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SEVERIN : 28 mai - 2 août 640
JEAN IV : 24 décembre 640-12 octobre 642
Lettre " Dominus qui dixit ", à l'empereur Constantin III (Défense du pape Honorius), printemps 641.
La signification des paroles d'Honorius concernant les deux volontés
DS 496
Le patriarche Serge de bienheureuse mémoire a fait savoir au pontife de la ville de Rome susdit, de sainte mémoire (Honorius), que certains affirmaient qu'il y avait dans notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ deux volontés contraires ; ayant appris cela, ledit pape lui répondit que de même que notre Sauveur est une unité unique, de même aussi il a été conçu et est né miraculeusement au-dessus de tout genre humain. Et en raison de sa sainte économie incarnée, il enseignait que notre Rédempteur, de même qu'il est Dieu parfait est aussi homme parfait, pour que, né sans aucun péché, il rétablisse la noblesse de l'état originel que le premier homme avait perdu par la transgression. Il est donc né comme le second Adam, n'ayant aucun péché, ni du fait de la naissance, ni du fait de ses rapports avec les hommes ; car le Verbe fait chair dans la ressemblance avec la chair de péché a pris tout ce qui est nôtre, sans porter aucune culpabilité encourue de par la transmission de la transgression....
L'unique et seul médiateur sans péché de Dieu et des hommes est donc l'homme Christ Jésus 1Tm 2,5, qui a été conçu et est né libre au milieu des morts. Dans l'économie de sa chair sainte il n'avait donc jamais deux volontés opposées, et jamais la volonté de sa chair n'a contredit la volonté de son esprit...
Puisque donc nous savons qu'en lui, lorsqu'il est né et qu'il était en rapport avec les hommes, il n'y avait absolument aucun péché, nous déclarons, comme il convient, et nous confessons en vérité une seule volonté dans l'humanité de son économie sainte, et nous ne prêchons pas deux volontés contraires, de l'esprit et de la chair, comme dans un simple homme, à la façon dont manifestement le prétendent dans leur délire certains hérétiques.
DS 497
C'est de cette façon donc qu'il apparaît... qu'il (le pape Honorius) a écrit (à Serge), à savoir que dans notre Sauveur il n'y a d'aucune manière deux volontés opposées, c'est-à-dire dans ses membres Rm 7,23 puisqu'il n'a contracté aucun défaut de la transgression du premier homme.
Mais pour que nul, de moindre intelligence, ne blâme (Honorius) de ce qu'il ne parle que de la nature humaine et non pas également de la nature divine... celui qui en débat doit savoir qu'il s'agit d'une réponse donnée à une question dudit patriarche. Pour le reste aussi on a coutume d'appliquer l'aide de la médecine là où se trouve la blessure. Et le bienheureux Apôtre lui aussi, manifestement, l'a souvent fait lorsqu'il s'adaptait à l'habitude des auditeurs ; tantôt, lorsqu'il parle de la nature la plus éminente, il se tait totalement quant à la nature humaine ; tantôt, traitant de l'économie humaine, il ne touche pas le mystère de sa divinité...
DS 498
Mon prédécesseur susdit disait donc, dans son enseignement sur le mystère de l'Incarnation du Christ, qu’il n'a pas existé en lui, comme en nous pécheurs, deux volontés contraires, de l'esprit et de la chair. Ce que certains ont retourné en leur propre conception, et ils ont pensé qu'il aurait enseigné une seule volonté de sa divinité et de son humanité, ce qui est totalement contraire à la vérité.
THEODORE Ier : 24 novembre 642 - 14 mai 649
MARTIN 1er : 5 juillet 649-17 juin 653 (16 septembre 655)
Concile du Latran, 5-31 octobre 649.
a) Profession de foi.
Les deux volontés et opérations dans le Christ
DS 500
(Texte Latin)
et de même que nous confessons ses deux natures unies sans confusion, de même aussi ses deux volontés naturelles, la divine et l'humaine, pour confirmer parfaitement et sans amoindrissement qu'un seul et même, Jésus Christ notre Seigneur et Dieu, est vraiment Dieu parfait et homme parfait en toute vérité, et qu'ainsi il a voulu et opéré divinement et humainement notre salut.
(texte grec)
et de même que nous confessons ses deux natures unies sans confusion ni division, de même conformément aux natures, deux volontés, la divine et l'humaine, ainsi que deux opérations naturelles, la divine et l'humaine, cela pour confirmer parfaitement et sans omission que le même et unique Jésus Christ, notre Seigneur et Dieu, est vraiment par nature Dieu parfait et homme parfait, à l'exception du péché, et qu'ainsi il voulait et opérait divinement et humainement notre salut.
b) Canons.
Condamnation d'erreurs concernant la Trinité et le Christ
DS 501
Can. 1. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, le Père et le Fils et le Saint-Esprit, trinité dans l'unité et unité dans la trinité, c'est-à-dire un seul Dieu en trois hypostases consubstantielles et de même gloire, et pour les trois une seule et même divinité, nature, substance, puissance, Seigneurie, royauté, autorité, volonté, opération, incréée, sans commencement, inconcevable, immuable, créatrice de tous les êtres et qui les protège, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, le Père et le Fils et l'Esprit Saint, trinité dans l'unité et unité dans la trinité, c'est-à-dire un seul Dieu en trois hypostases consubstantielles et de même gloire, et pour les trois une seule et même divinité, nature, puissance, seigneurie, royauté, autorité, volonté, opération, souveraineté, incréée, sans commencement, sans limite, immuable, créatrice des êtres et qui les tient ensemble dans sa providence, qu'il soit condamné.
