CELEBRATION MATINALE RETRANSMISE EN DIRECT DEPUIS LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE
HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" Le travail est la vocation de l'homme "
Vendredi, 1er mai 2020
Introduction
C'est aujourd'hui la fête de saint Joseph travailleur et la journée des travailleurs. Prions pour tous les travailleurs. Pour tous. Pour que le travail ne manque à personne et que tous soient payés de façon juste et puissent jouir de la dignité du travail et de la beauté du repos.
Homélie
«Et Dieu créa» (Gn 1, 27). Un Créateur. Il créa le monde, il créa l'homme et il donna une mission à l'homme: gérer, travailler, faire avancer la création. Et le mot travail est celui qu'utilise la Bible pour décrire cette activité de Dieu: «Dieu conclut au septième jour le travail qu'il avait fait et il chôma, après tout le travail qu'il avait fait» (Gn 2, 2). Et il confie cette activité à l'homme: "Tu dois faire cela, garder cela, cela aussi, tu dois travailler pour créer avec moi – c'est comme s'il disait ainsi – ce monde, pour qu'il aille de l'avant" (cf. Gn 2, 15.19-20). Au point que le travail n'est que la poursuite du travail de Dieu: le travail humain est la vocation de l'homme reçue de Dieu, à la fin de la création de l'univers.
Et le travail est ce qui rend l'homme semblable à Dieu, car avec le travail l'homme est créateur, il est capable de créer, de créer tant de choses ; également de créer une famille pour aller de l'avant. L’homme est un créateur et il crée avec le travail. C'est sa vocation. Et la Bible dit que «Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon» (Gn 1,31). C'est-à-dire que le travail possède en lui la bonté et qu'il crée l'harmonie des choses – beauté, bonté – et il concerne l'homme dans sa totalité: dans sa pensée, dans son action, dans tout. L’homme est impliqué dans le travail. C'est la première vocation de l'homme: travailler. Et cela confère sa dignité à l'homme. La dignité qui le fait ressembler à Dieu. La dignité du travail.
Une fois, dans une Caritas, à un homme qui n'avait pas de travail et qui allait chercher quelque chose pour sa famille, un employé de la Caritas [a donné quelque chose à manger] et a dit: "Au moins vous pouvez apporter du pain à la maison" – "Mais cela n'est pas assez, ce n'est pas suffisant", a été la réponse: "Je veux gagner du pain pour l'apporter à la maison". Il lui manquait la dignité, la dignité de "faire" lui-même le pain, avec son travail, et de l'apporter à la maison. La dignité du travail, qui est malheureusement tant piétinée.
Au cours de l'histoire, nous avons vu les brutalités que l'on infligeait aux esclaves: on les amenait d'Afrique en Amérique – je pense à cette histoire qui touche ma terre – et nous disons: "Que de barbarie!". Mais aujourd'hui aussi, il y a beaucoup d'esclaves, beaucoup d'hommes et de femmes qui ne sont pas libres de travailler: ils sont obligés de travailler pour survivre, rien de plus. Ils sont esclaves: les travaux forcés… Il y a des travaux forcés, injustes, mal payés et qui conduisent l'homme à vivre avec sa dignité piétinée. Ils sont très, très nombreux dans le monde. Très nombreux. Dans les journaux, il y a quelques mois, nous avons lu que dans un pays d'Asie un homme avait tué à coups de bâtons un employé qui gagnait moins d'un demi-dollar par jour, parce qu'il avait mal fait quelque chose. L'esclavage d'aujourd'hui est notre "in-dignité", parce qu'il ôte sa dignité à l'homme, à la femme, à nous tous. "Non, je travaille, moi j'ai ma dignité". Oui, mais tes frères, non. "Oui, Père, c'est vrai, mais comme c'est très loin, j'ai du mal à le comprendre. Mais ici, chez nous…". Ici aussi, chez nous. Ici, chez nous. Je pense aux travailleurs, aux journaliers, qu'on fait travailler pour une rétribution minimale et pas seulement huit heures, mais douze, quatorze heures par jour: cela arrive aujourd'hui, ici. Dans le monde entier, mais ici aussi. Je pense à la domestique qui n'a pas une juste rétribution, qui n'a pas la sécurité sociale, qui ne verse pas pour sa retraite: cela n'arrive pas seulement en Asie. Ici aussi.
Toute injustice qui touche une personne qui travaille revient à piétiner la dignité humaine; même la dignité de celui qui commet l'injustice: le niveau baisse et on finit dans cette tension dictateur-esclave. En revanche, la vocation que nous donne Dieu est très belle: créer, re-créer, travailler. Mais on peut faire cela quand les conditions sont justes et que l'on respecte la dignité de la personne.
