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Mt 7, 13-14
13 « Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s'y engagent.
14 Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent.
Saint Augustin. (serm. sur la mont., 2, 35). Le Seigneur nous a recommandé plus haut la simplicité et la pureté du cœur qui font trouver Dieu. Mais c’est le partage d’un petit nombre. Aussi va-t-il nous parler de la recherche de la sagesse ; et tout ce qui précède avait pour but de rendre l’œil de l’âme assez pur pour rechercher et contempler cette divine sagesse, et découvrir la voie resserrée et la porte étroite dont il est dit : " Entrez par la porte étroite ".
La Glose. Ou bien, quoiqu’il soit difficile de faire aux autres ce que nous voudrions qu’on nous fît à nous-mêmes, cependant c’est une condition indispensable si nous voulons entrer par la porte étroite.
Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Ou bien encore, cette troisième conséquence se rapporte au précepte du jeûne, et telle est la suite des idées : " Pour vous, lorsque vous jeûnez, parfumez votre tête ", et puis ensuite : " Entrez par la porte étroite ". Il est en effet trois inclinations qui tiennent plus particulièrement à notre nature, et qui sont étroitement unies à notre corps. La première est celle du boire et du manger, la seconde l’affection de l’homme pour la femme, la troisième l’amour du sommeil, et ces trois inclinations sont plus difficiles à retrancher de notre nature que toutes les autres passions. Aussi la mortification d’aucune passion ne sanctifie autant le corps de l’homme comme d’être chaste, de jeûner, et de persévérer dans les veilles. Notre-Seigneur a donc en vue ces trois actes de vertu et en particulier le jeûne si rigoureux, lorsqu’il dit : " Entrez par la porte étroite.
La porte de la perdition c’est le démon, et c’est par cette porte qu’on entre dans l’enfer. Jésus-Christ, au contraire, est la porte de vie, porte qui nous ouvre l’entrée du royaume des cieux. Ce qui fait donner au démon le nom de porte large, ce n’est ni l’étendue, ni la grandeur de son pouvoir, mais le débordement de son orgueil effréné qui ne connaît point de bornes. Et si le Christ nous est présenté comme la porte étroite, ce n’est pas que son pouvoir soit faible et resserré, mais parce que son humilité lui a inspiré de se raccourcir et de se renfermer dans les étroites limites du sein d’une vierge, lui que le monde entier ne peut contenir. La voie de la perdition, c’est l’iniquité quelle qu’elle soit. Cette voie est appelée large parce qu’elle n’est pas contenue dans les sages limites de la règle et de la discipline, et que ceux qui prennent cette voie font profession de poursuivre tout ce qui a pour eux de l’attrait. Au contraire, tout acte de vertu est la voie qui conduit à la vie, et on l’appelle étroite pour des raisons opposées à celles que nous venons de dire. Or remarquez qu’il faut nécessairement marcher par cette voie pour arriver à la porte, car on ne peut arriver à une véritable connaissance du Christ qu’en suivant la voie de la justice ; de même qu’on ne tombe dans les mains du démon qu’en marchant dans la voie des pécheurs. — Saint Grégoire le Grand. (hom. 17 sur Ezéch). Quoique la charité mette le cœur au large, elle ne détache les hommes de la terre qu’en les faisant passer par des sentiers étroits et escarpés. N’est-ce pas être à l’étroit en effet que de tout mépriser, de n’aimer qu’une seule chose, de ne pas désirer la prospérité, de ne pas craindre l’adversité ? — Saint Jean Chrysostome. (homél. 24 sur S. Matth). Mais comment le Sauveur qui bientôt nous dira : " Mon joug est doux, et mon fardeau léger ", peut-il appeler étroite et resserrée la voie qui conduit au ciel ? Pour comprendre cette douceur et cette suavité, il faut remarquer que Notre-Seigneur parle ici d’une voie et d’une porte, que ce qu’il appelle large et spacieux est aussi une voie et une porte. Ni l’une ni l’autre ne doivent toujours durer, et elles ne sont que passagères. Or la pensée qu’on ne fait que passer par les travaux et les peines pour arriver au bonheur, c’est-à-dire à la vie éternelle, ne suffit-elle pas pour adoucir toutes les souffrances de la vie ? Car si l’espérance seule d’une récompense périssable rend les tempêtes légères au matelot, et les blessures douces au combattant, à plus forte raison la vue du ciel qui nous est ouvert, et ses récompenses immortelles doivent-ils nous faire oublier les dangers qui nous menacent. D’ailleurs Notre-Seigneur n’appelle cette voie étroite que pour la rendre plus douce ; par là, en effet, il nous avertit d’être sur nos gardes, et il dirige nos désirs vers le but qu’il nous propose. N’est-il pas vrai que celui qui combat dans l’arène puise un nouveau courage quand il voit son souverain admirer ses généreux efforts ? Ne nous laissons donc pas abattre sous le poids des afflictions qui viendront fondre sur nous : la voie est étroite, mais non pas la cité. Ne cherchons pas le repos ici-bas, et ne redoutons pas de tribulations dans l’autre vie. En ajoutant : " Car il y en a peu qui la trouvent ", Notre-Seigneur fait allusion à la lâcheté d’un trop grand nombre, et il nous avertit de fixer nos regards non pas sur la prospérité de la multitude, mais sur les travaux du petit nombre.
