ANGÉLUS, Dimanche 12 février 2023
Dans l'Evangile de la liturgie d'aujourd'hui, Jésus dit: «N'allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes: je ne suis pas venu abolir, mais accomplir» (Mt 5, 17). Accomplir: c'est un mot clé pour comprendre Jésus et son message. Qu'est-ce que signifie cet «accomplir»? Pour l'expliquer, le Seigneur commence par dire ce que n'est pas l'accomplissement. L'Ecriture dit «tu ne tueras pas», mais pour Jésus, cela ne suffit pas si l'on blesse ensuite ses frères et sœurs en paroles; l'Ecriture dit «tu ne commettras pas d'adultère», mais cela ne suffit pas si l'on vit ensuite un amour entaché de duplicité et de men-songes; l'Ecriture dit «tu ne porteras pas de témoignage mensonger», mais il ne suffit pas de faire un serment solennel si l'on agit ensuite avec hypocrisie (cf. Mt 5, 21-37). Il n’y a pas d'accomplissement de cette façon.
Pour nous donner un exemple concret, Jésus se concentre sur le «rite de l'offrande». En faisant une offrande à Dieu, on lui rendait la gratuité de ses dons; c'était un rite très important — faire une offrande pour restituer symboliquement, pour ainsi dire, la gratuité de ses dons —, si important qu'il était interdit de l'interrompre, sauf pour des raisons graves. Mais Jésus affirme qu'il faut l'interrompre si un frère a quelque chose contre nous, afin d'aller d'abord se réconcilier avec lui (cf. vv. 23-24): ce n'est qu'alors que le rite est accompli. Le message est clair: Dieu nous aime d'abord, gratuitement, en faisant le premier pas vers nous sans que nous le méritions; et alors nous ne pouvons pas célébrer son amour sans faire à notre tour le premier pas pour nous réconcilier avec ceux qui nous ont blessés. Ainsi, il y a un accomplissement aux yeux de Dieu; autrement, l'observance extérieure, purement rituelle, est inutile, elle devient une fiction. En d'autres termes, Jésus nous fait comprendre que les règles religieuses sont utiles, elles sont bonnes, mais elles ne sont qu'un début: pour leur donner une plénitude, il faut aller au-delà de la lettre et vivre leur sens. Les commandements que Dieu nous a donnés ne doivent pas être enfermés dans les caveaux asphyxiants de l'observance formelle, sinon nous restons dans une religiosité extérieure et détachée, serviteurs d'un «dieu maître» plutôt qu'enfants de Dieu le Père. Jésus veut cela: ne pas avoir l’idée de servir un Dieu maître, mais le Père; et pour cela, il est nécessaire de dépasser la lettre.
Frères et sœurs, ce problème n'existait pas seulement à l'époque de Jésus, il existe aussi aujourd'hui. Parfois, par exemple, nous entendons: «Père, je n'ai pas tué, je n'ai pas volé, je n'ai fait de mal à personne...», comme pour dire: «Tout va bien». Voici l'observance formelle, qui se contente du strict minimum, alors que Jésus nous invite au maximum possible. Rappelons-nous: Dieu ne raisonne pas à travers des calculs et des tableaux; il nous aime comme un amoureux: pas au minimum, mais au maximum! Il ne nous dit pas: «Je t’aime jusqu'à un certain point». Non, le véritable amour ne va jamais jusqu'à un certain point et ne se sent jamais satisfait; l'amour va toujours au-delà, il ne peut pas faire autrement. Le Seigneur nous l'a montré en donnant sa vie sur la croix et en pardonnant à ses meurtriers (cf. Lc 23, 34). Et il nous a confié le commandement qui lui tient le plus à cœur: que nous nous aimions les uns les autres comme il nous a aimés (cf. Jn 15, 12). C'est l'amour qui donne son accomplissement à la Loi, à la foi, à la vraie vie!
Alors, frères et sœurs, nous pouvons nous demander: comment est-ce que je vis la foi? S'agit-il d'une question de calculs, de formalismes, ou d'une histoire d'amour avec Dieu? Est-ce que je me contente uniquement de ne pas faire de mal, de con-server «une façade», ou est-ce que j'essaie de grandir dans l'amour de Dieu et des autres? Et de temps en temps, est-ce que je me mesure sur le grand commandement de Jésus, est-ce que je me demande si j'aime mon prochain comme il m'aime? Car peut-être sommes-nous inflexibles dans notre jugement des autres et nous oublions d'être miséricordieux, comme Dieu l'est avec nous.
Que Marie, qui a parfaitement observé la Parole de Dieu, nous aide à accomplir notre foi et notre charité.
