Ressources Catholiques Missel Romain

précédent

HOMÉLIE DU CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS - MESSE À ND POUR LE CONGRÈS DE LA FNOGEC (FÉDÉRATION NATIONALE DES ORGANISMES DE GESTION DES ETABLISSEMENTS DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE) – 5E DIMANCHE DE CARÊME – ANNÉE B - samedi 21 mars 2015
La grande épreuve de la foi, la tentation éprouvée par les disciples, c’est la difficulté de croire à la glorification du Christ dans l’échec apparent de la Croix. La semaine sainte va nous faire revivre cette expérience. Nous sommes invités à suivre le Christ jusque dans sa mort pour ressusciter et vivre avec lui.
Frères et Sœurs,
Ces quelques grecs venus à Jérusalem en pèlerinage pour la fête de la Pâque sont comme une sorte d’avant-garde de toutes les nations qui viendront recevoir du Christ l’accomplissement des promesses de Dieu. Ils ne sont pas juifs. Peut-être même ne sont-ils pas de la catégorie que l’on appelait les « craignant-dieu ». Ils sont simplement des gens qui ont entendu parler de la religion juive, qui s’y sont intéressé, et qui viennent voir de plus près. Parmi ce qu’il y a à voir de plus près, il y a Jésus, dont ils ont sans doute entendu évoquer le nom et qu’ils souhaiteraient rencontrer. Cette demande : « nous voudrions voir Jésus » (Jn 12,21), nous pouvons l’entendre au premier degré : ils voudraient rencontrer Jésus de Nazareth dont on parle tant et qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de voir. Mais l’évangile de saint Jean nous donne immédiatement une autre interprétation, beaucoup plus large, car la réponse du Christ introduit une référence à ce qui va se passer : « l’heure est venue, c’est maintenant, où le Fils de l’homme doit être glorifié » (Jn 12,23). Il ne s’agit plus simplement de voir Jésus mais de découvrir la gloire du Messie, le Fils de l’homme. Le Messie va être glorifié, et nous savons que les disciples en entendant cela peuvent encore imaginer que Jésus va manifester sa puissance. Mais ils ont déjà été préparés et prémunis contre cette tentation : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il ne porte pas de fruit, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24). « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jn 12,25). Il faut bien comprendre que la glorification du Messie passe par sa mort dont ils vont être les témoins dans les jours qui viennent. Pour que l’épreuve qu’ils vont traverser contribue à fortifier leur lien avec le Christ et leur permettent d’entrer dans la perspective propre de Jésus, la voix qui se fait entendre comme un écho de la transfiguration que nous avons méditée à l’entrée de ce carême, dit : « je l’ai glorifié et je le glorifierai encore ». Ce vocabulaire de la glorification et de la victoire sur le mal ne renvoie pas à l’expérience de la croix. C’est précisément cela qui va être l’épreuve vécue par les disciples : le chemin de cette victoire passe par la mort de leur maître. La gloire du Christ, d’après l’évangile de saint Jean c’est son élévation de terre, c’est-à-dire sa crucifixion. Et pourtant, là où les témoins ne verront qu’un signe de malédiction, un signe de défaite, un signe d’abandon de la part de Dieu, Dieu lui-même dit : « je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore ».
Si la liturgie nous invite à méditer ces phrases du Christ à quelques jours de la semaine sainte, c’est précisément pour nous permettre de comprendre de l’intérieur, les résistances spirituelles auxquelles nous allons être confrontés durant la célébration des jours saints. Quand nous entendrons le récit de la Passion du Christ, le jour du Vendredi saint, ou quand nous en suivrons les étapes dans le chemin de croix, nous serons soumis à la tentation de croire que c’est la fin, que c’est la marque de l’échec de la mission du Christ. En préparant les disciples à cette épreuve, le Seigneur veut leur faire comprendre que c’est précisément au moment où ils ont le sentiment que tout est perdu, que la puissance de Dieu va se manifester et que le Christ se lèvera d’entre les morts.

