V/ Ma chair a refleuri, alléluia,
R/ De tour cœur, je rends grâce, alléluia.
Livre de l'Apocalypse (Ap 6, 1-17)
L'Agneau ouvre les 6 premiers sceaux
Ces images sont empruntées aux descriptions classiques de l'ébranlement cosmique de la fin des temps.
Quand l'agneau ouvrit le premier des sept sceaux, j'entendis le premier des quatre animaux s'écrier d'une voix de tonnerre : Viens ! Et je vis : c'était un cheval blanc. Celui qui le montait tenait un arc. Une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre.
Quand il ouvrit le deuxième sceau, j'entendis le deuxième animal s'écrier : Viens ! Alors surgit un autre cheval, rouge feu. À celui qui le montait fut donné le pouvoir de ravir la paix de la terre pour qu'on s'entre-tue, et il lui fut donné une grande épée.
Quand il ouvrit le troisième sceau, j'entendis le troisième animal s'écrier : Viens ! Et je vis : c'était un cheval noir. Celui qui le montait tenait une balance à la main. Et j'entendis comme une voix, au milieu des quatre animaux, qui disait : Une mesure de blé pour un denier et trois mesures d'orge pour un denier, quant à l'huile et au vin, n'y touche pas.
Quand il ouvrit le quatrième sceau, j'entendis le quatrième animal s'écrier : Viens ! Et je vis : c'était un cheval blême. Celui qui le montait, on le nomme "la mort", et l'Hadès le suivait. Pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour tuer par l'épée, la famine, la mort et les fauves de la terre.
Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu'ils avaient porté. Ils criaient d'une voix forte : Jusques à quand, Maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice et à venger notre sang sur les habitants de la terre ? Alors il leur fut donné à chacun une robe blanche, et il leur fut dit de patienter encore un peu, jusqu'à ce que fût au complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères, qui doivent être mis à mort comme eux. Et je vis :
Quand il ouvrit le sixième sceau, il se fit un violent tremblement de terre. Le soleil devint noir comme une étoffe de crin, et la lune entière comme du sang. Les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme fruits verts d'un figuier battu par la tempête. Le ciel se retira comme un livre qu'on roule, toutes les montagnes et les îles furent ébranlées. Les rois de la terre, les grands, les chefs d'armée, les riches et les puissants, tous, esclaves et hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et les rochers des montagnes. Ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous et cachez-nous loin de la face de celui qui siège sur le trône, et loin de la colère de l'agneau ! Car il est venu le grand jour de leur colère, et qui peut subsister ?
R/ Écoute, Seigneur,
Le cri de tes martyrs qui monte vers toi.
"Jusques à quand, Seigneur,
Rester caché, jusqu'à la fin ?"
"Jusques à quand l'adversaire
Aura-t-il le dessus ?"
PREMIÈRE APOLOGIE DE SAINT JUSTIN
La célébration de l'Eucharistie.
Le philosophe, Justin, membre de la communauté de Rome où il fut martyrisé en 165 est pour nous le premier témoin de l'Eucharistie de cette communauté.
Personne ne doit prendre part à l'Eucharistie, sinon celui qui croit à la vérité de notre doctrine, qui a été baptisé pour obtenir le pardon des péchés et la nouvelle naissance, et qui vit selon l'enseignement que le Christ nous a transmis.
Car nous ne prenons pas l'Eucharistie comme un pain ordinaire ou une boisson ordinaire. De même que Jésus Christ notre Sauveur, en s'incarnant par la Parole de Dieu, a pris chair et sang pour notre salut : ainsi l'aliment devenu eucharistie par la prière contenant sa parole, et qui nourrit notre sang et notre chair en les transformant, cet aliment est la chair et le sang de ce Jésus qui s'est incarné. Voilà ce qui nous est enseigné.
En effet, les Apôtres, dans leurs mémoires qu'on appelle Évangiles, nous ont ainsi transmis l'ordre de Jésus : Il prit du pain, il rendit grâce et il dit : Faites cela en mémoire de moi. Ceci est mon corps. Il prit la coupe de la même façon, il rendit grâce et il dit : Ceci est mon sang. Et c'est à eux seuls qu'il le distribua. Depuis ce temps, nous n'avons jamais cessé d'en renouveler la mémoire entre nous. Parmi nous, ceux qui ont de quoi vivre viennent en aide à tous ceux qui sont dans le besoin, et nous sommes toujours unis entre nous. Dans toutes nos offrandes, nous bénissons le créateur de l'univers par son Fils Jésus Christ et par l'Esprit Saint.
