Ressources Catholiques Missel Romain

10 décembre

54. Notre Dame de Lorette

Mémoire

— La maison de Nazareth.

— Le foyer de Nazareth, modèle des foyers chrétiens.

— Rendre la vie agréable à ceux qui nous entourent.

I. Le culte de la très Sainte Vierge sous l’invocation de Notre Dame de Lorette « est uni, suivant une tradition très ancienne, à la maison de Nazareth ; la maison dans laquelle, comme le rappelle l’Évangile de la Messe, Marie a habité après ses fiançailles avec Joseph. ; la maison de la sainte Famille 01  », la maison que Joseph a sans doute préparée avec beaucoup d’affection pour y recevoir Sainte Marie. Cette demeure a été tout d’abord la maison de Marie, car « toute maison est avant tout le sanctuaire de la mère. Elle le crée particulièrement par sa maternité  02  ». Dieu désire que « les enfants de la famille humaine, en venant au monde, aient un toit, une maison. Cependant la maison de Nazareth, nous le savons, n’a pas été le lieu de la naissance du fils de Marie et du fils de Dieu. Probablement tous les ancêtres du Christ, que la généalogie de saint Matthieu mentionne, sont venus au monde sous un toit. Mais cela n’a pas été accordé au Christ. Il est né comme un étranger, à Bethléem, dans une étable. Et il n’a pas pu retrouver la maison de Nazareth, parce qu’il a été obligé de fuir en Égypte à cause de la cruauté d’Hérode. Joseph n’a osé amener Marie et Jésus à la maison de Nazareth que lorsque le roi est mort. Depuis lors cette maison est devenue le lieu de leur vie quotidienne, de la vie cachée du Messie, la maison de la sainte Famille. Elle a été le premier temple, la première église que la Mère de Dieu a irradiée de par la lumière de sa maternité. Elle l’a éclairée avec la lumière du mystère de l’Incarnation, le mystère de son Fils. 03  »

Les murs de la maison ont été témoins de la douce affection des membres de la sainte Famille, du travail caché des êtres que Dieu a le plus aimés dans le monde. Cette demeure, pleine de lumière et d’amour, propre, joyeuse, où règne l’esprit de service, est le modèle de tous les foyers chrétiens. Elle refléterait sans doute l’âme de Marie : l’ordre, la propreté, le bon goût faisaient en sorte que Jésus et Joseph, après une journée de travail, trouvaient le repos auprès de Marie. Le soin matériel de nos maisons, même au milieu d’une grande pauvreté, avec des meubles modestes, n’est jamais indifférent pour la vie familiale où nous devons rencontrer le Christ. La Vierge Marie nous apprend aujourd’hui que ces manifestations sont aussi une preuve de charité envers les autres.

II. Cette maison resplendissait au Ciel parce que chez elle se trouvait la Lumière du monde. En même temps c’était un foyer qui se distinguait par l’ordre, la propreté, le bon goût, le soin de toutes les choses… Notre Dame a préparé le repas tant de fois, elle a cousu les vêtements et elle s’est efforcée sans doute à ce qu’elle soit toujours très accueillante. Avec quel amour Marie devait servir les repas à Jésus et à Joseph ! Comme elle devait être attentive aux arrêts de travail à midi ou dans la soirée, lorsqu’ils finissaient le travail. C’est dans l’intimité de ce foyer que le Fils de Dieu a grandi, jusqu’à ce qu’arrive le moment prévu de toute éternité pour commencer sa prédication dans les villes et les villages. Mais Jésus aurait toujours présents à l’esprit les murs de cette maison, pauvre mais très agréable. Lorsque dans son ministère public, Jésus est revenu à Nazareth, il a dû se souvenir des moments passés avec sa Mère et saint Joseph. Parmi ce que Notre Dame gardait dans son cœur 04 , il y avait sans doute tant de petits événements vécus avec son Fils qui étaient la joie de son âme. « N’oublions pas que la presque totalité des journées que Marie a passées sur cette terre se sont déroulées d’une manière bien semblable aux journées de millions d’autres femmes, consacrées elles aussi à leur famille, à l’éducation de leurs enfants, aux tâches du foyer à mener à bien. De toute cela, Marie sanctifie jusqu’au plus petit détail; à ce que beaucoup considèrent à tort comme insignifiant et sans valeur : le travail de chaque jour, les attentions à l’égard des personnes aimées, les conversations et les visites de parents et amis. Vie ordinaire bénie, qui peut être tellement pleine d’amour de Dieu !  05  »

Dieu veut que ses enfants naissent, vivent et se forment dans un foyer qui devrait être une imitation du foyer de Nazareth. Même si la femme est appelée à remplir des fonctions capitales dans d’autres activités pour le bien de la société, l’attention portée à son foyer sera toujours un point central de sa vie, car c’est là précisément qu‘à travers de multiples manifestations, elle remplit la maternité envers les siens, la tâche la plus importante qu’elle a reçue du Seigneur. Le mari et l’épouse ne doivent pas oublier que « le secret du bonheur conjugal est dans la vie quotidienne, et non pas dans les rêves, que le bonheur consiste à découvrir la joie que procure le retour au foyer ; qu’il est dans les rapports affectueux avec les enfants ; dans le travail de tous les jours, où la famille entière collabore ; dans la bonne humeur lorsqu’il y a des difficultés qu’il faut affronter avec un esprit sportif ; et aussi dans l’utilisation de tous les progrès que nous offre la civilisation pour rendre la maison plus agréable, la vie plus simple, la formation plus efficace. 06  »

Nous avons dans la sainte Famille le modèle que nous devons regarder fréquemment. « Nazareth est l’école où on commence à comprendre la vie de Jésus, l’école où commence la connaissance de son Évangile. Nous y apprenons à observer, à écouter, à méditer, à pénétrer le sens profond et mystérieux de cette simple, humble et charmante manifestation du Fils de Dieu parmi les hommes. C’est ici que l’on apprend, presque insensiblement, à imiter cette vie. 07  » Combien de fois, au cours de notre prière nous sommes entrés dans l’humble maison de Nazareth et nous avons contemplé Jésus, Marie et Joseph, en train de travailler ou de se manifester l’affection dans la vie de tous les jours !