Nous comprenons à travers l’évangile de Jean, que cette vision du passage de la mort à la vie, n’est pas simplement une clef pour comprendre ce qui va arriver au Christ, mais que c’est aussi une clef pour comprendre ce qui nous arrive, à nous ! C’est ce qui se passe dans notre propre vie, car nous sommes confrontés à la mort, à la mort des autres, à notre propre mort, à l’expérience de la mort qui enténèbre l’existence humaine. Ce chemin de mort qui fait son œuvre en nous est-il vécu dans la foi en la résurrection, ou bien est-il simplement vécu comme l’échec de l’expérience humaine ? C’est pourquoi le Christ appelle ses disciples à suivre son propre chemin : celui qui veut sauver sa vie, la perd… Celui qui vient me servir et me suivre là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur (Jn 12,26). Cet engagement auquel nous sommes invités par la liturgie des jours saints, à mettre nos pas dans les pas du Christ, est un appel non seulement à une compassion profonde par rapport à ce que vit Jésus, mais aussi un appel au don de notre vie, à le suivre, pour vivre nous aussi, dans notre chair, la mort telle qu’elle nous est imposée par la réalité, non pas comme une fin, mais comme le moment où la puissance de Dieu va pouvoir manifester sa gloire et honorer, comme nous le dit l’évangile : « celui qui sert le Christ » (Jn 12,26). Nous comprenons bien que cette perspective croyante, à l’égard de l’expérience humaine, ne s’acquiert pas simplement par des enseignements ou par des efforts de volonté. Elle est le travail intérieur qui s’accomplit à mesure que nous nous engageons dans une véritable communion avec le Christ à travers la prière, la méditation, la contemplation, et que nous entrons dans les sentiments mêmes qui étaient ceux du Christ comme nous le dit saint Paul dans l’épître aux Philippiens.
Ainsi, frères et sœurs, au moment où nous allons entrer dans l’expérience de l’arrestation, du jugement, de l’exécution du Christ, nous sommes invités à mettre nos pas dans ses pas, pour que la lumière de sa résurrection transforme notre manière de vivre et nous aide à comprendre que la puissance de Dieu est plus forte que la mort. Amen.
+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.


HOMÉLIE DU CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS - MESSE À ND DE LA GARE - 5E ÉTAPE DU SCRUTIN POUR DES CATÉCHUMÈNES – 5E DIMANCHE DE CARÊME – LECTURES DE L’ANNÉE A - dimanche 22 mars 2015
La mort est une des réalités fondamentales à laquelle l’homme est confronté de bien des manières. La résurrection que Jésus opère en la personne de Lazare préfigure la sienne. En croyant que Jésus est la Résurrection et la vie, nous croyons que la mort n’aura pas le dernier mot en nous et nous possédons une force intérieure qui modifie notre regard sur les œuvres de destruction qui traversent l’humanité en tout temps.
Frères et Sœurs,
L’histoire de la résurrection de Lazare nous confronte à une réalité que tous les hommes connaissent bien depuis l’origine des temps. Elle prend des formes différentes selon les époques, selon les circonstances de notre vie, mais elle reste une réalité incontournable de l’expérience humaine. Cette réalité : c’est la mort. Nous avons vécu au cours des semaines écoulées des événements qui ont manifesté l’irruption de la mort dans la vie de nos sociétés, sous la forme aigüe d’une réalité qui existe toujours. Nous sommes tous habités par le danger et la réalité de la mort, non seulement de notre mort biologique, quand notre corps cessera de vivre, mais encore par la mort qui est l’œuvre à travers les nombreuses difficultés ou épreuves auxquelles nous sommes confrontés.
Évidemment, cette expérience de la mort provoque une question : où est Dieu ? Marthe et Marie disent à Jésus : « si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort » (Jn 11,21), sous-entendu, si Dieu était là, si Dieu était vivant, si Dieu était puissant, si Dieu était à l’œuvre, nous ne connaîtrions pas la mort ! Cette épreuve de la foi traverse l’histoire des hommes et s’exprime à travers des cris de révolte, de désespoir, mais aussi à travers des supplications adressées à Dieu, même si notre foi n’est pas parfaite. Combien d’hommes et de femmes confrontés aux difficultés de l’existence, quelquefois à des situations critiques, se tournent vers Dieu et lancent ce cri d’appel du psaume : « Des profondeurs je crie vers toi Seigneur, Seigneur écoute mon appel » (Ps 129). La foi que nous essayons de professer nous dévoile un aspect de la réponse de Dieu. Comme l’annonçait le prophète Ezéchiel : « je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, je vous ramènerai sur la terre d’Israël, vous saurez que je suis le Seigneur quand j’ouvrirai vos tombeaux. » (Ez 37,12)
Le récit de la résurrection de Lazare nous donne une illustration concrète de l’accomplissement de cette promesse. Jésus fait ouvrir le tombeau et relève Lazare de la mort. Dans cet épisode, c’est bien la question de la foi au Christ qui est posée. Jésus le dit lui-même à Marthe puis à Marie : crois-tu que je peux faire cela ? Crois-tu que je suis la résurrection et la vie ? « Moi, je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11,25). « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais, crois-tu cela ? » (Jn 11,26). Il me semble que ce dialogue entre Jésus, Marthe et Marie, s’il est évidemment destiné aux personnes intéressées, l’est aussi à destination à ces nombreux juifs venus de Jérusalem pour prendre part au deuil des deux sœurs, et à travers eux, à nous-mêmes. Il nous conduit à nous poser la question centrale de notre foi : Jésus est-il vraiment celui qui nous donne la vie ? Jésus est-il celui qui nous permet de surmonter les épreuves de l’existence ? Jésus est-il celui qui nous arrache à la mort ? Si nous le croyons, si nous souhaitons vivre en communion avec lui, si nous essayons d’accueillir sa parole et de la mettre en pratique, alors ces paroles nous rejoignent : celui qui croit en moi, nous dit Jésus, ne mourra jamais. Cela ne veut pas dire que la mort aura disparu de notre existence, cela veut dire que nous serons devenus plus forts que la mort, que nous serons capables d’affronter les difficultés de l’existence, la souffrance et les misères qui accablent beaucoup de nos contemporains, non pas comme des inconscients, mais comme des gens convaincus qu’il y a dans leur vie une puissance plus forte que la destruction qui les accable, qu’il y a dans leur vie quelqu’un qui est la résurrection et la vie.

