V/ Levez la tête et regardez :
R/ Notre Sauveur est proche.
Livre d'Isaïe (Is 22, 8b-23)
Valse des chefs du gouvernement royal
Plus que tout autre, Isaïe est le prophète "engagé". Sans cesse il porte la parole de Dieu au cœur de la politique du temps. Mais qu'il condamne une activité trop purement humaine, qu'il favorise le revirement d'un ministre au pouvoir, c'est toujours la présence de Dieu à son peuple qu'il cherche à promouvoir.
Ce jour-là, vous avez regardé vers l’arsenal de la Maison de la Forêt et vous avez vu que les brèches de la ville de David étaient nombreuses. Vous avez amassé l'eau dans le réservoir inférieur. Vous avez fait le compte des maisons de Jérusalem, vous avez démoli les maisons pour rendre inaccessibles les murailles. Vous avez aménagé un bassin entre les deux murailles pour les eaux de l'ancien réservoir. Mais vous n'avez pas regardé vers celui qui agit en tout cela, vous n'avez pas vu celui qui est à l'œuvre depuis longtemps.
Ce jour-là, le Seigneur Dieu, le tout-puissant, vous appelait à pleurer et à vous lamenter, à vous raser la tête et à ceindre le sac, et c'est l'allégresse et la joie : on tue les bœufs, on égorge les moutons, on mange de la viande, on boit du vin, on mange, on boit... car demain nous mourrons. Le Seigneur, le tout-puissant, m'a fait entendre cette révélation : Jamais ce péché ne vous sera pardonné que vous ne soyez morts. Le Seigneur Dieu, le tout-puissant, l'a juré.
Ainsi a parlé le Seigneur Dieu, le tout-puissant : Va trouver ce gouverneur, Shevna, le maître du palais : Que possèdes-tu ici ? Quels parents y as-tu pour te creuser ici un sépulcre, creuser ton tombeau en hauteur, te tailler une demeure dans le roc ? Eh bien, le Seigneur va te secouer, beau sire, il va t'empaqueter, t'envoyer rouler comme une boule vers un pays aux vastes étendues. C'est là-bas que tu mourras, là-bas avec les chars qui font ta gloire et le déshonneur de la maison de ton maître. Je vais te chasser de ton poste, te déloger de ta position.
Et ce jour-là, je ferai appel à mon serviteur, Élyaqim, fils de Hilqiyahou, je le revêtirai de ta tunique, j'assurerai son maintien avec ta ceinture, je remettrai ton pouvoir entre ses mains. Il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda.
Je mettrai la clé de la maison de David sur son épaule, il ouvrira et nul ne fermera, il fermera et nul n'ouvrira. Je l'enfoncerai comme un clou dans un endroit solide et il sera un trône de gloire pour la maison de son père.
R/ Seigneur, ouvre-nous la porte des vainqueurs :
Nous entrerons pour te rendre grâce !
Voici le Véritable, dit le Seigneur,
Celui qui tient la clef de David :
J'ai ouvert devant toi une porte
Que nul ne peut fermer.
Tu as peu de force,
Pourtant tu as gardé ma parole,
Tu n'as pas renié mon nom !
COMMENTAIRE D'EUSÈBE DE CESARÉE SUR ISAÏE
L'avènement au désert. La Bonne Nouvelle sur la montagne.
Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits les sentiers de notre Dieu. Cette parole montre clairement que les événements prophétisés ne se produiront pas à Jérusalem, mais au désert ; c'est là que la gloire du Seigneur apparaîtra et que toute chair aura connaissance du salut de Dieu. Et c'est ce qui s'est accompli réellement et littéralement lorsque Jean Baptiste proclama dans le désert du Jourdain que le salut de Dieu se manifesterait, car c'est là que le salut de Dieu est apparu. En effet, le Christ avec sa gloire s'est fait connaître à tous : lorsqu'il eut été baptisé, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colombe et y demeura ; et la voix du Père lui rendit témoignage : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le.
Le prophète parlait ainsi parce que Dieu devait résider dans le désert, qui est inaccessible au monde. Toutes les nations païennes étaient désertées par la connaissance de Dieu, et toutes étaient inaccessibles aux justes et aux prophètes de Dieu.
