Le premier Noël[1] de Jésus fut célébré dans une grotte utilisée comme étable parce que Dieu a voulu entrer dans le monde par l’endroit le plus bas : Aucun être humain n’est plus bas que lui en entrant dans le monde de cette façon. A partir de qui est le plus bas, tous sont touchés par son étreinte de lumière, d'amour et de paix. Oui, le Fils de Dieu naît pour nous dans une étable à Bethléem. Lui, qui est pure lumière, splendeur de la vérité et de l’amour, commence à resplendir dans une humble, vraie et pauvre étable. Le premier endroit où le Fils de Dieu devenu homme est accueilli est celui où l’homme met les animaux. C’est une étable avec de la paille et du foin, avec une odeur âcre et désagréable qui exprime notre petitesse face à la grandeur de Dieu. Un Dieu qui n’a pas peur de se faire envelopper par ces odeurs et qui accueille chaque homme dans sa faiblesse et sa fragilité. Cette étable reélle devient une habitation royale, où le nouveau-né Roi des rois est accueilli. Ce petit, armé de son Innocence, est déposé dans la crèche, signe du destin de cet enfant qui devient pain pour nourrir les hommes.
Allons, nous-aussi, avec l’esprit et le cœur à Bethléem (qui signifie Maison du pain). Cet enfant a été déposé dans une mangeoire. Il me semble que ce signe ait une signification : Jésus, nouveau-né, met entre nous la e présence délicate et pacifiante de Dieu, parce que Lui est le Dieu parmi nous, Lui est l’Emanuel, le "Dieu avec nous" pour toujours.
C’est un enfant enveloppé dans un lange qui ne peut rien faire. C’est un enfant ( mot d’origine grecque qui signifie non parlant), qui ne peut rien dire : il peut seulement être présent. Ce n’est pas une utopie, c’est une présence, qui porte la paix sans l’imposer avec les armes : cet enfant est Dieu puissant, mais désarmé.
Il est pacifiant et désarmé le Fils de Dieu : Jésus (qui signifie Dieu sauve) nous sauve par son humilité et sa douceur, que le mystère de son Noël dans une étable exprime très bien.
C’est notre frère : « Jésus nouveau-né est notre frère de sang » (Card Albert Vanhoye, SI), donc, sa présence est une présence fraternelle. Jésus nous donne cette présence fraternelle qui nous réconcilie avec notre modeste vie quotidienne et nous réconcilie avec les autres. Investir dans la fraternité, est le seul investissement qui produit une vraie croissance humaine.
Ainsi le rêve utopique de l’humanité qui a débuté au Paradis Terrestre- celui de vouloir être comme Dieu, de tout pouvoir et de ne pas mourir- se réalise de façon inattendue, non par la grandeur de l’homme qui ne peut devenir Dieu, mais par l’humilité de Dieu qui descend et entre ainsi en nous dans son humilité et nous élève à la vraie grandeur de son être.
Dans le silence de la nuit, loin des rumeurs et des lumières de la mondanité, recueillons-nous pour apercevoir la lumière du salut qui commence. Avec les oreilles du cœur, écoutons l’invitation des anges à reconnaître que notre Dieu est Lumière vraie et Vie d' Amour et veut nous indiquer son Chemin pour la rejoindre. Alors, nous aussi nous nous unirons au chant des Anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix aux hommes sur la terre, qu’Il aime ».
2) Bouleversés par la lumière et par le chant des Anges.
La nuit du premier Noël fut illuminée par la lumière et les chants. Mais avant que Marie et Joseph ne vivent cela, passer la nuit dans une grotte-étable, à Bethléem, ville périphérique de l’Empire Romain, fut certainement une perturbation et une insécurité, parce qu’il n’y avait pas de place à l’hôtel. Mais c’est correct de penser que de tels sentiments soient disparus au fur et à mesure que grandissait en eux la joie de Jésus, dans ce lieu si pauvre et périphérique.
Bouleversés par la lumière et par le chant angélique, même les bergers furent surpris par la joie apportée par les anges. Cette nuit fut une nuit de surprise et de perturbation mais elle devint une nuit de lumière, de joie, et de bonheur inexprimable. Ils ont obéi à l’annonce des anges non pas pour obéir à un ordre mais par exigence de infini de leur cœur. Le ciel et la terre finalement se rencontrent.
