Histoire de saint Timothée et saint Tite
Saint Timothée et saint Tite, compagnons de voyage et amis de saint Paul, furent choisis par l’Apôtre pour gouverner, l’un l’Église d’Éphèse et l’autre l’Église de Crète. Autrefois, le premier était fêté le 24 janvier et le second le 4 janvier.
Saint Thimothée :
Timothée (né à Lystres - Éphèse 97)
Le jeune disciple de Paul
Il fut un ambassadeur extraordinaire de Paul auprès des nouvelles communautés chrétiennes.
Le père de Timothée était grec et sa mère, Eunice, Juive convertie. Enfant, Timothée étudia lui-même les Écritures juives. Il fut converti et devint le disciple de Paul quand celui-ci vint prêcher à Lystres. Ensuite il l'accompagna dans ses voyages comme ami et collègue de travail (Actes 16, 1-5). Sur le conseil de Paul, lui, fils d'un père grec, se fit circoncire pour être plus facilement accepté des Juifs chrétiens. Il accompagna Paul lors de son deuxième voyage missionnaire lorsque ce dernier fut obligé de fuir Bérée à cause de l'hostilité qu'il y rencontrait. Mais Timothée resta dans la ville pendant quelque temps. Puis il fut envoyé par Paul en Thessalonique pour encourager les chrétiens persécutés et pour lui rendre compte de leurs progrès. Quand Paul retrouva Timothée à Corinthe, ce compte rendu le décida à écrire la première épître aux Thessaloniciens.
Le premier évêque d'Éphèse
En 58, Timothée partit en Macédoine et à Corinthe avec Eraste pour contrôler l'enseignement et la vie des Églises. Plus tard il accompagna Paul en Macédoine et en Achaïe dans une tournée de prédication. Il était probablement toujours avec Paul lors de son premier emprisonnement à Césarée, et ensuite à Rome. Il fut lui-même emprisonné, mais brièvement. Une légende tenace, rapportée par Eusèbe, prétend qu'il devint alors le premier évêque d'Éphèse. Il y reçut deux lettres pastorales de Paul l'encourageant à conserver une saine doctrine et à administrer son Église avec fermeté malgré sa jeunesse. On pense que la première fut écrite de Macédoine vers 65 et la seconde pendant que Paul attendait son exécution à Rome.
Sa mort et son culte
Un apocryphe du IIe siècle, les Actes de Timothée, raconte son martyre à Éphèse il se serait opposé aux fêtes trop licencieuses en l'honneur de Diane (certains disent en l'honneur de Dionysos). Il fut lapidé et frappé à coups de bâton jusqu'à ce que mort s'ensuive. Il fut enterré à Éphèse. Puis en 365, ses reliques furent transférées dans un tombeau à Constantinople. De nombreuses guérisons miraculeuses eurent lieu sur sa tombe et furent rapportées par Jérôme et par Jean Chrysostome. Parc e que saint Paul lui avait conseillé de '~ prendre un peu de vin en mangeant, pour soigner son estomac, Timothée est traditionnellement invoqué en cas de maux de ventre. Il est habituellement représenté avec un gourdin et une pierre.
Saint Tite :
Né dans le paganisme, aurait été, selon une ancienne tradition, de parents nobles, de la race royale de Minos, roi de Crète. Cette même tradition ajoute qu’il aurait fait de solides études en lettres profanes quand il aurait entendu une voix mystérieuse lui ordonnant de quitter son pays et de sauver son âme, ajoutant que la science profane des Grecs lui serait peu utile pour son salut. Il aurait attendu un an au bout duquel la même voix lui aurait dit de lire les Écritures des Hébreux. Son oncle, proconsul de Crète, ayant appris la naissance du Messie d’Israël, l’aurait envoyé à Jérusalem où il aurait connu le Seigneur qui l’aurait compté parmi ses soixante-douze disciples. Témoin de la vie publique de Jésus, de sa Passion, de sa Résurrection et de son Ascension, il aurait été consacré par les Apôtres et adjoint à saint Paul.
Plus probablement, on pense que Tite, né païen, fut converti par saint Paul qui, quatorze ans plus tard, l’ayant rencontré à Antioche, l’emmène jusqu’à Jérusalem où il assiste au fameux « concile » qui rejette la circoncision des païens. À partir de ce moment là, il accompagne saint Paul dans ses voyages et lui sert de messager, singulièrement vers les communautés de Corinthe et d’Éphèse. Après la première captivité de saint Paul, il aborda en Crète avec l’Apôtre qui l’y laissa jusqu’à ce qu’il l’envoie en Dalmatie. Après le martyre de saint Paul, Tite revint en Crète où, disent les byzantins, il mourut dans un âge très avancé (quatre-vingt-quatorze ans). Le corps de saint Tite resta dans la cathédrale de Gortyne jusqu’à ce que la cité fût détruite par les musulmans (823) ; on ne retrouva que la tête de Tite qui fut transportée à Venise où elle est vénérée à Saint-Marc.