V/ Seigneur, ta tendresse est sans mesure,
R/ Fais-nous vivre selon ton amour.
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
La résurrection du Christ, notre espérance
Si l'on proclame que Christ est ressuscité des morts, comment certains d'entre vous disent-ils qu'il n'y a pas de résurrection des morts ? S'il n'y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n'est pas ressuscité, et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide, et vide aussi votre foi. Il se trouve même que nous sommes de faux témoins de Dieu, car nous avons porté un contre-témoignage en affirmant que Dieu a ressuscité le Christ alors qu'il ne l'a pas ressuscité, s'il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. Si les morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est illusoire, vous êtes encore dans vos péchés. Dès lors, même ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ; Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts. En effet, puisque la mort est venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection des morts : comme tous meurent en Adam, en Christ tous recevront la vie ; mais chacun à son rang : d'abord les prémices, Christ, puis ceux qui appartiennent au Christ, lors de sa venue ; ensuite viendra la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité, toute puissance. Car il faut qu'il règne, jusqu'à ce qu'il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort, car il a tout mis sous ses pieds. Mais quand il dira : "Tout est soumis", c'est évidemment à l'exclusion de celui qui lui a tout soumis. Et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a tout soumis, pour que Dieu soit tout en tous. S'il en était autrement, que chercheraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si, en tout cas, les morts ne ressuscitent pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux ? Et nous-mêmes, pourquoi à tout moment sommes-nous en danger ? Tous les jours, je meurs, aussi vrai, frères, que vous êtes mon orgueil en Jésus Christ notre Seigneur. À quoi m'aurait servi de combattre contre les bêtes à Éphèse si je m'en tenais à des vues humaines ? Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons. Ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. Revenez sérieusement à la raison et ne péchez pas ! Car quelques-uns n'ont pas la connaissance de Dieu, je le dis à votre honte.
R/ Christ a vaincu la mort,
Chantons sa gloire !
Le Dieu que nous avons est le Dieu des victoires,
Et les portes de la mort sont à Dieu, le Seigneur.
Le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort,
Car il a tout mis sous ses pieds.
HOMÉLIE DE S. AMBROISE POUR L'ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE SON FRÈRE
Nous voyons que la mort est un avantage, et la vie un tourment, si bien que Paul a pu dire : Pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage. Qu'est-ce que le Christ ? Rien d'autre que la mort du corps, et l'esprit qui donne la vie. Aussi mourons avec lui pour vivre avec lui. Nous devons chaque jour nous habituer et nous affectionner à la mort afin que notre âme apprenne, par cette séparation, à se détacher des désirs matériels. Notre âme établie dans les hauteurs, où les sensualités terrestres ne peuvent accéder pour l'engluer, accueillera l'image de la mort pour ne pas encourir le châtiment de la mort. En effet la loi de la chair est en lutte contre la loi de l'âme et cherche à l'entraîner dans l'erreur. Mais quel est le remède ? Qui me délivrera de ce corps de mort ? – La grâce de Dieu, par Jésus Christ, notre Seigneur.
Nous avons le médecin, adoptons le remède. Notre remède, c'est la grâce du Christ, et le corps de mort, c'est notre corps. Alors, soyons étrangers au corps pour ne pas être étrangers au Christ. Si nous sommes dans le corps, ne suivons pas ce qui vient du corps ; n'abandonnons pas les droits de la nature, mais préférons les dons de la grâce.
Qu'ajouter à cela ? Le monde a été racheté par la mort d'un seul. Car le Christ aurait pu ne pas mourir, s'il l'avait voulu. Mais il n'a pas jugé qu'il fallait fuir la mort comme inutile, car il ne pouvait mieux nous sauver que par sa mort. C'est pourquoi sa mort donne la vie à tous. Nous portons la marque de sa mort, nous annonçons sa mort par notre prière, nous proclamons sa mort par notre sacrifice. Sa mort est une victoire, sa mort est un mystère, le monde célèbre sa mort chaque année.
Que dire encore de cette mort, puisque l'exemple d'un Dieu nous prouve que la mort seule a recherché l'immortalité et que la mort s'est rachetée elle-même ? Il ne faut pas s'attrister de la mort, puisqu'elle produit le salut de tous, il ne faut pas fuir la mort que le Fils de Dieu n'a pas dédaignée et n'a pas voulu fuir.
