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LÉON XIII : 20 février 1878-20 juillet 1903
Décret du Saint-Office, 20 novembre 1878
Le baptême conféré de façon absolue et sous condition
DS 3128
Question : Doit-on conférer le baptême sous condition à des hérétiques qui se convertissent à la religion catholique, quels que soient le lieu d'où ils viennent et la secte à laquelle ils appartiennent ?
Réponse : Non. Au contraire, lors de la conversion d'hérétiques, quels que soient le lieu d'où ils viennent et la secte à laquelle ils appartiennent, on doit s'enquérir au sujet de la validité du baptême reçu dans l'hérésie. Si après l'examen fait cas par cas, il apparaît qu'ils n'ont pas été baptisés ou qu'ils l'ont été de façon nulle, ils doivent être baptisés de façon absolue. Mais si, pour des raisons de temps et de lieu et enquête faite, rien n'est découvert, ni pour la validité, ni pour l'invalidité, ou qu'il demeure un doute probable concernant la validité du baptême, ils doivent alors être baptisés secrètement sous condition. Si enfin, il apparaît qu'il était valide, ils seront admis seulement à l'abjuration ou à la profession de foi.
Encyclique "Quod apostolici muneris", 28 décembre 1878
Les droits de l'homme dans la société.
DS 3130
Selon les enseignements de l'Évangile, l'égalité des hommes consiste dans le fait que, tous ayant reçu la même nature, ils ont été appelés à la même très haute dignité de fils de Dieu, en même temps que, une seule et même fin étant destinée à tous, chacun doit être jugé selon la même loi et obtenir la peine ou la récompense suivant son mérite.
DS 3131
L'inégalité de droit et de pouvoir cependant émane de l'auteur même de la nature "de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom" Ep 3,15. Mais les cœurs des princes et des sujets sont, selon la doctrine et les préceptes catholiques, si étroitement liés par des devoirs et des droits, que d'une part la passion du pouvoir se trouve tempérée, et que d'autre part l'obéissance est rendue facile, ferme et très noble. ...
DS 3132
S'il devait arriver cependant que le pouvoir soit exercé par les princes de façon téméraire et au-delà de la mesure, la doctrine catholique ne permet pas de s'insurger contre eux de soi-même, de peur que la tranquillité de l'ordre ne soit de plus en plus perturbée, et que la société n'en reçoive un plus grand dommage. Et lorsque les choses en seront venues jusqu'au point qu'il ne paraisse pas d'autre espérance de salut, elle apprend que le remède doit mûrir de par les mérites de la patience chrétienne et d'instantes prières à Dieu.
Mais si des ordonnances des législateurs et des princes décident ou ordonnent quelque chose de contraire à la loi divine ou naturelle, la dignité et le devoir du nom chrétien ainsi que le précepte de l'Apôtre apprennent qu'il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes Ac 5,29....
DS 3133
Quant à la tranquillité publique et domestique, la sagesse catholique, appuyée sur les préceptes de la loi divine et naturelle, y a pourvu très prudemment par ce qu'elle tient et enseigne sur le droit de propriété et la répartition de biens qui sont disposés pour la nécessité et l'utilité de la vie. Car tandis que les socialistes présentent faussement le droit à la propriété comme une invention humaine qui répugne à l'égalité naturelle des hommes, et que, prônant la communauté des biens, ils pensent qu'on ne doit pas supporter la pauvreté avec une âme égale et qu'on peut violer impunément les possessions et les droits de ceux qui sont plus riches, l'Église reconnaît beaucoup plus utilement et sagement que l'inégalité entre les hommes, naturellement dissemblables par les forces du corps et de l'esprit, existe également dans la possession des biens, et elle commande que le droit de propriété et de possession, qui provient de la nature même, soit maintenu intact et inviolable pour chacun ; elle sait en effet que le vol et la rapine ont été condamnés par Dieu, l'auteur et le gardien de tout droit, de sorte qu'il n'est pas même permis de porter le regard sur (de convoiter) le bien d'autrui, et que les voleurs et les larrons sont exclus, comme les adultères et les idolâtres, du Royaume des cieux 1Co 6,9 s.
Encyclique " Aeterni patris", 4 août 1879.
L'importance de la philosophie pour l'affermissement de la foi
DS 3135
Assurément nous n'attribuons pas à la philosophie humaine une force et une autorité telles que nous l'estimerions capable de repousser ou de détruire toutes les erreurs ; de même en effet... que c'est par l'admirable lumière de la foi, répandue "non pas par des paroles persuasives de la sagesse humaine", "mais par la manifestation de l'esprit et de la force" 1Co 2,4 que l'univers a été rétabli dans sa dignité première, de même aussi, maintenant, c'est avant tout de la vertu toute-puissante et du secours de Dieu que nous devons attendre que... reviennent à la sagesse les esprits des mortels.
Cependant nous ne devons ni mépriser ni négliger les secours naturels qui ont été mis à la disposition des hommes par un bienfait de la sagesse divine... ; et de tous ces secours, l'usage bien réglé de la philosophie en est assurément un qui est éminent. Ce n'est pas en vain en effet que Dieu a implanté dans l'esprit de l'homme la lumière de la raison, et tant s'en faut que la lumière surajoutée de la foi éteigne ou amortisse la vigueur de l'intelligence : au contraire, elle la perfectionne et, en augmentant ses forces, elle la rend capable de choses plus grandes encore.
DS 3136
Et tout d'abord, lorsque les sages en usent comme il convient, la philosophie est à même d'aplanir et d'affermir en quelque sorte le chemin vers la foi véritable, et de préparer convenablement l'esprit de ses disciples à accepter la Révélation.
