Livre du Deutéronome (Dt 9, 7-21.25-29)
Supplication à Moïse
Rien dans la conduite passée du peuple de Dieu ne le prédestinait à être objet de l'amitié divine. Bien plus, il n'y a le plus souvent répondu que par le doute et le péché. Cette histoire est celle de chacun de nous.
Souviens-toi, n'oublie pas que tu as irrité le Seigneur ton Dieu dans le désert. Depuis le jour où tu es sorti du pays d'Égypte jusqu'à votre arrivée ici, vous avez été en révolte contre le Seigneur.
À l'Horeb, vous avez irrité le Seigneur, et le Seigneur s'est mis en colère contre vous jusqu'à vouloir vous exterminer. Quand je suis monté sur la montagne pour recevoir les tables de pierre, les tables de l'alliance que le Seigneur avait conclue avec vous, je suis resté sur la montagne quarante jours et quarante nuits, sans manger de pain ni boire d'eau. Le Seigneur m'a donné les deux tables de pierre, écrites du doigt de Dieu, où étaient reproduites toutes les paroles que le Seigneur avait prononcées pour vous sur la montagne, du milieu du feu, au jour de l'assemblée. C'est au bout de quarante jours et de quarante nuits que le Seigneur m'a donné les deux tables de pierre, les tables de l'alliance. Alors le Seigneur m'a dit : "Lève-toi, descends tout de suite d'ici, car ton peuple s'est corrompu, ce peuple que tu as fait sortir d'Égypte ; ils n'ont pas tardé à s'écarter du chemin que je leur avais prescrit : ils se sont fabriqué une statue de métal fondu !" Et le Seigneur m'a dit : "Je vois ce peuple : eh bien ! C’est un peuple à la nuque raide ! Laisse-moi faire, je vais les exterminer, je vais effacer leur nom de sous le ciel ; mais je ferai de toi une nation plus puissante et plus nombreuse qu'eux." Je me suis tourné pour descendre de la montagne, cette montagne tout embrasée, en tenant de mes deux mains les deux tables de l'alliance. Et j'ai vu : vous aviez péché contre le Seigneur votre Dieu en vous fabriquant un veau de métal fondu ; vous n'aviez pas tardé à vous écarter du chemin que le Seigneur vous avait prescrit. Alors, j'ai saisi les deux tables, je les ai jetées de mes deux mains, et je les ai brisées sous vos yeux.
Je me suis prosterné devant le Seigneur ; comme la première fois, pendant quarante jours et quarante nuits je n'ai pas mangé de pain, je n'ai pas bu d'eau, à cause de tous les péchés que vous aviez commis en faisant ce qui est mal aux yeux du Seigneur, au point de l'offenser. Je redoutais la colère et la fureur du Seigneur, irrité contre vous jusqu'à vouloir vous exterminer ; mais le Seigneur, cette fois encore, m'a écouté. Contre Aaron aussi, le Seigneur s'est mis dans une violente colère jusqu'à vouloir l'exterminer, alors j'ai prié aussi pour Aaron. Et le péché que vous aviez fait : le veau, je l'ai pris, je l'ai brûlé, mis en morceaux, écrasé tout fin, réduit en poussière, et j'en ai jeté la poussière dans le torrent qui descend de la montagne.
Je me suis donc prosterné devant le Seigneur, durant ces quarante jours et ces quarante nuits où j'étais prosterné devant lui, car le Seigneur avait parlé de vous exterminer. J'ai prié le Seigneur et j'ai dit : "Seigneur Dieu, ne détruis pas ton peuple, ton patrimoine, que tu as racheté dans ta grandeur et que tu as fait sortir d'Égypte par la force de ta main. Souviens-toi de tes serviteurs Abraham, Isaac et Jacob ; ne fais pas attention à l'obstination de ce peuple, à son impiété, à son péché. Qu'on ne dise pas dans le pays d'où tu nous as fait sortir : Le Seigneur n'était pas capable de les faire entrer dans le pays qu'il leur avait promis et il les haïssait : c'est pourquoi il les a fait sortir pour les faire mourir au désert. C'est pourtant ton peuple, ton patrimoine, que tu as fait sortir par ta grande force et ton bras étendu !"
