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Homélie du cardinal André Vingt-Trois – Messe du 3e dimanche de Pâques – Année C - Dimanche 14 avril 2013
Les apparitions de Jésus ressuscité, les dialogues de Jésus avec ses disciples mettent en lumière l’amour qu’il porte à l’humanité. En prenant conscience, notre coeur s’ouvre peu à peu à cet amour. C’est sur cet échange d’amour que peut se fonder notre foi.
Frères et Sœurs,
Le dialogue entre Jésus et Simon dont l’évangile de Jean vient de nous relater le déroulement prend évidemment un relief tout à fait particulier alors que nous sommes tout juste un mois après que les cardinaux aient élu le cardinal Bergoglio pour qu’il devienne l’évêque de Rome, c’est-à-dire le successeur de Pierre, et comme évêque de Rome et successeur de Pierre, le pasteur de l’Église universelle.
Nous le savons, la tradition catholique a reçu ce témoignage sur le dialogue entre Jésus et Simon-Pierre comme un des lieux bibliques où s’enracine la primauté de la mission de Pierre par rapport aux autres disciples. Il me souvient qu’au cours du conclave, au long de la journée où les votes successifs montraient peu à peu celui qui allait être désigné, j’ai eu un moment la pensée que, peut-être, en lui-même, dans son cœur, ce dialogue pouvait trouver un écho, car si ce sont les cardinaux qui ont voté, et qui l’ont désigné par ce vote, nous sommes convaincus que nous n’avons été que les instruments du choix de Dieu et la manière dont s’exprimait l’appel du Christ à l’égard de son serviteur. Mais ce que nous pouvons comprendre à travers le dialogue entre Jésus et Simon-Pierre nous aide aussi à saisir que la responsabilité, la mission confiée à Pierre et à ses successeurs n’est pas d’abord une mission d’organisation, ou plus exactement que le pouvoir qui lui est remis d’exercer la responsabilité pastorale à l’égard du peuple de Dieu s’enracine très profondément dans une relation personnelle avec le Christ.
Par trois fois Jésus donne à Pierre la mission de paître ses brebis. Mais par trois fois cette mission s’appuie sur la question « Simon, m’aimes-tu plus que ceux-ci ?... Simon m’aimes-tu ? » (Jn 21, 15). L’évangile veut nous faire comprendre que la responsabilité et la mission de Pierre s’enracinent d’abord sur cette relation d’amour tout à fait personnelle entre Pierre et Jésus. Et nous comprenons ainsi que si Pierre reçoit cette mission après cette triple interrogation qui n’est pas, évidemment, sans évoquer le triple reniement vécu pendant le procès et la passion de Jésus, si sa mission s’enracine dans ce triple questionnement c’est pour nous aider à comprendre où est la racine profonde de la mission de l’Église et de la foi des disciples.
Nous sommes aidés dans cette compréhension du dialogue entre Simon et Jésus par l’événement qui a précédé. Ils reviennent de la pêche dans le lac de Tibériade, Jésus est sur la rive, sa silhouette est encore un peu indistincte, « ils ne savaient pas que c’était lui » nous dit l’évangile (Jn 21, 4) et l’évangile ajoute « le disciple que Jésus aimait dit : c’est le Seigneur » (Jn 21, 7) et en entendant cette parole « c’est le Seigneur », Pierre s’habille et se jette à l’eau pour rejoindre la rive et venir auprès de Jésus. Là aussi nous découvrons comment la capacité de reconnaître la personne du Christ, la capacité de l’identifier, la capacité de témoigner de son identité, cette capacité est donnée en priorité par l’amour que Jésus portait à ce disciple. C’est « le disciple que Jésus aimait », et nous voyons aussi dans ce face à face entre ce disciple que Jésus aimait et Jésus, dans celui qui va mettre en présence Simon-Pierre et Jésus, ce qui est l’élément déterminant, c’est l’amour. C’est parce que Jésus l’aimait que ce disciple, parmi tous les autres, a été le premier, sinon à le reconnaître du moins à sentir que c’était lui et à le désigner : c’est le Seigneur.
Tout ceci nous est rapporté par les évangiles, non pas simplement pour nous raconter l’histoire des apparitions de Jésus ressuscité aux disciples, mais aussi pour nous aider à percevoir comment ces rencontres entre le Christ ressuscité et ses disciples mettent en œuvre un processus qui va devenir celui auquel nous sommes invités à participer à notre tour, c’est-à-dire une démarche de foi. Notre foi c’est d’abord d’être aimés par le Christ, c’est cet amour que le Christ porte à l’humanité et plus particulièrement à celles et à ceux qu’il a appelés pour faire partie de son Église. Cet amour du Christ pour les hommes, nous en avons la figure symbolique dans le Christ en croix au moment où il donne sa vie par amour pour le monde. C’est dans la mesure où nous entrevoyons quelque chose de cet amour du Christ, c’est dans la mesure où nous comprenons quelque chose de cet amour du Christ, en voyant à quel point il a souffert pour nous jusqu’à donner sa vie pour que nous vivions, c’est dans cette mesure que notre propre cœur peut s’ouvrir et qu’à notre tour, nous pouvons entendre la question que le Christ nous pose : Simon, m’aimes-tu ? M’aimes-tu comme je t’aime ? M’aimes-tu comme moi j’ai aimé les hommes ?
