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Jeudi saint

V/ Quand j'aurai été élevé de terre,

R/ J'attirerai à moi tous les hommes.

 

Lettre aux Hébreux (He 4, 14-16 ; 5, 1-10)

Jésus Christ, grand prêtre

Aujourd'hui nous retournons en arrière, pour lire le passage concernant le Christ, grand prêtre : au cours de sa passion, il a présenté à Dieu prières et supplications ; qui pourrait mieux que lui nous conduire à Dieu ?

Puisque nous avons un grand prêtre éminent, qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la confession de foi. Nous n'avons pas, en effet, un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses ; il a été éprouvé en tous points à notre ressemblance, mais sans pécher. Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être aidés en temps voulu.

Tout grand prêtre, en effet, pris d'entre les hommes est établi en faveur des hommes pour leurs rapports avec Dieu. Son rôle est d'offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il est capable d'avoir de la compréhension pour ceux qui ne savent pas et s'égarent, car il est, lui aussi, atteint de tous côtés par la faiblesse et, à cause d'elle, il doit offrir, pour lui-même aussi bien que pour le peuple, des sacrifices pour les péchés. On ne s'attribue pas à soi-même cet honneur, on le reçoit par appel de Dieu, comme ce fut le cas pour Aaron.

C'est ainsi que le Christ non plus ne s'est pas attribué à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l'a reçue de celui qui lui a dit : Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré, conformément à cette autre parole : Tu es prêtre pour l'éternité à la manière de Melkisédeq. C'est lui qui, au cours de sa vie terrestre, offrit prières et supplications avec grand cri et larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de sa soumission. Tout Fils qu'il était, il apprit par ses souffrances l'obéissance, et, conduit jusqu'à son propre accomplissement, il devint pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel, ayant été proclamé par Dieu grand prêtre à la manière de Melkisédeq.

 

R/ Avançons-nous avec pleine assurance

Vers le trône de la grâce !

 

Notre grand prêtre a été éprouvé en tous points,

À notre ressemblance, mais sans péchée.

 

Christ a prié avec grand cri et larmes

Et il fut exaucé en raison de sa soumission.

 

Tout Fils qu'il était,

Jésus apprit par ses souffrances l'obéissance.

 

Ainsi le Fils de Dieu est devenu pour ses fidèles

Cause de salut éternel.

 

HOMÉLIE DE MELITON DE SARDES SUR LA PÂQUE

L'Agneau sans défaut et sans tache

Bien des choses ont été annoncées par de nombreux prophètes en vue du mystère de Pâques qui est le Christ : à lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

C'est lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l'homme qui souffre ; il a revêtu cette nature dans le sein de la Vierge et, quand il en est sorti, il était devenu homme ; il a pris sur lui les souffrances de l'homme qui souffre, avec un corps capable de souffrir, et il a détruit les souffrances de la chair ; par l'esprit incapable de mourir, il a tué la mort homicide.

Conduit comme un agneau et immolé comme une brebis, il nous a délivrés de l'idolâtrie du monde comme de la terre d'Égypte ; il nous a libérés de l'esclavage du démon comme de la puissance de Pharaon ; il a marqué nos âmes de son propre Esprit, et de son sang les membres de notre corps.

C'est lui qui a plongé la mort dans la honte et qui a mis le démon dans le deuil, comme Moïse a vaincu Pharaon. C'est lui qui a frappé le péché et a condamné l'injustice à la stérilité, comme Moïse a condamné l'Égypte.

C'est lui qui nous a fait passer de l'esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C'est lui qui est la Pâque de notre salut.

C'est lui qui endura bien des épreuves en un grand nombre de personnages qui le préfiguraient : en Abel il a été tué ; en Isaac il a été lié sur le bois ; en Jacob il a été exilé ; en Joseph il a été vendu ; en Moïse il a été exposé à la mort ; dans l'agneau il a été égorgé ; en David il a été en butte aux persécutions ; dans les prophètes il a été méprisé.

C'est lui qui s'est incarné dans une vierge, a été suspendu au bois, enseveli dans la terre, ressuscité d'entre les morts, élevé dans les hauteurs des cieux.