Aujourd'hui, nous nous unissons aux nombreux hommes et femmes, croyants et non croyants, qui commémorent la journée du travailleur, la journée du travail, pour ceux qui luttent pour avoir une justice dans le travail, pour ceux – les bons entrepreneurs – qui font accomplir le travail avec justice, même s'ils y perdent. Il y a deux mois, j'ai eu un entrepreneur au téléphone, ici, en Italie, qui me demandait de prier pour lui parce qu'il ne voulait licencier personne et il a dit cela: "Parce que licencier l'un d'eux, c'est me licencier". Cette conscience de tant de bons entrepreneurs, qui protègent les travailleurs comme si c'était leurs enfants. Prions aussi pour eux. Et demandons à saint Joseph – avec cette icône [une statue placée près de l'autel] si belle, avec les instruments de travail à la main – qu'il nous aide à lutter pour la dignité du travail, pour qu'il y ait du travail pour tous et que ce soit un travail digne. Pas un travail d'esclave. Que ce soit aujourd'hui notre prière.
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
A Tes pieds, ô mon Jésus, je me prosterne et je T'offre le repentir de mon cœur contrit qui demeure dans son néant et en Ta sainte présence. Je t'adore dans le Sacrement de Ton amour, l'ineffable Eucharistie. Je désire te recevoir dans la pauvre demeure que mon cœur t'offre. Dans l'attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit. Viens à moi, ô mon Jésus, que je vienne à Toi. Que Ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et pour la mort. Je crois en toi, j'espère en toi, je t'aime. Ainsi soit-il.
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HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" Apprendre à vivre les moments de crise "
Samedi, 2 mai 2020
Introduction
Prions aujourd'hui pour les gouvernants qui ont la responsabilité de prendre soin de leurs peuples en ces moments de crise: les chefs d'Etat, les présidents de gouvernement, les législateurs, les maires, les présidents de région… Pour que le Seigneur les aide et leur donne la force, car leur travail n'est pas facile. Et quand il y a des différends entre eux, qu'ils comprennent que, dans les moments de crise, ils doivent être très unis pour le bien de la population, car l'unité est supérieure au conflit.
Aujourd'hui, samedi 2 mai, s'unissent à nous en prière 300 groupes de prière qui s'appellent les "madrugadores", en espagnol, c'est-à-dire les "matiniers": ceux qui se lèvent tôt pour prier, qui se lèvent vraiment très tôt, pour la prière. Ils s'unissent aujourd'hui à nous, en ce moment.
Homélie
La première lecture commence ainsi: «Cependant les Eglises jouissaient de la paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elles s'édifiaient et vivaient dans la crainte du Seigneur et elles étaient comblées de la consolation du Saint-Esprit» (Ac 9, 31). Temps de paix. Et l'Eglise grandit. L 'Eglise est tranquille, elle reçoit la consolation de l'Esprit Saint, elle est dans la consolation. Les bons temps… Il y a la guérison d'Enée, ensuite Pierre ressuscite Gazelle, Tabitha… des choses que l'on fait en temps de paix
Mais il y a des temps qui ne sont pas de paix dans l'Eglise primitive: des temps de persécution, des temps difficiles, des temps qui mettent les croyants en crise. Des temps de crise. Et ce que nous raconte aujourd'hui l'Evangile de Jean (cf. 6, 60-69) est un temps de crise. Ce passage de l'Evangile est la fin de toute une sequela qui commença par la multiplication des pains, quand les gens voulaient faire Jésus roi, que Jésus va prier et que le jour suivant ils ne le trouvent pas ; ils vont alors le chercher et Jésus leur reproche de le faire pour qu'il leur donne à manger et non pour les paroles de vie éternelle… Et toute cette histoire finit là. Ils disent: "Donne-nous ce pain", et Jésus explique que le pain qu'il donne est son propre corps et son propre sang.
«Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent: "Ce langage-là est trop fort! Qui peut l'écouter?"» (v. 60). Jésus avait dit que celui qui n'aurait pas mangé son corps et son sang n'aurait pas eu la vie éternelle. Jésus disait aussi: "Si vous mangez mon corps et mon sang, vous ressusciterez au dernier jour" (cf. v. 54). Ce sont les choses que disait Jésus. «Ce langage-là est trop fort!» (v. 60) [pensent les disciples]. "Ce langage est trop fort.
–
Ici quelque chose ne fonctionne pas. Cet homme est allé au-delà des limites". Et c'est un moment de crise. Il y avait des moments de paix et des moments de crise. Jésus savait que les disciples murmuraient. Il y a ici une distinction entre les disciples et les apôtres: les disciples étaient ces 72 personnes ou davantage, les apôtres étaient les Douze. «Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait» (v. 64). Et face à cette crise, il leur rappelle: «Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, sinon par un don du Père» (v. 65). Il recommence à parler de ce fait d'être attirés par le Père: le Père nous attire à Jésus. Et c'est la façon dont on résout la crise.
