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Homélie du Cardinal André Vingt-Trois – Profession perpétuelle de Sœur Marie-Charles de Jésus et de Sœur Marie-Constance des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre. Vœux temporaires de 5 sœurs - Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre - samedi 9 janvier 2010
Frères et Sœurs,
Ce récit de l’évangile selon saint Luc nous rapporte que Jean baptisait tous ceux qui étaient dans l’attente du Messie, et que Jésus lui aussi vint aussi pour recevoir le baptême de Jean. Et nous ne pouvons pas ne pas nous demander en quoi Jésus avait besoin d’être baptisé. Jean-Baptiste lui-même souligne que Jésus est plutôt celui qui devrait baptiser, et cette réflexion nous permet de saisir l’originalité du baptême du Christ. Jésus n’est pas baptisé pour la rémission des péchés, car il est sans péché. Le sens de son baptême est donné par la présence de l’Esprit de Dieu qui descend des cieux ouverts sous une forme corporelle et par la voix qui annonce : « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour » (Mt 3, 17), « Moi aujourd’hui je t’ai engendré » (Lc 3, 22).
Il nous est difficile de comprendre une chose qui relève à la fois de l’intimité de Dieu et de l’histoire humaine. En effet, nous comprenons bien que Jésus n’est pas Fils de Dieu seulement à partir de son baptême. De toute éternité, il est le Fils engendré et la relation qui l’unit au Père est personnalisée par l’Esprit-Saint. Cette vie intime de la Trinité existe de tout temps et pour tout temps. Le Christ ne se découvre pas Fils de Dieu lorsque parce qu’il est baptisé par Jean-Baptiste. Mais en même temps le Fils unique de Dieu, en Dieu de toute éternité, a pris chair et est entré dans l’histoire humaine. Il a parcouru les chemins de l’humanité en toute chose, hormis le péché. En recevant le baptême de Jean, il a voulu prendre sa place parmi les pécheurs pour recevoir avec eux le baptême de Jean et donner le signe de ce qu’il est venu faire en ce monde.
Cet homme qui descend au Jourdain pour y être baptisé ne paraît en rien différent de ceux qui l’entourent. À ce que voient les gens, il est Jésus de Nazareth. Dès lors comment reconnaître en lui Celui qu’il est réellement : le Fils de Dieu ? Comment voir en cet homme celui dont Jean-Baptiste a dit qu’il est plus puissant que lui ? Mais aussi comment lui-même assume-t-il cette filiation divine dans sa vie d’homme et dans le développement de son humanité ?
Le signe du baptême de Jésus marque comme un seuil. C’est le moment où Jésus est désigné par la voix venue du ciel comme le Fils engendré du Père par le don de l’Esprit. Les récits de l’Annonciation ou de la Nativité avaient désigné Jésus comme celui qui a été engendré par l’Esprit-Saint dans le sein de la Vierge Marie. Au moment de son baptême, cette réalité de la génération spirituelle du Christ est manifestée à tous, et la mission qui découle de sa relation avec le Père devient une mission historique. Jésus est le Fils de Dieu au milieu de nous. Il va donner les signes de cette filiation divine à travers les traits messianiques annoncés par le prophète Isaïe. Pour dire les choses d’une manière plus ramassée et plus suggestive comme le font les Actes des Apôtres, Jésus se manifeste comme « celui qui est avec Dieu » (Ac 10, 38).
D’une certaine façon, chacun et chacune d’entre-nous parcourt le même itinéraire. Il est évident que si nous sommes enfants de Dieu, nous le sommes en Dieu de toute éternité. Ce statut ne nous vient pas des événements de notre naissance ou des péripéties de notre histoire. Cette filiation est éternelle en Dieu comme sa paternité est éternelle. Mais nous la découvrons et nous l’assumons cependant à travers les événements de notre histoire humaine. Quand un enfant est présenté au baptême, il est non seulement désigné comme celui ou celle qui entre dans une relation particulière avec Dieu, mais il devient vraiment Fils de Dieu par le don de l’Esprit-Saint. C’est là tout le mystère de notre expérience sacramentelle, dans laquelle nous sommes conduits à découvrir peu à peu la réalité telle que Dieu la conçoit et la réalise, pour l’accueillir et la vivre en lui faisant correspondre notre propre liberté.
Enfants de Dieu de toute éternité, nous sommes en quelque sorte engendrés par Dieu à la filiation par adoption. Si nous ne sommes pas Fils de Dieu comme l’est Jésus, nous sommes cependant réellement fils de Dieu. Et nous progressons dans cette filiation divine lorsque grandit en nous l’intelligence de la volonté de Dieu et la capacité d’accomplir ce qu’il veut de nous. Sa grâce renouvelle sans cesse notre dignité d’enfant de Dieu et nous recrée, non dans l’innocence originelle, mais selon le dessein que Dieu a voulu pour l’homme et la femme dès le commencement.