La grotte rejointe, les bergers virent l’Enfant et crurent. Ils le regardèrent avec les yeux et contemplèrent avec le cœur pur, simple et pauvre, et ainsi surent reconnaître dans les yeux du nouveau-né les yeux de Dieu, dans sa faim celle de Dieu, dans ses petites mains tendues les mains tendues de Dieu vers eux. C'est pourquoi les bergers firent une fête parce que leur apparût « la grâce de Dieu, porteuse de salut pour tous les hommes, qui nous enseigne à nier l'impiété et les désirs humains, et à vivre avec sobriété, pitié et justice dans ce monde, dans l'attente de l'espoir béni et de la manifestation de la gloire du nouveau grand Dieu et Sauveur Jésus Christ ».(Tite 2, 11-14)
Nous aussi, nous sommes invités à faire la fête afin qu’elle devient semblable à la fête des bergers, hommes simples et pauvres, qui se sont réjouis avec Joseph et Marie pour la naissance de cet enfant. Il est venu porter la joie et la paix dans le monde. La lumière festive de l'Enfant n’est pas simplement devant eux mais les enveloppe, entre dans leur vie. Ils accueillent cette annonce qui n’est pas pour eux seuls, mais c’est une lumière qui est pour tout le peuple. Gardiens d’un troupeau, ils sont maintenant gardiens d’un mystère à connaître et à irradier à tous ensuite. Imitons-les.
Les lectures de la Messe de la Nuit, citées ci-dessus, nous disent comment les imiter. Les textes sacrés de la liturgie nous disent qu’en écoutant la Parole et en l’accueillant, comme l’ont fait la Vierge Marie, Joseph et les bergers, la foi nous fait marcher dans les ténèbres. Si cette parole entre dans notre vie, elle nous fait bouger comme il est advenu la nuit du premier Noël. Ce chemin se transforme en une rencontre qui devient vraie dans la nuit de Noël, parce que le Verbe s’est fait chair - pas comme nous pouvons nous l’imaginer - mais comme un petit Enfant fragile qui doit grandir
Le passage d’Isaïe nous parle d’une grande « lumière » , descendue sur la terre. Le prophète nous présente la figure d’un libérateur qui porte en lui les dons de la lumière, de la joie et de la libération pour un peuple qui est dans les ténèbres et qui n’a plus d'espoir. Finalement, cette lumière est arrivée : le Fils de Dieu est né, Jésus, venu apporter la joie et la paix qui doivent naître avant tout dans notre cœur pour se propager à tous ceux que nous rencontrons chaque jour en famille, dans les milieux de travail, dans nos communautés et dans l’Eglise.
Dieu qui s’est fait comme nous pour nous faire comme lui, nous offre cet enfant qui est notre frère ; nous devons le reconnaitre, l'aimer, le soigner, le soutenir et le laisser parmi nous et en nous. Aujourd'hui, le Verbe devient chair pour nous aider à grandir chaque jour.
Celui que dans le prologue de son Évangile, Saint-Jean appelle en grec « O Logos » -traduit en latin par « Verbum" » et en français par « le Verbe » - signifie aussi « le Sens ». Donc, nous pourrions comprendre l’expression de Jean de cette façon : le « Sens éternel » du monde est tangible à nos sens et à notre intelligence : nous pouvons maintenant le toucher et le contempler » (Benoît XVI). Le « Sens ou signification » s'est fait chair. Il ne s'agit pas d’une idée qui explique le monde, c'est une « Parole » qui nous est adressée. C'est la Parole qui donne la vie et qui est la vie. C'est la communication faite à chaque être humain de quelque chose de la vie de Dieu. Ce n'est pas un langage mort et sclérosé, un ordre établi une fois pour toutes comme l'ordre d’un cimetière. C’est une personne qui s’intéresse à chaque personne en particulier : c’est le Fils du Dieu vivant, qui s'est fait homme à Bethléem et qui est lumière pour tous les êtres humains, lumière d’amour, d’amour miséricordieux et de joie.
Ouvrons les yeux à cette lumière et essayons de les porter dans le monde à nos frères et sœurs en humanité, en mettant notre vie sous le signe de la miséricorde et de la fidélité, particulièrement en cette année de la Miséricorde que le pape François nous a donné.
Les vierges consacrées dans le monde sont des témoins spéciaux de cette vie vécue sous le signe de la miséricorde et de la fidélité. Ces femmes ont consacré elles-mêmes parce qu’elles savent que l’amour du Christ, leur époux, est riche de fidélité et de miséricorde infinie. Miséricorde, c’est-à-dire pardon et justice qui rend joyeux le cœur de l'homme et le rend capable de donner gratuitement.
Fidélité, soit engagement persévérant et inconditionnel. Dieu s’est révélé une fois pour toutes dans sa Parole. Consécration virginale est se donner complètement et seulement à sa Parole, s’engager vers celui qui s’est engagé envers Celui qui s’est engagé vers nous sans regret. Cela implique être fidèles, persévérants, tenaces, en sachant que la fidélité humaine a son nid dans le cœur de Dieu.
Être vierges consacrées signifie être signe de la Miséricorde et de la fidélité, en apportant toujours avec dévotion l’anneau reçu la jour de la consécration : « Recevez cet anneau, signe de votre union avec le Christ. Gardez une fidélité sans partage au Seigneur Jésus ; il vous introduire un jour dans la joie de l’alliance éternelle » (Rituel de la Consécration des vierges, n. 26). Ce signe montre au monde que ces femmes sont aussi le « lieu » de miséricorde fidèle où la vie du Christ génère vie ici sur la terre et pour l’éternité.
