ENTRETIENS DE S. VINCENT AVEC LES FILLES DE LA CHARITÉ
Nous ne devons pas considérer un pauvre paysan ou une pauvre femme selon leur extérieur, ni selon ce qui paraît de la portée de leur esprit ; d’autant que bien souvent ils n’ont presque pas la figure ni l’esprit de personne raisonnables. Mais tournez la médaille, et vous verrez par les lumières de la foi que le Fils de Dieu, qui a voulu être pauvre, nous est représenté par ces pauvres ; qu’il n’avait presque pas la figure d’un homme en sa Passion, et qu’il passait pour fou dans l’esprit des Gentils, et pour pierre de scandale dans celui des Juifs ; et avec tout cela, il se qualifie l’évangéliste des pauvres : Il m’a envoyé porté la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Ô Dieu ! qu’il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en Dieu et dans l’estime que Jésus Christ en a faite ! Mais, si nous les regardons selon les sentiments de la chair et de l’esprit mondain, ils paraîtront méprisables.
Dieu aime les pauvres, et par conséquent il aime ceux qui aiment les pauvres ; car, lorsqu’on aime bien quelqu’un, on a de l’affection pour ses amis et pour ses serviteurs. Or la petite Compagnie de la Mission tâche de s’appliquer avec affection à servir les pauvres, qui sont les bien-aimés de Dieu ; et aussi nous avons sujet d’espérer que, pour l’amour d’eux, Dieu nous aimera.
Il ne faut pas de retardement en ce qui est du service des pauvres. Si, à l’heure de votre oraison, le matin, vous devez allez porter une médecine, oh ! allez-y en repos ; offrez à Dieu votre action, unissez votre intention à l’oraison qui se fait à la maison, ou ailleurs, et allez-vous-en sans inquiétude.
Si, quand vous serez de retour, votre commodité vous permet de faire quelque peu d’oraison ou de lecture spirituelle, à la bonne heure ! Mais il ne nous faut point inquiéter, ni croire avoir manqué, quand vous la perdrez ; car on ne la perd pas quand on la quitte pour un sujet légitime. Et s’il y a sujet légitime, mes chères filles, c’est le service du prochain.
Ce n’est point quitter Dieu que quitter Dieu pour Dieu, c’est-à-dire une œuvre de Dieu pour en faire une autre, ou de plus grande obligation, ou de plus grand mérite. Vous quittez l’oraison ou la lecture, ou vous perdez le silence pour assister un pauvre, oh ! sachez, mes filles, que faire tout cela, c’est le servir.
Car, voyez-vous, la charité est par-dessus toutes les règles, et il faut que toutes se rapportent à celle-là. C’est une grande dame. Il faut faire ce qu’elle commande.
Allons donc, et nous employons avec un nouvel amour à servir les pauvres, et même cherchons les plus pauvres et les plus abandonnés ; reconnaissons devant Dieu que ce sont nos seigneurs et nos maîtres, et que nous sommes indignes de leur rendre nos petits services.
R/ Seigneur Jésus, tu t’es fait pauvre
afin de nous enrichir par ta pauvreté.
Heureux les pauvres de cœur :
le Royaume des cieux est à eux.
Donne à celui qui te demande,
ne tourne pas le dos à qui veut t’emprunter.
Oraison
Seigneur, tu as donné à saint Vincent de Paul toutes les qualités d'un apôtre pour secourir les pauvres et former les prêtres ; accorde-nous une pareille ardeur pour aimer ce qu'il a aimé et pratiquer ce qu'il a enseigné.
PREMIER RÉCIT PALÉOSLAVE
À la mort de son père Vratislas, les Tchèques nommèrent Wenceslas duc de Bohême. Et, par la grâce de Dieu, sa foi chrétienne était parfaite. Il faisait du bien à tous les pauvres, vêtait ceux qui étaient nus, nourrissait les affamés recueillait les voyageurs, selon la parole de l'Évangile. Il ne souffrait pas qu'on fasse du tort aux veuves. il aimait tous les hommes. riches et pauvres, il servait les ministres de Dieu, il embellissait beaucoup d'églises.
