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1 dimanche

V/ Levez la tête et regardez :

R/ Notre Sauveur est proche.

Livre d’Isaïe (Is 1, 1-18)

Réquisitoire du prophète contre son peuple

Au plus tragique d'une heure de défaite, Isaïe enseigne à ses compatriotes le vrai moyen de regagner la faveur de Dieu. Non dans un ritualisme dépassé, mais par une conversion vraie.

Vision d'Isaïe, fils d'Amoç, qu'il vit au sujet de Juda et de Jérusalem, aux jours d'Ozias, de Yotam, d'Akhaz et d'Ézékias, rois de Juda.

Écoutez, cieux ! Terre, prête l'oreille ! C'est le Seigneur qui parle : J'ai fait grandir des fils, je les ai élevés, eux, ils se sont révoltés contre moi. Un bœuf connaît son propriétaire et un âne la mangeoire chez son maître : Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas.

Malheur ! Nation pécheresse, peuple chargé de crimes, race de malfaisants, fils corrompus. Ils ont abandonné le Seigneur, ils ont méprisé le Saint d'Israël, ils se sont dérobés.

Où faut-il encore vous frapper, vous qui persistez dans la rébellion ? Toute tête est malade, tout cœur exténué. De la plante des pieds à la tête, rien d'intact : blessures, plaies, meurtrissures récentes, ni nettoyées, ni bandées, ni adoucies avec de l'huile.

Votre pays est désolé, vos villes brûlées, votre terre, devant vous, des étrangers la dévorent : elle est désolée et comme bouleversée par l'envahisseur.

La fille de Sion va rester comme une cabane dans une vigne, comme un abri dans un champ de concombres, comme une ville sur ses gardes. Si le Seigneur, le tout-puissant, ne nous avait laissé quelques réchappés, nous serions comme Sodome, semblables à Gomorrhe.

Écoutez la parole du Seigneur, grands de Sodome, prêtez l'oreille à l'instruction de notre Dieu, peuple de Gomorrhe.

Que me fait la multitude de vos sacrifices, dit le Seigneur ? Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j'en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n'en veux plus. Quand vous venez vous présenter devant moi, qui vous demande de fouler mes parvis ? Cessez d'apporter de vaines offrandes : la fumée, je l'ai en horreur ! Néoménie, sabbat, convocation d'assemblée... je n'en puis plus des forfaits et des fêtes. Vos néoménies et vos solennités, je les déteste, elles me sont un fardeau, je suis las de les supporter. Quand vous étendez les mains, je me voile les yeux, vous avez beau multiplier les prières, je n'écoute pas : vos mains sont pleines de sang.

Lavez-vous, purifiez-vous. Otez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, mettez au pas l'exacteur, faites droit à l'orphelin, prenez la défense de la veuve.

Venez et discutons, dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l'écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. S'ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine.

 

R/ Le sang de Jésus nous purifie

De tout péché.

 

Quand vos péchés seraient comme l'écarlate,

Comme neige ils blanchiront.

 

Apprenez à faire le bien,

Recherchez le droit.

 

CATÉCHÈSE PRÉBAPTISMALE DE SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM

Les deux avènements du Christ

Nous annonçons l'avènement du Christ : non pas un avènement seulement, mais aussi un second, qui est beaucoup plus beau que le premier. Celui-ci, en effet, comportait une signification de souffrance, et celui-là porte le diadème de la royauté divine.

Le plus souvent, en effet, tout ce qui concerne notre Seigneur Jésus Christ est double. Double naissance : l'une, de Dieu avant les siècles, l'autre, de la Vierge à la plénitude des siècles. Double descente : l'une, imperceptible comme celle de la pluie sur la toison, la seconde, éclatante, celle qui est à venir.

Dans le premier avènement, il est enveloppé de langes dans la crèche ; dans le second, il est revêtu de lumière comme d'un manteau. Dans le premier, il a subi la croix, ayant méprisé la honte ; dans le second, il viendra escorté par l'armée des anges, en triomphateur.

