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Pâques; 15 avril 1979; Lectures : Actes 10,34a.37-43; Colossiens 3,1-4; Jean 20,1-19.
La Résurrection, sceau et clé de la Nouvelle Alliance
Joyeuses Pâques! C’est le jour du triomphe du Seigneur! La longue pérégrination du carême se termine en ce sommet de gloire. Durant le carême nous avons revu également l’histoire de l’Alliance entre Dieu et les hommes. Tout ce désir de Dieu pour obtenir l’amour des hommes, toutes ces réponses de l’être humain qui rejette sans cesse l’appel de Dieu, cet entêtement de l’amour éternel du Seigneur a vaincu. Et aujourd’hui, Pâques est la fête qui donne son sens, son explication à toute cette lutte de Dieu.

Davantage qu’une explication, qu’une catéchèse, mon homélie de ce matin veut être avant tout un témoignage de foi. Uni avec mon peuple bien-aimé, je dirai au Seigneur : je crois dans le Christ ressuscité!
Ma parole veut être ce matin l’annonce joyeuse qui constitue comme le noyau de la prédication des apôtres : « Le Christ est ressuscité! » C’est cela la grande nouvelle!
 
Plan de l’homélie :
1) Deux objets de la célébration pascale : le Christ et les baptisés
2) Pâques illumine toute l’Histoire des Alliances de Dieu avec les hommes
3) Le Peuple de la Nouvelle Alliance
 
1) Deux objets de la célébration pascale : le Christ et les baptisés

Cette nuit nous venons célébrer non seulement le triomphe du Christ comme homme isolé il y a vingt siècles, mais notre propre triomphe. Nous sommes le Christ d’aujourd’hui, les baptisés. Anciennement, pendant cette nuit où le carême se termine, avait lieu une belle procession des catéchumènes qui allaient recevoir les eaux baptismales. Vêtus de blanc, ils étaient la plus belle image de la résurrection : une vie nouvelle pour le baptisé. Puisque nous avons la chance d’être baptisés depuis longtemps, cette nuit, dans quelques instants nous allons rénover notre baptême.

Cette nuit nous avons compris ce que signifie ce peuple qui remplit la cathédrale : c’est le Christ ressuscité. Il n’était pas seulement symbolisé par ce cierge que nous avons béni lors de la procession initiale de cette nuit, mais qu’au-delà du signe, le Christ est vivant aujourd’hui en 1979. En ces Pâques de San Salvador, Il est ressuscité et vous, les chrétiens, êtes le témoignage que le Christ continue de vivre. Béni soit Dieu que cette nuit, un diocèse qui accomplit chaque fois davantage son engagement avec le Christ, continue de vivre! L’Église est le corps du Christ dans l’histoire! Nous sommes le Christ vivant en 1979! 15/04/79, p. 306, VI.
 
2) Pâques illumine toute l’Histoire des Alliances de Dieu avec les hommes

Ma seconde pensée cherche à embrasser toute cette précieuse série de lectures que, dans un geste œcuménique, a préparées la Commission de la Semaine sainte et que nous avons pu entendre sur les lèvres des chrétiens de confessions diverses, mais tous croyant en un seul et même Christ. Comment Pâques illumine, comment cette nuit ce cierge illumine toute la cathédrale? La Résurrection, les Pâques du Christ illuminent toute la longue Histoire de Dieu et des hommes qui remonte jusqu’aux premières lectures que nous avons écoutées au cours de ce carême.
 
Au début, Dieu créa le Ciel et la Terre, et commencèrent les alliances.

Tout au long du carême de cette année, nous avons suivi les diverses alliances que Dieu fit avec les hommes. Malgré les négations des hommes, Dieu s’efforce de gagner leurs cœurs. Avec Noé, sous le signe de l’Arc-en-ciel, Dieu fait une alliance qui vient comme confirmer sa volonté de créer. J’ai créé le Ciel, la Terre, les animaux, tout ce qui existe : je ne provoquerai pas d’autres déluges. Je conserverai la nature pour les humains. Je continuerai de penser à l’homme comme étant le principe de la création à condition qu’il m’adore. Je suis son Dieu. C’est ainsi que Noé fut reconnaissant envers Dieu qui lui conserva la nature. L’Alliance des êtres humains avec Dieu, signifie l’adoration du Créateur de toutes choses, le respect de ses lois, le respect de la nature, la justice dans la répartition des biens que Dieu a créés pour tous, le soin de la nature. Ce désir de détruire, ce danger terrible de demeurer sans eau, sans air pur, sans forêt, cette soif de destruction terrible comme un nouveau déluge, Dieu veut le conjurer. Lorsque nous regardons dans l’Arc-en-ciel la volonté de Dieu de conserver la nature, souvenons-nous que la conservation des ressources naturelles dont l’humanité a besoin fait partie de notre alliance avec Dieu.

Continuant avec les lectures d’aujourd’hui, plus dans l’ordre de la nature, cela suppose que l’homme va l’aimer, mais dans l’ordre d’une religion et Dieu a besoin de s’associer avec un privilégié, un nomade du désert : Abraham. Mais quelle foi, celle de cet homme! Vieux, sans patrie, pèlerin, sans savoir où il va, obéit à Dieu qui lui dit : « Je vais faire de toi un grand peuple d’où sortira la bénédiction pour toutes les nations. » Et Abraham, sans qu’il comprenne comment, est devenu le père de notre foi.

Et d’Abraham naît le peuple, qui marchait pour sortir d’Égypte, vers sa libération, sa terre promise. Apparaît une troisième alliance lorsque Dieu parle à Moïse et lui commande de se déplacer au travers de l’Exode.

Toutes ces lectures que nous avons entendues aujourd’hui, c’est l’histoire de Dieu qui marche avec son peuple élu parce qu’Il va apporter le Rédempteur. Vient ensuite l’époque des prophètes qui annoncèrent le Rédempteur des hommes, les conditions que Dieu veut pour son peuple jusqu’à ce que naisse le Rédempteur.

Christ est déjà avec nous et c’est un Christ qui est mort et qui est ressuscité. Son alliance avec les hommes, L’Alliance Nouvelle qu’annoncèrent les prophètes, est une alliance définitive. C’est une alliance qui « unit » la Terre et le Ciel. Nous en sommes arrivés à dire du péché d’Adam : « Heureuse faute qui nous mérita un si grand Rédempteur. » Les pécheurs comptent désormais sur une Alliance de réconciliation. Est arrivée jusqu’à nous par la croix, en cette journée de Pâques, l’heure où nous-mêmes devenons le peuple nouveau : le nouvel Israël qui naît du baptême. 15/04/79, p.306-307, VI.
 
3) Le Peuple de la Nouvelle Alliance

Nous avons écouté, dans la lecture de saint Paul (Col. 3,1-4), qui nous dévoile ce mystère : « Tout homme né de la chair, s’il veut s’incorporer à cette Alliance de Dieu avec les hommes, se fait baptiser et, dans le Baptême, la mort du Christ se fait mort du chrétien; et la Résurrection du Christ se fait vie nouvelle dans le cœur du chrétien. » C’est ici que surgissent les engagements de ce peuple chrétien que cette nuit nous allons rénover. C’est l’engagement d’une solidarité étroite avec la mort et avec la résurrection du Christ.

