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TP 2 Dimanche

V/ Les disciples furent remplis de joie, alléluia,

R/ À la vue du Seigneur, alléluia !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens (Col 3, 1-17)

Une vie nouvelle

Si la vie du baptisé est cachée avec le Christ en Dieu, son attitude fondamentale sera transformée, vis-à-vis de lui-même, et vis-à-vis de la communauté des frères.

Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu ; c'est en haut qu'est votre but, non sur la terre. Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ, en Dieu. Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

Faites donc mourir ce qui en vous appartient à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais et cette cupidité, qui est une idolâtrie. Voilà ce qui attire la colère de Dieu, voilà quelle était votre conduite autrefois, ce qui faisait votre vie. Maintenant donc, vous aussi, débarrassez-vous de tout cela : colère, irritation, méchanceté, injures, grossièreté sortie de vos lèvres. Plus de mensonge entre vous, car vous vous êtes dépouillés du vieil homme, avec ses pratiques, et vous avez revêtu l'homme nouveau, celui qui, pour accéder à la connaissance, ne cesse d'être renouvelé à l'image de son créateur ; là, il n'y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare, Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et en tous.

Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu, revêtez donc des sentiments de compassion, de bienveillance, d'humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et si l'un a un grief contre l'autre, pardonnez-vous mutuellement ; comme le Seigneur vous a pardonné, faites de même, vous aussi. Et par-dessus tout, revêtez l'amour : c'est le lien parfait. Que règne en vos cœurs la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés tous en un seul corps. Vivez dans la reconnaissance.

Que la Parole du Christ habite parmi vous dans toute sa richesse : instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres avec pleine sagesse ; chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés par l'Esprit. Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père.

 

R/ Christ est pour nous

Espérance de la gloire, alléluia !

 

Le Christ est à la droite du Père :

C'est là désormais

Que tend notre vie.

 

Vous êtes morts

Et votre vie reste cachée

En Dieu avec le Christ.

 

Quand paraîtra le Christ,

Lui qui est votre vie,

Vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

 

HOMÉLIE DE SAINT AUGUSTIN AUX NOUVEAUX BAPTISÉS LE DEUXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Ceux qui sont renés dans le Christ.

C'est à vous que je m'adresse, enfants nouveau-nés, vous qui êtes des tout-petits dans le Christ, la nouvelle génération mise au monde par l'Église, le don du Père, la fécondité de la Mère, de tendres bourgeons, l'essaim tout nouveau, la fleur de notre fierté et le fruit de notre labeur, ma joie et ma couronne, vous qui tenez bon dans le Seigneur.

Je vous adresse les paroles de l'Apôtre : Revêtez Jésus Christ et ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour satisfaire vos convoitises, afin de revêtir par votre vie ce que vous avez revêtu par le sacrement. Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n'y a plus ni Juif ni païen, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme : tous, vous ne faites plus qu'un dans le Christ Jésus.

Telle est la force du sacrement : il est le sacrement de la vie nouvelle, qui commence maintenant par le pardon de tous les péchés passés, et qui trouvera son accomplissement dans la résurrection des morts. Car vous avez été mis au tombeau avec le Christ par le baptême dans sa mort ; de même que le Christ est ressuscité des morts, ainsi devez-vous mener une vie nouvelle.

Vous vous conduisez maintenant par la foi, aussi longtemps que, dans ce corps mortel, vous êtes en exil loin du Seigneur. Mais vers celui vers qui vous tendez, vous avez un chemin sûr : le Christ lui-même est ce chemin, il a voulu le devenir en se faisant homme pour nous. Car il a réservé une grande douceur pour ceux qui le craignent ; il a voulu la commencer et la parfaire pour ceux qui espèrent en lui, du fait que nous recevrons en réalité ce que nous avons reçu maintenant en espérance.