Et de fait dans son extrême bonté Dieu, dans l'ordre des choses divines, n'a pas manifesté seulement par la lumière de la foi les vérités que l'intelligence humaine ne peut pas atteindre par elle-même, mais il en a manifesté également certaines qui ne sont pas totalement inaccessibles à la raison afin que, confirmées par l'autorité divine, elles puissent aussitôt et sans aucun mélange d'erreur être connues de tous.
De là vient que certaines vérités, proposées à croire par Dieu ou qui sont liées à la doctrine de la foi par des liens très étroits, ont été reconnues, convenablement démontrées et défendues par des sages des nations païennes, éclairés seulement par la raison naturelle.
Or ces vérités, connues des sages des nations païennes, il est de grande opportunité de les faire tourner à l'avantage et à l'utilité de la doctrine révélée, afin de faire voir avec évidence que la sagesse humaine elle aussi, et même le témoignage des adversaires, donnent leur appui à la foi chrétienne. ...
DS 3137
Ces fondements étant ainsi très solidement posés (à l'aide de la philosophie), l'usage constant et multiple de la philosophie demeure requis pour que la théologie sacrée reçoive et revête la nature, la forme et le caractère d'une vraie science. Dans cette discipline, la plus noble de toutes, il est en effet de la plus haute nécessité que les parties nombreuses et variées des doctrines divines soient rassemblées en quelque sorte en un seul corps, que disposées avec ordre, chacune en son lieu, et déduites des principes qui leur sont propres, elles soient reliées ensemble par un lien adéquat enfin que toutes et chacune soient confirmées par des arguments propres et inébranlables.
On ne peut pas non plus taire ni dédaigner cette connaissance plus exacte et plus riche des réalités qui sont crues, et cette intelligence un peu plus claire - autant qu'il est possible - des mystères de la foi eux-mêmes qu'Augustin et d'autres Pères ont à la fois louée et cherché à atteindre, et dont le concile du Vatican lui-même (constitution sur la foi catholique, chap. 4.. 3016) a déclaré qu'elle était très féconde. ...
DS 3138
Enfin il appartient également aux disciplines philosophiques de protéger religieusement les vérités divinement révélées, et de combattre ceux qui ont l'audace de les attaquer. A cet égard, c'est un grand éloge pour la philosophie que d'être considérée comme un bastion pour la foi et comme un ferme rempart pour la religion. "Il est vrai, comme l'atteste Clément d'Alexandrie, que la doctrine du Sauveur est parfaite et qu'elle n'a besoin de rien, puisqu'elle est la force et la sagesse de Dieu. La philosophie grecque, s'y ajoutant, ne rend pas la vérité plus forte, mais comme elle rend impuissante l'attaque de la sophistique et empêche les entreprises insidieuses contre la vérité, c'est avec raison qu'on la présente comme la palissade et le mur de la vigne "....
L'excellence de la méthode scolastique et l'autorité qui revient à Thomas d'Aquin
DS 3139
Parmi les docteurs scolastiques domine, et de haut, leur prince et maître à tous, Thomas d'Aquin, lui qui, comme le remarque Cajetan, "parce qu'il a vénéré au plus haut point les saints docteurs, a obtenu en quelque sorte l'intelligence de tous". Leurs doctrines, Thomas les a recueillies et assemblées comme des membres dispersés d'un corps, et il les a réparties en un ordre si admirable et leur a donné un tel accroissement, qu'on le considère à juste titre comme le défenseur spécial et l'honneur de l'Église catholique. ...
DS 3140
Tout en proclamant qu'il faut recevoir volontiers et avec gratitude tout ce qui a été dit de façon sage, qui a été inventé et pensé de façon utile par quelqu'un, Nous vous exhortons tous... de façon pressante, pour la défense et l'honneur de la foi catholique, pour le bien de la société, pour l'accroissement de toutes les sciences, à rétablir et à propager le plus possible la sagesse d'or de saint Thomas. Nous disons la sagesse de saint Thomas : car si quelque chose a été recherché avec une subtilité trop grande par les docteurs scolastiques ou enseigné de façon trop inconsidérée, si quelque chose est moins en accord avec les doctrines éprouvées de temps ultérieurs, ou enfin si cela se trouve n'avoir aucune espèce de probabilité, Nous n'entendons nullement que cela soit proposé à l'intention de notre temps.
Encyclique "Arcanum divinae sapientiae" 10 février 1880.
La nature du mariage chrétien.
DS 3142
(Toute la tradition enseigne que) le Christ Seigneur a élevé le mariage à la dignité de sacrement et (qu')il a fait, en même temps, que les époux, entourés et fortifiés par la grâce du ciel née de ses mérites, arrivent à la sainteté dans le mariage, et (que) c'est dans le mariage qu'il a, par une admirable ressemblance avec le modèle qu'est son union mystique avec l'Église, rendu parfait l'amour qui est dans notre nature et uni plus fortement, par le lien de la charité divine, la société, indivisible par nature, de l'homme et de la femme. ...
De même nous avons appris de l'autorité des apôtres que cette unité et cette stabilité perpétuelle qui étaient exigées depuis l'origine même des noces, le Christ a commandé qu'elle soit sainte et à jamais inviolable.
DS 3143
Mais ce n'est pas en ce qui a été rappelé seulement que sont donnés la perfection chrétienne et l'accomplissement. Car en premier lieu la société conjugale s'est vu proposer quelque chose de plus élevé et de plus noble que ce qui existait auparavant, puisque la fin qui lui fut assignée ne fut pas seulement de propager le genre humain, mais d'engendrer à l'Église une descendance, des "concitoyens des saints et des familiers de Dieu" Ep 2,19...