Saint Jérôme. Notre-Seigneur tient un langage distinct en parlant de ces deux voies. Il dit qu’il en est beaucoup qui marchent par la voie large, et qu’il en est peu qui trouvent la voie étroite. En effet, nous ne cherchons pas la voie large, et nous n’avons aucune peine à la trouver ; elle se présente d’elle-même, et c’est le chemin de ceux qui s’égarent. Tous au contraire ne trouvent pas la voie qui est étroite, et ne la suivent pas aussitôt qu’ils l’ont trouvée, cor il en est beaucoup qui après avoir trouvé la voie de la vérité, se laissent séduire par les voluptés de la terre, et reviennent sur leurs pas alors qu’ils étaient au milieu de leur course.

Mt 7, 15-20
15 Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces.
16 C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons.
17 C'est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l'arbre mauvais donne des fruits détestables.
18 Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits.
19 Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu.
20 C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Notre-Seigneur avait ordonné précédemment à ses disciples de ne point faire parade devant les hommes de leurs jeûnes, de leurs prières, de leurs aumônes, comme font les hypocrites. Or, pour leur apprendre que toutes ces bonnes œuvres peuvent être faites dans un esprit d’hypocrisie, il leur dit : " Gardez-vous des faux prophètes ".
Saint Augustin. (serm. sur la mont., 2, 36). Ou bien après avoir dit qu’il en est peu qui trouvent la petite porte et la voie étroite, Notre-Seigneur voulant nous prémunir contre les hérétiques qui font souvent de leur petit nombre un titre de recommandation, ajoute aussitôt : " Gardez-vous des faux prophètes ".
Saint Jean Chrysostome. (hom. 24). Ou bien encore : Notre-Seigneur avait dit que la porte est étroite, et qu’il en est beaucoup qui pervertissent la voie qui doit y conduire, il ajoute donc : " Gardez-vous des faux prophètes ". Il les appelle faux prophètes pour exciter la sollicitude de ses disciples à cet égard, en leur rappelant ce qui est arrivé à leurs pères, qui ont eu à subir cette même épreuve. — Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Nous lisons dans un des chapitres suivants, il est vrai, que la loi et les prophètes ont prophétisé jusqu’à Jean-Baptiste, parce qu’après lui, il ne devait plus y avoir de prophétie relative au Christ. Il y a eu depuis ce temps, et il y a encore des prophètes, mais leurs prophéties n’ont point le Christ pour objet et ils interprètent simplement les prédictions anciennes relatives à Jésus-Christ ; ce sont les docteurs des Églises. Car personne ne peut interpréter le sens des prophéties, s’il ne participe lui-même à l’esprit prophétique. Le Seigneur, prévoyant donc qu’il viendrait de faux docteurs, qui enseigneraient diverses hérésies, nous prémunit contre eux en nous disant : " Gardez-vous des faux prophètes ". Ces faux prophètes ne devaient pas être des païens faciles à reconnaître, mais des séducteurs cachés sous le nom de chrétiens ; aussi ne dit-il pas : " Regardez ", mais : " Prenez garde ". En effet, quand une chose est évidente, on la regarde, c’est-à-dire qu’on la voit naturellement, si au contraire elle offre quelque incertitude, on y prend garde, c’est-à-dire qu’on l’examine avec précaution. Il nous dit encore : " Prenez garde ", parce que la plus sûre garantie du salut, est de connaître ceux que l’on doit fuir. Si Notre-Seigneur nous prémunit de la sorte, ce n’est pas que le démon puisse introduire les hérésies malgré la volonté de Dieu, il ne le peut que parce que Dieu le lui permet. Dieu veut que ses serviteurs soient soumis à l’épreuve, il leur envoie donc la tentation ; mais il ne veut pas que leur ignorance soit cause de leur perte, et c’est pour cela qu’il les avertit à l’avance. Et afin que les docteurs hérétiques ne puissent se défendre en disant : Ce n’est pas nous que le Seigneur appelle faux prophètes, mais les docteurs des Juifs et des Gentils, il ajoute expressément : " Qui viennent à vous couverts de peaux de brebis ". Les brebis sont les chrétiens, et les peaux de brebis sont les dehors de christianisme et les apparences d’une fausse religion. Or rien n’est plus contraire