Lecture patristique: Julien de Vézelay (+ 1160), Sermons sur Noël, 1 (SC 192, 45.52.60)
Un silence paisible enveloppait toute chose, et la nuit était au milieu de son cours rapide, alors, ta Parole toute-puissante, Seigneur, est venue de ton trône royal (cf. Sg 18,14-15). Ce texte de l'Écriture désigne le temps très saint où la toute-puissante Parole de Dieu est venue jusqu'à nous pour nous parler de notre salut; partant du secret le plus intime du Père, elle descendait dans le sein d'une mère. Dieu qui avait parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées dans les derniers temps, dans les jours où nous sommes, nous a parlé par ce Fils (He 1,1-2) dont il dit: Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis tout mon amour; écoutez-le (Mt 3,17 Mt 17,5). La Parole de Dieu vient donc à nous de son trône royal: elle s'abaisse pour nous élever; elle s'appauvrit pour nous enrichir; elle se fait homme pour nous diviniser.
Mais, pour que le peuple qui doit être racheté mette toute sa confiance et son espérance dans l'avènement et l'efficacité de cette parole, elle est appelée Parole toute-puissante. Car, si elle n'était pas la Parole toute-puissante, l'homme, damné et voué à toutes les misères, n'espérerait que de façon bien tiède et bien timide qu'elle le délivrerait du péché. Donc, pour que l'homme perdu ait la certitude de son salut, la Parole qui le sauve est appelée "toute-puissante".
Et voyez quelle toute-puissance: le ciel n'existait pas encore ni ce qui est contenu dans son enceinte (Est 16,10); il parla, et ce qu'il dit exista (Ps 32,9). Ce fut fait de rien (2M 7,28), car la toute-puissance de cette Parole créait, tout ensemble et instantanément, la matière avec la forme. Cette Parole a dit: Que le monde soit, et le monde a été fait. Elle a dit: Que l'homme soit, et l'homme a été fait.
Mais, ce qu'elle avait créé, la Parole ne l'a pas recréé aussi facilement. Elle a créé par son commandement, mais elle a recréé par sa mort; elle a créé en commandant, mais elle a recréé en souffrant. Vous m'avez donné bien de la peine (cf. Ml 2,17) avec vos péchés, dit-elle. La machine du monde ne m'a donné aucune peine pour l'organiser et la gouverner, car je déploie ma vigueur d'un bout du monde à l'autre et je gouverne l'univers avec douceur (Sg 8,1).
Seul l'homme, violateur obstiné de la loi fixée et promulguée par moi, m'a donné de la peine, avec ses péchés. C'est pourquoi, venant du trône céleste, je n'ai pas refusé de me renfermer dans le sein d'une vierge et de m'unir en une seule personne avec l'humanité déchue. Dès ma naissance on m'enveloppe de langes, on me couche dans une mangeoire parce qu'il n'y a pas de place à l'auberge pour le Créateur du monde. <>
Toutes choses étaient plongées au milieu du silence, c'est-à-dire entre les Prophètes qui ne parlaient plus, et les Apôtres qui parleront plus tard. Ce silence formait donc un "milieu" et une séparation entre la parole de ceux-ci et la parole de ceux-là. Donc, tandis que toutes choses étaient plongées au milieu du silence, la Parole toute-puissante, c'est-à-dire le Verbe du Père, est venue de son trône royal (Sg 18,14-15). Et il est beau que ce soit au milieu du silence que vienne le Médiateur entre Dieu et les hommes (1Tm 2,5), homme vers les hommes, mortel pour sauver les mortels, lui qui, par sa mort, sauvera les morts. <>
Qu'elle vienne encore maintenant, je l'en prie, la parole du Seigneur, vers ceux qui font silence. Écoutons ce que le Seigneur nous dit au fond de nous-mêmes. Qu'ils se taisent, les mouvements et les cris malencontreux de notre chair; qu'elles fassent silence, les images désordonnées de notre spectacle intérieur, pour que nos oreilles attentives écoutent librement ce que dit l'Esprit, écoutent la voix qui est au-dessus du firmament. En effet, l'Esprit de vie parle toujours à notre âme, et une voix se fait entendre du firmament qui domine nos têtes (cf. Ez 1,26), c'est-à-dire notre esprit. Mais nous, en portant notre attention ailleurs, nous n'entendons pas l'Esprit qui nous parle.
[1] Nous sommes dans le temps liturgique du Noel, qui commence le soir du 24 décembre avec la veille et s’achève avec la célébration du Baptême du Seigneur (cette fois c’est le 10 janvier 2016). Cette période est brève, mais dense de célébration et de mystères et est réuni autour de deux grandes solennités: Noël et Épiphanie. On peut dire que la fête de Noël souligne le fait que Dieu “se cache” dans l’humilité de la condition humaine, dans l’Enfant de Bethléem. Dans l’Epiphanie on montre sa manifestation, l’apparition de Dieu par cette même humanité.