En second lieu, les devoirs de chacun des conjoints sont définis et leurs droits complètement décrits. Il faut en effet qu'ils se souviennent toujours qu'ils se doivent l'un à l'autre l'amour le plus grand, une constante fidélité, et une assistance inventive et assidue. L'homme est le chef de la famille et la tête de la femme ; celle-ci cependant, parce qu'elle est la chair de sa chair et l'os de ses os, doit être soumise à l'homme et lui obéir, non pas à la manière d'une servante, mais d'une compagne, en sorte que l'obéissance qu'elle lui rend ne soit ni sans dignité ni sans honneur. Mais en celui qui préside comme en celle qui obéit, puisque tous deux sont une image, l'un du Christ, l'autre de l'Église, il faut que ce soit toujours la charité divine qui règle le devoir. ...
Le pouvoir de l'Église sur le mariage chrétien
DS 3144
Le Christ ayant donc ainsi, avec tant de perfection, renouvelé et relevé le mariage, en remit et confia à l'Église toute la discipline. Et ce pouvoir sur le mariage des chrétiens, l'Église l'a exercé en tous temps et en tous lieux, et elle l'a fait de façon à montrer que ce pouvoir lui appartenait en propre et qu'il ne tirait pas son origine d'une concession des hommes, mais qu'il avait été divinement accordé par la volonté de son fondateur. ...
De manière semblable, un droit du mariage égal pour tous et le même pour tous fut établi, par la suppression de l'ancienne distinction entre esclaves et hommes libres ; les droits de l'homme et de la femme sont égaux ; car comme le disait Jérôme, "chez nous, ce qui n'est pas permis aux femmes ne l'est pas non plus aux hommes, et c'est la même servitude dans la même condition" ; et ces mêmes droits se sont trouvés solidement confirmés du fait que la bienveillance est accordée en retour et en raison de la réciprocité des devoirs ; la dignité de la femme est affermie et reconnue ; il est défendu au mari de punir de mort la femme adultère et de violer la foi jurée en se livrant à la passion et à l'impudicité.
Et c'est aussi un fait important que l'Église ait limité, autant qu'il fallait, le pouvoir du père de famille, pour que la juste liberté des fils et des filles qui veulent se marier ne fût en rien diminuée ; qu'elle ait décrété qu'il ne peut pas y avoir de mariages entre parents et alliés à certains degrés, afin que l'amour surnaturel des époux se répande dans un plus vaste champ ; qu'elle ait cherché à écarter du mariage, autant qu'elle le pouvait, l'erreur, la violence et la fraude ; qu'elle ait voulu que la sainte pudeur de la couche nuptiale, la sûreté des personnes, l'honneur du mariage, la fidélité aux serments soient gardés intacts. Enfin elle a consolidé cette institution divine avec tant de force et avec une telle prévoyance de ses lois qu'il n'est pas de juge équitable qui ne reconnaisse que pour cette raison aussi, pour ce qui est du mariage, l'Église est la meilleure gardienne et le meilleur défenseur du genre humain...
DS 3145
Personne non plus ne doit se laisser émouvoir par cette distinction, si fortement proclamée par les légistes régaliens, entre le contrat et le sacrement, dans le dessein de réserver à l'Église ce qui est du sacrement et de livrer le contrat au pouvoir et au vouloir des autorités civiles.
Une telle distinction, une telle dissociation plutôt, ne peut être acceptée, puisqu'il est reconnu que, dans le mariage chrétien, le contrat n'est pas dissociable du sacrement, et que, dès lors, il ne peut exister de contrat vrai et légitime qui ne soit par le fait même un sacrement. Car le Christ le Seigneur, a élevé le mariage à la dignité de sacrement or le mariage est le contrat lui-même dès lors qu'il est conclu selon le droit.
DS 3146
A cela s'ajoute que la raison pour laquelle le mariage est un sacrement, c'est qu'il est un signe sacré qui produit la grâce et qui représente l'image des noces mystiques du Christ avec l'Église. Or la forme et la figure de celles-ci s'expriment dans le lien de l'union très intime qui relie réciproquement l'homme et la femme et qui n'est autre que le mariage lui-même. Il en résulte que tout mariage légitime entre chrétiens est en lui-même et par lui-même un sacrement. Rien n'est plus éloigné de la vérité qu'un sacrement qui serait un ornement ajouté ou une propriété venant du dehors, susceptible d'être dissociée et séparée du contrat par la volonté des hommes.
Réponse de la Sacrée Pénitencerie, 16 juin 1880.
La décision est importante pour le jugement à porter sur la méthode Knaus-Ogi
L'observance des périodes infécondes
DS 3148
Question : Est-il permis de n'user du mariage qu'aux jours où une conception est plus difficile ?
Réponse : Des conjoints qui font usage de la manière précitée ne doivent pas être inquiétés, et le confesseur peut - avec précaution cependant - suggérer ce dont il s'agit à des époux qu'il aura tenté vainement d'éloigner d'une autre manière du crime détestable de l'onanisme.
Encyclique "Diuturnum illud", 29 juin 1881.
Le pouvoir dans la société civile
DS 3150
Même si, incité par l'orgueil et l'esprit de rébellion, l'homme a souvent tenté de rejeter les freins du pouvoir, jamais cependant il n'est parvenu à n'obéir à personne. La nécessité elle-même contraint à ce que dans toute association ou communauté d'hommes quelques-uns se trouvent à la tête. ...
