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Lc 17, 20-21
20 Comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il leur répondit : « Le règne de Dieu ne vient pas d'une manière visible.
21 On ne dira pas : 'Le voilà, il est ici !' ou bien : 'Il est là !' En effet, voilà que le règne de Dieu est au milieu de vous. »
Saint Cyrille d’Alexandrie. (Commentaire grec.) Comme le Sauveur, dans les discours qu’il adressait au peuple, parlait fréquemment du royaume de Dieu, les pharisiens prenaient occasion de là pour se moquer de lui : " Interrogé par les pharisiens, quand viendrait le royaume de Dieu. " Ils semblaient lui dire comme par dérision : Avant que vienne ce royaume dont vous parlez, vous finirez vos jours sur la croix. " Mais le Seigneur voulant nous montrer toute sa patience, au lieu de repousser cette injure par de violents reproches, ne. dédaigne pas de répondre directement aux méchants : " Il leur répondit : Le royaume de Dieu ne vient point d’une manière qui frappe les regards. " Paroles qui reviennent à celles-ci : " Ne cherchez pas à connaître le temps où viendra le royaume des cieux, " car il ne peut être connu ni par les anges ni par les hommes, comme l’a été le temps de l’incarnation, qui a été prédit et annoncé par les oracles des prophètes et par la voix des anges. Aussi le Sauveur ajoute : " On ne dira point : Il est ici, ou il est là. " Ou bien encore, ils l’interrogent sur le temps où viendra le royaume de Dieu, parce qu’ils pensaient (comme il est dit plus bas), que le royaume de Dieu se manifesterait à l’entrée du Seigneur dans la ville de Jérusalem. C’est pour cela qu’il leur répond : " Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à être remarqué. " — Saint Cyrille d’Alexandrie. Il fait seulement cette déclaration pour la consolation de chacun : " Le royaume de Dieu est au milieu de vous, " c’est-à-dire, il dépend de vos affections, il est en votre pouvoir de l’obtenir, car tout homme justifié par la foi et par la grâce de Jésus-Christ, et orné des vertus chrétiennes, peut établir en lui-même le royaume des cieux. — Saint Grégoire de Nysse. (du but que doit se propos. le chrét.) Peut-être aussi entend-il par ce royaume qui est au dedans de nous la joie que l’Esprit saint répand dans nos âmes, car cette joie est la figure et le gage de la joie éternelle qui est le partage des âmes saintes dans la vie future. — Saint Bède. Ou bien encore, ce royaume de Dieu, c’est lui-même qui demeure au milieu d’eux, c’est-à-dire, qui règne dans leurs cœurs par la foi.

Lc 17, 22-25
22 Et il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l'homme, et vous ne le verrez pas.
23 On vous dira : 'Le voilà, il est ici ! il est là !' N'y allez pas, n'y courez pas.
24 En effet, comme l'éclair qui jaillit illumine l'horizon d'un bout à l'autre, ainsi le Fils de l'homme, quand son Jour sera là.
25 Mais auparavant, il faut qu'il souffre beaucoup et qu'il soit rejeté par cette génération.
Saint Cyrille d’Alexandrie. Le Seigneur qui venait de dire : " Le royaume de Dieu est en vous-mêmes, " voulut préparer ses disciples à la patience, et les remplir de courage pour qu’ils pussent entrer dans le royaume de Dieu. Il leur prédit donc qu’avant qu’il descende des cieux, à la fin du monde, la persécution fondra sur eux : " Et il dit à ses disciples : Viendra un temps, " etc. C’est-à-dire, que la persécution sera si grande, qu’ils désireront voir un de ces jours où ils avaient le bonheur de vivre dans la société du Christ, Sans doute, les Juifs avaient accablé le Sauveur de mille outrages et de mille injures, ils avaient voulu le lapider et le précipiter du haut d’une montagne, mais ces épreuves étaient désirables en comparaison des persécutions bien plus grandes qui les attendaient. — Théophylacte. Ils vivaient alors sans aucune sollicitude sous la providence, et la protection de Jésus-Christ, mais il devait venir un temps où, séparés de lui, ils seraient livrés à tous les dangers, conduits devant les rois et les princes, et alors ils regretteraient les premiers temps comme des jours de tranquillité. — Saint Bède. Ou bien par ce jour du Christ, il veut parler de son règne dont nous attendons l’avènement, et il dit très-justement " Un jour, " parce que, dans ce bienheureux séjour de la gloire éternelle, il n’y aura plus d’alternative de jour et de nuit. Il est bon de désirer le jour du Christ, mais il ne faut pas que la vivacité de ce désir nous jette dans des illusions et des songes, comme si ce jour du Seigneur était proche. C’est contre ces illusions que le Sauveur ajoute : " Et on vous dira : Il est ici, il est là, gardez-vous d’y aller. " — Eusèbe. (Commentaire grec.) C’est-à-dire, si à la venue de l’Antéchrist, le bruit se répand que c’est le Christ qui apparaît, ne sortez point, ne marchez pas à sa suite, car il est impossible que celui qui s’est manifesté une fois clairement aux hommes, puisse revenir se renfermer dans quelque lieu particulier de la terre. Ce sera donc celui dont on doit dire : Ce n’est pas le vrai Christ. Un signe évident du second avènement de notre Sauveur, c’est que l’éclat de son arrivée remplira tout à coup l’univers tout entier : " Comme l’éclair brille soudain d’une extrémité du ciel à l’autre, ainsi paraîtra le Fils de l’homme en son jour. " Car on ne le verra pas marchant sur la terre comme un homme ordinaire, mais il répandra sur nous tous les rayons de sa gloire et fera briller à tous les yeux les splendeurs de sa divinité.