Les événements par lesquels l’Esprit-Saint, de manière plus ou moins identifiable, vient actualiser notre filiation divine sont très différents selon chacune de nos histoires. Dans nos vies, il y a des moments, où les cieux s’ouvrent, et où l’Esprit, sous une certaine forme corporelle, vient nous toucher et nous donner notre vocation divine, nous éveiller à la plénitude de nos capacités, et surtout restaurer notre liberté pour que nous puissions répondre à ce don de Dieu.
Aujourd’hui les sœurs qui vont faire profession devant nous sont engagées dans cet itinéraire. Constituées comme filles de Dieu, elles ont été touchées par l’Esprit-Saint et elles ont découvert comment ce même Esprit pouvait engendrer en elles des fruits qu’elles ne connaissaient pas. Elles ont découvert peu à peu comment Dieu accomplit sa volonté à travers leur vie, à mesure que leur liberté s’engage davantage dans la communion avec Lui. La profession religieuse qu’elles vont faire, après tant d’autres sœurs avant elles, ne va pas changer leur identité. Elles ne vont pas devenir quelqu’un d’autre. Elles ne seront pas autres que des baptisées dans le Christ, confirmées dans l’Esprit-Saint et accueillies dans la communion du Christ. Mais leur consécration mobilise et cristallise toutes leurs capacités personnelles pour répondre à ce don de Dieu, non pas à travers les charges et les obligations habituelles de l’existence humaine, mais dans la réponse à l’appel de tout donner.
Elles choisissent ce cadre de la vie religieuse consacrée pour que chaque moment de leur vie, chaque aspect de leur personnalité et chaque dimension de leur existence soient tout entiers repris et offerts dans la prière et la louange du Seigneur. C’est le chemin dans lequel tous les baptisés sont appelés, et que chacun et chacune de nous parcourt selon les circonstances de sa vie, les appels qu’il a reçus et les missions qui lui ont été confiées. Ces vocations sont diverses, et nous avons à être fidèles dans le chemin qui est le nôtre. Pour nos sœurs, ce chemin passe par le choix de tout quitter par amour de Dieu, pour l’annonce de l’Evangile et pour se livrer dans la vie fraternelle.
Ainsi, chacune de leur existence et la vie de chacune de leur communauté peut devenir comme une image prophétique de ce à quoi toute l’humanité est conduite. En voyant vivre les sœurs, nous ne sommes pas appelés à nous extasier devant ce que leur existence a de particulier, mais nous sommes conduits à déchiffrer ce que leur vie annonce pour notre propre vie. Par le « raccourci » par lequel elles ont été entraînées, nous sommes invités à découvrir le terme vers lequel nous cheminons tous : la communion parfaite avec Dieu, le culte parfait.
C’est pour nous la source d’une profonde action de grâce que de pouvoir être témoins de l’appel que Dieu fait retentir dans le cœur de jeunes hommes et de jeunes femmes pour qu’ils se donnent tout entier à la mission de l’Église et à l’annonce de l’Evangile. C’est une joie pour toute l’Église de découvrir qu’en dépit des difficultés, des pauvretés, des lenteurs ou des résistances qui habitent nos cœurs, Dieu continue d’appeler de partout des hommes et des femmes pour qu’ils deviennent au milieu du peuple chrétien signe de la destinée merveilleuse proposée à toute l’humanité. C’est pour nous une grande joie que de voir que notre Église, telle Elisabeth dans son vieil âge, ou telle Marie dans sa jeunesse, est sans cesse stimulée par l’Esprit-Saint pour être rendue capable d’offrir des personnes qui se donnent toute entière dans l’amour.
Cette action de grâce n’est pas le soulagement que Dieu ait choisi ailleurs, à côté ou quelqu’un d’autre. Nous rendons grâce à Dieu parce que nous saisissons que quel que soit notre propre chemin, quelque chose de notre vie est offert pour tous. Notre vocation particulière est aussi un signe proposée à tous nos frères pour découvrir le dessein dans lequel Dieu nous entraîne.
Comme nous l’avons entendu dans le prophète Isaïe, la mission du Christ est de libérer les prisonniers et de rendre la vue aux aveugles (Is 42, 7). Et l’Evangile ajoute ce signe plus déterminant : la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres (Lc 4, 18). L’Église a reçu la mission d’être témoin de la Bonne Nouvelle au milieu des hommes : Dieu veut la vie de l’homme et son bonheur. Nous nous réjouissons que ce témoignage nous soit confié à nous qui formons le peuple de Dieu rassemblé et consacré dans l’Esprit-Saint. Nous rendons grâce que des hommes et des femmes soit tout entiers engagés dans cette annonce de la Bonne Nouvelle.
