Elogio de la Virgen del Pilar, Anónimo
EL PILAR, LUGAR PRIVILEGIADO DE ORACIÓN Y DE GRACIA
Según una piadosa y antigua tradición, ya desde los albores de su conversión, los primitivos cristianos levantaron una ermita en honor de la Virgen María, a las orillas del Ebro, en la ciudad de Zaragoza. La primitiva y pequeña capilla, con el correr de los siglos, se ha convertido hoy en una basílica grandiosa que acoge, como centro vivo y permanente de peregrinaciones, a innumerables fieles que, desde todas las partes del mundo, vienen a rezar a la Virgen y a venerar su Pilar.
La advocación de Nuestra Señora del Pilar ha sido objeto de un especial culto por parte de los españoles : difícilmente podrá encontrarse en el amplio territorio patrio un pueblo que no guarde con amor la pequeña imagen sobre la santa columna. Muchas instituciones la veneran también como patrona.
Muy por encima de milagros espectaculares, de manifestaciones clamorosas y de organizaciones masivas, la Virgen del Pilar es invocada como refugio de pecadores, consoladora de los afligidos, madre de España. Su quehacer es, sobre todo, espiritual. Y su basílica en Zaragoza es un lugar privilegiado de oración, donde sopla con fuerza el Espíritu.
La devoción al Pilar tiene una gran repercusión en Iberoamérica, cuyas naciones celebran la fiesta del Descubrimiento de su Continente el doce de octubre, es decir, el mismo día del Pilar. Como prueba de su devoción a la Virgen, los numerosos mantos que cubren la sagrada imagen y las banderas que hacen guardia de honor a la Señora ante su santa capilla testimonian la vinculación fraterna que Iberoamérica tiene, por el Pilar, con la patria española.
Abierta la basílica durante todo el día, jamás faltan fieles que llegan al Pilar en busca de reconciliación, gracia y diálogo con Dios.
RESPONSORIO : Sal 71, 6. 19 ; Ap 21, 3
R/ Que baje como lluvia sobre el césped.
* Que la gloria de Dios llene la tierra.
V/ Ésta es la morada de Dios con los hombres, y acampará entre ellos ;
ellos serán su pueblo y Dios estará con ellos.
R/ Que la gloria de Dios llene la tierra.
ORACIÓN
Dios todopoderoso y eterno, que en la gloriosa Madre de tu Hijo has concedido un amparo celestial a cuantos la invocan con la secular advocación del Pilar, concédenos, por su intercesión, fortaleza en la fe, seguridad en la esperanza y constancia en el amor. Por nuestro Señor Jesucristo, tu Hijo, que vive y reina contigo en la unidad del Espíritu Santo y es Dios, por los siglos de los siglos. Amén
S. CYPRIEN EXHORTE L'ÉVÊQUE FORTUNAT AU MARTYRE
Il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous. Qui donc ne travaillerait pas de toutes manières à obtenir une telle gloire pour devenir l'ami de Dieu se réjouir aussitôt en compagnie de Jésus Christ, et recevoir les récompenses divines après les tourments et les supplices de cette terre ? Pour les soldats de ce monde il est glorieux de rentrer triomphalement dans leur patrie après avoir vaincu l'ennemi. N'est-ce pas une gloire bien supérieure de revenir triomphalement. après avoir vaincu le démon, au paradis d'où Adam avait été chassé a cause de son péché' ? D'y rapporter le trophée de la victoire après avoir abattu celui qui l'avait trompé ? D'offrir à Dieu comme un butin magnifique une foi intacte, un courage spirituel sans défaillance, un dévouement digne d'éloges ? De l'accompagner quand il viendra tirer vengeance de ses ennemis, d'être à son côté quand il viendra trôner pour le jugement ; de devenir cohéritier du Christ, d'être égalé aux anges, de jouir avec bonheur du royaume céleste avec les patriarches, les Apôtres, les prophètes ? Quelle persécution peut vaincre de telles pensées qui peuvent nous faire dominer les supplices ?
