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20 JANVIER : S Sébastien

 

HOMÉLIE DE S. AMBROISE POUR LA FÊTE DE S. SÉBASTIEN.

 

Il nous faut passer par beaucoup de détresses pour entrer dans le Royaume de Dieu. S'il y a beaucoup de persécutions, ce sont autant de mises à l'épreuve là où il y a beaucoup de couronnes, il y a eu beaucoup de combats. C'est ton avantage qu'il y ait beaucoup de persécuteurs, Si bien que, parmi beaucoup de persécutions, tu trouveras le moyen d'être couronné.

Prenons l'exemple du martyr saint Sébastien, dont c'est aujourd'hui l'anniversaire. Par son origine, c'est un Milanais. Peut-être le persécuteur était-il déjà parti, ou au contraire n'était-il pas encore arrivé dans cette région, ou encore était-il débonnaire ? Sébastien constata qu'il n'y avait aucun combat ici, ou un combat languissant.

Il partit pour Rome où, à cause de l'intensité de la foi. les persécutions bouillonnaient avec violence ; c'est là qu'il a souffert, c'est-à-dire qu'il a été couronné. C'est donc là, où il est venu en étranger, qu'il a établi le domicile de son immortalité définitive.

S'il n'y avait eu qu'un seul persécuteur, ce martyr n'aurait certes pas été couronné. Mais le pire, c'est que les persécuteurs ne sont pas seulement ceux qui se voient, mais encore ceux qui ne se voient pas ; et ceux-là sont de beaucoup les plus nombreux.

Car de même qu'un seul persécuteur en chef envoyait de nombreux ordres de persécution, et qu'il y avait des persécuteurs dans chaque cité ou chaque province, de même le diable dirige ses nombreux ministres qui soulèvent des persécutions non pas seulement au-dehors, mais aussi intérieurement, dans le cœur de chacun.

C'est de ces persécutions-là que saint Paul a dit : Tous ceux qui veulent vivre avec piété dans le Christ Jésus seront persécutés. Il a dit tous, il n'a excepté personne. Qui peut être excepté, en effet, quand le Seigneur lui-même a subi les épreuves des persécutions ?

Combien y a-t-il chaque jour de martyrs secrets du Christ, et qui confessent le Seigneur Jésus ! L'Apôtre connaissait ce martyre et le témoignage de foi au Christ, lui qui a dit : C'est là notre fierté, et le témoignage de notre conscience.

R/ Pour moi, vivre, c'est le Christ !

Je suis en captivité pour le Christ,

captif pour défendre l'Évangile.

J'ai le désir de m'en aller

et d'être avec lui.

Je demeurerai près de vous tous

pour la joie de votre foi.

Oraison

Seigneur, accorde-nous l’esprit de force, pour qu’à l’exemple de saint Sébastien, ton martyr, nous préférions t’obéir, à toi plutôt qu’aux hommes.


21 Janvier : Ste Agnès

 

HOMELIE DE S. AMBROISE POUR LA FETE DE STE AGNES,

C’est aujourd'hui l'anniversaire d'une vierge, imitons sa pureté. C'est l’anniversaire d'une martyre, offrons un sacrifice. C'est l'anniversaire de sainte Agnès. Selon la tradition, elle a subi le martyre à douze ans. Qu’elle est détestable, la cruauté qui n'a même pas épargné une si petite fille. Mais combien la foi est grande pour avoir reçu témoignage d'un âge aussi tendre !

Ce petit corps offrait donc assez de place aux blessures ! Et celle qui n'avait presque rien à leur offrir a eu de quoi les vaincre. Alors que les petites filles, à cet âge, ne peuvent supporter les visages sévères de leurs parents et, lorsqu'elles se sont piquées avec une aiguille, pleurent comme si elles s'étaient blessées !

Celle-ci n'éprouve aucune crainte entre les mains sanglantes des bourreaux, elle ne bouge pas en entendant les grincements des lourdes chaînes que l'on tire, et voici qu'elle présente son corps à l'épée d'un soldat furieux. Elle ne sait pas encore ce que c'est que mourir, mais elle y est prête. Et si on l'entraîne de force vers les autels, voilà qu'elle tend les mains vers le Christ à travers les flammes ; jusque dans ce foyer sacrilège, elle fait le signe qui glorifie le Seigneur victorieux. Voici qu'on introduit son cou et ses deux mains dans des liens de fer, mais aucune chaîne ne pouvait serrer des membres aussi menus.

