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ANGÉLUS, SOLENNITÉ DE L'ASSOMPTION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE, Dimanche 15 août 2021
Chers frères et sœurs, bonjour, bonne fête!
Aujourd’hui, solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie au Ciel, le Magnificat émerge dans la liturgie. Ce cantique de louange est comme une «photographie» de la Mère de Dieu. Marie «tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante» (cf. Lc 1,47-48).
Le secret de Marie est l’humilité. C’est l’humilité qui a attiré le regard de Dieu sur elle. L’œil humain recherche toujours la grandeur et se laisse éblouir par ce qui est voyant. Dieu, en revanche, ne regarde pas l’apparence, Dieu regarde le cœur (cf. 1 Sam 16,7) et il est charmé par l’humilité: l’humilité du cœur charme Dieu. Aujourd’hui, en regardant l’Assomption de Marie, nous pouvons dire que l’humilité est le chemin qui conduit au Ciel. Le mot «humilité» dérive du terme latin humus, qui signifie «terre». C’est paradoxal: pour arriver en haut, au Ciel, il faut rester bas, comme la terre! Jésus l’enseigne: «Qui s’abaisse sera élevé» (Lc 14,11). Dieu ne nous exalte pas pour nos qualités, pour nos richesses, pour notre talent, mais pour notre humilité ; Dieu est amoureux de l’humilité. Dieu élève celui qui s’abaisse, celui qui sert. Marie, en effet, ne s’attribue à elle-même que le «titre» de servante: elle est «la servante du Seigneur» (Lc 1,38). Elle ne dit rien d’autre d’elle, elle ne recherche rien d’autre pour elle.
Nous pouvons alors nous demander aujourd’hui, chacun de nous, dans notre cœur: comment est mon humilité? Est-ce que je cherche à être reconnu par les autres, à m’affirmer et à être acclamé ou est-ce que je pense à servir? Est-ce que je sais écouter, comme Marie, ou bien est-ce que je veux seulement parler et recevoir des attentions ? Est-ce que je sais demeurer en silence, comme Marie, ou est-ce que je bavarde toujours? Est-ce que je sais faire un pas en arrière, désamorcer les disputes et les discussions ou est-ce que je cherche toujours à me distinguer? Réfléchissons à ces questions: comment est mon humilité ?
Marie, dans sa petitesse, conquiert les cieux la première. Le secret de son succès tient justement dans le fait de se reconnaître petite, de se reconnaître dans le besoin. Avec Dieu, seul celui qui se reconnaît comme n’étant rien est en mesure de recevoir le tout. Seul celui qui se vide de lui-même peut être rempli de Lui. Et Marie est la «pleine de grâce» (v. 28) précisément en raison de son humilité. Pour nous aussi l’humilité est toujours le point de départ, le commencement de notre foi. Il est fondamental d’être pauvres en esprit, c’est-à-dire nécessiteux de Dieu. Celui qui est imbu de lui-même ne laisse pas de place à Dieu – et nous sommes très souvent imbus de nous-mêmes – mais celui qui reste humble permet au Seigneur de réaliser de grandes choses (cf. v.49).
Le poète Dante définit la Vierge Marie «humble et élevée plus qu’une créature» (Paradis XXXIII, 2). Il est beau de penser que la créature la plus humble et la plus grande de l’histoire, la première à conquérir les cieux avec toute sa personne, corps et âme, a passé la plus grande partie de sa vie entre les murs domestiques, dans l’ordinaire, dans l’humilité. Les journées de la Pleine de grâce n’ont rien eu de très éclatant. Elles se sont suivies souvent semblables les unes aux autres, dans le silence: de l’extérieur, rien d’extraordinaire. Mais le regard de Dieu est toujours resté sur elle, admirant son humilité, sa disponibilité, la beauté de son cœur jamais effleuré par le péché.
C’est un grand message d’espérance pour chacun de nous; pour toi, qui vis des journées semblables, ennuyeuses et souvent difficiles. Marie te rappelle aujourd’hui que Dieu t’appelle toi aussi à ce destin de gloire. Ce ne sont pas de belles paroles, c’est la vérité. Ce n’est pas une fin joyeuse inventée, une pieuse illusion ou une fausse consolation. Non, c’est la pure réalité, vivante et vraie comme la Vierge montée au Ciel. Fêtons-la aujourd’hui avec un amour d’enfants, fêtons-la joyeux mais humbles, animés par l’espérance d’être un jour avec elle, au Ciel!
Et prions-la à présent, pour qu’elle nous accompagne sur le chemin qui conduit de la Terre au Ciel. Qu’elle nous rappelle que le secret du parcours est contenu dans le mot humilité, n’oublions pas ce mot. Et que la petitesse et le service sont les secrets pour atteindre le but, pour rejoindre le Ciel.