L'âme se maintient courageuse et inébranlable en s'appuyant sur cette méditation. Elle demeure invincible devant toutes les terreurs inspirées par le démon, devant toutes les menaces du monde. car elle est fortifiée par une foi sûre et solide. La terre nous emprisonne par ses persécutions, mais le ciel reste ouvert. L'Antéchrist nous menace, mais le Christ nous protège. La mort nous est infligée, mais l'immortalité lui succède. Quel honneur et quelle sécurité de sortir de ce monde avec joie, d'en sortir glorieux en traversant les épreuves et les tortures ! De fermer un instant les yeux qui voyaient les hommes et le monde, pour les rouvrir aussitôt afin de voir Dieu et le Christ ! Quelle chance, de faire si rapidement ce voyage Tu es subitement arraché à la terre pour te retrouver dans les royaumes célestes.
Il faut que notre esprit et notre réflexion se pénètrent de tout cela, le méditent jour et nuit. Si la persécution assaille un soldat ainsi préparé, elle ne pourra vaincre son courage prêt au combat. Ou bien, Si nous sommes appelés au ciel avant la lutte, la foi qui s'était préparée au martyre ne sera pas sans récompense. Le juge divin nous versera notre salaire sans perdre de temps. Dans la persécution il couronne ses soldats, dans la paix il couronne la bonne conscience.
R/ Prenons en main le bouclier de la foi
et le glaive de la parole de Dieu.
Pour la cause de Dieu,
les armes de notre combat ont le pouvoir de renverser les forteresses.
Pour détruire toute puissance
qui se dresse contre Dieu.
Pour rendre toute pensée captive
dans l'obéissance au Christ.
Oraison
Daigne, Seigneur, en ta bonté, écouter les prières de ton peuple : fais que nous trouvions un secours dans les mérites du pape saint Calliste, dont nous célébrons aujourd’hui le martyre.
DE L'AUTOBIOGRAPHIE DE STE THÉRÈSE
En présence de Jésus Christ, si bon ami et si bon capitaine qui s'exposa le premier à la douleur, on peut tout souffrir. Il nous vient en aide et nous donne des forces jamais il ne nous fait défaut ; c'est un véritable ami. Et je vois clairement, je l'ai toujours vu depuis, que pour contenter Dieu en obtenant de lui de grandes faveurs, il veut que nous tenions tout de cette humanité sacrée, en qui sa Majesté a dit mettre toutes ses complaisances.
Je l'ai vu très souvent par expérience : le Seigneur me l'a dit. J'ai vu clairement que nous devions entrer par cette porte, si nous voulons que la Majesté souveraine nous révèle de grands secrets.
Que Votre grâce ne cherche donc pas un autre chemin, même si vous êtes aux sommets de la contemplation ; car ici vous êtes en sûreté. Tous les biens nous viennent de ce Seigneur, le nôtre. Il vous instruira ; considérez sa vie, c'est le meilleur modèle.
Que voulons-nous avoir de mieux à nos côtés qu'un si bon ami qui ne nous abandonnera pas dans les peines et les tribulations, comme le font ceux du monde ? Bienheureux celui qui l'aime et le garde toujours auprès de lui. Regardons le glorieux saint Paul, on eût dit que Jésus lui sortait toujours par la bouche, tant il le gardait présent dans son cœur. Depuis que j'ai compris cela, j'ai considéré avec attention quelques saints, grands contemplatifs, et ils ne suivaient pas d'autre voie. Saint François le montre par les stigmates, saint Antoine de Padoue par l'Enfant, saint Bernard faisait ses délices de l'humanité de Jésus, sainte Catherine de Sienne, et tant d'autres.
