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HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI, Dimanche 23 octobre 2011
Vénérés frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce, chers frères et sœurs !
La Parole du Seigneur, qui vient de retentir dans l’Évangile, nous a rappelé que toute la Loi divine se résume dans l’amour. L’évangéliste Matthieu raconte que les pharisiens, après que Jésus eut répondu aux saducéens en leur fermant la bouche, se réunirent pour le mettre à l’épreuve (cf. 22, 34-35). L’un de ces interlocuteurs, un docteur de la loi, lui demanda : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? » (v. 36). À la question, intentionnellement insidieuse, Jésus répondit avec une simplicité absolue : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement » (vv. 37-38). En effet, l’exigence principale pour chacun de nous est que Dieu soit présent dans notre vie. Il doit, comme le dit l’Écriture, pénétrer toutes les couches de notre être et le remplir complètement : le cœur doit le connaître et se laisser toucher par Lui ; de même que l’âme, les énergies de notre volonté et de notre pouvoir de décision, ainsi que l’intelligence et la pensée. Il faut pouvoir dire comme saint Paul : « Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).
Immédiatement après, Jésus ajoute quelque chose qui, en vérité, n’avait pas été demandé par le docteur de la loi : « Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (v. 39). En déclarant que le second commandement est semblable au premier, Jésus laisse entendre que la charité envers le prochain est aussi importante que l’amour pour Dieu. En effet, le signe visible que le chrétien peut montrer pour témoigner au monde de l’amour pour Dieu, est l’amour pour nos frères. Comme apparaît alors providentiel le fait que, précisément aujourd’hui, l’Église indique à tous ses membres trois nouveaux saints qui se sont laissés transformer par la charité divine et qui ont inspiré toute leur existence à celle-ci. Dans différentes situations et avec divers charismes, ils ont aimé le Seigneur de tout leur cœur et leur prochain comme eux-mêmes, « devenant ainsi un modèle pour tous les croyants » (cf. 1 Th 1, 7).
Le Psaume 17, qui vient d’être proclamé, invite à s’abandonner avec confiance entre les mains du Seigneur, qui est « fidèle à son messie » (v. 51).
Dans la deuxième lecture, nous avons écouté un passage de la Première lettre aux Thessaloniciens, un texte qui utilise la métaphore du travail manuel pour décrire le travail évangélisateur. Lorsque saint Paul écrit sa lettre, il travaille pour gagner son pain ; il paraît évident, en raison du ton et des exemples employés, que c’est dans son atelier qu’il prêche et rencontre les premiers disciples. L’apôtre continue en disant dans sa lettre que l’amour qui nourrit comporte pour la communauté des efforts et des peines, car il signifie toujours imiter le don de soi du Christ aux hommes, sans rien attendre et sans rien chercher d’autre que de plaire à Dieu.