La mort n'était pas naturelle, mais elle l'est devenue ; car, au commencement, Dieu n'a pas créé la mort : il nous l'a donnée comme un remède. L'homme, condamné pour sa désobéissance à un travail continuel et à une désolation insupportable, menait une vie devenue misérable. Il fallait mettre fin à ses malheurs, pour que la mort lui rende ce que sa vie avait perdu. L'immortalité serait un fardeau plutôt qu'un profit, sans le souffle de la grâce.
L'âme a donc le pouvoir de quitter le labyrinthe de cette vie et la fange de ce corps, et de tendre vers l'assemblée du ciel, bien qu'il soit réservé aux saints d'y parvenir ; elle peut chanter la louange de Dieu dont le texte prophétique nous apprend qu'elle est chantée par des musiciens : Grandes et merveilleuses sont tes œuvres. Seigneur, Dieu tout-puissant : justes et véritables sont tes chemins, Roi des nations. Qui ne te craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Car toi seul es saint. Toutes les nations viendront se prosterner devant toi. Et l'âme peut voir tes noces, Jésus, où ton épouse est conduite de la terre jusqu'aux cieux, sous les acclamations joyeuses de tous – car vers toi vient toute chair – ton épouse qui n'est plus exposée aux dangers du monde, mais unie à ton Esprit.
C'est ce que le saint roi David a souhaité, plus que toute autre chose, pour lui-même, c'est ce qu'il a voulu voir et contempler : La seule chose que je demande au Seigneur, la seule que je cherche, c'est d'habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, et de découvrir la douceur du Seigneur.
R/ Grâce et bonheur
À ceux qui s'endorment dans la foi.
Pour les morts est offert le sacrifice d'expiation,
Afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés.
Le Christ est mort, puis ressuscité,
Pour être le Seigneur des morts et des vivants.
Oraison
Écoute nos prières avec bonté, Seigneur : fais grandir notre foi en ton Fils ressuscité des morts, pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de tous nos frères défunts.
HOMÉLIE DE JEAN XXIII À LA CANONISATION DE S. MARTIN DE PORRES
Martin de Porrès nous montre par les exemples de sa vie que nous pouvons obtenir le salut et la sainteté par le chemin que le Christ Jésus nous a montré ; cela à condition que d'abord nous aimions Dieu de toute notre âme et de tout notre esprit. et ensuite que nous aimions nos proches comme nous-mêmes.
Il était convaincu que le Christ Jésus a souffert pour nous et qu'il a porté nos péchés dans son corps sur la croix. Aussi a-t-il eu un amour tout spécial pour le crucifié. Quand il contemplait ses douloureuses blessures, il ne pouvait s'empêcher de pleurer abondamment. Il avait également un amour très particulier pour le Saint Sacrement de l'Eucharistie ; très souvent, caché dans la sacristie de l'église. il l'adorait pendant des heures et il désirait s'en nourrir le plus fréquemment possible.
Dans une obéissance parfaite aux invitations du divin Maître, il entourait ses frères d'une extrême charité, jaillie d'une foi sans mélange et d'un cœur très humble. Il aimait les hommes parce qu'il les considérait vraiment comme les fils de Dieu et comme ses frères ; mieux encore, il les aimait plus que lui-même parce que. dans son humilité, il les estimait tous plus justes et meilleurs que lui.
Il excusait les fautes des autres ; il pardonnait les plus violentes injures parce qu'il avait la conviction de mériter, à cause de ses péchés, les châtiments les plus sévères. Il faisait tous ses efforts pour ramener les coupables à une vie honnête. Il assistait les malades avec bonté. Aux plus pauvres il fournissait nourriture, vêtements, remèdes. Aux paysans et aux hommes de couleur, noirs ou métis. considérés alors comme une masse d'esclaves méprisables, il apportait le réconfort de tous les secours et de toutes les attentions dont il était capable. C'est au point qu'il mérita d'être appelé couramment « Martin de la charité ».