Saint Bède. Il dit avec raison : " Comme l’éclair qui brille sous un côté du ciel, " parce que le jugement dernier se fera sous le ciel (c’est-à-dire, au milieu des airs), D’après ces paroles de l’Apôtre : " Nous qui vivons, qui sommes restés, nous serons emportés avec eux dans les nuées au-devant du Christ dans les airs. " (1 Th 4.) Or, si le Seigneur apparaît alors comme l’éclair, personne donc ne pourra demeurer caché dans son intérieur, pénétré qu’il sera par cette lumière éclatante qui environnera le juge. On peut encore entendre ces paroles de cet avènement du Sauveur qui se fait tous les jours dans l’Église. En effet, en proclamant que leur doctrine seule conservait la foi de Jésus-Christ, les hérétiques ont souvent troublé l’Église à ce point, que les fidèles qui vivaient alors ont désiré que le Sauveur revint, s’il était possible, un seul jour sur la terre, pour déclarer lui-même quelle était la foi véritable : " Et vous ne le verrez pas, " ajoute-t-il, parce qu’il n’est pas nécessaire que le Seigneur revienne visiblement pour enseigner de nouveau la doctrine qu’il a répandue par tout l’univers par les divines clartés de l’Évangile.
Saint Cyrille d’Alexandrie. Les disciples de Jésus pensaient qu’aussitôt son arrivée à Jérusalem, il leur manifesterait le royaume de Dieu. Pour détruire cette opinion, il leur fait connaître qu’il doit d’abord souffrir pour notre salut, remonter vers son Père, et descendre du ciel dans tout l’éclat de sa gloire pour juger l’univers dans la justice : " Il faut auparavant que le Fils de l’homme souffre beaucoup, et qu’il soit rejeté par cette génération. " — Saint Bède. Par cette génération, il entend non seulement les Juifs, mais tous les réprouvés qui, maintenant encore, rejettent et persécutent le Fils de l’homme dans son corps, c’est-à-dire dans l’Église. Il mêle à la prédiction de sa passion, celle de son glorieux avènement, afin d’adoucir pour eux la douleur qu’ils éprouveraient de sa passion par la promesse de la gloire qui devait la suivre, et les préparer en même temps à braver la mort la plus affreuse, s’ils voulaient jouir eux-mêmes un jour de la gloire du royaume.

Lc 17, 26-30
26 Ce qui se passera dans les jours du Fils de l'homme ressemblera à ce qui est arrivé dans les jours de Noé.
27 On mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche. Puis le déluge arriva, qui les a tous fait mourir.
28 Ce sera aussi comme dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ;
29 mais le jour où Loth sortit de Sodome, Dieu fit tomber du ciel une pluie de feu et de soufre qui les a tous fait mourir ;
30 il en sera de même le jour où le Fils de l'homme se révélera.