Nous devons marcher librement sur ce chemin, et nous abandonner dans les mains de Dieu ; si sa Majesté veut nous élever au rang de ses camériers et nous communiquer ses secrets, y aller de bon cœur.
Chaque fois que nous pensons au Christ, rappelons-nous avec quel amour il nous a fait tant de faveurs, et la grandeur de celui que Dieu nous a témoigné en nous donnant ce gage de son amour pour nous : car amour obtient amour. Et même si nous en sommes tout à fait à nos débuts, et fort misérables, tâchons de toujours considérer cela pour éveiller l'amour en nous ; car Si le Seigneur nous accorde un jour la grâce de graver cet amour dans notre cœur, tout nous sera facile, nous agirons très vite et sans le moindre effort.
R/ Voyez quel grand amour nous est donné !
Enfants de Dieu, nous le sommes,
discernés par avance dans le Fils unique.
Au prix du sang qu'il a versé,
Jésus nous conduit vers le Père.
Nos yeux sont fixés sur la cité de fête
où nous verrons le visage de Dieu.
Au-delà de toute souffrance,
une joie éternelle nous attend.
Oraison
Dieu qui a suscité par ton Esprit sainte Thérèse d'Avila pour montrer à l'Église le chemin de la perfection, fais-nous trouver notre nourriture dans sa doctrine spirituelle et brûler du désir de la vraie sainteté.
VIE DE SAINTE EDWIGE PAR UN CONTEMPORAIN
La servante de Dieu savait que les pierres vivantes qui sont destinées à édifier la Jérusalem céleste doivent être polies en ce monde en étant frappées et meurtries, et qu'il faut passer par de nombreuses épreuves pour parvenir à la gloire d'en haut et à la patrie glorieuse. Elle s'offrit donc tout entière au torrent des souffrances ; sans pitié, elle brisa continuellement son corps par de nombreuses flagellations. Elle se macéra chaque jour par des jeûnes et des abstinences si sévères que beaucoup se demandaient comment une femme aussi faible et délicate pouvait endurer de tels tourments.
Si elle mortifiait assidûment sa chair, elle était cependant guidée par la discrétion ; plus elle y veillait attentivement, plus elle progressait en force d'esprit et en grâce, plus l'incendie de la foi et de l'amour divin prenait de vigueur en elle. Elle était souvent emportée vers Dieu par un désir si ardent qu'elle devenait comme insensible et ne remarquait plus rien de ce qui l'entourait.
De même que la ferveur de son âme la faisait toujours tendre vers Dieu, sa bienfaisance la faisait se pencher vers le prochain. File donnait de larges aumônes aux indigents. Elle accordait des secours aux communautés et aux personnes religieuses vivant au-dedans ou au-dehors des monastères, aux veuves et aux orphelins, aux malades et aux infirmes, aux lépreux, aux prisonniers, aux voyageurs, aux femmes indigentes nourrissant de petits enfants. Elle ne laissa jamais repartir sans l'avoir réconforté aucun de ceux qui venaient chercher du secours auprès d'elle.
Cette servante de Dieu n'a jamais négligé d'exercer aucune bonne œuvre. Aussi Dieu lui accorda-t-il cette grâce : lorsqu'elle manquait humainement de ressources pour agir, lorsque ses propres forces étaient insuffisantes, elle pouvait accomplir par la vertu de la passion du Christ tout ce que son prochain dans le besoin venait lui demander. Lorsque l'on recourait à elle pour être délivré d'un malheur, aussi bien corporel que spirituel, elle a toujours pu accorder les secours voulus, selon le bon plaisir de la volonté divine.
R/ Qui fait la volonté de Dieu, alléluia,
demeure éternellement, alléluia, alléluia !
L'herbe sèche et la fleur se fane,
le monde passe avec ses convoitises.
Si quelqu'un aime le monde,
l'amour du Père n'est pas en lui.
Si quelqu'un aime son frère,
il marche dans la lumière.