au bien que l’hypocrisie, car on ne peut connaître, et par conséquent on ne peut éviter le mal qui se cache sous l’apparence du bien. Et de peur que ces mêmes docteurs hérétiques ne prétendent qu’il est ici question des vrais docteurs, mais qui sont dans l’état de péché, il ajoute : " Au dedans ce sont des loups ravissants ". Or les docteurs catholiques qui deviennent esclaves de la chair lorsqu’ils succombent aux passions de la chair, ne sont pas appelés pour cela des loups ravissants, parce qu’ils ne cherchent pas à perdre les chrétiens. Il est donc évident qu’il veut parler ici des docteurs hérétiques qui prennent avec intention l’extérieur des chrétiens, pour déchirer plus facilement les fidèles sous les coups d’une séduction criminelle. C’est d’eux que l’Apôtre a dit : " Je sais qu’après mon départ il entrera parmi vous des loups ravissants qui n’épargneront pas le troupeau ".
Saint Jean Chrysostome. (hom. 22 sur S. Matth). Cependant il paraît assez vraisemblable que par ces faux prophètes Notre-Seigneur veut désigner non pas les hérétiques, mais ceux qui mènent une vie corrompue sous les dehors de la vertu ; c’est pour cela qu’il dit : " Vous les connaîtrez à leurs fruits ". Or on rencontre souvent des mœurs vertueuses chez certains hérétiques, mais jamais dans ceux dont je viens de parler. — Saint Augustin. (serm. sur la mont., 2, 36). C’est donc une question des plus importantes que de bien connaître quels sont les fruits sur lesquels le Sauveur veut attirer notre attention. Plusieurs en effet prennent pour des fruits ce qui n’est que le vêtement des brebis, et c’est ainsi qu’ils se laissent tromper par les loups. Je veux parler ici des jeûnes, ou des aumônes, ou des prières qu’ils étalent devant les hommes sans autre but que de plaire à ceux qui sont frappés de la difficulté de ces œuvres. Ce ne sont pas là les fruits qui peuvent nous aider à les reconnaître, car si ces actions sont faites dans la vérité avec une intention droite, elles sont, il est vrai, les vêtements propres aux brebis ; mais elles ne font que couvrir les coups lorsqu’elles partent d’un cœur où l’erreur règne en maître. Ce n’est pas toutefois une raison pour les brebis d’avoir horreur de ces vêtements, parce qu’ils servent quelquefois à couvrir les loups. À quels fruits donc reconnaîtrons-nous un mauvais arbre ? L’Apôtre nous l’apprend. " Les œuvres de la chair sont évidentes, nous dit-il ; ce sont la fornication, l’impureté ", etc. (Ga 5) Le même Apôtre nous apprend à connaître les fruits du bon arbre par ce qui suit : " Les fruits de l’esprit sont la charité, la joie, la paix ", etc.
Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Les fruits que produit l’homme juste c’est aussi la confession de la foi, car celui qui en suivant l’inspiration de Dieu, fait en toute humilité une véritable confession de foi, celui-là est une brebis, tandis que celui qui fait entendre contre la vérité et contre Dieu les hurlements du blasphème, est un loup. — Saint Jérôme. Ce que Notre-Seigneur dit ici des faux prophètes qui sont tout autres dans leur conduite qu’ils ne le paraissent dans leur extérieur et leurs discours, doit s’appliquer d’une manière toute spéciale aux hérétiques qui se couvrent de la continence et du jeûne comme du vêtement de la piété, et qui portant au-dedans un esprit empoisonné par le vice séduisent les cœurs simples de leurs frères. — Saint Augustin. (serm. sur la mont. 2, 12). Mais on peut savoir, en examinant leurs œuvres, si tout cet extérieur a pour principe un désir de vaine gloire. Lorsqu’en effet, à la suite de certaines épreuves, ils se voient enlever ou refuser ce qu’ils ont obtenu ou ce qu’ils ont voulu obtenir à l’aide de ce voile trompeur, on découvre alors nécessairement si c’était un loup caché sous la peau de la brebis, ou une brebis revêtue de sa propre peau. — Saint Grégoire le Grand. (Moral., 31, 9). L’hypocrite est comme dominé par la paix dont jouit l’Église ; voilà pourquoi il veut paraître à nos yeux couvert du voile de la religion (cf. Jb 39). Mais qu’une persécution éclate, aussitôt les instincts féroces du loup le dépouillent de la peau de la brebis, et en persécutant le bien il montre de quelle fureur il est animé contre lui.