Est-ce un nouveau genre de martyre ? Elle n'est pas encore capable de souffrir et elle est déjà mûre pour vaincre ; il lui est difficile de combattre, et facile de triompher ; alors qu'elle supportait le handicap de son jeune âge, elle a réalisé un chef-d’œuvre de vaillance. Elle ne se serait pas hâtée vers la chambre nuptiale le jour de son mariage, comme elle s'est avancée d'un pas joyeux, étant vierge, au lieu de son supplice ; c'est le Christ qui était l'ornement de sa tête, et non pas une coiffure compliquée ; elle n'était pas couronnée de fleurs, mais de vertus.

Tout le monde pleure, elle n'a pas une larme. La plupart s'étonnent de lui voir si facilement répandre une vie à laquelle elle n'avait pas encore goûté, et la donner comme si elle en avait atteint le terme. Tous sont stupéfaits de ce qu'elle se montre témoin de la divinité alors que, en raison de son âge, elle ne pouvait encore décider d'elle-même. Bref, on l'a crue au sujet de Dieu, alors qu'on ne l'aurait pas encore crue au sujet d'un homme. Car ce qui est au-delà de la nature vient du Créateur de la nature.

Quelles menaces son bourreau a-t-il employées pour lui faire peur, quelles flatteries pour la fléchir, combien de promesses pour lui faire accepter de l'épouser ! Mais elle : "C'est faire injure à mon époux d'attendre celui qui doit me plaire. Celui qui le premier m'a choisie, c'est lui qui me recevra. Pourquoi traînes-tu, exécuteur ? Qu'il périsse, le corps qui peut être aimé pour avoir charmé les yeux, ce que je refuse". Elle se leva, pria, tendit le cou.

Vous auriez vu le bourreau tressaillir comme s'il était le condamné, la main de l'exécuteur trembler et son visage pâlir par la crainte du coup infligé à un autre, alors que la jeune fille ne craignait rien pour elle-même. Vous avez donc, avec une seule victime, un double martyre : celui de la pureté et celui de la foi. Elle a gardé sa virginité et obtenu le martyre.

 

R/ C'est du ciel que vient la force !

 

Ma grâce te suffit, dit le Seigneur,

Car ma puissance se déploie dans la faiblesse.

 

Je me vanterai surtout de mes faiblesses,

Afin que repose sur moi la puissance du Christ.

 

La folie de Dieu est plus sage que les hommes

Et la faiblesse de Dieu, plus forte que les hommes.

 

Oraison

Dieu éternel et tout puissant, tu choisis les créatures les plus faibles pour confondre les puissances du monde ; tandis que nous célébrons l'anniversaire du martyre de sainte Agnès, accorde-nous d'imiter sa fermeté dans la foi.


Janvier 22, St Vincent

 

HOMÉLIE DE S. AUGUSTIN POUR LA FÊTE DE S. VINCENT

 

Dieu vous a fait la grâce à l'égard du Christ, dit saint Paul, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui.

Le diacre Vincent avait reçu l'un et l'autre. Car s'il ne les avait pas reçus, qu'aurait-il gardé ? Il gardait confiance en parlant, il gardait patience en souffrant.

Que nul ne présume donc de son cœur, quand il prononce la parole ; que nul ne se confie à ses forces quand il subit l'épreuve. En effet, lorsque nous disons sagement de bonnes choses, notre sagesse vient de Dieu, et lorsque nous souffrons courageusement de mauvaises choses, notre patience vient de lui.

Rappelez-vous le Christ Seigneur avertissant ses disciples dans l'Évangile ; rappelez-vous le Roi des martyrs munissant ses cohortes d'armes spirituelles, leur annonçant la guerre, leur fournissant des secours, leurs promettant des récompenses. Après avoir dit à ses disciples : En ce monde, vous serez opprimés, il ajoute aussitôt pour calmer leur terreur : Mais ayez confiance, j'ai vaincu le monde.

Pourquoi donc nous étonner, mes très chers, si Vincent a été vainqueur en celui par qui le monde fut vaincu ? En ce monde, vous serez opprimés. Le monde opprime, mais ne supprime pas ; il peut combattre, mais non abattre.

Le monde lance deux armées contre les soldats du Christ. Il flatte pour tromper, il terrorise pour briser. Que notre propre plaisir ne nous paralyse pas, que la cruauté d'autrui ne nous terrorise pas, et le monde est vaincu.