Oraison
Nous t'en prions, Dieu tout-puissant : que l'intercession de sainte Edwige nous obtienne la grâce d'imiter ce que nous admirons en elle, puisque l'humilité de toute sa vie peut servir d'exemple à chacun de nous.
LETTRE DE STE MARGUERITE MARIE
Il me semble que le grand désir que Notre Seigneur a que son Sacré Cœur soit honoré par quelque hommage particulier, est afin de renouveler dans les âmes les effets de la Rédemption. Car son Sacré Cœur est une source inépuisable qui ne cherche qu'à se répandre dans les cœurs humbles, vides, et qui ne tiennent à rien, pour être toujours prêts à se sacrifier à son bon plaisir.
Ce divin Cœur est une source intarissable, où il y a trois canaux qui coulent sans cesse : premièrement, de miséricorde pour les pécheurs, sur lesquels découle l'esprit de contrition et de pénitence. Le second est de charité, qui s'étend pour le secours de tous les misérables qui sont en quelque nécessité, et particulièrement pour ceux qui tendent à la perfection ; ils y trouveront de quoi vaincre les obstacles. Du troisième découlent l'amour et la lumière pour les parfaits amis qu'il veut unir à lui, pour leur communiquer sa science et ses maximes, afin qu'ils se consacrent entièrement à lui procurer de la gloire, chacun en sa manière.
Ce divin Cœur est un abîme de bien, où les pauvres doivent abîmer leurs nécessités ; un abîme de joie, où il faut abîmer toutes nos tristesses ; un abîme d'humiliation pour notre orgueil, un abîme de miséricorde pour les misérables, et un abîme d'amour, où il nous faut abîmer toutes nos misères.
Il faut vous unir, en tout ce que vous ferez, au Sacré Cœur de Notre Seigneur Jésus Christ, au commencement pour vous servir de dispositions, et à la fin pour satisfaction. Comme par exemple : vous ne pouvez rien faire à l'oraison ? Contentez-vous d'offrir celle que ce divin Sauveur fait pour nous au très saint Sacrement de l'autel, offrant ses ardeurs pour réparer toutes vos tiédeurs. Et dites dans chacune de vos actions : « Mon Dieu, je vais faire ou souffrir cela dans le Sacré Cœur de votre divin Fils, et selon ses saintes intentions que je vous offre pour réparer tout ce qu'il y a d'impur ou d'imparfait dans les miennes. » Et ainsi de tout le reste. Et lorsqu'il vous arrivera quelque peine, affliction ou mortification, dites-vous à vous-mêmes : « Prends ce que le Sacré Cœur de Jésus Christ t'envoie pour t'unir à lui. »
Et tâchez surtout de conserver la paix du cœur, qui vaut plus que tous les trésors imaginables. Le moyen de la conserver, c'est de ne plus avoir de volonté, mais mettre celle de ce divin Cœur en place de la nôtre, pour la laisser vouloir pour nous tout ce qui lui sera le plus glorieux, nous contentant de nous soumettre et abandonner.
R/ Ô abîme de la sagesse
et de la science de Dieu,
insondables ses décrets,
incompréhensibles ses voies !
Mystère de Dieu, mystère du Christ,
où se trouvent cachés tous les trésors
de la sagesse et de la connaissance.
Dieu a voulu nous faire connaître
la gloire de ce mystère au milieu des nations :
le Christ parmi nous, l'espérance de la gloire.
Oraison
Répands sur nous, Seigneur, l'Esprit dont tu as gratifié sainte Marguerite-Marie : alors nous connaîtrons, nous aussi, l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance ; nous serons comblés, et nous entrerons dans la plénitude de Dieu.
LETTRE DE S. IGNACE AUX ROMAINS
J’écris, moi, à toutes les Églises, et je fais savoir à tous que de grand cœur je mourrai pour Dieu, si vous ne m’en empêchez pas. Je vous en supplie, ne me portez pas une pitié importune. Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : elles m’aideront à atteindre Dieu. Je suis son froment : moulu sous la dent des fauves, je deviendrai le pain pur du Christ.