ANGÉLUS, Dimanche 19 février 2023
Les paroles que Jésus nous adresse dans l'Evangile de ce dimanche sont exigeantes et semblent paradoxales: Il nous invite à tendre l'autre joue et même à aimer même nos ennemis (cf. Mt 5, 38-48). Il est normal pour nous d’aimer ceux qui nous aiment et d’être amis avec ceux qui sont nos amis; pourtant, Jésus nous provoque en disant: si vous agissez de cette manière, «quelle chose extraordinaire faites-vous?» (v. 47). Que faites-vous d'extraordinaire? Voici le point sur lequel je voudrais attirer votre attention aujourd'hui, sur ce que faites-vous d’extraordinaire.
«Extraordinaire», est ce qui dépasse les limites de l’ordinaire, qui dépasse les pratiques habituelles et les calculs normaux dictés par la prudence. En général, nous cherchons en revanche à ce que tout soit assez en ordre et contrôlé, afin que cela corresponde à nos attentes, à notre mesure: craignant de ne rien recevoir en retour ou de trop nous exposer et d'être ensuite déçus, nous préférons n'aimer que ceux qui nous aiment pour éviter les déceptions, ne faire du bien qu'à ceux qui nous font du bien, n'être généreux qu'envers ceux qui peuvent nous rendre service; et à ceux qui nous traitent mal, nous répondons sur le même ton, comme ça nous sommes en équilibre. Mais le Seigneur nous avertit: cela ne suffit pas! Nous dirions: cela n’est pas chrétien! Si nous restons dans l'ordinaire, dans l'équilibre entre donner et recevoir, les choses ne changent pas. Si Dieu suivait cette logique, nous n'aurions aucun espoir de salut! Mais, heureusement pour nous, l'amour de Dieu est toujours «extraordinaire», il va au-delà des critères habituels selon lesquels nous, humains, vivons nos relations.
Les paroles de Jésus, donc, nous interpellent. Alors que nous essayons de rester dans l'ordinaire des raisonnements utilitaires, Il nous demande de nous ouvrir à l'extraordinaire, à l'extraordinaire d'un amour gratuit; alors que nous essayons toujours d’équilibrer les -comptes, le Christ nous encourage à vivre le déséquilibre de l'amour. Jésus n’est pas un bon comptable; non! Il conduit toujours au déséquilibre de l’amour. Ne nous en étonnons pas. Si Dieu ne s'était pas déséquilibré, nous n'aurions jamais été sauvés c’est le déséquilibre de la croix qui nous a sauvés! Jésus ne serait pas venu nous chercher alors que nous étions perdus et éloignés, il ne nous aurait pas aimés jusqu'au bout, il n'aurait pas embrassé la croix pour nous, qui ne le méritions pas et ne pouvions rien lui donner en retour. Comme l'écrit l'apôtre Paul, «à peine en effet voudrait-on mourir pour un homme juste; pour un homme de bien, oui, peut-être osera-t-on mourir. mais la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous (Rm 5, 7-8). Voilà, Dieu nous aime alors que nous sommes pécheurs, et non pas parce que nous sommes bons ou capables de lui donner quelque chose en retour. Frères et sœurs, l'amour de Dieu est un amour toujours par excès, toujours au-delà des calculs, toujours disproportionné. Et aujourd'hui, il nous demande également de vivre de cette manière, car ce n'est qu’ainsi que nous pourrons vraiment témoigner de lui.
Frères et sœurs, le Seigneur nous propose de sortir de la logique de l'intérêt personnel et de ne pas mesurer l'amour sur la balance des calculs et des convenances. Il nous invite à ne pas répondre au mal par le mal, à oser dans le bien, à risquer dans le don, même si nous recevons peu ou rien en retour. Car c'est cet amour qui transforme lentement les conflits, raccourcit les distances, surmonte les inimitiés et guérit les blessures de la haine. Alors, nous pouvons nous demander, chacun de nous: est-ce que, dans ma vie, je suis la logique de la contrepartie ou celle de la gratuité, comme le fait Dieu? L'amour extraordinaire du Christ n'est pas facile, mais il est possible; il est possible parce que Lui-même nous aide en nous donnant son Esprit, son amour sans mesure.
Prions la Vierge qui, en répondant à Dieu par son «oui» sans calcul, lui a permis de faire d'elle le chef-d'œuvre de sa Grâce.
ANGÉLUS, Dimanche 26 février 2023
Chers frères et sœurs, bonjour!
L’Evangile de ce premier dimanche de Carême nous présente Jésus dans le désert tenté par le diable (cf. Mt 4, 1-11). Diable signifie « diviseur ». Le diable veut toujours créer la division, et c’est ce qu’il se propose aussi en tentant Jésus. Voyons alors de qui il veut le diviser et de quelle manière il le tente.
De qui le diable veut-il diviser Jésus ? Après avoir reçu le baptême de Jean dans le Jourdain, Jésus avait été appelé par le Père « mon Fils, le bien-aimé » (Mt 3, 17) et l’Esprit Saint était descendu sur lui sous la forme d’une colombe (cf. v. 16). L’Evangile nous présente ainsi les trois personnes divines unies dans l’amour. Puis Jésus lui-même dira être venu dans le monde pour nous faire participer nous aussi à l’unité qui existe entre lui et le Père (cf. Jn 17, 11). Le diable, par contre, fait le contraire : il entre en scène pour diviser Jésus du Père et le détourner de sa mission d’unité pour nous. Il divise toujours.