Et si l’amour que le Christ a vécu pour les hommes l’a conduit à livrer sa vie en rançon pour la multitude, cela veut dire que l’amour qu’il attend de nous est aussi un amour qui nous conduit à nous donner pour le service de nos frères et emprunter le chemin du Christ lui-même, comme le dit la fin de l’évangile : « Quand tu étais jeune tu mettais ta ceinture toi-même pour aller où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il dit encore : suis-moi » (Jn 21, 18-19) C’est donc dans ce dialogue d’amour où nous recevons l’expression de l’amour de Dieu à travers l’offrande que Jésus fait de sa vie, que s’éveille en nous la capacité, et je l’espère, le désir de répondre à cet amour par notre propre amour envers le Christ. S’il n’y a pas cet échange d’amour entre la personne de Jésus et chacun et chacune d’entre nous, il ne peut pas y avoir un acte de foi, parce que la foi ce n’est pas une connaissance qui se démontre par elle-même, c’est un acte de confiance dans la parole de Dieu, un acte de confiance dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. Cet acte de confiance repose sur l’amour que nous avons pour le Christ qui surgit de l’amour que le Christ a pour nous.
Si nous voulons entrer pleinement dans le déroulement de l’Année de la foi, il nous faut donc revenir à cette source initiale de la foi qui est l’amour que Dieu nous porte et nous manifeste et l’amour qu’il attend de nous en réponse à son amour. Ce dialogue d’amour construit en nous, en nos cœurs, en nos esprits, en nos intelligences, la confiance nécessaire pour croire, c’est-à-dire pour reconnaître le Christ ressuscité, même s’il apparaît de façon imprécise ou difficile à identifier comme c’est le cas au bord du lac ou dans d’autres apparitions du Christ. L’évangile nous dit lui-même : « ils n’osaient pas lui demander qui il était » - ce qui veut dire qu’ils avaient besoin de le lui demander - « car ils savaient que c’était le Seigneur » (Jn 21, 12). Ce savoir sur la personne de Jésus leur vient de la confiance qu’ils peuvent faire à la parole du disciple que Jésus aimait, de la confiance qu’ils font à la parole que Jésus leur a adressée lui-même en leur annonçant sa résurrection. Ils sont convaincus que c’est le Seigneur même si les apparences ne sont pas absolument démonstratives.
Il y a dans toute démarche de foi une marge dans laquelle il est fait appel à notre confiance, à notre capacité de risquer notre confiance, même si nous n’avons pas toutes les garanties intellectuelles que nous pourrions espérer. C’est la même chose dans les relations entre les hommes. Toute une part de nos relations repose sur la confiance que l’on peut faire à nos interlocuteurs, à nos partenaires, et cette confiance s’enracine dans les signes d’amour, de service, de disponibilité qui ouvrent notre relation à une remise entre les mains de ceux, que le Seigneur met sur notre route.
Frères et sœurs, demandons au Seigneur qu’il fortifie en nous la perception que nous avons de l’amour que Jésus nous porte et qu’il fortifie en nous la confiance qui nous permet de répondre à cet amour et de croire au Christ ressuscité. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.


Homélie du cardinal André Vingt-Trois – Consécration épiscopale de Mgr Michel Aupetit - Vendredi 19 avril 2013
La vraie vie est communiquée à l’homme par Dieu qui est la vie. Le sacrement de l’Eucharistie est le lieu privilégié de la transmission de cette vie divine. La garantie de l’économie sacramentelle est assurée par le ministère apostolique institué par le Christ. L’évêque participe à ce ministère apostolique dans la plénitude du sacerdoce.
