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26 vendredi

 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 3, 17-21 ; 4, 1-9)

Tenir ferme dans le Seigneur

À ces nouveaux chrétiens, Paul redit ce que représente pour eux ce titre de "citoyens du ciel".

Tous ensemble imitez-moi, frères, et fixez votre regard sur ceux qui se conduisent suivant l'exemple que vous avez en nous. Beaucoup, en effet, je vous le disais souvent et le redis maintenant en pleurant, se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Leur fin sera la perdition ; leur dieu, c'est leur ventre, et leur gloire, ils la mettent dans leur honte, eux qui n'ont à cœur que les choses de la terre. Car notre cité, à nous, est dans les cieux, d'où nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, qui transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire, avec la force qui le rend capable aussi de se soumettre toutes choses.

Ainsi donc, frères bien-aimés que je désire tant revoir, vous, ma joie et ma couronne, tenez ferme de cette façon dans le Seigneur, mes bien-aimés.

J'exhorte Évodie et j'exhorte Syntyche à vivre en plein accord dans le Seigneur. Et toi, compagnon véritable, je te le demande, viens-leur en aide, car elles ont lutté avec moi pour l'Évangile, en même temps que Clément et tous mes autres collaborateurs, dont les noms figurent au livre de vie.

Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre bonté soit reconnue par tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute occasion, par la prière et la supplication accompagnées d'action de grâce, faites connaître vos demandes à Dieu. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ.

Au reste, frères, tout ce qu'il y a de vrai, tout ce qui est noble, juste, pur, digne d'être aimé, d'être honoré, ce qui s'appelle vertu, ce qui mérite l'éloge, tout cela, portez-le à votre actif. Ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi, observé en moi, tout cela, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

 

R/ Que la paix de Dieu

Garde nos cœurs et nos pensées dans le Christ.

 

Le Seigneur est proche,

Réjouissons-nous en tout temps.

 

Le Seigneur est proche,

Tenons ferme dans sa parole.

 

D’UNE HOMÉLIE ANCIENNE SUR LA LETTRE AUX PHILIPPIENS

"Soyez toujours dans la joie"

La bonté divine, frères très chers, nous invite, pour le salut de nos âmes, aux joies de la béatitude éternelle, comme vous l’avez entendu dans la lecture qui nous occupe, où l’Apôtre disait : Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. Les joies du monde tendent à la tristesse ; mais les joies conformes à la volonté de Dieu attirent aux biens durables et éternels ceux qui y persévèrent. C’est pourquoi l’Apôtre ajoute : Je le répète, réjouissez-vous.

Il nous exhorte à faire croître de plus en plus notre joie, pour nous rapprocher de Dieu et nous faire accomplir ses commandements ; car, plus nous aurons combattu en ce monde pour obéir aux préceptes divins, plus nous serons heureux dans la vie future et plus nous obtiendrons de gloire devant Dieu.

Que votre sérénité soit connue de tous les hommes : c’est-à-dire que votre conduite sainte ne doit pas seulement apparaître devant Dieu, mais aussi devant les hommes, pour donner un exemple de sérénité et de réserve devant tous ceux qui demeurent avec vous sur la terre, ou encore pour laisser un bon souvenir devant Dieu et les hommes.

Le Seigneur est proche ; ne soyez inquiets de rien : le Seigneur est toujours proche de ceux qui l’invoquent avec sincérité, avec une foi droite, une espérance ferme, une parfaite charité : car il sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez : Il est toujours prêt à secourir, dans n’importe lequel de leurs besoins, ceux qui le servent fidèlement. Aussi, lorsque nous voyons que le malheur est imminent, nous n’avons pas à nous faire de grand souci, puisque nous devons savoir que Dieu est pour nous un défenseur tout proche, selon cette parole : Le Seigneur est proche de ceux dont le cœur est angoissé, et il sauvera ceux dont l’esprit est abattu. Les angoisses sont nombreuses pour les justes, mais de toutes le Seigneur les délivrera. Si nous efforçons d’accomplir et de garder ce qu’il prescrit, il ne tardera pas à s’acquitter de ses promesses.

Mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes : nous ne devons pas, si nous sommes accablés d’épreuves, les supporter avec récriminations et tristesse, loin de là, mais avec patience et bonne humeur, en rendant grâce à Dieu en tout temps et à propos de tout.

 

R/ Christ est notre lumière, notre soleil levant !

 

Qui regarde vers lui resplendira,

Point d'ombre sur son visage.

 

Il vient nous visiter,

En lui la joie de notre cœur.

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, toi que nous pouvons déjà appeler notre Père, fais grandir en nos cœurs l'esprit filial, afin que nous soyons capables d'entrer un jour dans l'héritage qui nous est promis.


26 samedi

 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 4, 10-23)

Le prix de l'entraide fraternelle

Dans la gêne où il se trouvait, Paul a trouvé des frères.