Voyons maintenant de quelle manière il essaie de le faire. Le diable veut profiter de la condition humaine de Jésus, qui est faible parce qu’il a jeûné pendant quarante jours et qu’il a faim (cf. Mt 4, 2). Le malin tente alors d’instiller en lui trois puissants « poisons » pour paralyser sa mission d’unité. Ces poisons sont l’attachement, la méfiance et le pouvoir. Tout d’abord, le poison de l’attachement aux choses, aux besoins ; avec des raisonnements persuasifs, le diable essaie d’influencer Jésus : « Tu as faim, pourquoi dois-tu jeûner ? Ecoute ton besoin et satisfais-le, tu en as le droit et le pouvoir : transforme les pierres en pain ». Puis le second poison, la méfiance : « Es-tu sûr — insinue le malin — que le Père veut ton bien ? Mets-le à l’épreuve, fais-lui du chantage ! Jette-toi du point le plus haut du temple et fais-lui faire ce que tu veux ». Enfin le pouvoir : « De ton Père tu n’as pas besoin ! Pourquoi attendre ses dons ? Suis les critères du monde, prends tout pour toi et tu seras puissant !». Les trois tentations de Jésus. Et nous aussi nous vivons ces trois tentations. C’est terrible, mais c’est ainsi, même pour nous : l’attachement aux choses, la méfiance et la soif de pouvoir sont trois tentations répandues et dangereuses, que le diable utilise pour nous séparer du Père et ne plus nous faire sentir frères et sœurs entre nous, pour nous conduire à la solitude et au désespoir. C’est ce qu’il a voulu faire à Jésus, c’est ce qu’il veut nous faire : nous conduire au désespoir.
Mais Jésus surmonte la tentation. Et comment les surmonte-t-il ? En évitant de discuter avec le diable et en répondant par la Parole de Dieu. Cela est important : on ne discute pas avec le diable, on ne discute pas avec le diable ! Jésus l’affronte avec la Parole de Dieu. Il cite trois phrases de l’Ecriture qui parlent de liberté par rapport aux choses (cf. Dt 8, 3), de confiance (cf. Dt 6, 16) et de service à Dieu (cf. Dt 6, 13), trois phrases qui s’opposent à la tentation. Il ne dialogue jamais avec le diable, il ne négocie pas avec lui, mais il réfute ses insinuations avec les Paroles bénéfiques de l’Ecriture. C’est une invitation pour nous aussi : avec le diable, on ne discute pas ! On ne négocie pas, on ne dialogue pas ; on ne le vainc pas en négociant avec lui, il est plus fort que nous. Nous vainquons le diable en lui opposant avec foi la Parole divine. Ainsi, Jésus nous apprend à défendre l’unité avec Dieu et entre nous contre les attaques du diviseur. La Parole divine qui est la réponse de Jésus à la tentation du diable.
Et nous nous demandons : quelle place la Parole de Dieu occupe-t-elle dans ma vie ? Ai-je recours à elle dans mes luttes spirituelles ? Si j’ai un vice ou une tentation récurrente, pourquoi, en me faisant aider, ne chercherais-je pas un verset de la Parole de Dieu qui réponde à ce vice ? Puis, lorsque la tentation se présente, je le récite, je le prie, en me confiant à la grâce du Christ. Essayons, cela nous aidera dans les tentations, cela nous aidera beaucoup, car, parmi les voix qui s’agitent en nous, celle, bénéfique, de la Parole de Dieu résonnera. Que Marie, qui a accueilli la Parole de Dieu et qui, par son humilité, a vaincu l’arrogance du diviseur, nous accompagne dans la lutte spirituelle du Carême.
ANGÉLUS, Dimanche 5 mars 2023
Chers frères et sœurs, bonjour !
En ce deuxième dimanche de Carême, l’Evangile de la Transfiguration est proclamé : Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean avec lui sur la montagne et se révèle à eux dans toute sa beauté du Fils de Dieu (cf. Mt 17, 1-9).
Arrêtons-nous un instant sur cette scène et demandons-nous : en quoi consiste cette beauté ? Que voient les disciples ? Un effet spectaculaire ? Non, ce n’est pas cela. Ils voient la lumière de la sainteté de Dieu qui brille sur le visage et les vêtements de Jésus, image parfaite du Père. Il se révèle la majesté de Dieu, la beauté de Dieu. Mais Dieu est Amour, et donc les disciples ont vu de leurs propres yeux la beauté et la splendeur de l’Amour divin incarné dans le Christ. Ils ont eu un avant-goût du paradis. Quelle surprise pour les disciples ! Ils avaient depuis si longtemps le visage de l’Amour devant les yeux, et ils ne s’étaient jamais rendu compte de sa beauté ! Ce n’est que maintenant qu’ils le réalisent, avec tant de joie, avec une joie immense.