Frères et Sœurs,
Dieu est la vie. Dieu veut la vie. Dieu appelle l’homme à la vie. Toute notre foi se cristallise dans cette conviction que l’amour de Dieu pour l’humanité ne se limite pas aux quelques années que nous passons sur terre plus ou moins heureux ou malheureux, mais qu’il s’étend à la totalité du temps, de l’espace, et de l’espèce humaine. Dieu veut que les hommes vivent, et génération après génération, siècle après siècle, il a relancé de nouvelles initiatives pour indiquer aux hommes les chemins de la vie en leur expliquant comment il fallait qu’ils vivent pour participer à sa vie divine. Et dans les temps qui sont les derniers, il a envoyé son Fils, son unique, pour accomplir ce dessein de vie. Il n’y a pas de vie pour l’homme, si Dieu ne lui donne pas la vie. Il n’y a pas de vie pour l’homme, s’il n’accepte pas de recevoir sa vie Il n’y a pas de vie pour l’homme, s’il n’accepte pas d’être sauvé par Dieu. Et le signe et l’accomplissement de ce salut, c’est le don que Jésus fait de sa vie sur la croix : il s’offre à la mort pour que nous vivions. Dieu veut à ce point la vie de l’homme, qu’il livre son Fils pour que nous vivions. Et nous ne pouvons vivre que dans la communion à ce Fils offert sur la croix. Il n’y a pas de vie possible si nous ne communions pas à la chair et au sang du Christ. On pourrait dire d’une certaine façon que l’on peut toujours respirer, on peut toujours exister quelques dizaines d’années, mais cela n’est pas vivre. Vivre, c’est ne pas connaître la mort. Vivre, c’est participer à la vie éternelle. Et ceux qui mangent la chair du Christ et boivent le sang du Christ ont la vie éternelle et il les ressuscitera au dernier jour.
On peut avoir beaucoup de projets, de questions, de conceptions de la vie, de contraintes, de souffrances dans la vie, mais ultimement tout cela ne compte pas beaucoup devant la seule question qui soit vraiment intéressante : est-ce qu’avec ma mort tout sera fini ?
Et l’espérance que le Christ a jetée au cœur de l’homme, c’est l’espérance que celui qui vit en communion avec Lui ne mourra pas. Bien sûr il trépassera, il sera enterré, mais il aura la vie. Il sera dans la vie de Dieu pour l’éternité. La vraie question est donc : comment fait-on ? Comment fait-on pour être en communion avec le Christ ? Comment fait-on pour recevoir sa chair et son sang ? Et tout le chapitre 6 dans l’évangile de saint Jean que nous avons médité cette semaine après la multiplication des pains nous indique un chemin qui sera explicité dans les évangiles synoptiques. La communion à la chair du Christ et à son sang, c’est recevoir le pain que lui nous donne, c’est recevoir le vin que lui nous donne. Et le pain qu’il nous donne, c’est le pain venu du Ciel, c’est le pain de la vie, c’est son corps. Et le vin qu’il nous donne, c’est son sang versé en rançon pour la multitude. Et du coup la question que j’évoquais tout à l’heure, de notre vie et de notre mort, se trouve à nouveau posée : quand nous tendons la main pour recevoir ce pain, c’est le corps du Christ que nous recevons. Évidemment, cela n’est accessible qu’au regard de la foi, et encore dans le regard de la foi cela suppose une garantie que ce que je dis quand je consacre le pain, ce n’est pas moi qui le fais, c’est le Christ qui le fait. Cette garantie qui est l’économie sacramentelle de la vie chrétienne en dehors de laquelle il n’y a pas de vie possible, cette garantie sacramentelle nous est accordée par le Christ lui-même à travers le ministère apostolique. Que l’on regarde les évangiles synoptiques ou l’évangile de saint Jean, ou que l’on entende le récit de la conversion de Paul sur le chemin de Damas, nous découvrons une règle constante de la relation qui unit le Christ à ceux qu’il envoie. Dans les synoptiques on nous dit qu’il les appelle pour être avec lui, pour demeurer avec lui et qu’à travers ces mois et ces années de vie commune, d’expériences et d’aventures apostoliques vécues ensemble, il forge en eux l’âme apostolique. Il les prend dans la communion. Ou comme nous le dit l’évangile de saint Jean : « ceux que tu m’as donnés, je les ai gardés. » Ou comme il dit ici à saint Paul : « c’est moi que tu persécutes. » (Ac 9, 5)
C’est cette rencontre incomparable, de personne à personne, avec Jésus Christ, cette communion intime dans l’amour du Christ qui est le fondement de la vie apostolique. C’est pourquoi dans la tradition sacramentelle de l’Église, jamais une mission confiée ne peut être réduite à un fonctionnement. Pour les fonctionnements, on trouve toujours quelqu’un ! Pour distribuer du pain, on trouve toujours quelqu’un ! Pour distribuer du vin, on trouve toujours quelqu’un ! La vraie question, c’est : est-ce que ce pain, c’est le corps du Christ ? Est-ce que c’est le sang du Christ ce vin que l’on me donne ? Cette parole que vous nous dites, est-ce que c’est la vôtre ou celle du Christ ? Cette Église que nous constituons, est-ce un agrégat accidentel ou bien est-ce vraiment le corps du Christ ressuscité ? Et la seule garantie que nous avons de cette identité sacramentelle, c’est le ministère apostolique institué par Jésus avec ceux qu’il a choisis pour être avec lui dans une communion particulière et qu’il appelle pour être avec lui. À ceux-là, comme nous le lisions dimanche dernier à la messe, quand il apparaît au bord du lac de Tibériade, il dit : « m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » (Jn 21, 15).
