CELEBRATION MATINALE RETRANSMISE EN DIRECT DEPUIS LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE
HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" La foi doit être transmise, elle doit être offerte, en particulier à travers le témoignage "
Samedi, 25 avril 2020
Introduction
Nous prions aujourd'hui pour les personnes qui accomplissent les services funéraires. Ce qu'elles accomplissent est très douloureux, très triste, et elles ressentent la douleur de cette pandémie si proche. Prions pour elles.
Homélie
Aujourd'hui, l'Eglise célèbre saint Marc, l'un des quatre évangélistes, très proche de l'apôtre Pierre. L'Evangile de Marc a été le premier à être écrit. Il est simple, un style simple, très familier. Si vous avez un peu de temps aujourd'hui, prenez-le à la main et lisez-le. Il n'est pas long et cela fait plaisir de lire la simplicité avec laquelle Marc raconte la vie du Seigneur.
Et dans l'Evangile que nous venons de lire – qui est la fin de l'Evangile de Marc – il y a l'envoi du Seigneur. Le Seigneur s'est révélé comme le Sauveur, comme le Fils unique de Dieu; il s'est révélé à tout Israël, au peuple, en particulier aux apôtres, aux disciples avec plus de détails. C'est le congé du Seigneur, le Seigneur s'en va : il partit et «fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu» (Mc 16, 19). Mais avant de partir, quand il apparut aux Onze, il leur dit: «Allez par le monde entier, proclamez la bonne nouvelle à toute la création» (Mc 16, 15). Il y a la missionnarité de la foi. La foi est missionnaire ou elle n'est pas la foi. La foi n'est pas seulement une chose pour moi, pour que je grandisse avec la foi: ce serait une hérésie gnostique. La foi te conduit toujours à sortir de toi. Sortir. La transmission de la foi; la foi doit être transmise, elle doit être offerte, en particulier à travers le témoignage: "Allez, que les gens voient comment vous vivez" (cf. v. 15).
Une personne me disait, un prêtre européen, d'une ville européenne: "Il y a tant d'incrédulité, tant d'agnosticisme dans nos villes, parce que les chrétiens n'ont pas la foi. S'ils l'avaient, ils la donneraient certainement aux personnes". La missionnarité manque. Parce qu'à la racine, la conviction manque: "Oui, je suis chrétien, je suis catholique...". Comme si c'était une attitude sociale. Sur ta carte d'identité, tu t'appelles ainsi et ainsi… et "je suis chrétien". C'est une information de la carte d'identité. Cela n'est pas la foi ! C'est quelque chose de culturel. La foi te conduit nécessairement dehors, elle te conduit à la donner: parce que la foi doit essentiellement être transmise. Elle n'est pas tranquille. "Ah, vous voulez dire, père, que nous devons tous être missionnaires et aller dans les pays lointains?". Non, c'est une partie de la missionnarité. Cela veut dire que si tu as la foi, tu dois nécessairement sortir de toi, et faire voir socialement la foi. La foi est sociale, elle est pour tous: "Allez par le monde entier, proclamez la bonne nouvelle à toute la création" (v. 15). Et cela ne veut pas dire faire du prosélytisme, comme si j'étais une équipe de football qui fait du prosélytisme, ou comme si j'étais une société de bienfaisance. Non, la foi est: "ne pas faire de prosélytisme". C'est faire voir la Révélation, pour que l'Esprit Saint puisse agir dans les personnes à travers le témoignage: comme témoin, dans le service. Le service est une manière de vivre. Si je dis que je suis chrétien et que je vis comme un païen, cela ne va pas! Cela ne convainc personne. Si je dis que je suis chrétien et que je vis en chrétien, cela attire. C'est le témoignage.
Une fois, en Pologne, un étudiant universitaire m'a demandé: "A l'université, j'ai beaucoup de camarades athées. Qu'est-ce que je dois leur dire pour les convaincre?" – "Rien, mon cher, rien! La dernière chose que tu dois faire est dire quelque chose. Commence à vivre, et eux, en voyant ton témoignage, te demanderont: ‘Mais pourquoi vis-tu ainsi?’". La foi doit être transmise: pas pour convaincre, mais pour offrir un trésor. "Il est là, vous voyez?". Et c'est également l'humilité dont parlait saint Pierre dans la première lecture: «Revêtez-vous tous d'humilité dans vos rapports mutuels, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais c'est aux humbles qu'il donne sa grâce» (1 P 5, 5). Combien de fois dans l'Eglise, au cours de l'histoire, sont nés des mouvements, des rassemblements, d'hommes ou de femmes qui voulaient convaincre les autres de la foi, convertir... De vrais "prosélytes". Et comment ont-ils finis? Dans la corruption.