Le jour appelé jour du soleil, tous, qu'ils habitent la ville ou la campagne, ont leur réunion dans un même lieu et on lit les mémoires des Apôtres et les écrits des prophètes aussi longtemps qu'il est possible.
Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour nous avertir et pour nous exhorter à mettre en pratique ces beaux enseignements.
Ensuite nous nous levons tous et nous faisons ensemble des prières. Puis, lorsque nous avons fini de prier, ainsi que je l'ai déjà dit, on apporte le pain avec le vin et l'eau. Celui qui préside fait monter au ciel des prières et des actions de grâce, autant qu'il en est capable, et le peuple acclame en disant : Amen. Puis on distribue et on partage à chacun les dons sur lesquels a été prononcée l'action de grâce ; ces dons sont envoyés aux absents par le ministère des diacres.
Les fidèles, qui sont dans l'aisance et qui veulent donner, donnent librement, chacun ce qu'il veut ; ce qu'on recueille est remis à celui qui préside et c'est lui qui vient en aide aux orphelins et aux veuves, à ceux qui sont dans le besoin par suite de maladie ou pour toute autre cause, aux prisonniers, aux voyageurs, aux étrangers ; bref, il vient en aide à tous les malheureux.
C'est le jour du soleil que nous faisons tous notre réunion, d'abord parce que c'est le premier jour, celui où Dieu, à partir des ténèbres et de la matière, créa le monde ; et c'est parce que ce jour-là est encore celui où Jésus Christ, notre Sauveur, ressuscita d'entre les morts. La veille du jour de Saturne (du samedi), on l'avait crucifié, et le surlendemain, c'est-à-dire le jour du soleil, s'étant montré à ses Apôtres et à ses disciples, il leur enseigna ce que nous avons exposé.
Le monde s'ouvre à la vie,
L'homme reçoit l'Esprit.
Au souffle du Très-Haut
Se lève un peuple nouveau
De toute race, langue et frontière,
R/ Pour devenir le corps de Jésus Christ
Et transformer la face de la terre.
C'est dans l'Esprit Saint
Que vous serez baptisés :
R/ Pour devenir le corps de Jésus Christ
Et transformer la face de la terre.
Oraison
Garde à ton peuple sa joie, Seigneur, toi qui refais ses forces et sa jeunesse ; tu nous as rendu la dignité de fils de Dieu, affermis-nous dans l'espérance de la résurrection.
V/ Mon cœur et ma chair sont un cri, alléluia,
R/ Vers le Dieu vivant, alléluia.
Livre de l'Apocalypse (Ap 7, 1-17)
La foule immense du peuple de Dieu
Grande liturgie somptueuse où "toutes nations, tribus, peuples et langues" viendront se prosterner devant Dieu après la grande épreuve.
Je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre. Ils retenaient les quatre vents de la terre, afin que nul vent ne souffle sur la terre, sur la mer ni sur aucun arbre. Et je vis un autre ange monter de l'orient. Il tenait le sceau du Dieu vivant. D'une voix forte il cria aux quatre anges qui avaient reçu pouvoir de nuire à la terre et à la mer : Gardez-vous de nuire à la terre, à la mer ou aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu.
Et j'entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : Cent quarante-quatre mille marqués du sceau, de toutes les tribus des fils d'Israël. De la tribu de Juda douze mille marqués du sceau. De la tribu de Ruben douze mille, de la tribu de Gad douze mille, de la tribu d'Aser douze mille, de la tribu de Nephtali douze mille, de la tribu de Manassé douze mille, de la tribu de Siméon douze mille, de la tribu de Lévi douze mille, de la tribu d'Issakar douze mille, de la tribu de Zabulon douze mille, de la tribu de Joseph douze mille, de la tribu de Benjamin douze mille marqués du sceau.
Après cela je vis : C'était une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l'agneau, vêtus de robes blanches et des palmes à la main. Ils proclamaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l'agneau.
Et tous les anges rassemblés autour du trône, des anciens et des quatre animaux tombèrent devant le trône, face contre terre, et adorèrent Dieu. Ils disaient : Amen ! Louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles ! Amen !