En réalité, par cette expérience, Jésus est en train de les former, en les préparant à une étape encore plus importante. Dans peu de temps, en effet, ils devront savoir reconnaître en Lui la même beauté, lorsqu’il montera sur la croix et que son visage sera défiguré. Pierre peine à comprendre : il voudrait arrêter le temps, mettre la scène en « pause », rester là et prolonger cette expérience merveilleuse ; mais Jésus ne le permet pas. Sa lumière, en effet, ne peut être réduite à un « moment magique » ! Elle deviendrait alors quelque chose de faux, d’artificiel, qui se dissoudrait dans le brouillard des sentiments passagers. Au contraire, le Christ est la lumière qui guide le chemin, comme la colonne de feu pour le peuple dans le désert (cf. Ex 13,21). La beauté de Jésus n’éloigne pas les disciples de la réalité de la vie, mais leur donne la force de Le suivre jusqu’à Jérusalem, jusqu’à la croix. La beauté du Christ n’éloigne pas, elle te porte toujours de l’avant, elle ne te fait pas te cacher : vas de l’avant !
Frères et sœurs, cet Evangile trace pour nous aussi un chemin : il nous enseigne combien il est important être avec Jésus, même quand il n’est pas facile de comprendre tout ce qu’il dit et fait pour nous. C’est en étant avec lui, en effet, que nous apprenons à reconnaître, sur son visage, la beauté lumineuse de l’amour qui se donne, même quand il porte les signes de la croix. Et c’est à son école que nous apprenons à saisir la même beauté dans le visage des personnes qui marchent chaque jour à nos côtés : la famille, les amis, les collègues, ceux qui, de toutes les manières, prennent soin de nous. Combien de visages lumineux, combien de sourires, combien de rides, combien de larmes et de cicatrices parlent d’amour autour de nous ! Apprenons à les reconnaître et à en remplir nos cœurs. Et ensuite, mettons-nous en route, pour apporter aussi aux autres la lumière que nous avons reçue, avec les œuvres concrètes de l’amour (cf. 1 Jn 3, 18), en nous plongeant plus généreusement dans nos occupations quotidiennes, en aimant, en servant et en pardonnant avec plus d’enthousiasme et de disponibilité. La contemplation des merveilles de Dieu, la contemplation du visage de Dieu, de la face du Seigneur, doit nous pousser au service des autres.
Nous pouvons nous demander : savons-nous reconnaitre la lumière de l’amour de Dieu dans notre vie ? La reconnaissons-nous avec joie et gratitude dans le visage des personnes qui nous aiment ? Cherchons-nous autour de nous des signes de cette lumière, qui remplit notre cœur et l’ouvre à l’amour et au service ? Ou bien préférons-nous les feux de paille des idoles, qui nous éloignent et nous renferment sur nous-mêmes ? La grande lumière du Seigneur et la lumière artificielle des idoles. Qu’est-ce que je préfère ?
Que Marie, qui a gardé dans son cœur la lumière de son Fils, jusque dans les ténèbres du Calvaire, nous accompagne toujours sur le chemin de l’amour.
ANGÉLUS, Dimanche 12 mars 2023
Ce dimanche, l'Evangile nous présente l'une des rencontres les plus belles et les plus fascinantes de Jésus, celle avec la Samaritaine (cf. Jn 4, 5-42). Jésus et les disciples s'arrêtent près d'un puits en Samarie. Une femme arrive et Jésus lui dit: «Donne-moi à boire» (v. 7). Je voudrais m'arrêter précisément sur cette expression: Donne-moi à boire.
La scène nous montre Jésus assoiffé et fatigué, que la Samaritaine trouve au puits à l'heure la plus chaude, à midi, et qui, comme un mendiant, demande à se désaltérer. C'est une image de Dieu qui s’abaisse: Dieu s’abaisse en Jésus Christ pour la rédemption, il vient à nous. En Jésus, Dieu s'est fait l'un de nous, il s’est abaissé; assoiffé comme nous, il souffre de la même soif que nous. En contemplant cette scène, chacun de nous peut dire: le Seigneur, le Maître, me demande à boire. Il a donc soif comme moi. Il a ma soif. Tu es vraiment proche de moi, Seigneur! Tu es lié à ma pauvreté — je ne peux pas le croire! — tu m’as pris du bas, au plus bas de moi-même, là où personne ne peut m’atteindre» (Don Primo Mazzolari, La Samaritaine, Bologne 2022, 55-56). Et tu es venu à moi, en bas, et tu m’as pris de là, parce que tu avais, et que tu as, soif de moi. La soif de Jésus, en effet, n'est pas seulement physique, elle exprime les soifs les plus profondes de notre vie: c'est avant tout une soif de notre amour. Et elle se manifestera au moment culminant de la passion, sur la croix; là, avant de mourir, Jésus dira: «J'ai soif» (Jn 19, 28). Cette soif de l’amour qui l’a conduit à descendre, à s’abaisser, à être l’un de nous.