Ce saint qui, par ses paroles, ses exemples et ses vertus a tellement attiré les hommes vers la vie chrétienne, peut encore aujourd'hui, d'une manière admirable, élever nos âmes vers le ciel. Tous, hélas, ne comprennent et n’apprécient pas ces valeurs surnaturelles comme il faudrait. Mais il y a plus grave ; beaucoup inclinant vers les charmes du vice, méprisent ces valeurs surnaturelles, s'en dégoûtent, ou les négligent totalement. Puisse l'exemple de saint Martin enseigner à un grand nombre, pour leur salut, quelle douceur et quel bonheur on trouve à suivre les traces de Jésus Christ et à obéir à ses commandements.
R/ Dieu nous a tant aimés :
nous aussi, aimons-nous les uns les autres.
Aimer son prochain comme soi-même
vaut mieux que tous les sacrifices.
Agir avec amour, c'est présenter une oblation,
fuir l'injustice, c'est offrir un sacrifice.
Oraison
Dieu qui as conduit saint Martin de Porrès jusqu'à la gloire du ciel par les chemins de l'humilité, donne-nous de suivre son exemple, pour être admis avec lui près de toi.
HOMELIE DE S. CHARLES BORROMEE PRONONCEE À SON DERNIER SYNODE
Nous sommes tous faibles, je le reconnais, mais le Seigneur Dieu nous a donné des moyens où nous pouvons facilement trouver du secours si nous le voulons. Voici un prêtre qui voudrait mener la vie irréprochable à laquelle il se sait obligé, qui voudrait être chaste et avoir la conduite digne des anges qui lui convient ; mais il ne décide pas d’employer les moyens voulus : le jeûne, la prière, la fuite des relations mauvaises, des familiarités nuisibles et dangereuses.
Cet autre, lorsqu’il entre au chœur pour la psalmodie ou lorsqu’il va célébrer la messe, se plaint de ce que mille pensées se présentent aussitôt à son esprit et le distraient de Dieu. Mais avant d’aller au chœur ou de célébrer la messe, qu’a-t-il fait à la sacristie, comment s’est-il préparé, quels moyens a-t-il pris pour maîtriser son attention ?
Veux-tu que je t’enseigne comment progresser sans cesse de vertu en vertu et, si déjà tu étais attentif au chœur, comment tu pourras l’être davantage une autre fois pour que tes hommages plaisent à Dieu encore plus ? Écoute-moi bien. Si un petit feu d’amour divin est déjà allumé en toi, ne le montre pas tout de suite, ne l’expose pas au vent ; garde fermée la porte du four, pour ne pas laisser perdre la chaleur. Cela veut dire : fuis, autant que possible, les distractions, demeure recueilli en Dieu, évite les conversations frivoles.
Tu as la charge de la prédication et de l’enseignement ? Étudie, applique-toi à tout ce qui est nécessaire pour bien exercer cette charge. Soucie-toi d’abord de prêcher par ta vie et tes mœurs ; évite qu’en te voyant dire une chose et en faire une autre, les gens ne se moquent de tes paroles en hochant la tête.
Tu as charge d’âmes ? Ce n’est pas une raison pour négliger la charge de toi-même et pour te donner si généreusement aux autres qu’il ne reste plus rien de toi-même pour toi. Tu dois te souvenir des âmes dont tu es le supérieur, sans t’oublier toi-même.
Comprenez, mes frères, que rien n’est aussi nécessaire, pour des hommes d’Église, que l’oraison mentale qui doit précéder toutes nos actions, les accompagner et les suivre. Je chanterai, dit le Prophète, et je serai attentif. Si tu administres les sacrements, mon frère, pense à ce que tu fais ; si tu célèbres la messe, pense à ce que tu offres ; si tu psalmodies au chœur, réfléchis à qui tu parles et à ce que tu dis ; si tu diriges les âmes, songe au sang qui les a lavées ; ainsi faites tout avec amour. C’est ainsi que nous pourrons vaincre facilement les innombrables difficultés que nous rencontrons nécessairement chaque jour, du fait de notre position. C’est ainsi que nous aurons la force d’engendrer le Christ en nous et chez les autres.
R/ Ceux qui sèment dans les larmes,
moissonnent en chantant.
Qui sème dans sa chair
moissonnera de sa chair la destruction.
Qui sème dans l’Esprit
moissonnera de l’Esprit la vie éternelle.