Ce passage de l'Evangile est si tendre! Mais où est la certitude? Comment puis-je être sûr qu'en sortant de moi, je serai fécond dans la transmission de la foi? «Proclamez l'Evangile à toute la création» (Mc 16, 15), vous ferez des merveilles (cf. vv. 17-18). Et le Seigneur sera avec nous jusqu'à la fin du monde. Il nous accompagne. Dans la transmission de la foi, le Seigneur est toujours avec nous. Dans la transmission de l'idéologie, il y aura les maîtres, mais lorsque j'ai une attitude de foi à transmettre, le Seigneur est là qui m'accompagne. Je ne suis jamais seul dans la transmission de la foi. C'est le Seigneur qui est avec moi qui transmet la foi. Il l'a promis: "Je serai avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde" (cf. Mt 28, 20).
Prions le Seigneur pour qu'il nous aide à vivre notre foi ainsi: une foi aux portes ouvertes, une foi transparente, qui ne soit pas "prosélyte", mais qui fasse voir: "Je suis ainsi". Et avec cette saine curiosité qui aide les gens à recevoir ce message qui les sauvera.
Prière pour la communion spirituelle
A Tes pieds, ô mon Jésus, je me prosterne et je T'offre le repentir de mon cœur contrit qui demeure dans son néant et en Ta sainte présence. Je t'adore dans le Sacrement de Ton amour, l'ineffable Eucharistie. Je désire te recevoir dans la pauvre demeure que mon cœur t'offre. Dans l'attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit. Viens à moi, ô mon Jésus, que je vienne à Toi. Que Ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et pour la mort. Je crois en toi, j'espère en toi, je t'aime. Ainsi soit-il.
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HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" Jésus est notre compagnon de pèlerinage "
Dimanche, 26 avril 2020
Introduction
Nous prions aujourd'hui, au cours de cette Messe, pour toutes les personnes qui souffrent de tristesse, parce qu'elles sont seules ou parce qu'elles ne savent pas quel avenir les attend ou parce qu'elles ne peuvent pas subvenir aux besoins de leur familles car elles n'ont pas d'argent, par ce qu'elles n'ont pas de travail. Tant de personnes souffrent de tristesse. Nous prions pour elles aujourd'hui.
Homélie
Très souvent nous avons entendu que le christianisme n'est pas seulement une doctrine, n'est pas une manière de se comporter, n'est pas une culture. Si, il est tout cela, mais ce qui est le plus important, et qui vient en premier, est qu'il est une rencontre. Une personne est chrétienne parce qu'elle a rencontré Jésus Christ, elle s'est laissée rencontrer par Lui.
Ce passage de l'Evangile de Luc, nous raconte une rencontre, de manière à bien faire comprendre comment agit le Seigneur et comment est notre manière d'agir. Nous sommes nés avec une semence d'inquiétude. Dieu en a voulu ainsi: l'inquiétude de trouver la plénitude, l'inquiétude de trouver Dieu, très souvent sans même savoir que nous avons cette inquiétude. Notre cœur est inquiet, notre cœur a soif: soif de la rencontre avec Dieu. Il le cherche bien souvent sur de mauvaises routes: il se perd, il revient, il le cherche... De l'autre côté, Dieu a soif de la rencontre, au point qu'il a envoyé Jésus pour nous rencontrer, pour venir à la rencontre de cette inquiétude.
Comment agit Jésus? Dans ce passage de l'Evangile (cf. Lc 24,13-35) nous voyons bien qu'Il respecte, Il respecte notre situation, il ne va pas de l'avant. Seulement quelquefois, avec les têtus, pensons à Paul, quand il le fait tomber de son cheval. Mais d'habitude il va lentement, respectant notre rythme. C'est le Seigneur de la patience. Que de patience le Seigneur a-t-il avec nous, avec chacun de nous!
Le Seigneur marche à nos côtés, comme nous l'avons vu ici avec ces deux disciples. Il écoute nos inquiétudes, il les connaît et, à un certain moment, il nous dit quelque chose. Le Seigneur aime entendre comment nous parlons, pour bien nous comprendre et pour donner la juste réponse à cette inquiétude. Le Seigneur n'accélère pas le pas, il va toujours à notre pas, souvent lent, mais sa patience est ainsi.