C'est pour cela que cette voix ordonne de préparer le chemin au Verbe de Dieu et de rendre unie la route inaccessible et raboteuse afin que notre Dieu, en venant résider chez nous, puisse y avancer.
Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Elève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Ces paroles s'accordent tout à fait avec le sens de celles qui ont précédé, et elles ont raison de mentionner les évangélistes, les porteurs de la Bonne Nouvelle, car elles annoncent aux hommes la Bonne Nouvelle de l'avènement de Dieu, après avoir parlé de la voix qui crie dans le désert. En effet la parole concernant les évangélistes du Sauveur vient à la suite de la prophétie concernant Jean Baptiste.
Qui donc est cette Sion, sinon très certainement celle que les anciens appelaient Jérusalem ? En effet, c'était bien une montagne, comme le montre cette affirmation de l'Écriture : La montagne de Sion où tu fis ta demeure ; et l'Apôtre : Vous êtes venus vers la montagne de Sion. N'est-ce pas une façon de parler qui désigne le groupe des Apôtres, choisis dans le peuple ancien, dans le peuple de la circoncision ?
Telle est en effet Sion ou Jérusalem, qui a reçu en héritage le salut de Dieu et qui, elle-même, est située sur la hauteur, sur la montagne même de Dieu, c'est-à-dire sur le Verbe, son Fils unique : il lui ordonne de monter sur la haute montagne pour annoncer la bonne nouvelle du salut. Or, quel est celui qui annonce la bonne nouvelle, sinon le groupe des évangélistes ? Et qu'est-ce qu'évangéliser ? C'est proclamer à tous les hommes et, avant tous, aux cités de Juda, l'avènement du Christ sur la terre.
Saisis de joie, vous demandez :
Quel sera cet enfant ?
C'est lui le messager de la première espérance.
Accueillez-le de la part du Seigneur :
Il vient tracer le chemin de l'Epoux
et préluder au chant des Noces.
R/ Béni soit le Dieu fidèle,
Il vient nous donner son amour.
Il se souvient de l'Alliance sainte,
Jadis annoncée par les prophètes.
Il nous suscite une force de salut
Dans la maison de David son serviteur.
Oraison
Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l'accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie. Lui qui règne.
V/ Montre-nous, Seigneur, ta bonté,
R/ Donne-nous enfin le Sauveur.
Livre d'Isaïe (Is 24, 1-18)
Dans l'immense désastre, seuls quelques rescapés
Dieu vient pour le jugement. Chacun de ses actes, tout au long de l'histoire, est un jugement partiel. Voici, annoncée dans un style et un environnement d'apocalypse, une vue prophétique du jugement final. Contraste violent entre un monde qui part à la dérive et la gloire inattendue d'un petit reste de justes. Toute cette semaine, nous vivrons dans cette perspective essentielle de l'Avent.
Voici que le Seigneur dévaste la terre et la ravage, il en bouleverse la face, il en disperse les habitants, les prêtres comme le peuple, le maître comme son serviteur, la dame comme sa servante, celui qui vend comme celui qui achète, celui qui prête comme celui qui emprunte, le créancier comme le débiteur. La terre sera totalement dévastée, pillée de fond en comble, comme l'a décrété le Seigneur.
La terre en deuil se dégrade, le monde entier dépérit et se dégrade, avec la terre dépérissent les hauteurs. La terre a été profanée sous les pieds de ses habitants, car ils ont transgressé les lois, ils ont tourné les préceptes, ils ont rompu l'alliance perpétuelle. C'est pourquoi la malédiction dévore la terre, ceux qui l'habitent en portent la peine. C'est pourquoi les habitants de la terre se consument, il n'en reste que très peu.
Le vin nouveau est en deuil, la vigne dépérit, tous les bons vivants gémissent. Le son joyeux des tambourins a cessé, le tumulte des gens en liesse a pris fin, le son joyeux de la harpe a cessé. On ne boit plus de vin en chantant, les boissons fortes sont amères aux buveurs.
La cité du néant s'est effondrée, toutes les maisons sont fermées, inaccessibles. Dans les rues, on réclame du vin, toute allégresse a disparu, la joie est bannie du pays. Il ne reste dans la ville que désolation et la porte, démolie, est en ruine. Dans le pays et parmi les peuples, c'est comme le gaulage des olives, comme le grappillage du raisin quand la vendange est finie.