DS 502
Can. 2. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable qu'un de la sainte, consubstantielle et adorable Trinité, Dieu le Verbe lui-même, est descendu du ciel, s'est incarné de l'Esprit Saint et de Marie toujours vierge, s'est fait homme dans la chair, a été crucifié pour nous, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour, est monté au ciel et siège à la droite du Père ; reviendra avec la gloire du Père avec la chair prise par lui et animée par l'intellect, pour juger les vivants et les morts, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que l'un de la sainte, consubstantielle et adorable Trinité, Dieu Verbe lui-même est descendu des cieux, s'est incarné de l'Esprit Saint et de Marie, la toute sainte, toujours vierge, s'est fait homme, a été crucifié dans la chair volontairement pour nous et notre salut, a souffert, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux et siège à la droite du Père, avec la chair qu'il a prise et qui est animée par l'intellect, pour juger les vivants et les morts, qu'il soit condamné.
DS 503
Can. 3. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, Mère de Dieu la sainte, toujours vierge et immaculée Marie, puisque c'est en un sens propre et véritable Dieu Verbe lui-même, engendré de Dieu le Père avant tous les siècles, qu'elle a, dans les derniers temps, conçu du Saint-Esprit sans semence et enfanté sans corruption, sa virginité demeurant inaltérable aussi après l'enfantement, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, Mère de Dieu la sainte, toujours vierge, et immaculée Marie, puisque c'est en un sens propre et véritable Dieu Verbe lui-même, engendré de Dieu le Père avant tous les siècles, qu'elle a, dans les derniers temps, conçu du Saint-Esprit sans semence et enfanté sans corruption, sa virginité demeurant inaltérée aussi après l'enfantement, qu'il soit condamné.
DS 504
Can. 4. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, deux naissances du seul et unique Jésus Christ, notre Seigneur et Dieu, aussi bien avant les siècles de Dieu le Père, incorporelle et éternelle, que de Marie, sainte et toujours vierge, Mère de Dieu, corporelle, à la fin des temps, et un seul et même Jésus Christ, notre Seigneur et Dieu, consubstantiel à Dieu Père selon la divinité, et, consubstantiel à l'homme et à la mère selon l'humanité, et le même capable de souffrir en la chair, ne pouvant souffrir en la divinité, limité en son corps, illimité en sa divinité, le même créé et incréé, terrestre et céleste, visible et intelligible, concevable et inconcevable, pour que par le même, à la fois homme complet et Dieu, fût restauré l'homme complet qui était tombé au pouvoir du péché, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, qu'il y a deux naissances du seul et unique Jésus Christ notre Seigneur, l'une avant les siècles, de Dieu le Père, incorporelle et éternelle, l'autre de Marie, sainte, toujours vierge, dans la chair, dans ces derniers temps, et un seul et même Jésus Christ notre Seigneur et Dieu, consubstantiel à Dieu le Père selon la divinité, consubstantiel à la Vierge et mère selon l'humanité, et le même capable de souffrir en la chair, ne pouvant souffrir en la divinité, limité en son corps, illimité en son esprit, le même incréé et créé, terrestre et céleste, visible et intelligible, concevable et inconcevable, pour que par le même, à la fois homme complet et Dieu, fût restauré l'homme complet qui était tombé au pouvoir du péché, qu'il soit condamné.
DS 505
Can. 5. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, une seule nature incarnée du Dieu Verbe, dans ce sens qu'on dit que notre substance est devenue chair complètement et sans restriction dans le Christ Dieu, à la seule exception du péché, qu'il soit condamné.
(Texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que " une seule nature du Dieu Verbe devenue chair " signifie, à travers l'expression " devenue chair ", la substance conforme à nous complètement et sans restriction dans le Christ Dieu lui-même, à la seule exception du péché, qu'il soit condamné.
DS 506
Can. 6. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que de deux et en deux natures, substantiellement unies, sans confusion et sans division, est un seul et même Seigneur et Dieu Jésus Christ, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que de deux natures, divinité et humanité, et en deux natures, divinité et humanité, unies selon l'hypostase sans confusion et sans division, est un seul et même Seigneur et Dieu Jésus Christ, qu'il soit condamné.
DS 507
Can.7. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que la différence substantielle des natures est sauvegardée en lui sans confusion et sans division, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que la différence substantielle des natures, après leur union ineffable par laquelle existe le seul et unique Jésus Christ, est sauvegardée en lui sans confusion et sans division, qu'il soit condamné.
DS 508
Can. 8. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que l'union substantielle des natures est reconnue en lui sans division et sans confusion, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que l'union des natures selon la conjonction, ou, pour dire vrai, selon l'hypostase, à partir desquelles existe le seul et unique Christ, est reconnue en lui sans division et sans confusion, qu'il soit condamné.
DS 509
Can. 9. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que les propriétés naturelles de sa divinité et de son humanité sont sauvegardées en lui de façon constante et sans diminution, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que les propriétés naturelles de la divinité du Christ sont sauvegardées en lui de façon constante et sans diminution pour confirmer vraiment qu'il est, le même, selon la nature, Dieu parfait et homme parfait, qu'il soit condamné.