Cette nuit, mes frères, si nous voulons véritablement faire honneur à la pénitence de ce peuple qui est réuni dans la Cathédrale, pour la Vigile de Pâques, pensons-y bien, si nous voulons vraiment être baptisés et faire honneur à notre incorporation à la mort du Christ par le Baptême : Il faut mourir. Mourir au péché, mourir à toutes les méchancetés, tuer en nous l’égoïsme, les envies, les dénonciations, les idolâtries des faux dieux. Il n’y a qu’un seul Dieu, et le chrétien adore ce Dieu en Jésus-Christ Notre Seigneur. Et si pour rejeter ces fausses idolâtries, quelqu’un doit mourir martyr pour être fidèle au Dieu unique, Dieu le ressuscitera. Nous avons, grâce à Dieu, de nombreux martyrs non seulement dans l’histoire passée, mais dans notre histoire présente. Il existe des prêtres, des religieuses, des catéchistes, plusieurs personnes humbles de la campagne qui ont été tués, écorchés, le visage écrasé, démembrés, persécutés pour être demeuré fidèle au Dieu unique et Seigneur : Jésus-Christ à qui, cette nuit, nous devons renouveler notre engagement baptismal. C’est la nuit pour lui dire : Seigneur, je vais apostasier, je ne tolère plus cette exclusivité que Tu me réclames. Je suis comme Tu dis : « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix et me suive. » On ne peut servir deux maîtres. On ne peut être à la fois un chrétien qui a promis la fidélité au Christ et aussitôt le trahir, en idolâtrant l’idole de la richesse, du pouvoir, de la luxure, de l’orgueil, de l’égoïsme, etc.

Cette nuit est une nuit de fidélité devant celui qui fut fidèle jusqu’à la mort. Lui, il m’aime! Et même lorsque l’amour lui coûta la mort sur une croix, Il n’eut pas peur et s’est livré pour moi. « Nous ne vivons déjà plus pour nous, dit saint Paul, nous vivons pour Celui qui est mort et qui est ressuscité. » Parce que celui qui perd sa vie pour moi la gagnera. Celui qui croit en Moi et me suit ne mourra jamais, il aura la vie éternelle. Et en cette nuit de la Résurrection, le chrétien comprend la grandeur de sa foi, de son espérance, de mettre en Christ toute sa force, tout son amour.

Puisse Dieu, chers frères, en ce moment où nous allons rénover l’incarnation du Christ en nous, nous repentir de nos lâchetés. Nous ne voulons pas être des chrétiens à deux visages : avec le Christ et contre le Christ. Décidons une fois pour toutes, si nous voulons véritablement suivre le Christ, que la meilleure réponse en cette nuit de l’amour au Seigneur ressuscité ne soit pas seulement votre présence si enchanteresse, si encourageante, et pour laquelle je vous remercie profondément d’avoir répondu avec autant d’enthousiasme à la Vigile Pascale, mais que cette nuit, au sortir de la Cathédrale, nous sentions tous l’immense honneur et toute la responsabilité d’avoir été baptisés. Et ainsi, oui nous célébrerons la résurrection de Jésus-Christ qui n’est pas seulement la joie du Christ comme individu, mais que l’immense honneur de tous ceux qui forment le nouveau peuple qui a fait un pacte avec Dieu comme nous l’avons entendu aujourd’hui : « Je serai votre Dieu et vous serez mon peuple. »

En Jésus-Christ j’ai été marqué de son sang et avec la gloire de sa résurrection, nous, comme au pied du Sinaï, cette nuit nous disons que oui nous voulons être son peuple et que nous ferons tout ce que le Seigneur a dit. Ainsi soit-il. 15/04/79, p307-308, VI.


Deuxième dimanche de Pâques; 22 avril 1979; Lectures : Actes 4,32-35; I Jean 20,19-31; Jean 20,19-31.
Pâques, Célébration des biens de la Nouvelle Alliance
Relation entre le thème du carême : les alliances de Dieu et le thème de Pâques : « Les biens de la Nouvelle Alliance ». L’année liturgique tourne autour de ce mystère. C’est pourquoi la Semaine sainte est comme le soleil de toute l’année liturgique, surtout, Pâques. Et je voudrais graver bien profondément le sens pascal durant ces sept dimanches que je voudrais que nous reliions entre elles, les idées qui ont composé le programme de ma prédication au cours de ce carême.

J’aimerais que le principal de ma prédication soit reçu comme une catéchèse, comme une prédication de la Parole de Dieu. Naturellement, il y a des gens qui ne retiennent que les aspects politiques, polémiques et qui croient que toute ma prédication est politique et polémique, et que je chambarde l’ordre public. L’objectif principal de mes homélies est l’annonce de ce mystère (de la Parole de Dieu).
 
Plan de l’homélie :
1) Le Don de l’Esprit
2) Le Don de la Foi (Communauté de foi)
3) Le Don de l’amour surnaturel (Communauté d’amour)
 
1) Le Don de l’Esprit
 
A) Le geste créateur : Il souffla sur eux

Dans ce premier point, je retrouve en lisant l’Évangile (Jn 20,19-31) ce geste créateur du Christ ressuscité soufflant sur les apôtres, comme quand le Père Éternel, en créant l’homme à partir d’un morceau de terre, insuffla en lui l’esprit de vie, leur dit ceci : « Recevez l’Esprit saint. » Arrêtons-nous sur ce geste de la Genèse, parce que le Christ, avec sa Nouvelle Alliance, est un nouveau Créateur, Créateur d’un Esprit Nouveau.
 
Relation entre la glorification du Christ et le don de l’Esprit.

Recevez l’Esprit saint. Le Christ avait dit à ses apôtres en cette nuit du Jeudi saint (Jn 16,7) : « C’est dans votre intérêt que je pars; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous. » C’est-à-dire que la condition que le Père m’a posée pour vous rendre la vie divine qui a été perdue à cause du péché, grâce à l’Esprit de Dieu qui vient vivifier l’humanité, il est nécessaire qu’après avoir souffert sur la croix, Je ressuscite. Et mon humanité, cet homme concret : Jésus de Nazareth assumé par le divin, soit glorifié et soit adoré comme Dieu et comme Dieu avec le Père, d’où Je vous enverrai l’Esprit de Dieu.
Selon l’Évangile de saint Jean, ils n’eurent pas à attendre jusqu’à la fête de la Pentecôte, cinquante jours après la Résurrection. Déjà, cette même Résurrection du Christ était sa glorification et en cette même nuit du dimanche où Il ressuscita, en cette même nuit, apparaît déjà le Christ avec ce geste créateur de l’Esprit nouveau (Jn 20,22) : « Recevez l’Esprit saint. »
 
L’Église naît pour prolonger le Christ

« L’Église, à l’image et à la ressemblance du Christ. »
Qu’est-ce que donne l’Esprit saint à cette communauté naissante des apôtres, où le traître (Judas) n’est déjà plus présent, mais sera remplacé par un autre qui sera succédé par de nombreux autres jusqu’à notre communauté d’aujourd’hui qui remplit cette cathédrale et ceux qui m’écoutent – peut-être – à la radio. Nous sommes la communauté qui, dans la voix de l’Esprit, dans la promesse, dans ce souffle du Christ, a reçu l’Esprit. Recevez l’Esprit saint.
 