L'un des anciens prit alors la parole et me dit : Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ? Je lui répondis : Mon Seigneur, tu le sais ! Il me dit : Ils viennent de la grande épreuve. Ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'agneau. C'est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu et lui rendent un culte jour et nuit dans son temple. Et celui qui siège sur le trône les abritera sous sa tente. Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil et ses feux ne les frapperont plus, car l'agneau qui se tient au milieu du trône sera leur berger, il les conduira vers des sources d'eaux vives. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.
R/ Heureux les invités aux noces de l'Agneau,
Alléluia, alléluia !
Ils ont lavé leur robe dans son sang,
Ils trouvent grâce devant Dieu.
Ils sont passés de la mort à la vie,
Sur leur visage resplendit la gloire de Pâques.
COMMENTAIRE DE SAINT BÈDE LE VÉNÉRABLE SUR LA 1ère LETTRE DE SAINT PIERRE
"Race élue, sacerdoce royal"
Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal. Ce témoignage de louange fut donné autrefois par Moïse à l'ancien peuple de Dieu. Maintenant, c'est aux nations chrétiennes que l'apôtre Pierre l'adresse à juste titre, puisqu'elles ont cru au Christ qui, comme une pierre angulaire, a rassemblé les nations dans le salut destiné d'abord à Israël. Ces nations, il les appelle race élue à cause de leur foi, et pour distinguer d'elles ceux qui, en rejetant la pierre d'angle, furent eux-mêmes rejetés. Il les nomme sacerdoce royal parce qu'elles sont unies au corps de celui qui est le souverain roi et le véritable prêtre. Comme roi, il attribue aux siens son royaume et, comme prêtre, il purifie leurs péchés par le sacrifice de son sang. Ils sont appelés sacerdoce royal pour qu'ils se souviennent d'espérer le royaume éternel et d'offrit sans cesse à Dieu le sacrifice d'une vie sans tache.
Ils s'appellent aussi nation sainte et peuple que Dieu s'est acquis, selon ce que l'apôtre Paul dit en commentant l'oracle du prophète : Par sa fidélité, l'homme qui est juste à mes yeux obtiendra la vie : mais, s'il abandonne, je ne lui accorderai plus mon amour. Or nous ne sommes pas, nous, hommes de l'abandon, mais les hommes de la foi pour la sauvegarde de notre âme. Et, dans les Actes des Apôtres : L'Esprit Saint vous a constitués intendants pour paître l'Église de Dieu, acquise par lui au prix de son propre sang. Nous sommes donc un peuple que Dieu s'est acquis par le sang de notre Rédempteur, de même que le peuple Israël fut racheté d'Égypte par le sang de l'agneau. C'est pourquoi, dans la phrase suivante, Pierre se souvient du mystère de l'ancien récit et il montre que celui-ci doit trouver son accomplissement dans le nouveau peuple de Dieu : Pour que vous annonciez, dit-il, les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Car de même que ceux qui furent libérés par Moïse de l'esclavage de l'Égypte chantèrent un chant triomphal après le passage de la mer Rouge et l'engloutissement de l'armée de Pharaon, ainsi devons-nous, après avoir reçu le pardon de nos péchés, rendre grâce pour ce bienfait. En effet, les Égyptiens qui affligeaient le peuple de Dieu et dont le nom signifie également ténèbres et malédiction, représentent bien les péchés qui nous pourrissent mais qui sont effacés dans le baptême. La délivrance des enfants d'Israël ainsi que leur marche vers la patrie depuis longtemps promise correspond au mystère de notre rédemption : nous marchons vers la lumière de la demeure céleste, éclairés et conduits par la grâce du Christ. Cette lumière de la grâce était préfigurée par la colonne de nuée et de feu qui protégea les enfants d'Israël, pendant tout le voyage, contre les ténèbres de la nuit, et les mena par des voies admirables au terme promis, à la résidence dans leur patrie.
R/ Gloire au Seigneur, c'est lui notre Dieu !
Il nous a délivrés de la servitude,
Avec autorité et puissance.
Jadis vous n'étiez pas un peuple,
Vous êtes maintenant le peuple de Dieu.
Vous êtes la race élue, la nation sainte,
Le peuple que Dieu s'est acquis.