ANGÉLUS, Dimanche, 22 août 2021
Chers frères et sœurs, bonjour!
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui (Jn 6, 60-69) nous montre la réaction de la foule et des disciples au discours de Jésus après le miracle des pains. Jésus a invité à interpréter ce signe et à croire en Lui, qui est le vrai pain descendu du ciel, le pain de vie; et il a révélé que le pain qu’Il donnera est sa chair et son sang. Ces paroles retentissent durement et de manière incompréhensible aux oreilles des personnes, au point que, à partir de ce moment-là – dit l’Evangile –, un grand nombre de ses disciples reviennent en arrière, c’est-à-dire qu’ils cessent de suivre le Maître (vv. 60.66). Jésus interpelle alors les Douze: «Voulez-vous partir, vous aussi?» (v. 67), et Pierre, au nom de tout le groupe, confirme la décision de rester avec Lui: «Seigneur, à qui irons-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu» (Jn 6, 68-69). C’est une belle confession de foi.
Arrêtons-nous brièvement sur l’attitude de ceux qui se retirent et décident de ne plus suivre Jésus. De quoi naît cette incrédulité? Quel est le motif de ce refus?
Les paroles de Jésus suscitent un grand scandale: Il dit que Dieu a choisi de se manifester lui-même et de réaliser le salut dans la faiblesse de la chair humaine. C’est le mystère de l’incarnation. Et l’incarnation de Dieu est ce qui suscite le scandale et qui représente pour ces personnes – mais souvent également pour nous – un obstacle. En effet, Jésus affirme que le vrai pain du salut, qui transmet la vie éternelle, est sa chair elle-même; que pour entrer en communion avec Dieu, avant d’observer des lois ou de suivre des préceptes religieux, il faut vivre une relation  réelle et concrète avec Lui. Car le salut est venu de Lui, dans son incarnation. Cela signifie qu’il ne faut pas rechercher Dieu dans des rêves et des images de grandeur et de puissance, mais qu’il faut le reconnaître dans l’humanité de Jésus et, en conséquence, dans celle des frères et des sœurs que nous rencontrons sur la route de la vie. Dieu s’est fait chair. Et quand nous disons cela, dans le Credo, le jour de Noël, le jour de l’annonciation, nous nous agenouillons pour adorer ce mystère de l’incarnation. Dieu s’est fait chair et sang: il s’est abaissé jusqu’à devenir un homme comme nous, il s’est humilié jusqu’à se charger de nos souffrances et de notre péché, et c’est pourquoi il nous demande de le chercher non pas en dehors de la vie et de l’histoire, mais dans la relation avec le Christ et avec nos frères. Le chercher dans la vie, dans l’histoire, dans notre vie quotidienne. Tel est, frères et sœurs, le chemin pour la rencontre avec Dieu: la relation avec le Christ et nos frères.
Aujourd’hui aussi, la révélation de Dieu dans l’humanité de Jésus peut susciter le scandale et n’est pas facile à accepter. C’est ce que saint Paul appelle la «folie» de l’Evangile face à celui qui cherche les miracles ou la sagesse mondaine (cf.1 Co 1, 18-25). Et ce «scandale» est bien représenté par le sacrement de l’Eucharistie: quel sens peut avoir, aux yeux du monde, le fait de s’agenouiller devant un morceau de pain? Pourquoi se nourrir avec assiduité de ce pain? Le monde se scandalise.
Face à ce geste prodigieux de Jésus qui, avec cinq pains et deux poissons, nourrit des milliers de personnes, tous l’acclament et veulent le porter en triomphe, le faire roi. Mais quand il explique lui-même que ce geste est le signe de son sacrifice, c’est-à-dire du don de sa vie, de sa chair et de son sang, et que celui qui veut le suivre doit L’assimiler, assimiler son humanité donnée pour Dieu et pour les autres, alors cela ne plaît pas, ce Jésus nous met en crise. Nous devons d’ailleurs nous préoccuper s’il ne nous met pas en crise, car nous avons peut-être édulcoré son message! Et demandons la grâce de nous laisser provoquer et convertir par ses «paroles de vie éternelle». Et que la Très Sainte Vierge Marie, qui a porté dans sa chair son Fils Jésus et qui s’est unie à son sacrifice, nous aide à témoigner toujours de notre foi à travers la vie concrète.










ANGÉLUS, Dimanche 29 août 2021
Chers frères et sœurs, bonjour!