Comment ma foi au Christ ressuscité change-t-elle ma manière de vivre ? Comment ma foi au Christ ressuscité change-t-elle mon regard, non seulement sur les grands événements dramatiques que les médias nous rapportent, mais aussi sur les difficultés quotidiennes de l’existence ? L’expérience que nous faisons de la mort n’est pas seulement virtuelle ! C’est une expérience concrète que nous faisons jour après jour, que ce soit à travers la maladie, celle de nos proches ou la nôtre, que ce soit à travers les difficultés de la vie, les trahisons, les échecs ou toutes les embûches que nous rencontrons. Quelle est notre réaction ? Quel est notre point d’appui ? Quel est celui vers qui nous nous tournons pour appeler son secours : « des profondeurs je crie vers toi Seigneur » (Ps 129).
Si nous croyons au Christ ressuscité, si nous croyons qu’il a vaincu la mort comme il le fait pour Lazare et comme Dieu le fera pour lui quelques jours plus tard, si nous croyons que des millions d’hommes et de femmes à travers l’histoire ont donné leur vie par fidélité au Christ ressuscité, si nous croyons que tout ce qui peut nous arriver si difficile que ce soit, si cruel que ce soit, ne tient pas la comparaison avec la puissance de l’amour que Dieu nous porte, alors les difficultés quotidiennes, les erreurs que l’on peut commettre, les malheurs qui peuvent survenir, ne peuvent pas nous écraser. Quand nous sommes abattus, attaqués ou dans la grande difficulté, notre foi nous conduit à lever les yeux vers le Seigneur et à l’appeler à notre secours.
En vous avançant vers le baptême, la confirmation et l’eucharistie, vous qui allez recevoir ces sacrements dans les semaines ou les mois qui viennent, vous posez cet acte de foi que la vie du Christ est plus forte que la mort à l’œuvre dans le monde, que la vie dans le Christ change votre manière de vivre la fragilité de l’existence, que la vie dans le Christ est une espérance qui transforme nos épreuves en occasion de profession de foi et de retournement de notre cœur, en occasion d’appel au secours, en occasion de confiance en Dieu qui nous accompagne.
Frères et sœurs, en nous avançant vers les fêtes de la Pâques, nous sommes invités à renouveler notre foi au Christ ressuscité, à mieux comprendre et à mieux vivre comment cette foi au Christ ressuscité change notre manière d’être tous les jours, à renouveler notre expression de confiance à Dieu : « Des profondeurs je crie vers toi Seigneur, Seigneur écoute mon appel » (Ps 129). Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat, c’est notre espérance et c’est notre joie. Amen.
+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.


HOMÉLIE DU CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS - MESSE À L’OCCASION DU 5E CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE SAINTE THÉRÈSE DE JÉSUS (THÉRÈSE D’AVILA) À SAINT-JOSEPH DES CARMES EN PRÉSENCE DE LA FAMILLE CARMÉLITAINE.
Le chemin spirituel de sainte Thérèse de Jésus, c’est celui d’une conversion, d’un choix absolu pour l’amour de Dieu, d’une conviction : Dieu seul suffit. Les communautés religieuses qui vivent cette exclusivité de la relation à Dieu dans l’esprit de sainte Thérèse, sont un signe et une référence de la présence de Dieu parmi nous pour notre époque.
Frères et Sœurs,

Au moment où les pays d’Europe - du moins certains d’entre eux - connaissaient un élan extraordinaire, d’où allait surgir un humanisme moderne inspiré directement des références aux antiquités païennes, Dieu a fait surgir en son peuple des hommes et des femmes capables d’exprimer et de susciter un humanisme moderne chrétien, dont les références n’étaient pas les héros de l’antiquité, dont les étoiles n’étaient pas les conquistadors, et dont les grands personnages n’étaient pas les premiers de la Cour du Roi.