Il existe une antique règle des pèlerins qui dit que le vrai pèlerin doit aller au pas de la personne la plus lente. Et Jésus est capable de cela, il le fait, il attend que nous fassions le premier pas. Et quand c'est le moment, il nous pose la question. Dans ce cas, il est clair: "Quels sont donc ces propos que vous échangez?" (cf. v. 17). Il fait semblant d'être ignorant pour nous faire parler. Il aime que nous parlions. Il aime entendre cela, il aime que nous parlions ainsi, pour nous écouter et répondre, il nous fait parler. Comme s'il ignorait tout, mais avec beaucoup de respect. Et ensuite il répond, il explique, jusqu'au point nécessaire. Là, il nous dit: «"Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire?". Et, commençant par Moïse et parcourant tous les prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait» (v. 26). Il explique, il éclaircit. Je confesse que j'éprouve de la curiosité pour savoir comment Jésus a expliqué, pour faire pareil. Cela a été une très belle catéchèse.
Et ensuite Jésus, ce même Jésus qui nous a accompagnés, qui s'est approché de nous, fait semblant d'aller plus loi, pour voir la mesure de notre inquiétude: "Non, viens, viens, reste un peu avec nous" (v. 29). Et ainsi la rencontre a lieu. Mais la rencontre n'est pas seulement le moment où le pain est rompu, ici, mais c'est tout le chemin. Nous rencontrons Jésus dans l'obscurité de nos doutes, également du doute affreux de nos péchés, et Lui est là pour aider, face à nos inquiétudes... Il est toujours avec nous.
Le Seigneur nous a accompagnés parce qu'il a envie de nous rencontrer. C'est pourquoi nous disons que le noyau du christianisme est une rencontre: c'est la rencontre avec Jésus. "Pourquoi es-tu chrétien? Pourquoi es-tu chrétienne?". Et beaucoup de gens ne savent pas le dire. Certains, par tradition. D'autres ne savent pas le dire, car ils ont rencontré Jésus, mais ils ne se sont pas aperçus que c'était une rencontre avec Jésus. Jésus nous cherche toujours. Toujours. Et nous ressentons notre inquiétude. Au moment où notre inquiétude rencontre Jésus, c'est là que commence la vie de la grâce, la vie de la plénitude, la vie du chemin chrétien.
Que le Seigneur donne à tous cette grâce de rencontrer Jésus tous les jours; de savoir, de se rendre compte que c'est précisément Lui qui marche avec nous à tous les moments. Il est notre compagnon de pèlerinage.
Prière pour la communion spirituelle
Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.
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HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
"Toujours revenir à la première rencontre"
Lundi, 27 avril 2020
Introduction
Nous prions aujourd'hui pour les artistes, qui ont cette très grande capacité de créativité et qui, au moyen de la voie de la beauté, nous indiquent la route à suivre. Que le Seigneur nous donne à tous la grâce de la créativité en ce moment.
Homélie
Les gens qui avaient écouté Jésus pendant toute la journée, et qui ensuite avaient eu la grâce de la multiplication des pains et avaient vu le pouvoir de Jésus, voulaient le faire roi. Ils allèrent d'abord trouver Jésus pour écouter sa parole et également pour demander la guérison des malades. Ils restèrent toute la journée à écouter Jésus sans s'ennuyer, sans se lasser : ils étaient là, heureux. Ensuite, quand ils ont vu que Jésus leur donnait quelque chose à manger, ce à quoi ils ne s'attendaient pas, ils ont pensé: "Mais ce serait un bon gouvernant pour nous et il serait sûrement capable de nous libérer du pouvoir des Romains et de diriger le pays". Et ils se sont enthousiasmés, voulant le faire roi. Leur intention a changé, parce qu'ils ont vu et ont pensé: "Bien… une personne qui fait ce miracle, qui donne à manger au peuple, peut être un bon gouvernant". (cf. Jn 6, 1-15) Mais ils avaient oublié, à ce moment-là, l'enthousiasme que la parole de Jésus faisait naître dans leurs cœurs.
Jésus s'éloigna et alla prier (cf. v. 15). Ces gens sont restés là et, le jour suivant, ils cherchaient Jésus, "parce qu'il doit être ici" disaient-ils, car ils avaient vu qu'il n'était pas monté dans la barque avec les autres. Et il y avait une barque là, elle était restée là… (cf. Jn 6, 22-24). Mais ils ne savaient pas que Jésus avait rejoint les autres en marchant sur les eaux (cf. vv. 16-21). Ainsi, ils se sont décidés à aller de l'autre côté du lac de Tibériade pour chercher Jésus et, quand ils l'ont vu, le premier mot qu'ils lui adressent est: «Rabbi, quand es-tu arrivé ici? » (v. 25), comme pour dire: "Nous ne comprenons pas, cela semble quelque chose d'étrange".