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui présente certains scribes et pharisiens étonnés par l’attitude de Jésus. Ils sont scandalisés parce que ses disciples prennent de la nourriture sans accomplir d’abord les ablutions rituelles traditionnelles. Ils pensent: «Cette façon de faire est contraire à la pratique religieuse» (cf. Mc 7, 2-5).
Nous aussi, nous pourrions nous demander: pourquoi Jésus et ses disciples négligent-ils ces traditions? Au fond, ce ne sont pas de mauvaises choses, mais de bonnes habitudes rituelles, de simples lavages avant de prendre de la nourriture. Pourquoi Jésus n’y  prête-t-il pas attention? Parce que pour Lui, il est important  de ramener la foi au centre. Dans l’Evangile, nous le voyons constamment: ramener la foi au centre. Et éviter un risque, qui vaut pour ces scribes comme pour nous: observer des formalités extérieures en mettant au second plan le cœur de la foi. Nous aussi souvent, nous «maquillons» notre âme. La formalité extérieure et non le cœur de la foi: c’est un risque. C’est le risque d’une religiosité de l’apparence: paraître bon à l’extérieur, en négligeant de purifier le cœur. Il y a toujours la tentation de «contenter Dieu» par une dévotion extérieure, mais Jésus ne se contente pas de ce culte. Jésus ne veut pas de choses extérieures, il veut une foi qui touche le cœur.
En effet, immédiatement après, il rappelle la foule pour lui dire une grande vérité: «Il n’est rien d’extérieur à l’homme qui, pénétrant en lui, puisse le souiller» (v. 15). Au contraire, c’est «du dedans, du cœur» (v. 21) que naissent les choses mauvaises. Ces paroles sont révolutionnaires, car dans la mentalité de l’époque, on pensait que certains aliments ou contacts extérieurs rendaient impurs. Jésus renverse la perspective: ce n’est pas ce qui vient de l’extérieur qui est mauvais, mais ce qui naît de l’intérieur.
Chers frères et sœurs, cela nous concerne nous aussi. Souvent, nous pensons que le mal provient surtout de l’extérieur: des comportements des autres, de ceux qui pensent du mal de nous, de la société. Combien de fois accusons-nous les autres, la société, le monde, pour tout ce qui nous arrive! C’est toujours la faute des «autres»: c’est la faute des gens, des gouvernants, de la malchance, et ainsi de suite. Il semble que les problèmes arrivent toujours de l’extérieur, et nous passons notre temps à distribuer des blâmes, mais passer le temps à blâmer les autres, c’est perdre du temps. On se met en colère, on devient amer et on éloigne Dieu de son cœur.  Comme ces personnes de l’Evangile, qui se plaignent, se scandalisent, sont polémiques et n’accueillent pas Jésus. On ne peut être vraiment religieux en se plaignant: les plaintes empoisonnent, conduisent à la colère, au ressentiment et à la tristesse, celle du cœur, qui ferme les portes à Dieu.
Demandons aujourd’hui au Seigneur de nous libérer de cette façon de blâmer les autres — comme les enfants: «Non, ce n’est pas moi! C’est l’autre, c’est l’autre...» —. Demandons dans la prière la grâce de ne pas perdre de temps à polluer le monde avec des plaintes, car ce n’est pas chrétien. Au contraire,  Jésus nous invite à regarder la vie et le monde depuis notre cœur. Si nous regardons  en nous, nous trouverons presque tout ce que nous détestons à l’extérieur. Et si nous demandons avec sincérité  à Dieu de purifier notre cœur, c’est alors que nous commencerons à rendre le monde plus pur. Par ce qu’il existe un moyen infaillible de vaincre le mal: commencer par le vaincre en soi. Quand on demandait aux premiers Pères de l’Eglise, aux moines: «Quel est le chemin de la sainteté? Par où dois-je commencer?», ils répondaient que le premier pas consistait à s’accuser soi-même: accuse-toi toi-même. Nous accuser nous-mêmes. Combien d’entre nous, dans la journée, ou à un moment de la semaine, sont-ils capables de s’accuser eux-mêmes? «Oui, celui-ci m’a fait cela, cet autre... un acte barbare». Mais moi? Moi je fais la même chose, ou encore moi je fais cela... C’est une sagesse: apprendre à s’accuser. Essayez de le faire, cela vous fera du bien. Cela me fait du bien à moi, quand je réussis à le faire, mais cela fait du bien, cela fera du bien à tous.   
 Que la Vierge Marie, qui a changé l’histoire à travers la pureté de son cœur, nous aide à purifier le nôtre, en surmontant avant tout le vice de blâmer les autres et de se plaindre de tout.










ANGÉLUS, Dimanche 5 septembre 2021
Chers frères et sœurs, bonjour!
