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Lc 1, 77
77 pour révéler à son peuple qu'il est sauvé,
que ses péchés sont pardonnés.
Théophylacte. Zacharie explique comment le Précurseur doit préparer la voie du Seigneur, en ajoutant : Pour donner à son peuple la science du salut. " Le salut, c’est le Seigneur Jésus, et la science du salut, c’est-à-dire de Jésus-Christ ont été donnés au peuple par Jean-Baptiste qui rendait témoignage à Jésus-Christ (cf. Jn 1, 7.15.16.19.32.34 ; 3, 25 ; 5, 33, etc.).
Saint Bède. Il désire faire connaître le nom de Jésus, et semble répéter à dessein le mot de salut, mais qu’on ne l’entende point d’un salut purement temporel, les paroles qui suivent s’y opposent : " Pour la rémission de leurs péchés. " — Théophylacte. Dieu, en effet, n’eût pas été connu, s’il n’eut pardonné les péchés à son peuple, car c’est le propre de Dieu de remettre les péchés. — Saint Bède. Mais les Juifs n’ont pas voulu recevoir le Christ ; ils aiment mieux attendre l’Antéchrist, parce qu’ils veulent être affranchis, non de la tyrannie intérieure du péché, mais du joug extérieur de la servitude temporelle.

Lc 1, 78
78 Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu ;
grâce à elle, du haut des cieux,
un astre est venu nous visiter ;
Théophylacte. Si Dieu nous a remis nos péchés, ce n’est point en considération de nos œuvres, mais par un effet de sa miséricorde ; aussi Zacharie ajoute-t-il : " Par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu. " — Saint Jean Chrysostome. (hom. 44 sur S. Matth.) Et cette miséricorde, ce n’est pas nous qui l’avons trouvée comme fruit de nos propres recherches, mais c’est Dieu lui-même qui a daigné nous apparaître du haut du ciel : Par lesquelles (c’est-à-dire par ses entrailles), le soleil se levant du haut des cieux (c’est-à-dire Jésus-Christ), nous a visités (en se revêtant de notre chair). " — Chaîne des Pères Grecs. (c’est-à-dire Sévère, Commentaire grec.Il habite le plus haut des cieux, et cependant il se rend présent sur la terre, sans être assujetti à aucune division, à aucune limite ; mystère que nulle intelligence ne peut comprendre, que nulle parole ne peut exprimer.

Lc 1, 79
79 il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres
et dans l'ombre de la mort,
pour guider nos pas
sur le chemin de la paix. »
— Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, et pour conduire nos pieds dans le chemin de la paix.
Saint Bède. Le nom d’Orient convient parfaitement au Christ, parce qu’il nous a ouvert l’entrée de la vraie lumière : " Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, " etc. — Saint Jean Chrysostome. (hom. 44 sur S. Matth.) Les ténèbres dont il parle ici ne sont pas les ténèbres matérielles, mais les erreurs, l’éloignement de la foi (ou l’impiété). — Saint Basile. (sur Is 2.) Dans quelles ténèbres était plongé le peuple des gentils, appesanti par le culte des idoles, jusqu’à ce que la lumière soit venu dissiper cette profonde obscurité et répandre partout les splendeurs de la vérité ! — Saint Grégoire le Grand. (Moral., 4, 47.) L’ombre de la mort, c’est l’oubli de l’esprit ; la mort fait que ce qu’elle détruit n’est plus dans la vie ; ainsi l’oubli fait que ce qu’il atteint n’est plus dans la mémoire ; voilà pourquoi il dit du peuple juif qui avait oublié Dieu, qu’il était assis dans l’ombre de la mort. L’ombre de la mort, c’est encore la mort du corps, la mort véritable est celle qui sépare l’âme d’avec Dieu ; l’ombre de la mort est celle qui sépare l’âme d’avec le corps ; ce qui fait dire aux martyrs (Ps 43) : " L’ombre de la mort nous a couverts. " L’ombre de la mort peut encore signifier l’imitation du démon qui est appelé mort dans l’Apocalypse (Ap 6). En effet, l’ombre est toujours proportionnée à la forme du corps, ainsi les actions des impies sont une espèce d’imitation du démon. — Saint Jean Chrysostome. L’expression : " ils sont assis, " est des plus justes ; en effet, nous ne marchions pas dans les ténèbres, mais nous étions assis sans aucun espoir de délivrance. — Théophylacte. Le Seigneur, en se levant sur notre terre, n’éclaire pas seulement ceux qui sont assis dans les ténèbres, sa mission est plus étendue : " Pour diriger nos pas dans la voie de la paix. " La voix de la paix c’est la voix de la justice, dans laquelle il a dirigé nos pas, c’est-à-dire les affections de nos âmes. — Saint Grégoire le Grand. (hom. 32 sur les Evang.) Nous dirigeons nos pas dans la voie de la paix, lorsque dans nos actions nous suivons le chemin qui ne s’écarte jamais de la grâce de notre Créateur. — Saint Ambroise. Remarquez en même temps que la prophétie d’Élisabeth est courte, tandis que celle de Zacharie est beaucoup plus étendue ; cependant tout deux parlaient sous l’inspiration de l’Esprit saint dont ils étaient remplis, mais nous voyons ici l’observation de cette règle qui veut que la femme s’applique plus à connaître les choses divines qu’à les enseigner aux autres.
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