Aussi, c’est avec confiance que nous prions Celui qui a été engendré du Père pour être le Messie de son peuple et le Sauveur des hommes. Aujourd’hui par la même puissance de l’Esprit, celles et ceux qui sont appelés à rendre le même témoignage et à participer à l’œuvre du Salut sont engendrés dans le corps de l’Église. Que le Seigneur donne à chacun d’entre-nous de fortifier notre choix dans la joie de nos sœurs. Amen.
+André cardinal Vingt-Trois


Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Baptême du Seigneur, messe avec les diacres permanents et leurs épouses - Cathédrale Notre-Dame de Paris - Dimanche 10 janvier 2010
Frères et Sœurs,
Une question vient à notre esprit quand nous entendons cet évangile : « Qu’est-ce que cela change pour Jésus d’être baptisé ? » La parole qui vient du ciel et qui le désigne comme le « Fils aujourd’hui engendré » (Lc 3, 22) constitue-t-elle pour lui quelque chose de nouveau ? Nous savons que le Fils est uni au Père dans l’Esprit-Saint de toute éternité. Dès lors quelle nouveauté est-elle ajoutée au baptême de Jésus qui n’était pas déjà là et aurait manqué pour l’accomplissement de sa mission ? De tous temps : « Le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu » (Jn 1, 1). Mais, comme le dit l’épitre à Tite (2,11) « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » en ceci qu’il a envoyé son Fils, qui ne vient pas simplement pour une mission momentanée et transitoire, mais qui a pris chair de notre chair et est devenu un homme semblable à nous hormis le péché.
Dès lors, tout au long des évangiles se pose la question centrale : « Qui est donc cet homme ? ». Tous les signes de Jésus et l’enseignement qu’il donne à ses disciples se développent autour de cette interrogation. D’où lui vient cette parole d’autorité ? D’où lui vient cette puissance ? Pour les uns il n’est que Jésus de Nazareth le fils de Marie et de Joseph. Mais de Nazareth peut-il sortir quelqu’un qui va opérer le salut de l’humanité ? Qui est-il vraiment ? Peu à peu, Jésus va se dévoiler comme celui qui n’étant pas simplement le charpentier de Nazareth, mais qui est aussi le Fils de Dieu. Trois disciples contempleront sa gloire au moment de la transfiguration, quelques autres le reconnaîtront dans sa Passion, avec le centurion au pied de la croix qui s’écrira : « Vraiment celui-là était le Fils de Dieu » (Lc 23, 47). D’autres, un peu plus nombreux le verront ressuscité.
Au baptême de Jésus, sa gloire commence à être dévoilée. L’identité réelle et profonde de Jésus Fils de Dieu de toute éternité, n’est pas destinée à rester cacher dans la relation interne de la Trinité. Elle s’accomplit dans sa manifestation historique. Jésus est le Fils de Dieu de toute éternité, mais il ne devient vraiment le Sauveur qu’en venant partager l’existence humaine et en rendant sa relation avec le Père perceptible et audible pour les hommes au milieu desquels il vit. Le passage par le Jourdain, la venue de l’Esprit sous la forme corporelle d’une colombe, la voix qui vient du ciel ; tout cela ne change pas l’identité de Jésus mais la révèle pour les hommes. Le signe du baptême révèle le champ de la mission qui est confiée au Messie, celle d’exercer la fonction pastorale du Père, de rassembler les brebis dispersées, de les prendre contre son cœur, de prendre soin d’elles et de leur apporter le Salut (Is 40, 11).
La question de savoir ce qui change pour Jésus lors de son baptême rebondit quand nous réfléchissons à notre propre baptême. Notre baptême change-t-il quelque chose ? Ne sommes-nous pas enfants de Dieu de toute éternité ? Dieu n’a-t-il pas voulu que nous soyons ses enfants « dès avant me commencement », comme le dit la très belle hymne de l’épitre aux éphésiens (1, 4) ? Qu’est-ce que le baptême sacramentel ajoute ? Qu’est-ce que changent cet acte visible, ces gestes et ces paroles qui constituent le baptême ? D’une certaine manière nous comprenons qu’un certain nombre de nos contemporains puissent répondre tout-à-fait sereinement que cela ne change rien et que, puisque nous sommes déjà enfants de Dieu, il ne sert de rien de se faire baptiser.
S’il ne s’agissait que de notre identité métaphysique, on pourrait dire que nous n’avons pas besoin d’être baptisé. Mais l’enjeu est de vivre dans la relation quotidienne avec Dieu et d’exercer dans le déploiement des relations humaines cette identité éternelle. Et pour cela, il nous faut bien passer par un geste humain, par l’acte sacramentel de l’Eglise qui dévoile ce qui est caché en Dieu et agrège ceux qui sont dès lors appelés à être signe et sacrement de la miséricorde de Dieu au milieu des hommes.