Nous ne nous arrêtons pas au premier avènement : nous attendons aussi le second. Comme nous avons dit, lors du premier : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, nous le répéterons encore pour le second ; en accourant avec les anges à la rencontre du Seigneur, nous lui dirons en l'adorant : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Le Sauveur ne viendra pas pour être jugé de nouveau, mais pour juger ceux qui l'ont traduit en jugement. Lui qui a gardé le silence lors du premier jugement, il rappellera leur crime aux misérables qui ont osé le mettre en croix, en disant : Voilà ce que tu as fait, et j'ai gardé le silence. Alors il est venu selon le dessein de miséricorde et il enseignait les hommes par persuasion. Mais, lors du second avènement, ils seront contraints de reconnaître sa royauté.

Le prophète Malachie a parlé des deux avènements. Soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Voilà pour le premier.

Et aussitôt il ajoute pour le second : Le messager de l'Alliance que vous désirez, voici qu'il vient, le Seigneur tout-puissant. Qui pourra soutenir sa vue ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s'installera pour fondre et purifier.

Saint Paul veut parler aussi de ces deux avènements lorsqu'il écrit à Tite : La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes. C'est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Tu vois comment il a parlé du premier avènement, dont il rend grâce ; et du second, que nous attendons.

Donc, notre Seigneur Jésus Christ viendra du ciel. Il viendra vers la fin de ce monde, avec gloire, au dernier jour. Car la fin du monde arrivera et ce monde créé sera renouvelé.

 

En regardant au loin,

Je vois venir la puissance de Dieu

Et la nuée couvrant toute la terre.

 

R/ Allons au devant de lui,

Car il vient régner sur son peuple.

 

Prêtez l'oreille, habitants de l'univers,

Riches et pauvres, ensemble !

 

Pasteur d'Israël, écoute ;

Toi qui trônes sur les chérubins, resplendis !

 

Portes, levez vos frontons,

Élevez-vous, portes éternelles,

Qu'il entre, le roi de gloire !

 

En regardant au loin,

Je vois venir la puissance de Dieu

Et la nuée couvrant toute la terre.

 

Te Deum

Oraison

Donne à tes fidèles, Dieu tout-puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur, pour qu’ils soient appelés, lors du jugement, à entrer en possession du Royaume des cieux.


1 lundi

V/ Montre-nous, Seigneur, ta bonté,

R/ Donne-nous enfin le Sauveur.

Livre d'Isaïe (Is 1, 21-27 ; 2, 1-5)

Promesses enthousiastes pour un avenir lointain

Contraste entre la perversité d'une "Ville Sainte" dépravée et la fidélité de Dieu. Celle-ci aura le dernier mot et Jérusalem deviendra le pôle d'attraction des hommes en quête du vrai Dieu. Mais non sans une purification dévorante.

Comment est-elle devenue une prostituée, la cité fidèle, remplie de justice, refuge du droit... et maintenant des assassins ? Ton argent est devenu de l'écume, ton meilleur vin est coupé d'eau. Tes chefs sont des rebelles, complices des voleurs. Tous, ils aiment les présents, ils courent après les gratifications. Ils ne rendent pas justice à l'orphelin, et la cause de la veuve n'arrive pas jusqu'à eux.

C'est pourquoi – oracle du Seigneur Dieu le tout-puissant, l'Indomptable d'Israël – Malheur ! J'aurai raison de mes adversaires, je me vengerai de mes ennemis. Je tournerai ma main contre toi : avec un sel je refondrai ton écume, j'éliminerai tous tes déchets. Je ferai redevenir tes juges comme autrefois, tes conseillers comme jadis, et ensuite, on t'appellera Cité-Justice, Ville Fidèle. Sion sera sauvée par la justice, et ses habitants convertis le seront par l'équité.

Ce que vit Isaïe, fils d'Amoç, au sujet de Juda et de Jérusalem. Il arrivera dans l'avenir que la montagne de la Maison du Seigneur sera établie au sommet des montagnes et dominera sur les collines. Toutes les nations y afflueront. Des peuples nombreux se mettront en marche et diront :

"Venez, montons à la montagne du Seigneur, à la Maison du Dieu de Jacob. Il nous montrera ses chemins, et nous marcherons sur ses routes."