Mais les seigneurs de Bohême se révoltèrent et insinuèrent à son frère cadet, Boleslav : « Ton frère Wenceslas va te faire assassiner, il conspire avec sa mère et ses soldats. »
Comme il y avait dans toutes les villes des fêtes pour la consécration des églises. Wenceslas allait séjourner dans toutes ces villes. Il fit donc son entrée dans la cité de Boleslav, un dimanche, en la fête des saints Côme et Damien. Après avoir entendu la messe, il voulut retourner à Prague. Mais Boleslav le retint avec perfidie, en lui disant : « Pourquoi veux-tu partir, mon frère ? » Le lendemain, on sonna la cloche pour les Matines. En entendant la cloche, Wenceslas dit : « Louange à toi, Seigneur, qui m'as donné de vivre jusqu'à ce matin. » Il se leva et se rendit aux Matines.
Aussitôt Boleslav le rejoignit à la porte. Wenceslas le regarda et lui dit : « Mon frère, tu étais hier un bon compagnon pour nous. » Le diable parla à l'oreille de Boleslav et pervertit son cœur. Tirant son épée, Boleslav répondit : » Maintenant, je veux être pour toi un meilleur compagnon », et il lui donna un coup d'épée à la tête.
Wenceslas, tourné vers lui, dit alors : « À quoi penses-tu, mon frère ? » Il l'empoigna et le jeta par terre. Mais un des conseillers de Boleslav accourut et frappa Wenceslas à la main. Celui-ci, blessé à la main, épargna son frère et accourut vers l'église. Mais deux assassins l'abattirent à la porte de l'église. Un troisième accourut et de son épée lui transperça le côté. Alors Wenceslas expira aussitôt en disant : En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit.
R/ Le juste vivra par sa fidélité.
Je vais me tenir à mon poste de garde
et guetter pour voir ce que Dieu me dira.
Encore un peu, bien peu de temps,
celui qui vient arrivera sans tarder.
Ne soyons pas des hommes
qui se dérobent et se perdent,
mais des hommes de foi pour notre salut.
Oraison
Dieu qui inspirais à saint Wenceslas ton martyr de préférer le royaume du ciel à celui de la terre, accorde-nous, par son intercession, de savoir renoncer à nous-mêmes pour nous attacher à toi de tout notre cœur.
Jean-Paul II – homélie de béatification (18 février 1981)
Infatti, secondo la promessa del suo Vangelo, Cristo veramente riconosce, alla presenza del Padre suo nel cielo, quei martiri fedeli che riconobbero lui davanti agli uomini (cf. Mt 10,32). L’inno di gloria a Dio che è stato ora cantato da tante voci è un’eco del “Te Deum” cantato nella Chiesa di Santo Domingo la sera del 27 dicembre 1637, quando arrivò la notizia del martirio di un gruppo di sei cristiani a Nagasaki. Fra di loro vi era il capo della missione, Padre Antonio Gonzales, un Domenicano spagnolo originario del Leon, e Lorenzo Ruiz, un uomo sposato, con famiglia, nato in Manila “extra muros” : nel sobborgo di Binondo (cf. Positio super Martyrio, Roma, 1979, pp. 478-479).
Anche questi testimoni a loro volta cantarono salmi al Signore potente e misericordioso, sia quando si trovarono in prigione, sia durante la loro esecuzione mediante forca e fossa che durò tre giorni.
Allo stesso tempo il nostro inno è un inno di fede che conquista il mondo (cf. 1Gv 5,4). La predicazione di questa fede illumina come il sole tutti quelli che desiderano ottenere la conoscenza della verità. E invero, sebbene ci siano differenti lingue nel mondo, la potenza della tradizione cristiana è la stessa.
Il Signore Gesù col suo sangue ha veramente redento i suoi servi, riuniti da ogni razza, lingua, popolo e nazione, per far di loro un sacerdozio regale per il nostro Dio (cf. Ap 5,9-10). I sedici beati martiri, con l’esercizio del loro sacerdozio – quello del Battesimo o dell’Ordine Sacro – manifestarono il più grande atto di adorazione e di amore verso Dio col sacrificio del loro sangue unito al Sacrificio di Cristo, proprio quello della Croce. In questo modo imitarono Cristo, sacerdote e vittima, nel modo più perfetto possibile per le umane creature (cf. Santo Tommaso, Summa theologiae, II-II, q. 124, a. 3). Nello stesso tempo fu il massimo atto di amore che si possa fare per i fratelli per amore dei quali noi tutti siamo chiamati a sacrificarci, seguendo l’esempio del Figlio di Dio che sacrificò se stesso per noi (cf. 1Gv 3,16).
Questo è ciò che fece Lorenzo Ruiz. Guidato dallo Spirito Santo verso un termine inaspettato dopo un viaggio avventuroso, egli disse ai giudici di essere un cristiano, e di dover morire per Dio, e di essere pronto a dare la sua vita per lui anche mille volte (cf. Positio super Martyrio, p. 417).