Mais le Seigneur, qui demande à boire, est Celui qui donne à boire: en rencontrant la Samaritaine, il lui parle de l'eau vive de l'Esprit Saint et, sur la croix, du sang et de l'eau sortent de sa côte transpercée (cf. Jn 19, 34). Jésus, assoiffé d'amour, étanche notre soif par l'amour. Et il fait avec nous comme avec la Samaritaine: il vient à nous dans notre vie quotidienne, il partage notre soif, il nous promet l'eau vive qui fait jaillir en nous la vie éternelle (cf. Jn 4, 14).
Donne-moi à boire. Il y a un deuxième aspect. Ces paroles ne sont pas seulement une requête de Jésus à la Samaritaine, mais un appel — parfois silencieux — qui s'élève chaque jour vers nous et nous demande de prendre soin de la soif des autres. Donne-moi à boire, nous disent ceux qui — dans la famille, sur le lieu de travail, dans les autres lieux que nous fréquentons — ont soif de proximité, d'attention, d'écoute; ceux qui ont soif de la Parole de Dieu et qui ont besoin de trouver dans l'Eglise une oasis où ils peuvent s'abreuver nous le disent. Donne-moi à boire est l'appel de notre société, où la précipitation, la course à la consommation et surtout l'indifférence, cette culture de l’indifférence, génèrent l'aridité et le vide intérieur. Et — ne l'oublions pas — donne-moi à boire est le cri de tant de frères et sœurs qui manquent d'eau pour vivre, alors que l’on continue de polluer et de défigurer notre maison commune; et elle aussi, épuisée et desséchée, «a soif».
Face à ces défis, l'Evangile d'aujourd'hui offre à chacun de nous l'eau vive qui peut faire de nous un point d’eau pour les autres. Ainsi, comme la Samaritaine, qui a laissé son amphore au puits et est allée appeler les gens du village (cf. v. 28), nous aussi, nous ne penserons plus seulement à satisfaire notre soif, notre soif matérielle, intellectuelle ou culturelle, mais avec la joie d'avoir rencontré le Seigneur, nous pourrons satisfaire la soif des autres; donner un sens à la vie des autres, non pas comme maîtres, mais comme serviteurs de cette Parole de Dieu qui nous a désaltérés, qui nous désaltère constamment; nous pourrons comprendre leur soif et partager l'amour qu'Il nous a donné. J’ai envie de poser cette question, à moi et à vous: sommes-nous capables de comprendre la soif des autres? La soif des gens, la soif de tant de personnes de ma famille, de mon quartier? Aujourd'hui, nous pouvons donc nous demander: ai-je soif de Dieu, est-ce que je me rends compte que j'ai besoin de son amour comme de l'eau pour vivre? Et ensuite: moi qui ai soif, est-ce que je me préoccupe de la soif des autres, de la soif spirituelle, de la soif matérielle?
Que la Vierge intercède pour nous et nous soutienne sur notre chemin.
ANGÉLUS, Dimanche 19 mars 2023
Aujourd’hui, l’Evangile nous montre Jésus rendant la vue à un homme aveugle de naissance (cf. Jn 9, 1-41). Mais ce miracle est mal perçu par plusieurs personnes et groupes. Voyons cela en détail.
Mais auparavant, je voudrais vous dire: aujourd’hui, prenez l’Evangile de Jean et lisez vous-mêmes ce miracle de Jésus, la façon dont Jean le raconte est très belle. Chapitre 9, on le lit en deux minutes. Il fait voir la façon dont Jésus procède et dont le cœur humain procède: le cœur humain bon, le cœur humain tiède, le cœur humain craintif, le cœur humain courageux. Le chapitre 9 de l’Evangile de Jean. Faites-le aujourd’hui, il vous aidera beaucoup. Et de quelle façon les personnes accueillent ce signe?
Il y a tout d’abord les disciples de Jésus qui, face à l’aveugle de naissance, finissent par tomber dans les commérages: ils se demandent si la faute en revient à ses parents ou à lui-même (cf. v. 2). Ils cherchent un coupable; et nous tombons souvent dans cela, c’est si commode; chercher un coupable, au lieu de se poser des questions difficiles dans la vie. Et aujourd’hui, nous pouvons dire: que signifie pour nous la présence de cette personne, qu’est-ce qu’elle nous demande? Une fois que la guérison a eu lieu, les réactions se multiplient. La première est celle des voisins, qui sont sceptiques: «Cet homme a toujours été aveugle: il n’est pas possible qu’il voie maintenant, ce ne peut pas être lui!, c’est quelqu’un d’autre»: scepticisme (cf. v. 8-9). Pour eux, c’est inacceptable, il aurait mieux valu laisser les choses en l’état (cf. v. 16) et ne pas se créer ce problème. Ils ont peur, ils craignent les autorités religieuses et ne se prononcent pas (cf. v. 18-21). Dans toutes ces réactions, émergent des cœurs fermés devant le signe envoyé par Jésus, pour diverses raisons: parce qu’ils cherchent un coupable, parce qu’ils ne savent pas s’émerveiller, parce qu’ils ne veulent pas changer, parce qu’ils sont bloqués par la peur. Et tant de situations ressemblent à celle-ci aujourd’hui. Devant une chose qui est précisément un message de témoignage d’une personne, c’est un message de Jésus, nous tombons dans cela: nous cherchons une autre explication, nous ne voulons pas changer, nous cherchons une issue plus élégante qu’accepter la vérité.