Et Jésus les fait revenir à leur premier sentiment, à celui qu'ils ressentaient avant la multiplication des pains, quand ils écoutaient la parole de Dieu: «En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes – comme au début, les signes de la parole, qui les enthousiasmaient, les signes de la guérison - non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain tout votre soûl» (v. 26) Jésus révèle leur intention et dit: "C'est ainsi, vous avez changé d'attitude". Et eux, au lieu de se justifier en disant: "Non, Seigneur, non…", ils ont été humbles. Jésus continue : «Travaillez, non pour la nourriture périssable, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donne le Fils de l'homme, car c'est lui que le père, que Dieu a marqué de son sceau» (Jn 6, 27). Et ces derniers, qui étaient bons, dirent : «Que nous faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu?» (v. 28). "Que vous croyiez au Fils de Dieu" (cf. v. 29). Il s'agit là d'un cas où Jésus corrige l'attitude des personnes, de la foule, car à mi-chemin elle s'était un peu éloignée du premier moment, de la première consolation spirituelle et elle avait pris un chemin qui n'était pas le bon, un chemin plus mondain qu'évangélique.
Cela nous fait penser que très souvent, dans la vie, nous commençons un chemin à la suite de Jésus, derrière Jésus, avec les valeurs de l'Evangile, et à mi-chemin nous avons une autre idée, nous voyons un signal et nous nous éloignons et nous conformons à une chose plus temporelle, plus matérielle, plus mondaine – cela est possible – et nous perdons la mémoire de ce premier enthousiasme que nous avons eu quand nous entendions Jésus parler. Le Seigneur nous fait toujours revenir à la première rencontre, au premier moment où Il nous a regardés, nous a parlés et a fait naître en nous l'envie de le suivre. C'est une grâce à demander au Seigneur, car dans la vie nous aurons toujours la tentation de nous éloigner parce que nous voyons autre chose: "Mais cela irait bien, mais cette idée est bonne...". Nous nous éloignons. La grâce de toujours revenir au premier appel, au premier moment: ne pas oublier, ne pas oublier mon histoire, quand Jésus m'a regardé avec amour et m'a dit: "Voilà ta route"; quand Jésus, au moyen de tant de personnes, m'a fait comprendre quelle était la route de l'Evangile et pas d'autres routes un peu mondaines, avec d'autres valeurs. Revenir à la première rencontre.
J'ai toujours été frappé – parmi les choses que Jésus dit le matin de la Résurrection – par ce qu'il affirme: "Allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront" (cf. Mt 28, 10), la Galilée était le lieu de la première rencontre. C'est là qu'ils avaient rencontré Jésus. Chacun de nous a sa propre "Galilée" intérieure, son propre moment où Jésus s'est approché et nous a dit: "Suis-moi". Dans la vie, il arrive ce qui est arrivé à ces gens – qui sont bons, car ensuite ils lui disent: "Mais que devons-nous faire?", ils ont immédiatement obéi – il arrive que nous nous éloignions et que nous cherchions d'autres valeurs, d'autres herméneutiques, et que nous perdions la fraîcheur du premier appel. L’auteur de la lettre aux Hébreux nous renvoie également à cela: "Rappelez-vous les premiers jours" (cf. He 10, 32). La mémoire, la mémoire de la première rencontre, la mémoire de "ma Galilée", quand le Seigneur me regarda avec amour et m'a dit: "Suis-moi".
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.
CELEBRATION MATINALE RETRANSMISE EN DIRECT DEPUIS LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE
HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" Le petit lynchage quotidien du bavardage "
Mardi, 28 avril 2020
Introduction
En ce moment, où l'on commence à avoir des dispositions pour sortir de la quarantaine, prions le Seigneur pour qu'il donne à son peuple, à nous tous, la grâce de la prudence et de l'obéissance aux dispositions, pour que la pandémie ne revienne pas.