Cependant il est important de remarquer ici que ceux qui doivent être à la tête de la chose publique peuvent en certains cas être élus selon la volonté et le jugement du grand nombre, sans que la doctrine catholique s'y oppose ou y répugne. Par cette élection cependant on désigne le chef, mais on ne confère pas les droits de la souveraineté ; on ne confère pas le pouvoir mais on décide par qui il doit être exercé.
De même n'est pas posée ici la question des régimes politiques, car il n'y a aucune raison que l'Église n'approuve pas le gouvernement d'un seul ou de plusieurs dès lors qu'il est juste et vise l'utilité commune. C'est pourquoi, si la justice est sauve, rien n'empêche les peuples de se donner le régime politique qui convient le mieux ou à leur génie propre, ou aux mœurs et aux institutions de leurs ancêtres.
DS 3151
Quant au reste, pour ce qui est du pouvoir politique, l'Église enseigne avec raison qu'il provient de Dieu. ...
Ceux qui entendent que la société civile naît d'un libre consensus des hommes, ramenant l'origine du pouvoir lui-même à cette source, disent que chacun a cédé de son droit et que tous se sont volontairement placés sous la puissance de celui à qui a passé la totalité de leurs droits. Mais c'est une grande erreur de ne pas voir ce qui est manifeste, à savoir que les hommes ne constituent pas une race de solitaires, et qu'avant qu'ils expriment leur libre volonté, ils sont nés pour former une communauté naturelle ; de plus, le pacte dont on se prévaut est manifestement une invention et une chimère, et il n'est pas en mesure de donner à la puissance politique autant de force, de dignité et de fermeté que le requièrent la protection de la chose publique et l'intérêt commun des citoyens. Cet éclat et cette protection universelle, le pouvoir ne l'aura que si on comprend qu'il émane de Dieu comme de sa source éminente et très sainte...
DS 3152
Il n'existe pour les hommes qu'une seule raison de ne pas obéir : lorsqu'il leur est demandé quelque chose qui est manifestement contraire à la loi divine ou naturelle ; en effet, pour tout ce qui enfreint la loi naturelle ou celle de Dieu, il est également injuste de le commander que de le faire. C'est pourquoi, s'il devait arriver à quelqu'un d'avoir à préférer l'un ou l'autre, c'est-à-dire de négliger soit les ordres de Dieu, soit ceux des gouvernants, il lui faut obéir à Jésus Christ qui demande de "donner à César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu" Mt 22,21, et de répondre à l'exemple des apôtres : "Il faut obéir à Dieu plus qu'aux hommes " Ac 5,29....
Décret de la Congrégation de l'index, 5 (10) décembre 1881.
La liberté d'attaquer des ouvrages qui ont été retirés de la procédure par la Congrégation de l'Index
DS 3154
Questions : 1. Des ouvrages qui ont été dénoncés auprès de la Sacrée Congrégation de l'Index et qui ont été retirés par elle de la procédure, ou qui n'ont pas été prohibés, doivent-ils être considérés comme exempts de toute erreur contre la foi et les mœurs ?
DS 3155
2. Si la réponse est oui, les ouvrages qui ont été retirés par la Sacrée Congrégation de l'Index, ou qui n'ont pas été prohibés, peuvent-ils être attaqués aussi bien philosophiquement que théologiquement sans encourir le reproche de témérité ?
Réponse : (confirmée par le Souverain Pontife le 28/12) Pour 1 non - Pour 2 oui.
Encyclique "Humanum genus", 20 avril 1884.
Francs-maçons
DS 3156
Simuler et vouloir demeurer dans l'obscurité, enchaîner à soi des hommes comme des esclaves par les liens les plus étroits et sans raison suffisamment déclarée et, les livrant à une volonté étrangère, les employer à toutes sortes de forfaits... : c'est là une pratique monstrueuse que la nature des choses ne permet pas. C'est pourquoi la raison et la vérité elle-même montrent que la société dont nous parlons s'oppose à la justice et à l'honnêteté naturelle. ...
Les indices très certains que nous avons mentionné plus haut font paraître quel est le but ultime de leurs desseins, à savoir détruire de fond en comble toute cette ordonnance de la religion et de la chose publique qu'ont fait naître les institutions chrétiennes, et en établir une nouvelle selon leur idée, dont les fondements et les lois seront empruntées au cœur du naturalisme.
DS 3157
Tout ce que Nous venons de dire ou que Nous nous proposons de dire doit être entendu de la secte maçonnique envisagée dans son ensemble, et en tant qu'elle englobe les sociétés qui lui sont parentes ou alliées, mais non ses adeptes pris individuellement. Parmi eux il peut s'en trouver, et même en bon nombre, qui, bien que non exempts de faute pour s'être affiliés à de telles sociétés, ne participent pas eux-mêmes pour autant à ces activités néfastes, et ignorent ce but final qu'elles s'efforcent d'atteindre. De même il se peut que certaines de ces associations elles-mêmes n'approuvent pas certaines conclusions extrêmes qui, dès lors qu'elles découlent de façon nécessaire de principes communs, devraient normalement être acceptées si la turpitude n'effrayait pas par elle-même du fait de son caractère horrible.
DS 3158
Personne ne doit penser qu'il lui est permis pour quelque raison que ce soit d'adhérer à la secte des maçons si la profession de foi catholique et son salut ont pour lui la valeur qu'ils doivent avoir.
Instruction du Saint-Office "Ad gravissima avertenda", 10 mai 1884.