A très peu de jours de la solennité de Noël, la liturgie d’aujourd’hui nous donne de célébrer la Sainte Famille de Nazareth. De cette façon, nous sommes invités à contempler et à imiter la vie de la famille « terrestre » de Jésus. Que voyons-nous ? L’Évangile de Saint Luc nous fait voir que dans cette singulière famille, ce n’est pas seulement la figure du Fils de Dieu, la personne divine qui assume totalement l’humanité de sa créature, le Dieu avec nous, le Prince de la paix qui ressort. L’évangéliste met aussi en évidence la maman de Jésus, Marie, et Joseph son époux, collaborateur du dessein divin de salut des hommes et « gardien de la Rédemption. »Saint Jean Paul II
Comment une famille aussi particulière peut-elle être un modèle pour nos familles ? Ce cercle familial, seulement en apparence semblable à tous les autres, est si irremplaçable qu’il nous pousse à croire qu’il est inimitable : un Fils qui est Dieu, une maman qui est la Vierge Immaculée, et un papa qui est le juste par excellence.
Et pourtant Jésus, le Dieu fait homme, nous montre un exemple d'enfant à l’intérieur de sa propre famille pour pouvoir devenir un modèle pour toutes les familles de tous les temps et de tous les lieux.
Jésus n’a pas été pressé de se présenter comme le Messie. Dans une petite ville de la périphérie de l’Empire romain, caché dans une famille très simple, ce fils a vécu une vie normale, tout en croissant en grâce et en esprit, jusqu’au moment où arriva l’heure de commencer la mission que lui avait confiée le Père : une mission qui le conduira à la mort et à la résurrection, faisant de nous, d’un peuple sans lendemain, un peuple appelé à le suivre dans la sainteté et la joie de la plénitude de la vie, aujourd’hui et pour toujours.
En regardant la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, je crois que nos familles sont poussées à être toujours davantage des petites églises domestiques, où Dieu est présent et où l’on apprend à vivre, en marchant à la lumière de l’Évangile, la Bonne Nouvelle, seul guide sûr dans un monde qui a perdu la vision de la lumière du ciel et qui regarde seulement vers les lumières de la terre.
A ses parents qui le cherchent depuis trois jours, Jésus répond qu’ils doivent savoir que sa vocation est de faire la volonté de son Père. Il est donc resté trois jours dans le temple de son Père à s’occuper justement des affaires de son Père. Puis comme l’Évangile est à vivre dans le quotidien de la vie, il retourne avec Marie et Joseph dans le quotidien de la vie de Nazareth. Il descend avec ses parents à Nazareth et il leur est soumis. Il laisse le Temple pour le « temple domestique » où tout était organisé pour sa présence divine et où son humanité grandit en sagesse et en grâce.
Le Rédempteur a abandonné les maîtres de la loi qui enseignaient dans le Temple de Jérusalem pour être avec Joseph et Marie qui sont maîtres de vie dans cette école particulière qu’est leur maison de Nazareth. Le fils de Dieu apprend d’eux l’art d’être homme. Il regarde sa maman, Marie, qui est tendre et forte mais jamais passive. Il regarde Joseph, son père légale, qui eut envers lui « par don particulier du ciel, tout cet amour naturel, toute cette affectueuse sollicitude que le cœur d’un père peut connaître » (Pie XII cité dans Redemptoris Custos, n.8)
2) La Sainte Famille comme école de la famille, modèle réel et non pas seulement idéal.
La vie simple de Jésus, Marie et Joseph ressemble tellement à la nôtre. Marie est une maman comme nos mamans, attentive et vigilante, mais surtout, en tant qu’immaculée et donc toute donnée à Dieu, elle aura éduqué son fils au vrai sens de la vie qui est d’accomplir la mission que le Père lui avait confiée en l’envoyant parmi nous. La maison de Nazareth n’est donc pas seulement une école pour Jésus, mais aussi pour nous, comme l’enseigne le Bienheureux Pape Paul VI: « La maison de Nazareth est l’école où l’on commence à comprendre la vie de Jésus, c’est à dire l’école de l’Évangile. Là, on apprend à observer et à écouter, à méditer, à pénétrer la signification si profonde et si mystérieuse de cette manifestation du Fils de Dieu, si simple, humble et belle. » (Homélie à Nazareth, 5 janvier 1964).