Le seul qui réagit bien est l’aveugle: heureux de voir, il témoigne de ce qui lui est arrivé de la manière la plus simple: «J’étais aveugle et à présent je vois» (v. 25). Avant, il était obligé de demander l’aumône et subissait les préjugés des gens: «il est pauvre et aveugle de naissance, il doit souffrir, il doit payer pour ses péchés ou ceux de ses ancêtres». Maintenant, libre de corps et d’esprit, il témoigne de Jésus: il n’invente rien et ne cache rien. «J’étais aveugle et à présent je vois». Il n’a pas peur de ce que les autres diront: il a déjà connu toute sa vie le goût amer de la marginalisation, il a déjà senti sur sa personne l’indifférence, le mépris des passants, de ceux qui le considéraient comme un rebut de la société, utile tout au plus pour le piétisme de quelques aumônes. A présent, guéri, il ne craint plus ces comportements méprisants, parce que Jésus lui a donné sa pleine dignité. Et cela est clair, cela arrive toujours: quand Jésus nous guérit, il nous redonne la dignité, la dignité de la guérison de Jésus, pleine, une dignité qui vient du fond du cœur, qui prend toute la vie; et Lui, le jour du sabbat, devant tout le monde, il l’a libéré et lui a rendu la vue sans rien lui demander, pas même un merci, et il en témoigne. C’est la dignité d’une personne noble, d’une personne qui se sait guérie et reprend, renaît; cette renaissance dans la vie, dont il était question aujourd’hui dans «A Sua Immagine»: renaître.
Frères, sœurs, avec tous ces personnages, l’Evangile d’aujourd’hui nous place nous aussi au centre de la scène, pour que nous nous demandions: quelle position prenons-nous, qu’aurions-nous dit à ce moment-là? Et surtout, que faisons-nous aujourd’hui? Comme l’aveugle, savons-nous voir le bien et être reconnaissants pour les dons que nous recevons? Je me demande: comment est ma dignité, comment est ta dignité? Témoignons-nous de Jésus ou bien répandons-nous des critiques et des soupçons? Sommes-nous libres face aux préjugés ou nous associons-nous à ceux qui répandent la négativité et les commérages? Sommes-nous heureux de dire que Jésus nous aime, qu’il nous sauve ou bien, comme les parents de l’aveugle de naissance, nous laissons-nous enfermer dans la peur de ce que les gens vont penser? Les gens au cœur tiède, qui n’acceptent pas la vérité et n’ont pas le courage de dire: «Non, ce n’est pas comme cela». Et encore, comment accueillons-nous les difficultés et l’indifférence des autres? Comment accueillons-nous les personnes qui ont de nombreuses limitations dans la vie? Qu’elles soient physiques, comme cet aveugle; qu’elles soient sociales, comme les mendiants que nous rencontrons dans la rue? Et est-ce que nous accueillons cela comme une malédiction ou comme une occasion d’être proches d’eux avec amour?
Frères et sœurs, demandons aujourd’hui la grâce de nous émerveiller chaque jour des dons de Dieu et de voir les diverses circonstances de la vie, même les plus difficiles à accepter, comme des occasions de faire le bien, comme Jésus l’a fait avec l’aveugle. Que la Vierge nous y aide, avec saint Joseph, homme juste et fidèle.
ANGÉLUS, Dimanche 26 mars 2023
Aujourd’hui, cinquième dimanche de Carême, l’Evangile nous présente la résurrection de Lazare (cf. Jn 11, 1-45). C’est le dernier des miracles de Jésus racontés avant Pâques: la résurrection de son ami Lazare. Lazare est un ami proche de Jésus, qui sait qu’il est sur le point de mourir; il se met en route, mais arrive chez lui quatre jours après l’enterrement, lorsque tout espoir est perdu. Sa présence ravive cependant un peu de confiance dans le cœur de ses sœurs Marthe et Marie (cf. vv. 22.27). Elles s’accrochent à cette lumière, à cette petite espérance, même dans la douleur. Et Jésus les invite à avoir la foi et leur demande d’ouvrir le tombeau. Puis il prie le Père et crie à Lazare: «Viens dehors!» (v. 43). Ce dernier revient à la vie et sort. C’est le miracle, ainsi, simple.