Et «dès lors, nombre de ses disciples se retirèrent et cessèrent de l'accompagner» (v. 66). Ils prirent leurs distances. "Cet homme est un peu dangereux, un peu… Mais ces doctrines… Oui, c'est un homme bon, il prêche et guérit, mais quand il arrive à ces choses étranges… S'il vous plaît, allons-nous-en" (cf. v. 66). Et les disciples d'Emmaüs ont fait la même chose, le matin de la résurrection: "Mais oui, une chose étrange: les femmes disent que le sépulcre… – Mais cela sent mauvais – disaient-ils – allons-nous en vite parce que les soldats viendront et ils nous crucifieront" (cf. Lc 24, 22-24). Les soldats qui gardaient le sépulcre ont fait la même chose: ils avaient vu la vérité, mais ensuite ils ont préféré vendre leur secret: "Restons en sécurité : ne nous mêlons pas à ces histoires, qui sont dangereuses" (cf. Mt 28,11-15).
Un moment de crise est un moment de choix, c'est un moment qui nous met devant les décisions que nous devons prendre. Tous, dans la vie, nous avons eu et nous aurons des moments de crise: des crises familiales, des crises matrimoniales, des crises sociales, des crises dans le travail, tant de crises… Cette pandémie est elle aussi un moment de crise sociale.
Comment réagir dans le moment de crise? «Dès lors, nombre de ses disciples se retirèrent et cessèrent de l'accompagner » (v. 66). Jésus prend la décision d'interroger les apôtres: « Jésus dit alors aux Douze : "Voulez-vous partir, vous aussi?"» (v. 67). Prenez une décision. Et Pierre fait la deuxième confession: «Simon-Pierre lui répondit: "Seigneur, à qui irons-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous croyons, nous, et nous savons que tu es le Saint de Dieu"» (vv. 68-69). Pierre confesse, au nom des Douze, que Jésus est le Saint de Dieu, le Fils de Dieu. La première confession – "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant"– et immédiatement après, quand Jésus commença à expliquer la passion qui serait venue, il l'arrête: "Non, non, Seigneur, pas ça!", et Jésus lui fait des reproches (cf. Mt 16,16-23). Mais Pierre a mûri un peu et ici il ne s'oppose pas. Il ne comprend pas ce que Jésus dit, ce fait de "manger la chair, boire le sang" (cf. 6, 54-56), il ne comprend pas, mais il se fie au Maître. Il se fie. Et il fait cette deuxième confession: "Mais à qui irons-nous?, s'il te plaît, tu as les paroles de la vie éternelle" (cf. v. 68).
Cela nous aide tous à vivre les moments de crise. Dans mon pays, il y a un dicton qui dit: "Quand tu vas à cheval et que tu dois traverser un fleuve, s'il te plaît, ne change pas de cheval au milieu du fleuve". Dans les moments de crise, il faut être très fermes dans la conviction de sa foi. Ces personnes sont parties, "elles ont changé de cheval", elles ont cherché un autre maître qui ne soit pas si "dur", comme ils lui disaient. Au moment de la crise, il y a la persévérance, le silence; rester où nous sommes, immobiles. Ce n'est pas le moment de faire des changements. C'est le moment de la fidélité, de la fidélité à Dieu, de la fidélité aux choses [décisions] que nous avons prises avant. C'est aussi le moment de la conversion, car en effet cette fidélité nous inspirera certains changements pour le bien, pas pour nous éloigner du bien.
Des moments de paix et des moments de crise. Nous chrétiens devons apprendre à gérer les deux. Les deux. Certains pères spirituels disent que le moment de crise est comme passer par le feu pour devenir forts. Que le Seigneur nous envoie l'Esprit Saint pour savoir résister aux tentations dans les moments de crise, pour savoir être fidèles aux premières paroles, avec l'espérance de vivre après des moments de paix. Pensons à nos crises: les crises familiales, les crises dans le travail, les crises sociales du monde, du pays… Tant de crises, tant de crises.
Que le Seigneur nous donne la force – dans les moments de crise – de ne pas vendre notre foi.
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.
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HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" La douceur et la tendresse du Bon Pasteur "
Dimanche, 3 mai 2020
Introduction
A trois semaines de la Résurrection du Seigneur, l'Eglise qui est aujourd'hui dans le quatrième dimanche de Pâques célèbre le dimanche du Bon Pasteur, Jésus Bon Pasteur. Cela me fait penser aux nombreux pasteurs qui, dans le monde, donnent leur vie pour les fidèles, également pendant cette pandémie, très nombreux, plus de cent prêtres ici, en Italie, ont disparu. Et je pense également aux autres pasteurs qui prennent soin du bien des personnes: les médecins. On parle des médecins, de ce qu'ils font, mais nous devons nous rendre compte que, seulement en Italie, 154 médecins ont disparu, en prêtant service. Que l'exemple de ces pasteurs prêtres et "pasteurs médecins", nous aide à prendre soin du saint peuple fidèle de Dieu.