Je me suis beaucoup réjoui dans le Seigneur de ce que votre intérêt pour moi ait enfin pu refleurir : oui, l'intérêt vous l'aviez, mais l'occasion vous manquait. Ce n'est pas le besoin qui me fait parler, car j'ai appris en toute situation à me suffire. Je sais vivre dans la gêne, je sais vivre dans l'abondance. J'ai appris, en toute circonstance et de toutes les manières, à être rassasié comme à avoir faim, à vivre dans l'abondance comme dans le besoin. Je peux tout en celui qui me rend fort. Pourtant, vous avez bien fait de prendre votre part de ma détresse. Vous le savez, vous, Philippiens, dans les débuts de l'Évangile, quand j'ai quitté la Macédoine, aucune Église ne m'a fait une part dans un compte de doit et avoir, si ce n'est vous seuls, vous qui, à Thessalonique déjà, à plus d'une reprise, m'avez envoyé ce dont j'avais besoin.

Ce n'est pas que je sois à la recherche de cadeaux ; ce que je recherche, c'est le fruit qui s'accroît à votre actif. J'ai d'ailleurs en mains tout ce qu'il faut, et même au-delà. Je suis comblé, maintenant que j'ai reçu ce qu'Épaphrodite m'a remis de votre part, parfum de bonne odeur, sacrifice agréé et qui plaît à Dieu. Et mon Dieu comblera tous vos besoins, suivant sa richesse, magnifiquement, en Jésus Christ. À Dieu notre Père soit la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Saluez chacun des saints en Jésus Christ. Les frères qui sont avec moi vous saluent. Tous les saints vous saluent, surtout ceux de la maison de César.

Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit.

 

R/ Je peux tout en celui qui me fortifie.

 

Dans les faiblesses, les insultes,

Les contraintes, les persécutions et les angoisses,

 

Lorsque je suis faible,

C'est alors que je suis fort.

 

DU TRAITÉ DE SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE

La vie nouvelle et le combat spirituel

Si quelqu’un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle ; le monde ancien s’en est allé. Ailleurs, saint Paul appelle "création nouvelle" l’habitation du Saint-Esprit dans une âme pure, sans tache, indemne de mal, d’injustice et de toute habitude déshonorante. Car, lorsque l’âme a détesté le péché, s’est unie intimement à Dieu de tout son pouvoir en se gouvernant selon la vertu, sa vie est transformée ; elle reçoit la grâce du Saint-Esprit, qui la renouvelle et la recrée tout entière. Saint Paul le dit ainsi : Purifiez-vous des vieux ferments pour être une pâte nouvelle. Et un peu plus loin : Festoyons, non pas avec le vieux ferment, mais avec du pain non fermenté : la droiture et la vérité.

En effet, le tentateur dresse de nombreux pièges, de tous côtés, contre notre âme pour la précipiter dans le mal. Par elle-même, la nature humaine n’est pas assez forte pour triompher de lui. C’est pourquoi l’Apôtre nous ordonne de munir nos membres d’un armement céleste. Revêtez, nous dit-il, la justice pour cuirasse ; à vos pieds chaussez la promptitude pour annoncer la paix ; ayez la vérité pour ceinturon.

Tu vois combien de moyens de salut te sont présentés par l’Apôtre ! Tous conduisent à un seul chemin pour atteindre un seul but. Grâce à eux, on accomplit facilement la course de la vie jusqu’au sommet des commandements.

Dans un autre endroit, l’Apôtre nous dit : Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi.

Celui qui méprise absolument les grandeurs de cette vie et qui renonce à toute gloire terrestre doit renoncer, en même temps qu’à la vie, à son âme. Renoncer à son âme, c’est ne jamais chercher à obéir à sa volonté propre, mais faire la volonté de Dieu en lui obéissant comme à un bon pilote. C’est encore ne rien posséder, ne rien s’approprier de ce qui est commun. On sera plus libre alors pour accomplir allègrement, dans la joie et l’espérance, ce qui est prescrit par les supérieurs, comme un esclave du Christ, qui a été acheté pour servir la communauté des frères. C’est cela que veut le Seigneur et il nous y exhorte quand il dit : Celui qui veut avoir la première place et être grand parmi vous serra le dernier de tous et l’esclave de tous.

Il faut que cet esclavage au service des hommes ne rapporte aucun salaire. Il faut que l’esclave soit soumis à tous et qu’il rende service à ses frères comme s’il leur payait une dette. Il faut donc que les supérieurs se donnent plus de mal que les autres, aient des sentiments plus humbles que leurs subordonnés et qu’ils présentent leur vie à leurs frères comme un modèle d’esclavage en estimant que ce qui leur est confié est un dépôt appartenant à Dieu.

C’est ainsi que vous devez prendre soin de vos frères, comme de bons éducateurs prennent soin des enfants délicats confiés à eux par les parents.

Comportez-vous ainsi entre vous. Que les uns obéissent avec joie aux ordres qu’on leur donne. Que les autres, qui jouent le rôle de maîtres, conduisent volontiers leurs frères à la perfection. Bref, rivalisez de respect les uns pour les autres. Alors vous mènerez sur terre la vie des anges.

 

R/ Vivons dans la charité

Au service les uns des autres !

 

Toute la loi s'accomplit

En cette parole unique :

Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

 

Je vous donne un commandement nouveau :

Aimez-vous les uns les autres,

Comme je vous ai aimés.

Oraison

Pour ceux qui t'aiment, Seigneur, tu as préparé des biens que l'œil ne peut voir : répands en nos cœurs la ferveur de ta charité, afin que t'aimant en toutes choses et par-dessus tout, nous obtenions de toi l'héritage promis qui surpasse tout désir.


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