C'est aujourd'hui l'octave de votre naissance ; aujourd'hui s'accomplit en vous le sceau de la foi qui était conféré chez les anciens Pères avec la circoncision de la chair qu'on faisait huit jours après la naissance charnelle. C'est pourquoi le Seigneur en ressuscitant a dépouillé la chair mortelle ; non pas qu'il ait surgi avec un autre corps, mais avec un corps qui ne doit plus mourir ; il a ainsi marqué de sa résurrection le "jour du Seigneur". C'est le troisième jour après sa passion, mais dans le compte des jours qui suivent le sabbat, c'est le huitième, en même temps que le premier.

C'est pourquoi vous-mêmes avez reçu le gage de l'Esprit, non pas encore dans sa réalité, mais dans une espérance déjà certaine, parce que vous possédez le sacrement de cette réalité. Ainsi donc, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.

 

Heureux ceux qui ont vu le Ressuscité

Et reconnu à ses plaies la victoire.

Mais heureux sommes-nous

De croire sans avoir vu

Et, sans le voir encore,

D'aimer Jésus, notre Sauveur.

 

R/ Seigneur, tu es vivant, nous t'avons reconnu,

Au dernier jour nous te verrons.

 

Pleurant près du tombeau,

Soudain Marie se dresse :

Qui donc l'appelle par son nom ?

 

À la table d'Emmaüs,

Les voyageurs tout interdits se lèvent :

qui donc pour eux vient de rompre le pain ?

 

Réfugiés dans la chambre haute,

les disciples frémissent :

qui donc se tient au milieu d'eux ?

 

Approchant du rivage,

Les pêcheurs soudain s'interrogent :

Qui donc les attend près d'un feu ?

 

Te Deum

Oraison

Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître, et quel sang nous a rachetés.


TP 2 Lundi

V/ Mon cœur et ma chair sont un cri, alléluia,
R/ vers le Dieu vivant, alléluia.

Livre de l'Apocalypse (Ap 1, 1-20)

Vision du ils de l'homme

Durant les premiers jours de cette semaine, nous lisons la section prophétique qui se présente sous la forme de "lettres aux Églises". En raison du chiffre 7, on peut penser que l'auteur s'adresse non seulement aux 7 communautés d'Asie, mais à l'ensemble de l'Église. Il l'assure de la présence du Ressuscité.

Révélation a de Jésus Christ : Dieu la lui donna pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt. Il la fit connaître en envoyant son ange à Jean son serviteur, lequel a attesté comme Parole de Dieu et témoignage de Jésus Christ tout ce qu'il a vu. Heureux celui qui lit, et ceux qui écoutent les paroles de la prophétie et gardent ce qui s'y trouve écrit, car le temps est proche.

Jean aux sept Églises qui sont en Asie : Grâce et paix vous soient données, de la part de celui qui est, qui était et qui vient, de la part des sept esprits qui sont devant son trône, et de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d'entre les morts et le prince des rois de la terre. À celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume, des prêtres pour Dieu son Père, à lui gloire et pouvoir pour les siècles des siècles. Amen.

Voici, il vient au milieu des nuées, et tout œil le verra, et ceux mêmes qui l'ont percé : toutes les tribus de la terre seront en deuil à cause de lui.

Oui ! Amen ! Je suis l'Alpha et l'Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant.

Moi, Jean, votre frère et votre compagnon dans l'épreuve, la royauté et la persévérance en Jésus, je me trouvais dans l'île de Patmos à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Je fus saisi par l'Esprit au jour du Seigneur, et j'entendis derrière moi une puissante voix, telle une trompette, qui proclamait : Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises : à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée.

Je me retournai pour regarder la voix qui me parlait ; et, m'étant retourné, je vis sept chandeliers d'or ; et, au milieu des chandeliers, quelqu'un qui semblait un fils d'homme. Il était vêtu d'une longue robe, une ceinture d'or lui serrait la poitrine ; sa tête et ses chevaux étaient blancs comme laine blanche, comme neige, et ses yeux étaient comme une flamme ardente ; ses pieds semblaient d'un bronze précieux, purifié au creuset, et sa voix était comme la voix des océans ; dans sa main droite, il tenait sept étoiles, et de sa bouche sortait un glaive acéré, à deux tranchants. Son visage resplendissait, tel le soleil dans tout son éclat.