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui montre Jésus qui guérit un sourd-muet. Dans ce récit, nous sommes frappés par la manière dont le Seigneur accomplit ce signe prodigieux. Et il le fait ainsi: il prend le sourd-muet à part, place ses doigts dans ses oreilles et touche sa langue avec de la salive, puis il regarde vers le ciel, soupire et dit: «Effatà», c’est-à-dire «Ouvre-toi!» (cf. Mc 7, 33-34). Au cours d’autres guérisons, pour des infirmités tout aussi graves, comme la paralysie ou la lèpre, Jésus ne fait pas tant de gestes. Pourquoi fait-il tout cela maintenant, alors qu’on lui demande seulement d’imposer la main sur le malade (cf. v. 32)?  Pourquoi fait-il ces gestes? Peut-être parce que la condition de cette personne revêt une valeur symbolique particulière. Etre sourd-muet est une maladie, mais c’est aussi un symbole. Et ce symbole a quelque chose à nous dire à tous. De quoi s’agit-il? Il s’agit de la surdité. Cet homme ne pouvait pas parler parce qu’il ne pouvait pas entendre. En effet, pour guérir la cause de son malaise, Jésus place d’abord ses doigts dans ses oreilles, puis dans sa bouche, mais d’abord dans ses oreilles.
Nous avons tous des oreilles, mais souvent, nous n’arrivons  pas à écouter. Pourquoi? Frères et sœurs, il y a en effet une surdité intérieure, qu’aujourd’hui, nous pouvons demander à Jésus de toucher et de guérir. Et cette surdité intérieure est pire que la surdité physique, car c’est la surdité du cœur. Pris par la hâte, par mille choses à dire et à faire, nous ne trouvons pas le temps de nous arrêter et d’écouter ceux qui nous parlent. Nous risquons de devenir imperméables à tout et de ne pas laisser de place à ceux qui ont besoin d’écoute: je pense aux enfants, aux jeunes, aux personnes âgées, beaucoup qui n’ont pas tant besoin de paroles et de prédications, mais d’écoute. Demandons-nous: comment est mon écoute? Est-ce que je me laisse toucher par la vie des gens, est-ce que je sais consacrer du temps à ceux qui m’entourent pour les écouter? Cela vaut pour nous tous, mais d’une manière particulière pour les prêtres. Le prêtre doit écouter les gens, ne pas se dépêcher, écouter…, et voir comment il peut aider, mais après avoir entendu. Et nous tous: écouter d’abord, puis répondre. Pensons à la vie de famille: combien de fois parlons-nous sans d’abord écouter, en répétant nos refrains qui sont toujours les mêmes! Incapables d’écouter, nous disons toujours les mêmes choses, ou nous n’attendons pas que l’autre ait fini de parler, de s’exprimer, et nous l’interrompons. La renaissance d’un dialogue passe souvent non pas par des mots, mais par le silence, ne pas rester sur ses positions, recommencer avec patience à écouter l’autre, à écouter ses efforts, ce qu’il porte en lui. La guérison du cœur commence par l’écoute. Ecouter. Et cela guérit le cœur. «Mais père, il y a des gens ennuyeux qui disent toujours les mêmes choses…». Ecoute-les. Et puis, quand ils ont fini de parler, dites votre mot, mais écoutez tout.
Et il en est de même avec le Seigneur. Nous avons raison de l’inonder de demandes, mais nous ferions mieux de l’écouter d’abord. Jésus le demande. Dans l’Evangile, lorsqu’on lui demande quel est le premier commandement, il répond: «Ecoute, Israël. Puis il ajoute le premier commandement: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur […] et ton prochain comme toi-même» (Mc 12, 28-31). Mais avant tout: «Ecoute, Israël». Ecoute, toi. Nous souvenons-nous d’écouter le Seigneur? Nous sommes chrétiens mais peut-être, parmi les milliers de paroles que nous entendons chaque jour, ne trouvons-nous pas quelques secondes pour faire résonner en nous quelques paroles de l’Evangile. Jésus est la Parole: si nous ne nous arrêtons pas pour l’écouter, il passe son chemin. Si nous ne nous arrêtons pas pour écouter Jésus, il passe son chemin. Saint Augustin disait: «J’ai peur du Seigneur quand il passe». Et sa peur, c’était de le laisser passer sans l’écouter. Mais si nous consacrons du temps à l’Evangile, nous découvrirons un secret pour notre santé spirituelle. Voici le remède: chaque jour, un peu de silence et d’écoute, quelques mots inutiles en moins et un peu plus de Parole de Dieu. Toujours avec l’Evangile en poche, ce qui aide beaucoup. Nous entendons cette parole de Jésus s’adresser à nous aujourd’hui, comme au jour du baptême: «Effatà, ouvre-toi»! Ouvre tes oreilles. Jésus, je désire m’ouvrir à ta Parole; Jésus, ouvre-moi à ton écoute; Jésus, guéris mon cœur de la fermeture, guéris mon cœur de la hâte, guéris mon cœur de l’impatience.