Saint Jean Chrysostome. (hom. 24 sur S. Matth). Il est facile de surprendre les hypocrites, car la voie qu’ils sont forcés de suivre est bien pénible. Or l’hypocrite ne choisira certainement pas de lui-même le travail et la peine. D’ailleurs, pour répondre à la prétendue impossibilité de les reconnaître, Notre-Seigneur vous apporte un exemple pris dans la nature en vous disant : " Peut-on cueillir des raisins sur des épines, ou des figues sur des ronces ? " — Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Le raisin est une figure mystérieuse du Christ, car de même que la grappe par l’intermédiaire du bois de la vigne tient suspendus des grains nombreux, ainsi le Christ, par le bois de la croix retient dans une étroite union la multitude des fidèles. La figue, c’est l’Église qui retient aussi la multitude de ses enfants dans les doux embrassements de sa charité, comme la figue tient cachées une quantité considérable de graines sous une seule enveloppe. Or la figue est le signe tout à la fois de la charité par sa douceur, et de l’unité par l’union de ses graines. Le raisin est tout ensemble le symbole de la patience parce qu’il est foulé dans le pressoir ; de la joie, parce qu’il réjouit le cœur de l’homme ; de la sincérité, parce qu’il n’est pas mélangé d’eau et de la suavité par le plaisir qu’il donne. Au contraire les épines et les ronces présentent des pointes de toutes parts ; et c’est ainsi que les serviteurs du démon sont pleins d’iniquités, de quelque côté qu’on les considère. Ces ronces et ces épines ne peuvent produire aucun des fruits que demande l’Église. Notre-Seigneur ne se borne pas à cette comparaison particulière du figuier et de la vigne pour rendre sensible cette vérité, il la généralise par ces paroles : " C’est ainsi que tout arbre qui est bon porte de bons fruits, et tout arbre mauvais en porte de mauvais ".
Saint Augustin. (serm. sur la mont., 2, 36). Il faut se garder ici de l’erreur des Manichéens qui prétendent que dans ces deux arbres il faut voir deux natures, l’une qui vient de Dieu, l’autre qui lui est étrangère. Nous soutenons, nous, que ces deux arbres ne peuvent servir d’appui à leur opinion, car il ne s’agit évidemment que des hommes, comme le prouvent les antécédents et les conséquents. — Saint Augustin. (Cité de Dieu, liv. 12, chap. 4 et 5). Les hommes ont souvent de l’aversion pour les natures mêmes des choses, parce qu’ils les considèrent non pas en elles-mêmes, mais d’après l’utilité qu’ils peuvent en retirer. Or, toute nature ne rend gloire à son créateur qu’autant qu’on la considère en elle-même, et non pas dans l’utilité ou le désavantage qui peuvent en résulter pour nous. Les natures créées par le seul fait de leur existence ont leur manière d’être, leur beauté, un certain accord entre les différentes parties qui les composent, et par conséquent elles sont bonnes.
Saint Jean Chrysostome. (hom. 24). On pouvait objecter qu’un mauvais arbre porte sans doute de mauvais fruits, mais qu’il peut aussi en porter de bons et qu’il est ainsi difficile de le bien connaître à cause de cette double apparence ; le Seigneur prévient cette difficulté en ajoutant : " Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits, et un mauvais arbre n’en peut produire de bons ". — Saint Augustin.(serm. sur la mont). De ces dernières paroles, les Manichéens concluent qu’une âme qui est mauvaise ne peut devenir meilleure, ni celle qui est bonne devenir mauvaise, comme si Notre-Seigneur avait dit : " Un arbre bon ne peut devenir mauvais, ni un arbre mauvais devenir bon " ; mais, au contraire, il s’est exprimé de la sorte " Un arbre bon ne peut pas produire de mauvais fruits, ni un mauvais arbre en produire de bons ". Or, l’arbre c’est l’âme, c’est-à-dire l’homme lui-même ; les fruits sont ses œuvres. L’homme qui est mauvais ne peut donc faire de bonnes actions, ni celui qui est bon en faire de mauvaises. Si donc celui qui est mauvais veut faire de bonnes actions, qu’il commence par devenir bon lui-même. Tant qu’un homme est mauvais, il ne peut porter de bons fruits. Il peut se faire que ce qui a été de la neige ne soit plus de la neige, mais il est impossible que la neige soit chaude ; ainsi peut-il arriver que celui qui a été mauvais cesse de l’être, mais jamais en demeurant mauvais il ne peut faire le bien, et si parfois il paraît faire quelque chose d’utile, ce n’est pas à lui qu’il faut l’attribuer, mais à la divine Providence.