Dans les deux cas le Christ se présente, et le chrétien n'est pas vaincu. Si l'on considère, dans ce martyre, la persévérance de l'homme, on le trouve d'abord incroyable ; Si l'on y reconnaît la puissance de Dieu, il n'est plus invraisemblable.

Une telle cruauté s'acharnait sur le corps du martyr et une telle tranquillité s'exprimait dans sa voix, un tel raffinement de supplices s'attaquait à ses membres et un tel apaisement résonnait dans ses paroles que nous pensions : chose étonnante, c'est Vincent qui est la victime, et on en torture un autre qui ne parle pas.

Et vraiment, mes frères, c'était cela, c'était tout à fait cela : c'est un autre qui parlait. Car Jésus en a fait la promesse à ses témoins qu'il préparait à de tels combats. Il leur dit, selon l'Évangile : Ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz. Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous.

La chair souffrait, l'Esprit parlait, et la parole de l'Esprit non seulement condamnait l'incroyance, mais encore soutenait l'impuissance.

R/ Connaître le Christ,

la puissance de sa résurrection,

et la communion à ses souffrances.

Pour lui, j'ai tout perdu,

et je cours vers le seul but.

Lui, le premier, m'a saisi,

de tout mon élan, je veux le saisir.

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, daigne répandre en nous ton Esprit : que nos cœurs soient fortifiés par cet amour qui aidait saint Vincent à tenir sous la torture.


Janvier 24, St François de Sales

 

DE L'INTRODUCTION À LA VIE DÉVOTE PAR S. FRANÇOIS DE SALES

Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre : ainsi commande-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu'ils produisent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vocation. La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l'artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée ; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier. Je vous prie, Philothée, serait-il à propos que l'Évêque voulût être solitaire comme les Chartreux ? Et si les mariés ne voulaient rien amasser non plus que les Capucins, si l'artisan était tout le jour à l'église comme le religieux, et le religieux toujours exposé à toutes sortes de rencontres pour le service du prochain comme l'Évêque, cette dévotion ne serait-elle pas ridicule, déréglée et insupportable ? Cette faute néanmoins arrive bien souvent.

Non, Philothée, la dévotion ne gâte rien quand elle est vraie, ainsi elle perfectionne tout, et lorsqu'elle se rend contraire à la légitime vocation de quelqu'un, elle est sans doute fausse. «  L'abeille, dit Aristote, tire son miel des fleurs sans les intéresser », les laissant entières et fraîches comme elle les a trouvées ; mais la vraie dévotion fait encore mieux, car non seulement elle ne gâte nulle sorte de vocation ni d'affaires, mais au contraire elle les orne et embellit. Toutes sortes de pierreries jetées dedans le miel en deviennent plus éclatantes, chacune selon sa couleur et chacun devient plus agréable en sa vocation la conjoignant à la dévotion : le soin de la famille en est rendu paisible, l'amour du mari et de la femme plus sincère, le service du prince plus fidèle, et toutes sortes d'occupations plus suaves et amiables.

C'est une erreur plutôt une hérésie, de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai, Philothée, que la dévotion purement contemplative, monastique et religieuse ne peut être exercée en ces vocations-là mais aussi, outre ces trois sortes de dévotion, il y en a plusieurs autres, propres à perfectionner ceux qui vivent ès états séculiers. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite.

 

R/ Le fruit de l'Esprit est amour, joie et paix.

 

Si nous vivons par l'Esprit,

marchons aussi dans l'Esprit.

 

Si vous êtes conduits par l'Esprit,

vous n'êtes plus soumis à la loi.

Oraison

Pour le salut des âmes, Seigneur, tu as voulu que l'évêque saint François de Sales devienne le serviteur de tous en toutes choses ; fais que, soutenus par son exemple, nous donnions une preuve de ta douce charité en nous dévouant pour nos frères.


Janvier 25, Conversion de St Paul

V/ Le Seigneur est tendresse et pitié ;

R/ Lent à la colère et plein d'amour.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates (Ga 1, 11-24)

Paul le Juif devient Apôtre du Christ

Je vous le déclare, frères : cet Évangile que je vous ai annoncé n'est pas de l'homme ; et d'ailleurs, ce n'est pas par un homme qu'il m'a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de Jésus Christ.