Que la Vierge Marie, ouverte à l’écoute de la Parole qui s’est faite chair en elle, nous aide chaque jour à écouter son Fils dans l’Evangile et nos frères et sœurs avec un cœur docile, un cœur patient et un cœur attentif.










ANGÉLUS, Dimanche 19 septembre 2021
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui (Mc 9, 30-37) rapporte que,  le long du chemin vers Jérusalem, les disciples de Jésus discutaient pour savoir qui «était le plus grand» (v. 34). Alors, Jésus leur adressa une phrase forte, qui vaut aussi pour nous aujourd’hui: «Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous» (v. 35). Si tu veux être le premier, tu dois aller à la queue, être le dernier, et servir tous. A travers cette phrase lapidaire, le Seigneur inaugure un bouleversement: il renverse les critères qui définissent ce qui compte véritablement. La valeur d’une personne ne dépend plus du rôle qu’elle occupe, du succès qu’elle a,  du travail qu’elle exerce, de son compte en banque; non, non, elle ne dépend pas de cela: la grandeur et la réussite, aux yeux de Dieu, ont une mesure différente: elles se mesurent sur le service . Pas sur ce que l’on a, mais sur ce que l’on donne. Tu veux être important? Sers. Voilà le chemin.
 Aujourd’hui, le mot «service» apparaît un peu pâle, abîmé par l’usure. Mais dans l’Evangile, il a une signification précise et concrète. Servir n’est pas une expression de courtoisie: c’est faire comme Jésus  qui, en résumant sa vie en quelques mots, a dit être venu «pour être servi, mais pour servir» (Mc 10, 45). C’est ce qu’a dit le Seigneur. Donc, si nous voulons suivre Jésus, nous devons parcourir la voie  que Lui-même a tracée, la voie du service. Notre fidélité au Seigneur dépend de notre disponibilité à servir. Et cela, nous le savons, coûte, parce que «cela a le goût de la croix». Mais, au fur et à mesure qu’augmentent le soin et la disponibilité à l’égard des autres, nous devenons plus libres à l’intérieur, plus semblables à Jésus. Plus nous servons, plus nous ressentons la présence de Dieu. Surtout quand nous servons qui n’a rien à nous rendre en retour, les pauvres, en embrassant leurs difficultés et leurs besoins par la tendre compassion: et là, nous découvrons que nous sommes à notre tour aimés et embrassés par Dieu.
Jésus, précisément pour illustrer cela, après avoir parlé du primat du service, accomplit un geste. Nous avons vu que les gestes de Jésus sont plus forts que les mots qu’il utilise. Et quel est le geste? Il prend un enfant et le place au milieu des disciples, au centre, au lieu le plus important  (cf. v. 36). L’enfant, dans l’Evangile, ne symbolise pas tant l’innocence que la petitesse. Parce que les petits, comme les enfants, dépendent des autres, des grands, ont besoin de recevoir. Jésus embrasse cet enfant et dit que celui qui accueille un petit, un enfant, L’accueille (cf. v. 37). Voilà avant tout qui servir: ceux qui ont besoin de recevoir et qui n’ont rien à donner en retour. Servir ceux qui ont besoin de recevoir et qui n’ont rien à donner en retour. En accueillant ceux qui sont en marge, délaissés, nous accueillons Jésus parce qu’Il est là. Et dans un petit, dans un pauvre que nous servons, nous recevons également la tendre étreinte de Dieu.
       Chers frères et sœurs, interpellés par l’Evangile, posons-nous quelques questions: moi, qui suis disciple de Jésus, est-ce que je m’intéresse à qui est plus délaissé? Ou, comme les disciples ce jour-là, est-ce que je recherche les gratifications personnelles? Est-ce que je perçois la vie comme une compétition pour me faire une place au détriment des autres ou bien est ce que je crois qu’être le premier signifie servir? Et, concrètement, est-ce que je con-sacre du temps à des «petits», à une personne qui n’a pas les moyens de donner quelque chose en retour?  Est-ce que je m’occupe de quelqu’un qui ne peut rien me donner en retour ou uniquement de ma famille et de mes amis? Ce sont des questions que nous pouvons nous poser.  
 Que la Vierge Marie, humble servante du Seigneur, nous aide à comprendre que servir ne nous diminue pas, mais nous fait grandir. Et qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir (cf. Ac 20, 35).