Raban Maure. Cet arbre, bon ou mauvais, c’est l’homme suivant que sa volonté est bonne ou mauvaise ; les fruits, ce sont ses œuvres, qui ne peuvent être bonnes si la volonté est mauvaise, de même qu’elles ne peuvent être mauvaises si la volonté est bonne.
Saint Augustin. (cont. Julien, liv. 1, chap. 3). S’il est certain que la volonté vicieuse produit les actions mauvaises, comme un mauvais arbre produit de mauvais fruits, d’où vient à votre avis la mauvaise volonté elle-même, si ce n’est de l’ange considéré dans l’ange, et de l’homme considéré dans l’homme ? Or, qu’étaient ces deux volontés, avant qu’elles n’eussent produit le mal ? Un ouvrage digne de Dieu, deux natures bonnes et louables. C’est donc du bien que naît le mal, et on ne peut lui donner un autre principe d’existence que le bien. Je veux parler ici de la volonté mauvaise, car elle n’a été précédée ni d’aucun mal ni d’aucunes mauvaises actions, qui ne sortent que d’une volonté vicieuse comme d’un mauvais arbre. On ne peut dire cependant que la volonté mauvaise vient du bien en tant que bien, car c’est Dieu qui est essentiellement bon qui est l’auteur du bien ; mais elle est sortie d’un bien qui a été tiré du néant et non de Dieu.
Saint Jérôme. Demandons aux hérétiques qui soutiennent l’existence de deux natures opposées l’une à l’autre, et qui prétendent qu’un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits, comment Moïse, qui était un bon arbre, a pu pécher aux eaux de la contradiction, et comment Pierre a pu nier le Sauveur dans sa Passion en disant : " Je ne connais pas cet homme ", ou bien encore comment le beau-père de Moïse, qui était un mauvais arbre et qui ne croyait pas dans le Dieu d’Israël, a pu cependant donner un bon conseil ?
Saint Jean Chrysostome. (hom. 28). Le Seigneur n’a point ordonné de châtiment contre les faux prophètes ; il les pénètre d’un effroi salutaire en les menaçant du supplice que Dieu leur réserve : " Tout arbre qui n’est pas bon, dit-il, sera coupé et jeté au feu ". Ce sont les Juifs qu’il paraît avoir en vue dans ces paroles ; c’est pourquoi il se sert des paroles de Jean-Baptiste et leur annonce dans les mêmes termes (cf. Mt 3, 10 ; Lc 9, 9) le châtiment qui les attend. Le saint précurseur, en effet, emploie les mêmes figures de hache, d’arbre et de feu qui ne s’éteint pas. Pour celui qui examine sérieusement les choses, ce sont deux peines différentes, d’être coupé et d’être brûlé. Celui qui est jeté au feu est retranché tout à fait du royaume, peine qui est la plus terrible. Il en est qui ne craignent que l’enfer ; pour moi, je déclare que la perte de cette gloire éternelle est mille fois plus amère que la peine de l’enfer. En effet, quelles souffrances, petites ou grandes, n’accepterait pas un père pour jouir de la vue d’un fils bien-aimé ? Tels doivent être nos sentiments à l’égard de cette gloire, car il n’est point de fils dont la vue soit si douce pour son père que doit l’être pour nous le repos au sein des honneurs et la dissolution du corps pour être éternellement avec Jésus-Christ (cf. Ph 1, 23). C’est un supplice intolérable que le supplice de l’enfer ; mais que l’on ajoute dix mille enfers à la suite les uns des autres, jamais ce supplice ne sera comparable à la peine d’être à jamais exclu de la gloire des bienheureux et d’être éternellement haï de Jésus-Christ.
La Glose. La comparaison qu’il vient de développer amène cette conclusion, dont l’évidence ressortait déjà de tout ce qui précède : " Vous les connaîtrez donc à leurs fruits ".