Ceux-là élèvent la voix, ils acclament la majesté du Seigneur. Du côté de la mer, ils exultent. On glorifie le Seigneur à l'Orient, le nom du Seigneur, Dieu d'Israël, dans les îles de la mer. Des extrémités de la terre, nous entendons chanter : "Honneur au Juste !"
Mais je dis : Je suis à bout, je suis à bout ! Malheur à moi ! Les traîtres ont trahi. Trahison ! Les traîtres ont trahi. C'est la frayeur, la fosse et le filet pour toi, habitant du pays. Celui qui fuira le cri de frayeur tombera dans la fosse, celui qui remontera de la fosse sera pris dans le filet. Les écluses d'en haut sont ouvertes, les fondements de la terre sont ébranlés.
R/ Lève-toi pour juger, Seigneur :
Sauve tous les humbles de la terre.
La terre est en deuil et languit :
L'alliance éternelle est rompue.
On se lamente dans les rues,
Plus de joie dans le pays.
LA MONTÉE DU CARMEL PAR SAINT JEAN DE LA CROIX
"Dieu nous a parlé par son Fils"
Le motif principal pour lequel, sous la loi ancienne, il était licite d'interroger Dieu, et pour lequel il convenait aux prophètes et aux prêtres de désirer des visions et des révélations, c'est que la foi n'était pas encore fondée, ni la loi évangélique établie. Par cela même, il était nécessaire que Dieu manifestât ses volontés, soit en employant le langage humain, soit par visions et révélations, figures et symboles, soit par tout autre moyen d'expression. Car tout ce qu'il disait ou répondait, toutes ces manifestations et révélations, étaient des mystères de notre foi, ou des vérités qui s'y rapportaient et l'avaient pour but.
Mais maintenant que la foi est fondée dans le Christ et que la loi évangélique est établie en cette ère de grâce, il n'y a plus lieu de consulter Dieu de cette manière, pour qu'il parle et réponde comme alors. Car en nous donnant son Fils ainsi qu'il l'a fait, lui qui est sa Parole dernière et définitive, Dieu nous a tout dit ensemble et en une fois, et il n'a plus rien à dire. C'est la doctrine de saint Paul aux Hébreux, quand il les engage à renoncer aux pratiques primitives, aux rapports avec Dieu selon la loi de Moïse, les exhortant à fixer uniquement les yeux sur le seul Christ. Il leur dit : Dieu qui jadis, tant de fois et de tant de manières, avait parlé à nos pères par les prophètes, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils. L'Apôtre nous apprend ainsi que Dieu est devenu en quelque sorte muet. Il n'a plus rien à nous dire, puisque ce qu'il disait jadis en déclarations séparées, par les prophètes, il l'a dit maintenant de façon complète, en nous donnant le tout dans le Fils.
Concluez-en que désirer sous la nouvelle Loi visions ou révélations, ce n'est pas seulement faire une sottise, c'est offenser Dieu, puisque par là nos yeux ne sont pas uniquement fixés sur le Christ, sans chercher chose nouvelle.
Dieu en effet pourrait répondre : Je vous ai dit tout ce que j'avais à dire, par la Parole qui est mon Fils. Fixez les yeux sur lui seul, car en lui j'ai tout établi, en lui j'ai tout dit, tout révélé, et vous trouverez là bien plus que tout ce que vous désirez et demandez.
Depuis le jour où je descendis sur lui, avec mon Esprit, au mont Thabor, en disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis ma complaisance : écoutez-le, j'ai cessé toutes mes anciennes pratiques d'enseignement, de réponses, et je lui ai confié cette mission. Si j'ai parlé avant cette heure, c'était pour vous promettre le Christ, et si on m'adressait des demandes, elles s'harmonisaient avec la recherche et l'espérance du Christ. Tout bien devait se concentrer en lui, comme le proclame maintenant la doctrine exposée par les Évangélistes et les Apôtres. C'est pourquoi, si quelqu'un reprend l'ancienne méthode, demandant que je lui parle, que je lui révèle quelque chose, c'est comme s'il demandait de nouveau le Christ, et plus de doctrine de foi que je n'en ai donné. Et c'est manquer de foi dans le Christ, puisque cette foi a été donnée en lui ; c'est même faire injure à mon Fils bien-aimé, puisque ce manque de foi en lui équivaut en quelque sorte à lui demander une seconde incarnation, afin qu'il recommence sa vie et sa mort. Non, il ne faut plus vous adresser à moi par désirs de visions et de révélations : retenez-le bien, tout se trouve déjà réalisé en lui et infiniment plus.