Oraison
Dieu qui montres aux égarés la lumière de ta vérité pour qu'ils puissent reprendre le bon chemin ; donne à tous ceux qui se déclarent chrétiens de rejeter ce qui est indigne de ce nom, et de rechercher ce qui lui fait honneur.
V/ Ressuscité des morts, le Christ ne meurt plus, alléluia.
R/ Sur lui, la mort n'a plus aucun pouvoir, alléluia
Livre de l'Apocalypse (Ap 8, 1-13)
Les 7 anges et le châtiment de la terre
Les fléaux déchaînés par les trompettes reprennent en les amplifiant les plaies d'Égypte.
Quand l’Agneau ouvrit le septième sceau, il se fit dans le ciel un silence d'environ une demi-heure...
Et je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu. Il leur fut donné sept trompettes. Un autre ange vint se placer près de l'autel. Il portait un encensoir d'or, et il lui fut donné des parfums en grand nombre, pour les offrir avec les prières de tous les saints sur l'autel d'or qui est devant le trône. Et, de la main de l'ange, la fumée des parfums monta devant Dieu, avec les prières des saints. L'ange prit alors l'encensoir, il le remplit du feu de l'autel et le jeta sur la terre : et ce furent des tonnerres, des voix, des éclairs et un tremblement de terre.
Les sept anges qui tenaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner.
Le premier fit sonner sa trompette : grêle et feu mêlés de sang tombèrent sur la terre ; le tiers de la terre flamba, le tiers des arbres flamba, et toute végétation verdoyante flamba.
Le deuxième ange fit sonner sa trompette : on eût dit qu'une grande montagne embrasée était précipitée dans la mer. Le tiers de la mer devint du sang. Le tiers des créatures vivant dans la mer périt, et le tiers des navires fut détruit.
Le troisième ange fit sonner sa trompette : et, du ciel, un astre immense tomba, brûlant comme une torche. Il tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Son nom est : Absinthe. Le tiers des eaux devint de l'absinthe, et beaucoup d'hommes moururent à cause des eaux qui étaient devenues amères.
Le quatrième ange fit sonner sa trompette : le tiers du soleil, le tiers de la lune et le tiers des étoiles furent frappés. Ils s'assombrirent du tiers : le jour perdit un tiers de sa clarté et la nuit de même.
Alors je vis : Et j'entendis un aigle qui volait au zénith proclamer d'une voix forte : Malheur ! Malheur ! Malheur aux habitants de la terre, à cause des sonneries de trompettes des trois anges qui doivent encore sonner !
R/ Que monte notre prière
Comme l'encens devant ta face, alléluia !
L'ange tenait une coupe
Pleine de parfum :
La prière des saints.
De la main de l'ange,
La fumée des parfums montait devant Dieu,
Avec la prière des saints.
HOMELIE DE SAINT AUGUSTIN SUR LE PSAUME 149
Le chant nouveau.
Chantez au Seigneur un chant nouveau, sa louange est dans l'assemblée des fidèles.
Nous sommes invités à chanter au Seigneur un chant nouveau. L'homme nouveau connaît ce chant nouveau. Le chant est affaire de joie et, si nous y réfléchissons plus attentivement, il est affaire d'amour. Donc, celui qui sait aimer la vie nouvelle sait chanter le chant nouveau. Qu'est-ce que la vie nouvelle ? Nous y sommes invités à cause du chant nouveau. Car tout appartient au même Royaume : l'homme nouveau, le chant nouveau, le testament nouveau. Donc l'homme nouveau chantera le chant nouveau et appartiendra au testament nouveau.
Chacun aime, mais on doit chercher quel est l'objet de cet amour. Par conséquent, on ne nous demande pas de renoncer à l'amour, mais de choisir ce que nous devons aimer. Mais que pourrons-nous choisir, si d'abord nous ne sommes choisis ? Écoutez l'Apôtre Jean : Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. Cherche comment l'homme peut aimer Dieu, et tu ne trouveras absolument rien d'autre que ceci : c'est Dieu, le premier, qui l'a aimé. Celui que nous avons aimé s'est donné lui-même, il s'est donné pour que nous ayons de quoi aimer. Qu'a-t-il donné pour que nous ayons de quoi aimer ? Sachez-le plus clairement en écoutant l'Apôtre Paul, qui dit : L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs. D'où cela vient-il ? De nous ? De qui donc ? Par l'Esprit Saint qui nous a été donné.