Saint Thérèse d’Avila a fait partie de ces femmes qui ont mis en œuvre une nouvelle relation entre Dieu et la liberté humaine, non pas parce qu’elle aurait été rejetée par la société brillante qui l’entourait, ou parce qu’elle aurait eu besoin de compenser la pauvreté de son origine par un pouvoir caché sur quelques monastères, mais parce que délibérément, ayant vu dans sa jeunesse, les plaisirs et les honneurs auxquels on promettait les gens de sa condition, ayant vu comment certaines communautés couvertes de l’habit religieux cédaient au mode de vie de la cour et de la ville, elle choisit le chemin de la conversion. S’il reste chez elle des traces de sa culture initiale, ce n’est pas pour entretenir la nostalgie de ce qu’elle n’a pas vécu, mais c’est pour subvertir d’une certaine façon, les catégories du siècle, en énergie pour l’avènement du Règne. Oui, elle parlera du roi et de sa cour, de celui qui distingue une servante parmi les servantes, mais ce sera pour projeter ses images, ses modèles de vie, dans la relation avec Dieu et non pour attirer Dieu dans nos relations humaines.

Sainte Thérèse d’Avila, c’est donc d’abord une rupture, c’est d’abord une conversion, c’est d’abord un choix pour l’absolu de l’amour de Dieu comparé à tout ce que peuvent promettre la société et les relations humaines. Elle coupe hardiment. On peut dire qu’elle taille dans le vif, en entraînant ses filles dans un mode de vie auquel peu de cloîtres étaient accoutumés. En même temps, ce choix délibéré pour un chemin aride et exigeant s’accompagne d’une richesse de relations fraternelles, d’un amour vécu intensément entre les membres de la communauté, d’une capacité d’expression et de création artistiques, spirituelles, tout simplement humaines, de sorte que celles qui font ce choix difficile de l’absolu ne le vivent pas comme la négation de leur humanité mais comme une façon nouvelle de l’exprimer. Par son choix personnel, elle a rompu avec un nom. Par les disciples qui l’ont suivie, elle a suscité un nouveau monde. De ce monde nouveau va surgir, progressivement, ce que l’on appellerait dans les termes modernes, une école de spiritualité, c’est-à-dire une manière d’être avec Dieu, et une manière d’être les uns avec les autres devant Dieu. On n’en finit pas de trouver à travers les différents écrits de sainte Thérèse d’Avila, le fil de ses conseils. On les trouve parfois si simples, que l’on est étonné de ne pas y avoir pensé soi-même ! Mais on comprend après coup que ce sont des conseils que l’on ne peut donner qu’aux autres. Même si on les détient pour le bien des autres, ils ne nous servent pas toujours à nous. Des conseils simples pour prier, pour ne pas savoir prier, pour savoir prier quand on ne sait pas prier, pour apprendre à prier sans savoir prier… Il faut tenir un certain nombre d’heures, et l’important, c’est que l’amour s’exprime par cette persévérance, cette endurance, cette accroche indéracinable qui passe au-dessus des sentiments, des émotions, de l’absence de sentiment, de l’absence d’émotion, dans le silence, la nuit, la mort. Et pourtant, il est là et je suis là. Vous ne savez pas comment vous adresser à lui ? Prenez la prière que Jésus vous a apprise et dites : Notre Père, et suivez le commentaire qu’en donne sainte Thérèse d’Avila pour aider ses filles à découvrir ce qu’est la prière chrétienne.

Rupture, conversion, émergence d’une forme nouvelle de vie communautaire, fraternité dans la persévérance de la prière, partage de la pauvreté, et à travers tout cela, une conviction, qui restera pour toujours entre tous ceux qui se réclament de sainte Thérèse d’Avila, une seule chose est nécessaire : Dieu seul suffit. C’est une difficulté de croire que Dieu seul suffit, d’essayer de vivre quand Dieu seul suffit, en n’oubliant pas cependant qu’autour de nous, il y a des hommes et des femmes qui ne s’en suffisent pas, mais qui sont là quand même… Comment intègre-t-on ce tissu relationnel avec nos frères, nos sœurs, notre Église, notre société, notre monde dans le tête-à-tête et le cœur-à-cœur où Dieu seul a accès, où il est le seul à pouvoir satisfaire notre soif, notre attente et notre désir ?