R/ Toujours vivant pour intercéder,
Jésus sauve parfaitement
Ceux qui, par lui, s'avancent vers Dieu.
Seigneur, ne détruis pas ton peuple,
Tu l'as délivré par ta grandeur.
Souviens-toi de tes serviteurs :
Abraham, Isaac, Jacob,
Sans faire attention à l'indocilité de ce peuple.
Ils sont ton peuple, ton héritage,
Que tu as fait sortir par ta grande puissance.
LETTRE DE SAINT FULGENCE DE RUSPE AU DIACRE FERRAND
"Le Christ toujours vivant intercède pour nous"
Il faut remarquer d'abord que, dans la conclusion des oraisons nous disons : "Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur". Nous ne disons jamais "Par l'Esprit Saint". Ce n'est pas sans raison que l'Église s'exprime ainsi dans sa célébration ; c'est à cause du mystère que voici : L'homme Jésus Christ est devenu médiateur entre Dieu et les hommes, prêtre pour toujours à la manière de Melkisédek. C'est par son propre sang qu'il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, mais non pas dans un sanctuaire fait de main d'homme, et simple copie du véritable. Il est entré dans le ciel même, où il est à la droite de Dieu et intercède pour nous.
L'Apôtre dit, lorsqu'il le considère dans cette fonction de grand prêtre : En toute circonstance, offrons à Dieu par lui un sacrifice de louange, c'est-à-dire l'acte de foi qui sort de nos lèvres en l'honneur de son nom. C'est donc par lui que nous offrons le sacrifice de louange et de prière, parce que c'est par sa mort que nous avons été réconciliés avec Dieu, alors que nous étions ses ennemis. C'est par lui, en effet, qui a daigné devenir victime pour nous, que notre victime peut être agréée par Dieu. Aussi saint Pierre nous exhorte-t-il ainsi : Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter par le Christ Jésus. Telle est la raison pour laquelle nous nous adressons à Dieu le Père " par Jésus Christ notre Seigneur".
Lorsque l'on fait mention du prêtre, cela ne montre pas autre chose que le mystère de l'incarnation du Seigneur, par lequel le Fils de Dieu, alors qu'il était dans la condition de Dieu, se dépouilla lui-même en prenant la condition du serviteur ; en raison de celle-ci, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir. Il a été amoindri, mis un peu au-dessous des anges, en descendant un peu au-dessous des anges, tout en restant l'égal de son Père, dans l'unité. Oui, le Fils a été amoindri, en demeurant égal au Père, du fait qu'il a voulu ressembler aux hommes. Il s'est amoindri quand il s'est dépouillé lui-même en prenant la condition du serviteur. L'amoindrissement du Christ, c'est son dépouillement, et son dépouillement n'est pas autre chose que l'acceptation de la condition de serviteur.
Le Christ, demeurant dans la condition divine, était le Fils unique de Dieu, c'est donc à lui que nous offrons des sacrifices en même temps qu'au Père : mais en prenant la condition du serviteur, il est devenu notre prêtre, par qui nous pouvons offrir un sacrifice vivant et saint, capable de plaire à Dieu. Nous n'aurions pas pu offrir une victime si le Christ ne s'était pas fait victime pour nous : c'est en lui que la nature de notre humanité est le véritable sacrifice qui donne le salut. Car lorsque nous manifestons que nos prières sont présentées par le prêtre éternel, notre Seigneur, nous proclamons que la chair de notre humanité est réelle en lui, selon la parole de l'Apôtre : Le grand prêtre est toujours pris parmi les hommes et chargé d'intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Mais lorsque nous disons "ton Fils", et que nous ajoutons : "qui vît et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit", nous faisons mémoire de cette unité qui existe par nature entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit : on montre par là que le Christ tout à la fois s'acquitte pour nous de la fonction sacerdotale, et possède l'unité de nature avec le Père et l'Esprit Saint.