Au moment où le Pape appelle un prêtre à devenir évêque, il ne le fait pas changer de catégorie dans l’échelle administrative, il ne lui donne pas un galon de plus ! Il l’appelle pour entrer de façon plus intime, plus profonde, plus indissociable dans la communion avec le Christ, en acceptant de prendre sur lui une part de la souffrance et de la mission du pasteur. L’évêque est alors heureux de pouvoir être associé à la mission du Christ, non seulement quand les foules le suivent comme Jésus, quand il fait de beaux signes, mais encore quand il dit : « celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ». Ces paroles sont si dures à entendre !
Appelés au ministère apostolique, nous sommes associés directement à la mission du Christ comme l’a été le collège des apôtres au jour de la Pentecôte. Cette communion intime, cette relation personnelle de cœur à cœur avec le Christ prennent leur forme institutionnelle quand Jésus donne la plénitude de son Esprit, quand il impose les mains à ceux qu’il a appelés pour qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. Alors cette communion intime n’est plus simplement un chemin de perfection pour chacun d’entre nous, cela devient le passage de la parole que nous devons porter au nom de Dieu pour appeler les hommes à la vie.
Dans notre grande ville de Paris, il y a de la vie, beaucoup de vie, mais est-ce de la vie de Dieu ? Est-ce de la vie éternelle ? Ou est-ce une vie qui est vouée à la mort ? Et si nous sommes envoyés dans cette ville, c’est justement pour annoncer qu’il y a une vie qui ne finit pas. Les responsabilités, les missions concrètes que nous avons à accomplir ne sont pas toujours à ce niveau d’espérance, mais c’est cette espérance qui nous habite à travers tout ce que nous faisons. C’est cette espérance qui nous rend capables d’aller à la rencontre de tous ceux auxquels le Seigneur nous envoie.
Ce soir nous sommes dans la joie de voir Michel Aupetit appelé à participer à ce ministère apostolique dans la plénitude du sacerdoce. Nous sommes dans la joie aussi parce que c’est une force et une espérance nouvelles qui nous sont accordées pour la vie de notre Église, pour le ministère des prêtres, des diacres, pour la vie des consacrés, pour la vie des communautés chrétiennes, pour le témoignage que les chrétiens rendent au Christ à travers leur vie. Nous sommes envoyés pour être un point d’appui, une ressource, une espérance, une force, un garant, mais avant tout pour être ceux qui vous assurent que l’Église est le lieu où le Christ se donne, où il donne sa vie. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.


Homélie du cardinal André Vingt-Trois - Messe solennelle à l’occasion du bicentenaire de la naissance du Bienheureux Frédéric Ozanam – 4e dimanche de Pâques – Année C - Dimanche 21 avril 2013
Jésus est le bon pasteur. Sa mission pastorale ne se limite pas aux premiers disciples ni à Israël, elle est universelle. L’évangélisation se poursuit par la lutte contre l’ignorance et la misère, c’est l’œuvre à laquelle s’est attaché le bienheureux Frédéric Ozanam notamment à travers la Société de Saint-Vincent-de-Paul.
Frères et Sœurs,
Ce dimanche, la liturgie propose à notre méditation la figure du bon pasteur telle que Jésus se présente aux juifs. En quelques phrases l’évangile de saint Jean nous donne des éléments importants de réflexion : le bon pasteur donne la vie éternelle à ceux qui écoutent sa voix et qui le suivent (c’est à dire qui mettent en pratique la parole du Christ) et ce don de la vie est l’accomplissement de la mission de Jésus agissant au nom du Père : « Le Père et moi nous sommes un » (Jn 10, 30), nous dit-il. Le pasteur est celui qui connaît ses brebis et qui en prend soin jusqu’à donner sa vie pour elles.