Tout près de la sainte Famille, nous pouvons examiner aujourd’hui si nos foyers sont un reflet de Nazareth ; si Jésus occupe le centre de nos pensées et de l’amour de chacun, si nous maintenons éveillé l’esprit de service, si nous cherchons vraiment à rendre agréable la vie de ceux qui nous entourent ; ou si, au contraire, il y a des disputes, si nous sommes trop attachés à nous-mêmes, si nous laissons la pression extérieure d’une ambiance païenne pénétrer dans nos foyers ou si nous maintenons ces coutumes chrétiennes qui aident à ce que Dieu soit présent : la bénédiction de la table, la prière en commun, l’assistance à la Messe tous ensemble les dimanches et jours de fête …

III. Quel merveilleux exemple de vie en commun !, disait Léon XIII à propos de la sainte Famille. Quelle image parfaite du foyer ! Là il y a de la simplicité dans les coutumes et de la chaleur humaine ! Il y a une constante harmonie des sentiments ; sans désordre, avec du respect mutuel ; un amour sincère, sans faire semblant, pleinement opérationnel grâce à la persévérance dans l’accomplissement du devoir qui attire tant ceux qui le regardent.  08  » Contemplons souvent la vie de la sainte Famille pour pouvoir reproduire en nos vies l’exemple de Jésus, Marie et Joseph.

La chaleur du foyer ne dépend pas seulement de la mère, même si son rôle est presque irremplaçable, mais de l’apport personnel de chacun. Vivons donc en pensant aux autres, utilisons les choses de sorte qu’il y ait toujours quelque chose à offrir aux autres, prenons soin des traditions familiales… Il pourrait y avoir beaucoup de ressemblance entre notre vie et celle de Jésus, Marie et Joseph, entre notre maison et celle de Nazareth. Tout, à Nazareth, s’est déroulé dans une parfaite normalité, sans grands événements apparents. Le Seigneur ne demande pas de sacrifices éclatants. En revanche, il nous cherche dans notre famille, dans les mille petites manifestations de don généreux : un sourire à celui qui est fatigué, le petit service nécessaire à toute vie en commun et qui passe inaperçu ; ne pas manifester de mécontentement pour des choses de peu d’importance, vaincre la mauvaise humeur pour ne pas faire de mal aux autres, être attentif aux fêtes et aux anniversaires de ceux qui nous sont proches…

« Accepte, Notre Dame de Lorette, disait le Pape Jean-Paul II dans ce sanctuaire, Mère de la Maison de Nazareth, mon pèlerinage, qui est une prière commune pour la maison de l’homme de notre époque : pour la maison qui prépare aux enfants de la terre, pour la maison éternelle du Père dans le Ciel. 09  ». Nous avons aujourd’hui recours à Notre Dame pour lui demander de prendre soin de notre propre foyer, l’endroit voulu par Dieu pour apprendre à exercer les vertus humaines et les vertus surnaturelles ; pour restaurer les forces en vue d’une plus grande efficacité dans le service prêté à la société et dans l’apostolat. Nous lui demandons que nos maisons « soient ces foyers pleins d’amours où les hommes peuvent se réchauffer tous les jours 10  », qu’elles soient un avant-goût de la maison du Ciel, un ciel sur la terre.

* Suivant une ancienne tradition, dans le Sanctuaire de Lorette se conserve la maison où la Vierge Marie est née et où elle a reçu l’annonce de sa maternité divine. Le petit édifice, tel qu’il apparaît aujourd’hui, est une pièce rectangulaire construite avec des pierres scellées par du mortier. La partie supérieure est en brique. Les murs ne sont pas visibles de l’extérieur, car au XVI° siècle ils ont été entourés par une église avec un monumental revêtement de marbre. La statue de la Vierge Marie est récente, et remplace la statue précédente du XVI° siècle, détruite en 1921 par un incendie. Lorette a été depuis les temps anciens un lieu de pèlerinage et un foyer de piété mariale.

01 Jean-Paul II, Homélie à Lorette, 8-9-1979.
02  Ibid.
03 Ibid.
04 Cf. Lc 2, 51.

05 Bienheureux Josémaria Escriva,
Quand le Christ passe, n° 148.
06 
Entretiens avec Mgr Escriva, n. 91.
07 Paul VI,
Homélie à Nazareth, 5-1-1964.
08 Léon XIII,
enc. Lætitiæ sanctæ, 8-9-1893.
09 Jean-Paul II,
loc. cit.
10 Jean-Paul II; ex. apost.
Familiaris consortio, 22-11-1981.

10 décembre. Notre Dame de Lorette / 393

10 décembre. Notre Dame de Lorette / 395

10 décembre. Notre Dame de Lorette / 397