Puisque nous avons une telle garantie, aimons Dieu de par Dieu. Écoutez cette parole plus explicite de saint Jean : Dieu est amour. Celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Il ne suffit pas de dire : L'amour vient de Dieu. Mais qui d'entre nous oserait dire, comme saint Jean : Dieu est amour ? Celui qui a dit cela savait ce qu'il avait en lui.
En un mot, Dieu s'offre à nous. Il nous crie : Aimez-moi et vous m'aurez en vous. Car vous ne pouvez même pas m'aimer, si vous ne m'avez pas en vous.
O mes frères ! O mes fils ! Enfants de l'Église catholique ! Plantation sainte et céleste ! Vous qui êtes régénérés dans le Christ et qui avez reçu la naissance d'en haut, écoutez-moi, ou plutôt écoutez Dieu par ma voix : Chantez au Seigneur un chant nouveau ! Eh bien, dis-tu, je chante ! Tu chantes, oui, tu chantes, je l'entends. Mais il ne faut pas que ta vie porte témoignage contre tes paroles.
Chantez avec la voix, chantez avec le Cœur, chantez avec la bouche, chantez par toute votre vie : Chantez au Seigneur un chant nouveau. Vous cherchez comment chanter celui que vous aimez ? Car, sans aucun doute, tu veux chanter celui que tu aimes. Tu cherches quelles louanges lui chanter ? Vous avez entendu : Chantez au Seigneur un chant nouveau. Vous cherchez où sont ses louanges ? Sa louange est dans l'assemblée des fidèles. La louange de celui que l'on veut chanter, c'est le chanteur lui-même.
Vous voulez dire les louanges de Dieu ? Soyez ce que vous dites. Vous êtes sa louange, si vous vivez selon le bien.
Nous accueillons l'Esprit nouveau,
Le souffle d'allégresse,
Le don gratuit du Fils ressuscité,
Force des croyants.
Nous entonnons le chant nouveau,
Les hymnes de louange,
L'amen appris du Verbe tout-puissant,
Gloire des sauvés.
Oraison
Seigneur, tu ouvres ton Royaume à ceux qui renaissent de l'eau et de l'Esprit : fais croître en eux la grâce pour que, déjà purifiés de leurs fautes, ils ne rendent vaine aucune de tes promesses.
V/ Dieu qui a ressuscité le Seigneur, alléluia.
R/ Nous ressuscitera aussi par sa puissance, alléluia.
Livre de l'Apocalypse (Ap 9, 1 - 12)
Le malheur des sauterelles
Les sauterelles sont les puissances infernales déchaînées.
Le cinquième ange fit sonner sa trompette : je vis une étoile précipitée du ciel sur la terre. Et il lui fut donné la clé du puits de l'abîme. Elle ouvrit le puits de l'abîme, et il en monta une fumée, comme celle d'une grande fournaise. Le soleil en fut obscurci, ainsi que l'air. Et, de cette fumée, des sauterelles se répandirent sur la terre. Il leur fut donné un pouvoir pareil à celui des scorpions de la terre. Il leur fut défendu de faire aucun tort à l'herbe de la terre, à rien de ce qui verdoie, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui ne portent pas sur le front le sceau de Dieu. Il leur fut permis non de les faire mourir, mais d'être leur tourment cinq mois durant. Et le tourment qu'elles causent est comme celui de l'homme que blesse un scorpion. En ces jours-là, les hommes chercheront la mort et ne la trouveront pas. Ils souhaiteront mourir et la mort les fuira.
Les sauterelles avaient l'aspect de chevaux équipés pour le combat, sur leurs têtes on eût dit des couronnes d'or, et leurs visages étaient comme des visages humains. Elles avaient des cheveux comme des cheveux de femme, et leurs dents étaient comme des dents de lion. Elles semblaient être comme cuirassées de fer, et le bruit de leurs ailes était comme le bruit de chars à plusieurs chevaux courant au combat. Elles ont des queues comme celles des scorpions, armées de dards, et dans leurs queues réside leur pouvoir de nuire aux hommes cinq mois durant. Elles ont comme roi l'ange de l'abîme qui se nomme, en hébreu, Abaddon et, en grec, porte le nom d'Apollyon.
Le premier « malheur » est passé : voici, deux « malheurs » viennent encore à la suite.
R/ Tous ceux qui invoquent ton nom, Seigneur Jésus,
Seront sauvés, alléluia !