Francs - Maçons
DS 3159
(03) Mais pour qu'il n'y ait pas place pour l'erreur lorsqu'on devra juger et distinguer lesquelles de ces sectes pernicieuses font l'objet d'une censure et lesquelles seulement d'une interdiction, il est certain tout d'abord que sont frappées d'une sentence d'excommunication déjà portée les sectes francs maçonniques et d'autres du même genre qui complotent contre l'Église et les pouvoirs légitimes, qu'elles le fassent clandestinement ou ouvertement, qu'elles exigent ou non de leurs adeptes le serment de garder le secret.
DS 3160
(04) Outre celles-ci, d'autres sectes sont prohibées également, et doivent être évitées sous peine d'une faute grave, et parmi celles-ci, il faut compter avant tout celles qui demandent à leurs adeptes par serment de ne révéler à personne le secret et d'obéir en toute chose à leurs chefs occultes. En outre il faut remarquer qu'il existe certaines sociétés qui, bien qu'on ne puisse établir avec certitude qu'elles font partie de celles qui viennent d'être mentionnées ou non, sont néanmoins douteuses et pleines de danger, aussi bien en raison des doctrines qu'elles professent, que de la manière d'agir que suivent ceux qui sont rassemblés sous leur conduite et sont dirigés par elles. ...
Réponse du Saint-Office à l'évêque de Poitiers, (28) 31 mai 1884.
L'assistance du médecin ou du confesseur à un duel
DS 3162
Questions : 1. Un médecin peut-il, à la demande des duellistes, assister à un duel avec l'intention de mettre fin plus rapidement au combat, ou simplement de panser les plaies, de soigner les blessures, sans encourir l'excommunication simplement réservée au souverain pontife ?
2. Peut-il du moins, sans être présent au duel, se trouver dans une maison voisine ou dans un lieu à peu de distance, en étant très proche et prêt à exercer son office Si les duellistes le requièrent ?
3. Qu'en est-il pour un confesseur dans les mêmes conditions ?
Réponse : Pour 1. Il ne le peut pas et encourt l'excommunication. Pour 2 et 3. Dans la mesure où cela est convenu, il ne le peut pas non plus et encourt l'excommunication.
Réponse de la Sacrée Pénitencerie, 10 mars 1886.
L'usage onaniste du mariage
DS 3185
Exposé : De par une réponse donnée le 14 décembre 1876 par la Sacrée Pénitencerie au recteur d'une paroisse du diocèse d'Angers, il est établi qu'il n'est pas permis de favoriser l'erreur des pénitents que beaucoup appellent de bonne foi ; ni non plus de susciter une telle bonne foi.
Il est établi également que ne satisfont pas à leur charge les confesseurs qui, lorsqu'un pénitent s'accuse seulement d'onanisme, gardent un silence noble, qui, la confession des péchés terminée, l'exhortent par des paroles générales, et qui, s'il affirme détester tout péché mortel, lui donnent la sainte absolution.
Il est établi en outre que sont exempts de tout reproche les confesseurs qui (dans les limites (de la décence)... concernant les questions...) n'omettent pas de réprimander, comme pour tout autre péché grave, tout pénitent qui, soit spontanément, soit à la suite d'une interrogation prudente, a avoué l'onanisme,... et qui ne l'absolvent pas s'il n'a pas montré par des signes suffisants qu'il éprouve de la douleur pour ce qui s'est passé et qu'il est résolu à ne plus agir de façon onaniste. - (Restent cependant les doutes Suivants)
DS 3186
Questions : 1. Lorsqu'il existe un soupçon fondé qu'un pénitent qui est totalement muet quant à l'onanisme s'adonne à un tel crime, est-il permis alors au confesseur de s'abstenir d'une interrogation prudente et discrète parce qu'il prévoit qu'un grand nombre devraient être tirés de leur bonne foi et que beaucoup déserteraient les sacrements ? - Ou au contraire le confesseur est-il tenu d'interroger de façon prudente et discrète ?
DS 3187
2. Un confesseur qui constate soit à partir d'une confession spontanée, soit à partir d'une interrogation prudente, que le pénitent est un onaniste, est-il tenu de l'admonester au sujet de la gravité de ce péché, tout comme au sujet des autres péchés mortels..., et de ne lui donner l'absolution que s'il est établi par des signes suffisants qu'il éprouve de la douleur pour ce qui s'est passé, et qu'il est résolu de ne plus agir de façon onaniste ?
Réponse : Pour 1. En règle générale oui pour la première partie, non pour la seconde.- Pour 2. Oui, selon la doctrine des auteurs éprouvés.
Décret du Saint-Office, 19 mai 1886.
Crémation des corps
DS 3188
Question : 1. Est-il permis d'adhérer à des sociétés dont l'intention est de promouvoir l'usage de brûler les corps d'hommes ?
2. Est-il permis d'ordonner que son propre corps ou ceux d'autrui soient brûlés ?
Réponse (confirmée par le souverain pontife) : Pour 1. Non, et s'il s'agit de sociétés affiliées à la secte maçonnique, on encourt les peines portées contre elles. - Pour 2. Non.
Décret du Saint-Office, 27 mai 1886.