Suppliez le Christ pour que ces animaux fassent de moi une victime offerte à Dieu.
Que me feraient les douceurs de ce monde et les empires de la terre ? II est plus beau de mourir pour le Christ Jésus que de régner jusqu’aux extrémités de l’univers. C’est lui que je cherche, qui est mort pour nous ; c’est lui que je désire, lui qui a ressuscité pour nous. Mon enfantement approche. De grâce, mes frères. Ne m’empêchez pas de vivre, ne complotez pas ma mort. Ne livrez pas au monde ni aux séductions de la terre celui qui veut appartenir a Dieu. Laissez-moi embrasser la lumière toute pure.
Quand j’y aurai réussi, je serai homme. Acceptez que j’imite la passion de mon Dieu. Si quelqu’un le possède en lui, qu’il se laisse fléchir par mon appel ; il connaît l’angoisse qui m’étreint ; qu’il ait pitié de moi.
Le Prince de ce monde entend m’arracher à Dieu et abîmer les sentiments que je lui porte. Vous qui serez là, ne volez pas à son secours. Soyez plutôt de mon côté, c’est-à-dire du côté de Dieu. N’ayez pas Jésus Christ sur les lèvres et le monde dans le cœur. Ne vous laissez pas gagner par l’envie. Quand je serai près de vous, restez sourds aux appels que je vous lancerai peut-être. Fiez- vous plutôt à ce que je vous écris. Car c’est en pleine vie que j’affirme ma volonté de mourir. Mes passions ? Crucifiées. En moi, plus de feu qu’attise la matière, mais une eau vive qui murmure et chuchote à mon cœur : « Viens auprès du Père. » Je ne peux plus savourer les nourritures périssables ou les douceurs de cette vie. C’est du pain de Dieu que je suis affamé, de la chair de Jésus Christ, fils de David ; et pour boisson, je veux son sang, qui est l’incorruptible amour.
Je ne tiens plus à vivre parmi les hommes. Il dépend de vous que mon vœu soit exaucé. Partagez mon désir, afin qu’un jour l’on partage aussi le vôtre. Je vous le demande en peu de mots. Croyez-moi. Jésus Christ témoignera de ma sincérité, par sa bouche sans mensonge en laquelle le Père a parlé en vérité.
Priez pour ma victoire. Ce n’est pas mon corps qui m’inspire cette requête, c’est l’esprit de Dieu. Ma mort apportera la preuve de votre tendresse. Mais si j’échappe au supplice, c’est que vous m’aurez haï.
R/ Sur nous repose l’Esprit de gloire,
l’Esprit de Dieu, alléluia !
Si l’on nous outrage pour le nom du Christ,
heureux sommes-nous.
Il rôde, l’adversaire, cherchant qui dévorer,
mais le Christ est parmi nous,
et nous sommes appelés de son nom.
Si nous avons part aux souffrances du Christ,
réjouissons-nous :
quand se révélera sa gloire,
nous serons dans la joie.
Oraison
Dieu éternel et tout-puissant, tu veux que le témoignage des saints martyrs soit l'honneur du corps tout entier de l'Église ; fais que la passion de saint Ignace d'Antioche, qui lui valut une gloire éternelle, soit aussi pour nous une source de courage.
V/ Ils ont publié l'œuvre de Dieu,
R/ Ils ont compris ses merveilles.
Livre des Actes des Apôtres (Ac 9, 27-31 ; 11, 19-26)
Une Église animée par l'Esprit
Barnabas le prit alors avec lui, l'introduisit auprès des apôtres et leur raconta comment, sur la route, il avait vu le Seigneur qui lui avait parlé, et comment, à Damas, il s'était exprimé avec assurance au nom de Jésus. Dès lors Saul allait et venait avec eux dans Jérusalem, s'exprimant avec assurance au nom du Seigneur. Il s'entretenait avec les Hellénistes et discutait avec eux ; mais eux cherchaient à le faire périr. Les frères, l'ayant appris, le conduisirent à Césarée et de là le firent partir sur Tarse.