L’Évangile de Saint Luc nous raconte la vie quotidienne et sainte de Joseph et de Marie qui dans leurs hésitations, leurs interrogations, leurs façons de faire, leurs faiblesses, loin de la perfection et de l’idéal, ressemblent à tant de parents. Ils sont en même temps le modèle réel et originel de la famille, où coexistent la virginité, la conjugalité et la parentalité. Maintenant, le Seigneur demande aux époux chrétiens que se réalise par leur union la double finalité du mariage : le bien des époux eux-mêmes et la transmission de la vie. On ne peut pas séparer ces deux valeurs du mariage sans altérer la vie spirituelle du couple et compromettre les biens du mariage et l’avenir de la famille. Il est demandé aux époux chrétiens de vivre dans la chasteté conjugale. A cet égard le catéchisme de l’Église catholique enseigne : « Les actes qui réalisent l'union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécus d'une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s'enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance. » (n. 2362)
La virginité cependant au sens propre appartient aux consacrés et renvoie à l’éternité. Mais la virginité est quand même constitutive de la famille originelle, il existe donc un lien indissoluble entre les époux chrétiens et les consacrés pour le Royaume de Dieu et ce lien se trouve dans la Sainte Famille de Nazareth.
Les vierges consacrées dans le monde témoignent que la virginité n’est pas de ne pas avoir des affections, même si elle implique de renoncer à une famille charnelle et au rapport physique avec un homme, mais c'est être totalement disponible au devoir de fécondité spirituelle et concrète auquel le Seigneur les a appelées. Le Christ est au cœur du mariage chrétien et les vierges consacrées témoignent qu’en donnant tout au Christ, la vie est vraiment féconde. Comme la vierge Marie, elles conservent dans leur cœur un mystère plus grand qu’elles et le portent dans le monde.
Saint Augustin très justement enseigne l’importance de la maternité spirituelle qui ne s’oppose pas à la maternité charnelle : « L’Église reproduit le modèle de la mère de son époux et de son sauveur et elle est, elle aussi, mère et vierge. Si en effet, elle n’est pas vierge, pourquoi tant se préoccuper de son intégrité ? Et si elle n’est pas mère, de qui sont ces enfants à qui nous adressons la parole ? Marie mit au monde physiquement le Chef de ce corps ; l’Église génère spirituellement les membres de ce Chef. Dans un cas comme dans l’autre, la virginité ne fait pas obstacle à la fécondité et la fécondité ne fait pas obstacle à la virginité. L’Église est toute entière sainte de corps comme d'esprit mais dans ses membres, elle n’est vierge que d'esprit et non pas de corps. De quelle sainteté ne devra-t-elle donc pas briller dans ceux de ses membres qui conservent à la fois la virginité dans le corps et dans l’âme ? Un jour – raconte l’Évangile – la mère et les frères de Jésus (c’est à dire ses cousins) se firent annoncer mais restèrent dehors parce que la foule ne leur permettaient pas de s’approcher (du maître). Jésus dit ces paroles : Qui est ma mère ? Et qui sont mes frères ? Et étendant la main vers ses disciples, il dit : Voici mes frères ! Et quiconque fait la volonté de mon père, celui-là est mon frère, ma mère et ma sœur » (La sainte viriginité, 2.2-3.3)
Les vierges consacrées montrent que l’exemple de Marie, Vierge et Mère, est actuelle et possible même aujourd’hui et elles sont appelées à vivre une maternité de grâce.
Marie a ouvert la route à toutes les femmes qui, à sa suite, accueillent l’appel divin à donner tout leur cœur au Seigneur dans la virginité. Certes, ce ne sont pas seulement les femmes qui sont appelées à la vie virginale ; il faut rappeler que le Christ lui aussi s'est engagé sur cette voie et il y a engagé aussi ses apôtres.
Toutefois l'expression des «épousailles avec Dieu» convient davantage à la femme. Les vierges chrétiennes ont été considérées depuis l'antiquité comme les épouses du Christ. On peut dire qu'elles représentent, de la manière la plus appropriée et la plus complète, la qualité d'épouse du Christ que l'on attribue à l'église. Les vierges consacrées personnifient cette relation d'épouse du Christ.
Lecture patristique Origène (+ 253)
Homélies sur saint Luc, 18, 2-5 (SC 87, 266-271)
Comme il avait douze ans, il demeure à Jérusalem. Ne sachant où il est, ses parents le cherchent avec inquiétude et ne le trouvent pas. Ils le cherchent parmi leurs parents, ils le cherchent parmi leurs compagnons de route, ils le cherchent parmi leurs connaissances (Lc 2,44), et ils ne le trouvent pas. Jésus est donc recherché par ses parents, par son père nourricier qui l'avait accompagné dans sa descente en Égypte, et pourtant ils ne le trouvent pas aussitôt qu'ils le cherchent. Car on ne trouve pas Jésus parmi les parents et parmi les proches selon la chair, parmi ceux qui lui sont unis par le corps. Mon Jésus ne peut être trouvé dans la foule.