Homélie
La première Lettre de l'apôtre Pierre, que nous avons entendue, est un passage de sérénité (cf. 2, 20-25). Il parle de Jésus. Il dit: «Lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice ; lui dont la meurtrissure vous a guéris. Car vous étiez égarés comme des brebis, mais a présent vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes» (vv. 24-25).
Jésus est le pasteur – c'est ainsi que le voit Pierre – qui vient pour sauver, pour sauver les brebis égarées: c'était nous. Et dans le psaume 22 que nous avons entendu après cette lecture, nous avons répété: «Yahvé est mon pasteur, je ne manque de rien» (v. 1). La présence du Seigneur comme pasteur, comme pasteur du troupeau. Et Jésus, dans le chapitre 10 de Jean que nous avons lu, se présente comme le pasteur. Et d'ailleurs pas seulement comme le pasteur, mais comme la "porte" par laquelle on entre dans le troupeau (cf. v. 8). Tout ceux qui sont venus et qui ne sont pas entrés par cette porte étaient des voleurs et des brigands ou voulaient profiter du troupeau: les faux pasteurs. Et dans l'histoire de l'Eglise, il y a eu beaucoup de ces personnes qui exploitaient le troupeau. Le troupeau ne les intéressait pas, mais seulement faire carrière, ou bien la politique, ou l'argent. Mais le troupeau les connaît, il les a toujours reconnus et il a poursuivi son chemin pour chercher Dieu.
Le bon pasteur écoute le troupeau, il guide le troupeau, il prend soin du troupeau. Et le troupeau sait distinguer entre les pasteurs, il ne se trompe pas: le troupeau se fie au Bon Pasteur, il se fie à Jésus. Seul le pasteur qui ressemble à Jésus donne confiance au troupeau, car Il est la porte. Le style de Jésus doit être le style du pasteur, il n'y en a pas un autre. Mais comme le dit Pierre dans la première lecture, Jésus bon pasteur lui aussi, «a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces, lui qui n'a pas commis de faute – et il ne s'est pas trouvé de fourberie dans sa bouche ; lui qui insulté ne rendait pas l'insulte, souffrant ne menaçait pas» (1 P 2, 21-23). Il était doux. L'un des signes du bon Pasteur est la douceur. Le bon pasteur est doux. Un pasteur qui n'est pas doux n'est pas un bon pasteur. Il a quelque chose de caché, car la douceur se fait voir telle qu'elle est, sans se défendre. Le pasteur est même tendre, il a cette tendresse de la proximité, il connaît les brebis une par une par leur nom et il prend soin de chacune comme si c'était la seule, au point que quand il revient chez lui après une journée de travail, fatigué, s'il s'aperçoit qu'il lui en manque une, il sort travailler encore une fois pour la chercher et [l'ayant trouvée] il l'emmène avec lui, en la portant sur ses épaules (cf. Lc 15, 4-5). Tel est le bon pasteur, tel est Jésus, tel est celui qui nous accompagne sur le chemin de la vie. Et cette idée du pasteur, cette idée du troupeau et des brebis, est une idée pascale. Pendant la première semaine de Pâques, l'Eglise chante ce bel hymne pour les nouveaux baptisés: "Ce sont les agneaux nouveaux", l’hymne que nous avons entendu au début de la Messe. C'est une idée de communauté, de tendresse, de bonté, de douceur. C'est l'Eglise que veut Jésus, et Lui protège cette Eglise.
C'est un beau dimanche, un dimanche de paix, c'est un dimanche de tendresse, de douceur, car notre Pasteur prend soin de nous. "Yahvé est mon pasteur, je ne manque de rien" (Ps 22, 1).
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.
Paroles à la fin de la Messe
Je voudrais remercier l'association ACLI [Associations chrétiennes des travailleurs italiens] qui nous a permis d'avoir, au cours de ces journées, cette belle statue de saint Joseph pour nous accompagner en la fête de saint Joseph travailleur.
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HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" Nous tous avons un seul Pasteur : Jésus "
Lundi, 4 mai 2020
Introduction
Prions aujourd'hui pour les familles. En ce temps de quarantaine, la famille, enfermée à la maison, cherche à faire tant de choses nouvelles, il y a beaucoup de créativité avec les enfants, avec tous, pour aller de l'avant. Et il y a aussi quelque chose d'autre, parfois il y a la violence domestique. Prions pour les familles, pour qu'elles continuent à aller de l'avant en paix avec créativité et patience, pendant cette quarantaine.