À sa vue, je tombai comme mort à ses pieds, mais il posa sur moi sa droite et dit : Ne crains pas, Je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant ; je fus mort, et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles, et je tiens les clés de la mort et de l'Hadès. Écris donc ce que tu as vu, ce qui est et ce qui doit arriver ensuite. Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma droite et aux sept chandeliers d'or, voici : les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises.

R/ Gloire éternelle au Christ,

Gloire au Vivant, alléluia !

 

Il est le commencement,

Premier-né d'entre les morts.

 

Lui, le premier nous a aimés :

Il nous a délivrés de nos péchés.

 

Il est le premier et le dernier.

Le voici qui vient, nous le verrons !

 

HOMÉLIE PASCALE ANCIENNE

La Pâque, commencement de la vie éternelle.

La Pâque célébrée par les Juifs symbolisait le salut de leurs premiers-nés. Mais celle que nous célébrons est la cause du salut de tous les hommes, en commençant par le premier homme créé qui est sauvé et vivifié en eux tous.

Les réalités partielles et provisoires, images et figures des réalités parfaites et éternelles, préludaient, ainsi que des esquisses, à la Vérité qui s'est maintenant levée à l'horizon ; mais quand la Vérité est présente, la figure est périmée : c'est ainsi qu'après l'arrivée d'un roi, personne ne juge convenable de délaisser le roi vivant pour se prosterner devant son image.

Il est donc bien évident que la figure est inférieure à la Vérité, quand la figure fête la vie éphémère des premiers-nés des Juifs, tandis que la Vérité fête la vie permanente de tous les hommes. Car ce n'est pas grand-chose d'échapper à la mort pour un temps bref quand on mourra peu après, mais c'est une grande chose que d'échapper totalement à la mort ; c'est ce qui nous arrive, puisque le Christ, notre Agneau pascal, a été immolé.

Le nom même de la fête prend toute son excellence si on le traduit en l'appliquant à la vérité. "Pâque ", en effet, se traduit par "passage ", puisque l'Exterminateur qui frappait les premiers-nés "passait" les maisons des Hébreux. Mais ce "passage" de l'Exterminateur, c'est chez nous qu'il est véritable, lorsque, une fois pour toutes, il "passe par-dessus" nous, qui avons été ressuscités par le Christ pour la vie éternelle.

Qu'est-ce que signifie, si on la considère par rapport à la Vérité, cette prescription de prendre pour commencement de l'année ce moment où s'accomplissent la Pâque et le salut des premiers-nés ? Cela signifie que, pour nous aussi, le commencement de la vie éternelle, c'est le sacrifice de l'Agneau pascal. En effet, l'année symbolise l'éternité, parce qu'elle revient toujours en cercle sur elle-même, et ne s'arrête à aucun terme. Et le Christ, offert en victime pour notre salut, est le Père de l'éternité à venir. C'est-à-dire que, rendant périmée toute notre vie antérieure, il nous donne le commencement d'une autre vie par le bain de la nouvelle naissance, à la ressemblance de sa mort et de sa résurrection.

En conséquence, tout homme qui connaît l'Agneau pascal immolé pour son salut doit considérer que pour lui le commencement de la vie, c'est le moment à partir duquel le Christ est immolé pour lui. Or le Christ est immolé pour lui lorsque lui-même reconnaît la grâce et comprend la vie procurée par cette immolation. Sachant cela, qu'il aspire à prendre le commencement de cette vie nouvelle et ne retourne plus vers l'ancienne, dont il atteint le terme. Car il est écrit : Nous qui sommes morts au péché, comment continuerions-nous de vivre en lui ?

 

R/ Notre Pâque immolée, alléluia,

C'est le Christ, alléluia, alléluia, alléluia !

 

Pâque Nouvelle ! O fête de l'Esprit !

Ô Pâque du Seigneur

Qui pour nous descend du ciel !

 

Pâque Nouvelle ! O Christ ressuscité,

Tu as vaincu la mort,

Tu nous as donné la vie !