Apprenez-donc où l'ont découvert ceux qui le cherchaient, afin que vous aussi, en le cherchant avec Marie et Joseph, vous puissiez le découvrir. A force de le chercher, dit l'évangéliste, ils le trouvèrent dans le Temple (Lc 2,46). Non pas n'importe où, mais dans le Temple, et là, en outre, au milieu des docteurs de la Loi qu'il écoutait et interrogeait (Lc 2,46-47). Vous aussi, cherchez Jésus dans le Temple de Dieu, cherchez-le dans l'Église, cherchez-le auprès des maîtres qui sont dans le Temple et n'en sortent jamais. Si vous cherchez ainsi, vous le trouverez. Mais si quelqu'un se dit un maître, et ne possède pas Jésus, il n'est maître que de nom, et on ne peut trouver auprès de lui Jésus, qui est le Verbe et la Sagesse de Dieu. <>
Ils le trouvent assis au milieu des docteurs, et non seulement assis, mais les interrogeant et les écoutant. Maintenant encore Jésus est ici: il nous interroge et il nous écoute parler. Et tous étaient dans l'admiration (Lc 2,48). A propos de quoi? Non de ses interrogations, bien qu'elles fussent admirables, mais de ses réponses (Lc 2,47).
Dans la sainte Écriture, "répondre" ne désigne pas un simple dialogue, mais un enseignement. Que la loi divine te l'apprenne: Moïse parlait, et Dieu lui répondait par sa voix (cf. Ex 19,19). Tantôt Jésus interroge, tantôt il répond et, nous l'avons dit, bien que son interrogation soit admirable, sa réponse l'est bien davantage. Pour que nous puissions l'entendre, nous aussi, et qu'il nous propose des questions qu'il résoudra lui-même, supplions-le et cherchons-le avec beaucoup d'efforts et de douleur, et alors nous pourrons trouver celui que nous cherchons. Ce n'est pas pour rien qu'il est écrit: Moi et ton père, nous te cherchions tout affligés (cf. Lc 2,49). Celui qui cherche Jésus ne doit pas chercher avec négligence, mollement, par intermittence, ainsi que certains le cherchent et qui, à cause de cela, ne peuvent le trouver. Quant à nous, disons: Nous te cherchons tout affligés.
Et quand nous lui aurons parlé ainsi, il répondra à notre âme qui se fatigue à le chercher dans la douleur: Ne le saviez-vous pas? C'est chez mon Père que je dois être (Lc 2,49-50).
Le thème de la lumière domine les fêtes de Noël et de l’Epiphanie qui, antiquement – et encore aujourd’hui en Orient (1) – étaient réunies en une seule grande fête : la « fête des lumières ».
A Noël, en naissant dans une grotte pendant la nuit, en se manifestant à de pauvres bergers de la région de Bethléem, le Fils de Dieu incarné s’est révélé sous forme de lumière. Lumière à l’extérieur de l’homme, dans l’histoire du monde, mais aussi à l’intérieur de l’homme, dans l’histoire personnelle de chacun de nous.
A l’Épiphanie, le sauveur continue de se révéler comme étant la lumière des peuples, en tout lieu et en tout temps. Pour les mages, venus l’adorer d’Orient, la lumière du roi nouveau-né prend la forme d’un astre du ciel. La brillance de l’Etoile est telle que leurs regards se fixent sur elle. Celle-ci les guidera jusqu’à Jérusalem, puis du palais royal d’Hérode, à Jérusalem, à un nouveau Palais royal : la grotte-étable de Bethléem.
Autour de lui, tout se présente comme une réalité terrestre extrêmement pauvre. Mais ceux qui regardent avec un regard de foi, voient un roi, le Roi des rois, grâce à un signe lumineux. Quel est ce signe royal qui permit aux mages, à l’époque, et à nous aujourd’hui, de reconnaître le Roi des rois sous les traits du Fils de Marie, dans l’humble condition de cet enfant habitant une pauvre étable ? L’Etoile indique le chemin et l’endroit où rencontrer le Roi qui sauve.
L’Etoile indique le chemin aux chercheurs d’infini, pour qu’ils regardent le ciel et tentent d’interpréter correctement les signes. Les mages sont donc des hommes qui s’interrogent sur la réalité, ne se contentent pas de la réponse des autres. Ils recherchent une intelligence plus profonde de la réalité et du sens de la vie.
Cette Étoile extraordinaire, que nous pourrions définir « théologique » parce qu’elle « parle de Dieu », parce qu’elle « enseigne Dieu », guide les mages tout au long de leur marche jusqu’à Bethléem. Elle leur indique, leur enseigne, que cet enfant est le Fils du Très-Haut, le prince de la paix.
Cette Étoile transforme la crèche – où l’on contemple Dieu fait homme et placé dans une mangeoire – en palais lumineux et illumine la Vierge Marie comme un trône royal : la Vierge Marie tient Jésus sur ses genoux, le porte dans ses bras maternels et le montre aux mages qui, agenouillés, se mettent à l’adorer. Marie, l’Etoile « théologique » de la Mer de la vie humaine éclaire le Roi des rois, couché dans la grotte de Bethléem.