Mt 7, 21-23
21 Il ne suffit pas de me dire : 'Seigneur, Seigneur !', pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.
22 Ce jour-là, beaucoup me diront : 'Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?'
23 Alors je leur déclarerai : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal !'
Saint Jérôme. Notre-Seigneur nous a commandé d’éviter ceux qui, sous les dehors de la vertu, professent des doctrines perverses ; ici, au contraire, il nous apprend à ne pas nous confier à ceux dont la doctrine est irréprochable, mais qui la détruisent par des œuvres mauvaises. Les serviteurs de Dieu doivent nécessairement réunir ces deux choses : soutenir leurs œuvres par leurs discours, appuyer leurs discours par leurs œuvres. C’est pour cela qu’il ajoute : " Ce n’est pas celui qui me dit : Seigneur ", etc. — Saint Jean Chrysostome. (hom. 25). Le Sauveur paraît ici faire allusion aux Juifs, pour qui les croyances étaient tout, et que saint Paul réprimande en ces termes : " Si vous, qui vous appelez Juifs, et qui vous reposez sur la loi ", etc.
Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Ou bien encore, après nous avoir appris à reconnaître, d’après leurs fruits, les vrais et les faux prophètes, il nous enseigne ici plus clairement quels sont ces fruits qui peuvent nous servir à discerner les bons et les mauvais docteurs. — Saint Augustin. (serm. sur la mont., 2, 39). Il faut prendre garde, en effet, qu’à la faveur du nom du Christ les hérétiques, ceux qui comprennent aussi mal la vérité, ou les partisans de ce monde, ne cherchent à nous tromper. C’est pour cela qu’il ajoute : " Tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ", etc. Mais ici se présente une difficulté ; comment concilier avec cette maxime ces paroles de l’Apôtre : " Personne ne peut dire : Seigneur Jésus, si ce n’est dans l’Esprit saint " ; car nous ne pouvons admettre que ceux qui n’entrent pas dans le royaume des cieux aient en eux ce divin Esprit. L’Apôtre saint Paul a employé ici le mot dire dans un sens propre pour exprimer la volonté, l’intelligence de celui qui prononce ces paroles ; parce qu’en effet celui-là seul parle dans le sens vrai du mot dont la parole exprime la pensée et l’intention. Le Seigneur, au contraire, a pris le mot dire dans son sens général. Celui, en effet, qui ne veut ni ne comprend ce qu’il dit paraît aussi parler dans un certain sens. — Saint Jérôme. C’est l’ordinaire des Écritures de prendre les paroles pour les actions, et c’est dans ce sens que l’Apôtre dit : " Ils font profession de connaître Dieu, mais ils le renoncent par leurs œuvres ".
Saint Ambroise. (cf. 1 Cor 12) On peut dire aussi que toute vérité, quelle que soit la bouche qui la profère, vient de l’Esprit saint. — Saint Augustin. (serm. sur la mont). N’allons pas croire que pour produire les fruits dont le Sauveur a parlé plus haut, il suffise de dire à Dieu : " Seigneur, Seigneur ", et d’avoir par là même l’apparence d’un bon arbre. Ces fruits consistent à faire la volonté de Dieu, comme l’indiquent les paroles suivantes : " Mais celui qui fait la volonté de mon Père ", etc. Saint Hilaire. (can. 6 sur S. Matth). C’est l’obéissance à la volonté de Dieu et non l’emploi répété de son nom qui nous fait trouver le chemin qui conduit au ciel. — Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Or, quelle est cette volonté de Dieu ? Le Seigneur nous l’enseigne lui-même lorsqu’il nous dit : " La volonté de mon Père qui m’a envoyé est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ". Le mot croire comprend ici la profession extérieure et les œuvres de la foi. Celui donc dont la foi ou dont la vie n’est pas conforme à la parole du Christ, n’entrera pas dans le royaume de Dieu. — Saint Jean Chrysostome. (hom. 25 sur S. Matth). Il ne dit pas : " Celui qui fait ma volonté ", mais : " Celui qui fait la volonté de mon Père ", car c’était ce qu’il convenait d’abord de proposer à leur faiblesse ; mais par l’une de ces vérités il insinue l’autre indirectement, la volonté du Fils n’étant pas autre que celle du Père.
Saint Augustin. (serm. sur la mont., 2, 40). On peut rattacher à cette question l’avertissement suivant : Nous ne devons pas nous laisser tromper, d’abord par ceux qui, se couvrant du nom du Christ, invoquent ce nom sans en pratiquer les œuvres ; mais nous devons encore nous défier de certains prodiges, de certains miracles tels que le Seigneur en opère en faveur des infidèles, tout en nous avertissant de ne pas nous laisser surprendre et de ne pas croire que ces miracles soient l’indice certain d’une sagesse intérieure et invisible : c’est pourquoi il ajoute : " Plusieurs me diront en ce jour-là ", etc. — Saint Jean Chrysostome. (hom. 10). Voyez comme le Sauveur se produit insensiblement en termes encore voilés. Il a complété son enseignement comme maître ; il s’annonce maintenant comme juge. Il a déclaré plus haut que le châtiment était réservé à ceux qui pèchent ; il fuit connaître maintenant celui qui doit infliger ce châtiment par ces paroles : " Plusieurs me diront en ce jour-là ".
Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). C’est-à-dire alors qu’il viendra dans la majesté de son Père (cf. Lc 9, 26), alors que personne n’osera défendre le mensonge ou contredire la vérité à l’aide de discussions bruyantes ; alors que les œuvres de tous les hommes parleront et que leurs bouches seront muettes ; alors que personne n’osera intervenir pour un autre, et que tous trembleront pour leur propre compte. Car dans ce jugement, les témoins ne seront pas les hommes enclins à la flatterie, mais les anges amis de la vérité, et le juge sera le Seigneur, la justice même. Le Sauveur a parfaitement exprimé les angoisses et l’effroi qu’éprouveront alors les hommes, en leur faisant répéter deux fois : " Seigneur, Seigneur ", car celui qui est en proie à une forte crainte ne se contente pas de dire une seule fois : " Seigneur ". — Saint Hilaire. Ils prétendent que leur droit à la gloire leur vient de l’efficacité de leur parole, de leur esprit prophétique, du pouvoir qu’ils avaient de chasser les démons, et d’opérer d’autres prodiges semblables, et c’est pour cela qu’ils s’adjugent le royaume des Cieux par ces paroles : " Est-ce que nous n’avons pas prophétisé en votre nom ? "
Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Il en est qui croient que ce langage était un mensonge dans leur bouche, et que c’est la raison pour laquelle ils ont été rejetés. Mais on ne peut supposer qu’ils aient porté l’audace jusqu’à mentir devant leur juge ; d’ailleurs la question comme la réponse prouvent qu’ils ont réellement opéré ces prodiges. Tandis qu’ils avaient été sur la terre l’objet de l’admiration par les miracles qu’ils opéraient aux yeux de tous, ils se voient punis dans l’autre vie, et dans leur étonnement ils disent : " Seigneur, n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles en votre nom, etc ? (cf. 1 Cor 12, 10) " Quelques auteurs prétendent que ce n’est pas dans le temps qu’ils opéraient des prodiges, mais par la suite, qu’ils se rendaient coupables d’iniquité. Mais alors que devient cette vérité que le Seigneur veut établir que sans la vertu, ni la foi, ni les miracles n’ont de valeur à ses yeux ? C’est ce que saint Paul enseigne par ces paroles : " Quand j’aurais toute la foi possible, jusqu’à transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien ". — Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Remarquez qu’ils ne disent pas : " dans l’esprit ", mais " au nom ", car s’ils prophétisent au nom du Christ, c’est dans l’esprit du démon, comme font les devins. Or le signe auquel on peut les reconnaître, c’est que les oracles du démon sont souvent faux, ce qu’on ne peut jamais dire de ceux de l’Esprit saint. Dieu a permis au démon de dire quelquefois la vérité, de manière qu’il pût donner par ce rare mélange quelque valeur à ses mensonges. Ils chassent aussi les démons au nom de Jésus-Christ, tout en ayant l’esprit même de son ennemi ; ou plutôt ils les chassent en apparence et non en réalité, les démons étant en parfaite intelligence entre eux ; ils opèrent aussi des prodiges, c’est-à-dire des miracles, sans utilité, sans nécessité, et qui ne sont pas moins nuisibles que frivoles. — Saint Augustin. (serm. sur la mont). Lisez pour vous en convaincre les prodiges que les Mages d’Égypte ont opérés dans un esprit d’opposition à Moïse (Ex 7, 11.22 ; 8, 7).