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, toi que nous pouvons déjà appeler notre Père, fais grandir en nos cœurs l'esprit filial, afin que nous soyons capables d'entrer un jour dans l'héritage qui nous est promis.


TP 2 Mardi

V/ Ressuscité des morts, le Christ ne meurt plus, alléluia ;
R/ sur lui, la mort n'a aucun pouvoir, alléluia.

Livre de l'Apocalypse (Ap 2, 1-11).

Lettres aux Églises d'Éphèse et de Smyrne

Invitation à chaque communauté à s'interroger elle-même sur sa fidélité.

À l'ange de l'Église qui est à Éphèse, écris : Ainsi parle celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, qui marche au milieu des sept chandeliers d'or :

Je sais tes œuvres, ton labeur et ta persévérance, et que tu ne peux tolérer les méchants. Tu as mis à l'épreuve ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs. Tu as de la persévérance : tu as souffert à cause de mon nom et tu n'as pas perdu courage. Mais j'ai contre toi que ta ferveur première, tu l'as abandonnée. Souviens-toi donc d'où tu es tombé : repens-toi et accomplis les œuvres d'autrefois. Sinon je viens à toi, et, si tu ne te repens, j'ôterai ton chandelier de sa place. Mais tu as ceci en ta faveur : comme moi-même, tu as en horreur les œuvres des Nicolaïtes.

Celui qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Églises. Au vainqueur, je donnerai à manger de l'arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu.

À l'ange de l'Église qui est à Smyrne, écris : Ainsi parle le Premier et le Dernier, celui qui fut mort, mais qui est revenu à la vie :

Je sais ton épreuve et ta pauvreté – mais tu es riche –, et les calomnies de ceux qui se prétendent juifs ; ils ne le sont pas : c'est une "synagogue de Satan". Ne crains pas ce qu'il te faudra souffrir. Voici, le diable va jeter des vôtres en prison pour vous tenter, et vous aurez dix jours d'épreuve. Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de vie.

Celui qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Églises. Le vainqueur ne souffrira nullement de la seconde mort.

 

R/ Sois fidèle jusqu'à la mort,

Le Seigneur combat pour toi, alléluia !

 

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps

Et ne peuvent rien faire de plus.

 

Le vainqueur, celui qui croit en moi,

Ne connaîtra pas la seconde mort.

 

Espère en Dieu, prends cœur et prends courage,

Espère en Dieu !

 

LETTRE DE SAINT FULGENCE DE RUSPE À MONIME

"Nous sommes un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain"

La construction spirituelle du corps du Christ se fait dans l'amour puisque, selon les paroles de saint Pierre, les pierres vivantes servent à construire le Temple spirituel pour former un sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus. Cette construction spirituelle, on ne peut la demander avec plus d'à-propos que lorsque le corps et le sang du Christ sont offerts par le corps même du Christ, qui est l'Église, dans le sacrement du pain et de la coupe. La coupe que nous buvons est communion au sang du Christ ; le pain que nous rompons est participation au corps du Seigneur. Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous été nourris à un seul pain. C'est pourquoi nous demandons que, la grâce qui a fait de l'Église le corps du Christ, tous les membres de la charité, par le maintien de leur cohésion, persévèrent dans l'unité du corps.

Nous demandons à juste titre que cela se réalise en nous par le don du Saint-Esprit ; celui-ci est l'unique Esprit du Père et du Fils, car la sainte Trinité est, par nature, unité, égalité et amour ; elle est un seul Dieu vrai et unique. Cette sainte Trinité, donc, sanctifie ceux qu'elle adopte en leur communiquant son unanimité. C'est pourquoi il est dit : L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné.

L'Esprit Saint, qui est l'unique Esprit du Père et du Fils, produit en ceux, auxquels il a donné la grâce de l'adoption divine, ce qu'il a produit chez ceux qui avaient reçu ce même Esprit Saint, comme nous le voyons dans les Actes des Apôtres : La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme. C'est le Saint-Esprit qui avait réalisé cette unité, lui qui est l'unique Esprit du Père et du Fils, et qui est un seul Dieu avec le Père et le Fils.