Divorce Civil
DS 3190
Exposé : Plusieurs évêques de France ont soumis à la Sacrée Congrégation romaine et universelle de l'Inquisition les doutes suivants : dans une lettre adressée par la Sacrée Congrégation romaine et universelle de l'Inquisition à tous les Ordinaires de France en date du 25 juin 1885, au sujet de la loi du divorce civil, il est déclaré ceci : "Attendu les très graves circonstances des événements, des temps et des lieux, on peut tolérer que ceux qui remplissent les fonctions de magistrats et les avocats traitent, en France, les causes matrimoniales, sans être obligés de résigner leur charge" et il y est ajouté des conditions dont voici la seconde "Pourvu qu'en leur for intérieur ils soient prêts, aussi bien vis-à-vis de la valeur ou de la nullité du mariage que de la séparation de corps, sur lesquels ils sont mis dans l'obligation de juger, à ne jamais proférer, plaider, solliciter ou soutenir une sentence contraire au droit divin ou ecclésiastique.
DS 3191
Questions : 1. Est-elle exacte, l'interprétation répandue en France et même imprimée, selon laquelle satisfait à la condition précitée le juge qui, en présence d'un mariage valide devant l'Église, fait totalement abstraction de ce mariage vrai et constant, et, en application de la loi civile, prononce le divorce, pourvu qu'il ait intérieurement l'intention de ne rompre que les seuls effets civils et le seul contrat civil, et qu'ils sont les seuls touchés par les termes de la sentence ? En d'autres termes : une sentence portée dans ces conditions peut-elle être tenue pour non contraire au droit divin et ecclésiastique ?
DS 3192
2 .- Après que le juge a prononcé qu'il y a lieu à divorce, un maire - et lui aussi en n'ayant en vue que les effets et le contrat civils - peut-il prononcer le divorce, bien que le mariage soit valide devant l'Église ?
DS 3193
3 .- Après avoir prononcé le divorce, le même maire peut-il unir civilement à un autre le conjoint qui tenterait de contracter une nouvelle union, et cela bien que le mariage précédemment contracté devant l'Église soit valide et l'autre partie encore vivante ?
...Réponse (confirmée par le souverain pontife) : Non à 1, 2 et 3.
Décret du Saint-Office, le 15 décembre 1886.
Crémation des corps
DS 3195
Chaque fois qu'il s'agit de ceux dont les corps sont soumis à la crémation non pas de par leur propre volonté mais de par la volonté d'autrui, il est possible d'accomplir les rites et les suffrages de l'Église aussi bien à la maison qu'à l'église, mais non jusqu'au lieu de la crémation, tout scandale étant évité. Or ce scandale pourra être évité également s'il est notoire que la crémation n'a pas été choisie par la volonté propre du défunt.
DS 3196
Mais lorsqu'il s'agit de ceux qui ont choisi la crémation par leur propre volonté, et qui ont persévéré dans cette volonté de façon certaine et notoire jusqu'à leur mort, compte tenu du décret du mercredi 19 mai 1886 3188, il faut procéder pour eux selon les normes du Rituale Romanum, titre " A qui est-il permis de donner la sépulture ecclésiastique ? " Dans les cas particuliers cependant dans lesquels il surgit un doute ou une difficulté, on devra consulter l'Ordinaire...
Réponse du Saint-Office à l'évêque de Carcassonne, 8 mai 1887.
Le vin de messe
DS 3198
Question : (Pour prévenir le risque de corruption du vin, les remèdes qui suivent sont-ils licites, et lequel doit être préféré ?)
1 - Au vin naturel on ajoute une petite quantité d'"eau-de-vie" ; 2. Le vin sera chauffé à soixante-cinq degrés.
Réponse . (Il faut) préférer le vin, tel qu'il est présenté en second lieu.
Décret du Saint-Office "Post obitum", 14 décembre 1887.
Erreurs d'Antonio ROSMINI-SERBATI
DS 3201
1 - Dans l'ordre des choses crées se manifeste immédiatement à l'intelligence humaine quelque chose qui est divin en soi, tel qu'il appartient à la nature divine.
DS 3202
2 - Lorsque nous parlons du divin dans la nature, ce mot 'divin' nous ne le prenons pas pour signifier un effet non divin d'une cause divine ; et ce n'est pas notre intention de parler de quelque chose qui serait divin par participation.
DS 3203
3 - Dans la nature de l'univers, c'est-à-dire dans les intelligences qui s'y trouvent, il y a donc quelque chose à quoi convient la dénomination de divin, non au sens figuré, mais au sens propre. - C'est une réalité qui n'est pas distincte du reste de la réalité divine.
DS 3204
4 - L'être indéterminé, qui sans aucun doute est connu de toutes les intelligences, est ce divin qui est manifesté à l'homme dans la nature.
DS 3205
5 - L'être, objet de l'intuition humaine, est nécessairement quelque chose de l'être nécessaire et éternel, de la cause créante, déterminante et finale de tous les êtres contingents et cela est Dieu.
DS 3206
6 - Dans l'être qui fait abstraction des créatures et de Dieu, c'est-à-dire l'être indéterminé, et en Dieu l'être non indéterminé mais absolu, l'essence est la même.
DS 3207
7 - L'être indéterminé de l'intuition, l'être initial, est quelque chose du Verbe , que l'intelligence du Père distingue du Verbe non pas réellement, mais selon la raison.
DS 3208
8 - Les êtres finis, dont le monde est composé, résultent de deux éléments, c'est-à-dire du terme réel fini et de l'être initial qui confère à ce terme la forme de l'être.
DS 3209
9 - L'être objet de l'intuition, est l'acte initial de tous les êtres. - L'être initial est commencement aussi bien de ce qui est connaissable que de ce qui est subsistant : il est de même le commencement de Dieu, tel qu'il est conçu par nous, et des créatures.
DS 3210
10 - L'être virtuel et sans limite est la première et la plus simple de toutes les entités, de telle sorte que toute autre entité est composée, et que l'être virtuel est toujours et nécessairement l'un de ses composants. - (L'être initial) est la part essentielle de toutes les entités sans exception, quelle que soit la manière dont elles sont divisées par la pensée.