2) L’autorité de l’amour
Les mages s’inclinent devant l’autorité de l’amour. Ils croient à cet amour infini renfermé en l’Enfant Jésus.
Devant ce nouveau-né, reconnu comme étant le Roi messianique tant attendu, les rois mages sont dans une attitude de prosternation, d’adoration sincère. Ils offrent des cadeaux symboliques : l’or, l’encens et la myrrhe. Ces dons offerts au Messie « symbolisent la vraie adoration » (cf. saint Jean-Paul II). Ces dons expriment une foi consolidée par la rencontre avec Jésus, qui est Roi, à honorer avec de l’or, qui est Dieu, à adorer avec l’encens et la prière qui s’élève vers Lui comme le plus agréable des encens, l’Homme, le Fils de Dieu, qui mourra pour nous sauver.
Comme les rois mages, nous sommes invités aujourd’hui à renouveler, aux pieds du Verbe incarné, notre acte de fidèle adhésion, en faisant don du peu ou de tout ce que nous possédons, mais don aussi de nous-mêmes, comme un saint sacrifice fait pour le plus grand plaisir de Dieu. Grâce à cette offrande quotidienne nous devenons, dans le monde et pour le monde, des signes de la nouvelle humanité rachetée par le Christ, témoins du mystère d’amour célébré à Noël.
Comme les rois mages, laissons-nous surprendre par l’amour de Dieu, qui est né pour nous, et agenouillons-nous aux pieds du Verbe incarné, devant le Seigneur Jésus Christ, vivant au milieu de nous et vivant dans l’Eucharistie. Allons plus souvent à l’église, approchons-nous de l’autel et, humblement, imitons les saints mages, en offrant l’or de notre amour de Dieu et de nos frères, l’encens de notre louange et de nos prières, et la myrrhe de nos peines qui ne manquent jamais dans notre vie.
La stupeur (2), comme l’étonnement, est la capacité de se laisser surprendre par Dieu qui, en Jésus Christ, se donne entièrement à nous, nous permettant de connaître la vérité et de rencontrer le vrai amour à donner. Surpris par la lueur d’une étoile, les rois mages se sont mis en marche. Leur étonnement les poussait à suivre une étoile, à s’interroger sur le sens de la vie, les attirait vers l’Enfant Jésus et les faisait rester auprès de lui, en adoration. La certitude la foi fleurit de l’étonnement face à une présence divine dans la chair que les yeux purs des mages peuvent voir.
3) Quel don offrir à Celui qui s’est donné à nous intégralement ?
A Celui qui a tout donné de Lui, donnons nous aussi de nous-mêmes, en commençant par lui offrir le peu ou tant de nos biens matériels. Pour être plus clair, je me sers des paroles adressées par saint Jean-Paul II aux jeunes : « Vous aussi, offrez au Seigneur l'or de votre existence, c'est-à-dire votre liberté pour le suivre par amour, en répondant fidèlement à son appel ; faites monter vers lui l'encens de votre prière ardente, à la louange de sa gloire ; offrez-lui la myrrhe, c'est-à-dire votre affection pleine de gratitude envers lui, vrai Homme, qui nous a aimés jusqu'à mourir comme un malfaiteur sur le Golgotha » (Message pour la XXe Journée mondiale de la jeunesse, 6 août 2004).
Les Vierges consacrées dans le monde, en se donnant entièrement à Dieu, ont répondu à l’appel. Elles sont un exemple pour nous. Certes, ces femmes ont conscience que Dieu donne l’infinie richesse de sa divinité tandis qu’elles n’ont rien d’autre à offrir (et nous avec elles) que la pauvreté (et nous la nôtre) de leur existence humaine. Mais elles savent que ce n’est pas tant la grandeur du don qui réalise l’union nuptiale avec le Christ, que sa totalité, le fait de se donner entièrement à Lui, de ne se réserver plus rien à soi, de ne plus s’appartenir, de ne vouloir appartenir qu’à Lui.
En vivant le don de soi dans la virginité, les femmes consacrées témoignent que se donner à Dieu n’est pas renoncer à vivre, mais renoncer « aux limites d’une vie vécue comme de pauvres créatures malades pour vivre la plénitude d’une vie immense comme la vie divine » (Divo Barsotti, 6 janvier 1963). Consacrées par le rite nuptial et solennel au Christ (Rituel de la consécration des vierges, n° 30), ces femmes témoignent avec humilité, délicatesse et constance de l'amour unique et indivisible du Christ pour chaque homme et chaque femme, montrant ainsi l'importance de répondre par le don de soi au don que le Christ fait de lui-même par amour rédempteur.