La filiation divine de Jésus appelle sa mission de Messie et de Sauveur du monde. Cette mission se dévoile pour nous dans le geste du baptême du Seigneur. Jésus n’est pas le Fils de Dieu simplement pour jouir dans la sérénité trinitaire de la joie d’être avec son Père et l’Esprit-Saint. Il l’est inséparablement pour être envoyé en mission et devenir le Messie Sauveur du monde. De même, nous ne sommes pas enfants de Dieu simplement pour avoir la satisfaction de nous considérer comme les favoris du Seigneur. Nous le sommes pour être témoins de sa paternité à travers le monde, et pour être associés à la mission de l’Église par le don de l’Esprit-Saint que nous recevons au baptême et à la confirmation. Et notre identité profonde d’enfants de Dieu prend toute sa dimension quand elle devient visible, audible et perceptible par ceux qui nous entourent. C’est pourquoi il n’est pas indifférent qu’un homme ou une femme soit ou non baptisé et confirmé, quels que soient par ailleurs les sentiments qui l’habitent. Il n’est pas indifférent qu’un enfant soit ou non baptisé. En effet, notre expérience chrétienne, notre corps ecclésial et la mission de l’Église en ce monde ont besoin de cet acte sacramentel qui constitue ceux que Dieu appelle à devenir ses enfants non pas simplement dans une identité mystérieuse et secrète mais dans une identité qui est en même temps une mission envers leurs contemporains.
Les évangiles nous montrent que le baptême du Christ est le point de départ de sa mission publique du Christ. De la même manière, notre baptême est le point de départ de notre mission en ce monde, qui est de manifester que Dieu vient avec puissance, qu’il conduit son troupeau comme un berger, que son bras rassemble ses agneaux, qu’il les porte sur son cœur (Is 40, 10-11). En Jésus, Dieu a montré sa grâce pour le salut de tous les hommes (Tt 2,11). Par le baptême il nous a fait renaître et ainsi nous possédons dans l’espérance l’héritage de la vie éternelle (Tt 3, 7). C’est cette espérance dont nous devons être témoins au milieu du monde. Notre témoignage ne reste pas simplement dans le secret de notre relation avec Dieu, mais il a besoin de la vie de l’Église, de notre incorporation à cette vie et de notre résolution à accepter d’être aujourd’hui engendrés comme enfants de Dieu pour l’espérance et le salut du monde et pour la manifestation de la miséricorde de Dieu. Amen.
+André cardinal Vingt-Trois


Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Célébration œcuménique à l’occasion de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens - Temple de l’Église Réformée de l’Oratoire du Louvre - Mercredi 20 janvier 2010
Seigneur, ce soir, nous voulons être tout à la fois les femmes du tombeau, les disciples d’Emmaüs, les onze au milieu desquels tu apparais. Avec eux nous te prions : ouvre nos cœurs et nos esprits à l’intelligence des Ecritures. Donne-nous de comprendre les chemins par lesquels tu nous conduis à la lumière des commandements, de la loi et des prophètes.
Ce chapitre 24 de l’évangile selon saint Luc n’est pas simplement un itinéraire reliant différents lieux où des hommes et des femmes ont la chance d’être confrontés à l’événement de la résurrection, que ce soit devant le tombeau vide, en cheminant avec quelqu’un qu’ils n’ont pas reconnu, ou en étant visités par le ressuscité lui-même. Cette itinérance à travers ces scènes successives dessine pour nous un chemin spirituel. Où Dieu veut-il nous conduire et comment nous conduit-il ? Et pour nous qui sommes rassemblés dans la supplication pour l’unité entre les chrétiens et dans l’espérance de cette unité, comment ces épisodes de l’Evangile éclairent-ils notre attente et notre prière ?
Le ressuscité construit l’unité
Nous découvrons d’abord que ce n’est pas l’unité de l’Église qui dévoile la résurrection, mais plutôt le ressuscité qui construit l’unité de l’Église. La première expérience des disciples est la prise de conscience que le corps a disparu. Ce premier moment est vécu par quelques femmes, et ensuite par Pierre venu vérifier. Puis, deux disciples, qui sont comme emportés par un autre roman, continuent leur chemin vers Emmaüs sans savoir la conclusion de ce qui s’était passé à Jérusalem. Ils reconnaissent le Christ, ils reviennent à Jérusalem, et, au moment où ils vont raconter leur histoire, Pierre prend la parole le premier et leur dit : « oui, c’est vrai, il est ressuscité, il nous est apparu » (v. 34).