C'est lui, l'agneau muet ; c'est lui, l'agneau égorgé ; c'est lui qui est né de Marie, la brebis sans tache ; c'est lui qui a été pris du troupeau, traîné à la boucherie, immolé sur le soir, mis au tombeau vers la nuit. Sur le bois, ses os n'ont pas été brisés ; dans la terre, il n'a pas connu la corruption ; il est ressuscité d'entre les morts et il a ressuscité humanité gisant au fond du tombeau.

 

R/ Voici l'Agneau de Dieu

Qui enlève le péché du monde.

 

Jésus a enduré la croix

Et renoncé à la joie qui lui revenait.

 

Il s'est abaissé jusqu'à la mort,

Et la mort de la croix.

 

Te Deum

Oraison

Dieu qu'il est juste d'aimer par-dessus tout, multiplie en nous les dons de ta grâce ; dans la mort de ton Fils, tu nous fais espérer ce que nous croyons, accorde-nous, par sa résurrection, d'atteindre ce que nous espérons.


Vendredi saint

V/ Contre moi se sont levés de faux témoins,

R/ Ne respirant que violence.

 

Lettre aux Hébreux (He 9, 11-28)

Le Christ, grand prêtre, entre au sanctuaire du ciel

En offrant sa propre vie, le Christ crée une situation nouvelle, irréversible : il anéantit le péché et instaure une alliance, définitive.

Christ est survenu, grand prêtre des biens à venir. C'est par une tente plus grande et plus parfaite, qui n'est pas œuvre des mains – c'est-à-dire qui n'appartient pas à cette création-ci –, et par le sang, non pas des boucs et des veaux, mais par son propre sang, qu'il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire et qu'il a obtenu une libération définitive. Car si le sang de boucs et de taureaux et si la cendre de génisse répandue sur les êtres souillés les sanctifient en purifiant leur corps, combien plus le sang du Christ, qui, par l'esprit éternel, s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes pour servir le Dieu vivant.

Voilà pourquoi il est médiateur d'une alliance nouvelle, d'un testament nouveau ; sa mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l'héritage éternel déjà promis. Car là où il y a testament, il est nécessaire que soit constatée la mort du testateur. Un testament ne devient valide qu'en cas de décès ; il n'a pas d'effet tant que le testateur est en vie. Aussi la première alliance elle-même n'a-t-elle pas été inaugurée sans effusion de sang. Lorsque Moïse eut proclamé à tout le peuple chaque commandement conformément à la loi, il prit le sang des veaux et des boucs, puis de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope, et il en aspergea le livre lui-même et tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a ordonnée pour vous ; puis il aspergea aussi avec le sang la tente et tous les ustensiles du culte, et c'est avec du sang que, d'après la loi, on purifie presque tout, et sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon. Si donc les images de ce qui est dans les cieux sont purifiées par ces rites, il est nécessaire que les réalités célestes elles-mêmes le soient par des sacrifices bien meilleurs.

Ce n'est pas, en effet, dans un sanctuaire fait de main d'homme, simple copie du véritable, que Christ est entré, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu. Et ce n'est pas afin de s'offrir lui-même à plusieurs reprises, comme le grand prêtre qui entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger. Car alors il aurait dû souffrir à plusieurs reprises depuis la fondation du monde. En fait, c'est une seule fois, à la fin des temps, qu'il a été manifesté pour abolir le péché par son propre sacrifice. Et comme le sort des hommes est de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, ainsi le Christ fut offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude et il apparaîtra une seconde fois, sans plus de rapport avec le péché, à ceux qui l'attendent pour le salut.

 

R/ Rédemption éternelle par ton sang,

Jésus Sauveur du monde !

 

Le Christ s'est offert lui-même à Dieu,

Comme une victime sans tâche.

 

Il a offert sa vie en expiation,

Il verra une postérité, il prolongera ses jours.

 

Après les épreuves de son âme,

Il verra la lumière et sera comblé.

 

SERMON DE SAINT LEON LE GRAND POUR LA PASSION

Gloire et puissance de la croix.