Cette promesse du Christ adressée à ceux qui le suivent s’accomplit d’abord pour ses disciples qui se sont mis à sa suite. Mais ce discours s’adresse aussi explicitement aux Juifs, c’est à dire au Peuple élu auquel Dieu a promis d’envoyer un pasteur selon son cœur. Jésus est vraiment le berger d’Israël pour le conduire aux pâturages de la vie. Par sa mort et sa résurrection l’alliance de vie accomplit la vocation universelle d’Israël et s’ouvre à la multitude, comme le rappelle la formulation eucharistique de la Cène : « mon Sang versé pour vous et pour la multitude. »
Le lien qui unit le pasteur aux brebis n’est pas un lien qui exclut les autres brebis qui ne sont pas (faut-il dire encore ?) de cette bergerie. La mission pastorale du Christ ne se limite ni au groupe des premiers disciples qui l’entoure, ni à Israël qui en est le premier bénéficiaire. Elle s’étend à la multitude innombrable de ceux qui veulent bien écouter sa voix et le suivre : « une foule immense que nul ne pouvait dénombrer de toutes nations, races, peuples et langues. » (Ap 7, 9), comme nous le dit la vision de l’Apocalypse. C’est ainsi que Paul interprète la fureur des Juifs d’Antioche, comme un signe du commandement du Seigneur : « J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac 13, 47)
Quand la mission pastorale du Christ nous est présentée dans cette dimension universelle, nous pressentons combien nous sommes loin d’avoir encore parcouru le chemin nécessaire à son accomplissement. Nous pouvons même mesurer que l’annonce de la Bonne Nouvelle, qui est la voix du pasteur, est une œuvre à reprendre sans cesse, à chaque génération. La nouvelle évangélisation n’est-elle pas la transcription pratique de cette mission dans le temps qui est le nôtre ? Il arrive souvent que des chrétiens imaginent ou rêvent une chrétienté florissante que nous aurions perdue. Je vous rappelle qu’au sortir de la révolution française, notre Église en France était complètement démunie à vues humaines. N’était-ce pas déjà le cadre d’une nouvelle évangélisation ? La dispersion des prêtres et des consacrés, l’ignorance de beaucoup des vérités élémentaires de la foi, la sécularisation complète des mœurs et de la culture, etc.
Dans un XIXe siècle marqué par la misère spirituelle des croyants et l’indifférence ou l’hostilité des gens cultivés (on pourrait dire des sortes de voltairiens éclairés !), le miracle de la renaissance de notre Église en France a reposé sur des prêtres obscurs comme le curé d’Ars ou le P. Chevrier à Lyon, sur des religieuses données tout entière au service des pauvres, comme la bienheureuse Rosalie Rendu à Paris, dans le quartier de la Mouffetard, des laïcs motivés et encouragés par des projets d’évangélisation comme Frédéric Ozanam. Quelles qu’aient été les circonstances différentes et les charismes particuliers, cette génération de chrétiens que l’on pourrait nommer la « génération des missionnaires de l’intérieur » s’est impliquée selon deux axes indissociables : l’annonce de la vérité et le service des pauvres. Ils luttaient ainsi contre les deux fléaux dont souffraient les pauvres des campagnes comme le nouveau prolétariat des cités : l’ignorance et la misère.
Jeune diplômé, Frédéric Ozanam assume son rang et ses responsabilités mais il n’hésite pas à quitter la sécurité professionnelle pour se lancer dans une carrière de chercheur. Devenu professeur à la Sorbonne, il oriente sa recherche historique de façon à lui permettre en même temps une œuvre apologétique : montrer que le christianisme a été une cause de progrès dans le développement des sociétés. Il ne pratique pas sa spécialité dans une sorte de schizophrénie mentale se voyant chercheur et enseignant « bien que croyant », mais au contraire s’adonnant à la recherche et à l’enseignement « parce que croyant. »
Il participe du grand mouvement pédagogique qui se constituait autour d’un certain nombre d’intellectuels et universitaires chrétiens et dont la fondation des Conférences de Carême de Notre-Dame a été un signal historique. Devant les religions ésotériques qui s’étaient substituées au christianisme comme devant les premières illusions d’un salut du à la science plutôt qu’à Dieu, ils n’ont pas baissé les bras. Ils ont voulu reconstruire une intelligibilité de la foi qui résiste aux attaques proprement intellectuelles et devenir des témoins intrépides de la vérité.
Mais les controverses et les Conférences Littéraires autour d’Emmanuel Bailly vont orienter sa vie autrement. Formé dès son enfance au service des pauvres, il va être provoqué par un contradicteur. Nous connaissons tous cette apostrophe : « Votre christianisme est mort… Où sont les œuvres qui démontrent votre foi, et qui peuvent nous la faire respecter et admettre ? » Il prend ces questions comme un appel de Dieu et, très vite, avec son petit groupe d’amis il se lance dans la visite des pauvres sous le patronage de saint Vincent de Paul. Frédéric a vingt ans. Il est à la moitié de sa vie mais il ne le sait pas encore. Peu à peu la Conférence va trouver ses règles de fonctionnement et surtout ses impératifs spirituels.