DS 510
Can. 10. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, deux volontés du même et unique Christ notre Dieu unies dans un même accord, la divine et l'humaine, du fait que par chacune de ses deux natures le même a voulu, par nature, notre salut, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, deux volontés du même et unique Christ Dieu, unies dans un plein accord, la divine et l'humaine, puisque selon chacune de ses deux natures il était, par nature, à même de vouloir notre salut, qu'il soit condamné.
DS 511
Can. 11. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, deux opérations, unies dans un plein accord, du même et unique Christ notre Dieu, la divine et l'humaine, puisque selon chacune des deux natures il est, par nature, l'opérateur de notre salut, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, deux opérations du même et unique Christ Dieu, unies dans un plein accord, la divine et l'humaine, puisque selon chacune de ses deux natures il opère notre salut, qu'il soit condamné.
DS 512
Can. 12. Si quelqu'un confesse, selon les hérétiques impies, une seule volonté et une seule opération du Christ notre Dieu, et par là supprime ce que confessent les saints Pères, et nie l'économie de celui qui est notre Sauveur, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un confesse, selon les hérétiques impies, une seule nature, une seule volonté, une seule opération de la divinité et de l'humanité du Christ, renversant ainsi ce que confessent les saints Pères et niant l'économie de celui qui est notre Sauveur, qu'il soit condamné.
DS 513
Can. 13. Si quelqu'un selon les hérétiques impies, alors que dans le Christ Dieu deux volontés et deux opérations, la divine et l'humaine, sont sauvegardées substantiellement dans l'unité et enseignées pieusement par nos saints Pères, professe, contre la doctrine des saints Pères, une seule volonté et une seule opération, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un selon les hérétiques impies, en même temps que les deux volontés et opérations, la divine et l'humaine, qui en Christ Dieu sont sauvegardées substantiellement dans l'unité et confessées pieusement par nos saints Pères, commande de professer aussi, contre leur doctrine, une seule opération, qu'il soit condamné.
DS 514
Can. 14. Si quelqu'un, selon les hérétiques impies, en même temps qu'une seule volonté et une seule opération professées par les hérétiques dans leur impiété, nie et repousse également les deux volontés ainsi que les deux opérations, c'est-à-dire la divine et l'humaine, qui dans le même Christ Dieu sont sauvegardées dans l'unité et enseignées par les saints Pères, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un, selon les hérétiques impies, en même temps qu'une seule volonté et une seule opération professées par les hérétiques dans leur impiété dans le Christ Dieu, nie et repousse également les deux volontés et les deux opérations, c'est-à-dire la divine et l'humaine, qui dans le même Christ sont sauvegardées physiquement dans l'unité et enseignées en lui de façon orthodoxe par les saints Pères, qu'il soit condamné.
DS 515
Can. 15. Si quelqu'un, selon les hérétiques impies, considère dans sa folie l'opération divino-humaine que les grecs appellent " théandrique " comme une seule et même opération, mais ne la confesse pas, selon les saints Pères, comme double, c'est-à-dire divine et humaine, ou considère que cette nouvelle appellation " divino-humaine " désigne une seule opération, mais ne signifie pas l'union admirable et glorieuse des deux, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un, selon les hérétiques impies, considère dans sa folie l'opération théandrique comme une seule mais ne le confesse pas, selon les saints Pères, comme double, c'est-à-dire divine et humaine, ou considère que cette nouvelle appellation " théandrique " désigne une seule opération, mais ne signifie pas l'union admirable et surnaturelle des deux, qu'il soit condamné.
DS 516
Can. 16. Si quelqu'un, selon les hérétiques impies, pour abolir les deux volontés et les deux opérations, c'est-à-dire la divine et l'humaine, qui en Christ sont sauvegardées substantiellement dans l'union et ont été enseignées pieusement par les saints Pères, lie dans sa folie des oppositions et des divisions au mystère de son économie, et pour cette raison ne rapporte pas les paroles évangéliques et apostoliques sur ce même Sauveur à la seule et même personne, et substantiellement le même Seigneur Jésus Christ notre Dieu, conformément au bienheureux Cyrille, pour qu'on voie qu'il est, le même, par nature Dieu et homme, qu'il soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un, selon les hérétiques impies, pour abolir les deux volontés et les deux opérations, la divine et l'humaine, qui en Christ Dieu sont sauvegardées substantiellement dans l'union et sont enseignées pieusement par les saints Pères, introduit dans sa folie des oppositions et des divisions dans le mystère, et pour cette raison n'attribue pas les paroles des évangiles et des apôtres sur ce Sauveur au seul et même notre Seigneur Jésus Christ, conformément au bienheureux Cyrille, pour certifier que le même est par nature Dieu et vraiment homme, qu'il soit condamné.
DS 517
Can. 17. Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, tout ce qui a été transmis et prêché à la sainte Église de Dieu, catholique et apostolique, tant par les saints Pères eux-mêmes que par les cinq vénérables conciles universels, jusqu'au dernier détail, dans les mots et dans l'esprit, qu'il soit condamné.
(texte grec) Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, tout ce qui a été transmis et prêché à la sainte Église de Dieu, catholique et apostolique, tant par les saints Pères eux-mêmes que par les cinq conciles œcuméniques reconnus, jusqu'au dernier détail, dans les mots et dans l'esprit, qu'il soit condamné.