Homélie
Quand Pierre monta à Jérusalem, les fidèles lui firent des reproches (cf. Ac 11,1-8). Ils lui firent des reproches parce qu'il était entré dans la maison d'hommes non circoncis et avait mangé avec eux, avec des païens: on ne pouvait pas le faire, c'était un péché. La pureté de la loi ne permettait pas cela. Mais Pierre l'avait fait parce que c'était l'Esprit qui l'avait conduit là-bas. Il y a souvent dans l'Eglise – et fréquemment dans l'Eglise primitive, car les choses n'étaient pas claires – cet esprit du “nous sommes les justes, les autres les pécheurs”. Ce “nous et les autres”, “nous et les autres”, les divisions: “Nous avons vraiment la position juste devant Dieu”. En revanche, il y a “les autres”, on dit aussi: “Ce sont les condamnés”, déjà. Et il s'agit d'une maladie de l'Eglise, une maladie qui naît des idéologies ou des partis religieux… Pensons qu'au temps de Jésus, il y avait au moins quatre partis religieux: le parti des pharisiens, le parti des saducéens, le parti des zélotes et le parti des esséniens, et chacun interprétait la loi selon “l’idée” qu'il avait. Et cette idée est une école “hors la loi” quand c'est une manière de penser, de sentir mondaine qui se fait l'interprète de la loi. Ils reprochaient aussi à Jésus d'entrer dans la maison des publicains – qui étaient des pécheurs selon eux – et de manger avec eux, avec les pécheurs, parce que la pureté de la loi ne le permettait pas; et il ne se lavait pas les mains avant le déjeuner… toujours ces reproches qui créent la division: c'est une chose importante que je voudrais souligner.
Il y a de idées, des positions qui créent la division, au point que la division est plus importante que l'unité. Mon idée est plus importante que l'Esprit Saint qui nous guide. Il y a un cardinal « émérite » qui habite ici au Vatican, un brave pasteur, qui disait à ses fidèles: “Tu sais, l'Eglise est comme un fleuve. Certains sont de ce côté, certains de l'autre côté, mais l'important est que nous soyons tous dans le fleuve”. C'est l'unité de l'Eglise. Personne à l'extérieur, tous à l'intérieur. Ensuite, avec des particularités: cela ne divise pas, ce n'est pas de l'idéologie, c'est licite. Mais pourquoi l'Eglise a-t-elle cette largeur d'un fleuve? C'est parce que le Seigneur le veut ainsi.
Dans l'Evangile, le Seigneur nous dit: «J'ai d'autres brebis encore qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, je dois les mener ; elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur» (Jn 10,16). Le Seigneur dit: “J'ai des brebis partout et je suis le pasteur de tous”. Chez Jésus, ce tous est très important. Pensons à la parabole de la fête de noces (cf. Mt 22, 1-10), quand les invités ne voulaient pas y aller: l'un parce qu'il avait acheté un champ, l'autre parce qu'il s'était marié… chacun a donné un motif pour ne pas y aller. Et le maître s'est mis en colère et il a dit: «Allez donc aux départs des chemins, et conviez aux noces tous ceux que vous pourrez trouver» (v. 9). Tous. Grands et petits, riches et pauvres, bons et méchants. Tous. Ce “tous” est un peu la vision du Seigneur qui est venu pour tous et qui est mort pour tous. “Mais il est mort aussi pour ce scélérat qui m'a rendu la vie impossible?”. Il est mort aussi pour lui. “Et pour ce brigand?”: il est mort pour lui. Pour tous. Et aussi pour les gens qui ne croient pas en lui ou qui sont d'autres religions: il est mort pour tous. Cela ne veut pas dire qu'on doit faire du prosélytisme: non. Mais Il est mort pour tous, il a justifié tout le monde.
Ici à Rome il y avait une dame, une brave femme, une professeure, la professeure [Maria Grazia] Mara, qui lorsqu'elle était en difficulté pour différentes raisons et qu'il y avait des partis, disait: “Mais le Christ est mort pour tous, allons de l'avant!”. Cette capacité constructive. Nous avons un seul Rédempteur, une seule unité: le Christ est mort pour tous. En revanche, la tentation… Paul en a souffert lui aussi: “Je suis pour Paul, je suis pour Apollo, je suis pour celui-ci, moi je suis pour l'autre…”. Et pensons à nous, il y a cinquante ans, à l'après-Concile: les divisions dont a souffert l'Eglise. “Je suis de ce côté, je pense comme-ça, toi comme-ci…”. Oui, il est licite de penser ainsi, mais dans l'unité de l'Eglise, sous le Pasteur Jésus.