L'Église, sur toute l'étendue de la Judée, de la Galilée et de la Samarie, vivait donc en paix, elle s'édifiait et marchait dans la crainte du Seigneur et, grâce à l'appui du Saint Esprit, elle s'accroissait.
Cependant ceux qu'avait dispersés la tourmente survenue à propos d'Etienne étaient passés jusqu'en Phénicie, à Chypre et à Antioche, sans annoncer la Parole à nul autre qu'aux Juifs. Certains d'entre eux pourtant, originaires de Chypre et de Cyrène, une fois arrivés à Antioche, adressaient aussi aux Grecs la Bonne Nouvelle de Jésus Seigneur. Le Seigneur leur prêtait main-forte, si bien que le nombre fut grand de ceux qui se tournèrent vers le Seigneur, en devenant croyants. La nouvelle de cet événement parvint aux oreilles de l'Église qui était à Jérusalem et l'on délégua Barnabas à Antioche. Quand il vit sur place la grâce de Dieu à l'œuvre, il fut dans la joie et il les pressait tous de rester du fond du cœur attachés au Seigneur. C'était en effet un homme droit, rempli d'Esprit Saint et de foi. Une foule considérable se joignit ainsi au Seigneur. Barnabas partit alors à Tarse pour y chercher Saul, il l'y trouva et l'amena à Antioche. Ils passèrent une année entière à travailler ensemble dans cette Église et à instruire une foule considérable. Et c'est à Antioche que, pour la 1ère fois, le nom de « chrétiens » fut donné aux disciples.
R/ Heureux qui tient son nom
Du seul Nom de Jésus,
Heureux qui est heureux
Du bonheur de son Dieu,
Heureux qui met son pas
Dans les pas de Jésus :
Des chemins s'ouvrent dans son cœur,
Il détiendra Pouvoir sur les nations.
Au Paradis de Dieu,
Vainqueur, il recevra l'Etoile du matin.
HOMÉLIE DE S. GRÉGOIRE LE GRAND SUR L'ÉVANGILE
Le Seigneur envoie ses disciples.
Notre Seigneur et Sauveur, frères très chers, nous instruit tantôt par ses paroles, tantôt par ses actions. Ses actions elles-mêmes sont des commandements, parce que, lorsqu'il fait quelque chose sans rien dire, il nous montre comment nous devons agir. Voici donc qu'il envoie ses disciples en prédication deux par deux, parce que les commandements de la charité sont deux : l'amour de Dieu et du prochain.
Le Seigneur envoie prêcher ses disciples deux par deux pour nous suggérer, sans le dire, que celui qui n'a pas la charité envers autrui ne doit absolument pas entreprendre le ministère de la prédication.
Il est fort bien dit qu'il les envoya devant lui dans toutes les villes et les localités où lui-même devait aller. En effet, le Seigneur vient après ses prédicateurs, parce que la prédication est un préalable : le Seigneur vient habiter notre âme lorsque les paroles d'exhortation sont venues en avant-coureur et font accueillir la vérité dans l'âme. C'est pourquoi Isaïe dit aux prédicateurs : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez les sentiers de notre Dieu. Et le Psalmiste leur dit aussi : Frayez la route à celui qui monte au couchant. Le Seigneur monte au couchant parce que, s'étant couché par sa passion, il s'est manifesté avec une plus grande gloire dans sa résurrection. Il est monté au couchant, parce que, en ressuscitant, il a foulé aux pieds la mort qu'il avait subie. Nous frayons donc la route à celui qui monte au couchant lorsque nous prêchons sa gloire à vos âmes, afin que, venant ensuite, il les éclaire par la présence de son amour.