Après ce bref aperçu de la nouvelle évangélisation au XIXe siècle, revenons à notre présent. Par bien des aspects, notre société partage et prolonge la déchristianisation de la France du XIXe siècle. Comme elle, elle juxtapose de grandes réussites économiques et techniques avec des poches de misère de plus en plus criantes. Comme elle, elle développe une ignorance profonde du christianisme et de son apport spécifique à la recherche du bien commun. Aujourd’hui comme hier, nous sommes appelés à un nouvel effort d’évangélisation dont les deux piliers ne peuvent être autres que l’annonce de la vérité et le service des pauvres. Aujourd’hui comme hier, ceux qui ont le plus reçu en fait de culture, de compétence professionnelle et d’équilibre personnel sont appelés à entrer résolument dans une démarche de partage. Encore aujourd’hui, il nous faut partager les richesses que nous avons reçues, il nous faut annoncer le Christ, seule espérance du monde, il nous faut nous mettre au service personnel des pauvres, non seulement par le don de notre superflu mais surtout par le don de nous-mêmes dans une relation fraternelle avec les plus humbles. Nous le savons, la situation de notre société n’est plus celle du XIXe siècle. Les moyens publics de protection sociale et de traitement de la misère ont beaucoup progressé, ils prennent en charge bien des situations qui étaient abandonnées il y a 150 ans. Mais malgré cet effort collectif pour la prise en charge des difficultés de l’existence de bon nombre d’entre nous, nous le savons, notre société comme toujours génère à sa marge des personnes qui n’ont pas accès à cette protection commune, parce qu’ils n’y ont pas droit, ou parce qu’ils ne savent pas la demander, ou parce qu’ils ne pensent pas qu’ils peuvent y recourir. Mais en tout cas, ils restent sur les trottoirs de nos villes comme le signe que malgré notre prospérité, la misère n’est pas éradiquée. Plus encore, malgré le succès remarquable de l’enseignement universel qui s’est répandu à partir du XIXe siècle, nous constatons à l’orée du XXIe siècle que le nombre des illettrés, analphabètes ou personnes maîtrisant difficilement la lecture ne cesse de croître. La culture peut se développer, peut-elle se développer pour tous ? Que nos saints devanciers : Vincent de Paul, Louise de Marillac, Rosalie Rendu et Frédéric Ozanam nous servent de modèles et intercèdent pour nous. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris


Homélie du cardinal André Vingt-Trois - 5e dimanche de Pâques – Année C - Dimanche 28 avril 2013
Au cours du dernier repas, Jésus prépare ses disciples à vivre en son absence. Sa présence physique va laisser la place a un nouveau mode de présence à travers ses disciples fortifiés par l’envoi de l’Esprit Saint. Ces temps nouveaux seront caractérisés par une mise en œuvre de l’amour chez les disciples à la mesure de l’amour du Christ : accepter de se donner pour les autres.
Frères et Sœurs,
Au cours de ce dernier repas, Jésus prépare ses disciples à la nouvelle période qui va s’inaugurer par sa mort, sa résurrection et son ascension auprès du Père. Mais cette nouvelle période est déjà enclenchée, « l’heure est venue » (Jn 12, 23) - pour reprendre l’expression de l’évangile de saint Jean – et au moment où Judas est sorti, les événements sont engagés de façon irrémédiable, tout n’est pas encore accompli, mais tout est déjà en route. Cette période sera une période radicalement nouvelle parce que le Christ ne sera plus physiquement présent avec eux.
Cela veut dire que ce qui est constitutif de l’alliance entre Dieu et son peuple, dans un premier temps la présence de Dieu à l’histoire des hommes symbolisée à Jérusalem par le temple du Seigneur, avec le Saint des saints qui avait abrité l’Arche d’alliance, puis de façon beaucoup plus réaliste l’incarnation du Fils unique de Dieu en la personne de Jésus de Nazareth, Dieu qui vient visiter son Peuple, Dieu physiquement présent, cette présence qui constitutive de l’alliance, va s’effacer. Que va-t-il advenir de cette alliance ? Quels signes et quelle réalité vont lui donner corps dans les années qui suivent ?