DS 518
Can. 18. Si quelqu'un ne rejette pas et n'anathématise pas selon les saints Pères, en accord avec nous et dans la même foi, de son âme et de sa bouche, tous ceux que la sainte Église de Dieu, catholique et apostolique - c'est-à-dire les cinq saints conciles universels et d'une manière concordante tous les Pères de l'Église éprouvés - rejette et anathématise comme hérétiques les plus abominables, avec tous leurs écrits impies, jusqu'au dernier détail, (texte grec). Si quelqu'un ne rejette pas et n'anathématise pas selon les saints Pères, en accord avec nous et de la même foi, de son âme et de sa bouche, tous ceux que la sainte Église de Dieu, catholique et apostolique - c'est-à-dire les cinq saints conciles œcuméniques et tous les Pères de l'Église reconnus qui pensent de même - rejette et anathématise comme hérétiques impies, avec tous leurs écrits impies, jusqu'au dernier détail,
DS 519
à savoir, Sabellius, Arius, Eunome, Macédonius, Apollinaire, Polémon, Eutychès, Dioscore, Timothée Aelure, Sévère, Théodose, Colluthus, Themistius, Paul de Samosate, Diodore, Théodore, Nestorius, le Perse Théodure, Origène, Didyme, Evagre et tous les autres hérétiques pris ensemble...
(texte grec) - à savoir, Sabellius, Arius, Eunome, Macédonius, Apollinaire, Polémon, Eutychès, Dioscore, Timothée Aelure, Sévère, Théodose, Colluthus, Themistius, Paul de Samosate, Diodore, Théodore, Nestorius, le Perse Théodure, Origène, Didyme, Evagre et tous les autres hérétiques pris ensemble...
DS 520
si donc quelqu'un... ne rejette pas et n'anathématise pas les doctrines très impies de leur hérésie et ce qui a été écrit de façon impie par qui que ce soit en leur faveur ou pour les expliquer, ainsi que les dits hérétiques, à savoir Théodore, Cyrus, Serge, Pyrrhus et Paul... ou si quelqu'un considère comme condamné ou même déposé un de ceux qui ont été déposés et condamnés par ceux-là ou par d'autres qui leur sont semblables parce qu'il ne pense aucunement la même chose que ceux-là, mais confesse avec nous la doctrine des saints Pères, et s'il ne le considère pas, bien au contraire... comme un combattant pieux et orthodoxe de l'Église catholique et qu'il considère comme tels bien plutôt ces impies et leurs décisions détestables à ce sujet et leurs sentences nulles, sans effet et invalides, et plus encore impies, exécrables et réprouvées, qu'un tel homme soit condamné.
(texte grec) si donc quelqu'un... ne rejette pas et n'anathématise pas les doctrines très impies de leur hérésie et ce qui a été écrit de façon impie par qui que ce soit en leur faveur ou pour leur défense ainsi que les dits hérétiques, à savoir Théodore, Cyrus, Serge, Pyrrhus et Paul... ou si quelqu'un considère comme déposé ou même condamné un de ceux qui ont été déposés ou condamnés par ceux-là ou par d'autres qui pensent de même que ceux-là parce qu'il ne pense pas ce qu'ils pensent, mais confesse avec nous la doctrine des saints Pères, et s'il ne le considère pas, bien au contraire... comme un combattant pieux et orthodoxe de l'Église catholique et qu'il considère comme tels bien plutôt ces impies et leurs décisions injustes à ce sujet et leurs sentences vaines, sans effet et invalides, et plus encore impies, exécrables et réprouvées, qu'un tel homme soit condamné.
DS 521
Can. 19. Si quelqu'un professe et pense manifestement ce que tiennent les hérétiques impies et qu'il dit dans son impudence vaine que tels sont les enseignements de la piété que ceux qui observent et servent la Parole - c'est-à-dire les cinq saints conciles universels - ont transmis depuis le commencement, et calomnie ainsi les saints Pères eux-mêmes et les cinq saints conciles susmentionnés afin de tromper les simples ou de défendre sa propre perfidie impie, qu'un tel homme soit condamné.
(texte grec). Si quelqu'un pense et enseigne manifestement ce que tiennent les hérétiques impies et qu'il dit dans sa précipitation insensée que tels sont les enseignements de la piété que ceux qui observent et servent la Parole - c'est-à-dire les cinq saints conciles œcuméniques - ont transmis depuis le commencement, et calomnie ainsi les saints Pères eux-mêmes et les cinq saints conciles œcuméniques susmentionnés afin de tromper les simples et de défendre sa propre foi erronée et impie, qu'un tel homme soit condamné.