DS 3211
11 - La quiddité (ce qu'est une chose) de l'être fini n'est pas constituée par ce qu'il comprend de positif, mais par ses limites. La quiddité de l'être infini est constituée par l'entité, et elle est positive ; la quiddité de l'être fini cependant est constituée par les limites de l'entité, et elle est négative.
DS 3212
12 - La réalité finie n'est pas, mais Dieu la fait être en ajoutant la limitation à la réalité infinie. - L'être initial devient l'essence de tout être réel. - L'être qui actue les natures finies, leur étant conjoint, est pris de Dieu
DS 3213
13 - La différence entre l'être absolu et l'être relatif n'est pas celle qui existe entre une substance et une autre, mais une différence bien plus grande ; l'un en effet est absolument être, l'autre absolument non-être. Mais cet autre est relativement. Or quand est posé un être relatif, l'être qui est absolument n'est pas multiplié ; c'est pourquoi l'être absolu et l'être relatif ne sont pas une substance unique, mais un être unique ; et en ce sens il n'y a pas diversité d'être, mais unité d'être.
DS 3214
14 - Par l'abstraction divine est produit l'être initial, premier élément des êtres finis ; mais par l'imagination divine est produit le réel fini, ou toutes les réalités dont est fait le monde.
DS 3215
15 - La troisième opération de l'être absolu créant le monde est la synthèse divine, c'est-à-dire l'union des deux éléments que sont l'être initial, commencement commun de tous les êtres finis, et le réel fini, ou mieux : les diverses réalités finies, les termes différents du même être initial. C'est par cette union que sont créés les êtres finis.
DS 3216
16 - L'être initial, mis en rapport par l'intelligence au moyen de la synthèse divine, non comme intelligible mais comme pure essence, avec les termes finis réels, fait que les êtres finis existent subjectivement et réellement.
DS 3217
17 - Tout ce que fait Dieu en créant, c'est de poser l'acte tout entier de l'existence des créatures ; cet acte n'est donc pas proprement fait, mais posé.
DS 3218
18 - L'amour dont Dieu s'aime également dans les créatures, et qui est la raison pour laquelle il se détermine à créer, constitue une nécessité morale qui, dans l'être le plus parfait, produit toujours son effet : c'est seulement dans la plupart des êtres imparfaits que cette sorte de nécessité laisse entière la liberté bilatérale.
DS 3219
19 - Le Verbe est cette matière invisible dont, comme le dit Sg 11,18, toutes les choses de l'univers ont été créées.
DS 3220
20 - Il ne répugne pas que l'âme se multiplie par génération, de sorte à être conçue comme progressant de l'imparfait, c'est-à-dire du degré sensitif, au parfait, c'est-à-dire au degré intellectif.
DS 3221
21 - Quand l'être devient objet d'intuition pour le principe sensitif, par ce seul contact, par cette seule union, ce principe qui d'abord sentait seulement et qui maintenant comprend, est élevé à un état plus noble, change de nature, et devient intelligent, subsistant et immortel.
DS 3222
22 - Il n'est pas impossible de concevoir que par la puissance divine il puisse se faire que l'âme intellective soit séparée du corps animé, et que celui-ci continue d'être animal ; en effet demeurerait en lui, comme la base du pur animal, le principe animal qui auparavant était en lui comme un appendice.
DS 3223
23 - Dans l'état naturel, l'âme du défunt existe comme si elle n'existait pas ; étant donné qu'elle ne peut pas exercer de réflexion sur elle-même, ni avoir conscience d'elle-même, on peut dire que sa condition est semblable à l'état des ténèbres perpétuelles et du sommeil éternel.
DS 3224
24 - La forme substantielle du corps est plutôt l'effet de l'âme et le terme intérieur de son opération : c'est pourquoi la forme substantielle du corps n'est pas l'âme elle-même. - L'union de l'âme et du corps consiste proprement dans la perception immédiate par laquelle le sujet qui a l'intuition d'une idée, affirme le sensible après y avoir eu l'intuition de l'essence.
DS 3225
25 - Une fois le mystère de la Trinité révélé, son existence peut être démontrée par des arguments purement spéculatifs, certes négatifs et indirects, mais tels cependant que par eux cette vérité est ramenée aux disciplines philosophiques et qu'elle devient une proposition scientifique comme les autres : car si elle était niée, la doctrine théosophique de la pure raison non seulement demeurerait incomplète, mais serait annihilée par des obscurités qui surgiraient de toute part.
DS 3226
26 - Les trois formes suprêmes de l'être, à savoir la subjectivité, l'objectivité et la sainteté, ou la réalité, l'idéalité et la moralité, si on les transfère à l'être absolu, ne peuvent pas être conçues autrement que comme des personnes subsistantes et vivantes, - Le Verbe, en tant qu'objet aimé et non en tant que Verbe, c'est-à-dire objet subsistant en soi connu par soi, est la personne de l'Esprit Saint.
DS 3227
27 - Dans l'humanité du Christ, la volonté humaine fut tellement ravie par l'Esprit Saint à adhérer à l'être objectif, c'est-à-dire au Verbe, qu'elle lui a cédé entièrement le gouvernement de l'homme, et que le Verbe a assumé celui-ci de façon personnelle en s'unissant ainsi la nature humaine. Par là, la volonté humaine a cessé d'être personnelle en l'homme, et tandis qu'elle est personne dans les autres hommes, elle demeure nature dans le Christ.