Écoutons maintenant ce qu'il dit aux prédicateurs qu'il envoie : La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. Les ouvriers sont peu nombreux pour une moisson abondante ; nous ne pouvons pas le répéter sans une grande tristesse. Il y a des gens pour entendre de bonnes choses, il n'y en a pas pour les dire. Le monde est rempli de prêtres, mais on rencontre rarement un ouvrier dans la moisson de Dieu ; nous acceptons bien la fonction sacerdotale, mais nous ne faisons pas le travail de cette fonction.
Considérez, frères très chers, considérez le poids de cette parole : Priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. Vous-mêmes, priez pour nous, afin que nous puissions faire le travail auquel vous avez droit : que notre langue ne soit pas engourdie, quand il faut exhorter ; une fois que nous avons accepté la charge de la prédication, que notre silence ne nous assigne pas devant le juste Juge !
R/ Le fruit de l'Esprit est amour, joie et paix.
Si nous vivons par l'Esprit,
Marchons aussi dans l'Esprit.
Si vous êtes conduits par l'Esprit,
Vous n'êtes plus soumis à la Loi.
Oraison
Dieu qui as choisi saint Luc pour révéler, par sa parole et ses écrits, le mystère de ton amour envers les pauvres, accorde à ceux qui se réclament de ton nom d'être un seul cœur et une seule âme, et, à tous les peuples du monde, la grâce de voir ton salut.
CARNET SPIRITUEL DE S. JEAN DE BRÉBEUF (ou autre)
Continuellement, pendant deux jours, j'ai ressenti un grand amour du martyre, et j'ai désiré supporter tous les supplices que les martyrs ont soufferts.
Mon Seigneur, mon Sauveur Jésus, que puis-je te rendre pour tous les bienfaits dont tu m'as prévenu ? Je prendrai de ta main la coupe de tes douleurs, et j'invoquerai ton nom. J'en fais vœu devant ton Père éternel et l'Esprit Saint, devant ta très sainte Mère et son époux très chaste, devant les anges, les Apôtres et les martyrs, devant mon père saint Ignace, et devant saint François Xavier. Oui, je t'en fais le vœu, mon Sauveur Jésus : jamais, autant qu'il dépendra de moi, je ne me déroberai à la grâce du martyre, Si un jour, dans ton infinie miséricorde, tu dois me proposer, à moi ton indigne serviteur.
Je m'oblige donc, pour tout le temps qui me reste à vivre, à ne jamais vouloir, comme si c'était libre ou permis, éviter de mourir ou de verser mon sang, sauf si j'estimais qu'il est plus conforme à ta gloire, à ce moment-là, d'agir autrement. Bien plus, je m'engage, lorsque je recevrai le coup de la mort, à le recevoir de tes mains avec beaucoup de contentement spirituel et d'allégresse. Par conséquent, mon Jésus que je veux aimer, par la vive joie dont je suis animé, dès maintenant je t'offre mon sang, mon corps et ma vie. Je ne veux mourir que pour toi, si tu m'en donnes la grâce, puisque tu as daigné mourir pour moi. Fais-moi vivre de telle sorte que tu m'accordes le don de mourir d'une façon si avantageuse. Oui, mon Dieu et mon Sauveur, je prendrai de ta main la coupe de tes souffrances, et j'invoquerai ton nom : Jésus, Jésus, Jésus !
Mon Dieu, comme je souffre de ce que tu ne sois pas connu, de ce que cette région barbare ne soit pas encore tout entière convertie à toi, de ce que le péché n'en soit pas encore expulsé ! Assurément, mon Dieu, Si tous les châtiments, aggravés par de cruels supplices, qui sont infligés aux prisonniers dans cette région, devaient tomber sur moi, je m'offre à eux de grand cœur pour être seul à les souffrir.