R/ Jésus toujours vivant,
Intercède pour nous auprès du Père.
Imitons ceux qui reçoivent
Par la persévérance et la foi
L'héritage des promesses.
L'ancre de notre espérance,
C'est le Christ
Auprès du Père.
Oraison
Seigneur, source de tout bien, réponds sans te lasser à notre appel : inspire-nous ce qui est juste, aide-nous à l'accomplir.
Livre du Deutéronome (Dt 10, 12-22 ; 11, 9.26-28)
L'unique option
La circoncision était pour l'Israélite, depuis les temps ancestraux, un signe de son appartenance au peuple de Dieu. En appelant à la circoncision du cœur, siège de la vie intérieure, le Deutéronome ouvre la voie d'un progrès décisif de la vie religieuse : elle n'est pas une succession de rites et de pratiques, mais avant tout un esprit.
Maintenant, Israël, qu'est-ce que le Seigneur ton Dieu attend de toi ? Il attend seulement que tu craignes le Seigneur ton Dieu en suivant tous ses chemins, en aimant et en servant le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, en gardant les commandements du Seigneur et les lois que je te donne aujourd'hui, pour ton bonheur.
Oui, au Seigneur ton Dieu appartiennent les cieux et les cieux des cieux, la terre et tout ce qui s'y trouve. Or c'est à tes pères seulement que le Seigneur s'est attaché pour les aimer ; et après eux, c'est leur descendance, c'est-à-dire vous, qu'il a choisis entre tous les peuples comme on le constate aujourd'hui. Vous circoncirez donc votre cœur, vous ne raidirez plus votre nuque, car c'est le Seigneur votre Dieu qui est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et redoutable, l'impartial et l'incorruptible, qui rend justice à l'orphelin et à la veuve, et qui aime l'émigré en lui donnant du pain et un manteau. Vous aimerez l'émigré, car au pays d'Égypte vous étiez des émigrés.
C'est le Seigneur ton Dieu que tu craindras et que tu serviras, c'est à lui que tu t'attacheras, c'est par son nom que tu prêteras serment. Il est ta louange, il est ton Dieu, lui qui a fait pour toi ces choses grandes et terribles que tu as vues de tes yeux. Tes pères n'étaient que soixante-dix quand ils sont descendus en Égypte, et maintenant le Seigneur ton Dieu t'a rendu aussi nombreux que les étoiles du ciel.
Tu aimeras le SEIGNEUR ton Dieu et tu garderas ses observances, ses lois, ses coutumes et ses commandements, tous les jours.
Vous connaissez aujourd'hui - ce n'est pas le cas de vos fils, qui n'ont pas connu et qui n'ont pas vu - vous connaissez la leçon du SEIGNEUR votre Dieu, sa grandeur, sa main forte et son bras étendu : - ses signes et ses actions, ce qu'en plein milieu de l'Égypte il a fait au Pharaon, roi d'Égypte, et à tout son pays ; - ce qu'il a fait à l'armée égyptienne, à ses chevaux et à ses chars, en faisant déferler sur eux l'eau de la mer des Joncs, quand ils vous poursuivaient : - et le SEIGNEUR les a supprimés jusqu'à aujourd'hui : - ce qu'il vous a fait au désert jusqu'à votre arrivée en ce lieu ; - ce qu'il a fait à Datân et Abirâm, les fils d'Eliav fils de Ruben, que la terre, ouvrant sa gueule, a engloutis au milieu de tout Israël avec leur famille, leurs tentes et tous les gens qui marchaient sur leurs traces.
C'est de vos propres yeux que vous avez vu toute l'action grandiose du SEIGNEUR ! Vous garderez donc tout le commandement que je te donne aujourd'hui, afin que vous soyez courageux, et que vous entriez en possession du pays où vous allez passer pour en prendre possession, afin que vos jours se prolongent sur la terre que le SEIGNEUR a juré à vos pères de leur donner, ainsi qu'à leur descendance - un pays ruisselant de lait et de miel.