Homélie
Dans la première lecture de ces derniers jours, nous avons écouté le récit du martyre d'Etienne: la façon dont cela s'est produit est simple. Les docteurs de la Loi ne toléraient pas la clarté de sa doctrine, et, dès qu'elle fut proclamée, ils sont allés demander à quelqu'un qu'il dise avoir entendu une personne dire qu'Etienne blasphémait contre Dieu, contre la Loi (cf. Ac 6, 11-14). Et après cela, ils s'emparèrent de lui et le lapidèrent: ainsi, tout simplement (cf. Ac 7, 57-58). C'est une structure d'action que l'on ne voit pas pour la première fois: avec Jésus aussi ils ont fait la même chose (cf. Mt 26, 60-62). Le peuple, qui était là [incertain], a cherché à le convaincre que c'était un blasphémateur et ils ont crié: «Crucifie-le!» (Mc 15, 13). C'est barbare. C'est quelque chose de barbare de partir de faux témoignages pour arriver à "faire justice". C'est le schéma. Dans la Bible aussi on trouve des cas de ce genre: on a fait la même chose à Suzanne (cf. Dn 13,1-64), on a fait la même chose à Nabot (cf. 1 R 21,1-16), ensuite Aman a cherché à faire la même chose avec le peuple de Dieu (cf. Est 3, 1-14). De fausses informations, des calomnies qui échauffent le peuple qui demande ensuite justice. C'est un lynchage, un vrai lynchage.
Ainsi, ils le conduisent devant le juge, pour que le juge donne une apparence légale à tout cela: mais il a déjà été jugé; le juge doit être très, très courageux pour aller contre un jugement "aussi populaire", fait exprès, préparé. C'est le cas de Pilate: Pilate vit clairement que Jésus était innocent, mais il vit le peuple et s'en lava les mains (cf. Mt 27,24-26). C'est une manière de faire jurisprudence. Aujourd'hui aussi nous voyons cela: aujourd'hui aussi cela arrive, dans certains pays, quand on veut faire un coup d'Etat ou "se débarrasser" de certains hommes politiques pour qu'ils ne puissent pas se présenter aux élections, on fait cela: de fausses informations, des calomnies, ensuite on s'en remet à un juge de ceux qui aiment faire jurisprudence avec ce positivisme "situationniste" qui est à la mode, et ensuite il condamne. C'est un lynchage social. C'est ce qui a été fait à Etienne, c'est ainsi que s'est passé le jugement d'Etienne: on amène pour être jugée une personne qui est déjà jugée par le peuple trompé.
C'est ce qui arrive avec les martyrs d'aujourd'hui: les juges n'ont pas la possibilité de rendre justice, parce qu'ils ont déjà été jugés. Pensons au cas d'Asia Bibi, par exemple, que nous avons vu: dix ans en prison par ce qu'elle a été jugée sur une calomnie et un peuple qui en veut la mort. Bien souvent on ne peut rien faire devant cette avalanche de fausses informations qui créent l'opinion: on ne peut rien faire.
Je pense beaucoup, à ce propos, à la Shoah. La Shoah est un cas de ce genre: une opinion a été créée contre ce peuple et, ensuite, il était normal de dire: "Oui, oui, il faut les tuer, il faut les tuer". Une manière de procéder pour "éliminer" les gens importuns, qui dérangent.
Nous savons tous que cela n'est pas bon, mais ce que nous ne savons pas c'est qu'il y a un petit lynchage quotidien qui cherche à condamner les gens, à créer une mauvaise réputation aux personnes, à les écarter, à les condamner. Le petit lynchage quotidien du bavardage qui crée une opinion. Certaines fois une personne entend médire sur quelqu'un et dit: "Mais non, cette personne est juste!" – "Non, non, on dit que…", et avec ce "on dit que" on crée une opinion pour en finir avec quelqu'un. La vérité est une autre: la vérité est le témoignage du vrai, des choses qu'une personne croit; la vérité est claire, elle est transparente. La vérité ne tolère pas les pressions. Regardons Etienne, martyr: le premier martyr après Jésus. Le premier martyr. Pensons aux apôtres: tous ont rendu témoignage. Et pensons aux nombreux martyrs, également à celui que nous fêtons aujourd'hui, saint Pierre Chanel: ce sont les bavardages qui ont créé [l’opinion] qu'il était contre le roi… On crée une réputation et il faut le tuer. Et pensons à nous, à notre langue: très souvent avec nos commentaires, nous commençons un lynchage de ce genre. Et dans nos institutions chrétiennes, nous avons vu de nombreux lynchages quotidiens qui sont nés des bavardages.
Que le Seigneur nous aide à être justes dans nos jugements, à ne pas commencer ou poursuivre cette condamnation massive que provoquent les bavardages.