Cinq siècles, un demi-millénaire, c’est beaucoup ! C’est en tout cas, c’est une période qui aura permis de découvrir comment l’initiative de sainte Thérèse d’Avila a bouleversé non seulement sa vie, non seulement la vie de ses sœurs dans ses premières fondations, mais comment elle est aussi arrivée à diffuser par la puissance, l’énergie de son projet - et la modestie avec laquelle elle l’a mis en œuvre -, son modèle à travers l’Europe. A peine un siècle plus tard, le nouveau carmel était implanté en France, où il allait essaimer.

Avoir parmi nous des communautés tout entières construites sur l’exclusivité de cette relation à Dieu, c’est une sorte de référence pour notre période, où la réalité et l’emprise de la présence de Dieu sur la manière de conduire la vie humaine deviennent si difficiles à identifier et à exprimer. C’est non seulement un signe mais c’est une ressource. Cela veut dire que, du moins dans quelques monastères, cloîtres ou communautés, l’absolu de Dieu continue d’être une réalité présente. Et nous, qui essayons de « ramer » comme nous pouvons, nous savons que nous pouvons accrocher notre esquif à ce ponton où la solidité, la fermeté, la persévérance sont le signe de la fidélité de Dieu à travers le temps.

Que le Seigneur nous donne d’être ouverts et attentifs à cette réalité, et qu’il nous donne d’éclairer notre vie, notre recherche, nos tâtonnements, sur la clarté, la nativité et la fécondité de sainte Thérèse.

Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.



HOMÉLIE DU CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS - BÉNÉDICTION DES RAMEAUX AVANT LA PROCESSION ET LA MESSE EN LA CATHÉDRALE DE NOTRE-DAME DE CHARTRES LORS DU 80E PÈLERINAGE DES 18-30 ANS D’ILE-DE-FRANCE. – DIMANCHE DES RAMEAUX
La foule s’est groupée, nombreuse, à Jérusalem pour la fête de la Pâques. Beaucoup de gens sont venus d’endroits différents. En voyant Jésus monté sur un ânon, les Juifs se souviennent de la prophétie disant que le roi viendrait monté sur le petit d’une ânesse. C’est pourquoi ils comprennent ce signe comme l’annonce de celui qui doit devenir le nouveau roi d’Israël, même s’ils ne savent pas bien ce que cela veut dire et s’ils peuvent se tromper sur le sens de sa royauté. En tout cas, ils sont saisis par l’enthousiasme et ils acclament celui qui vient au nom du Seigneur.

Nous non plus, nous ne savons pas toujours très bien ce que nous comprenons et ce que nous voulons dire quand nous disons que Jésus a été vainqueur de la mort. Peut-être imaginons-nous une sorte de puissance qui empêcherait l’homme d’être saisi par la mort. Nous comprenons mal que la victoire du Christ passe par l’offrande qu’il va faire de sa vie. Cependant, même si nous ne comprenons pas complètement ce que Jésus a vécu, même si nous avons des résistances, comme Pierre a eu des résistances à croire que le chemin du Messie passait par la croix, nous sommes heureux de l’accompagner dans ce premier pas qui le conduit dans la ville Sainte, où il va vivre son sacrifice. Nous voulons chanter notre joie parce que nous sommes convaincus que son entrée à Jérusalem n’est pas simplement une sorte de fête qui passera, mais c’est le commencement d’un chemin qui va s’étendre sur toute la semaine, à travers lequel, peu à peu, il va constituer ses disciples comme Église pour continuer sa mission, il va entrer dans l’obéissance à ce que Dieu attend de lui, il va faire l’offrande de sa vie et finalement ressusciter.

Avec lui, nous avançons vers le lieu où nous sommes invités à faire nous aussi l’offrande de notre vie, sinon d’une manière sanglante comme il l’a fait sur le calvaire, mais du moins d’une manière complète dans la liberté de notre cœur. Nous voulons faire de notre vie un chemin d’espérance, un chemin de joie, un chemin de force pour nous-mêmes, pour ceux qui nous entourent, pour l’humanité tout entière et nous souhaitons offrir nos capacités, nos forces, nos talents et notre espérance pour que les hommes connaissent un monde meilleur, et puissent accueillir l’annonce de la bonne nouvelle du Salut.

C’est ce que nous portons dans notre cœur quand nous cheminons vers la cathédrale, c’est que nos cœurs disent à Dieu à travers nos chants et nos prières, c’est ce que chacune et chacun d’entre nous est invité à exprimer dans la foi qui l’habite, avec une pleine confiance dans celui qui marche en avant et qui est le Christ Sauveur du monde.

Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.



HOMÉLIE DU CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS LORS DE LA MESSE CHRISMALE 2015
Frères et Sœurs, chers amis,

« Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre,
c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. » (Luc 4, 21).