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ANGÉLUS, Dimanche 26 septembre 2021
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui nous raconte un bref dialogue entre Jésus et l’apôtre Jean, qui parle au nom de tout le groupe des disciples. Ils ont vu un homme chasser les démons au nom du Seigneur, mais ils l’en ont empêché parce qu’il ne faisait pas partie de leur groupe.  Jésus les invite alors à ne pas empêcher ceux qui font le bien, car ils contribuent à réaliser le projet de Dieu (cf. Mc 9, 38-41). Puis il les met en garde: au lieu de diviser les personnes en bonnes et en  méchantes, nous sommes tous appelés à veiller sur notre cœur, afin de ne pas succomber au mal ni d’être une cause de  scandale pour les autres (cf. vv. 42-45.47-48).
Les paroles de Jésus révèlent en somme une tentation et offrent une exhortation. La tentation est celle de la fermeture. Les disciples voudraient empêcher une œuvre de bien uniquement parce que qui l’a accomplie n’appartenait pas à leur groupe. Ils pensaient avoir «l’exclusivité sur Jésus» et être les seuls autorisés à travailler pour le Royaume de Dieu. Mais ils finissent ainsi par se sentir des préférés et considèrent les autres comme des étrangers, au point de devenir hostiles à leur égard. Frères et sœurs,  toute fermeture tient en effet à distance ceux qui ne pensent pas comme nous et cela — nous le savons — est la racine de nombreux maux de l’histoire: de l’absolutisme qui a souvent engendré des dictatures et de tant de violences à l’égard de qui est différent. 
Mais il faut également veiller à la fermeture dans l’Eglise. Parce que le diable, qui est le diviseur — c’est ce que signifie le mot «diable», qui engendre la division — insinue toujours des soupçons pour diviser et exclure les gens. Il tente, avec ruse, et il peut arriver comme à ces disciples, qui en viennent à exclure même ceux qui avaient chassé le diable lui-même! Parfois, nous aussi, au lieu d’être des communautés humbles et ouvertes, nous pouvons donner l’impression de jouer aux «premiers de la classe» et de tenir les autres à distance; au lieu d’essayer de marcher avec tous, nous pouvons exhiber notre «permis de croyants»: «je suis croyant», «je suis catholique», «je suis catholique», «j’appartiens à cette association, à telle autre...»; et les autres, les pauvres, non. Cela est un péché. -Exhiber son «permis de croyant» pour juger et exclure. Demandons la grâce de surmonter la tentation de juger et de cataloguer, et que Dieu nous préserve de la mentalité du «nid», celle de nous garder jalousement à l’intérieur du petit groupe de qui se considère comme bon: le prêtre avec ses fidélissimes, les agents de la pastorale fermés entre eux pour que personne ne s’infiltre, les mouvements et les associations dans leur charisme particulier, et ainsi de suite. Fermés. Tout cela risque de faire des communautés chrétiennes des lieux de séparation et non de communion. L’Esprit Saint ne veut pas de fermetures; il veut de l’ouverture, des communautés accueillantes où il y ait de la place pour tous. 
Et dans l’Evangile, il y a l’exhortation de Jésus: au lieu de juger tout et tous, soyons attentifs à nous-mêmes! En effet, le risque est d’être inflexibles envers les autres et indulgents envers nous-mêmes. Et Jésus nous exhorte, par des images frappantes, à ne pas faire de compromis avec le mal: «Si quelque chose en toi est motif de scandale, coupe-le!» (cf. vv. 43-48). Si quelque chose te fait mal, coupe-le! Il ne dit pas, «Si quelque chose est motif de scandale, arrête-toi, réfléchis, améliore-toi un peu...». Non: «Coupe-le! Tout de suite!».  Jésus est radical en cela, exigeant, mais pour notre bien, comme un bon médecin. Chaque coupe, chaque taille, est pour mieux grandir et porter du fruit dans l’amour. Demandons-nous alors: qu’est-ce qu’il y a en moi qui est en opposition avec l’Evangile? Concrètement, qu’est-ce que Jésus veut que je coupe dans ma vie?
Prions la Vierge Immaculée, afin qu’elle nous aide à être accueillants envers les autres et vigilants sur nous-mêmes.
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ANGÉLUS, Dimanche 3 octobre 2021
Dans l’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui, nous voyons une réaction de Jésus plutôt insolite: il s’indigne. Et le plus surprenant est que son indignation n’est pas causée par les pharisiens qui le mettent à l’épreuve avec des questions sur le caractère licite du divorce, mais par ses disciples qui, pour le protéger de la cohue des gens, réprimandent des enfants qui sont amenés à Jésus. En d’autres termes, le Seigneur ne s’indigne pas contre ceux qui discutent avec Lui mais contre qui, pour soulager sa fatigue, éloigne de Lui les enfants. Pourquoi? C’est une bonne question: pourquoi le Seigneur fait-il cela ?