Car vous avez entendu parler de mon comportement naguère dans le judaïsme : avec quelle frénésie je persécutais l'Église de Dieu et je cherchais à la détruire ; je faisais des progrès dans le judaïsme, surpassant la plupart de ceux de mon âge et de ma race par mon zèle débordant pour les traditions de mes pères. Mais, lorsque celui qui m'a mis à part depuis le sein de ma mère et m'a appelé par sa grâce a jugé bon de révéler en moi son Fils afin que je l'annonce parmi les païens, aussitôt, loin de recourir à aucun conseil humain ou de monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je suis parti pour l'Arabie, puis je suis revenu à Damas. Ensuite, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas et je suis resté quinze jours auprès de lui, sans voir cependant aucun autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur. Ce que je vous écris, je le dis devant Dieu, ce n'est pas un mensonge. Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie. Mais mon visage était inconnu aux Églises du Christ en Judée ; simplement, elles avaient entendu dire : "celui qui nous persécutait naguère annonce maintenant la foi qu'il détruisait alors", et elles glorifiaient Dieu à mon sujet.

 

R/ Victoire du Christ en son Apôtre !

 

Contre Jésus, il allait à Damas,

Pour Jésus, il sillonnera le monde.

 

Dans la justice de la loi il mettait son orgueil,

La grâce de l'Esprit fera toute sa fierté.

 

HOMELIE DE S. JEAN CHRYSOSTOME À LA LOUANGE DE PAUL

Amour de Paul pour le Christ

Qu'est-ce que l'homme ? Quelle est la noblesse de notre nature ? De quelle vertu est capable cette créature vivante ? Paul nous l'a montré mieux que n'importe qui.

Chaque jour, il montait plus haut, il était animé d'un nouveau courage contre les dangers qui s'élevaient contre lui. Il le disait clairement : Oubliant ce qui est en arrière, et tendu vers l'avant. Alors qu'il s'attendait à la mort, il appelait à partager cette joie : Soyez joyeux et réjouissez-vous avec moi. Exposé aux dangers, aux insultes, et à toute sorte d'humiliations, il exulte encore et il écrit aux Corinthiens : C'est pourquoi j'accepte de grand cœur les faiblesses, les insultes, les persécutions. Il appelait cela les armes de la justice, et montrait qu'il en recueillait le plus grand fruit.

Il échappait de toutes parts à ses ennemis. Accablé de coups, d'insultes, d'outrages, il célébrait une sorte de triomphe continuel ; partout il érigeait des trophées, il s'en glorifiait et il en rendait grâce à Dieu, en disant : Rendons grâce à Dieu qui nous emmène en tout temps dans son triomphe.

Il recherchait la honte et les insultes que lui valait sa prédication, plus que nous ne recherchons les honneurs ; la mort, plus que nous la vie ; la pauvreté, plus que nous la richesse ; les labeurs, plus que d'autres le repos. Une seule chose lui paraissait à redouter et à fuir : offenser Dieu, et rien d'autre. De même rien ne lui paraissait à désirer que de plaire à Dieu.

Ce qu'il tenait pour supérieur à tout, c'était l'amour du Christ ; avec cela, il estimait qu'il était le plus heureux des hommes. En dehors de cela, il ne souhaitait d'être ni parmi les souverains, ni parmi les chefs, ni parmi les autorités ; mais il préférait être parmi les derniers et même au nombre des condamnés avec cet amour, plutôt que, en dehors de lui, parmi les hommes haut placés et couverts d'honneurs.

Il n'y avait pour lui qu'un seul supplice - perdre cet amour. Pour lui c'était la géhenne, le châtiment, un malheur infini. En revanche, jouir de cet amour, c'était pour lui posséder la vie, le monde, son bon ange, le présent et l'avenir, la royauté, la promesse, le bonheur infini. Tout ce qui peut nous arriver ici-bas, en dehors de cela, il ne le jugeait ni pénible, ni agréable.

Il méprisait toutes les choses visibles autant que de l'herbe pourrie. Les tyrans et les peuples pleins de fureur lui semblaient des moucherons ; la mort, les châtiments, tous les supplices : des jeux d'enfants, du moment qu'il avait à souffrir pour le Christ.

 

Quel est ce voyageur

Que le Seigneur guette sur le chemin

Et qu'il terrasse par sa lumière ?

Quel est ce violent

Qu'entre tous le Seigneur a choisi

Pour faire connaître à jamais

La force de sa Parole ?

 

R/ Victoire du Christ en son Apôtre !

 

Te Deum

Oraison

Dieu qui as instruit le monde entier par la parole de l'Apôtre saint Paul dont nous célébrons aujourd'hui la conversion, accorde-nous d'aller vers toi en cherchant à lui ressembler, et d'être, dans le monde, les témoins de ton Évangile.