Le Seigneur est livré à ceux qui le haïssent. Pour insulter sa dignité royale, on l'oblige à porter lui-même l'instrument de son supplice. Ainsi s'accomplissait l'oracle du prophète Isaïe : Il a reçu sur ses épaules le pouvoir. En se chargeant ainsi du bois de la croix, de ce bois qu'il allait transformer en sceptre de sa force, c'était certes aux yeux des impies un grand sujet de dérision mais, pour les fidèles, un mystère étonnant : Le vainqueur glorieux du démon, l'adversaire tout-puissant des puissances du mal, présentait sur ses épaules, avec une patience invincible, le trophée de sa victoire, le signe du salut, à l'adoration de tous les peuples.

Comme la foule allait avec Jésus au lieu du supplice, on rencontra un certain Simon de Cyrène, et on fit passer le bois de la croix des épaules du Seigneur sur les siennes. Ce transfert préfigurait la foi des nations, pour qui la croix du Christ devait devenir, non un opprobre, mais une gloire.

En vérité, le Christ, notre Pâque, a été immolé. Il s'est offert au Père en sacrifice nouveau et véritable de réconciliation, non dans le Temple, dont la dignité avait déjà pris fin, mais à l'extérieur et hors du camp, pour qu'à la place des victimes anciennes dont le mystère était aboli, une nouvelle victime fût présentée sur un nouvel autel, et que la croix du Christ fût cet autel, non plus du temple, mais du monde.

Devant le Christ élevé en croix, il nous faut dépasser la représentation que s'en firent les impies, à qui fut destinée la parole de Moïse : Votre vie sera suspendue sous vos yeux, et vous craindrez jour et nuit, sans pouvoir croire à cette vie. Pour nous, accueillons d'un cœur libéré la gloire de la croix qui rayonne sur le monde. Pénétrons d'un regard éclairé par l'Esprit de vérité le sens de la parole du Seigneur annonçant l'imminence de sa Passion : C'est maintenant le jugement du monde, c'est maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors. Et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tout à moi.

O admirable puissance de la croix ! O gloire inexprimable de la Passion ! En elle apparaît en pleine lumière le jugement du monde et la victoire du Crucifié ! Oui, Seigneur, tu as tout attiré à toi ! Alors que tu avais tendu les mains tout le jour vers un peuple rebelle, le monde entier comprit qu'il devait rendre gloire à ta majesté. Tu as tout attiré à toi, Seigneur, puisque, le voile du temple déchiré, le saint des saints devenu béant, la figure a fait place à la réalité, la prophétie à son accomplissement, la Loi à l'Évangile. Tu as tout attiré à toi, Seigneur, puisque la piété de toutes les nations célèbre partout, au vu et au su de tous, le mystère qui jusqu'alors était voilé sous des symboles dans un temple unique de Judée.

Désormais, ta croix, ô Christ, est la source de toutes les bénédictions, la cause de toute grâce. Par elle, les croyants tirent de leur faiblesse la force, du mépris reçu la gloire, et de la mort la vie. Désormais, l'unique offrande de ton corps et de ton sang donne leur achèvement à tous les sacrifices, car tu es, ô Christ, le véritable Agneau de Dieu, toi qui enlèves le péché du monde. L'ensemble des mystères trouve en toi seul son sens plénier : au lieu d'une multitude de victimes, il n'y a plus qu'un unique sacrifice.

 

Ces hommes méprisés,

Ces femmes humiliées,

Ces enfants que tout rejette,

Ces meurtris, ces torturés,

Tous ces visages bafoués :

Seigneur Jésus,

C'est toi qui me regardes.

 

R/ Oserons-nous reconnaître

Celui qui fut transpercé ?

 

Comme un surgeon,

Il grandît devant nous,

Comme une racine en terre aride.

 

Il n'a ni beauté, ni éclat,

Homme des douleurs,

Rebut d'humanité.

 

Mais ce sont nos souffrances qu'il porte,

Nos misères dont il est accablé.

 

Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui,

Et c'est grâce à ses plaies

Que nous sommes guéris.

Oraison

Regarde, Seigneur, nous t'en prions, la famille qui t'appartient : c'est pour elle que Jésus, le Christ, notre Seigneur, ne refusa pas d'être livré aux mains des méchants ni de subir le supplice de la croix. Lui qui règne.


Samedi saint

V/ Lève-toi, Seigneur, défends ta cause,

R/ Que ta parole me fasse vivre.