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
A Tes pieds, ô mon Jésus, je me prosterne et je T'offre le repentir de mon cœur contrit qui demeure dans son néant et en Ta sainte présence. Je t'adore dans le Sacrement de Ton amour, l'ineffable Eucharistie. Je désire te recevoir dans la pauvre demeure que mon cœur t'offre. Dans l'attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit. Viens à moi, ô mon Jésus, que je vienne à Toi. Que Ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et pour la mort. Je crois en toi, j'espère en toi, je t'aime. Ainsi soit-il.
CELEBRATION MATINALE RETRANSMISE EN DIRECT DEPUIS LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE
HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" Le concret et la simplicité des petits "
Mercredi, 29 avril 2020
Introduction
C'est aujourd'hui la fête de sainte Catherine de Sienne, Docteur de l'Eglise, Patronne de l'Europe. Prions pour l'Europe, pour l'unité de l'Europe, pour l'unité de l'Union européenne: pour que tous ensemble nous puissions aller de l'avant comme des frères.
Homélie
Dans la première lettre de saint Jean apôtre, il y a beaucoup de contrastes : entre la lumière et les ténèbres, entre le mensonge et la vérité, entre le péché et l'innocence (cf. 1 Jn 1, 5-7). Mais l'apôtre appelle toujours au concret, à la vérité, et il nous dit que nous ne pouvons pas en même temps être en communion avec Jésus et marcher dans les ténèbres, parce qu'Il est Lumière. C'est une chose ou l'autre: le gris est encore pire, car le gris te fait croire que tu marches dans la lumière, parce que tu n'es pas dans les ténèbres, et cela te tranquillise. Le gris est très traître. C'est une chose ou l'autre.
L’apôtre continue: «Si nous disons : 'nous n'avons pas de péché', nous nous abusons, la vérité n'est pas en nous» (1 Jn 1, 8), car nous avons tous péché, nous sommes tous pécheurs. Et il y a là quelque chose qui peut nous tromper: en disant "nous sommes tous pécheurs", comme quelqu'un qui dit "bonjour", "bonne journée", une chose habituelle, aussi quelque chose de social, nous n'avons pas une vraie conscience du péché. Non: je suis pécheur à cause de cela, cela et cela. Le concret. Le caractère concret de la vérité: la vérité est toujours concrète; les mensonges sont éthérés, ils sont comme l'air, tu ne peux pas le saisir. La vérité est concrète. Et tu ne peux pas aller confesser tes péchés de manière abstraite: "Oui, … oui, une fois j'ai perdu la patience, une autre..., et dire des choses abstraites. "Je suis pécheur". Le concret: "J'ai fait cela, j'ai pensé cela. J'ai dit cela". Le concret est ce qui me fait vraiment sentir pécheur et pas "pécheur en l'air".
Dans l'Evangile, Jésus dit: «Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l'avoir révélé aux tout petits» (Mt 11, 25). Le concret des petits. Il est beau d'écouter les petits quand ils viennent se confesser: ils ne disent pas des choses étranges, "en l'air"; ils disent des choses concrètes, et parfois trop concrètes parce qu'elles ont cette simplicité que Dieu donne aux petits. Je me rappelle toujours d'un enfant qui, une fois, est venu me dire qu'il était triste parce qu'il s'était disputé avec sa tante… Mais ensuite, il a poursuivi. Je lui ai dit: "Mais qu'as-tu fait?" – "Eh bien, j'étais à la maison, je voulais aller jouer au ballon – c'était un enfant, eh? – mais sa tante, sa mère n'était pas là, lui a dit: «Non, tu ne sors pas, tu dois d'abord faire tes devoirs». Un mot après l'autre, j'ai fini par l'envoyer promener". C'était un enfant d'une grande culture géographique… Il m'a également dit le nom du pays où il avait envoyé sa tante se promener! Ils sont ainsi: simples, concrets.
Nous aussi, nous devons être simples, concrets: le concret te conduit à l'humilité, parce que l'humilité est concrète. "Nous sommes tous pécheurs" est une chose abstraite. Non: "Je suis pécheur à cause de cela, de cela et de cela", et cela provoque en moi la honte de regarder Jésus: "Pardonne-moi". La véritable attitude du pécheur. «Si nous disons : 'nous n'avons pas de péché', nous nous abusons, la vérité n'est pas en nous» (1 Jn 1, 8). Et une façon de dire que nous sommes sans péchés est cette attitude abstraite: "Oui, nous sommes pécheurs, oui, j'ai perdu patience une fois…", mais "tout en l'air
"
. Je ne m'aperçois pas de la réalité de mes péchés. "Mais vous savez, nous faisons tous ces choses, je suis désolé, je suis désolé… cela m'accable, je ne veux plus le faire, je ne veux plus le dire, je ne veux plus le penser". Il est important qu'en nous, nous donnions un nom à nos péchés. Le concret. Car si nous "restons en l'air", nous finirons dans les ténèbres. Devenons comme les petits, qui disent ce qu'ils sentent, ce qu'ils pensent: ils n'ont pas encore appris l'art de dire les choses en les enveloppant, pour qu'on les comprenne sans les dire. C'est un art des grands, qui parfois ne nous fait pas du bien.