Oui, c'est de Sion que vient l'instruction et de Jérusalem la parole du Seigneur.

Il sera juge entre les nations, l'arbitre de peuples nombreux. Martelant leurs épées, ils en feront des socs, de leurs lances, ils feront des serpes. On ne brandira plus l'épée nation contre nation, on n'apprendra plus à se battre.

Venez, maison de Jacob, marchons à la lumière du Seigneur.

 

R/ Venez, montons à la maison du Seigneur !

 

Le Messie doit venir, celui qu'on appelle Christ.

Il nous annoncera toute chose.

 

Il nous enseignera ses voies,

Nous suivrons ses sentiers.

 

LETTRE PASTORALE DE SAINT CHARLES BORROMÉE

Le sens de l'Avent.

Voici, mes bien-aimés, ce temps célébré avec tant de ferveur, et, comme dit l'Esprit Saint, temps de la faveur divine, période de salut, de paix et de réconciliation temps jadis désiré très ardemment par les vœux et les aspirations instantes des anciens prophètes et patriarches, et qui a été vu enfin par le juste Siméon avec une joie débordante ! Puisqu'il a toujours été célébré par l'Église avec tant de ferveur, nous-mêmes devons aussi le passer religieusement dans les louanges et les actions de grâce adressées au Père éternel pour la miséricorde qu'il a manifestée dans ce mystère.

Oui, par cet avènement de son Fils unique, en vertu de son immense amour pour nous, pécheurs, il l'a envoyé alors pour nous délivrer de la tyrannie et de l'empire du démon, nous inviter à aller au ciel, nous faire pénétrer dans les mystères célestes, nous montrer la Vérité en personne, nous former à la pureté des mœurs, nous donner les germes des vertus, nous enrichir des trésors de sa grâce et enfin nous adopter pour ses fils et pour héritiers de la vie éternelle.

Du fait que ce mystère est revécu chaque année par l'Église, nous sommes exhortés à rappeler sans cesse le souvenir de tant d'amour envers nous. Cela nous enseigne aussi que l'avènement du Christ n'a pas profité seulement à ceux qui vivaient à l'époque du Sauveur, mais que sa vertu devait être communiquée aussi à nous tous ; du moins si nous voulons, par le moyen de la foi et des sacrements, accueillir la grâce qu'il nous a méritée et diriger notre vie selon cette grâce en lui obéissant.

L'Église nous demande encore de comprendre ceci : de même qu'il est venu au monde une seule fois en s'incarnant, de même, si nous enlevons tout obstacle de notre part, il est prêt à venir à nous de nouveau, à toute heure et à tout instant, pour habiter spirituellement dans nos cœurs avec l'abondance de ses grâces.

Aussi l'Église, comme une mère très affectueuse et très préoccupée de notre salut, à l'occasion de ce temps, nous enseigne, par des hymnes, des cantiques, et par toutes les paroles et les rites que lui a inspirés le Saint-Esprit, comment accueillir avec gratitude un si grand bienfait et comment nous enrichir de ses fruits. Ainsi notre âme se disposera à l'avènement du Christ avec autant de soin que s'il devait encore venir au monde, et de la manière même dont les pères de l'Ancien Testament, par leurs paroles comme par leurs exemples, nous ont appris à les imiter.

 

R/ Que l'univers chante et crie de joie :

Car le Seigneur vient.

 

Je vis un ciel nouveau, une nouvelle terre ;

Plus de pleurs, plus de cris, plus de peine :

Car le Seigneur vient.

 

Dieu aura sa demeure parmi nous,

Nous serons son peuple et lui, Dieu, sera avec nous :

Car le Seigneur vient.

 

Nous ne chercherons plus l'éclat du soleil,

La gloire de Dieu nous illuminera :

Car le Seigneur vient.

 

Que l'univers chante et crie de joie :

Car le Seigneur vient.

Oraison

Accorde-nous, Seigneur, d'attendre sans faiblir la venue de ton Fils, pour qu'au jour où il viendra frapper à notre porte, il nous trouve vigilants dans la prière, heureux de chanter sa louange. Lui qui règne.