La même soumission « … comme mon Père m’a envoyé… »

Le Christ lui-même nous explique (Jn 20,21) : « Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Cela veut dire que l’Église naît de ce souffle du Christ et la mission que celle-ci portera au monde, au travers des siècles, ne sera pas différente de celle du Christ mort et ressuscité. L’Église célèbre sa liturgie, prêche sa parole, seulement dans ce but : pour sauver du péché, pour sauver des esclavages, pour abattre les idoles, pour proclamer le Dieu unique qui nous aime. Ce sera cela, la tâche difficile de l’Église et c’est pour cela qu’elle sait qu’en accomplissant cette mission, que le Christ réalisa en souffrant sur une croix et dans l’humiliation, elle devra être disposée également à ne pas trahir ce message et si cela est nécessaire, comme Lui, à souffrir le martyre, la croix, l’humiliation et la persécution.

Le même pouvoir de pardonner (entendu également comme Parole qui dénonce le péché et appelle à la conversion). Quoi d’autre apporte l’Esprit à l’Église, s’Il lui a déjà donné toute la vie du Christ? Il lui a donné également le pouvoir de pardonner. Le Christ dit, en cette même nuit de sa Résurrection (Jn 20,23) : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » C'est-à-dire que Dieu seul peut pardonner les péchés qui offensent Dieu.

L’Église est une présence du Dieu miséricordieux en ce monde. Ainsi, comme Dieu pardonne à celui qui lui demande pardon, l’Église sera, comme dit saint Paul : ministre de la réconciliation. Ici se trouvent les fonts baptismaux pour réconcilier le nouveau-né avec la grâce de Dieu, là se trouvent les confessionnaux pour que ceux qui se repentent, reçoivent l’absolution de l’Église représentée par le prêtre. Et quand Il dit que l’Esprit lui a donné le pouvoir de pardonner, Il veut dire que l’Esprit lui a conféré la capacité de prêcher la conversion. D’appeler les injustices par leur propre nom, de dire aux pécheurs : convertissez-vous, Dieu veut vous pardonner, de se sentir solidaire de ceux qui souffrent pour leur dire : courage, Dieu est avec ceux qui suivent Dieu. C’est cela, la mission du pardon, de la réconciliation, de l’Église, qui dans le fond de sa fermeté, comme une Mère qui n’accepte pas les faiblesses et les injustices de ses fils et qui les corrige, amende, oriente, pour qu’elle ait de bons fils, pour qu’ils soient dignes de cette filiation divine.
 
B) La Capacité de prêcher la vérité sur le Christ (1 Jn 5,6) :

« C’est l’Esprit qui rend témoignage parce que l’Esprit est la Vérité », nous dit saint Jean dans son épître d’aujourd’hui. Cela signifie que l’Église animée par l’Esprit de Dieu porte en elle la capacité de la vérité. Très chers frères, porter la capacité de la vérité c’est souffrir le tourment intérieur que souffrirent les prophètes. Parce qu’il est très facile de prêcher le mensonge, de taire la vérité, de s’accommoder aux situations actuelles pour ne pas perdre d’avantages, pour toujours conserver des amitiés flatteuses, pour préserver le pouvoir. Quelle tentation plus horrible pour l’Église! Cependant, elle, qui a reçu l’Esprit de la vérité, doit être disposée à ne pas trahir la vérité et s’il est nécessaire de perdre tous ses privilèges. Elle les perdra, mais elle dira toujours la vérité. Et si on la calomnie, elle sait qu’on la calomnie parce qu’elle dit la vérité. C’est cela la mission que le Christ a confiée à l’Église, en cette nuit de sa Résurrection.

La Capacité d’engendrer des fils de Dieu : Les sacrements, insinués sous l’aspect de l’eau et du vin, et par d’autres signes. L’Esprit donne à l’Église encore d’autres pouvoirs. Quand Jean fait aujourd’hui référence au sang, à l’eau, et à d’autres signes, présents chez les premières communautés chrétiennes, il pense à ces signes que tous connaissent : les signes sacramentaux. L’eau qui lave le péché originel de l’enfant; le pain et le vin, qui se convertissent en corps et sang du Seigneur; la main du prêtre, qui absout, qui oint, ce sont des signes de la présence de l’Esprit dans son Église. Ce sont les sacrements qui sanctifient les hommes et les femmes. Ce sont les sacrements qui sanctifient toutes les conditions de vie de l’être humain, du foyer, de la société.
 
« Pour qu’ils aient la Vie en son Nom! »

C’est pourquoi l’Esprit donne également à l’Église, dans le souffle que le Christ lui insuffla, la capacité de sanctifier, de convertir, de s’alimenter de la vie de Dieu. Pour que celui qui est déjà saint se sanctifie davantage et pour que nous soyons chaque jour une communauté qui soit véritablement Peuple de Dieu, agréable au Seigneur. C’est cela la raison d’être de la prédication de l’Église. Naturellement mes frères, cela est bien difficile parce que prêcher la vertu contre le vice, c’est provoquer des conflits avec le vice, parce que prêcher la justice contre les injustices et les offenses, c’est provoquer des conflits. L’Évangile que l’Église prêche provoquera toujours des conflits.

Chaque fois que l’Église veut demeurer cohérente avec son fondateur, avec le souffle de l’Esprit qui lui donne son message d’apporter au monde ou de trahir sa fidélité à cet Esprit ou perdre les avantages de ce monde pécheur. Il est préférable de demeurer avec le Christ qui meurt, mais qui après ressuscite, qu’avec les avantages des persécuteurs du Christ qui pour sauver leur vie en ce monde la perdront. 22/04/79, p.311-314, VI.
 
2) Le Don de la Foi (Communauté de foi)

Ce souffle du Christ, qui est son Esprit qu’Il a donné à son Église, parvient à créer une communauté de foi. C’est ainsi que se nomme l’Église : une communauté de foi. Cela signifie qu’une communauté Église n’est pas une communauté avec des idéaux politiques, subversifs, communistes, sociologiques. Non, l’Église porte des critères de foi qui sont ceux qui caractérisent toute sa vie.
 
A) L’épisode de Thomas, nécessité de la foi.

L’épisode de Thomas et la seconde lecture nous expliquent les relations de la foi avec Dieu, ils sont un bon commentaire de cette pensée que je vous suggère : le don pascal de la foi, le don de la Nouvelle Alliance, croire en Jésus-Christ comme Médiateur de l’Alliance entre Dieu et les hommes.
 
Voir, toucher… le monde sensoriel est une autre catégorie qui peut être une recherche de foi ou une confirmation de la foi, mais non la foi elle-même.