“Kahit maging sanglibo man / Ang buhay n’yaring katawain / Pawa kong ipapapatay, / Kung inyong pagpipilitang/ Si Kristo ‘y aking talikdan” (Anche se fossero mille / le vite di questo corpo / le farei uccidere tutte / se mi costringete / a voltare le spalle a Cristo).
In queste parole troviamo una sintesi della sua personalità, una descrizione della sua fede e la ragione della sua morte. Fu in questo momento che questo giovane padre di famiglia professo e portò a compimento la catechesi cristiana che aveva ricevuto alla scuola dei Frati Domenicani di Binondo : una catechesi che non poteva essere altro che cristocentrica, sia per il mistero che contiene sia per il fatto che è Cristo che insegna attraverso le labbra del suo messaggero (cf. Giovanni Paolo II, Catechesi Tradendae, 5-6).
L’esempio di Lorenzo Ruiz, figlio di padre cinese e di madre tagala, ci ricorda che la vita di ognuno, l’intera vita deve essere a disposizione di Cristo. Essere cristiani significa donare ogni giorno, in risposta al dono di Cristo che venne nel mondo perché tutti potessero avere la vita e averla in abbondanza (cf. Gv 10,10).
Oraison
En la fête des saints martyrs Laurent et ses compagnons, accorde-nous, Seigneur notre Dieu, la même endurance à ton service et au service du prochain, car ils sont bienheureux en ton Royaume ceux qui souffrent persécution pour la justice. Par Jésus Christ.
V/ Messagers du Seigneur, bénissez le Seigneur,
R/ Attentifs au son de sa parole.
Livre de l'Apocalypse (Ap 12, 1-17)
Lutte de Michel et du dragon
Un grand signe apparut dans le ciel : une femme, vêtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et criait dans le travail et les douleurs de l'enfantement.
Alors un autre signe apparut dans le ciel : C'était un grand dragon rouge feu. Il avait sept têtes et dix cornes et, sur ses têtes, sept diadèmes. Sa queue, qui balayait le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le dragon se posta devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l'enfant dès sa naissance. Elle mit au monde un fils, un enfant mâle ; c'est lui qui doit mener paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône.
Alors la femme s'enfuit au désert, où Dieu lui a fait préparer une place, pour qu'elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. Il y eut alors un combat dans le ciel : Michaël et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon lui aussi combattait avec ses anges, mais il n'eut pas le dessus : il ne se trouva plus de place pour eux dans le ciel. Il fut précipité, le grand dragon, l'antique serpent, celui qu'on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre et ses anges avec lui.
Et j'entendis une voix forte qui, dans le ciel, disait : Voici le temps du salut, de la puissance et du Règne de notre Dieu, et de l'autorité de son Christ ; car il a été précipité, l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu, jour et nuit. Mais eux, ils l'ont vaincu par le sang de l'agneau et par la parole dont ils ont rendu témoignage : Ils n'ont pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort. C'est pourquoi soyez dans la joie, vous les cieux et vous qui y avez votre demeure ! Malheur à vous, la terre et la mer, car le diable est descendu vers vous, emporté de fureur, sachant que peu de temps lui reste.
Quand le dragon se vit précipité sur la terre, il se lança à la poursuite de la femme qui avait mis au monde l'enfant mâle. Mais les deux ailes du grand aigle furent données à la femme pour qu'elle s'envole au désert, au lieu qui lui est réservé pour y être nourrie, loin du serpent, un temps, des temps et la moitié d'un temps. Alors le serpent vomit comme un fleuve d'eau derrière la femme pour la faire emporter par les flots. Mais la terre vint au secours de la femme : la terre s'ouvrit et engloutit le fleuve vomi par le dragon. Dans sa fureur contre la femme, le dragon porta le combat contre le reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus.
R/ Voici le temps du salut,
De la puissance et du règne de Dieu !
Le dragon a poursuivi la femme
Mais Michel et ses anges
Combattirent le dragon.
L'ange Gabriel a été envoyé par Dieu
À une jeune fille nommée Marie
Il lui annonça : tu enfanteras un Fils.
Raphaël dit au jeune Tobie :
Bientôt les yeux de ton père s'ouvriront,
Il se réjouira de voir la lumière.
HOMÉLIE DE S. GRÉGOIRE LE GRAND
Les noms des anges.
