Messe du Pape François à Sainte-Marthe, Vendredi 26 juin 2015
Réduisons les distances
Se rapprocher des personnes mises de côté, réduire les distances au point de les toucher sans avoir peur de se salir : telle est la « proximité chrétienne » que nous a concrètement montrée Jésus en libérant le lépreux de l’impureté de la maladie et également de l’exclusion sociale. À tout chrétien, et à l’Église tout entière, le Pape a demandé d’avoir cette attitude de « proximité » lors de la dernière Messe avant l’interruption de l’été. La prochaine célébration est prévue mardi 1er septembre. « Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses se mirent à le suivre » : François a répété précisément les premières paroles de l’Évangile de Matthieu (8, 1-4) proposé par la liturgie. Et de ce fait, ces gens se mirent à suivre Jésus sans se lasser de l’écouter. Toutefois, « il y avait des gens qui ne le suivaient pas : ils le regardaient de loin, avec curiosité », en se demandant : « Mais qui est cet homme ? ». Du reste, « ils n’avaient pas entendu ses catéchèses qui surprenaient tant ». Et ainsi, il y avait des « gens qui regardaient depuis le trottoir » et « il y en avait d’autres qui ne pouvaient pas s’approcher : cela leur était interdit par la loi, car ils étaient “impurs” ». Il y avait parmi eux le lépreux dont parle Matthieu dans l’Évangile. « Ce lépreux ressentit dans son cœur l’envie de s’approcher de Jésus : il prit son courage à deux mains et s’approcha ». Mais « c’était un marginalisé », et donc « il ne pouvait pas le faire ». Néanmoins, « il avait foi en cet homme, il prit son courage à deux mains et s’approcha », en lui adressant « simplement sa prière : “Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier” ». Il dit cela « car il était “impur” ». En effet, « la lèpre était une condamnation à vie ». Et « guérir un lépreux était aussi difficile que de ressusciter un mort : c’est pour cela qu’on les mettait de côté, ils étaient tous là, ils ne pouvaient se mélanger avec les gens ». Il y avait cependant, a poursuivi François, « aussi les personnes marginalisées de leur plein gré, les docteurs de la loi qui regardaient toujours avec cette envie de mettre Jésus à l’épreuve pour le faire glisser et ensuite le condamner ». Au contraire, le lépreux savait qu’il était « impur, malade, et il s’est approché ». Et « Jésus, qu’a-t-il fait ? ». Il n’est pas resté immobile, sans le toucher, mais s’est approché encore davantage et lui a tendu la main en le regardant. « Proximité » est un « mot très important : on ne peut faire de communauté sans proximité, on ne peut faire le bien sans s’approcher ». En réalité, Jésus aurait pu lui dire : « Sois guéri ! ». Il s’est au contraire approché et l’a touché. « Plus encore : au moment où Jésus toucha l’impur, il devint impur ». Et « tel est le mystère de Jésus : il prend sur lui notre saleté, nos choses impures ». « Bien souvent, je pense qu’il est, je ne dis pas impossible, mais très difficile, de faire le bien sans se salir les mains ». Et « Jésus se salit » par sa « proximité ». Mais ensuite, raconte Matthieu, il alla bien au-delà, en disant à l’homme libéré de la maladie : « Va voir les prêtres et fais ce que l’on doit faire lorsqu’un lépreux est guéri ». En somme, « celui qui était exclu de la vie sociale, Jésus l’inclut : il l’inclut dans l’Église, il l’inclut dans la société ». Il lui recommande : « Va, afin que toutes les choses soient comme elles doivent être ». Donc, « Jésus ne met jamais personne au rebut, jamais ! ». De plus, Jésus « se met lui-même au rebut pour inclure les laissés-pour-compte, pour nous inclure nous, pécheurs, laissés-pour-compte, avec sa vie ». « Belle parole que celle de la proximité, pour chacun de nous ». En suggérant que nous nous demandions : « Mais est-ce que je sais m’approcher ? Ai-je la force, ai-je le courage de toucher les laissés-pour-compte ? ». Et « également pour l’Église, les paroisses, les communautés, les personnes consacrées, les évêques, les prêtres, tous », il est bon de répondre à cette question : « Ai-je le courage de m’approcher ou est-ce que je prends mes distances ? Ai-je le courage de raccourcir les distances, comme l’a fait Jésus ? ».