Biographie de saint Athanase
Saint Athanase, né vers 295, connut dans son enfance les dernières persécutions. Il était sans doute déjà diacre de l’évêque Alexandre d’Alexandrie lorsqu’il écrivit le « Contra gentes et de incanatione Verbi » qui est à la fois une apologie contre les païens et un exposé des motifs de l’Incarnation. Diacre, il accompagna au concile de Nicée (325) son évêque auquel il succèda en juin 328.
Energique, intelligent et instruit, il visita entièrement tout son diocèse fort agité par les hérétiques ariens et mélitiens. Après avoir deux fois refusé à l’empereur Constantin de recevoir Arius, il dut se disculper des accusations des mélétiens à Nicomédie (332) et à Césarée de Palestine (333). Refusant une troisième fois de réconcilier Arius, Athanase fut cité à comparaître devant le concile de Tyr (335) d’où, n’ayant trouvé que des ennemis, il s’enfuit à Constantinople pour plaider sa cause devant l’Empereur qui le condamna à l’exil.
Pendant qu’Athanase, déposé par le concile de Tyr, était en exil à Trêves, les troubles étaient si forts à Alexandrie qu’on n’osa pas lui nommer un successeur. Après la mort de Constantin I° (22 mai 337), Constantin II le rendit à son diocèse (17 juin 337) où il arriva le 23 novembre 337. Les ariens élirent Grégoire de Cappadoce qui, avec l’appui du préfet d’Egypte, s’empara des églises d’Alexandrie qu’Athanase dut quitter (mars 339). Réfugié à Rome, il fut réhabilité par un concile réuni sous la pape Jules I° mais il dut attendre la mort de son compétiteur et l’amnistie de l’empereur Constance pour rentrer dans son diocèse (21 octobre 346). Constance reprit les hostilités contre Athanase qui fut de nouveau chassé d’Alexandrie (356) et dut se réfugier dans la campagne égyptienne jusqu’à la mort de l’Empereur dont le successeur, Julien, rappela immédiatement les exilés (361). Rentré le 21 février 362, Athanase fut encore condamné à l’exil le 23 octobre 362 mais Julien ayant été tué dans la guerre contre les Perses (26 juin 363), son successeur, Jovien, vrai catholique, le rappela. Jovien mourut accidentellement (février 364) et son successeur, Valens, arien, chassa de nouveau Athanase d’Alexandrie le 5 octobre 365 où il l’autorisera à revenir le 1° février 366. Athanase mourut dans la nuit du 2 au 3 mai 373.
Ses œuvres et son culte
Athanase écrivit de nombreux ouvrages ceux qui défendent la doctrine orthodoxe ont eu la plus grande influence. Mais il y a aussi sa Vie de saint Antoine et quelques autres ouvrages importants (tel son Contra Arianos, qui fut assez controversé) et différentes lettres à des moines. Le Credo qui porte son nom n'est sans doute pas de lui, mais il porte la marque de son enseignement. Il fait partie encore aujourd'hui de la liturgie chrétienne occidentale. Athanase, docteur de l'Église grecque, est habituellement représenté dans ses vêtements épiscopaux, debout devant un hérétique vaincu et tenant un livre ouvert à la main.
Le symbole de saint Athanase
C'est le Credo qu'une tradition très ancienne lui attribue parce qu'il est un résumé parfait de la doctrine qu'Athanase a mise on forme. Il est composé de deux parties tellement distinctes qu'on a parfois cru qu'il s'agissait de deux textes l'un traite de la Trinité, l'autre de l'incarnation. La doctrine de la Trinité ne doit guère moins à saint Athanase que celle de l'incarnation. Le symbole est appelé Quicumque, premier mot du texte on latin que l'on traduit ainsi : Oui veuf le salut avant tout... En fait il est très probable que ce texte a été écrit au Vème siècle en Gaule et dans la région d'Arles.
Il n'est, semble-t-il, connu au départ que dans cette région. Au vie siècle, il pénètre on Afrique : saint Fulgence, mort on 533, utilise des expressions qui en proviennent. Au Vile siècle, il est cité au concile de Tolède, et le concile d'Autun, vers 670, impose aux
clercs de l'étudier et de s'en pénétrer. Au VIIIème siècle, saint Boniface l'impose on Allemagne comme chant d'église. Au X-e siècle, le synode de Reims, on 852, prescrit aux clercs de le savoir par cœur, de le comprendre et de pouvoir l'expliquer. L'évêque de Bâle on ordonne la récitation chaque dimanche au bréviaire. Aux Xème et XIème siècles, on le récite tous les jours. Il est introduit dans la prière publique et tout le monde le considère comme règle de foi à l'égal des décisions des conciles.
Au XIIIème siècle, saint Thomas, dans la Somme théologique, le qualifie d'autorité à laquelle il n'y a rien à répliquer. Au XVIème siècle, Luther dira que depuis les apôtres rien de plus important ni de plus magistral n'a jamais été écrit . Enfin les anglicans l'ont fait entrer dans leur livre de prière commune.