DS 3228
28 - Selon la doctrine chrétienne le Verbe, caractère et face de Dieu, est imprimé dans l'âme de ceux qui reçoivent avec foi le baptême du Christ. - Le Verbe, c'est-à-dire le caractère imprimé dans l'âme, est selon la doctrine chrétienne l'être réel (infini) manifeste par lui-même, et que nous reconnaissons ensuite être la deuxième personne de la très sainte Trinité.
DS 3229
29 - Nous ne pensons pas que ce soit une conjecture étrangère à la doctrine catholique, qui seule est vérité, que de dire dans le sacrement eucharistique la substance du pain et du vin devient la vraie chair et le vrai sang du Christ lorsque le Christ en fait le terme de son principe sentant et le vivifie par sa vie, presque de la manière dont le pain et le vin sont transsubstantiés en notre chair et notre sang puisqu'ils deviennent le terme de notre principe sentant.
DS 3230
30 - La transsubstantiation achevée, on peut penser qu'au corps glorieux du Christ quelque partie incorporée à lui, non séparée (de lui) et pareillement glorieuse, lui est conjointe.
DS 3231
31 - Dans le sacrement de l'eucharistie, en vertu (les paroles, le corps et le sang du Christ est présent seulement dans la mesure qui répond à la quantité (a quel tanto) de la substance du pain et du vin qui est transsubstantiée : le reste du corps du Christ y est présent par concomitance
DS 3232
32 - Parce que celui qui "ne mange pas la chair du Fils de l'homme et ne boit pas son sang n'a pas la vie en lui" Jn 6,54, et que cependant ceux qui meurent avec le baptême d'eau, de sang ou de désir obtiennent de façon certaine la vie éternelle, il faut dire qu'à ceux qui dans cette vie n'ont pas mangé le corps du Christ, cet aliment céleste est administré dans la vie future, à l'instant même de la mort. - C'est pourquoi, lorsqu'il est descendu aux enfers, le Christ a pu aussi se communiquer lui-même sous les espèces du pain et du vin aux saints de l'Ancien Testament pour les rendre aptes à la vision de Dieu.
DS 3233
33 - Lorsque les démons ont pris possession du fruit, ils pensèrent qu'ils entreraient en l'homme s'ils en mangeaient ; la nourriture étant changée en corps animé de l'homme, ils pouvaient entrer librement dans l'animalité, c'est-à-dire dans la vie subjective de cet être, et par là en disposer comme ils se l'étaient proposé.
DS 3234
34 - Pour préserver la bienheureuse Vierge Marie du péché originel, il suffisait que demeure non corrompue une minuscule semence d'homme, négligée peut-être par le démon, et que de cette semence non corrompue, transmise de génération en génération, sortît en son temps la Vierge Marie.
DS 3235
35 - Plus on est attentif à l'ordre de la justification en l'homme, plus apparaît juste le langage de l'Écriture selon lequel Dieu couvre ou n'impute pas certains péchés. - Selon le Psalmiste Ps 32,1 il y a une différence entre les iniquités qui sont remises et les péchés qui sont couverts celles-là sont des fautes actuelles et libres ; ceux-ci en revanche sont les péchés non libres de ceux qui appartiennent au peuple de Dieu et qui pour cela n'en reçoivent aucun dommage.
DS 3236
36 - L'ordre surnaturel est constitué par la manifestation de l'être dans la plénitude de sa forme réelle ; l'effet de sa communication, ou manifestation, est le sentiment (sentimento) déiforme qui, commençant en cette vie, constitue la lumière de la foi et de la grâce, et qui, achevé dans l'autre vie, constitue la lumière de la gloire.
DS 3237
37 - La première lumière qui rend l'âme intelligente est l'être idéal ; la deuxième première lumière est également l'être, non pas seulement idéal, mais subsistant et vivant : celui-là cache sa personnalité et montre seulement son objectivité ; mais celui qui voit la deuxième (qui est le Verbe), bien que comme dans un miroir et en énigme, voit Dieu.
DS 3238
38 - Dieu est l'objet de la vision béatifique en tant qu'il est l'auteur des œuvres ad extra.
DS 3239
39 - Les traces de la sagesse et de la bonté qui brillent dans les créatures sont nécessaires à ceux qui contemplent (au ciel) ; réunies en effet dans l'exemplaire éternel, elles sont cette part de lui qui peut être vue par eux (che è loro accessibile), et elles fournissent le sujet des louanges que les bienheureux chantent à Dieu pour l'éternité.
DS 3240
40 - Puisque Dieu ne peut pas, même par la lumière de la gloire, se communiquer totalement aux êtres finis, il n'a pu révéler et communiquer son essence à ceux qui contemplent (au ciel) que selon le mode qui convient à des intelligences finies c'est-à-dire que Dieu se manifeste à eux en tant qu'il est en relation avec eux comme leur créateur, leur providence leur rédempteur, leur sanctificateur.
DS 3241
(Censure confirmée par le souverain pontife : le Saint-Office) a jugé que les propositions... sont à proscrire et à réprouver au sens de l'auteur, et par ce décret général il les réprouve, les condamne, les proscrit...
Réponse du Saint-Office à l'archevêque de Cambrai, 14 (19) août 1889.
Craniotomie
DS 3258
Dans les écoles catholiques on ne peut pas enseigner de façon sûre que l'opération chirurgicale qu'on appelle "craniotomie" est licite, ainsi qu'il a été déclaré le 28 mai 1884, de même que toute autre opération chirurgicale qui tue directement le fœtus ou la mère enceinte.
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