Aujourd’hui, comme aux jours de Nazareth, l’Esprit du Seigneur envoie son Serviteur porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. La prophétie d’Isaïe s’est accomplie dans la personne de Jésus de Nazareth. Elle s’accomplit aujourd’hui dans la personne des disciples du Christ. Il leur a donné son Esprit pour qu’ils poursuivent sa mission à travers le temps et l’espace. Comme le Pape François le souligne dans son Exhortation Evangelii Gaudium, Jésus constitue ses disciples en missionnaires. Il fait d’eux indissociablement des « disciples-missionnaires ».
Quiconque est agrégé à l’Église par le baptême, quiconque est marqué du sceau de l’Esprit-Saint, est simultanément incorporé au Christ et envoyé par lui en mission.

Il arrive parfois que l’on imagine encore la mission de l’Église sous la forme principale d’une expédition lointaine auprès de peuples inconnus dans des terres nouvellement découvertes. Mais nous savons bien que la réalité est tout autre. Au cours du siècle écoulé, nous avons intégré de nouvelles caractéristiques de la vie de notre société, une société sécularisée, c’est-à-dire une société où les références chrétiennes ne sont plus reconnues comme repères de la culture commune. Elles deviennent l’objet d’une découverte à frais nouveaux et nous sommes chargés de susciter cette découverte et de la développer.

En fait, nous ne sommes pas seulement devant un effacement culturel des références chrétiennes qui serait le fruit d’un oubli ou d’une inculture. Nous sommes devant un projet militant qui hérite, pour une part, des vieux filons anticléricaux du XIXe siècle en feignant de craindre que l’Église puisse exercer un pouvoir occulte. Pour une autre part, il exprime la difficulté des hommes à reconnaître une véritable transcendance. Ce projet militant ne combat pas seulement le catholicisme comme une cible privilégiée. II vise aussi à l’élimination de toutes les religions de l’espace public et notamment de la religion musulmane. Même si certaines revendications laïques ne sont souvent que l’habillage républicain d’un anti islamisme ou d’un antisémitisme larvé et inavoué, elles ne sont pas sans effet sur l’attitude à l’égard du christianisme dans notre société. Nous éprouvons concrètement que ce militantisme aboutit à des aberrations qu’il s’agisse des discussions oiseuses sur les crèches ou sur les menus des cantines ou encore du récent refus de la RATP d’annoncer un concert en faveur des Chrétiens d’Orient dont, par ailleurs, la France prend à cœur d’assurer la défense à l’O.N.U. tandis qu’elle fait légitimement état de l’accueil qu’elle accorde à des chrétiens syriens. Quand l’ignorance culturelle assimile toutes les religions à un modèle unique de croyance et à un unique système de fonctionnement elle devient inapte à une laïcité authentique et elle ouvre le champ social à l’émergence d’un « front des religions ». Si la dérision et la caricature ont leurs auteurs qui doivent pouvoir s’exprimer, une société civilisée ne peut pas réduire le socle culturel de son unité à ce seul modèle. Elle doit sans cesse développer les capacités rationnelles et créatives de ses membres et les faire respecter y compris dans leurs expressions religieuses qui ne sauraient devenir les seules victimes d’une nouvelle censure.

Dans ce contexte polémique, les chrétiens ne peuvent pas se comporter simplement comme les représentants d’un groupe minoritaire qui s’estimerait lésé, fût-il religieux. Nous ne sommes pas à rechercher fébrilement une reconnaissance culturelle et publique et à guetter les signes de la bienveillance des puissants à notre égard. Notre identité n’est pas de cet ordre. Elle est tout à fait compatible avec la méconnaissance, l’injustice, voire la brimade et la persécution. Nous ne demandons rien de plus que ce qui est le droit commun : la liberté de conscience, la liberté de culte et la liberté d’expression garanties par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. Et nous demandons que ces libertés soient respectées non seulement pour les chrétiens mais aussi pour tous les autres et non seulement dans notre pays mais dans tous les pays.

Certains chrétiens vivent cette situation plus difficilement parce que leur appartenance à l’Église repose davantage sur un conformisme culturel que sur une conviction personnelle. Ils sont plus tentés de se poser en victimes d’une prétendue « christianophobie » qu’ils ne se considèrent appelés à la mission de l’Église pour laquelle ils ne se sentent ni légitimes ni motivés. Ils craignent de manifester un particularisme religieux dans une société qui ne connaît que le consensus a minima comme marque de son « vivre ensemble » et qui craint les choix particuliers qui obligent à réfléchir. En invitant le diocèse de Paris à vivre un temps de mission, j’ai souhaité que chacun et chacune des membres de notre Église devienne, à sa mesure, un disciple-missionnaire.