DS 522
Can. 20. Si quelqu'un selon les hérétiques impies, de quelque façon que ce soit... déplace de façon illicite les bornes que les saints Pères de l'Église catholique - c'est-à-dire les cinq saints conciles universels - ont déterminées de façon irrévocable et recherche de façon téméraire des nouveautés et des présentations d'une autre foi, ou des livres, ou des lettres, ou des écrits, ou des signatures, ou de faux témoignages, ou des synodes, ou des actes de débats, ou des ordinations vaines non reconnues par les canons ecclésiastiques, ou des délégations qui ne conviennent pas et sans fondement, et si d'une façon générale, comme ont coutume de faire les hérétiques, quelqu'un fait quelque chose d'autre par son activité diabolique et par des voies détournées et rusées contre les prédications pieuses des orthodoxes de l'Église catholique - c'est-à-dire de ses saints Pères et de ses synodes - afin de détruire la confession sincère de notre Seigneur et Dieu Jésus Christ, et qu'il persiste jusqu'à la fin, sans repentir, dans ces agissements impies, qu'un tel homme soit condamné pour les siècles des siècles, " et que tout le peuple dise : qu'il en soit ainsi ". Ps 106,48
(texte grec). Si quelqu'un selon les hérétiques impies, de quelque façon que ce soit... déplace de façon illicite les bornes que les saints Pères de l'Église catholique - c'est-à-dire les cinq saints conciles œcuméniques - ont déterminés de façon irrévocable et recherche de façon téméraire des nouveautés et des présentations d'une autre foi, ou des formules, ou des lois, ou des statuts, ou des livres, ou des rapports, ou des lettres, ou des écrits, ou des signatures, ou de faux témoignages, ou des synodes, ou des actes de débats, ou des impositions des mains vaines non reconnues par les canons ecclésiastiques, ou des délégations ou délégués sans légalité ou contraires aux canons, et si d'une façon générale, comme ont coutume de faire les hérétiques impies, quelqu'un fait quelque chose d'autre par son activité diabolique et par des voies détournées et rusées contre les prédications pieuses et orthodoxes de l'Église catholique - c'est-à-dire de ses Pères et de ses conciles - afin de détruire la confession sincère de notre Seigneur et Dieu Jésus Christ, et qu'il persiste jusqu'à la fin, sans repentir, dans ces agissements impies, qu'un tel homme soit condamné pour les siècles des siècles, " et que tout le peuple dise : qu'il en soit ainsi " Ps 106,48
EUGENE Ier : 10 août 654 - 2(3 ?) juin 657
VITALIEN : 30 juillet 657 - 27 janvier 672
ADEODAT II : 11 avril 672-17 (16 ?) juin 676
11ème " concile de Tolède, commencé le 7 novembre 675
profession de foi.
La Trinité divine.
DS 525
(01) Nous confessons et nous croyons que la sainte et ineffable Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, est un seul Dieu par nature, d'une seule substance, d'une seule nature, ainsi que d'une seule majesté et puissance.
(02) Et nous professons que le Père n'est ni engendré ni créé, mais qu'il est inengendré. Il ne tire en effet son origine de personne, lui de qui le Fils a reçu la naissance et l'Esprit Saint la procession. Il est donc lui-même source et origine de toute la divinité.
(03) Il est aussi le Père de sa propre essence, lui qui de son ineffable substance a engendré ineffablement le Fils, et cependant n'a pas engendré autre chose que ce qu'il est lui-même (lui, le Père, à savoir son essence ineffable, a engendré aussi de façon ineffable le Fils de sa substance) : Dieu (a engendré Dieu), la lumière, la lumière, de lui donc est " toute paternité au ciel et sur la terre " Ep 3,15
DS 526
(04) Nous affirmons aussi que le Fils est né de la substance du Père sans commencement, avant les siècles et cependant il n'a pas été fait : car ni le Père n'a jamais existé sans le Fils, ni le Fils jamais sans le Père.
(05) Et cependant, le Père n'est pas du Fils comme le Fils du Père, parce que le Père n'a pas reçu du Fils la génération, mais le Fils l'a reçue du Père. Le Fils est donc Dieu issu du Père, mais le Père n'est pas Dieu issu du Fils. Père du Fils, il n'est pas Dieu par le Fils. Celui-ci est Fils du Père et Dieu par le Père. Le Fils est cependant égal en toutes choses à Dieu, le Père, parce qu'il n'a jamais ni commencé ni cessé de naître.
(06) Nous croyons aussi qu'il a une seule substance avec le Père ; c'est pourquoi on dit qu'il est homoousios au Père, c'est-à-dire de même substance que le Père ; en grec en effet homos signifie " un " et ousia " substance " ; les deux mots joints font " une seule substance ". On doit croire que le Fils a été engendré et qu'il est né non de rien ni d'une autre substance, mais du sein du Père, c'est-à-dire de sa substance.
(07) Éternel est donc le Père, éternel est le Fils. Si le Père a toujours été, il a toujours eu un Fils dont il était le Père ;c'est pourquoi nous confessons que le Fils est né du Père sans commencement.
(08) Cependant ce même Fils de Dieu, de ce qu'il a été engendré du Père, nous ne l'appelons pas une " partie de sa nature divisée ", mais nous affirmons que le Père parfait a engendré son Fils parfait sans diminution ni division, parce qu'il appartient à la divinité seule de n'avoir pas un Fils inégal.
(09) Ce Fils est Fils de Dieu par nature, non par adoption, et nous devons croire que le Père ne l'a engendré ni par volonté ni par nécessité, car en Dieu aucune nécessité n'existe et la volonté ne précède pas la sagesse.
DS 527
(10) Nous croyons aussi que l'Esprit Saint, qui est la troisième personne dans la Trinité, est Dieu, un et égal au Père et au Fils, de même substance et aussi de même nature : il n'est cependant ni engendré ni créé, mais il procède de l'un et de l'autre, il est l'Esprit de tous deux.