Vois : je mets aujourd'hui devant vous bénédiction et malédiction : la bénédiction si vous écoutez les commandements du Seigneur votre Dieu, que je vous donne aujourd'hui, la malédiction si vous n'écoutez pas les commandements du Seigneur votre Dieu, et si vous vous écartez du chemin que je vous prescris aujourd'hui pour suivre d'autres dieux que vous ne connaissez pas.
R/ Quant à nous, aimons le Seigneur notre Dieu
Puisque lui nous a aimés le premier.
Celui qui garde la parole du Seigneur,
En lui l'amour de Dieu atteint sa perfection.
Ses commandements ne sont pas pesants :
Celui qui naît de Dieu est vainqueur du monde.
LA PERFECTION SPIRITUELLE, PAR DIADOQUE DE PHOTICE
L'amour de Dieu.
Celui qui se chérit lui-même ne peut pas aimer Dieu ; mais celui qui, à cause des richesses surabondantes de l'amour divin, ne se chérit pas lui-même, celui-là aime Dieu. Aussi un tel homme ne cherche-t-il jamais sa propre gloire, mais celle de Dieu ; car celui qui se chérit lui-même cherche sa propre gloire. Celui qui chérit Dieu aime la gloire de son Créateur.
C'est en effet le propre d'une âme sensible à l'amour de Dieu, que de chercher constamment la gloire de Dieu chaque fois qu'elle accomplit les commandements, et de se réjouir de son propre abaissement. Car la gloire convient à Dieu en raison de sa grandeur ; et l'abaissement convient à l'homme, car il fait de lui le familier de Dieu. Si nous agissons ainsi, nous serons joyeux à l'exemple de saint Jean Baptiste et nous commencerons à répéter sans relâche : Il faut qu'il s'élève, et que je diminue.
Je connais quelqu'un qui aime tellement Dieu – bien qu'il s'afflige de ne pas l'aimer comme il le voudrait – que son âme éprouve sans cesse ce désir fervent : que Dieu soit glorifié en lui, et que lui-même soit comme n'existant pas. Un tel homme ne sait pas ce qu'il est, même lorsqu'il reçoit des éloges, car, dans son grand désir d'abaissement, il ne pense pas à sa propre dignité : il accomplit le culte divin, comme c'est la loi des prêtres ; mais, dans son extrême disposition d'amour pour Dieu, il cache le souvenir de sa propre dignité dans l'abîme de son amour pour Dieu ; dans un esprit d'humilité, il enfouit l'orgueil qu'il en tirerait pour ne jamais paraître à son propre jugement qu'un serviteur inutile. Il est comme étranger à sa propre dignité, dans son désir d'abaissement. C'est ce que nous devons faire, nous aussi ; fuir tout honneur et toute gloire, à cause de la richesse débordante d'amour du Seigneur qui nous a tant aimés.
Celui qui aime Dieu, dans le fond de son cœur, celui-là est connu de lui. Dans la mesure, en effet, où l'on accueille l'amour de Dieu dans le fond de son âme, dans cette mesure on a l'amour de Dieu. C'est pourquoi, désormais, un tel homme vit dans une ardente passion pour l'illumination de la connaissance, jusqu'à ce qu'il goûte une grande plénitude intérieure ; alors il ne se connaît plus lui-même : il est entièrement transformé par l'amour de Dieu.
Un tel homme est dans cette vie sans y être. S'il continue d'habiter dans son corps, il en sort continuellement par le mouvement d'amour de son âme, qui le porte vers Dieu. Sans relâche, désormais, le cœur brûlé par le feu de l'amour, il reste attaché à Dieu d'une façon irrésistible, parce qu'il a été arraché définitivement à l'amitié envers soi-même par l'amour de Dieu. Car, si nous avons été hors de nous-mêmes, dit saint Paul, c'est pour Dieu ; si nous sommes raisonnables, c'est pour vous.