Le processus de saint Thomas est très intéressant pour nous tous. La première apparition du Christ se produit alors que Thomas est absent et, quand celui-ci arrive, les apôtres lui dirent : « Nous avons vu le Christ, Il est ressuscité. » Et Thomas veut se soumettre à l’épreuve. Observez comment l’esprit de Thomas coïncide avec l’esprit critique des modernes. La technique d’aujourd’hui veut mesurer, elle veut palper, elle veut constater des évidences.

C’est ce que voulait Thomas. (Jn 20,25-27) : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. » Huit jours après – observez comme si Jean canonisait déjà notre rencontre dominicale, le dimanche suivant –, ses disciples étaient de nouveau à l’intérieur et Thomas était avec eux. Jésus vient, les portes étaient closes, et il se tint au milieu et dit : « Paix à vous. » Le Christ jouissait des qualités d’un corps ressuscité qui n’a plus besoin qu’on lui ouvre les portes, c’est déjà un corps spirituel qui se présente au milieu d’eux. Un fantôme, dirait-on, qui s’affronte néanmoins à l’incrédule. Puis Il dit à Thomas : « Porte ton doigt ici : voici mes mains; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. » L’Évangile ne nous dit pas si Thomas mit son doigt et sa main, ce qu’il nous raconte c’est sa réaction de foi : il tomba aux pieds du Christ en poussant le plus beau cri de foi que l’Évangile ait conservé (Jn 20,28) : « Mon Seigneur et mon Dieu! » C’est cela, la foi, il n’est pas nécessaire de toucher.

Quand nous voulons des évidences, quand nous voulons sentir les vérités de la foi, nous imitons l’incrédulité de Thomas. Et le Christ dit à Thomas (Jn 20,29) : « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » Vous et moi, nous vivons de la foi parce que nous croyons sans avoir vu. Et plusieurs disent que cela est stupide, mais je vous dis : il n’y a pas de sagesse plus grande que celle que le Christ prêche en ce dimanche : la Foi. C’est cela la victoire qui vainc le monde! L’épître de saint Jean nous dit aujourd’hui (5,5) : « Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu? » […]

La foi, c’est croire en la Parole… le témoignage de l’expérience de la Résurrection, la présence de l’Esprit dans la communauté. Croire ce n’est pas palper, ce n’est pas mettre le doigt dans les plaies du Christ. Ce n’est pas l’évidence scientifique sinon qu’il s’agit de l’acceptation de la Parole de Dieu. L’acceptation d’une Parole que des témoins de l’expérience pascale nous annoncent en toute conviction, pour que tout le monde puisse dire : le Christ est ressuscité! Le Christ est présent par l’Esprit qu’Il donna à son Église!

Le Christ vit dans la sainteté du peuple qui le suit. Le Christ est présent dans la vaillance de son Évangile qui se prêche dans le monde. Le Christ est le témoin de l’Esprit saint et de la communauté qui l’accepte et le sent présent. Cette foi, frères, c’est elle qui rend belle la communauté de ceux qui sont réunis pour méditer la Parole de Dieu. […]
 
Le Contenu de la Foi c’est la Vérité sur le Christ. (Puebla, la Vérité sur l’Église et sur l’être humain).

Mais cette foi possède un contenu. Quand nous écoutons le Pape Jean-Paul II à Puebla, il me semble que nous avons là la plus belle synthèse du contenu de la foi lorsqu’il invite les Évêques, maîtres de la foi, à prêcher la vérité sur le Christ, la vérité sur l’Église et la vérité sur l’être humain.
 
« Mon Seigneur et mon Dieu! » « Vous qui croyez que le Christ est le Messie. »

La vérité sur le Christ, celle que nous annonce maintenant l’Évangile lorsque saint Thomas dit (Jn 20, 28) : « Mon Seigneur et mon Dieu! » et lorsque Jean écrit (1 Jn 5, 13) : « Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle. »

Il y a de nouvelles interférences de la radio, pour vous dire que la foi ne possède pas la liberté d’expression dans notre pays. Après cela on nous dit qu’il n’y a pas de persécution à l’endroit de l’Église. C’est cela, la persécution, ne pas permettre que ses ministres prêchent… Parmi les caractéristiques de la persécution, il y a celui-ci : s’opposer à la liberté de la prédication. C’est s’opposer à ce que les ministres de la Parole, qui portent la charge du Christ d’annoncer son message, soient empêchés dans leur prédication, dans leur travail. C’est cela l’authentique persécution de l’Église! 22/04/79, p.314-316, VI.
 
3) Le Don de l’amour surnaturel (Communauté d’amour)

Le troisième don qu’aujourd’hui nous recevons de Pâques est le don de l’amour qui nous permet de former une communauté de fils de Dieu. C’est également ainsi que se nomme l’Église, non seulement une communauté de foi, mais également une communauté d’amour. Communauté d’amour, mais entendons-le bien.
 
Bien commun : son signe, une utopie… cela n’était pas ordinaire

Dans la première lecture (Ac 4,32-35) est employée une très belle expression de la communauté, où tous les biens étaient partagés. (4,33-35) : « Ils jouissaient tous d’une grande faveur. Aussi parmi eux nul n’était dans le besoin; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun selon ses besoins. »
 
Communauté et communion dans la vérité, non en apparence.

Ce même livre des Actes nous parle de trois personnages : Joseph Barnabé, Ananie et Saphire. C’étaient des cas exceptionnels et dans celui de Barnabé, il s’agissait d’un authentique sens d’amour qui l’amena à donner tous ses biens pour les partager avec ses frères. Par contre, Ananie et Saphire voulurent égaler ce geste, mais en trompant, en mentant. Lorsque Pierre leur demanda (Ac 5,1-11) : « Vous avez tout donné? Ils répondirent oui. » Pierre leur dit : « Pourquoi cherchez-vous à tromper l’Esprit du Seigneur? » Et pour faire un exemple au Peuple de Dieu qui ne doit pas être hypocrite, ils reçurent le châtiment de mourir de repentir. Ils n’étaient pas obligés de vendre tous leurs biens et de les apporter aux apôtres, mais ceux qui voulurent le faire en apparence, hypocritement, en se réservant égoïstement les biens, étaient dignes de cette peine. En échange, ceux qui donnaient par amour, même s’ils ne se séparaient pas de leur propriété, qui partageaient leurs biens, faisant en sorte que n’existent pas ces injustes inégalités que nous retrouvons dans une société qui se dit chrétienne et où l’esprit d’amour fraternel a disparu.
 