Il faut savoir que le nom d'anges désigne leur fonction, et non leur nature. Car ces esprits bienheureux de la patrie céleste sont bien toujours des esprits, mais on ne peut les appeler toujours des "anges", parce qu'ils ne sont des anges que lorsqu'ils portent un message. On appelle "anges" ceux qui portent les messages moins importants, et "archanges" ceux qui annoncent les plus grands événements.
C'est pourquoi l'archange Gabriel fut envoyé à la Vierge Marie, et non pas un ange quelconque : pour ce ministère, il s'imposait d'envoyer un ange du plus haut rang annoncer le plus haut de tous les événements.
En outre, certains d'entre eux sont désignés par un nom propre, afin de signifier par les mots la nature de leur action. En effet, ce n'est pas dans la sainte cité, où la vision de Dieu tout-puissant confère une connaissance parfaite, qu'ils reçoivent leurs noms particuliers, comme si, sans l'aide de ces noms, on n'avait pas pu connaître leurs personnes. C'est lorsqu'ils viennent vers nous pour exercer un ministère qu'ils reçoivent chez nous des noms tirés de leur fonction. C'est ainsi que Michel veut dire "Qui est comme Dieu ?", Gabriel : "Force de Dieu". Raphaël : "Dieu guérit".
Chaque fois qu'il est besoin d'un déploiement de force extraordinaire, c'est Michel qui est envoyé : son action et son nom font comprendre que nul ne peut faire ce qu'il appartient à Dieu seul de faire. L'antique ennemi, qui a désiré par orgueil être semblable à Dieu, disait : J'escaladerai les cieux, par-dessus les étoiles du ciel j'érigerai mon trône, je ressemblerai au Très-Haut. Or, l'Apocalypse nous dit qu'à la fin du monde, lorsqu'il sera laissé à sa propre force, avant d'être éliminé par le supplice final, il devra combattre contre l'archange Michel : Il y eut un combat contre l'archange Michel.
À la Vierge Marie, c'est Gabriel qui est envoyé, dont le nom signifie "Force de Dieu" : ne venait-il pas annoncer celui qui voulut se manifester dans une humble condition pour triompher des puissances démoniaques ? C'est donc par la "force de Dieu" qu'il devait être annoncé, celui qui venait comme le Dieu des armées, le vaillant des combats.
Raphaël, comme nous l'avons dit, se traduit : "Dieu guérit". En effet, il délivra des ténèbres les yeux de Tobie lorsqu'il les toucha comme pour remplir l'office de soignant. Celui qui fut envoyé pour soigner est bien digne d'être appelé "Dieu guérit".
R/ Que monte notre prière
Comme l'encens devant ta face, alléluia !
L'ange tenait une coupe
Pleine de parfum :
La prière des saints.
De la main de l'ange,
La fumée des parfums montait devant Dieu,
Avec la prière des saints.
Oraison
Dans ta sagesse admirable, Seigneur, tu assignes leurs fonctions aux anges et aux hommes ; fais que nous soyons protégés sur cette terre par ceux qui dans le ciel servent toujours devant ta face.
PROLOGUE DU COMMENTAIRE D'ISAÏE PAR S. JÉRÔME
En accomplissant une promesse faite à Paula, j’obéis aux préceptes du Christ qui dit : Scrutez les Écritures, et aussi : Cherchez, et vous trouverez. Je ne veux pas qu’il me dise, comme aux Juifs : Vous êtes dans l’erreur, parce que vous méconnaissez les Écritures et la puissance de Dieu. Si, selon l’Apôtre Paul, le Christ est puissance de Dieu et sagesse de Dieu, et si celui qui méconnaît les Écritures méconnaît la puissance de Dieu et sa sagesse : ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ.
J’imiterai donc le père de famille qui tire de son trésor du nouveau et de l’ancien, et aussi l’épouse qui dit, dans le Cantique des cantiques : Les fruits nouveaux, comme les anciens, je les ai gardés pour toi. Et c’est ainsi que je commenterai Isaïe ; je l’enseignerai comme étant non seulement un prophète, mais un évangéliste et un apôtre. Il a dit de lui-même, en effet, comme des autres évangélistes : Qu’ils sont beaux, les pieds de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles, qui annoncent la paix. Et Dieu lui parle comme à un apôtre : Qui enverrai-je vers ce peuple ? Et Isaïe répond : Me voici, envoie-moi.