R/ À toi seul, Fils du vrai Dieu,
La gloire et la louange, alléluia.
Qui se déclarera pour moi devant les hommes,
Je me déclarerai pour lui devant mon Père.
Qui aura tenu bon jusqu'à la fin,
Je lui donnerai la vie éternelle.
Oraison
Tu as voulu, Seigneur, que la parole et le sang de tes martyrs, Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et leurs compagnons, sanctifient les débuts de l’Église en Amérique du Nord ; fais que se lève partout, à leur prière, une moisson de chrétiens chaque jour plus abondante.
Lettre de saint Isaac Jogues
Après huit années passées au milieu des tribus huronnes et iroquoises, après avoir enduré de terribles tortures, Isaac Jogues écrit :
Si je suis barbare par les coutumes et le vêtement, bien plus si je suis presque sans Dieu dans une vie si agitée, cependant je veux mourir comme j'ai vécu en fils de la très sainte Église romaine et de la Compagnie. - Je mène une vie vraiment misérable dans laquelle toutes les vertus sont en danger. La foi, certes, dans de si épaisses ténèbres de l'infidélité ; l'espérance, dans de si longues et si dures épreuves ; la charité dans une si grande corruption et l'absence de tout sacrement ; la chasteté, bien qu'elle ne soit pas ici beaucoup menacée par les plaisirs, est cependant menacée par la cohabitation.
Jogues rentre en France. Ses mains sont mutilées, tout son corps porte les marques de la torture. L'amour des Iroquois qui ne connaissent pas Dieu l'emporte sur l'appréhension à la pensée de nouvelles souffrances. Il sera martyrisé peu de temps après avoir écrit la lettre suivante :
Quand commencerai-je à servir et à aimer celui qui n'a jamais commencé à nous aimer ; et quand commencerai-je à me donner à celui qui s'est donné à moi sans réserve ? Quoique je sois extrêmement misérable et que j'aie fait un mauvais usage des grâces que Notre Seigneur m'a faites en ce pays, je ne perds pas courage, puisqu'il prend soin de me rendre meilleur, me fournissant encore de nouvelles occasions de mourir à moi-même et de m'unir inséparablement à lui.
Mon espérance est en Dieu, qui n'a que faire de nous pour l'exécution de ses desseins. C'est à nous de tâcher de lui être fidèles et de ne pas gâter son ouvrage par nos lâchetés. J'espère que vous m'obtiendrez cette faveur de Notre Seigneur et qu'après avoir mené une vie si lâche jusques à maintenant, je commencerai à le mieux servir.
Le cœur me dit que, si j'ai le bien d'être employé en cette mission, j'irai et je ne reviendrai pas , mais je serai heureux si Notre Seigneur voulait achever le sacrifice où il l'a commencé, et que ce peu de sang que j'ai répandu en cette terre fût comme les arrhes de celui que je lui donnerai de toutes les veines de mon corps et de mon cœur.
Enfin, ce peuple-là est pour moi un époux de sang , je me suis fiancé à lui par mon sang. Notre bon maître, qui se l'est acquis par son sang, lui ouvre, s'il lui plaît, la porte de son Évangile comme aussi à quatre nations, ses alliés, qui sont proches de lui. À Dieu, mon cher Père, priez-le qu’il m’unisse inséparablement à lui.
R/ À toi seul, Fils du vrai Dieu,
La gloire et la louange, alléluia.
Qui se déclarera pour moi devant les hommes,
Je me déclarerai pour lui devant mon Père.
Qui aura tenu bon jusqu'à la fin,
Je lui donnerai la vie éternelle.
Oraison
Tu as voulu, Seigneur, que la parole et le sang de tes martyrs, Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et leurs compagnons, sanctifient les débuts de l’Église en Amérique du Nord ; fais que se lève partout, à leur prière, une moisson de chrétiens chaque jour plus abondante.