L’Amour fondé sur la foi au Christ, la foi en Dieu d’où dérive l’amour des engendrés

Ce que veut nous enseigner aujourd’hui cet amour surnaturel c’est, comme disait le Pape : l’amour affectif et effectif. Une affection qui nous élève d’abord jusqu’à Dieu et c’est de là que dérive l’amour envers le prochain. Voyez comment saint Jean est l’homme du grand équilibre. Dans son épître il dit une chose que plusieurs d’entre nous ont souvent entendu : « L’homme ne peut pas dire qu’il aime Dieu qu’il ne voit pas s’il n’aime pas son frère qu’il voit. » Mais aujourd’hui il nous dit au contraire (1 Jn 5,2) : « Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu. » Les deux sont nécessaires. Si le principal commandement que le Christ nous laissa est : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton esprit et de toutes tes forces. » Et le second commandement est semblable à celui-ci : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Aimer son prochain est un témoignage de l’amour que nous avons pour Dieu et aimer Dieu se témoigne également par l’amour que nous portons aux humains. Il ne peut y avoir un cœur authentiquement chrétien qui ne soit qu’amour à Dieu sans amour aux hommes et aux femmes ou seulement d’amour à l’humanité sans amour à Dieu.

Le juste équilibre de la communauté d’amour doit être comme dans la première phrase du Concile Vatican II qui dit : « L’Église est le grand sacrement qui unit les hommes avec Dieu et qui unit les hommes entre eux. » C’est cela la communauté que l’Esprit d’amour parvient à créer parmi les chrétiens. Amour qui, pourtant, se fonde sur la foi en Dieu. Celui qui a la foi dans le Père qui a engendré, possède aussi la foi dans les fils engendrés par Notre Père. Nous nous préoccupons que nul ne demeure exclu de son cœur qu’il n’y ait pas de catégories parmi les hommes, de première ou de seconde classes, sinon que tous se situent à la hauteur du cœur de Dieu. Tous! Comme sera merveilleux ce jour où se réalisera cette réalité du don de l’Esprit qui est amour et qui crée la Communauté d’Amour. 22/04/79, p.316-317, VI.


Cinquième dimanche de Pâques; 13 mai 1979; Lectures : Actes 9,26-31; I Jean 3,18-24;  Jean 15,1-8.
La Grâce, le don divin de la Pâques que l’Église distribue aux hommes
Salut au retour de Romero

J’ai toujours pensé que le meilleur d’un voyage c’est le retour à la maison. On apprend beaucoup, on vit des expériences nouvelles, cela enrichit la vie, mais, surtout, lorsque quelqu’un voyage comme un pèlerin et un pasteur, tout cet enrichissement, toutes ces expériences sont assimilées en fonction de la mission qui lui a été confiée. Je vous rapporte de Rome des émotions nouvelles, des impressions neuves; mon retour parmi vous est le meilleur de mon voyage. Je vous remercie que, en cette Église du Rosaire, convertie en un foyer où nous sommes réunis comme en famille, vous m’avez donné un accueil si chaleureux que pour moi cela constitue un nouveau motif de stimulation pour continuer à vivre et à partager les joies et les tristesses, les préoccupations, les tragédies, les angoisses et les espoirs de ce peuple qui est pèlerin en ce monde. […]

Alors que je me trouvais en Espagne m’est parvenue la nouvelle de la triste situation de notre pays. Il est pénible de se sentir reconnu à l’étranger comme quelqu’un qui vit dans un pays où la violence apparaît comme sa respiration quotidienne. On voit, à l’étranger, des versions qu’ici nous ne pouvons voir. On y a une perception plus cruelle que celle que nous avons ici à l’intérieur. Parfois, l’insensibilité de l’Europe face à l’Amérique latine nous fait mal au cœur et nous fait sentir comme latino-américains, missionnaires en Europe, comme éveilleurs de conscience de la fraternité universelle pour demander la compréhension et l’amour vis-à-vis des grandes problématiques que nous vivons. […]

Le monde s’illumine malgré ses tragédies et ses souffrances avec cette espérance et cette foi en la Parole de Dieu, en notre croyance et en notre espérance en Jésus-Christ qui vit et ne mourra jamais et qui a le pouvoir de sauver tous les peuples.
 
Plan de l’homélie :
1) Qu’est-ce que la grâce?
A) Pardon du péché
B) Communion dans l’amour et dans la vérité
2) Relation entre la Grâce et l’Église : l’Église signe visible et administratrice de la Grâce
A) L’Église hiérarchique, institution
B) L’Église, Peuple de Dieu
 
1) Qu’est-ce que la Grâce?

Tâchons de comprendre ce qu’est la Grâce. Je voudrais, chers frères et chères sœurs, vous dire que lorsque vous rapportez le message d’une nouvelle homélie, de ne pas vous limiter seulement à l’aspect d’illumination de la triste réalité de notre peuple, parce qu’alors cela ressemble à un discours politique. Concentrez-vous avant tout sur le principal de mon message qui est la théologie de la Parole de Dieu. C’est la révélation contenue dans la parole divine du Seigneur qui est l’objet premier de notre réflexion de chaque dimanche en cette Église. Que ce matin, la curiosité de quelques-uns se limite à entendre ce que dit l’archevêque des tueries de cette semaine, cela n’est pas le principal. Nous allons les éclairer, mais depuis la Parole de Dieu. C’est pourquoi, même s’il n’y avait pas de descriptions de notre réalité, il sera toujours nécessaire de réfléchir sur la Parole de Dieu, car c’est la base de notre vie chrétienne.
 
Parole synthèse d’un grand contenu théologique.

J’observe, par exemple, lorsque je demande aujourd’hui, non à cause du caprice d’une personne, mais parce que la Parole de Dieu nous suggère de parler de la Grâce : qu'est-ce que la grâce? C’est comme une Parole synthèse d’un grand contenu théologique; c’est-à-dire qu’il est inclus dans ce mot que la théologie a inventé, un ensemble de richesses et de valeurs que le Christ dans son Évangile a voulu répandre et distribuer à pleine main. Le labeur de la théologie est de systématiser ce mot que le Christ distribue sans aucune préoccupation théologique, sinon comme un bon Pasteur, comme nous venons de la chanter en chœur, un Pasteur qui répartit et donne à son troupeau l’alimentation dont il a besoin.

L’Évangile d’aujourd’hui (Jn 15,1-8) en est la comparaison et la synthèse la plus exacte : la vigne et le sarment. Dans l’Évangile d’aujourd’hui apparaît le mot « Grâce » qui est en fait une définition de la grâce. Lorsque le Christ compare (Jn 15,5-6) : « Je suis la vigne, vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits, car hors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. » Qu’est-ce que cela signifie dans le langage du Christ?
 
Une très belle définition de la grâce

J’ai passé par les campagnes d’Europe, précisément en cette époque où débute le printemps. Un des premiers spectacles du printemps qui commence est les vignes qui bourgeonnent. En Europe, l’hiver passe, le froid est comme la mort et il a laissé sans feuille la végétation, parmi elles les vignes. Ceux qui les cultivent coupent toutes les petites branches et laissent seulement le pied, le tronc. Ces petits troncs, ces pieds ont bourgeonné maintenant. Voyez comme cela fait plaisir de voir comment la vie reprend après cette mort, car ces petites branches qui sont vertes en mai, vont pousser et s’étendre. On doit leur mettre des tuteurs sur lesquels elles vont s’appuyer parce qu’elles commencent à porter des fruits, à se remplir de grappes. Puis, au mois d’août, lorsqu’on sent bien la chaleur de l’été, on commence à recueillir les grappes de raisin.