Ce chapitre de l’Evangile ressemble à une mosaïque. Il met ensemble des fragments d’expériences du ressuscité, comme pour nous faire comprendre que l’expérience de la résurrection est toujours marquée par l’expérience humaine dans laquelle elle est vécue. L’expérience des femmes au tombeau n’est pas celle de l’apôtre qui y vient après elles. Les disciples d’Emmaüs ne vivent pas la même chose que les onze. Et cependant, chacune de ces expériences a sa valeur et son authenticité propres.
Nous pourrions penser qu’il suffirait de tenir ensemble toutes ces expériences pour qu’enfin on reconnaisse le Christ ressuscité. Mais il ne nous suffit pas d’avoir ce désir de réunir des traditions et des formulations de la foi différentes. Il ne suffit que nous travaillions à nous écouter, à nous respecter, à nous laisser conduire peu à peu et, pourquoi ne pas le dire, à nous aimer. Il convient que cette aspiration à faire converger et à additionner nos expériences et nos traditions soit scellée par Dieu pour que se constitue un corps unique qui n’est pas la somme de nos corps, mais qui est le corps même du ressuscité.
Oui, l’unité des chrétiens nous est offerte, proposée et infusée, par le Christ ressuscité lui-même. C’est donc dans la mesure où il est présent à son corps que ce corps prend sa constitution unique pour être l’Église.
La joie de l’acte de foi
Comment non plus ne pas être sensible au cheminement des sentiments exprimés dans ce chapitre. Les personnages passent par la stupéfaction, l’incrédulité, l’étonnement, la crainte, et entrent finalement dans la plénitude de la joie au moment où Jésus n’est plus là. Chacune des rencontres successives avec le ressuscité ne suscite que du trouble, de l’inquiétude et des doutes pour les femmes, les apôtres ou les disciples d’Emmaüs. Les onze réunis n’osaient pas y croire (v 41) et pensaient que c’était un fantôme ou un esprit (v 37). Tout se passe comme si au moment où il les bénit et où il les quitte, il emportait avec lui leurs doutes, leurs craintes et leur trouble pour les laisser dans « une grande joie » v 52.
Ne nous faut-il pas nous aussi apprendre à découvrir notre joie non dans la possession immédiate de la présence du Christ mais dans l’acte de foi que permet son absence de devant nos yeux ? À la table d’Emmaüs, « leurs yeux se sont ouverts » (v 31), au moment où il a béni le pain et l’a rompu (v 30), répétant pour eux les gestes de la Cène. Mais au moment où leurs yeux se sont ouverts, il avait disparu, il n’était plus là. C’est là plus qu’un artifice rhétorique. Cette nouvelle vision leur permet de relire ce qui s’est passé, quand il leur parlait en chemin et leur expliquait les Écritures (v 32). Mais même si leur cœurs étaient déjà brulants, il n’empêche que l’accès à la réalité du ressuscité passe par l’expérience de cette absence, lorsque Jésus se retire. Tant qu’il est là leurs yeux sont voilés, et quand leurs yeux se dévoilent, il n’est plus là ! Et tant qu’il est avec les onze, on parle, on argumente même : « Ne vous rappelez-vous pas de ce que j’ai fait lorsque je vous avais donné à manger ?... » Et puis il les bénit, leur promet le don de l’Esprit, et disparaît. Et seulement alors ils sont remplis de joie.
Comme nous sommes loin de notre spontanéité affective qui imagine que la joie des disciples était de tenir physiquement la main de Jésus ressuscité ! Comme l’Evangile diffère de la pensée commune qui postule que la foi était facile pour les disciples qui voyaient, entendaient et touchaient le Seigneur. L’Evangile nous permet de découvrir que la foi commence quand ils ne le voient plus, quand ils ne l’entendent plus, quand ils ne le touchent plus, quand ils vivent de l’Esprit-Saint.
Les Écritures pour éclairer les évènements
À travers les Écritures, Dieu apprend à son peuple à comprendre de quelle manière il le conduit. Tout comme Jésus aide ses deux disciples sur le chemin d’Emmaüs à déchiffrer ce qui est en train de se passer. En partant de Moïse et des prophètes il essaye de les faire entrer dans la compréhension des évènements pour en donner le sens. Ce ne sont pas les événements en eux-mêmes qui font sens. Ce sont des faits bruts qui peuvent signifier aussi bien la présence que l’absence : un tombeau vide en soit ne veut rien dire, la mort d’un homme sur une croix non plus, et cette route parcourue avec Jésus ne leur permet pas par elle-même de le reconnaître.