Deux choses. Les reproches des apôtres à Pierre parce qu'il était entré dans la maison des païens et Jésus qui dit: “Je suis le pasteur de tous”. Je suis le pasteur de tous. Et qui dit: “J'ai d'autres brebis encore qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, je dois les mener ; elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau” (cf. Jn 10, 16). C'est la prière pour l'unité de tous les hommes, parce que tous les hommes et les femmes, nous tous, avons un seul Pasteur: Jésus.
Que le Seigneur nous libère de cette psychologie de la division, de diviser, et qu'il nous aide à voir cela en Jésus, cette grande chose de Jésus, qu'en Lui nous sommes tous frères et qu'Il est le Pasteur de tous. Que ce mot, aujourd'hui: “Tous, tous!”, nous accompagne tout au long de la journée.
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
A Tes pieds, ô mon Jésus, je me prosterne et je T'offre le repentir de mon cœur contrit qui demeure dans son néant et en Ta sainte présence. Je t'adore dans le Sacrement de Ton amour, l'ineffable Eucharistie. Je désire te recevoir dans la pauvre demeure que mon cœur t'offre. Dans l'attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit. Viens à moi, ô mon Jésus, que je vienne à Toi. Que Ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et pour la mort. Je crois en toi, j'espère en toi, je t'aime. Ainsi soit-il.
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HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" Attitudes qui empêchent la connaissance du Christ "
Mardi, 5 mai 2020
Introduction
Prions aujourd'hui pour les défunts qui sont morts pendant la pandémie. Ils sont morts seuls, ils sont morts sans la caresse de leurs proches, beaucoup d'entre eux sans même avoir des funérailles. Que le Seigneur les accueille dans la gloire.
Homélie
Jésus était dans le temple, la fête de la Dédicace était proche (cf. Jn 10, 22-30). Les juifs aussi, en ce temps, «firent cercle autour de lui et lui dirent : “Jusqu'à quand vas-tu nous faire languir? Si tu es le Christ, dis-le nous clairement”» (v. 24). Ces personnes perdaient la patience, mais avec douceur «Jésus leur répondit: “Je vous l'ai dit, mais vous ne croyez pas”» (v. 25). Ils continuaient à dire: “Mais c'est toi? C'est toi?” – “Oui, je l'ai dit, mais vous ne croyez pas!”. «Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis» (v. 26). Et cela suscite peut-être un doute en nous: je crois et je fais partie des brebis de Jésus ; mais si Jésus nous disait: “Vous ne pouvez pas croire parce que vous n'en faites pas partie”, serait-ce parce qu'il y a une foi préalable à la rencontre avec Jésus? Quel est ce faire partie de la foi de Jésus? Qu'est-ce qui m'arrête devant la porte qu'est Jésus?
Il y a des attitudes préalables à la confession de Jésus. Pour nous aussi, qui sommes dans le troupeau de Jésus. Elles sont comme des “antipathies préalables”, qui ne nous laissent pas avancer dans la connaissance du Seigneur. La première de toutes sont les richesses. Beaucoup d'entre nous, qui sommes entrés par la porte du Seigneur, nous nous arrêtons ensuite et n'allons pas plus loin parce que nous sommes emprisonnés par les richesses. Le Seigneur a été dur avec les richesses, il a été très dur, très dur. Au point de dire qu'il était plus facile qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille plutôt qu'un riche aille dans le royaume des cieux (cf. Mt 19,24). Cela est dur. Les richesses sont un empêchement pour avancer. Mais devons-nous tomber dans le paupérisme? Non. Mais ne pas être esclaves des richesses, ne pas vivre pour les richesses, parce que les richesses sont un maître, elles sont le maître de ce monde et nous ne pouvons pas servir deux maîtres (cf. Lc 16,13). Et les richesses nous arrêtent.