 

Lettre aux Hébreux (He 4, 1-16)

Hâtons-nous d'entrer dans le repos de Dieu

Qui entrera dans ce repos de Dieu ? Qui entendra la Parole pénétrante qui juge toute créature ? qui suivra celui qui a passé au-delà des cieux ?

Alors que subsiste une promesse d'entrer dans son repos, craignons que quelqu'un d'entre vous ne soit convaincu d'être resté en retrait. Car nous avons reçu la bonne nouvelle tout comme ces gens-là, mais la parole qu'ils avaient entendue ne leur fut d'aucun profit, car les auditeurs ne s'en sont pas pénétrés par la foi.

Nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos, dont il a dit : Car j'ai juré dans ma colère : On verra bien s'ils entreront dans mon repos ! son ouvrage, assurément, ayant été réalisé dès la fondation du monde, car on a dit du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de tout son ouvrage, et de nouveau dans notre texte : s'ils entreront dans mon repos.

Ainsi donc, puisqu'il reste décidé que certains y entrent, et que les premiers à avoir reçu la bonne nouvelle n'y entrèrent pas à cause de leur indocilité, il fixe de nouveau un jour, aujourd'hui, disant beaucoup plus tard, dans le texte de David déjà cité : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs.

De fait, si Josué leur avait assuré le repos, il ne parlerait pas, après cela, d'un autre jour. Un repos sabbatique reste donc en réserve pour le peuple de Dieu. Car celui qui est entré dans son repos s'est mis, lui aussi, à se reposer de son ouvrage, comme Dieu s'est reposé du sien. Empressons-nous donc d'entrer dans ce repos, afin que le même exemple d'indocilité n'entraîne plus personne dans la chute.

Vivante, en effet, est la parole de Dieu, énergique et plus tranchante qu'aucun glaive à double tranchant. Elle pénètre jusqu'à diviser âme et esprit, articulations et moelles. Elle passe au crible les mouvements et les pensées du cœur. Il n'est pas de créature qui échappe à sa vue ; tout est nu à ses yeux, tout est subjugué par son regard. Et c'est à elle que nous devons rendre compte.

Ayant donc un grand prêtre éminent, qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la confession de foi. Nous n'avons pas, en effet, un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses ; il a été éprouvé en tous points à notre ressemblance, mais sans pécher. Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être aidés en temps voulu.

 

R/ Dieu a fixé de nouveau un jour : aujourd'hui !

 

Celui qui est entré dans son repos

S'est mis, lui aussi, à se reposer de son ouvrage !

 

Le Père ne peut abandonner son Christ à la mort,

Ni laisser son ami voir la corruption.

 

Dieu se lève pour juger,

Pour sauver les humbles de la terre !

 

HOMELIE ANCIENNE POUR LE GRAND ET SAINT SAMEDI

"Éveille-toi, ô toi qui dors"

Que se passe-t-il ? Aujourd'hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. La terre a tremblé et elle s'est apaisée, parce que Dieu s'est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s'est mis à trembler.

C'est le premier homme qu'il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort. Oui, c'est vers Adam captif, en même temps que vers Ève, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs.

Le Seigneur s'est avancé vers eux, muni de la croix, l'arme de sa victoire. Lorsqu'il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s'écria vers tous les autres : "Mon Seigneur avec nous tous ! " Et le Christ répondit à Adam : " Et avec ton esprit". Il le prend par la main et le relève en disant : Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera.

"C'est moi ton Dieu, qui, pour toi, suis devenu ton fils ; c'est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans les chaînes : Sortez. À ceux qui sont dans les ténèbres : Soyez illuminés. À ceux qui sont endormis : Relevez-vous.

"Je te l'ordonne : Éveille-toi, ô toi qui dors, je ne t'ai pas créé pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d'entre les morts : moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains ; lève-toi, mon semblable qui as été créé à mon image. Éveille-toi, sortons d'ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.

"C'est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils ; c'est pour toi que moi, le Maître, j'ai pris ta forme d'esclave ; c'est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre et au-dessous de la terre ; c'est pour toi, l'homme, que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts ; c'est pour toi, qui es sorti du jardin, que j'ai été livré aux Juifs dans un jardin et que j'ai été crucifié dans un jardin.

Vois les crachats sur mon visage ; c'est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.

"Vois la flagellation sur mon dos, que j'ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois.

"Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t'es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Ève. Mon côté a guéri la douleur de ton côté ; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi.

"Lève-toi, partons d'ici. L'ennemi t'a fait sortir de la terre du paradis ; moi je ne t'installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste. Je t'ai écarté de l'arbre symbolique de la vie ; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu'un avec toi. J'ai posté les chérubins pour qu'ils te gardent comme un serviteur ; je fais maintenant que les chérubins t'adorent comme un Dieu.

"Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité."

 

Près de la tombe scellée

Les gardes veillent ;

Et pourquoi, si la vie est vaincue ?

Mais en ton cœur, Vierge Marie,

Quelle espérance veille ?

Comme jadis dans le Temple,

Retrouveras-tu, au troisième jour,

Celui que tu appelles dans la nuit :

"Lève-toi, bien-aimé,

Montre-moi ton visage."

 

R/ Lève-toi, bien-aimé,

Montre-nous ton visage.

 

J'ai cherché celui que mon cœur aime,

Je l'ai cherché sans le trouver.

 

Avant que souffle la brise du jour,

Que les ténèbres disparaissent, reviens !

 

Réveille-toi, mon bien-aimé,

Voici l'heure de ton bon plaisir.

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, dont le Fils unique est descendu aux profondeurs de la terre, d'où il est remonté glorieux : accorde à tes fidèles, ensevelis avec lui dans le baptême, d'accéder par sa résurrection à la vie éternelle. Lui qui règne.


TP 1 Lundi

V/ Les disciples furent remplis de joie, alléluia,
R/ à la vue du Seigneur, alléluia !

Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 1, 1-21)

Salut et action de grâce

Pour ceux qui ont fait l'expérience d'une nouvelle naissance grâce à la Résurrection de Jésus Christ, la vie est transfigurée.

Pierre, apôtre de Jésus Christ, aux élus qui vivent en étrangers dans la dispersion, dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l'Asie et la Bithynie, élus selon le dessein de Dieu le Père, par la sanctification de l'Esprit, pour obéir à Jésus Christ et avoir part à l'aspersion de son sang.

Que la grâce et la paix vous viennent en abondance ! Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus Christ d'entre les morts, pour un héritage qui ne se peut corrompre, ni souiller, ni flétrir ; cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi pour le salut prêt à se révéler au moment de la fin. Aussi tressaillez-vous d'allégresse même s'il faut que, pour un peu de temps, vous soyez affligés par diverses épreuves, afin que la valeur éprouvée de votre foi – beaucoup plus précieuse que l'or périssable qui pourtant est éprouvé par le feu – obtienne louange, gloire et honneur lors de la révélation de Jésus Christ, Lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore ; aussi tressaillez-vous d'une joie ineffable et glorieuse, en remportant, comme prix de la foi, le salut de vos âmes.

Sur ce salut ont porté les recherches et les investigations des prophètes, qui ont prophétisé au sujet de la grâce qui vous était destinée : ils recherchaient à quel temps et à quelles circonstances se rapportaient les indications données par l'Esprit du Christ qui était présent en eux, quand il attestait par avance les souffrances réservées au Christ et la gloire qui les suivrait. Il leur fut révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes, mais pour vous qu'ils transmettaient ce message, que maintenant les prédicateurs de l'Évangile vous ont communiqué sous l'action de l'Esprit Saint envoyé du ciel, et dans lequel les anges désirent plonger leurs regards.

C'est pourquoi, l'esprit éveillé pour les discernements nécessaires, mettez toute votre espérance dans la grâce qui doit vous être accordée lors de la révélation de Jésus Christ. Comme des enfants obéissants, ne vous conformez pas aux convoitises d'autrefois, du temps de votre ignorance ; mais, de même que celui qui vous a appelés est saint, vous aussi devenez saints dans toute votre conduite, parce qu'il est écrit : Soyez saints, car je suis saint.

Et si vous invoquez comme Père celui qui, sans partialité, juge chacun selon son œuvre, conduisez-vous avec crainte durant le temps de votre séjour sur la terre, sachant que ce n'est point par des choses périssables, argent ou or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre héritée de vos pères, mais par le sang précieux, comme d'un agneau sans défaut et sans tache, celui du Christ, prédestiné avant la fondation du monde et manifesté à la fin des temps à cause de vous. Par lui vous croyez en Dieu qui l'a ressuscité des morts et lui a donné la gloire, de telle sorte que votre foi et votre espérance reposent sur Dieu.