Saint Bède. Notre-Seigneur avait comparé son avènement à l’éclair qui traverse rapidement les airs, il le compare maintenant à ce qui arriva aux jours de Noé et de Loth, lorsque les hommes furent surpris par une ruine soudaine : " Et comme il est arrivé aux jours de Noé, " etc. — Saint Jean Chrysostome. (hom. 2 sur la I Epît. aux Thessal.) Ils n’ont point ajouté foi aux menaces qui leur étaient faites, et ils furent tout à coup frappés d’un châtiment trop véritable. (hom. 2 sur l’Epît. aux Coloss.) Leur incrédulité venait de leur vie oisive et dissolue, car l’homme n’attend ordinairement que ce qui fait l’objet habituel de ses pensées et de ses désirs : " Ils mangeaient et ils buvaient, " dit Notre-Seigneur. — Saint Ambroise. Il a soin de faire remarquer que ce sont les péchés des hommes qui ont été la cause du déluge, car Dieu n’est pas l’auteur du mal, ce sont nos péchés qui nous l’ont attiré. Ce n’est pas non plus qu’il condamne ni le mariage qui est le moyen donné de Dieu pour la perpétuité du genre humain,, ni la nourriture nécessaire pour son existence, mais il veut qu’on observe en tout une juste mesure, et tout ce qui la dépasse vient d’un mauvais principe.
Saint Bède. Dans le sens allégorique, Noé qui construit l’arche, est la figure du Seigneur qui bâtit l’Église avec les fidèles du Christ, unis ensemble comme des bois parfaitement travaillés. Quand cette arche est entièrement terminée, il y entre, lorsqu’au jour du jugement il vient y habiter pour l’éternité et y répandre les clartés de sa divine présence. Pendant qu’il construit cet arche, les méchants se livrent aux excès d’une vie dissolue, mais lorsqu’il y entre, ils sont frappés de mort, parce qu’en effet, ceux qui outragent les saints pendant leur vie de luttes et de combats, seront punis d’un éternel supplice, alors que les saints recevront leurs couronnes immortelles.
Eusèbe. (Commentaire grec.) Le déluge que Notre-Seigneur vient d’apporter en exemple, pouvait donner la pensée que le déluge à venir serait un déluge d’eau ; il cite donc en second lieu l’exemple de Loth, pour nous apprendre quel sera le genre de supplice des méchants, c’est-à-dire que la colère de Dieu fera tomber sur eux un feu descendu du ciel : " Et comme il est arrivé encore aux jours de Loth, " etc. Il passe sous silence le crime infâme de Sodome, et ne parle que de ces fautes qu’on regarde ordinairement comme légères ou comme nulles, pour nous faire comprendre quel sera le châtiment des actions criminelles, puisque l’usage immodéré des choses permises sera puni par le feu et par le souffre : " Le jour où Loth sortit de Sodome, une pluie de feu et de souffre tomba du ciel, qui les fit périr tous. " Remarquez que le feu ne tomba du ciel sur les infâmes habitants de Sodome, que lorsque Loth en fut sorti, de même que le déluge ne fit périr les habitants de la terre que lorsque Noé fut entré dans l’arche ; car tant que Noé et Loth vivaient au milieu des impies, Dieu suspendait les effets de sa colère pour ne pas confondre dans un même supplice les justes et les pécheurs. Mais quand il voulut faire périr les pécheurs, il retira le juste du milieu d’eux ; de même à la consommation des siècles, le supplice des méchants ne commencera qu’après leur séparation d’avec les justes : " Ainsi en sera-t-il au jour où le Fils de l’homme sera révélé. " — Saint Bède. Car celui qui voit tout maintenant sans être visible lui-même, apparaîtra alors pour juger tous les hommes, et il choisira pour cette manifestation le temps où les hommes oublieux de ses jugements seront asservis sous le joug des choses de ce monde. — Théophylacte. En effet, lorsque l’Antéchrist sera venu, les hommes se jetteront dans les plus honteux excès de la débauche, et deviendront " plus amateurs de la volupté que de Dieu. " (2 Tm 3.) Car si l’Antéchrist est comme le réceptacle de tous les vices, qu’inspirera-t-il aux hommes dans ces temps malheureux que l’amour du vice ? C’est ce que le Sauveur veut nous faire entendre par les exemples du déluge et du châtiment des habitants de Sodome.
Saint Bède. Dans le sens allégorique, Loth, dont le nom veut dire qui s’écarte, représente le peuple des élus, qui vit comme un étranger dans Sodome, c’est-à-dire au milieu des réprouvés, et se détourne autant qu’il peut des crimes dont il est témoin. À peine Loth est-il sorti de Sodome, que le feu du ciel tombe sur cette ville ; c’est ainsi qu’à la consommation des siècles les anges viendront et sépareront les méchants du milieu des justes, et les jetteront dans la fournaise de feu. (Mt 3.) Cependant cette pluie de feu et de souffre qui tombe du ciel n’est pas la figure du feu éternel de l’enfer, mais représente l’arrivée soudaine et imprévue de ce jour terrible.
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