques et morales de la vie dans le Christ. Pour promouvoir cela, il est nécessaire de renforcer la formation de tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, se consacrent à l'évangélisation des familles. De la même manière, il est important d’entreprendre des parcours de collaboration avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté pour continuer à protéger intensément la vie humaine, le mariage et la famille dans toute la région.
Je conclus en exprimant mon affection et ma solidarité à toutes les familles d'Amérique latine et des Caraïbes, en particulier à celles qui se trouvent dans des situations difficiles. Tandis que je confie à la puissante protection de la Très Sainte Vierge Marie les fruits de cette louable initiative, je leur donne de tout cœur la Bénédiction apostolique demandée, que j'étends avec plaisir à tous ceux qui sont engagés dans l'évangélisation et dans la promotion du bien des familles
Du Vatican, le 28 mars 2011
 
BENEDICTUS PP. XVI
 



MESSAGE VIDÉO DU PAPE BENOÎT XVI
À L'OCCASION DE LA SOIRÉE DE CLÔTURE
DU « PARVIS DES GENTILS », INITIATIVE DU
CONSEIL PONTIFICAL DE LA CULTURE À PARIS
25 Mars 2011 
 
Chers jeunes, chers amis!
Je vous sais nombreux rassemblés sur le parvis de Notre-Dame de Paris, à l’appel du Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, et du Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil Pontifical de la Culture. Je vous salue tous, sans oublier les frères et les amis de la Communauté de Taizé. Je suis reconnaissant au Conseil pontifical d’avoir repris et développé mon invitation à ouvrir dans l’Église des «Parvis des Gentils», image qui rappelle cet espace ouvert sur la vaste esplanade proche du Temple de Jérusalem, pour permettre à toutes celles et à tous ceux qui ne partageaient pas la foi d’Israël de s’approcher du Temple et de s’interroger sur la religion. Là, ils devaient pouvoir y rencontrer des scribes, parler de la foi et, même, prier le Dieu inconnu. Et si, à l’époque, le Parvis était en même temps un lieu d’exclusion, parce que les «Gentils» n’avaient pas le droit de pénétrer dans l’espace sacré, le Christ Jésus est venu «détruire la barrière qui séparait» juifs et gentils. «Les uns comme les autres, réunis en un seul corps, il voulait les réconcilier avec Dieu par la croix: en sa personne il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix…» (cf. Ep 2, 14-17), comme nous dit saint Paul.
Au cœur de la Cité des Lumières, devant ce magnifique chef-d’œuvre de la culture religieuse française, Notre-Dame de Paris, un grand parvis s’ouvre pour qu’une nouvelle impulsion soit donnée à la rencontre respectueuse et amicale entre des personnes de convictions différentes. Jeunes, croyants et non croyants, présents ce soir, vous voulez être ensemble, comme dans la vie de tous les jours, pour vous rencontrer et dialoguer à partir des grandes interrogations de l’existence humaine. Beaucoup aujourd’hui reconnaissent qu’ils n’appartiennent pas à une religion, mais désirent un monde neuf et plus libre, plus juste et plus solidaire, plus en paix et plus joyeux. En m’adressant à vous, je mesure tout ce que vous avez à vous dire: incroyants, vous voulez interpeller les croyants, notamment en exigeant d’eux le témoignage d’une vie qui soit en conformité avec ce qu’ils professent et en refusant toute déviation de la religion qui la rendrait inhumaine. Croyants, vous voulez dire à vos amis que ce trésor qui vous habite mérite un partage, une interpellation, une réflexion. La question de Dieu n’est pas un danger pour la société, elle ne met pas en péril la vie humaine! La question de Dieu ne doit pas être absente des grandes interrogations de notre temps.
Chers amis, vous avez à construire des ponts entre vous. Sachez saisir la chance qui vous est présentée pour trouver au plus profond de vos consciences, dans une réflexion solide et argumentée, les voies d’un dialogue précurseur et profond. Vous avez tant à vous dire les uns aux autres. Ne fermez pas votre conscience aux défis et aux enjeux qui sont devant vous.