C'est pourquoi saint Paul dit qu'il faut jalousement garder cette unité par le lien de la paix, lorsqu'il exhorte ainsi les Éphésiens : Je vous encourage donc, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, à suivre fidèlement l'appel que vous avez reçu de Dieu ; ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; gardez jalousement l'unité de l'esprit par le lien de la paix, soyez un seul corps et un seul Esprit.

C'est Dieu qui conserve dans l'Église son amour qu'il a répandu en elle par l'Esprit Saint. Il fait ainsi de cette Église un sacrifice qui lui est agréable, afin qu'elle puisse toujours recevoir la grâce de l'amour spirituel, et que cette grâce lui permette de s'offrir continuellement en un sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu.

 

R/ Un seul troupeau, un seul berger !

 

Le Seigneur va rassembler ses enfants dispersés,

Il en fera une seule nation,

et un seul roi régnera sur eux.

 

Le Christ, notre paix, a détruit les séparations :

En un seul corps,

Il nous rassemble par la croix.

Oraison

Seigneur, fais-nous déployer aux yeux du monde la vitalité du Christ vainqueur de la mort : après avoir reçu le germe de sa grâce, que nous en portions tous les fruits.


TP 2 Mercredi

V/ Dieu qui a ressuscité le Seigneur, alléluia,

R/ Nous ressuscitera aussi par sa puissance, alléluia.

Livre de l'Apocalypse (Ap 2, 12-29).

Lettres aux Églises de Pergame et de Thyatire

Celui qui a des oreilles qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Églises.

À l'ange de l'Église qui est à Pergame, écris : Ainsi parle celui qui a le glaive acéré à deux tranchants :

Je sais où tu demeures : c'est là qu'est le trône de Satan. Mais tu restes attaché à mon nom et tu n'as pas renié ma foi, même aux jours d'Antipas, mon témoin fidèle, qui fut mis à mort chez vous, là où Satan demeure. Mais j'ai quelque reproche à te faire : il en est chez toi qui s'attachent à la doctrine de ce Balaam qui conseillait à Balaq de tendre un piège aux fils d'Israël pour les pousser à manger des viandes sacrifiées aux idoles et à se prostituer. Chez toi aussi, il en est qui s'attachent de même à la doctrine des Nicolaïtes. Repens-toi donc. Sinon je viens à toi bientôt, et je les combattrai avec le glaive de ma bouche.

Celui qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Églises. Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, je lui donnerai une pierre blanche, et, gravé sur la pierre, un nom nouveau que personne ne connaît sinon qui le reçoit.

À l'ange de l'Église qui est à Thyatire, écris : Ainsi parle le Fils de Dieu, celui dont les yeux sont comme une flamme ardente et les pieds semblables à du bronze précieux.

Je sais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton service et ta persévérance ; tes dernières œuvres dépassent en nombre les premières. Mais j'ai contre toi que tu tolères Jézabel, cette femme qui se dit prophétesse et qui égare mes serviteurs, leur enseignant à se prostituer et à manger des viandes sacrifiées aux idoles. Je lui ai laissé du temps pour se repentir, mais elle ne veut pas se repentir de sa prostitution. Voici, je la jette sur un lit d'amère détresse, ainsi que ses compagnons d'adultère, à moins qu'ils ne se repentent de ses œuvres. Ses enfants, je les frapperai de mort ; et toutes les Églises sauront que je suis celui qui scrute les reins et les cœurs, et à chacun de vous je rendrai selon ses œuvres.

Mais je vous le déclare à vous qui, à Thyatire, restez sans partager cette doctrine et sans avoir sondé leurs prétendues "profondeurs" de Satan, je ne vous impose pas d'autre fardeau. Seulement, ce que vous possédez, tenez-le ferme jusqu'à ce que je vienne. Le vainqueur, celui qui garde jusqu'à la fin mes œuvres, je lui donnerai pouvoir sur les nations, et il les mènera paître avec une verge de fer, comme on brise les vases d'argile, de même que moi aussi j'en ai reçu pouvoir de mon Père, et je lui donnerai l'étoile du matin.