26 janvier, Ss Timothée et Tite

 

Lettre de S. Paul à Tite

Doctrine des Apôtres sur les ministères (Tt 1,7-11 ; 2,1-8)

Il faut en effet que le responsable d'une communauté d'Église soit un homme sans reproche, puisqu'il est l'intendant de Dieu ; il ne doit être ni arrogant, ni coléreux, ni buveur, ni violent, ni avide de propos malhonnêtes ; il doit ouvrir sa maison à tous, être ami du bien, raisonnable, juste, saint, maître de lui. Il doit être attaché à la parole sûre et conforme à la doctrine, pour être capable, à la fois, d'exhorter les autres en leur donnant un enseignement solide, et de répondre aux opposants. Car il y a beaucoup d'insoumis, au discours creux et trompeur, surtout parmi ceux qui viennent du judaïsme. Il faut fermer la bouche à ces gens qui bouleversent des maisons entières, en enseignant ce qu'il ne faut pas, pour faire des profits malhonnêtes. Proclame ce qui est conforme à l'enseignement solide. Dis aux hommes âgés d'être sobres, dignes de respect, raisonnables, et solides dans la foi, la charité et la persévérance. Quant aux femmes âgées, dis-leur de mener une vie sainte, de ne pas dire du mal des autres, de ne pas être esclaves de la boisson, de donner de bons conseils ; qu'elles apprennent aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants, à être raisonnables et pures, bonnes ménagères, aimables, soumises chacune à son mari, afin que la parole de Dieu ne soit pas exposée au mépris. Exhorte aussi les jeunes à être raisonnables en toutes choses. Toi-même, sois un modèle dans ta façon de bien agir : par le sérieux et la pureté de ton enseignement, par la solidité inattaquable de ta parole, pour la plus grande confusion de l'adversaire qui ne trouvera aucune critique à faire sur nous. Fils bien-aimé, proclame ce qui est conforme à l'enseignement solide.

 

R/ C'est au prix de son sang

Que le Christ s'est acquis de l'Église.

Soyez donc attentifs au troupeau

Dont l'Esprit vous a confié la charge.

Vous serez les intendants fidèles

Des mystères de sa grâce.

Livrés en spectacle au monde,

Vous serez les modèles du troupeau.

 

HOMELIE DE S. JEAN CHRYSOSTOME À LA LOUANGE DE PAUL

La prison où demeurait saint Paul était pour lui comme le ciel même, et il accueillait les blessures des fouets avec plus de plaisir qu'on ne saisit le prix remporté à la course ; il n'aimait pas moins ses épreuves que des récompenses, car il les considérait comme des récompenses, et c'est pour cela qu'il les appelait une grâce. Remarquons-le, c'était une récompense que s'en aller pour être avec le Christ ; tandis que demeurer dans ce monde, c'était le combat ; et pourtant, il dit qu'il préfère à la récompense le combat, qui est plus nécessaire. Être maudit, séparé du Christ, c'était cela le combat et l'épreuve, c'était même bien davantage ; être avec lui, c'était la récompense. Mais, à cause du Christ, Paul a choisi le combat plutôt que la récompense.

On dira peut-être que tout cela lui était doux, à cause du Christ. Je le reconnais aussi, car ce qui est pour nous cause de tristesse produisait en lui un grand plaisir. Mais peu importent les dangers et les autres misères. Il se trouvait dans cette tristesse continuelle qui lui fait dire : Qui est faible sans que je sois faible ? Qui vient à tomber sans qu'un feu me brûle ?

Je vous exhorte à ne pas admirer seulement, mais aussi à imiter ce modèle de vertu, car c'est ainsi que nous pourrons participer à sa victoire.

Si tu es étonné d'entendre dire qu'il suffit de suivre le même chemin pour obtenir le même succès, écoute-le parler de lui-même : Je me suis bien battu, j'ai tenu jusqu'au bout de la course, je suis resté fidèle. Je n'ai plus qu'à recevoir la récompense du vainqueur ; dans sa justice, le Seigneur, le juge impartial, me la remettra en ce jour-là. Non pas seulement à moi, mais aussi à ceux qui désirent sa venue. Tu vois comment il nous appelle tous à partager son sort. Et puisque cela est offert à tous, nous devons tous nous efforcer de mériter ces biens qui nous sont promis.