R/ Venez, montons à la maison du Seigneur !
Le Messie doit venir, celui qu'on appelle Christ.
Il nous annoncera toute chose.
Il nous enseignera ses voies,
Nous suivrons ses sentiers.
Oraison
Que notre prière, Seigneur, se fraie un chemin jusqu'à toi : suscite au cœur de ceux qui te servent les désirs purs, les désirs forts, qui les prépareront au mystère de l'incarnation de ton Fils. Lui qui règne.
V/ Préparez les chemins du Seigneur,
R/ Aplanissez la route.
Livre d'Isaïe (Is 24, 19-23 ; 25, 1-5)
En ce jour-là, le Seigneur triomphera
Tandis que la cité symbolique du monde pécheur s'écroule, le peuple des petits et des humbles, sauvé de la colère, rend grâce à Dieu, son refuge.
La terre se brise, la terre vole en éclats, elle est violemment secouée. La terre vacille comme un ivrogne, elle est agitée comme une cabane. Son péché pèse sur elle, elle tombe et ne peut se relever.
Ce jour-là, le Seigneur interviendra là-haut contre l'armée d'en haut et sur terre contre les rois de la terre. Ils seront entassés, captifs, dans la fosse, ils seront enfermés en prison et, longtemps après, ils devront rendre des comptes. La lune sera humiliée, le soleil sera confondu. Oui, le Seigneur, le tout-puissant, est roi sur la montagne de Sion et à Jérusalem dans sa gloire, en présence des anciens.
Seigneur, tu es mon Dieu, je t'exalte et je célèbre ton nom, car tu as réalisé des projets merveilleux, conçus depuis longtemps, constants et immuables. Tu as fait de la ville un tas de pierres, de la cité fortifiée un champ de ruines. La forteresse des barbares a cessé d'être une ville, elle ne sera plus jamais rebâtie.
C'est pourquoi un peuple puissant te rend gloire, la cité des tyrans des nations te révère. Car tu es le rempart du faible, le rempart du pauvre dans la détresse, le refuge contre l'orage, l'ombre contre la chaleur – car le souffle des tyrans est comme l'orage contre une muraille, comme la chaleur sur une terre aride. Tu éteins le tumulte des barbares comme fait à la chaleur l'ombre d'un nuage, tu étouffes la fanfare des tyrans.
R/ Seigneur, tu es mon Dieu,
Je t'exalte et je célèbre ton nom !
Tu as accompli ton merveilleux dessein,
Enveloppé de silence aux siècles éternels.
Tu es un refuge pour le faible,
Un refuge pour le pauvre dans la détresse.
ACTES DU IIe CONCILE DU VATICAN : L'Église
"Les derniers temps sont arrivés pour nous"
Dans le Christ nous sommes tous appelés à faire partie de l'Église, et c'est en elle que nous acquérons la sainteté par la grâce de Dieu. Mais elle n'atteindra son achèvement que dans la gloire du ciel, lorsque viendra le temps du rétablissement de toutes choses, lorsque, avec le genre humain, le monde entier lui aussi, qui est intimement uni à l'homme et qui atteint par l'homme le but qui est le sien, sera parfaitement rassemblé dans le Christ.
Le Christ, élevé au-dessus de la terre, a attiré à lui tous les hommes ; ressuscité d'entre les morts, il a envoyé sur ses disciples son Esprit qui donne la vie ; et, par cet Esprit, le Christ a établi son Corps, qui est l'Église, comme le sacrement universel du salut. Siégeant à la droite du Père, il agit continuellement dans le monde pour conduire les hommes à son Église, pour les unir à lui-même au moyen d'elle, pour les rendre participants de sa vie glorieuse en leur offrant en nourriture son propre Corps et son Sang.
Ce rétablissement, qui nous a été promis et que nous attendons, a déjà commencé dans le Christ ; il a progressé par l'envoi du Saint-Esprit et par celui-ci il se poursuit dans l'Église. C'est en elle que la foi nous enseigne le sens de notre vie terrestre elle-même, du moment que, dans l'espérance des biens futurs, nous conduisons vers sa fin la tâche que le Père nous a chargés d'accomplir dans le monde, et que nous faisons ainsi notre salut.