Hier, j'ai reçu une lettre d'un jeune garçon de Caravaggio. Il s'appelle Andrea. Et il me racontait des choses personnelles: les lettres des adolescents, des enfants sont très belles, à cause de leur caractère concret. Et il me disait qu'il avait entendu la Messe à la télévision et qu'il devait "me reprocher" une chose: le fait que je dise : "la paix soit avec vous", "alors que tu ne peux pas dire cela, parce qu'avec la pandémie nous ne pouvons pas nous toucher". Il ne voit pas que vous [ici dans l'Eglise] vous faites un salut avec la tête et que vous ne vous touchez pas. Mais il a la liberté de dire les choses comme elles sont.
Nous aussi, avec le Seigneur, nous devons avoir la liberté de dire les choses comme elles sont: "Seigneur, je suis dans le péché: aide-moi". Comme Pierre après la première pêche miraculeuse: «Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un pécheur» (Lc 5, 8). Avoir cette sagesse du concret. Parce que le diable veut que nous vivions dans la tiédeur, tièdes, dans la grisaille: ni bons ni méchants, ni blanc ni noirs: gris. Une vie qui ne plaît pas au Seigneur. Le Seigneur n'aime pas les tièdes. Du concret. Pour ne pas être menteurs. «Si nous confessons nos péchés, il est assez fidèle et juste pour remettre nos péchés» (1 Jn 1, 9). Il nous pardonne quand nous sommes concrets. La vie spirituelle est si simple, si simple; mais nous la rendons compliquée avec ces nuances, et à la fin nous n'arrivons jamais…
Demandons au Seigneur la grâce de la simplicité et qu'il nous donne cette grâce qu'il donne aux simples, aux enfants, aux jeunes qui disent ce qu'ils sentent, qui ne cachent pas ce qu'ils sentent. Même s'il ne faudrait pas le faire, mais ils le disent. Avec Lui aussi, dire les choses: la transparence. Et ne pas vivre une vie qui n'est ni une chose ni l'autre. La grâce de la liberté pour dire ces choses et également la grâce de bien connaître qui nous sommes devant Dieu.
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.
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HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" Sans témoignage et sans prière on ne peut pas faire de prédication apostolique "
Jeudi, 30 avril 2020
Introduction
Nous prions aujourd'hui pour les défunts, pour ceux qui sont morts à cause de la pandémie; et également de manière particulière pour les défunts – appelons-les ainsi – anonymes: nous avons vu les photographies des fosses communes. Tant de personnes, tant...
Homélie
«Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire» (Jn 6, 44): Jésus rappelle que les prophètes avaient également pré-annoncé cela: «Ils seront tous enseignés par Dieu» (Jn 6, 45). C'est Dieu qui attire à la connaissance du Fils. Sans cela, on ne peut pas connaître Jésus. Oui, on peut étudier, on peut également étudier la Bible, également connaître comment il est né, ce qu'il a fait: cela oui. Mais le connaître de l'intérieur, connaître le mystère du Christ n'est que pour ceux qui sont attirés par cela par le Père.
C'est ce qui est arrivé à ce ministre de la reine d'Ethiopie. On voit que c'était un homme pieux et qui a pris du temps, malgré ses nombreuses affaires, pour aller adorer Dieu. Un croyant. Il revenait dans son pays en lisant le prophète Isaïe (cf. Ac 8, 27-28). Le Seigneur prend Philippe, il l'envoie dans ce lieu et lui dit ensuite: «Avance et rattrape ce char» (v. 8, 29), et il entend le ministre qui lit Isaïe. Il s'approche et lui demande: "Comprends-tu?" – «Et comment le pourrais-je, si personne ne me guide?» (v. 31), et le ministre lui pose une question: "De qui le prophète dit-il cela?". "Je t'en prie, monte dans le char", et au cours du voyage – je ne sais pas pendant combien de temps, je pense au moins deux heures – Philippe expliqua: il expliqua Jésus (cf. vv. 26-35).