Vous comprenez alors cette comparaison que fait le Christ : « Je suis le tronc qui est en terre d’où provient la sève, d’où sort la vigne; les branches c’est vous et si vous demeurez unis à ce tronc, vous commencerez à produire des grappes. Mon Père c’est l’agriculteur, Il coupera ces grappes pour qu’elles produisent davantage. Demeurez unis à moi; sinon vous périrez. Sans Moi, vous ne pouvez rien faire. »

Il ne s’agit pas de l’agir naturel, il y a de nombreux pécheurs qui font beaucoup de choses. Tous les travailleurs peuvent produire sans vivre dans la grâce de Dieu; même à un professionnel, un artiste ou un artisan peuvent être de bons travailleurs sans se préoccuper de vivre dans la grâce du Seigneur, mais tout ce qu’ils produisent est comme un tronc déraciné, la vie de la vigne n’y circule pas, ils ne sont pas unis au Christ et peuvent produire de nombreux fruits sur terre, de grandes organisations, mais ils ne produisent pas pour la vie éternelle. Lorsque le Christ affirme : « Sans Moi, vous ne pouvez rien », Il se réfère à cet agir qui demeure pour la vie éternelle. Cet agir des gens simples qui ont vécu avec la préoccupation de demeurer unis au Christ et qui à l’heure de leur mort sont heureux parce que leurs mains sont remplies de fruits, de bonnes œuvres pour la vie éternelle que personne ne peut leur enlever. À quoi cela sert-il de passer sa vie uniquement à la recherche d’argent, pour être bien et monter politiquement, si lorsqu’on s’y attend le moins, la vie se termine? Que demeure-t-il de tout ce travail que nous avons accompli sur la Terre? Seulement demeure cette union avec Dieu.
 
A) Le Pardon des péchés

Qu’est-ce que la grâce? Dans la Parole d’aujourd’hui (Jn 15,1-8) nous rencontrons, en premier lieu, le pardon des péchés. Le grand miracle de la grâce, consiste en premier lieu en la conversion d’un homme ou d’une femme qui trouvait son plaisir, sa satisfaction dans les choses de la Terre, dans les plaisirs du vice et de la chair, dans les idolâtries de l’argent, de quelqu’un qui se fiait uniquement en la force du pouvoir politique ou de l’argent, mais arrive un moment où la vérité de Dieu lui révèle la vanité de toutes ces choses et qu’il découvre la beauté de vivre uni au Christ par la grâce et par l’amour.

C’est lorsque le Christ dit dans l’Évangile d’aujourd’hui (Jn 15,3) : « Déjà vous êtes purs grâce à la Parole que je vous ai fait entendre. » Cela veut dire que son message nous nettoie du péché.
S’il existe une joie profonde pour celui qui prêche, c’est celle d’entendre que dans le cœur d’un homme a changé sa façon de vivre. Et si le Christ peut dire : « Tu es lavé par les paroles que je t’ai faites entendre. » Si je prêche, frères, ce n’est pas en cherchant autre chose que la conversion. Lorsque nous dénonçons des crimes et des injustices, nous ne recherchons pas la vengeance, ni la haine, mais la conversion du pécheur. Combien de fois avons-nous dit, puisque cela fait plusieurs fois que nous avons dû dénoncer ces mains remplies de sang, non pas pour demander vengeance contre elles, mais pour obtenir leur conversion : Lavez-vous dans le repentir, convertissez-vous au Seigneur! Bienheureux l’homme qui entend cette Parole avec un sincère désir de conversion!

C’est cela la grâce : lorsqu’un homme sent qu’on lui enlève d’au-dessus de lui un poids énorme, le poids qui l’opprimait, le poids du péché. Et je voudrais vous le dire avec cette parole que la seconde lecture (I Jn 3,18) nous mentionne aujourd’hui : « Petits enfants, n’aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité »; puis il nous parle d’apaiser notre conscience, de garder les commandements, de faire la volonté de Dieu. Tout cela se situe dans la ligne de la grâce, d’enlever le péché de l’homme. Tout cela est dans la ligne de la conversion et de la félicité de l’homme, qui ne peut être rencontrée sur la Terre dans les biens transitoires, mais dans l’amour et dans l’unité avec Jésus-Christ, souche de la vie éternelle.
 
B) Communion dans l’amour et dans la vérité

C’est également, dis-je, la communion dans l’amour et dans la vérité. Si le Christ n’avait rien fait d’autre que d’enlever le poids du péché du cœur de l’homme, cela aurait été déjà beaucoup, mais Il a réalisé quelque chose de plus : la grâce de Pâques. La grâce de la Rédemption est quelque chose de positif, non seulement a-t-Il enlevé le péché, mais Il a donné à l’homme quelque chose qu’il n’avait pas, l’amour et la vérité.

Dans la Parole d’aujourd'hui, nous rencontrons ces deux trésors lorsque le Christ dit (Jn 15,9) : « Demeurez en moi. Demeurez en mon amour. Cela est mon commandement. » Qu’est-ce qu’un commandement? La seconde lecture nous dit (I Jn, 3,18-24) : « Or voici mon commandement : croire au nom de son Fils Jésus-Christ et nous aimer les uns les autres comme Il nous en a donné le commandement. » C’est ici que sont les deux aspects de la grâce. Comme vérité, croire dans le nom que le Christ nous a apporté, croire dans le nom de « Jésus » et en tout ce que ce nom implique, c’est-à-dire : « Ce Christ est Dieu qui est venu sur Terre. » Accepter son Évangile, c’est croire en tout ce qu’Il a fait et prêché. C’est cela la vérité suprême, celle qui nous rend véritablement libres et celle qui pose la base du véritable amour; que nous nous aimions les uns les autres comme Il nous l’a commandé. Il ne s’agit pas d’un amour romantique, ni sentimental. C’est un amour d’œuvres et de vérité; c’est un amour qui dépossède de l’égoïsme pour partager avec nous la félicité qu’Il possède; c’est un amour qui a la valeur et l’audace de pardonner jusqu’à la main qui te blesse pour dire comme le Christ : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »; c’est un amour qui va jusqu’à s’identifier avec le plus odieux; c’est un amour qui ne divise pas, mais nous unit, qui pose les bases de la véritable paix.

C’est cela la civilisation à laquelle les évêques réunis à Puebla aspiraient pour toute l’Amérique latine. L’amour n’est pas faible. Plusieurs ont mis leur confiance dans la violence et dans la haine et croient qu’ainsi ils vont construire la société. Ils ignorent que la force véritable ne se situe ni dans la haine, ni dans la violence : c’est de la faiblesse. La force authentique c’est l’amour et si nous n’avons pas vu se réaliser une transformation de notre société par l’amour, c’est parce que nous n’avons pas encore vraiment essayé la force de l’amour. Nous voudrions la voir se réaliser sans y contribuer nous-mêmes.
 
Amour et Vérité

On parle beaucoup de liberté, cette parole est très jolie et elle est très désirée à notre époque, cependant, dans la nouvelle encyclique de Jean-Paul II, ce dernier cherche à unir ce concept de liberté, de droits humains, avec celui de la vérité.