La chair ne sert à rien,
c’est l’Esprit qui vivifie.
Oraison
Maintiens dans ton peuple, Seigneur, l'esprit qui animait saint Charles Borromée ; ainsi ton Église, sans cesse renouvelée et toujours plus fidèle à l'Évangile, pourra montrer au monde le vrai visage du Christ. Lui qui règne.
HOMÉLIE D'AQUIN POUR LA FÊTE DE SAINT WILLIBRORD
Réjouissons-nous dans le Seigneur, frères bien-aimés, vibrons d'une allégresse spirituelle, puisque Dieu nous a donné ce grand maître de vie, ce guide de justice, ce fondateur de notre unité ; car c'est lui qui nous a rassemblés dans cette sainte bergerie et qui nous a enseigné la vraie foi. Que tout le peuple se réjouisse avec nous : aujourd'hui, il est accouru en foule pour l'anniversaire de notre Père très saint, il a voulu prendre part aux vigiles de cet homme apostolique, il a voulu se tenir en présence de notre Seigneur Jésus Christ, des saints anges et de ce bienheureux pontife.
Je vous le demande : que personne n'ait de doute dans sa foi, n'hésite à croire qu'il a reçu le pardon ni que ses demandes obtiendront tout leur effet, puisque Dieu nous a accordé un si grand protecteur. Il veut que nous soyons exaucés par son intercession, et plus nous le prierons avec confiance, plus nous serons rapidement exaucés. En effet, la foi obtient tout nous en avons sous les yeux des exemples évidents : ceux de cet homme très saint dont nous célébrons aujourd'hui la fête.
Dès son enfance il a voulu plaire à Dieu par sa foi. En effet, dans l'ardeur de celle-ci, il a quitté sa patrie, sa parenté et ses amis pour l'amour de Dieu. Il a méprisé les biens terrestres pour acquérir les biens célestes. C'est pourquoi il a obtenu des fruits abondants de son labeur, il a converti au Christ des peuples en foule, il a détourné d'une erreur coupable de nombreux païens et, avec le concours de la grâce divine, il a fait, des fils de colère, des fils de miséricorde. Il a fermé l'enfer, il a ouvert le ciel.
Il a parcouru de nombreuses nations pour les amener toutes au chemin de la vérité. Il s'est dépensé sans compter, il a affronté des peuples cruels en risquant d'y trouver la couronne empourprée du martyre. Mais Dieu l'a préservé pour le salut d'un grand nombre, car il devait obtenir par sa prédication une plus grande gloire que s'il avait été seul à recevoir la couronne du martyre.
Voyez, frères très chers, comme il est glorieux de suivre le Seigneur. Pour l'amour du Christ, Willibrord a méprisé la patrie, il a préféré une vie errante, il tenait pour peu de chose les richesses du siècle, il a aimé volontairement la pauvreté. Et Si nous savons quelle gloire il a eue ensuite auprès des hommes, la gloire qu'il possède parmi les anges pour l'éternité est bien préférable.
Les exemples de ce maître très saint doivent nous tirer de notre torpeur et de notre lâcheté, nous rendre courageux dans le combat pour la vie céleste, le mépris des biens qui passent, le désir des biens éternels. Ce que nous célébrons en lui, il faut le réaliser en nous. Nous faisons l'éloge de ses combats et de ses travaux. Rectifions notre marche en suivant ses traces, car Si nous imitons les exemples de sa sainteté, nous obtiendrons aussi les récompenses de sa béatitude, par celui qui l'a couronné et qui nous aidera Jésus Christ, notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et l'Esprit Saint pour les siècles éternels.
R/ Heureux l’homme
qui met sa foi dans le Seigneur.
Sois fort et tiens bon,
que le livre de la loi
soit toujours sur tes lèvres.
Sois sans crainte ni frayeur :
le Seigneur ton Dieu
est avec toi partout où tu iras !
Vous tous, disciples du Seigneur,
fortifiez-vous
dans la grâce du Seigneur Jésus !
Oraison
Seigneur, tu as choisi l’évêque saint Willibord pour annoncer ta gloire aux nations et fortifier nos ancêtres dans la foi ; à sa prière, accorde-nous de persévérer dans ta volonté, afin qu’au long des jours, le peuple dévoué à ton service augmente en nombre et grandisse en sainteté.