Nous nous rappelons — c’était l’Evangile d’il y a deux dimanches — que Jésus, accomplissant le geste d’embrasser un enfant, s’était identifié aux petits: il avait enseigné que ce sont précisément les petits, c’est-à-dire ceux qui dépendent des autres, qui ont besoin et ne peuvent rien donner en retour, qui doivent être servis en premier (cf. Mc 9, 35-37). Qui cherche Dieu le trouve là, chez les petits, chez ceux qui sont dans le besoin: ceux qui manquent non seulement de biens, mais de soins et de réconfort, comme les malades, les humiliés, les prisonniers, les immigrés et les détenus. C’est là qu’il se trouve: chez les petits. Voilà pourquoi Jésus s’indigne: tout affront fait à un petit, à un pauvre, à un enfant, à une personne sans défense, est fait à Lui.
Aujourd’hui, le Seigneur reprend cet enseignement et le complète. En effet, il ajoute: «Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant, n’y entrera pas» (Mc 10, 15). Voilà la nouveauté: le disciple ne doit pas seulement servir les petits, mais se reconnaître lui-même petit. Chacun de nous se reconnaît-il petit devant Dieu? Réfléchissons-y, cela nous aidera. Se savoir petit, savoir que l’on a besoin de salut, est indispensable pour accueillir le Seigneur. C’est le premier pas pour s’ouvrir à Lui. Mais souvent, nous l’oublions. Dans la prospérité, dans le bien-être, nous avons l’illusion d’être autosuffisants, de nous suffire à nous-mêmes, de ne pas avoir besoin de Dieu. Frères et sœurs, c’est une illusion, car chacun de nous est un être dans le besoin, un petit. Nous devons chercher notre petitesse et la reconnaître. C’est là que nous trouverons Jésus.
Dans la vie, se reconnaître petit est un point de départ pour devenir grand. Si nous y réfléchissons, nous grandissons non pas tant en fonction de nos succès, des choses que nous avons, mais surtout en fonction des moments de lutte et de fragilité. C’est là, dans le besoin, que nous mûrissons; c’est là que nous ouvrons le cœur à Dieu, aux autres, au sens de la vie. Nous ouvrons les yeux aux autres, au sens de la vie. Nous ouvrons les yeux aux autres. Nous ouvrons les yeux, quand nous sommes petits, au véritable sens de la vie. Quand nous nous sentons petits face à un problème, petits face à une croix, à une maladie, quand nous sommes en proie à la fatigue et à la solitude, ne nous décourageons pas. Le masque de la superficialité tombe et notre fragilité radicale refait surface: c’est notre base commune, notre trésor, parce qu’avec Dieu, les fragilités ne sont pas des obstacles, mais des opportunités. Une belle prière serait: «Seigneur, regarde mes fragilités...» et les énumérer devant Lui. Cela est une bonne attitude devant Dieu.
En effet, c’est précisément dans la fragilité que nous découvrons combien Dieu prend soin de nous. L’Evangile dit aujourd’hui que Jésus est très tendre avec les petits: «Il les embrassa et les bénit en leur imposant les mains» (v. 16). Les contrariétés, les situations qui révèlent notre fragilité sont des occasions privilégiées pour faire l’expérience de son amour. Celui qui prie avec persévérance le sait bien: dans les moments sombres ou de solitude, la tendresse de Dieu à notre égard se fait — pour ainsi dire — encore plus présente. Quand nous sommes petits, nous ressentons davantage la tendresse de Dieu. Cette tendresse nous donne la paix, cette tendresse nous fait croître, parce que Dieu s’approche à sa façon, qui est proximité, compassion et tendresse. Et quand nous nous sentons peu de choses, c’est-à-dire petits, quelque soit la raison, le Seigneur s’approche davantage, nous le sentons plus proche. Il nous donne la paix, il nous fait croître. Dans la prière, le Seigneur nous serre contre Lui, comme un père avec son enfant. C’est ainsi que nous devenons grands: non pas dans la prétention illusoire de notre autosuffisance — cela ne fait grandir personne —, mais dans la force de placer toute espérance dans le Père. Précisément comme le font les petits, c’est ce qu’ils font.
Demandons aujourd’hui à la Vierge Marie une grande grâce, celle de la petitesse: être des enfants qui ont confiance dans le Père, certains qu’il ne manque jamais de prendre soin de nous.