Une autre chose empêche d'aller de l'avant dans la connaissance de Jésus, dans l'appartenance de Jésus, c'est la rigidité: la rigidité de cœur. Egalement la rigidité dans l'interprétation de la Loi. Jésus réprimande les pharisiens, les docteurs de la Loi pour cette rigidité (cf. Mt 23,1-36). Qui n'est pas de la fidélité: la fidélité est toujours un don à Dieu; la rigidité est une sécurité pour moi-même. Je me souviens d'une fois, lorsque je suis entré dans la paroisse et qu'une femme – une brave femme – s'est approchée de moi et a dit: “Père, un conseil…” – “Dites-moi” – “La semaine dernière, samedi, pas hier, samedi dernier, nous sommes allés en famille à un mariage: il y avait la Messe. C'était samedi après-midi et nous avons pensé qu'avec cette Messe nous avions accompli le précepte dominical. Mais ensuite, en revenant à la maison, j'ai pensé que les lectures de cette Messe n'étaient pas celles du dimanche. Et je me suis ainsi aperçue que je suis en état de péché mortel, parce que dimanche je ne suis pas allée à la Messe, mais j'y suis allée samedi, mais c'était une Messe qui n'était pas vraie, parce que les lectures n'étaient pas vraies”. Cette rigidité… Et cette femme appartenait à un mouvement ecclésial. Rigidité. Cela nous éloigne de la sagesse de Jésus, de la beauté de Jésus; cela t'enlève la liberté. Et de nombreux pasteurs font croître cette rigidité dans les âmes des fidèles ; et cette rigidité ne nous fait pas entrer par la porte de Jésus (cf. Jn 10, 7). En quelque sorte, adit le pape, « il est plus important d'observer la loi comme elle est écrite ou comme je l'interprète, plutôt que d'avoir la liberté d'aller de l'avant en suivant Jésus ». Il y a autre chose qui ne nous laisse pas avancer dans la connaissance de Jésus, c'est l’acédie. Cette lassitude… Pensons à cet homme de la piscine: 38 ans là-bas (cf. Jn 5,1-9). L’acédie. Elle nous ôte la volonté d'avancer et tout est “oui, mais... non, maintenant non, non, mais...”, qui te conduit à la tiédeur et te rend tiède. L’acédie est quelque chose qui nous empêche d'avancer.
Une autre chose qui et assez laide est l'attitude cléricaliste. Le cléricalisme se met à la place de Jésus. Il dit: “Non, cela doit être ainsi, ainsi, ainsi...” – “Mais, le Maître…” – “Laisse tomber le Maître : c'est ainsi, ainsi, ainsi, et si tu ne fais pas ainsi, ainsi, ainsi, tu ne peux pas entrer”. Un cléricalisme qui enlève la liberté de la foi des croyants. C'est une vilaine maladie dans l'Eglise: l’attitude cléricaliste.
Ensuite, une autre chose qui nous empêche d'aller de l'avant, d'entrer pour connaître Jésus et confesser Jésus, est l'esprit mondain. Quand l'observance de la foi, la pratique de la foi finit en mondanité. Et tout est mondain. Pensons à la célébration de certains sacrements dans diverses paroisses: que de mondanité y a-t-il là! Et on ne comprend pas bien la grâce de la présence de Jésus.
Ce sont les choses qui nous empêchent de faire partie des brebis de Jésus. Nous sommes des “brebis” [à la sequela] de toutes ces choses: des richesses, de l'acédie, de la rigidité, de la mondanité, du cléricalisme, de modalités, d'idéologies, de formes de vie. La liberté manque. Et on ne peut pas suivre Jésus sans liberté. “Mais parfois la liberté va au-delà et l'on dérape” Oui, c'est vrai. C'est vrai. Nous pouvons déraper en allant en liberté. Mais il est pire de déraper avant d'aller, avec ces choses qui empêchent de commencer à aller.
Que le Seigneur nous éclaire pour voir si, en nous, il y a la liberté de passer par la porte qui est Jésus et d'aller au-delà de Jésus pour devenir troupeau, pour devenir brebis de son troupeau.
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.
CELEBRATION MATINALE RETRANSMISE EN DIRECT DEPUIS LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE
HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS
" Avoir le courage de voir nos ténèbres, pour que la lumière du Seigneur entre et nous sauve "
Mercredi, 6 mai 2020
Introduction
Prions aujourd'hui pour les hommes et les femmes qui travaillent dans les moyens de communication. En ce temps de pandémie, ils prennent de grands risques et il y a beaucoup de travail. Que le Seigneur les aide à ce travail de transmission de la vérité, toujours.
Homélie
Ce passage de l'Evangile de Jean (cf. Jn 12, 44-50) nous fait voir l'intimité qu'il y avait entre Jésus et le Père. Jésus faisait ce que le Père lui disait de faire. Et c'est pourquoi il dit: «Qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit, mais en celui qui m'a envoyé» (v. 44). Ensuite, il précise sa mission: «Moi, la lumière, je suis venu dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres» (v.46). Il se présente comme lumière. La mission de Jésus est d'illuminer: la lumière. Il a lui-même dit: «Je suis la lumière du monde» (Jn 8, 12). Le prophète Isaïe avait prophétisé cette lumière: «Le peuple qui se trouvait dans les ténèbres a vu une grande lumière» (Mt 4, 16 et cf. Is 9, 1). La promesse de la lumière qui illuminera le peuple. Et la mission des apôtres est également d'apporter la lumière. Paul le dit au roi Agrippa: “J'ai été élu pour illuminer, pour apporter cette lumière – qui n'est pas la mienne, mais d'un autre – pour apporter la lumière” (cf. Ac 26,18). C'est la mission de Jésus: apporter la lumière. Et la mission des apôtres est d'apporter la lumière de Jésus. Illuminer. Parce que le monde était dans les ténèbres.