La lecture que Jésus fait lui-même des événements non seulement à partir de Moïse et des prophètes, mais encore à la lumière de ce que lui-même leur avait dit, permet que ces événements, en eux-mêmes sans grande portée, déploient leur signification. Le tombeau vide est le signe qu’il est ressuscité. Le chemin parcouru avec lui vers Emmaüs manifeste la présence du Christ au long de la vie des hommes. En rappelant ses propres paroles (v 44), il leur donne la clef d’interprétation des événements dont ils ont été les témoins.
Si nous aussi, nous voulons vraiment déchiffrer vers où Dieu nous conduit à travers les méandres de nos histoires, nous avons besoin de la lumière des Écritures pour éclairer les événements de nos vies, pour en donner le sens et pour montrer comment ils manifestent le Christ Ressuscité.
Jésus ouvre l’intelligence des disciples pour qu’ils comprennent que sa mort et sa résurrection marquent l’accomplissement de ce qui avait été annoncé et ouvrent à l’annonce de l’Evangile à l’univers entier (v 47). Tout n’est pas encore accompli. Tout ne sera accompli que quand la bonne nouvelle aura atteint les limites du monde. C’est alors que Dieu récapitulera toute chose pour nous faire découvrir comment déjà il accomplissait son œuvre à travers les chemins que nous parcourions quelque fois les yeux bandés, le cœur enténébré ou l’esprit fermé, bref sans savoir ce que nous faisions. « Un jour, je verrai » nous dit saint Paul (1 Co 13, 12). Un jour je verrai. Un jour le bandeau tombera, le cœur s’ouvrira, l’esprit sera disponible pour découvrir comment Dieu aura compté sur notre foi pour accomplir son œuvre en ce temps.
Frères et sœurs, sur ce chemin tellement mouvementé et déchiré que les chrétiens de notre « ère culturelle » ont parcouru depuis plus d’un millénaire, beaucoup ont essayé et essaient de comprendre à la lumière des Ecritures ce que veut dire que la tunique a été déchirée, que les frères se sont séparés et les chrétiens désunis ? Car ce sont des faits historiques que nous connaissons, que nous subissons et dont nous portons tristement l’héritage. Mais quel en est le sens dans la Résurrection du Christ ? Comment notre foi au Ressuscité assume-elle les méandres des divisions humaines pour se rassembler autour de Celui qui est venu en disant : « la paix soit avec vous ! » (v 36) ?
Seigneur, ouvre-nos cœurs à l’intelligence des Ecritures. Donne-nous d’accueillir cette paix comme un signe de ta présence, toi qui est vivant et ressuscité pour le monde. Amen.
+André cardinal Vingt-Trois


Homélie du Cardinal André Vingt-Trois – 5e dimanche du temps ordinaire - Cathédrale Notre-Dame de Paris - Dimanche 7 février 2010
Frères et Sœurs,
« Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » (Is 6, 8). Dans le récit que nous avons entendu, le prophète Isaïe met ces mots dans la bouche du Seigneur. Comme vous pouvez l’imaginer, cette même question retentit aujourd’hui avec force dans l’esprit et dans le cœur des pasteurs de l’Église. On dit de toutes sortes de façon que nous connaissons une décrue statistique du nombre des prêtres et du nombre des consacrés hommes et femmes. Cela est vrai, et le vieillissement de ce corps conduit à une présence religieuse et sacerdotale parfois tellement ténue qu’elle se transforme en une absence. Chacun des évêques de France est habité par cette question qui traverse aussi nos assemblées de Lourdes quand nous nous réunissons tous ensemble : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? ». Et la réponse du prophète qui s’écrit alors : « Moi, je serai ton messager : envoie-moi » (Is 6, 8), nous apparaît bien consolante, tout comme celle de celles et de ceux qui aujourd’hui encore se rendent disponibles à l’appel du Seigneur et sont disposés à suivre sa volonté d’une manière libre et ouverte. Mais pour saisir avec justesse la profondeur de cette réponse, il est important de bien regarder le cheminement par lequel le prophète arrive à l’énoncer.
Il lui faut d’abord traverser l’effroi : « Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers » (Is 6, 5). Il y a d’abord la prise de conscience de la distance incommensurable entre l’homme et la sainteté de Dieu que nous chantons avec les mots du prophète Isaïe chaque fois que nous célébrons l’eucharistie : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers. Toute la terre est remplie de ta gloire » (Is 6, 3). Nous confessons le Dieu trois fois saint, et, à mesure que nous prenons mieux conscience de sa sainteté, de sa grandeur et de sa puissance, nous comprenons combien nos existences peuvent être loin d’un programme aussi élevé. C’est bien ce qui arrive à Pierre, lui aussi confronté à un signe de la présence divine lors de la pêche miraculeuse, et qui tombe à genoux en disant : « Eloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur » (Lc 5, 8).
