Lettre au pape Urbain VI. (Sainte CATHERINE de Sienne)
Très saint et très doux Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus Christ, je vous écris avec le désir de vous voir le vrai et légitime pasteur et chef de vos brebis. Oui, très saint Père, quand vous avez à mettre des pasteurs dans le jardin de la sainte Église, que ce soit des personnes qui cherchent Dieu, et non les honneurs; et que le chemin qu'ils prennent pour arriver soit la vérité, et non le mensonge. Ô très saint Père, soyez patient quand on vous dit ces choses, parce qu'elles ne sont dites que pour l'honneur de Dieu et votre salut, comme doit le faire le fils qui aime tendrement son père il ne peut souffrir qu'on fasse une chose qui serait un tort ou une honte pour son père, et il veille toujours avec elle, parce qu'il sait qu'un père qui gouverne une grande famille ne peut voir plus qu'un homme, et qu'alors, Si ses enfants légitimes ne veillaient point à son honneur et à ses intérêts, il serait bien souvent trompé. Il en est ainsi pour vous, très saint Père : vous êtes le père et le seigneur de toute la chrétienté. Nous sommes tous sous les ailes de votre Sainteté. Votre autorité s'étend à tout; mais votre vue est bornée comme celle de l'homme, et c'est une nécessité que vos enfants voient et fassent, dans la sincérité de leur cœur et sans aucune crainte servile, tout ce qui est utile à l'honneur de Dieu, au vôtre, et au salut des brebis qui sont sous votre houlette.
Je sais que votre sainteté désire ardemment avoir des auxiliaires qui puissent lui servir, mais il faut pour cela les écouter avec patience.