1 mardi

V/ Préparez les chemins du Seigneur,

R/ Aplanissez la route.

Livre d'Isaïe (Is 2, 6-22 ; 4, 2-6)

Ce jour-là, Dieu interviendra avec éclat

L'orgueil humain sera humilié : c'est le plus constant message d'Isaïe, affirmé ici avec une force sans pareille. Le péché appelle un jugement de Dieu que nul ne pourra esquiver. Mais pour ses élus, le "reste" échappé à la mort, Dieu est l'abri.

Oui, tu as délaissé ton peuple, la maison de Jacob. Ils sont submergés par l'Orient, autant de devins que les Philistins, beaucoup trop d'enfants d'étrangers. Le pays est rempli d'argent et d'or : pas de limite à ses trésors. Le pays est rempli de chevaux : pas de limite au nombre de ses chars. Le pays est rempli d'idoles : ils se prosternent devant l'ouvrage de leurs mains, devant ce que leurs doigts ont fabriqué.

Ils devront plier, les humains, l'homme sera abaissé – tu ne saurais leur pardonner.

Va dans les rochers, cache-toi dans la terre devant la terreur du Seigneur et l'éclat de sa majesté.

L'orgueilleux regard des humains sera abaissé, les hommes hautains devront plier : et ce jour-là, le Seigneur seul sera exalté. Car il y aura un jour pour le Seigneur, le tout-puissant, contre tout ce qui est fier, hautain et altier et qui sera abaissé : contre tous les cèdres du Liban, hautains et altiers, et contre tous les chênes du Bashân, contre toutes les montagnes hautaines et contre toutes les collines altières, contre toutes les hautes tours et contre toutes les murailles inaccessibles, contre tous les vaisseaux de Tarsis et contre tous les bateaux somptueux.

L'orgueil des humains devra plier, les hommes hautains seront abaissés : et ce jour-là, le Seigneur seul sera exalté – et toutes ensemble, les idoles disparaîtront. Entrez dans les creux des rochers et dans les antres de la terre, devant la terreur du Seigneur et l'éclat de sa majesté quand il se lèvera pour terrifier la terre. En ce jour-là, les humains jetteront aux taupes et aux chauves-souris leurs idoles d'argent et leurs idoles d'or, qu'ils avaient fabriquées pour se prosterner devant elles. Ils iront dans les trous des rochers, dans les fissures du roc, devant la terreur du Seigneur et l'éclat de sa majesté, quand il se lèvera pour terrifier la terre.

Laissez donc l'homme, ce n'est qu'un souffle dans le nez : que vaut-il donc ?

En ce jour-là, ce que fera germer le Seigneur sera l'honneur et la gloire, et ce que produira le pays fera la fierté et le prestige des rescapés d'Israël. Alors, le reste de Sion, les survivants de Jérusalem seront appelés saints : tous seront inscrits à Jérusalem afin de vivre.

Quand le Seigneur aura nettoyé les saletés des filles de Sion et lavé Jérusalem du sang qu'on y a répandu, par le souffle du jugement, par un souffle d'incendie, il créera en tout lieu de la montagne de Sion, sur les assemblées, une nuée le jour, et la nuit une fumée avec l'éclat d'un feu de flamme. Et au-dessus de tout, la gloire du Seigneur sera un dais, une hutte de feuillage, donnant de l'ombre les jours de grande chaleur et servant de refuge et d'abri contre l'orage et la pluie.

 

R/ Nous verrons le Fils de l'homme

Venir avec puissance et grande gloire !

 

Ce jour-là, l'orgueil humain baissera les yeux,

Le Seigneur sera exalté, lui seul !

 

Ce jour-là le germe du Seigneur

Deviendra l'honneur et la parure de son peuple.

 

HOMÉLIE DE SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE

«  Il est devenu pauvre, pour que deveniez riches par sa générosité »

Le Verbe de Dieu qui est éternel, invisible, incompréhensible, incorporel, principe né du principe, lumière née de la lumière, source de la vie et de l'immortalité, empreinte fidèle du premier modèle, marque ineffaçable, ressemblance identique du Père, intention et pensée de celui-ci, progresse vers son image. Il prend chair pour sauver la chair, il s'unit à une âme raisonnable pour sauver mon âme ; il veut purifier le semblable par le semblable et il devient totalement homme, sauf en ce qui concerne le péché.