Saint Jérôme. Ou bien encore : Prophétiser, faire des miracles, chasser les démons, n’est pas toujours l’effet des mérites de celui qui opère ces prodiges ; c’est à l’invocation du nom de Jésus-Christ qu’il faut les attribuer, et Dieu les permet ou pour la condamnation de ceux qui invoquent ce nom, ou pour l’utilité de ceux qui en sont témoins, car tout en méprisant ceux qui font ces miracles, ils honorent Dieu par l’invocation duquel s’opèrent d’aussi grands prodiges. Saül (1 R 10), Balaam (Nb 23), Caïphe (Jn 11), n’ont-ils pas prophétisé ? Dans les Actes des Apôtres ne voyons-nous pas les enfants de Sceva chasser les démons (Ac 19), et Judas lui-même n’a-t-il pas fait plusieurs miracles avec les autres apôtres, quand son âme était déjà ouverte à la trahison ? — Saint Jean Chrysostome. (hom. 25 sur S. Matth). Tous n’avaient pas toutes les qualités au même degré de perfection : les uns menaient il est vrai une vie pure, mais sans avoir une foi aussi grande ; pour les autres c’était le contraire. Dieu convertissait donc les premiers par les seconds et les amenait à faire profession d’une foi plus vive ; et par le don ineffable des prodiges qu’il accordait aux autres, il les appelait à devenir plus vertueux, et il leur communiquait ce pouvoir avec une grande libéralité, comme eux-mêmes le proclament : " Nous avons fait beaucoup de miracles ". Mais parce qu’ils n’ont eu que de l’ingratitude pour celui qui les avait ainsi comblés d’honneur, le Seigneur leur fait cette déclaration : " Alors je leur dirai hautement : Je ne vous ai jamais connus ". — Saint Jérôme. C’est avec intention qu’il se sert de cette expression : " Je leur dirai hautement ", car il a gardé le silence pendant bien longtemps. — Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). Une aussi grande sévérité devait être précédée par une grande patience, pour rendre ainsi plus juste le jugement de Dieu, et plus mérité le châtiment des pécheurs. Or il faut se rappeler que Dieu ne connaît pas les pécheurs en ce sens qu’ils ne sont pas dignes d’être connus de lui ; on ne peut pas dire qu’il ne les connaît pas du tout, mais il ne les connaît pas pour siens. Dieu par sa nature connaît tous les hommes, mais il paraît ne pas connaître ceux qu’il n’aime pas, de même qu’on peut dire de ceux qui ne lui rendent pas le culte qui lui est dû, qu’ils ne le connaissent pas. — Saint Jean Chrysostome. (homél. 25). Il leur dit : " Je ne vous ai jamais connus : " non seulement au jour du jugement, mais alors même qu’ils faisaient des miracles, car il en est beaucoup qui sont pour Dieu un objet de haine dès ici-bas, et dont il se détourne avant de les punir. — Saint Jérôme. Remarquez que ces paroles " Je ne vous ai jamais connus " sont une réfutation de ceux qui prétendent que tous les hommes ont toujours vécu comme il convient à des créatures raisonnables. — Saint Grégoire le Grand. (cf. Jb 30) Cette sentence doit nous apprendre que c’est l’humble charité et non l’éclat des miracles qui a droit à notre vénération. Aussi la sainte Église n’a-t-elle que du mépris pour les miracles des hérétiques, parce qu’elle sait qu’ils ne sont pas une marque de sainteté ; en effet la preuve de la sainteté n’est pas de faire des miracles, c’est d’aimer le prochain comme soi-même, d’avoir sur Dieu des idées vraies et des autres une opinion plus favorable que de soi-même. — Saint Augustin. (contre l’ennemi de la loi et des proph., liv. 2, chap. 4). À Dieu ne plaise que nous admettions avec les Manichéens, que le Seigneur ait voulu parler des saints prophètes ; il n’est ici question que de ceux qui plus tard, après la prédication de l’Évangile, se sont imaginé qu’ils parlaient en son nom, alors qu’ils ne savaient ce qu’ils disaient. — Saint Hilaire. (can. 6 sur S. Matth).Les hypocrites se glorifient de la sorte comme s’ils étaient les auteurs des choses merveilleuses qu’ils disent ou qu’ils opèrent, et qu’on ne dût pas les attribuer tout entières à la puissance divine qu’ils invoquent. La lecture du saint Évangile mettra cette doctrine dans tout son jour, alors qu’on y verra le nom de Jésus-Christ tourmenter les démons. C’est donc à nous de mériter cette bienheureuse éternité, et nous devons coopérer à notre salut, en voulant le bien, en évitant le mal, et en faisant plutôt ce que demande la volonté de Dieu, que ce que réclame notre gloire personnelle. Il les repousse donc, il les rejette à cause de leurs œuvres d’iniquité. " Retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité ". — Saint Jérôme. Comme il ne veut pas détruire le mérite du repentir il ne dit pas : Vous qui avez commis l’iniquité, mais vous qui la commettez, qui jusqu’à ce jour, jusqu’à l’heure même du jugement, conservez encore l’affection, le désir du péché, alors même que vous n’en avez plus le pouvoir.
Saint Jean Chrysostome. (sur S. Matth). En effet, la mort sépare l’âme du corps, mais elle ne change pas les dispositions de l’âme.
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