Une fois surmontée l’appréhension de sortir de nos cercles habituels et d’oser annoncer le Christ, la mission de l’Avent 2014, nous a permis d’éprouver la joie de l’annonce de l’Évangile. L’engagement de quasiment toutes les paroisses dans cet élan diocésain a été pour tous l’occasion d’une action missionnaire de l’Église et nous devons d’abord rendre grâce à Dieu de nous avoir associés à son œuvre en faveur des hommes. Beaucoup ont été surpris de l’accueil qu’ils ont reçu et de l’intérêt qu’ils ont rencontré. Tous ont mesuré que la mission n’est pas une aventure individuelle. Elle est une œuvre d’Église dans laquelle chacun surmonte ses appréhensions et ses faiblesses en s’appuyant sur ses frères et, même s’il lui arrive d’en douter, sa propre présence et son action deviennent un soutien pour les autres. Comme le Pape François nous y a appelés dans son exhortation : ne nous laissons pas voler la joie de l’évangélisation.

Mais ne nous laissons pas abuser par nos premières impressions. La mission de l’Église n’est pas une simple campagne de marketing dans laquelle l’union des forces serait une sorte de marque de fabrique. Ce qui définit la mission ce ne sont pas les modalités de prospection, c’est le contenu de notre message : l’annonce de Jésus de Nazareth crucifié et ressuscité. Si la communion ecclésiale est une ressource puissante, c’est parce qu’elle est avant tout communion au Christ ressuscité qui est le cœur de notre message. Cette communion est la substance même de notre vie sacramentelle, vie sacramentelle fondée dans notre communion au Mystère pascal du Christ. C’est pourquoi la célébration des Jours Saints dans laquelle nous entrons ce soir, est au cœur de toute notre vie sacramentelle. Les Saintes Huiles que je vais bénir dans un instant uniront les sacrements célébrés dans chacune de nos communautés dans l’unique Mystère Pascal du Christ.

Vous le savez, chaque année des adultes et des jeunes collégiens et lycéens, de plus en plus nombreux, s’approchent du baptême. Cette année, j’ai appelé au baptême 415 adultes et plus de 170 jeunes. Presque chacune des paroisses du diocèse accompagne ainsi plusieurs catéchumènes vers les sacrements. Grâce à l’Huile des catéchumènes, ceux-ci reçoivent de Dieu la force du combat pour leur conversion. De même, des adultes et des jeunes nombreux reçoivent la Confirmation de leur baptême pour une vie plénière dans la communauté ecclésiale. Le Saint-Chrême que je vais consacrer imprimera à chacun et à chacune d’entre eux la marque divine sur leur existence. Ils seront conformés au Christ pour leur vie entière. De même, les séminaristes se préparent avec confiance à s’engager au service du corps ecclésial par l’onction de l’ordination. Ils seront marqués du même Saint-Chrême pour le service du Peuple de Dieu. De même les malades et les personnes souffrantes reçoivent de l’onction de l’huile sainte la force et l’endurance pour vivre leur épreuve dans la communion au Christ en se joignant à l’offrande qu’il fait de sa vie et donnent ainsi à la fin de leur vie un signe de la véritable dignité humaine.

Cette année, notre consécration baptismale prend un relief nouveau. En effet, le Pape François a décidé que 2015 serait une « année de la vie consacrée » et il a invité toute l’Église à rendre grâce pour ce don qui lui est fait et les familles de personnes consacrées à renouveler leur engagement à la suite du Christ. Je profite donc de cette circonstance pour vous inviter à l’action de grâce pour les hommes et les femmes qui sont parmi nous les témoins du don total par amour pour Dieu et pour leurs frères. Lors de la Messe Chrismale, nous avons la joie de voir exceptionnellement les représentantes des communautés contemplatives qui viennent rapporter les registres des catéchumènes que j’ai confiés à leur prière comme chaque année au moment de l’appel décisif. Mais au-delà de celles qui ont ici une mission particulière, nous sommes heureux de voir notre célébration enrichie de la présence et de la prière de nombreux frères et sœurs consacrés qui symbolisent aussi leur engagement dans la mission de notre Église diocésaine. Le 2 février dernier chaque paroisse a lancé une chaîne de prières avec les personnes consacrées du diocèse et je sais que cette communion dans la prière se prolonge et porte du fruit.