Ne regardons pas seulement en saint Paul l'éminence et l'ampleur de ses hauts faits, mais aussi la vigueur de son désir qui l'a fait parvenir à une telle grâce, alors qu'il est de la même nature que nous, partageant avec nous toutes ses ressources. Ainsi les exploits les plus ardus nous paraîtront faciles et doux et en peinant pendant cette vie brève, nous parviendrons à remporter la couronne impérissable et immortelle par la grâce et la bonté de Jésus Christ notre Seigneur, à qui appartiennent gloire et puissance, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

 

R/ En Dieu notre confiance :

Il nous pourvoit de tout avec générosité.

 

Combats le bon combat,

Conquiers la vie éternelle

à laquelle tu as été appelé.

 

N'amassez pas de trésors sur la terre

Mais dans le ciel,

Et débordez d'action de grâce.

 

Te Deum

Oraison

Dieu qui as donné à Tite et à Timothée une vertu digne des Apôtres, fais que, soutenus par leurs prières, vivant avec justice et piété dans ce monde, nous parvenions au ciel, notre patrie.


Janvier 27, Ste Angèle Merici

 

TESTAMENT SPIRITUEL DE STE ANGÈLE

Mes très douces mères et sœurs dans le Christ, efforcez vous d'abord et à tout prix de concevoir de sages résolutions, avec l'aide de Dieu ; ainsi, guidées uniquement par l'amour de Dieu et le zèle du salut des âmes, vous entreprendrez votre tâche d'éducatrices.

C'est seulement Si elle est enracinée et fondée dans la charité qu'elle produira des fruits de salut, car notre Sauveur l'a dit : Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits. Un bon arbre, dit-il, c'est-à-dire un cœur bon, animé par la charité, ne peut produire que des œuvres saintes et bonnes. C'est pourquoi saint Augustin disait : «  Aime et fais ce que tu veux. » Aie l'amour et la charité. et ensuite fais ce que tu veux, comme s'il disait nettement : «  L'amour ne peut pas pécher. »

Je vous demande encore de tenir compte de chacune de vos filles et de les porter comme gravées dans vos cœurs non seulement par leurs noms, mais avec toute leur situation et leur état. Cela ne vous sera pas difficile si vous l'entourez d'une charité vivante. En effet les mères, selon la nature, auraient-elles mille enfants, les gardent tous et chacun fixés dans leur cœur, elles n'en oublient jamais aucun ; c'est l'œuvre en elles d'un très véritable amour. Il semble même que plus elles ont d'enfants, plus augmentent le souci et l'amour qu'elles ont de chacun. Bien davantage donc, celles qui sont mères selon l'esprit doivent et peuvent se comporter de même, parce que l'amour spirituel est plus puissant que celui qui procède de la communauté de sang.

Par conséquent, mères qui m'êtes très chères, Si vous aimez vos filles d'une charité vivante et sincère, il sera impossible que vous ne les ayez pas, toutes et chacune, gravées dans votre mémoire et votre cœur.

Je vous demande encore d'essayer de les attirer par l'amour, l'indulgence et la charité, et non par la hauteur et la dureté. Soyez aimables pour toutes, du fond du cœur, comme il se doit, selon cette parole de mon Seigneur : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Ainsi vous imiterez Dieu, dont il est écrit : il a tout disposé avec douceur. Et Jésus dit encore : Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger.

Vous de même : avec toutes employez la douceur sous toutes ses formes. Prenez garde surtout qu'elles ne fassent pas par crainte ce que vous ordonnez. Dieu a donné à chacun la liberté, c'est pourquoi il ne force personne. Il se contente de montrer, d'appeler, de persuader. Parfois, il faudra montrer une autorité plus sévère, à bon escient et en tenant compte de l'état et des nécessités des personnes. Cependant, même alors, c'est seulement la charité qui doit nous pousser, ainsi que le zèle des âmes.

 

R/ Enseigne-nous à bien compter nos jours,

Pour que nos cœurs découvrent la sagesse.

 

Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse

Jusqu'à présent j'ai redit tes merveilles.

 

Tu m'enseignes la route de la vie,

En ta présence la joie est sans mesure.

 

Veille à mon chemin, qu’il ne soit fatal,

Et conduis-moi sur le chemin d’éternité.

 

Oraison

Que la prière de sainte Angèle Merici nous recommande sans cesse â ta bonté, Seigneur. Dociles à ses exemples de prudence et de charité, nous pourrons être fidèles à ton enseignement et en témoigner dans toute notre vie.


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