Mais le drame de la lumière de Jésus est qu'elle a été refusée. Au début de l'Evangile, Jean le dit déjà clairement: “Il est venu chez lui et les siens ne l'ont pas reçu. Ils aimaient davantage les ténèbres que la lumière” (cf. Jn 1, 9-11). S'habituer aux ténèbres, vivre dans les ténèbres: ils ne savent pas accepter la lumière, ils ne peuvent pas; ils sont esclaves des ténèbres. Et ce sera la lutte de Jésus, incessante: illuminer, apporter la lumière qui fait voir ce que sont les choses, comment elles sont; la lumière de Jésus fait voir la liberté, fait voir la vérité, fait voir le chemin sur lequel aller.
Paul a fait cette expérience du passage des ténèbres à la lumière, quand le Seigneur le rencontra sur la route de Damas. Il a été aveuglé. Aveugle. La lumière du Seigneur l'aveugla. Et ensuite, après quelques jours, avec le baptême, il retrouva la lumière (cf. Ac 9, 1-19). Il a fait cette expérience du passage des ténèbres, dans lesquelles il se trouvait, à la lumière. C'est également notre passage, que nous avons reçu sacramentellent dans le baptême: c'est pourquoi le baptême s'appelait, lors des premiers siècles, l'illumination (cf. Saint Justin, Apologia, I, 61, 12), parce qu'il te donnait la lumière, il te “faisait entrer”. C'est pourquoi, pendant la cérémonie du baptême nous donnons un cierge allumé, un cierge allumé au père et à la mère, pour que le petit garçon, la petite fille, soit illuminé, soit illuminée. Jésus apporte la lumière.
Mais le peuple, les gens, son peuple l'a refusé. Il est tellement habitué aux ténèbres que la lumière l'éblouit, il ne sait pas aller... (cf. Jn 1, 10-11). Et c'est le drame de notre péché: le péché nous aveugle et nous ne pouvons pas tolérer la lumière. Nous avons les yeux malades. Et Jésus le dit clairement, dans l'Evangile de Matthieu: “Mais si ton œil est malade, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ce sera !” (cf. Mt 6, 22-23) Les ténèbres… Et la conversion est de passer des ténèbres à la lumière. Mais quelles sont les choses qui rendent les yeux malades, les yeux de la foi? Nos yeux sont malades: quelles sont les choses qui “les abaissent”, qui les aveuglent? Les vices, l'esprit mondain, l'orgueil.
Les vices qui “t'abaissent” et aussi ces trois choses – les vices, l'orgueil, l'esprit mondain – te conduisent à te mettre en société avec les autres pour rester en sécurité dans les ténèbres. Nous parlons souvent des mafias: c'est cela. Mais il y a des “mafias spirituelles”, il y a des “mafias domestiques”, toujours, chercher quelqu'un d'autre pour se couvrir et rester dans les ténèbres. Il n'est pas facile de vivre dans la lumière. La lumière nous fait voir tant de mauvaises choses en nous que nous ne voulons pas voir: les vices, les péchés… Pensons à nos vices, pensons à notre orgueil, pensons à notre esprit mondain: ces choses nous aveuglent, nous éloignent de la lumière de Jésus. Mais si nous commençons à penser à ces choses, nous ne trouverons pas un mur, non, nous trouverons une issue, car Jésus lui-même dit qu'Il est la lumière et également: “Je suis venu dans le monde, non pour condamner le monde, mais pour sauver le monde” (cf. Jn 12, 46-47). Jésus lui-même, la lumière, dit: “Aie courage: laisse-toi illuminer, laisse-toi voir avec ce que tu as l'intérieur, car c'est moi qui te fait aller de l'avant, qui te sauve. Je ne te condamne pas. Je te sauve” (cf. v. 47). Le Seigneur nous sauve des ténèbres que nous avons en nous, des ténèbres de la vie quotidienne, de la vie sociale, de la vie politique, de la vie nationale, internationale… Il y a beaucoup de ténèbres, à l'intérieur. Et le Seigneur nous sauve. Mais il nous demande de les voir, avant; d'avoir le courage de voir nos ténèbres, pour que la lumière du Seigneur entre et nous sauve.
N'ayons pas peur du Seigneur: il est très bon, il est doux, il est proche de nous. Il est venu pour nous sauver. N'ayons pas peur de la lumière de Jésus.
Prière pour la communion spirituelle
Les personnes qui ne peuvent pas communier font à présent la communion spirituelle:
Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.