V/ Vers ton temple saint, je me prosterne,
R/ je crains et j'adore.
Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 2, 1-17)
La pierre vivante et la nation sainte
Rejetez donc toute méchanceté et toute ruse, toute forme d'hypocrisie, d'envie et de médisance. Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait pur de la parole afin que, par lui, vous grandissiez pour le salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon. Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, entrez dans la construction de la Maison habitée par l'Esprit, pour constituer une sainte communauté sacerdotale, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ. Car on trouve dans l'Écriture : Voici, je pose en Sion une pierre angulaire, choisie et précieuse, et celui qui met en elle sa confiance ne sera pas confondu. À vous donc, les croyants, l'honneur ; mais pour les incrédules la pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre de l'angle, et aussi une pierre d'achoppement, un roc qui fait tomber. Ils s'y heurtent, parce qu'ils refusent de croire à la parole, et c'est à cela qu'ils étaient destinés. Mais vous, vous êtes la race élue, la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte, le peuple que Dieu s'est acquis, pour que vous proclamiez les hauts faits de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière, vous qui jadis n'étiez pas son peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde. Bien-aimés, je vous exhorte, comme des gens de passage et des étrangers, à vous abstenir des convoitises charnelles, qui font la guerre à l'âme. Ayez une belle conduite parmi les païens, afin que, sur le point même où ils vous calomnient comme malfaiteurs, ils soient éclairés par vos bonnes œuvres et glorifient Dieu au jour de sa venue. Soyez soumis à toute institution humaine, à cause du Seigneur ; soit au roi, en sa qualité de souverain, soit aux gouverneurs, délégués par lui pour punir les malfaiteurs et louer les gens de bien. Car c'est la volonté de Dieu qu'en faisant le bien vous réduisiez au silence l'ignorance des insensés. Comportez-vous en hommes libres, sans utiliser la liberté comme un voile pour votre méchanceté, mais agissez en serviteurs de Dieu. Honorez tous les hommes, aimez vos frères, craignez Dieu, honorez le roi.
R/ De ta demeure de sainteté,
Regarde et bénis ton peuple.
Vous êtes un peuple acquis pour annoncer les louanges
De celui qui vous a appelés des ténèbres
À son admirable lumière.
Jadis vous n'étiez pas un peuple,
Vous êtes maintenant le peuple de Dieu.
HOMELIE DE S. CESAIRE D'ARLES POUR L'ANNIVERSAIRE D'UNE DEDICACE
Nous célébrons aujourd'hui dans l'allégresse, frères bien-aimés, l'anniversaire de cette église, avec la grâce du Christ. Mais c'est nous qui devons être le temple de Dieu, son temple véritable et vivant. Les peuples chrétiens ont bien raison de célébrer avec foi cette solennité de la Mère Église, car ils savent qu'ils sont renés spirituellement par elle. Si, par notre première naissance, nous étions pour Dieu des objets de colère, par la seconde naissance, nous sommes devenus les objets de sa miséricorde. La première naissance nous a engendrés à la mort, la seconde nous a rappelés à la vie.
Tous, frères très chers avant le baptême, nous avons été des temples du diable ; après le baptême nous sommes devenus des temples de Dieu et si nous réfléchissons attentivement au salut de notre âme, nous savons que nous sommes le temple véritable et vivant de Dieu. Dieu n'habite pas seulement dans des temples faits de la main de l'homme, ni dans une demeure de bois et de pierres, mais principalement dans l'âme créée à l'image de Dieu, par la main du Créateur lui-même. C'est ainsi que saint Paul a dit : Le temple de Dieu est saint, et ce temple, c'est vous.
Et puisque le Christ est venu pour chasser le démon de nos cœurs, afin de se préparer un temple en nous, travaillons autant que nous le pouvons, avec son aide, à ce qu'il ne subisse pas en nous d'outrage, à cause de nos mauvaises actions. Car celui qui agit mal outrage le Christ. Comme je l'ai dit, avant que le Christ nous eût rachetés, nous étions la demeure du démon ; ensuite nous sommes devenus la demeure de Dieu : Dieu a daigné faire de nous sa demeure. Par conséquent, mes très chers, si nous voulons célébrer dans la joie l'anniversaire d'une église, nous ne devons pas détruire en nous, par de mauvaises actions, les temples vivants de Dieu. Et je dis cela pour que tous puissent comprendre : chaque fois que nous venons a l'église, nous devons préparer nos âmes pour qu'elles soient telles que nous voulons trouver cette église.