Il est conçu par la Vierge, préalablement purifiée par le Saint-Esprit dans son âme et dans sa chair, car, s'il fallait honorer la génération, il fallait honorer davantage la virginité. Il se présente comme Dieu incarné, formant un seul être de deux principes opposés, la chair et l'esprit. L'esprit donnait la divinité, la chair était divinisée.

Lui qui enrichit les autres s'appauvrit, car il adopte la pauvreté de ma chair pour que moi je m'enrichisse de sa divinité. Lui qui est plénitude s'anéantit, il se dépouille de sa propre gloire pour un peu de temps, afin que moi, je participe à sa plénitude.

Quel trésor de bonté ! Quel grand mystère en ma faveur ! J'ai reçu l'image, et je ne l'ai pas gardée. Le Verbe a participé à ma chair afin de sauver l'image et de rendre la chair immortelle ! Il s'unit à nous par une deuxième union, beaucoup plus étonnante que la première.

Il fallait que l'homme soit sanctifié par un Dieu devenu homme ; après avoir terrassé notre tyran, il nous délivrerait et nous ramènerait vers lui, par la médiation du Fils, pour l'honneur du Père. C'est ainsi que le Fils se montre obéissant en toutes choses envers lui, pour accomplir son plan de salut.

Ce bon Pasteur est venu rechercher la brebis égarée, en donnant sa vie pour ses brebis sur les montagnes et les collines où tu offrais des sacrifices. Il a retrouvé celle qui était égarée, il l'a chargée sur ces épaules qui ont porté aussi le bois de la croix et, après l'avoir saisie, il l'a ramenée à la vie d'en haut.

Cette lumière éclatante du Verbe est précédée par la lampe qui brûle et qui éclaire ; la Parole, par la voix qui crie dans le désert ; l'Epoux, par l'ami de l'Epoux, celui qui prépare pour le Seigneur un peuple choisi en le purifiant dans l'eau en vue de l'Esprit.

Il nous a fallu un Dieu qui s'incarne et qui meure pour que nous vivions. Nous sommes morts avec lui pour être purifiés ; morts avec lui, nous sommes ressuscités avec lui ; ressuscités avec lui, avec lui nous sommes glorifiés.

 

R/ Un jour viendra où Dieu se montrera,

Un jour verra la fin de nos combats :

Printemps de gloire aux plaines de la terre,

Sa vie joyeuse éveillera les corps,

Et Dieu vivant sera pour toujours

Le cœur d'un monde ouvert à l'amour.

Oraison

En réponse à nos appels, Seigneur, accorde ton secours à ceux qui luttent et qui peinent : que la présence au milieu de nous de celui qui doit venir, ton Fils bien-aimé, nous redonne courage et nous préserve de la dégradation du péché.


1 mercredi

V/ Viens, Seigneur, montre-nous ton visage,

R/ et nous serons sauvés.

Livre d'Isaïe (Is 5, 1-7)

Cette vigne saccagée, c'est la Maison d'Israël

Voici la première forme de la parabole évangélique des mauvais vignerons. Elle résume toute l'histoire de nos rapports avec le Père : son amour prévenant, sa déception devant notre péché, le jugement qui nous condamne.

Que je chante pour mon ami, le chant du bien-aimé et de sa vigne : Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux. Il y retourna la terre, enleva les pierres, et installa un plant de choix. Au milieu, il bâtit une tour et il creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, il n'en eut que de mauvais.

Et maintenant, habitants de Jérusalem et gens de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne. Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'en attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle produit de mauvais ?

Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire à ma vigne : enlever la haie pour qu'elle soit dévorée, faire une brèche dans le mur pour qu'elle soit piétinée. J'en ferai une pente désolée, elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces, et j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie.