Je produirai des signes
Dans le ciel et sur la terre :
Feu, sang, colonnes de fumée !
Prenez garde, veillez, priez,
Car vous ne savez pas le jour
Où le Fils de l’homme viendra.
PREMIERE APOLOGIE DE SAINT JUSTIN
Le baptême au nom de Jésus Christ : nouvelle naissance et illumination
Comme pour l'Eucharistie, Justin est aussi le premier témoin de l'incorporation à la communauté par le baptême, dans l'Église de Rome au IIe siècle.
Nous allons vous exposer comment, après avoir été renouvelés par le Christ, nous nous consacrons à Dieu.
Ceux qui sont convaincus de la vérité de notre doctrine et de notre parole, et qui y croient, promettent de vivre selon cette doctrine. On leur enseigne à prier et à demander à Dieu, en jeûnant, le pardon de leurs péchés passés ; et nous-mêmes, nous prions et nous jeûnons avec eux.
Ensuite ils sont conduits par nous au lieu où se trouve l'eau, et, de la même manière que nous avons été régénérés nous-mêmes, ils sont régénérés à leur tour. Au nom de Dieu le Père, maître de l'univers, de notre Sauveur Jésus Christ et de l'Esprit Saint, ils sont alors lavés dans l'eau.
Le Christ a dit en effet : Si vous ne renaissez pas, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Il est évident pour tout le monde que ceux qui sont nés une fois ne peuvent pas rentrer dans le sein de leur mère.
Le prophète Isaïe a enseigné comment les pécheurs convertis échapperont à leurs péchés. Il a parlé ainsi : Lavez-vous, purifiez-vous, enlevez la méchanceté de vos cœurs, apprenez à faire le bien, rendez justice à l'orphelin, défendez la veuve. Venez et discutons, dit le Seigneur. Et si vos péchés sont comme la pourpre, je les rendrai blancs comme la laine, s'ils sont comme l'écarlate, je vous rendrai blancs comme la neige. Mais si vous ne m'écoutez pas, l'épée vous dévorera. C'est la bouche du Seigneur qui a parlé.
Voici la doctrine que nous ont léguée les Apôtres à ce sujet. Nous avons reçu la première naissance sans le savoir, par une loi nécessaire, par la suite de l'union de nos parents, et nous sommes venus au monde avec des habitudes vicieuses et des mœurs mauvaises. Pour que nous ne demeurions pas les enfants de la nécessité et de l'ignorance, mais du libre choix et de la connaissance, et pour que nous obtenions dans l'eau le pardon de nos péchés passés, sur celui qui veut renaître et se convertir de ses péchés, on invoque le nom du Père de l'univers, notre Dieu et Maître. Il ne lui donne pas d'autre nom, celui qui conduit au baptême le candidat.
Car personne n'est capable d'attribuer un nom au Dieu qui est au-dessus de toute parole, et si quelqu'un ose prétendre qu'il en a un, il est atteint d'une folie mortelle. Ces mots : Père, Dieu, Créateur, Seigneur et Maître ne sont pas des noms, mais des appellations motivées par ses bienfaits et par ses œuvres. Le mot Dieu n'est pas un nom, mais une approximation naturelle à l'homme pour désigner d'une chose inexplicable.
Ce bain du baptême est appelé « illumination » parce que ceux qui reçoivent cette connaissance sont illuminés. C'est aussi au nom de Jésus Christ, crucifié sous Ponce Pilate, et nom de l'Esprit Saint qui a proclamé d'avance par les prophètes tout ce qui se rapporte à Jésus, – c'est en leur nom qu'est baptisé celui qui reçoit la lumière.
Libre tu t'éveilles.
Premier-né d'entre les morts.
De ton cœur naît l'Église
à l'image de Dieu,
car toi seul tu baptises
dans l'Esprit et le feu.
R/ Libre, je m'éveille,
renaissant d'entre les morts.
Comme une biche languit
après l'eau vive,
ainsi mon âme languit
vers toi, mon Dieu.
Mon âme a soif de Dieu
le Dieu vivant :
quand pourrai-je m'avancer,
paraître face à Dieu ?
Oraison
Viens au secours de ta famille, Seigneur, sois généreux pour elle : tu lui as donné la grâce de la foi, accorde-lui aussi une part dans la résurrection de ton Fils.