Tu veux trouver une basilique brillante ? Ne souille pas ton âme par la saleté des péchés. Si tu veux que la basilique soit éclairée, et Dieu aussi le veut, que la lumière des bonnes œuvres brille en nous, et celui qui est aux cieux sera glorifié. De même que tu entres dans cette église, c'est ainsi que Dieu veut entrer dans ton âme, comme lui-même l'a dit : J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux.
J'ai vu l'eau vive
Jaillissant du cœur du Christ, alléluia !
Tous ceux que lave cette eau
Seront sauvés et chanteront : alléluia !
R/ Alléluia, alléluia, alléluia !
J'ai vu le Temple
Désormais s'ouvrir à tous, alléluia !
Le Christ revient victorieux,
Montrant la plaie de son côté, alléluia !
HOMELIE DE S. LEON POUR L'ANNIVERSAIRE DE SON EPISCOPAT
L’Église universelle est organisée selon des degrés différents, afin que la diversité des membres assure l’intégrité de ce corps sacré. Cependant, comme dit l’Apôtre, tous nous ne faisons qu’un dans le Christ. Aucun de nous n’est séparé d’un autre par sa fonction au point que la plus modeste partie du corps ne serait pas reliée à la tête. Donc, dans l’unité de la foi et du baptême, nous constituons une société sans classes, mes bien-aimés, et nous avons une même dignité selon le saint Apôtre Pierre, qui nous dit ces paroles sacrées : Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus. Et plus loin : Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu.
Tous ceux, en effet, qui ont été régénérés dans le Christ, le signe de la croix en fait des rois, et l’onction de l’Esprit Saint les consacre prêtres. Ainsi, en dehors du service particulier de notre ministère, tous les chrétiens qui vivent selon l’Esprit et selon la logique de leur vocation doivent reconnaître comme participant à la race royale et à l’office sacerdotal. Qu’y a-t-il en effet d’aussi royal que d’être un esprit soumis à Dieu qui sache gouverner son corps ? Et qu’y a-t-il d’aussi sacerdotal que de consacrer à Dieu une conscience pure et d’offrir sur l’autel de son cœur les sacrifices sans tache de la piété ? Cela vous a été donné par la grâce de Dieu en commun avec tous ; et pourtant c’est de votre part une chose religieuse et digne d’éloge que de vous réjouir, comme d’un honneur qui vous est propre, de l’anniversaire de mon élévation. C’est ainsi qu’on célèbre dans le corps entier de l’Église le mystère unique du sacerdoce : lorsque l’huile de la bénédiction s’est répandue, elle a ruisselé plus abondamment, il est vrai, sur les membres supérieurs, mais ce n’est pas avec parcimonie qu’elle atteint aussi les membres les plus bas placés.
Par conséquent, mes bien-aimés, s’il y a pour nous, dans ce partage d’un même don, un grand motif de nous réjouir ensemble, notre joie aura un objet plus vrai et plus noble si vous ne vous attardez pas à considérer ma médiocrité. Car il est beaucoup plus utile et plus juste d’élever le regard de votre esprit pour contempler la gloire du bienheureux Apôtre Pierre, et de célébrer ce jour en vénérant principalement celui que la source même de tous les charismes a inondé avec tant d’abondance : c’est au point qu’ayant été le seul à recevoir de si nombreux biens, aucun d’eux ne peut se communiquer à qui que ce soit sans que lui-même y participe.
R/ Gloire au Seigneur, c’est lui notre Dieu !
Jadis vous n’étiez pas un peuple,
vous êtes maintenant le peuple de Dieu.
Vous êtes la race élue, la nation sainte,
le peuple que Dieu s’est acquis.
Oraison
Dieu qui ne laisse pas les puissances du mal prévaloir contre ton Église fondée sur le roc inébranlable des Apôtres, fais qu'à la prière du pape saint Léon, elle reste ferme dans ta vérité, et, sous ta garde, soit pour toujours en paix.