Celui qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Églises.

 

R/ Point de ténèbres devant toi,

Lumière du monde, alléluia !

 

Le Fils de l'homme va venir

Dans la gloire de son Père :

À chacun il rendra selon sa conduite.

 

Tes yeux sont une flamme ardente

Qui connaît le fond des cœurs.

 

Scrute-moi, Seigneur, connais mon cœur,

Conduis-moi sur le chemin d'éternité.

 

SERMON DE SAINT LÉON LE GRAND SUR LA PASSION

Le Christ est vivant dans son Église.

Il n'y a pas de doute, mes bien-aimés, qu'en prenant la nature humaine, le Fils de Dieu s'y est uni très étroitement ; au point que, non seulement chez cet homme qui est le premier-né de toute créature, mais encore chez tous les saints, ce n'est qu'un seul et même Christ ; et comme on ne peut séparer la tête de ses membres, on ne peut pas non plus séparer les membres de leur tête.

Que Dieu soit tout en tous, cela n'appartient pas à la vie présente, mais à la vie éternelle. Toutefois, même maintenant, il habite son temple, qui est l'Église, sans pouvoir en être séparé, comme il l'a lui-même promis : Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps.

Tout ce que le Fils de Dieu a fait et enseigné pour la réconciliation du monde, nous ne le connaissons pas seulement par l'histoire du passé, mais encore nous en éprouvons l'efficacité par ses œuvres présentes. C'est lui qui, né d'une mère vierge par l'action du Saint-Esprit, rend féconde son Église très pure, en vertu de cet Esprit ; aussi, par l'enfantement du baptême, une foule innombrable de fils de Dieu sont engendrés, dont il est dit : Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.

C'est en lui que la descendance d'Abraham est bénie parce que le monde entier se reconnaît en elle : le patriarche devient père des nations lorsque naissent des fils de la promesse, non pas de la chair mais en vertu de la foi. C'est lui qui, sans excepter aucun peuple, forme de toutes les nations qui sont sous le ciel un seul troupeau de brebis saintes, et qui accomplit chaque jour ce qu'il avait promis : J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : il faut que je les conduise avec les autres. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau, un seul pasteur.

Il a dit à saint Pierre, le premier des Apôtres : Conduis mes brebis. Mais celui qui régit la charge de tous les pasteurs, c'est le Seigneur seul ; et il nourrit ceux qui viennent vers la "pierre" dans des pâturages si plaisants et si bien arrosés que des brebis innombrables, fortifiées par la richesse de son amour, n'hésitent pas à mourir pour le nom de leur pasteur, de même que le bon Pasteur a daigné donner sa vie pour ses brebis.

C'est à lui, c'est à ses souffrances que s'associe non seulement l'héroïsme des martyrs, mais aussi la foi de tous les fidèles qui renaissent, et cela dans le sacrement même de leur régénération.

Voici comment la Pâque du Seigneur est célébrée dignement, avec le pain sans levain de la droiture et de la vérité : lorsque la nouvelle créature a rejeté le ferment de l'ancienne malice, et qu'elle s'enivre et se nourrit du Seigneur lui-même. Car tout l'effet de la participation au corps et au sang du Christ est de nous transformer en ce que nous consommons ; morts avec lui, ensevelis avec lui, ressuscités avec lui, portons-le toujours dans notre esprit et dans notre chair.

 

R/ Allons dans la joie puiser aux sources du salut !

 

Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai

N'aura plus jamais soif.

 

L'eau que je vous donnerai deviendra en vous

Source jaillissant en vie éternelle.

Oraison

Chaque année, Seigneur, tu nous fais revivre le mystère pascal où l'homme, rétabli dans sa dignité, trouve l'espérance de la résurrection ; donne-nous de toujours accueillir avec amour ce que nous célébrons dans la foi.


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