Il est important de réfléchir à cette étape de la prise de conscience de l’écart entre la mission que Dieu veut accomplir pour révéler sa miséricorde à l’humanité et ceux auxquels il fait appel pour l’accomplir : les pêcheurs du lac et les pécheurs du cœur. Peut-être avons-nous été parfois trop présomptueux en voulant faire notre affaire de l’action et de la mission de l’Église, c’est-à-dire de la pêche organisée dans la barque qui est dans la tradition chrétienne un symbole de l’Église ? La barque de Simon devient la barque de Jésus au moment où celui-ci monte dedans. C’est Jésus qui indique la direction dans laquelle il faut avancer, et c’est lui qui donne l’ordre de jeter les filets. Mais n’avons-nous pas, à certains moments, négligé la présence du Maître dans la barque ? N’oublions-nous pas parfois que l’Église n’est pas un grand magasin où chacun viendrait faire ses emplettes et pourrait afficher son mécontentement devant la mauvaise qualité du service ? Peut-être raisonnons-nous comme si l’Église était une société de compromis dans laquelle la pression exercée suffirait à donner des arguments, comme si elle était une société humaine et non pas la barque du Christ et l’œuvre du Dieu trois fois saint ?
L’Ecriture nous montre que ce moment d’effroi et l’appel à la conversion qu’il provoque, devient le point d’appui par lequel Dieu va agir. Car Dieu ne choisit pas ceux qu’il envoie en fonction du catalogue de leurs compétences exceptionnelles ou de leurs vertus extraordinaires, mais il les prend pauvres et pécheurs. Selon les mots même de saint Paul, ceci permet de manifester, sans le moindre doute, que cette parole que nous portons, cette promesse que nous partageons et cette espérance que nous annonçons ne viennent pas de nous mais de Dieu ! Dieu choisit des faibles instruments, non pour les enfoncer ou pour dévaloriser leur mission, mais pour mieux faire apparaître la puissance de la grâce à l’œuvre dans l’histoire. Ainsi, l’avorton, celui qui persécutait les disciples devient « le plus petit d’entre les Apôtres, lui qui n’est pas digne d’être appelé Apôtre » (1 Co 15, 9). Ainsi aussi, Jésus dit à Pierre qui est rempli d’effroi devant son indigence : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5, 10).
Nous pouvons prolonger cette méditation en l’appliquant à notre propre vie : « Qui suis-je pour être témoin du Christ ? Qui suis-je pour annoncer l’Evangile ? Qui suis-je pour devenir un apôtre ou un missionnaire ? Moi qui mesure tant mes faiblesses et qui suis si sensible à mes incapacités, comment oserais-je dire : ‘me voilà, prend-moi, envoie-moi’ ? ». Evidemment pour nous présenter ainsi, il nous faut être transformés profondément et soulevés par la grâce de Dieu. Nous ne pouvons pas dire ‘Envoie-moi’, si nous restons dans nos petites réflexions opératoires en oubliant Celui qui envoie et pour quelle mission Il envoie.
Dieu peut faire des témoins de la foi de chacun de ceux qui participent chaque dimanche à la célébration de l’eucharistie. Il peut purifier celui qui regrette le mal qu’il a commis et qui accepte de changer de vie. Il peut relever celui qui est tombé à genoux comme Pierre et lui dire : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5, 10)
« Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5, 11). Amen.
+André cardinal Vingt-Trois


Homélie du Cardinal André Vingt-Trois – 1er dimanche de Carême - Cathédrale Notre-Dame de Paris - Dimanche 21 février 2010
Frères et Sœurs,
Le Christ vient d’être baptisé, les cieux se sont ouverts, l’Esprit Saint est descendu sur lui sous la forme d’une colombe. Dans un même mouvement, l’Évangile nous dit qu’il est entrainé par l’Esprit à travers le désert où il est mis à l’épreuve par le démon pendant quarante jours. Il ne viendrait à l’idée de personne de supposer que Jésus rempli de la plénitude de l’Esprit soit devenu un pécheur. Il nous faut donc comprendre cette épreuve des quarante jours à l’intérieur de la mission de Jésus et de la relation qui l’unit au Père, telle qu’elle vient d’être solennellement manifestée au moment du baptême : « celui-ci est mon fils bien aimé en qui j’ai mis tout mon amour » (Lc 3, 22).
À travers le chiffre des quarante jours, les évangiles nous renvoient à d’autres grands épisodes de l’histoire d’Israël : les quarante années où le peuple a cheminé à travers le désert pour parvenir à la Terre Promise, les quarante jours que Moïse a passé sur la montagne pour recevoir les nouvelles tables de l’Alliance, les quarante jours de la marche du prophète Élie pour aller à la rencontre de Dieu à l’Horeb... Nous mesurons bien que ces périodes (de quarante ans ou de quarante jours) sont des moments fondateurs. Durant les quarante années de l’Exode, le peuple est passé par l’épreuve de la foi et une nouvelle génération est advenue, après celle qui avait mis Dieu à l’épreuve aux eaux de Mériba. De même, au terme des quarante jours et des quarante nuits sur la montagne de Dieu, Moïse reçoit les nouvelles tables de la Loi qui fondent une nouvelle Alliance. Nous comprenons comment le temps que Jésus passe au désert est comme le fondement de l’accomplissement de la mission qu’il a reçue.