Lecture Patristique
Saint Basile le Grand (330-379), Homélies sur Noël (2PG 31, 1472-1476)
L'étoile vient de s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. C'est pourquoi les mages, quand ils virent l'étoile, éprouvèrent une très grande joie (Mt 2,9-10). Accueillons, nous aussi, cette grande joie dans nos cœurs. Car c'est de la joie que les anges annoncent aux bergers. Adorons avec les mages, rendons gloire avec les bergers, dansons avec les anges ! Il nous est né aujourd'hui un Sauveur, qui est le Messie, le Seigneur (Lc 2,11). C'est Dieu, le Seigneur, qui nous illumine (Ps 117,27), non pas sous la forme de Dieu, pour ne pas épouvanter notre faiblesse, mais sous la forme du serviteur, afin de donner la liberté à ceux qui étaient réduits en servitude. Qui donc a un cœur assez endormi, qui donc est assez ingrat pour ne pas se réjouir, exulter et rayonner devant un tel événement ?
Cette fête est commune à toute la création : elle accorde à notre monde les biens qui sont au-delà du monde, elle envoie des archanges à Zacharie et à Marie, elle constitue des chœurs d'anges qui proclament : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre, bienveillance aux hommes (Lc 1,14). Les étoiles accourent du haut du ciel, les mages quittent les nations païennes, la terre offre son accueil dans une grotte. Personne n'est indifférent, personne n'est ingrat. Nous-mêmes, fêtons le salut du monde, le jour de naissance de l'humanité. On ne peut plus dire maintenant : Tu es poussière, et tu retourneras à la poussière (Gn 3,19), mais : Rattaché à l'homme céleste (cf. 1 Co 15,48), tu seras élevé au ciel. On n'entendra plus dire : Tu enfanteras dans la souffrance, (Gn 3,16), car bienheureuse celle qui a enfanté l'Emmanuel, et les mamelles qui l'ont allaité. Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, l'insigne du pouvoir est sur son épaule (Is 9,6).
Unissez-vous à ceux qui ont reçu avec joie le Seigneur venant du ciel. Pensez aux bergers pénétrés de sagesse, aux grands prêtres qui prophétisent, aux femmes remplies de joie, quand Marie est invitée par Gabriel à se réjouir, et que Jean tressaille dans les entrailles d'Elisabeth. Anne propageait la bonne nouvelle ; Syméon tenait dans ses bras ce petit enfant dans lequel tous adoraient le Dieu de majesté. Bien loin de mépriser ce qu'ils voyaient, ils magnifiaient la grandeur de sa divinité. Car la vertu divine apparaissait à travers ce corps humain, comme la lumière à travers les vitres, resplendissante, pour ceux dont les yeux du cœur étaient purifiés.
Puissions-nous être trouvés avec eux, nous aussi, contemplant la gloire du Seigneur comme dans un miroir, et être nous-mêmes transfigurés de gloire en gloire (2 Co 3,18), par la grâce et la tendresse miséricordieuse de notre Seigneur Jésus Christ : à lui la gloire et la puissance, pour les siècles des siècles. Amen.
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- L’Épiphanie, la « manifestation » de notre Seigneur Jésus Christ, est un mystère multiforme. La tradition occidentale l’identifie à la visite des mages à l’Enfant Jésus à Bethléem, et donc l’interprète surtout comme une révélation du Messie d’Israël aux peuples païens. La tradition orientale, elle, privilégie le moment du baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain, quand il se manifesta comme étant le Fils Unique du Père céleste, consacré par l’Esprit Saint. Mais l’Évangile de Jean invite à considérer aussi comme « une épiphanie » les noces de Cana, où « Jésus manifesta sa gloire et ses disciples crurent en Lui » (Jn 2,11).
- Dans la vie naturelle, la stupeur est une réduction des capacités visuelles, provoquée par une lumière excessive. Dans la vie spirituelle, la situation est la même, provoquée par l’éblouissement de la lumière spirituelle. A ce propos, nous lisons dans l’Ancien Testament : « Moïse s’approcha de la nuée obscure où Dieu était » (Ex 20, 21). Dans le Nouveau Testament (cf. Ac 9, 3) nous lisons par contre que Saul, sur le chemin de Damas, a été complètement ébloui par une lueur venue du ciel. En parlant à Agrippa, il a lui-même affirmé que la luminosité de cette lumière était encore plus forte que celle du soleil (cf. Ac 26, 13), au point de ne plus rien voir (cf. Ac 9, 8). Mais les bergers aussi qui veillaient à Bethléem la nuit de la naissance du Seigneur, ont vu briller la gloire de Dieu (cf. Lc 2, 9), alors que durant la transfiguration du Seigneur sur le mont Thabor « son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière (...) et une nuée lumineuse recouvrit l’assistance » (cf. Mt 17, 2. 5). Enfin, à la résurrection du Seigneur, les embaumeuses qui s’étaient rendues au sépulcre de bon matin, virent un jeune homme vêtu de blanc et furent saisies d’étonnement (cf. Mc 16, 5), parce qu’il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige (cf. Mt 28, 3).