(11) Nous croyons aussi que l'Esprit n'est ni inengendré, ni engendré, de sorte qu'on ne considère pas, si nous le disons inengendré, que nous affirmons deux Pères, ou si nous le disons engendré, que nous prêchons deux Fils ; cependant on ne dit pas qu'il est seulement l'Esprit du Père mais à la fois l'Esprit du Père et du Fils.
(12) Car il ne procède pas du Père vers le Fils ni ne procède du Fils pour sanctifier les créatures, mais il apparaît bien comme ayant procédé à la fois de l'un et de l'autre, parce qu'il est reconnu comme la charité ou la sainteté de tous deux.
(13) Nous croyons donc que le Saint-Esprit est envoyé par les deux, comme le Fils l'est par le Père ; mais il n'est pas considéré comme moindre que le Père et le Fils, à la manière dont le Fils atteste qu'il est moindre que le Père et l'Esprit Saint à cause de la chair qu'il a prise.
DS 528
(14) Voici comment parler de la sainte Trinité : on doit dire qu'elle n'est pas triple mais trine. On ne peut dire justement que la Trinité soit en un seul Dieu mais qu'un seul Dieu est Trinité.
(15) Dans les noms des personnes qui expriment les relations, le Père est référé au Fils, le Fils au Père, le Saint-Esprit aux deux : quand on parle des trois personnes en considérant les relations, on croit cependant qu'ils sont une seule nature ou substance.
(16) Nous n'affirmons pas trois substances comme nous affirmons trois personnes, mais une seule substance et trois personnes.
(17) En effet, le Père est Père, non par rapport à lui-même mais par rapport au Fils ; le Fils est Fils, non par rapport à lui-même, mais par rapport au Père. De même, le Saint-Esprit ne se réfère pas par rapport à lui-même mais au Père et au Fils, parce qu'il est appelé l'Esprit du Père et du Fils.
(18) De même, quand nous disons " Dieu ", nous n'exprimons pas une relation à un autre, comme celle du Père au Fils ou du Fils au Père ou du Saint-Esprit au Père et au Fils mais " Dieu " est dit spécialement en référence à lui-même.
DS 529
(19) Si on nous interroge sur chacune des personnes, nous devons confesser qu'elle est Dieu. On dit que le Père est Dieu, que le Fils est Dieu, que le Saint-Esprit est Dieu, chacun en particulier ; cependant ce ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu.
(20) De même, on dit que le Père est tout-puissant, que le Fils est tout-puissant, que le Saint-Esprit est tout-puissant ; cependant ce ne sont pas trois tout-puissants, mais un seul Tout-Puissant, comme nous professons une seule lumière et un seul principe.
(21) Nous confessons et croyons que chacune personne en particulier est pleinement Dieu et que toutes trois sont un seul Dieu : elles ont une divinité, une majesté, une puissance unique, indivisée, égale, qui ne diminue pas en chacun et qui n'augmente pas dans les trois ; car elle n'est pas moindre quand chaque personne est appelée Dieu en particulier ; elle n'est pas plus grande quand les trois personnes sont appelées un seul Dieu.
DS 530
(22) Cette sainte Trinité, qui est un seul vrai Dieu, n'est pas hors du nombre mais elle n'est pas enfermée dans le nombre. Dans les relations des personnes, le nombre apparaît ; dans la substance de la divinité, on ne peut saisir quelque chose qu'on puisse dénombrer. Il y a donc indication de nombre uniquement dans les rapports qu'elles ont entre elles, mais il n'y a pas pour elles de nombre, en tant qu'elles sont référées à elles-mêmes.
(23) Il faut donc un nom de nature à cette sainte Trinité, tel qu'il ne puisse être utilisé au pluriel dans les trois personnes. Pour cela nous croyons ce que l'Écriture dit : " Grand est notre Seigneur et grande est sa puissance et sa sagesse n'a pas de nombre " Ps 147,5
(24) Ce n'est pas parce que nous disons que ces trois personnes sont un seul Dieu, que nous pouvons dire que le Père est le même que le Fils ou que le Fils est le Père, ou que celui qui est le Saint-Esprit est le Père ou le Fils.
(25) Car celui qui est le Fils n'est pas le Père, et celui qui est le Père n'est pas le Fils, ni le Saint-Esprit n'est celui qui est le Père ou le Fils ; cependant, le Père est cela même qu'est le Fils, le Fils cela même qu'est le Père, le Père et le Fils cela même qu'est le Saint-Esprit, c'est-à-dire un seul Dieu par nature.
(26) Car lorsque nous disons que le Père n'est pas celui-là même qui est le Fils nous nous référons à la distinction des personnes. Mais quand nous disons que le Père est cela même qu'est le Fils, le Fils cela même qu'est le Père, le Saint-Esprit cela même qu'est le Père et le Fils, nous exprimons que cela appartient à la nature ou à la substance par laquelle Dieu est, parce qu'ils sont substantiellement un : nous distinguons en effet les personnes, mais nous ne divisons pas la divinité.
DS 531
(27) Nous reconnaissons donc la Trinité dans la distinction des personnes ; l'unité, nous la professons à cause de la nature ou substance. Ces trois sont donc un comme nature, non comme personne.
(28) Cependant il ne faut pas concevoir ces trois personnes comme séparables, puisque nous croyons qu'aucune n'a jamais existé, n'a jamais accompli quelque œuvre ni avant l'autre ni après l'autre ni sans l'autre.