 

R/ Pâque éternelle :

Christ est ressuscité, alléluia !

 

Peuple élu dans le Fils unique,

Étranger, dispersé sur la terre,

Entre dans l'héritage qui t'est préparé.

 

Passent le monde et ses souffrances,

La joie du Christ demeure à jamais.

 

HOMÉLIE DE MELITON DE SARDES SUR LA PÂQUE

Mystère toujours nouveau.

Comprenez-le, mes bien-aimés : le mystère de la Pâque est ancien et nouveau, provisoire et éternel, corruptible et incorruptible, mortel et immortel.

Il est ancien en raison de la Loi, mais nouveau en raison du Verbe ; provisoire en ce qu'il est figuratif, mais éternel parce qu'il donne la grâce ; corruptible puisqu'on immole une brebis, mais incorruptible parce qu'il contient la vie du Seigneur ; mortel, puisque le Seigneur est enseveli dans la terre, mais immortel par sa résurrection d'entre les morts.

Oui, la Loi est ancienne, mais le Verbe est nouveau ; la figure est provisoire, mais la grâce est éternelle ; la brebis est corruptible, mais le Seigneur est incorruptible, lui qui a été immolé comme l'agneau, et qui ressuscita comme Dieu.

Car il a été conduit comme une brebis vers l'abattoir, alors qu'il n'était pas une brebis ; il est comparé à l'agneau muet, alors qu'il n'était pas un agneau. En effet, la figure a passé, et la vérité a été réalisée : Dieu a remplacé l'agneau, un homme a remplacé la brebis, dans cet homme, le Christ, qui contient toute chose.

Ainsi donc, l'immolation de la brebis et le rite de la Pâque et la lettre de la Loi ont abouti au Christ Jésus en vue de qui tout arriva dans la loi ancienne et davantage encore dans l'ordre nouveau.

Car la Loi est devenue le Verbe, et, d'ancienne, elle est devenue nouvelle (l'une et l'autre sorties de Sion et de Jérusalem), le commandement s'est transformé en grâce, la figure en vérité, l'agneau est devenu fils, la brebis est devenue homme et l'homme est devenu Dieu.

Le Seigneur, étant Dieu, revêtit l'homme, souffrit pour celui qui souffrait, fut enchaîné pour celui qui était captif, fut jugé pour le coupable, fut enseveli pour celui qui était enseveli. Il ressuscita des morts et déclara à haute voix : Qui disputera contre moi ? Qu'il se présente en face de moi ! C'est moi qui ai délivré le condamné ; c'est moi qui ai rendu la vie au mort ; c'est moi qui ai ressuscité l'enseveli. Qui ose me contredire ? C'est moi, dit-il, qui suis le Christ, qui ai détruit la mort, qui ai triomphé de l'adversaire, qui ai lié l'ennemi puissant, et qui ai emporté l'homme vers les hauteurs des cieux ; c'est moi, dit-il, qui suis le Christ.

Venez donc, toutes les familles des hommes, pétries de péchés, et recevez le pardon des péchés. Car c'est moi qui suis votre pardon, moi la Pâque du salut, moi l'agneau immolé pour vous, moi votre rançon, moi votre vie, moi votre résurrection, moi votre lumière, moi votre salut, moi votre roi. C'est moi qui vous emmène vers les hauteurs des cieux ; c'est moi qui vous ressusciterai ; c'est moi qui vous ferai voir le Père qui existe de toute éternité ; c'est moi qui vous ressusciterai par ma main puissante.

 

R/ À toi, Jésus Sauveur,

Le jugement du monde,

Alléluia !

 

Ils sont fixés, l'heure et le jour,

Et le mois et l'année

Du juste jugement.

 

Celui qui croit

N'est pas soumis au jugement :

Par la foi, il a connu l'amour de Dieu.

 

Te Deum

 

Oraison

Dieu qui agrandis toujours ton Église en lui donnant par le baptême de nouveau enfants, accorde à tes fils d'être fidèles toute leur vie au sacrement qu'ils ont reçu dans la foi.


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