Ainsi déjà les derniers temps sont arrivés pour nous. Le renouvellement du monde est irrévocablement établi et se trouve anticipé en ce monde d'une manière déjà réelle. En effet, déjà sur terre, l'Église rayonne d'une sainteté véritable, quoiqu’inachevée.
Mais en attendant que se réalisent les cieux nouveaux et la terre nouvelle où la justice habite, l'Église en pèlerinage porte la figure de ce monde qui passe, dans ses sacrements et ses institutions qui appartiennent à notre époque. Sa propre vie s'écoule au milieu des créatures qui gémissent encore maintenant dans les douleurs de l'enfantement, et qui attendent la manifestation des fils de Dieu.
Les temps sont accomplis,
Le royaume de Dieu
Est tout proche ;
Redressez-vous :
C'est l'heure de l'espérance.
R/ Voici le temps favorable !
Voici le jour du salut !
Les temps sont accomplis,
Le Seigneur aujourd'hui
Vous appelle.
Venez à lui :
C'est l'heure de l'évangile !
Les temps sont accomplis,
Le Seigneur vous attend
Pour la Pâque.
Pressez le pas :
C'est l'heure où Dieu fait revivre !
Oraison
Tu as promis, Dieu tout-puissant, d'envoyer un sauveur à tous les peuples de la terre ; Donne-nous la grâce d'attendre dans la joie le jour glorieux de sa naissance.
V/ Viens, Seigneur, montre-nous ton visage,
R/ Et nous serons sauvés.
Livre d'Isaïe (Is 25, 6-12 ; 26, 1-6)
Confiance en Dieu Sauveur
Comme le fera Jésus lui-même, le prophète n'hésite pas à décrire le bonheur des rachetés de Dieu sous les traits d'un éternel festin. Mais il est ouvert aux seuls humbles : ceux dont les psaumes nous apprennent que la volonté de Dieu est leur vraie nourriture.
Le Seigneur, le tout-puissant, va donner sur cette montagne un festin pour tous les peuples, un festin de viandes grasses et de vins vieux, de viandes grasses succulentes et de vins vieux décantés. Il fera disparaître sur cette montagne le voile tendu sur tous les peuples, l'enduit plaqué sur toutes les nations. Il fera disparaître la mort pour toujours. Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages et dans tout le pays il enlèvera la honte de son peuple. Il l'a dit, lui, le Seigneur.
On dira ce jour-là : C'est lui notre Dieu. Nous avons espéré en lui, et il nous délivre. C'est le Seigneur en qui nous avons espéré. Exultons, jubilons, puisqu'il nous sauve.
La main du Seigneur va se poser sur cette montagne. Mais Moab sera écrasé sur place, comme la paille est écrasée dans la fosse à fumier. Là, il étendra les mains comme on les étend pour nager. Son arrogance sera humiliée avec les manœuvres de ses mains. Les bastions inaccessibles de tes murailles, le Seigneur les renverse, les abat, les ramène à ras de terre, dans la poussière.
Ce jour-là, on chantera ce cantique au pays de Juda : Nous avons une ville forte. Il y a placé comme sauvegarde un mur et un avant-mur. Ouvrez les portes : qu'elle entre, la nation juste qui se garde fidèle !
Comme une œuvre bien établie, tu peux modeler la paix parce qu’on a confiance en toi. Faites confiance au Seigneur pour toujours, au Seigneur, le rocher éternel, car il a fait plier ceux qui habitaient les hauteurs et il abat la cité inaccessible, il l'abat jusqu'à terre et lui fait toucher la poussière. Elle sera foulée aux pieds, sous les pas des humbles, sous les pieds des faibles.
R/ Voici notre Dieu :
De lui nous espérons le salut !
Lui, le Prince de la vie,
Il fera disparaître la mort pour toujours !
Il essuiera les larmes de nos yeux,
Il ôtera la honte de la terre.
SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LE Ps 109
"Ce qu'il a promis, Dieu a aussi la puissance de l'accomplir"
Dieu a fixé un temps pour ses promesses, et un temps pour accomplir ce qu'il a promis.