(29) Elles sont inséparables en effet aussi bien en ce qu'elles sont qu'en ce qu'elles font, car entre le Père qui engendre, le Fils lui est engendré et l'Esprit Saint qui procède, nous ne croyons pas qu'il y ait quelque intervalle de temps par lequel celui qui engendre aurait précédé un moment l'engendré, ou l'engendré aurait manqué à celui qui engendre, ou le Saint-Esprit, en procédant, serait apparu comme venant après le Père et le Fils.
(30) C'est pourquoi nous déclarons et croyons cette Trinité inséparable et distincte. Nous parlons de trois personnes, selon ce qu'ont défini nos Pères, pour qu'elles soient connues comme telles, non pour qu'elles soient séparées.
(31) Car si nous considérons ce que la sainte Écriture dit de la Sagesse : " Elle est la splendeur de la lumière éternelle " Sg 7,26, de même que nous voyons la splendeur ne faire qu'un avec la lumière, inséparablement, de même nous confessons que le Fils ne peut être séparé du Père.
(32) De même que nous ne confondons pas ces trois personnes, dont la nature est une et inséparable, nous déclarons aussi qu'elles ne sont absolument pas séparables.
DS 532
(33) Car la Trinité elle-même a daigné nous montrer cela si clairement que, même dans les noms dont elle a voulu que chaque personne fut désignée, elle n'a pas permis qu'on comprenne l'une sans l'autre : le Père en effet ne peut être connu sans le Fils et le Fils n'est pas découvert sans le Père.
(34) La relation elle-même en effet, dans sa dénomination personnelle, empêche de séparer les personnes et, quand elle ne les nomme pas ensemble, elle les indique ensemble. Personne ne peut entendre l'un de ces noms qu'il ne soit forcé de comprendre aussi l'autre.
(35) Ces trois étant donc un et cet un étant trois, chaque personne garde cependant sa propriété. Le Père a l'éternité sans naissance, le Fils l'éternité avec la naissance, et le Saint-Esprit la procession sans naissance, avec l'éternité.
L'incarnation.
DS 533
(36) Nous croyons que, de ces trois personnes, seule la personne du Fils a pris une nature humaine véritable, sans péché, de la sainte et immaculée Vierge Marie, pour la libération du genre humain ; il est né d'elle selon un nouvel ordre, selon une nouvelle naissance : un nouvel ordre, parce que invisible en sa divinité il paraît visible en la chair ; nouvelle naissance, parce qu'une virginité intacte n'a pas connu le contact de l'homme et a fourni la matière de son corps fécondé par l'Esprit Saint.
(37) Cet enfantement de la Vierge, la raison ne peut le comprendre ; aucun exemple ne l'éclaire. Si la raison le comprend, il n'est pas admirable ; si des exemples l'éclairent, il ne sera plus particulier.
(38) Il ne faut pas cependant croire que le Saint-Esprit est le Père du Fils, du fait que Marie a conçu sous l'ombre de ce même Saint-Esprit, car nous ne devons pas avoir l'air d'affirmer que le Fils a deux Pères : il est certainement impie de le dire.
DS 534
(39) Dans cette conception admirable, la Sagesse, s'étant bâti une demeure, " le Verbe s'est fait chair et il a habité, parmi nous " Jn 1,14. Cependant, ce Verbe ne s'est pas transformé ni changé dans la chair, en sorte que celui qui voulait être homme cessât d'être Dieu ; mais " Le Verbe s'est fait chair de telle sorte qu'il y a en lui non seulement le Verbe de Dieu et la chair de l'homme, mais encore une âme humaine raisonnable et que tout est appelé Dieu à cause de Dieu et homme à cause de l'homme.
(40) Dans le Fils de Dieu, nous croyons qu'il y a deux natures, celle de la divinité et celle de l'humanité, que l'unique personne du Christ a unies en lui de telle sorte qu'il est impossible de jamais séparer la divinité de l'humanité et l'humanité de la divinité.
(41) Dès lors, le Christ est Dieu parfait et homme parfait dans l'unité d'une seule personne ; néanmoins, en disant qu'il y a deux natures dans le Fils nous ne faisons pas qu'il y ait deux personnes en lui, de peur qu'à la Trinité - ce qu'à Dieu ne plaise ! - ne vienne s'ajouter une quaternité.
(42) Car Dieu le Verbe n'a pas pris la personne de l'homme, mais sa nature, et dans la personne éternelle de la divinité, il a pris la substance temporelle de la chair.
DS 535
(43) De même nous croyons que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont une unique substance, sans dire pourtant que la Vierge Marie ait enfanté l'unité de cette Trinité : elle n'a enfanté que le Fils, qui seul a pris notre nature dans l'unité de sa personne.
(44) Nous devons croire aussi que l'Incarnation du Fils de Dieu a été réalisée par la Trinité tout entière car les œuvres de la Trinité ne peuvent être divisées. Cependant le Fils seul a pris la forme d'esclave Ph 2,7 dans la singularité d'une personne, non dans l'unité de la nature divine ; dans ce qui est propre au Fils, non dans ce qui est commun à la Trinité :
(45) cette forme a été jointe à l'unité de la personne, en sorte que le Fils de Dieu et le Fils de l'homme sont un seul Christ. De même le Christ, dans ses deux natures, est fait de trois substances, celle du Verbe, qu'il faut rapporter à l'essence de Dieu uniquement, celles du corps et de l'âme qui appartiennent à l'homme véritable.