Je crois profondément que la rencontre entre la réalité de la foi et celle de la raison permet à l’homme de se trouver lui-même. Mais trop souvent la raison se plie face à la pression des intérêts et à l’attraction de l’utilité, contrainte de reconnaître cette dernière comme critère ultime. La recherche de la vérité n’est pas facile. Et si chacun est appelé au courage de se décider pour la vérité, c’est parce qu’il n’existe pas de raccourcis vers le bonheur et la beauté d’une vie accomplie. Jésus le dit dans l’Évangile: «La vérité vous rendra libre.»
Il vous appartient, chers jeunes, de faire que dans votre pays et en Europe, croyants et non croyants retrouvent le chemin du dialogue. Les religions ne peuvent avoir peur d’une juste laïcité, d’une laïcité ouverte qui permet à chacun et à chacune de vivre ce qu’il croit, en conformité avec sa conscience. S’il s’agit de bâtir un monde de liberté, d’égalité et de fraternité, croyants et non croyants doivent se sentir libres de l’être, égaux dans leurs droits de vivre leur vie personnelle et communautaire en fidélité à leurs convictions, et ils doivent être frères entre eux. L’une des raisons d’être de ce Parvis des Gentils, c’est d’œuvrer pour cette fraternité au-delà des convictions, mais sans en nier les différences. Et, plus profondément encore, reconnaissant que seul Dieu, dans le Christ, libère intérieurement et nous donne de nous rencontrer en vérité comme des frères.
La première des attitudes à avoir ou des actions que vous pouvez faire ensemble est de respecter, aider et aimer tout être humain, parce qu’il est créature de Dieu et d’une certaine manière la route qui mène à Lui. En poursuivant ce que vous vivez ce soir, contribuez à faire tomber les barrières de la peur de l’autre, de l’étranger, de celui qui ne vous ressemble pas, peur qui naît souvent de l’ignorance mutuelle, du scepticisme ou de l’indifférence. Devenez attentifs à resserrer les liens avec tous les jeunes sans distinction, c’est-à-dire en n’oubliant pas ceux qui vivent dans la pauvreté ou la solitude, ceux qui souffrent du chômage, traversent la maladie ou se sentent en marge de la société.
Chers jeunes, ce n’est pas seulement votre expérience de vie que vous pouvez partager, mais aussi votre approche de la prière. Croyants et non croyants, présents sur ce parvis de l’Inconnu, vous êtes invités à pénétrer aussi dans l’espace sacré, à franchir le magnifique portail de Notre-Dame et à entrer dans la cathédrale pour un moment de prière. Cette prière sera pour certains d’entre vous une prière à un Dieu qu’ils connaissent dans la foi, mais elle peut être aussi pour d’autres une prière au Dieu Inconnu. En vous unissant à celles et à ceux qui dans Notre-Dame sont en train de prier, en ce jour de l’Annonciation du Seigneur, chers jeunes qui ne croyez pas, ouvrez vos cœurs aux textes sacrés, laissez-vous interpeller par la beauté des chants, et si vous le voulez bien, laissez s’élever vers le Dieu Inconnu les sentiments qui vous habitent.
Je me réjouis d’avoir pu m’adresser à vous ce soir pour ce moment inaugural du Parvis des Gentils. J’espère que vous voudrez bien répondre à d’autres rendez-vous que je vous donne, notamment aux Journées Mondiales de la Jeunesse, cet été, à Madrid. Le Dieu que les croyants apprennent à connaître vous invite à le découvrir et à en vivre toujours davantage. N’ayez pas peur! Sur la route d’un monde nouveau que vous parcourez ensemble, soyez des chercheurs d’Absolu et des chercheurs de Dieu, même vous pour qui Dieu est le Dieu Inconnu. Et que Celui-ci, qui aime chacun et chacune d’entre vous, vous bénisse et vous garde. Il compte sur vous pour prendre soin des autres et de l’avenir, et vous pouvez compter sur Lui!



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