R/ Dieu a tant aimé le monde,
Qu'il a donné son Fils unique.
Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu :
Lui, le premier, nous a aimés.
Son Fils, son unique, il l'a offert
Pour les péchés du monde entier.
À tous ceux qui croient au Christ,
Il donne la vie éternelle.
Oraison
Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, sois favorable à nos appels : puisque l'homme est fragile et que sans toi il ne peut rien, donne-nous toujours le secours de ta grâce ; ainsi nous pourrons, en observant tes commandements, vouloir et agir de manière à répondre à ton amour.
Livre du Deutéronome (Dt 16, 1-17)
Calendrier juif
Voici maintenant des extraits des lois du Deutéronome, toutes imprégnées de l'esprit défini par les lectures précédentes. Les fêtes sont encore, comme à l'origine, des jours de liesse à l'occasion des grandes dates de l'année agricole ; mais déjà elles tendent, surtout la Pâque, à prendre le caractère qui restera le leur : celui de mémorial des merveilles de l'amour de Dieu envers son peuple, dont les moissons et les récoltes sont elles-mêmes le signe.
Observe le mois des Épis, et célèbre la Pâque pour le Seigneur ton Dieu, car c'est au mois des Épis que le Seigneur ton Dieu t'a fait sortir d'Égypte, la nuit. Tu feras le sacrifice de la Pâque pour le Seigneur ton Dieu, avec du petit et du gros bétail, au lieu que le Seigneur aura choisi pour y faire demeurer son nom. Tu ne mangeras pas à ce repas du pain levé ; pendant sept jours, tu mangeras des pains sans levain – du pain de misère, car c'est en hâte que tu es sorti du pays d'Égypte – pour te souvenir, tous les jours de ta vie, du jour où tu es sorti du pays d'Égypte. On ne verra pas de levain chez toi, dans tout ton territoire, pendant sept jours ; et de la viande que tu auras abattue le soir du premier jour, rien ne passera la nuit jusqu'au matin. Tu ne pourras pas faire le sacrifice de la Pâque dans l'une des villes que le Seigneur ton Dieu te donne : c'est seulement au lieu choisi par le Seigneur ton Dieu pour y faire demeurer son nom que tu feras le sacrifice de la Pâque, le soir, au coucher du soleil, au temps précis où tu es sorti d'Égypte. Tu feras cuire la bête, tu la mangeras au lieu que le Seigneur ton Dieu aura choisi, et le matin tu t'en retourneras pour aller vers tes tentes. Pendant six jours, tu mangeras des pains sans levain ; le septième jour, ce sera la clôture de la fête pour le Seigneur ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage.
Tu compteras sept semaines ; c'est à partir du jour où on se met à faucher la moisson que tu compteras les sept semaines. Puis tu célébreras la fête des Semaines pour le Seigneur ton Dieu, en apportant des dons spontanés à la mesure des bénédictions dont le Seigneur ton Dieu t'aura comblé. Au lieu que le Seigneur ton Dieu aura choisi pour y faire demeurer son nom, tu seras dans la joie devant le Seigneur ton Dieu, avec ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, le lévite qui est dans tes villes, l'émigré, l'orphelin et la veuve qui sont au milieu de toi. Tu te souviendras qu'en Égypte tu étais esclave, tu garderas ces lois et tu les mettras en pratique.
Quant à la fête des Tentes, tu la célébreras pendant sept jours lorsque tu auras rentré tout ce qui vient de ton aire et de ton pressoir. Tu seras dans la joie de ta fête avec ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, le lévite, l'émigré, l'orphelin et la veuve qui sont dans tes villes. Sept jours durant, tu feras un pèlerinage pour le Seigneur ton Dieu au lieu que le Seigneur aura choisi, car le Seigneur ton Dieu t'aura béni dans tous les produits de ton sol et dans toutes tes actions ; et tu ne seras que joie.