Le visionnaire de l’Apocalypse annonce un monde nouveau où il n’y aura plus de mort, où il n’y aura plus de larmes, plus de cris parce que Dieu aura fait toute chose nouvelle (Ap 21, 4). Ce monde nouveau commence sur le Golgotha au moment où Jésus fait l’offrande de sa vie, mais il ne sera accompli qu’au terme de l’histoire. Nous sommes dans ce monde nouveau mais tout n’a pas encore été renouvelé. Qu’est-ce que les disciples vont percevoir de vraiment nouveau après le départ du Christ ? Principalement deux choses : la première c’est que la présence de Jésus à l’humanité ne se réalise plus, comme par le passé, à travers son corps, ou plus exactement, sa présence s’incorpore dans le peuple de ses disciples. Ce sont eux, dorénavant, qui sont la demeure de Dieu parmi les hommes, et non plus le temple de Jérusalem, comme Jésus le disait à la Samaritaine : viendra un temps où l’on cherchera des adorateurs en esprit et en vérité. La demeure de Dieu n’est donc plus le temple de Jérusalem, ce ne sont plus la Galilée, le bord du lac de Tibériade, les villes traversées et les gens rencontrés par Jésus. La demeure de Dieu, c’est maintenant le peuple des disciples que Jésus a assemblés et auxquels il a donné son esprit pour en faire ses témoins parmi les hommes. Et la présence de ce peuple nouveau dans l’humanité, va se manifester à travers une nouveauté tout à fait exceptionnelle : non seulement par l’annonce de la Bonne nouvelle aux Juifs rassemblés à Jérusalem le jour de la Pentecôte, et aux Craignant-Dieu qui étaient venus participer au pèlerinage, comme conséquence de la diaspora provoquée par la première persécution, mais aussi par l’annonce à toutes les nations. Et c’est ainsi que les disciples vont découvrir progressivement comment les païens, complétement étrangers aux promesses de l’Alliance, qui ne sont pas de la postérité d’Abraham selon la chair, vont accueillir la Bonne nouvelle et, pour reprendre le terme du Livre des Actes des Apôtres, vont constater comment Dieu avait ouvert aux nations païennes la Porte de la foi. Vous vous rappelez que cette expression de la Porte de la foi était le titre de l’exhortation que le Pape Benoît XVI nous avait adressée pour promulguer une Année de la foi.

Dieu a ouvert aux nations païennes la Porte de la foi, cela veut dire que la présence de Dieu parmi les hommes ne se limite plus à un lieu, à un pays, à une culture, à une race, mais qu’elle se propage à travers toutes les cultures, tous les pays, toutes les langues, toutes les races. Cette nouveauté, si difficile à reconnaître pour un certain nombre, y compris parmi les disciples qui feront grief à Paul et à Pierre d’être allés rencontrer des païens dans leur maison et devant qui ils devront se justifier, va être le point de départ et le levier d’une extension extraordinaire du Christianisme à travers les siècles et à travers le monde. C’est le monde nouveau que Jésus inaugure en envoyant son Esprit sur ses disciples et en les constituant témoins de sa présence à l’histoire des hommes.
Mais ce qui est aussi nouveau, c’est la consigne que Jésus leur donne, comme nous l’avons entendue dans l’évangile de saint Jean : « je vous donne un commandement nouveau, aimez-vous les uns les autres » (Jn 13, 34). Évidemment ce n’était pas la première fois que les Juifs entendaient cet appel à l’amour mutuel, pas plus que nous ne l’entendons pour la première fois. On a tendance à dire : qu’y a-t-il de nouveau là-dedans ? « Aimez-vous les uns les autres » cela va de soi ! Si Dieu ne nous appelait pas à l’amour, on se demande bien à quoi il pourrait nous appeler ? Alors, qu’est-ce qu’il y a de nouveau dans ce commandement ? Ce n’est pas de nous aimer les uns les autres ! Jésus précise : « Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » (Jn 13, 34). C’est le « comme je vous ai aimés » qui est la nouveauté, c’est-à-dire à la manière dont Jésus a aimé ses disciples, et à travers eux l’humanité. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. Aimer à la manière du Christ cela veut dire accepter de se livrer tout entier par amour pour Dieu et par amour pour nos frères, et cela c’est un langage nouveau dans la sagesse universelle. C’est-à-dire qu’on ne place plus l’intérêt particulier, le désir particulier, comme critère de l’action, mais on place en premier, comme premier élément de jugement moral sur ce que nous vivons, ce qui est le bien des autres, c’est-à-dire non pas ce qui nous plaît, ou ce qui nous attire, ou ce qui nous séduit, mais ce qui peut être bon pour tous, pour chacun et chacune de ceux qui nous entourent. Et les aimer comme Jésus les a aimés, c’est accepter d’être témoins de ce don qu’il a fait de sa vie, en donnant notre propre vie.
Ainsi frères et sœurs nous sommes fondés à nous réjouir de cette création nouvelle que Dieu a enclenchée par la résurrection du Christ. Celui qui siégeait sur le trône déclara : « voici que je fais toutes choses nouvelles », nous sommes heureux de rendre grâce pour cette nouvelle création et en entrant dans cette action de grâce nous mesurons aussi à quel renouveau nous sommes appelés dans notre propre vie, à vivre nous aussi d’une manière nouvelle, c’est-à-dire en acceptant de nous donner pour les autres.
Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris


Homélie du cardinal André Vingt-Trois - Messe en la basilique Ste Marie Majeure dans le cadre du Pèlerinage diocésain à Rome pour l’Année de la foi. Mardi 30 avril 2013
Avec Élisabeth et Marie se nouent mystérieusement continuité et rupture à travers les personnes de Jean-Baptiste et de Jésus. Par la foi, Marie est la première des créatures qui manifeste par la naissance de Jésus sa maternité sur l’Église tout entière.
Judith représente le prototype de ces femmes qui interviennent tout au long de l’histoire de l’Alliance et qui ont été des intermédiaires pour l’action de Dieu en faveur de son peuple. Judith l’a fait de manière violente en tuant Holopherne et en sauvant ainsi le peuple de la destruction. D’autres l’ont réalisé par des voies différentes comme Esther ou comme Anne, la mère de Samuel. Mais tout au long de cette histoire, une certitude s’est implantée et développée dans la conscience d’Israël : la filiation divine passe par la mère, la mère des vivants, Eve, et ensuite par toutes celles qui vont donner naissance aux enfants du Peuple élu. C’est pourquoi l’appartenance au Peuple de l’Alliance, appartenance indissoluble, vient de la filiation avec la mère.
Dans cette longue histoire, à l’orée du Nouveau Testament, Élisabeth et Marie tiennent évidemment un rôle particulier. Élisabeth va donner naissance au dernier prophète et au précurseur qui préparera la venue du Messie, et cette naissance, comme tant d’autres, au long de l’histoire d’Israël sera miraculeuse puisqu’elle est avancée en âge et que seule l’intervention de Dieu peut lui permettre d’enfanter. Marie deviendra la mère du Sauveur en répondant oui à l’appel de Dieu. De ces deux femmes, qu’unissent des liens de parenté, vont se nouer d’une façon mystérieuse, ce que nous pourrions appeler la continuité et la rupture : la continuité de la première alliance qui s’accomplit dans la personne de Jean-Baptiste et dans la personne de Marie, et la rupture qui s’accomplit par la naissance de Jésus, Fils-Unique de Dieu, Fils de Dieu lui-même. Mais les deux personnages liés par la parenté, puisque leurs mères étaient cousines, unissent dans une même toile cette continuité et cette rupture, pour manifester que la venue du Fils dans les derniers temps est l’accomplissement de la promesse faite par Dieu au long de l’histoire de l’Alliance.
En Jean-Baptiste et en Jésus, l’Ancien Testament trouve son achèvement et son accomplissement, il porte son fruit et ouvre l’Alliance à l’humanité toute entière. Marie, comme mère du Christ, n’est pas installée dans une position qui lui épargnerait l’acte de foi. Au contraire, c’est par la foi qu’elle répond « oui » à l’appel de l’Ange, puisque lorsqu’elle demande « comment cela se fera-t-il ? », il lui répond que c’est Dieu lui-même qui la couvrira de son ombre. C’est donc par la foi en cette parole de Dieu qu’elle engage sa vie et c’est par fidélité à cette parole de foi qu’elle va accompagner son fils depuis la naissance à Bethléem jusqu’à la mort sur le calvaire. Et nous avons tous présent à la mémoire, l’instant où Jésus désigne celles et ceux qui le suivent et qui mettent en pratique sa parole, comme sa nouvelle famille, non pas pour exclure Marie de cette nouvelle famille, mais pour exprimer que les liens de la chair sont dorénavant remplacés par les liens de la foi. Ainsi la place éminente de Marie ne vient pas seulement du fait qu’elle est la mère de Jésus, mais de ce qu’elle vit cette situation maternelle dans la foi profonde.

Pour nous, qui cheminons dans la foi au long des âges, cette figure de la foi de Marie est une référence permanente et constitutive de notre propre foi. Elle est la première des créatures qui entre dans cette relation d’une foi absolue en la parole de Dieu, elle est la première des créatures qui manifeste par la naissance de Jésus, la fécondité de la parole de Dieu au cœur de ceux qui lui obéissent et qui cherchent à la mettre en pratique. C’est pourquoi, pour tous les croyants, Marie devient non seulement la mère de Jésus mais aussi la mère de l’Église et la mère des croyants. Pour tous ceux qui essayent de vivre dans la foi, la figure de Marie est non seulement un exemple, mais encore une aide et une protection. Quand nous sommes habités par le doute, quand les événements de la vie semblent combattre la confiance que nous essayons de vivre dans notre relation avec Dieu, la figure de Marie depuis la grotte de Bethléem jusqu’au pied de la croix sur le calvaire devient une référence, une force et un rempart.
En cette célébration où nous vénérons la Vierge Marie, demandons au Seigneur que sa foi inspire notre foi et nous renforce dans notre relation avec Dieu.
Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

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