« Jésus-Christ, dit le Pape, vient à la rencontre de l’homme de tous les temps, et à notre époque également, avec les mêmes paroles : “Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre.” Ces paroles contiennent une exigence fondamentale et au même moment un avertissement : les exigences d’une relation honnête envers la vérité, comme préalable d’une authentique liberté; et l’avertissement en plus, d’éviter les libertés d’apparences superficielles et unilatérales, n’importe quelle liberté qui n’approfondit pas toute la vérité sur l’être humain et sur le monde. Aujourd’hui également, après deux mille ans, le Christ nous apparaît comme Celui qui apporte à l’humain la liberté fondée sur la vérité, comme celle qui libère l’homme de ce qui le limite, le diminue et qui détruit presque sa liberté dans ses racines même, dans l’âme de l’homme, dans son cœur et dans sa conscience. Quelle excellente confirmation de ce qu’ont donné et ne cessent de donner ceux qui, grâce au Christ Jésus-Christ, ont atteint la véritable liberté et l’ont manifesté jusque dans des conditions de contritions extérieures. »

Le Pape mentionne comment le Christ, au cours de tant de siècles, en commençant par les apôtres, a comparu en compagnie des hommes qui ont été jugés à cause de la vérité. Cesserait-Il par hasard d’être continuellement le porte-voix et l’avocat de l’homme qui vit en esprit et en vérité? Que ce soit là une parole d’encouragement pour qu’en cette ambiance de mensonge, de distorsion, de falsification, nous sachions que par là on ne respire pas la liberté. La liberté doit être ce que vient de nous dire le Pape : « Le produit de la vérité. » Le Christ ira avec l’homme de vérité, même lorsqu’il sera amené devant les tribunaux, même comme lorsque face à Ponce Pilate, on lui demandera : « Qu’est-ce que la vérité? » Il dit : « C’est pour cela que Je suis né, pour rendre témoignage de la vérité. » Le Christ accompagne toutes les vicissitudes de la vérité. C’est pourquoi la grâce est vérité. Communiez à la vérité que le Seigneur nous a révélée, communiez surtout avec l’amour que Dieu nous a révélé par son Fils Jésus-Christ.

« Voyez, dit l’Évangile, Dieu a tant aimé le monde qu’Il lui a donné son propre Fils pour que le monde par Lui soit sauvé. » Et ce Christ, envoyé par le Père comme témoin de l’amour, nous dit tous les jours et Il va nous le redire dans quelques instants : « Prenez et mangez, ceci est mon corps, ceci est mon sang qui a été versé pour vous. Je suis celui qui me livre pour la vie de mes frères et la gloire de mon Père. » C’est cela l’amour! Aimer c’est se donner, aimer c’est se livrer sans réserve, aimer c’est vouloir sans égoïsme, aimer c’est ne pas exploiter, mais servir, aimer c’est tout ce que nous enseigne la religion. Communier avec l’amour que Dieu a eu pour le monde en nous envoyant son Fils, c’est cela la grâce.

Que nous nous aimions les uns les autres comme Dieu nous a aimés, c’est cela le commandement nouveau de la loi chrétienne et c’est cela la grâce. C’est pourquoi lorsqu’il est question de béatifier une personne, on examine son amour. L’amour c’est la sainteté et la mesure de la sainteté. Si un homme sait se déprendre de soi-même et aimer, il est saint. Si un homme parle beaucoup de sainteté, mais qu’il ne sait pas aimer, il ne l’est pas.

Regardons-nous à la lumière de cette vérité, avec laquelle on nous examinera au soir de notre vie, comme dit saint Jean de la Croix : « Au soir de la vie, on t’examinera sur ton amour. » Si tu passes cet examen, tu te sauveras et tu seras saint dans la mesure où l’on t’approuve. Puisse Dieu qu’avec une excellente note, avec un dix, nous passions l’examen de l’amour. Mais si on ne te trouve pas valide en amour, tu n’entreras pas dans le Royaume des cieux. Celui qui haït, même s’il a lutté toute sa vie pour les revendications de la Terre, ne construit pas la véritable liberté – libertés d’apparences, comme dit le Pape. La véritable liberté est fondée dans la vérité et dans l’amour. C’est la communion avec le Seigneur à laquelle nous invite le Christ lorsqu’Il dit : « Demeurez unis comme la vigne et le sarment. » 13/05/79, p.330-334, VI.
 
2) Relations entre la Grâce et l’Église : l’Église signe visible et administratrice de la grâce

Paul suspect… sa sécurité : sa vocation… et sa communion avec l’Église.

Je voudrais me concentrer ici sur la première lecture (Ac 9,26-31). Quelle précieuse description de Paul, persécuteur! C’est pourquoi il apparaît encore suspect aux premières communautés ecclésiales. Il arrive à Jérusalem et on se méfie de lui, nous dit le livre des Actes des Apôtres. Même s’il a parlé avec le Christ et s’il a déjà prophétisé le nom du Seigneur avec d’autres païens, il doit aller à Jérusalem pour être confronté à saint Pierre et aux apôtres. C’est seulement après avoir confronté sa prédication et sa doctrine avec les piliers de l’Église qu’il est admis comme « prédicateur », il appartient dès lors à la hiérarchie du christianisme. Depuis ce moment il souffrit la persécution des véritables prédicateurs. Certains philosophes grecs tentèrent de l’éliminer. C’est le sort de tous ceux qui vont prêcher le nom de Jésus. On tenta de l’éliminer, on complota contre lui, mais les chrétiens l’envoyèrent alors ailleurs. Fuir ce n’est pas de la lâcheté lorsque l’on peut être utile en d’autres lieux. Paul commence à prêcher la grande doctrine qui l’a rendu si saint et si fameux : celle de la liberté du Christ Notre Seigneur.
 
A) L’Église hiérarchique, institution

Mais ici nous avons deux choses dans la lecture d’aujourd’hui : premièrement, une connexion avec la hiérarchie. Paul, malgré le fait qu’il porte déjà dans son cœur la vocation, qu’il ait vu le Christ, il va raconter aux apôtres comment il avait parlé avec le Christ ressuscité lors de sa chute sur le chemin de Damas. Il sait qu’il prêche le Christ, qu’il a parlé avec Lui et cependant, Il sait qu’il a besoin d’être confronté avec ceux que le Christ a placés pour être les gardiens de sa révélation pour que cette vocation du Christ soit connectée avec la mission des apôtres. Paul devient alors un « apôtre », un évêque, un prédicateur de l’Église chrétienne. C’est ce dont nous avons tous besoin, nous qui prêchons, une vocation dans laquelle nous sentons l’appel du Christ. Mais cela ne suffit pas, il nous faut également une confirmation hiérarchique qui nous unit au magistère autorisé de l’Église.
 