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ANGÉLUS, Dimanche 10 octobre 2021
La liturgie d’aujourd’hui nous propose la rencontre entre Jésus et un homme qui «avait de grands biens» (Mc 10, 22) et qui est entré dans l’histoire comme «le jeune homme riche» (cf. Mt 19, 20-22). Nous ne connaissons pas son nom. L’Evangile de Marc, en réalité, parle de lui comme «un tel», sans en mentionner l’âge et le nom, comme pour suggérer que dans cet homme, nous pouvons tous nous voir, comme dans un miroir. Sa rencontre avec Jésus, en effet, nous permet de faire un test sur la foi. En lisant cela, je fais un test sur ma foi.
Cet homme commence par une question: «Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle? (v. 17). Notons les verbes qu’il utilise: devoir faire — pour avoir. Voici sa religiosité: un devoir, un faire pour avoir; «Je fais quelque chose pour obtenir ce dont j’ai besoin». Mais c’est une relation commerciale avec Dieu, un do ut des. La foi, en revanche, n’est pas un rite froid et mécanique, un «je dois — je fais — j’obtiens». C’est une question de liberté et d’amour. La foi est une question de liberté, est une question d’amour. Voilà un premier test: qu’est-ce que la foi pour moi? S’il s’agit principalement d’un devoir ou d’une monnaie d’échange, nous nous trompons, car le salut est un don et non un devoir, il est gratuit et ne peut pas s’acheter. La première chose à faire est de se débarrasser d’une foi commerciale et mécanique, qui insinue la fausse image d’un Dieu comptable, d’un Dieu contrôleur, pas d’un père. Et bien souvent, dans la vie, on peut vivre ce rapport de foi «commerciale»: je fais ça pour que Dieu me donne ça.
Jésus — deuxième passage — aide celui-là en lui offrant le vrai visage de Dieu. En effet — dit le texte — «il fixa sur lui son regard» et «l’aima» (v. 21): voilà qui est Dieu! C’est de là que la foi naît et renaît: non d’un devoir, non pas d’une chose à faire ou à payer, mais d’un regard d’amour à accueillir. Ainsi, la vie chrétienne devient belle, si elle ne se fonde pas sur nos capacités et nos projets, mais se fonde sur le regard de Dieu. Ta foi, ma foi est-elle fatiguée? Tu veux la fortifier? Cherche le regard de Dieu: mets-toi en adoration, laisse-toi pardonner dans la confession, place-toi devant le Crucifix. Bref, laisse-toi aimer par Lui. Voilà le commencement de la foi: se laisser aimer par Lui, qui est père.
Après la question et le regard, il y a — troisième et dernier passage — une invitation de Jésus, qui dit: «Une seule chose te manque». Que manquait-il à cet homme riche? Le don, la gratuité: «Va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres» (v. 21). C’est peut-être ce qui nous manque aussi. Souvent, nous faisons le minimum indispensable, alors que Jésus nous invite au maximum possible. Combien de fois nous contentons-nous  des devoirs — les préceptes, quelques prières et tant de choses comme ça — alors que Dieu, qui nous donne la vie, nous demande des élans de vie! Dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous voyons clairement ce passage du devoir au don; Jésus commence par rappeler les commandements: «Ne tue pas, ne commets pas d'adultère, ne vole pas…» et ainsi de suite (v. 19), et arrive à la proposition positive: «Va, vends, donne, suis-moi!» (cf. v. 21). La foi ne peut se limiter aux non, car la vie chrétienne est un oui, un oui d’amour.
Chers frères et sœurs, une foi sans don, une foi sans gratuité est une foi incomplète, c’est une foi faible, une foi malade. Nous pourrions la comparer à un aliment riche et nourrissant qui manque cependant de saveur, ou à un match plus ou moins bien joué mais sans but: non, ça ne marche pas, il n’y a pas de «sel». Une foi sans don, sans gratuité, sans œuvres de charité finit par nous rendre tristes: comme cet homme qui, bien que regardé avec amour par Jésus lui-même, rentra chez lui «attristé» et «assombri» (v. 22) . Aujourd’hui, nous pouvons nous demander: «Où en est ma foi? Est-ce que je la sens comme une chose mécanique, comme une relation de devoir ou d’intérêt avec Dieu? Est-ce que je me souviens de la nourrir en laissant Jésus me regarder et m’aimer?». Se laisser regarder et aimer par Jésus; laisser Jésus nous regarder, nous aimer. «Et, attiré par lui, est-ce que je réponds avec gratuité, avec générosité, de tout mon cœur?».
Que la Vierge Marie, qui a dit un oui total à Dieu, un oui sans mais — il n’est pas facile de dire oui sans mais: la Vierge l’a fait, un oui sans mais — nous fasse savourer la beauté de faire de la vie un don.
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