Le message est clair: Jésus donne la vie même quand il semble n’y avoir plus d’espoir. Il arrive parfois que l’on se sente désespéré — cela est arrivé à tous — ou que l’on rencontre des personnes qui ont cessé d’espérer, qui sont amères pare qu’elles ont vécu des choses difficiles, leur cœur blessé ne peut plus espérer. A cause d’une perte douloureuse, d’une maladie, d’une déception amère, d’un tort ou d’une trahison subis, d’une erreur grave commise.... Elles ont cessé d’espérer. Parfois, nous entendons des personnes dire: «Il n’y a plus rien à faire!» et elles ferment la porte à toute espérance. Ce sont des moments où la vie ressemble à un tombeau fermé: tout est sombre, on ne voit autour de soi que tristesse et désespoir. Le miracle d’aujourd’hui, nous dit que ce n’est pas le cas, que dans ces moments-là, nous ne sommes pas seuls, au contraire, c’est précisément dans ces moments-là qu’Il se fait plus proche que jamais pour nous redonner vie. Jésus pleure: l’Evangile dit que Jésus, devant le tombeau de Lazare, a pleuré, et aujourd’hui, Jésus pleure avec nous, comme il a pu pleurer pour Lazare: l’Evangile répète deux fois qu’il a été pris d’émotion (cf. v. 33.38) et souligne qu’il se mit à pleurer (cf. v. 35). Dans le même temps, Jésus nous invite à ne pas cesser de croire et d’espérer, à ne pas nous laisser écraser par des sentiments négatifs, qui ôtent les larmes. Il s’approche de nos tombeaux et nous dit, comme alors: «Enlevez la pierre» (v. 39). Dans ces moments, nous avons comme une pierre à l’intérieur et le seul capable de l’enlever est Jésus, avec ses paroles: «Enlevez la pierre».
C’est ce que Jésus nous dit aussi à chacun de nous. Enlevez la pierre: la douleur, les erreurs, même les échecs, ne les cachez pas à l’intérieur, dans une pièce sombre, solitaire et fermée. Enlevez la pierre: sortez tout ce qu’il y a à l’intérieur, «Mais j’ai honte». Jetez-le en moi avec confiance, dit le Seigneur, je ne me scandalise pas: jetez-le en moi sans crainte, parce que je suis avec vous, je vous aime et je veux que vous reveniez à la vie. Et, comme à Lazare, il répète à chacun de nous: Viens dehors! Lève-toi, remets-toi sur le chemin, reprends confiance! Combien de fois, dans la vie, nous sommes-nous retrouvés ainsi, dans cette situation de ne pas avoir la force de nous relever. Et Jésus dit: «Va, avance! Je te prendrai par la main, dit Jésus, comme lorsque tu étais enfant, tu apprenais à faire ses premiers pas. Cher frère, chère sœur, enlève les bandelettes qui te lient (cf. v. 45), s’il te plaît, ne cède pas au pessimisme qui déprime, ne cède pas à la peur qui isole, ne cède pas au découragement provoqué par le souvenir des mauvaises expériences, ne cède à la peur qui paralyse. Jésus nous dit: «Je te veux libre, je te veux vivant, je ne t’abandonne pas et je suis avec toi! Tout est obscur mais je suis avec toi! Ne te laissez pas emprisonner par la douleur, ne laissez pas mourir l’espérance. Frère, sœur, reviens à la vie!» — «Et comment puis-je le faire?» — «Prends ma main. Laisse-toi sortir dehors: et Lui est capable de le faire. Dans ces mauvais moments qui nous arrivent à tous.
Chers frères et sœurs, ce passage du chapitre 11 de l’Evangile de Jean qu’il fait beaucoup de bien de lire, est un hymne à la vie, et nous le proclamons quand Pâques approche. Peut-être que nous aussi, en ce moment, nous portons dans notre cœur un fardeau ou une souffrance qui semble nous écraser; quelque chose de mauvais, un vieux péché que nous n’arrivons pas à faire sortir, une erreur de jeunesse, on ne sait jamais. Ces choses mauvais doivent ressortir. Et Jésus dit: «Viens dehors!». Alors, le moment est venu d’enlever la pierre et d’aller à la rencontre de Jésus, qui est proche. Parvenons-nous à lui ouvrir notre cœur et lui confier nos préoccupations? Est-ce que nous le faisons? Parvenons-nous à ouvrir le tombeau des problèmes, en sommes-nous capables, et regarder au-delà du seuil, vers sa lumière, ou avons-nous peur de cela? Et à notre tour, en tant que petits miroirs de l’amour de Dieu, parvenons-nous à illuminer les milieux dans lesquels nous vivons avec des paroles et des gestes de vie? Témoignons-nous de l’espérance et de la joie de Jésus? Nous, pécheurs, tous? Et encore, je voudrais dire un mot aux confesseurs: chers frères, n’oubliez pas que vous aussi vous êtes pécheurs, et vous êtes au confessionnel non pas pour torturer, mais pour pardonner, et pardonner tout, comme le Seigneur pardonne tout; Que Marie, Mère de l’Espérance, renouvelle en nous la joie de ne pas nous sentir seuls et l’appel à apporter la lumière dans les ténèbres qui nous entourent.