La vigne du Seigneur, le tout-puissant, c'est la maison d'Israël, et les gens de Juda sont le plant qu'il chérissait. Il en attendait le droit, et c'est l'injustice. Il en attendait la justice, et il ne trouve que les cris des malheureux.

 

R/ Plus jamais nous n'irons loin de toi,

Laisse-nous vivre et invoquer ton nom.

 

La vigne que tu as prise en Égypte,

Tu l'as replantée en écartant les nations.

Pourquoi as-tu percé sa clôture ?

 

Dieu de l'univers, reviens !

Interviens pour cette vigne,

Pour la souche que ta main a plantée !

 

SERMON DE SAINT BERNARD POUR L'AVENT

Il viendra parmi nous, le Verbe de Dieu.

Nous savons qu'il y a une triple venue du Seigneur. La troisième se situe entre les deux autres. Celles-ci, en effet, sont manifestes, celle-là, non. Dans sa première venue, il a paru sur la terre et il a vécu avec les hommes, lorsque comme lui-même en témoigne – ils l'ont vu et l'ont pris en haine. Mais lors de sa dernière venue, toute chair verra le salut de notre Dieu et ils regarderont vers celui qu'ils ont transpercé. La venue intermédiaire, elle, est cachée : les élus seuls la voient au fond d'eux-mêmes, et leur âme est sauvée. Ainsi il est venu d'abord dans la chair et la faiblesse ; puis, dans l'entre-deux, il vient en esprit et en puissance ; enfin il viendra dans la gloire et la majesté.

Cette venue intermédiaire est vraiment comme la voie par laquelle on passe de la première à la dernière : dans la première le Christ fut notre rédemption, dans la dernière il apparaîtra comme notre vie, et entre temps il est notre repos et notre consolation.

Mais pour que personne ne risque de penser que ce que nous disons de cette venue intermédiaire est une invention de notre part, écoutez ce que dit le Seigneur lui-même : Si quelqu'un m'aime, il gardera mes paroles, et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui. Ailleurs j'ai lu en effet : Qui craint Dieu fera le bien. Mais je perçois qu'ici Jésus exprime quelque chose de plus en disant de celui qui l'aime : il gardera mes paroles. Mais où les gardera-t-il ? Dans son cœur, sans aucun doute. Comme le dit le prophète : Dans mon cœur je conserve tes ordres pour ne point faillir envers toi.

Voici comment il te faut garder la parole de Dieu : Heureux, en effet, ceux qui la gardent. Qu'on la fasse donc entrer dans ce qu'on peut appeler les entrailles de l'âme ; qu'elle passe dans les mouvements de ton cœur et dans ta conduite. Consomme ce qui est bien, et ton âme y trouvera avec joie de quoi s'y nourrir largement. N'oublie pas de manger ton pain pour ne pas laisser ton cœur se dessécher ; de bonne et grasse nourriture rassasie ton âme.

Si de la sorte tu t'es mis à garder en toi la parole de Dieu, nul doute qu'elle ne te garde aussi. Le Fils viendra à toi, avec le Père ; il viendra, le grand prophète, qui rétablira Jérusalem ; c'est lui qui fait toutes choses nouvelles. Voici en effet ce qu'accomplira sa venue : alors, de même que nous sommes à l'image de l'homme pétri de terre, de même nous serons à l'image de celui qui vient du ciel. Comme le vieil Adam s'est répandu à travers l'homme tout entier et y a pris toute la place, de la même manière il faut que le Christ occupe toute la place, lui qui a créé l'homme dans sa totalité, qui le rachète intégralement et le glorifie dans son entier.

 

R/ Viens bientôt, Sauveur du monde,

Lève-toi, clarté d'en haut ;

Vrai soleil du jour nouveau,

Viens percer la nuit profonde.

 

Ta naissance dans l'histoire

Transfigure nos tourments

En douleurs d'enfantement

Où, déjà, surgit ta gloire.

Oraison

Apprête nos cœurs, Dieu très bon, par la puissance de ta grâce ; pour qu'au jour où ton Fils viendra, il nous juge dignes de prendre place à sa table et de recevoir, de sa main, le pain du ciel. Lui qui règne.


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