Le temps des promesses était le temps des prophètes, jusqu'à Jean Baptiste ; à partir de lui et jusqu'à la fin, c'est le temps d'accomplir ce qui a été promis.
Il est fidèle, Dieu qui s'est fait notre débiteur, non en recevant quelque chose de nous, mais en nous promettant de si grandes choses. C'était peu de promettre : il a voulu encore s'engager par écrit, comme en dressant avec nous un contrat de ses promesses ; ainsi, lorsqu'il commencerait à s'acquitter de ses promesses, nous pourrions considérer dans l'Écriture l'ordre dans lequel il s'acquitterait de ce qu'il a promis. C'est pourquoi le temps de la prophétie, comme nous l'avons déjà dit souvent, était la prédiction des promesses.
Il a promis le salut éternel, la vie bienheureuse sans fin avec les anges, et l'héritage qui ne peut se flétrir, la gloire éternelle, la douceur de son visage, la demeure de sa sainteté dans les cieux, et par la résurrection des morts, désormais aucune crainte de mourir. Telle est sa promesse, comme le but vers lequel se porte tout notre élan, et quand nous y serons parvenus, nous n'aurons plus rien à rechercher, plus rien à exiger. Mais selon quel ordre nous parviendrons à ce but final, il nous l'a montré par ses promesses et ses annonces.
En effet, il a promis aux hommes la divinité, aux mortels l'immortalité, aux pécheurs la justification, aux humiliés la glorification.
Cependant, mes frères, ce que Dieu promettait paraissait incroyable aux hommes : qu'à partir de cette mortalité, de cette corruption, de cet état humilié, de cette poussière et de cette cendre, ils égaleraient les anges de Dieu. Aussi n'a-t-il pas seulement fait un contrat écrit avec eux, pour qu'ils croient, mais il a établi un médiateur de leur foi. Non pas un prince, un ange ou un archange, mais son Fils unique. Ainsi devait-il montrer et donner par son Fils lui-même le chemin par lequel il nous conduirait à cette fin qu'il nous a promise.
Mais c'était trop peu pour Dieu, de donner son Fils pour qu'il montre le chemin ; il a fait de lui le chemin, par lequel tu irais sous sa direction, le chemin que tu suivrais.
Aussi le Fils de Dieu, qui devait venir chez les hommes, devait s'unir à l'homme ; par la nature qu'il épouserait, il devait devenir homme, destiné à mourir, à ressusciter, à monter au ciel, à siéger à la droite du Père, à accomplir parmi les nations ce qu'il avait promis. Et après avoir accompli ses promesses parmi les nations, il devait encore accomplir celle de revenir, et d'exiger ce qu'il a demandé ; de séparer les sujets de sa colère des sujets de sa miséricorde ; de donner aux impies ce dont il les a menacés, et aux justes ce qu'il leur a promis.
Tout cela donc devait être prophétisé, devait être annoncé, devait être souligné comme devant venir, afin que sa venue ne cause pas de frayeur, mais soit attendue avec foi.
R/ De tout mon cœur je crie vers Dieu !
Mon cri semble tomber à rien.
De tout mon cœur, le Seigneur crie vers Dieu :
Dieu l'entend, et il vient.
Le Seigneur est amour, nous faisons cœur à deux,
Dieu fait cœur avec lui,
Car le Seigneur est Dieu :
Voilà ce que fait un ami !
Le Seigneur a tout l'homme en amour,
Tout homme ne le sait pas.
Le Seigneur veut tout homme d'amour,
Il donne tout, pour qu'il le soit.
Il s'est fait corps au corps humain,
Mon sang peut passer par son cœur ;
Il lui donne sa force et sa fin :
Voilà ce que fait le Seigneur !
Dans sa nuit de confiance, il l'envoie
Porter à tout le corps son amour ;
Il le rappelle de sa voix
Pour le recharger en amour.
Tendrement il se fait des sujets,
Patiemment, il leur forme des yeux
Pour qu'ils témoignent de la vérité :
Voilà ce que fait notre Dieu !
Oraison
Dieu tout-puissant, tu nous demandes de préparer le chemin de ton Fils ; ne permets pas que la fatigue nous abatte, alors que nous attendons la venue bienheureuse de celui qui nous rendra les forces et la santé. Lui qui règne.