Mais en quoi consiste l’épreuve ? Il ne s’agit pas, comme on le croit trop facilement ou trop rapidement, d’une épreuve morale. Les tentations que le Christ éprouve ne sont pas relatives à des fautes qu’il pourrait commettre. Elles concernent sa relation à Dieu. La véritable épreuve du croyant est l’épreuve de la foi. Ce sont la foi du Peuple ou la foi d’Élie qui sont mises à l’épreuve au long du cheminement à travers le désert. Ici, la foi du Christ est éprouvée de trois manières : d’abord par la tentation de l’aliénation aux biens de ce monde (« si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain » (Lc 4, 3)), ensuite par la tentation de l’idolâtrie (« je te donnerai tout pouvoir sur la terre (…) si tu te prosternes devant moi » (Lc 4, 6-7)), et enfin par la tentation de la domination du monde.
Comment Jésus résiste-t-il à ces trois tentations ? Vous l’avez entendu : il n’entre pas en discussion avec le tentateur pour savoir si ce qu’il lui propose est vrai, faux, à moitié vrai ou à moitié faux, bon ou mauvais. Jésus ne répond aux tentations qu’en s’appuyant sur la Parole de Dieu. Il s’agit donc bien d’une épreuve de la foi et non d’une épreuve de l’intelligence, qui chercherait s’il est légitime de transformer les pierres en pains, de se prosterner devant le diable, etc. Ce n’est pas l’enjeu. La seule question est : « en qui crois-tu ? » Et le Christ en toutes ses réponses cite la Parole de Dieu : « il est écrit, ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre » (Lc 4, 4), « il est écrit : tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu et c’est lui seul que tu adoreras » (Lc 4, 8), « il est dit : tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » (Lc 4, 12).
À travers l’expérience que le Christ fait de la tentation au désert nous recevons un éclairage sur notre existence. Car quand nous parlons de notre propre tentation nous avons souvent tendance à l’identifier à une sorte de séduction pour le péché. Ce n’est pas cela qui est en cause. La véritable épreuve et la véritable tentation consistent à remplacer Dieu, à occuper la place de Dieu par autre chose. Ainsi, nous sommes tentés de remplacer Dieu par les biens terrestres, et c’est pourquoi dans ce temps de conversion du carême, nous sommes invités à jeûner pour expérimenter que les biens de ce monde ne nous apportent pas la plénitude que seule nous donne la Parole de Dieu. Nous pouvons aussi laisser les idoles occuper la place de Dieu dans notre esprit, dans notre vie, dans notre environnement, dans notre société, en oubliant le commandement : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et lui seul ». Enfin, nous connaissons la tentation d’utiliser nos moyens de domination sur les autres. Cette tentation consiste à nous mettre à la place de Dieu, en devenant les maîtres, et finalement en tentant Dieu lui-même.
Pour réagir à ces tentations, s’engager sur le chemin de la discussion c’est perdre à tous les coups, nous le savons. Commencer à discuter, c’est s’être déjà rendu. On argumente, on raisonne, mais à ce jeu le démon est plus fort que nous et finit par nous convaincre.
La véritable réaction de foi est de s’appuyer sur la Parole de Dieu, cette Parole qui est prés de nous, « dans ta bouche et dans ton cœur » comme écrit saint Paul dans l’Épître aux Romains. C’est pourquoi au cours de cette première étape du Carême, nous pourrions nous plonger avec plus de régularités et d’attention dans la méditation de la Parole de Dieu : prendre plus de temps pour la lire, méditer les lectures de la messe du dimanche précédent ou du suivant, pour que cette Parole que Dieu nous adresse ne soit pas comme un corps étranger dans notre vie mais devienne vraiment proche de notre bouche et de notre cœur, et soit une ressource disponible dans le combat de la foi. Comment progresserons-nous dans la foi si nous ne progressons pas dans l’intelligence de la Parole de Dieu et dans l’intégration profonde de cette Parole en notre intelligence et en notre cœur ?
Frères et sœurs, au cours de la semaine qui commence, je vous propose de prendre le temps de méditer les lectures que nous avons entendues, en vous laissant conduire par la Parole de Dieu pour affronter avec force l’épreuve de la foi. Amen.
+André cardinal Vingt-Trois

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