Ma visite au Pape

C’est ce que je viens de vivre pour ma part la semaine dernière lorsque le Saint-Père a eu la bonté de me recevoir en audience privée. Entendre de ses lèvres même la consolation qu’il me dit : « Je comprends que l’ambiance où vous devez porter votre pastorale est extrêmement difficile. »

Il me donna, naturellement, les orientations, les conseils qu’un Chef Suprême de l’Église doit donner à un collaborateur dans une situation difficile : « Prudence, faites très attention; mais de l’audace également, la dénonciation lorsqu’il s’agit de cas très graves. »
L’Église doit accomplir ce devoir d’accompagner le pauvre, d’être la voix de ceux qui n’ont pas de voix; mais précisément, pour ne pas se brûler dans cette mission, le Pape a la prudence de conseiller le soin de maintenir toujours cette autorité de l’Église. Et à plusieurs reprises il fit la comparaison entre ma situation pastorale et celle qu’il vécut en Pologne.

« La situation était très difficile en Pologne, où le gouvernement n’est pas non plus un grand collaborateur de l’Église. Celle-ci doit aussi esquiver les difficultés pour apporter le message du Christ aux cœurs des hommes et des femmes. »

Il parla beaucoup de vous. Très chers frères, comme le Pape s’efforce d’aimer et d’écouter, au travers de ses évêques, la voix de tout son peuple! Un geste qui demeurera à jamais gravé dans ma mémoire est l’attention avec laquelle le Pape Jean-Paul II m’écoutait. Lorsqu’il terminait ses phrases et que je commençais à parler, il mettait toute son attention, physiquement son corps s’inclinait pour écouter attentivement, comme pour comprendre. Je comprends de lui, qui fut extrait de son environnement polonais pour une charge si difficile comme est celle du Pasteur du monde entier, sans avoir connu auparavant l’expérience de la curie romaine, du travail universel, qu’il est maintenant très attentionné pour écouter les divers horizons du monde pour pouvoir être le Pasteur de tous.

En résumé, ce moment est celui que la Bible nous rapporte aujourd’hui : « Paul monte à Jérusalem pour parler à Pierre… » C’est aussi ce qui se réalise en mon humble personne, en allant à Rome pour parler avec le nouveau Pape. Cela dut être de même pour saint Paul. Nous devons souffrir, nous devons être mal interprétés, nous devons nous affronter avec audace à des situations très difficiles, mais nous allons unis dans cette communion qui nous connecte avec celui qui a été placé pour être l’authenticité de la doctrine que le Christ a apportée au monde.
 
B) L’Église, Peuple de Dieu

Mais il existe un autre pôle et je voudrais souligner ceci : c’est vous! Comme se termine joliment la lecture d’aujourd’hui! (Ac 9,31) : « Les Églises s’édifiaient et vivaient dans la crainte du Seigneur, et elles étaient comblées de la consolation du Saint-Esprit. » Croyez-moi, j’accomplis maintenant le devoir de vous dire que je me suis senti très fier de mon Archidiocèse lorsque j’ai parcouru des lieux si divers, parce que partout on parle de nous et l’on veut connaître l’expérience de notre Église. En Europe, lorsque j’étais auprès de la tombe du Père Claret, là à Vich, près de Barcelone, un père Clarétien m’a rappelé que le Père Claret fut évêque de Santiago de Cuba et qu’après il rentra en Espagne, où il fonda la congrégation des Clarétiens. Celui-ci disait de l’Amérique qu’elle est la vigne nouvelle et que l’Europe est la vieille vigne. Et il plaçait toutes ses illusions et son espérance en cette Amérique où arrivèrent bientôt ses missionnaires.

Et maintenant que nous parlons de la vigne, de la branche et des sarments, lorsque le livre des Actes des Apôtres nous dit que l’Église du peuple croissait en ferveur, en fidélité au Seigneur, poussée par la force de l’Esprit saint, je crois, mes frères, que nous ne courons pas ce risque politique ou, s’il existe, faisons très attention, comme le Pape s’efforça de le démasquer dans son discours de Puebla : « Faites très attention, dit le Pape, lorsque vous parlez de l’Église du Peuple, parce que nous ne pouvons pas la convertir en une démocratie », comme si le peuple était celui qui dispose et les ministres, les prêtres, doivent faire ce que le peuple nous commande. Ce n’est pas cela! Si cela était, il s’agirait d’une vision erronée de l’Église. Mais l’Église à laquelle nous nous référons est celle des Actes des Apôtres. L’Église qui croît dans le Seigneur et sous l’impulsion de l’Esprit saint, c’est cela notre Église : prêtres, religieuses, laïcs, communautés du peuple et des cantons qui tentent d’alimenter leur méditation de la Parole du Seigneur.

Je grandis dans ma fidélité au Seigneur et c’est pourquoi j’insiste, comme le Pape le fit avec les évêques à Puebla : il existe un grand risque de convertir l’Église en un groupe politique, car ainsi nous la perdrons, mais lorsque l’Église maintient sa fidélité au Seigneur et que sous l’impulsion de l’Esprit saint, elle illumine et participe aux réalités politiques, alors elle est l’Église dont notre temps a besoin.
Ce n’est pas une Église qui, pour demeurer fidèle au Seigneur et sous l’impulsion de l’Esprit, doit renoncer aux réalités de la Terre. Cela serait une désincarnation, cela serait l’opium du peuple, cela serait une religion aliénante et, par disgrâce, il y en a plusieurs qui croient encore en une telle piété, sans engagements. Mais sachons équilibrer ce peuple, surtout, notre peuple si angoissé, si problématique, qui a tant besoin de justes revendications. Il doit rencontrer dans le ferment de l’Évangile et de ses chrétiens, la force qui le transforme et qui transformera le chrétien qui s’engage en politique dans la mesure où il sera fidèle au Seigneur et se maintiendra sous l’impulsion de l’Esprit saint. Dans sa propre vocation, chaque homme doit être un messager de l’Esprit et du Seigneur pour transformer la société où il vit.

C’est à cette Église que je rêve! C’est l’archidiocèse que je demande au Seigneur! Un peuple qui va croissant dans la fidélité au Seigneur et qui se laisse guider par l’impulsion de l’Esprit saint. L’Église ne veut pas être une force d’opposition politique; jamais! Jamais je ne l’ai dit, ni ne le dirai! L’Église ne veut pas être un parti de subversion, ni ne le sera jamais, elle ne peut l’être! Si l’Église bouleverse, si l’Église inquiète, si L’Église est taxée de marxiste, de politique, de communiste, tout cela fait parti du camp de la calomnie de la part de ceux qui ne supportent pas qu’il y ait une Église qui depuis sa fidélité au Seigneur et sous l’impulsion de l’Esprit, dénonce toutes les injustices qui se commettent dans n’importe quel secteur de l’humanité. C’est cela, l’Église que nous devons construire.

Je vous invite, tous les dimanches, à ce que nous construisons cette véritable Église fidèle au Seigneur et qui se laisse guidé par l’impulsion de l’Esprit saint. C’est pourquoi je dis que l’Église, qui est ce peuple de Dieu, donne aussi aux pasteurs, la garantie de proclamer la véritable foi que le Christ nous a révélée. Depuis cette perspective de l’Église, nous regardons les perspectives du monde. 13/05/79, p.334-337, VI.

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