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(46) Il a donc en lui la double substance de sa divinité et de notre humanité.
(47) Parce qu'il est venu de Dieu le Père sans commencement, on dit seulement qu'il est né, car il n'a pas été fait ni prédestiné ; mais parce qu'il est né de la Vierge Marie, on doit croire qu'il est né, a été fait et a été prédestiné.
(48) Cependant en lui les deux générations sont admirables, parce qu'il a été engendré du Père, sans mère, avant les siècles, et parce qu'à la fin des siècles il a été engendré d'une mère, sans père. En tant qu'il est Dieu, il a créé Marie ; en tant qu'il est homme, il a été créé par Marie. Il est le père et le fils de Marie sa mère.
(49) De même du fait qu'il est Dieu, il est égal au Père ; du fait qu'il est homme, il est moindre que le Père.
(50) De même nous devons croire qu'il est plus et moins que lui-même : dans la forme de Dieu, le Fils est plus que lui-même, parce qu'il a pris l'humanité, à qui la divinité est supérieure ; mais dans la forme d'esclave, il est moins que lui-même, c'est-à-dire dans l'humanité qui est reconnue inférieure à la divinité.
(51) Car de même que la chair qu'il a prise le fait moins, non seulement que son Père, mais que lui-même, de même selon sa divinité par laquelle il est égal au Père, lui-même et le Père sont plus que l'homme, que seule la personne du Fils a assumé.
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(52) De même, cherche-t-on si le Fils pourrait être à la fois égal au Saint-Esprit et plus grand que lui, comme l'on croit qu'il est tantôt égal au Père et tantôt moindre que le Père, nous répondrons : selon la forme de Dieu, il est égal au Père et au Saint-Esprit ; selon la forme d'esclave, il est moindre que le Père et le Saint-Esprit, parce que ni le Saint-Esprit ni Dieu le Père, mais seule la personne du Fils s'est incarnée, et eu égard à cette chair, nous croyons qu'il est moindre que ces deux autres personnes.
(53) De même nous croyons que ce Fils, en tant que personne, est distinct, mais inséparable du Père et du Saint-Esprit ; en tant que nature il est distinct de la nature humaine qu'il a prise. De même, avec la nature humaine, il constitue une personne ; avec le Père et le Saint-Esprit, il est la nature ou substance de la divinité.
DS 538
(54) Cependant nous devons croire que le Fils n'a pas été envoyé seulement par le Père, mais par le Saint-Esprit, car lui-même dit par le Prophète : " Voici que maintenant le Seigneur m'a envoyé ainsi que son Esprit " Is 48,16.
(55) On reconnaît aussi qu'il a été envoyé par lui-même, car indivisible est non seulement la volonté mais l'opération de la Trinité tout entière.
(56). Celui qui a été appelé unique avant les siècles est devenu le premier-né dans le temps : unique en raison de l'essence divine, premier-né en raison de la nature de chair qu'il a prise.
La Rédemption.
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(57) Dans la forme d'homme qu'il a prise, nous croyons, qu'il est, selon la vérité de l'Évangile, conçu sans péché, né sans péché, mort sans péché, lui qui seul " s'est fait péché " pour nous Is 2, c'est-à-dire sacrifice pour nos péchés.
(58) Néanmoins, il a subi la Passion pour nous, sa divinité demeurant intacte, il a été condamné à mort, a eu sur la croix une vraie mort de la chair ; et le troisième jour, relevé par sa propre puissance, il a surgi du tombeau.
Le sort de l'homme après la mort.
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(59) Ainsi l'exemple de notre chef nous fuit confesser qu'il y a une véritable résurrection de la chair pour tous les morts.
(60) Nous ne croyons pas que nous ressusciterons dans un corps aérien ou dans quelque autre espèce de chair, selon les divagations de certains, mais dans cette chair avec laquelle nous vivons, nous existons et nous nous mouvons.
(61) Notre Seigneur et Sauveur ayant fourni le modèle de cette sainte résurrection, a regagné par son Ascension le trône paternel que sa divinité n'avait jamais abandonné.
(62) Siégeant là, à la droite du Père, il est attendu pour la fin des siècles comme juge de tous les vivants et de tous les morts.
(63) De là il viendra avec tous les saints pour juger et rendre à chacun le salaire qui lui est personnellement dû, selon ce que chacun aura accompli quand il était en son corps, soit en bien, soit en mal 2Co 5,10.
(64) Nous croyons que la sainte Église catholique, rachetée au prix de son sang, régnera avec lui pour toujours.
(65) Rassemblés au sein de cette Église, nous croyons et professons un seul baptême en rémission de tous les péchés.
(66) Dans cette foi, nous croyons sincèrement à la résurrection des morts et nous attendons les joies du siècle à venir.
(67) Il ne nous reste qu'à demander ceci dans notre prière : lorsque, après l'exécution et la fin du jugement, le Fils aura remis son Royaume à Dieu son Père 1Co 15,24, qu'il nous y fasse participer, afin que, par cette foi qui nous unit à lui, nous régnions avec lui sans fin.
DS 541
(68) Tel est l'exposé de la foi que nous professons. Par elle, les doctrines de tous les hérétiques sont anéanties ; par elle, les cœurs des fidèles sont purifiés ; par elle, on arrive glorieusement à Dieu...
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