REGINA CÆLI, Lundi de l'Ange, 10 avril 2023
Aujourd’hui, l’Evangile nous fait revivre la rencontre des femmes avec Jésus ressuscité, au matin de Pâques. Il nous rappelle ainsi que ce furent elles, les disciples, qui ont été les premières à le voir et à le rencontrer.
Nous pouvons nous demander: pourquoi elles? Pour une raison très simple: parce qu’elles ont été les premières à se rendre au tombeau. Comme tous les disciples, elles aussi souffraient de la façon dont l’histoire de Jésus semblait s’être terminée; mais, contrairement aux autres, elles ne sont pas restées chez elles, paralysées par la tristesse et la peur: de bon matin, au lever du soleil, elles sont allées honorer le corps de Jésus, munies d’onguents aromatiques. Le tombeau avait été scellé et elles se demandent qui aurait pu enlever cette si lourde pierre (cf. Mc 16, 1-3). Mais leur volonté d’accomplir ce geste d’amour l’emporte sur tout le reste. Elles ne se découragent pas, elles sortent de leurs peurs et de leurs angoisses. C’est ainsi que l’on rencontre le Ressuscité: sortir de nos peurs, sortir de nos angoisses.
Reparcourons la scène décrite dans l’Evangile: les femmes arrivent, voient le tombeau vide et, «avec crainte et grande joie», elles courent — dit le texte — «annoncer la nouvelle à ses disciples» (Mt 28, 8). Or, précisément au moment où elles s’apprêtent à faire cette annonce, Jésus vient à leur rencontre. Soyons attentifs à ceci: Jésus va à leur rencontre au moment où elles vont l’annoncer. Cela est beau: Jésus les rencontre au moment où elles vont l’annoncer. Quand nous annonçons le Seigneur, le Seigneur vient à nous. Parfois, nous pensons que la manière d’être proche de Dieu est de le garder près de nous; parce qu’ensuite, si nous nous exposons et que nous en parlons, les jugements et les critiques arrivent, et peut-être que nous ne savons pas comment répondre à certaines questions ou provocations, et alors il vaut mieux ne pas en parler et se fermer: non, cela n’est pas bon! Au contraire, le Seigneur vient quand nous l’annonçons. On rencontre toujours le Seigneur sur le chemin de l’annonce. Annoncez le Seigneur et vous le trouverez. Cherchez le Seigneur et vous le trouverez. Toujours en chemin, c’est ce que nous enseignent les femmes: on rencontre Jésus en témoignant de lui. Gardons cela dans notre cœur: on trouve Jésus en témoignant de lui.
Donnons un exemple. Il nous est peut-être arrivé un jour de recevoir une nouvelle merveilleuse, comme par exemple la naissance d’un enfant. L’une des premières choses que nous faisons est alors de partager cette heureuse annonce avec nos amis: «Tu sais, j’ai eu un bébé... c’est magnifique». Et en le leur disant, nous nous le répétons aussi à nous-mêmes et, d’une certaine manière, nous le rendons encore plus vivant en nous. Si cela se produit avec les bonnes nouvelles, de tous les jours ou de certains jours importants, cela se produit infiniment plus avec Jésus, qui n’est pas seulement une bonne nouvelle, ni même la meilleure nouvelle de la vie, non, mais il est la vie elle-même, il est «la résurrection et la vie» (Jn 11, 25). Chaque fois que nous l’annonçons, non pas en faisant de la propagande ou du prosélytisme — cela non: annoncer est une chose, faire de la propagande ou du prosélytisme en est une autre. Le chrétien annonce, ceux qui ont d’autres objectifs font du prosélytisme et ce n’est pas bien — chaque fois que nous proclamons, le Seigneur vient à notre rencontre. Il vient mais avec respect et amour, comme le don le plus beau à partager. Jésus demeure en nous encore plus chaque fois que nous l’annonçons.
Pensons encore une fois aux femmes de l’Evangile: la pierre était scellée et malgré cela, elles vont au tombeau; une ville entière avait vu Jésus sur la croix et pourtant elles vont dans la ville pour l’annoncer vivant. Chers frères et sœurs, lorsque l’on rencontre Jésus, aucun obstacle ne peut nous empêcher de l’annoncer. En revanche, si nous gardons pour nous sa joie, c’est peut-être parce que nous ne l’avons pas encore vraiment rencontré.
Frères, sœurs, face à l’expérience des femmes, nous nous demandons: Dis-moi, quand as-tu témoigné de Jésus pour la dernière fois? Quand ai-je témoigné de Jésus pour la dernière fois? Qu’est-ce que je fais aujourd’hui pour que les personnes que je rencontre reçoivent la joie de son annonce? Et encore: quelqu’un peut-il dire: cette personne est sereine, est heureuse, est bonne parce qu’elle a rencontré Jésus? Peut-on dire cela de chacun de nous? Demandons à la Sainte Vierge de nous aider à être de joyeux hérauts de l’Evangile.
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