Cette inquiétude que ressentait cette personne pendant la lecture du prophète Isaïe venait précisément du Père, qui attirait vers Jésus (cf. Jn 6, 44): il l'avait préparé, il l'avait conduit d'Ethiopie à Jérusalem pour adorer Dieu et ensuite, avec cette lecture, il avait préparé son cœur pour révéler Jésus, au point que dès qu'il vit l'eau, il dit: "Je peux être baptisé" (cf. v. 36). Et il crut.
Et cela – que personne ne peut connaître Jésus sans que le Père ne l'attire (cf. v. 44) – cela est valable pour notre apostolat, pour notre mission apostolique en tant que chrétiens. Je pense également aux missions. "Que vas-tu faire dans les missions?" – "Moi, je vais convertir les gens" – "Mais arrête-toi, tu ne convertiras personne! Ce sera le Père qui attirera ces cœurs pour reconnaître Jésus". Aller en mission c'est rendre témoignage de sa propre foi; sans témoignage tu ne feras rien. Aller en mission – et les missionnaires sont de braves personnes! – ne signifie pas créer de grandes structures, des choses… et s'arrêter ainsi. Non: les structures doivent être des témoignages. Tu peux créer une structure hospitalière, éducative, d'une grande perfection, très développée, mais si cette structure est sans témoignage chrétien, ton travail là-bas ne sera pas un travail de témoin, un travail de vraie prédication de Jésus: ce sera une société de bienfaisance, très bonne – très bonne! – mais rien de plus.
Si je veux aller en mission, et je le dis si je veux aller faire de l'apostolat, je dois y aller en étant disponible à ce que le Père attire les personnes à Jésus, et c'est le témoignage qui fait cela. Jésus lui-même le dit à Pierre, quand il confesse qu'Il est le Messie: "Tu es heureux Simon Pierre, parce que cette révélation t'est venue du Père" (cf. Mt 16, 17). C'est le Père qui attire et il attire aussi à travers notre témoignage. "Je ferai tant d’œuvres, ici, là-bas... des œuvres d'éducation, de ceci, et aussi de cela…", sans témoignage ce sont de bonnes choses, mais elles ne sont pas l'annonce de l'Evangile, ce ne sont pas des lieux qui donnent la possibilité au "Père d'attirer à la connaissance de Jésus" (cf. Jn 6, 44). Travail et témoignage.
"Mais comment puis-je faire pour que le Père se soucie d'attirer ces personnes?". La prière. Et c'est la prière pour les missions: prier pour que le Père attire les gens vers Jésus. Témoignage et prière vont de pair. Sans témoignage et sans prière on ne peut pas faire de prédication apostolique, on ne peut pas annoncer. Tu feras une belle prédication morale, tu feras tant de bonnes choses, toutes bonnes. Mais le Père n'aura pas la possibilité d'attirer les gens à Jésus. C'est le cœur: c'est le cœur de notre apostolat, que "le Père puisse attirer les gens à Jésus" (cf. Jn 6, 44). Notre témoignage ouvre les portes aux gens et notre prière ouvre la porte au cœur du Père pour qu'il attire les gens. Témoignage et prière. Et cela n'est pas valable seulement pour les missions, cela l'est également pour notre travail comme chrétiens. Est-ce que je donne vraiment un témoignage de vie chrétienne à travers mon style de vie? Est-ce que je prie pour que le Père attire les gens vers Jésus?
C'est la grande règle pour notre apostolat, partout, et de manière particulière pour les missions. Aller en mission n'est pas faire du prosélytisme. Une fois, une dame – bonne, on voyait qu'elle était de bonne volonté – s'est approchée avec deux enfants, un garçon et une fille, et elle m'a dit: "Ce garçon, Père, était protestant et il s'est converti: je l'ai convaincu. Et cette fille était…" – je ne me souviens plus, animiste, je ne sais pas ce qu'elle m'a dit – "et je l'ai convertie". Et cette dame était bonne: bonne. Mais elle se trompait. J'ai un peu perdu patience et je lui ai dit: "Mais écoute, tu n'as converti personne: c'est Dieu qui a touché le cœur de ces personnes. Et n'oublie pas: témoignage, oui; prosélytisme, non".
Demandons au Seigneur la grâce de vivre notre travail à travers le témoignage et avec la prière, pour que Lui, le Père, puisse attirer le gens vers Jésus.
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.