Trois fois par an, tous tes hommes iront voir la face du Seigneur ton Dieu au lieu qu'il aura choisi : pour le pèlerinage des pains sans levain, celui des Semaines et celui des Tentes. On n'ira pas voir la face du Seigneur les mains vides : chacun fera une offrande de ses mains suivant la bénédiction que t'a donnée le Seigneur ton Dieu.
R/ Le Christ, notre Pâque, a été immolé,
Alléluia, alléluia.
Célèbre la fête en partageant ton pain,
Un pain sans levain, signe de pureté.
Souviens-toi, tous les jours de ta vie,
Du jour où tu sortis du pays de servitude.
Réjouis-toi en présence du Seigneur,
Au lieu qu'il a choisi pour y résider.
TRAITE DE SAINT IRÉNEE CONTRE LES HERESIES
L'offrande pure de l'Église.
L'oblation de l'Église, que le Seigneur nous a appris à offrir dans le monde entier, est réputée sacrifice pur auprès de Dieu et lui est agréable. Non qu'il ait besoin d'un sacrifice de notre part, mais celui qui offre est lui-même glorifié en ce qu'il offre, si son présent est accepté. Par ce présent, en effet, se manifestent l'honneur et la gloire que nous rendons au roi, et le Seigneur veut que nous offrions ce présent en toute simplicité et innocence ; il a proclamé : Lorsque tu offres ton présent à l'autel, si tu te souviens que ton frère en a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis au retour, offre ton présent. Il faut donc offrir à Dieu les prémices de ses créatures, comme le dit Moïse : Tu ne paraîtras pas devant le Seigneur ton Dieu, les mains vides. Exprimant ainsi à Dieu sa reconnaissance par ce dont il a été gratifié, l'homme recevra l'honneur qui vient de lui.
Ce n'est pas la notion d'oblation qui a été blâmée : il y avait des oblations là-bas, il y en a ici aussi ; il y avait des sacrifices dans le peuple, il y en a également dans l'Église. L'espèce en a seule été changée, ce n'est plus par des esclaves, mais par des hommes libres qu'est faite l'offrande.
Il n'y a qu'un seul et même Seigneur, mais il y a un caractère propre à l'oblation des esclaves, et un caractère propre à l'oblation des hommes libres, de sorte que même à travers les oblations se manifeste la marque de la liberté.
Rien n'est oiseux, ni dépourvu de sens ou de signification auprès de lui. Voilà pourquoi ceux-là consacraient la dîme de leurs biens, mais ceux-ci qui participent à la liberté offrent tout ce qu'ils possèdent au service du Seigneur. Et donnent joyeusement et généreusement des biens moindres, parce qu'ils ont l'espérance de plus grands. C'est la pauvre veuve jetant ici toute sa subsistance dans le trésor de Dieu.
Il nous faut faire offrande à Dieu, et en toutes choses témoigner notre reconnaissance au Dieu créateur, en lui offrant les prémices de ses propres créatures, avec des intentions pures et une foi sans hypocrisie, une espérance ferme, une charité brûlante. Cette oblation, l'Église seule l'offre pure au Créateur, en lui offrant avec action de grâce ce qui provient de sa création. Nous lui offrons ce qui lui appartient, proclamant et confessant avec cohérence l'intercession, l'unité et la résurrection de la chair et de l'esprit. Le pain qui vient de la terre, après avoir reçu l'invocation du Seigneur, n'est plus du pain ordinaire, mais l'eucharistie, constituée de deux choses : l'une terrestre et l'autre céleste : de la même manière, nos corps qui participent aussi à l'eucharistie, ne sont plus corruptibles, mais portent l'espérance de la résurrection.
R/ Un seul Dieu :
Un seul médiateur entre Dieu et les hommes :
Jésus, le Christ !
Il est médiateur de l'Alliance nouvelle.
L'ancienne alliance a disparu.
Par son propre sang, il nous a sanctifiés
Et réconciliés avec Dieu.
Oraison
Fais-nous vivre à tout moment, Seigneur, dans l'amour et le respect de ton saint nom, toi qui ne cesses jamais de guider ceux que tu enracines solidement dans ton amour.