Cette année 2015 sera aussi marquée par deux événements internationaux qui solliciteront notre attention et notre engagement. Du 22 au 25 septembre prochain se tiendra à Philadelphie un rassemblement mondial des familles autour du Pape. Évidemment ce rassemblement aura un prolongement certain au mois d’octobre dans la session ordinaire du synode des évêques. Beaucoup de catholiques parisiens ont contribué à la préparation de cette session du synode par leurs travaux en équipes synodales. Je remercie tous ceux et toutes celles qui y ont participé. Je vous invite tous à prier pour le bon déroulement de la session du synode.

Toujours au cours de cette année 2015, Paris accueillera au mois de décembre la rencontre mondiale sur le climat dite Cop21. Bien entendu nous serons sollicités de différentes façons pour accueillir des groupes chrétiens et proposer des animations spirituelles au cours du déroulement de la session. Mais au-delà des charges qui découleront de l’événement, ce sera aussi une occasion pour nous de faire le point sur notre responsabilité et nos engagements dans un usage responsable de la création comme nous y invitait Benoît XVI. Au cours des années écoulées, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de vous alerter sur une nécessité : nous devrons changer notre mode de vie.

Ainsi, le Peuple de Dieu en ce temps est sollicité pour assumer sa mission avec confiance. Dieu a confié son peuple à son Fils unique venu dans le monde pour être notre Bon Pasteur et notre vrai Berger. « C’est lui le pasteur et le berger de nos âmes. » (cf. I Pierre 2,25). Mais quand le moment fut venu de passer de ce monde à son Père, vous savez comment Jésus institua les Douze pour assumer en son nom cette mission proprement pastorale. Depuis cet envoi en mission initial, génération après génération, la mission pastorale a été confiée à des hommes appelés pour être les prêtres du Christ, collaborateurs des évêques. Alors que nous faisons mémoire de cet envoi fondateur, nous vos pasteurs, évêques et prêtres, nous allons renouveler devant vous les engagements de nos ordinations, comme j’inviterai aussi les diacres permanents à le faire après nous.

C’est une occasion solennelle pour appeler tout le peuple chrétien symboliquement rassemblé ce soir à prier pour les prêtres que Dieu lui a donnés pour le conduire, l’enseigner et le sanctifier. Vous devez prier pour eux, non parce que vous avez besoin d’eux, ni parce qu’ils seraient moralement irréprochables ou des leaders performants, mais parce qu’ils sont de pauvres hommes qui ne peuvent et ne doivent accomplir leur mission que par la puissance de l’Esprit. Comme tant de nos contemporains nous sommes faibles et pécheurs et nous avons besoin du soutien quotidien de l’Église et de la miséricorde de Dieu.

Ce soir, je suis heureux de pouvoir parler à l’ensemble des prêtres réunis ici. A chacun de vous, chers frères, je veux exprimer ma fidèle affection et ma reconnaissance pour votre disponibilité à répondre généreusement aux missions que je vous donne et votre dévouement constant au service du peuple qui vous est confié. Grâce à vous, malgré la dureté des temps, notre Église parisienne reste vivante et dynamique. Je sais combien les évolutions que nous vivons vous demandent, d’endurance, de souplesse et de liberté intérieure. Cette liberté intérieure est inaccessible à quiconque n’offre pas sa vie dans un véritable renoncement exprimé par la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Cette maîtrise suppose, nous le savons, une ascèse quotidienne. Mais je ne doute pas que vous trouviez votre joie dans votre service comme je trouve la mienne dans mon service auprès de vous et comme je serai heureux de la partager lors de la journée du presbyterium que nous partagerons ensemble. Aux diacres permanents et à leurs familles, je veux aussi exprimer ma reconnaissance pour leur implication dans la mission commune au service de l’Évangile.

Je veux dire un mot particulier aux jeunes qui sont parmi nous. Soyez à l’écoute des appels du Seigneur dans votre vie, soyez attentifs aux besoins de ceux qui vous entourent. Si vous pensez que notre Église peut et qu’elle doit faire quelque chose pour le salut des hommes et des femmes du XXIe siècle, demandez-vous comment Dieu vous appelle à vous donner dans cette mission. Si votre route a croisé celle de prêtres qui ont eu la chance de pouvoir vous aider dans votre chemin à la suite du Christ, dites-vous que les jeunes qui vous suivent ont, eux aussi, droit à rencontrer des prêtres qui seront leurs guides et ces prêtres de demain, aujourd’hui ils sont parmi vous. C’est à vous que s’adresse l’appel du Seigneur. Que celui qui a des oreilles qu’il entende !

À vous tous présents ici et aux communautés que vous représentez, je souhaite un Triduum pascal très vivant : mettez vos pas dans les pas du Christ et, selon la promesse de saint Paul : « si nous mourons avec Lui avec Lui nous vivrons ». Bonnes et saintes fêtes de Pâques à tous.

+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris


suivant