Personne ne doit croire que je désire résumer brièvement le contenu de ce livre, car le texte en question embrasse tous les mystères du Seigneur : il annonce l’Emmanuel né de la Vierge ; il prédit qu’il accomplira des œuvres et des signes éclatants ; mort et enseveli, ressuscitant du séjour des morts, il sera le Sauveur de toutes les nations. Vais-je parler de physique, de morale et de logique ? Tout ce qu’il y a dans les saintes Écritures, tout ce que la parole humaine peut exprimer et tout ce que peut assimiler l’intelligence des mortels, est contenu dans ce livre. Celui qui l’a écrit témoigne lui-même de tous ces mystères : toute vision est devenue pour vous comme les paroles d’un livre scellé. On le donne à quelqu’un qui sait lire, en lui disant : "Lis cela". Et il répond : "Je ne peux pas, parce que le livre est scellé." Ou bien on le donne à quelqu’un qui ne sait pas lire, en lui disant : "Lis cela". Il répond : "Je ne sais pas lire." (Is 29,11-12)
Écoutez ce que dit saint Paul : Que deux ou trois prophètes prennent la parole, et que les autres jugent. Si un assistant reçoit une révélation, celui qui parle doit se taire. Comment pourra-t-il se taire, puisque le Saint-Esprit, qui parle par les prophètes, est libre de se taire ou de parler ? Si donc ils comprenaient ce qu’ils disaient, c’est que tout est plein de sagesse et de raison. Ce n’est pas la vibration de l’air qui parvenait à leurs oreilles, mais c’est Dieu qui parlait dans l’esprit des prophètes, selon ce que dit un autre prophète : C’est un ange qui me parlait. Et aussi : Ils crient dans nos cœurs : Abba, Père. Et encore : J’écouterai ce que dira en moi le Seigneur Dieu.
R/ Vivante est la Parole de Dieu,
plus pénétrante qu’un glaive.
Fils d’homme, je t’ai fait sentinelle :
de ma part, tu avertiras mon peuple.
Fils d’homme, porte-leur mes paroles,
qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas.
Oraison
Dieu qui as donné à saint Jérôme de goûter la sante Écriture et d'en vivre intensément, fais que ton peuple soit davantage nourri de ta Parole et trouve en elle une source de vie.
LETTRE DE STE THÉRÈSE À SŒUR MARIE DU SACRÉ-CŒUR (8 SEPTEMBRE 1896)
À l’oraison, mes désirs me faisant souffrir un véritable martyre, j’ouvris les épîtres de saint Paul afin de chercher quelque réponse. Les chapitres XII et XIII de la première épître aux Corinthiens me tombèrent sous les yeux... J’y lus, dans le premier, que tous ne peuvent être apôtres, prophètes, docteurs… que l’Église est composée de différents membres et que l’œil ne saurait être en même temps la main... La réponse était claire mais ne comblait pas mes désirs, elle ne me donnait pas la paix...
Sans me décourager je continuai ma lecture et cette phrase me soulagea : "Recherchez avec ardeur les dons les plus parfaits, mais je vais encore vous montrer une voie plus excellente". Et l’Apôtre explique comment tous les dons les plus parfaits ne sont rien sans l’Amour... Que la Charité est la voie excellente qui conduit sûrement à Dieu. Enfin j’avais trouvé le repos...
Considérant le corps mystique de l’Église, je ne m’étais reconnue dans aucun des membres décrits par saint Paul, ou plutôt je voulais me reconnaître en tous... La charité me donna la clé de ma vocation. Je compris que si l’Église avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas ; je compris que l’Église avait un Cœur, et que ce Cœur était brûlant d’amour. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... Je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux... ; en un mot, qu’il est éternel !...
Alors, dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée : Ô Jésus, mon Amour... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’amour !...
Oui, j’ai trouvé ma place dans l’Église et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée... dans le Cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour... ainsi, je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé ! ! !...
R/ Voyez quel grand amour nous est donné !
Enfants de Dieu, nous le sommes,
discernés par avance dans le Fils unique.
Au prix du sang qu’il a versé,
Jésus nous conduit vers le Père.
Nos yeux sont fixés sur la cité de fête
où nous verrons le visage de Dieu.
Au-delà de toute souffrance,
une joie éternelle nous attend.
Oraison
Dieu qui ouvres ton Royaume aux petits et aux humbles, donne-nous de marcher avec confiance sur les pas de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, pour obtenir ainsi la révélation de ta gloire.
V/ Messagers du Seigneur, bénissez le Seigneur,
R/ Attentifs au son de sa parole.
Livre de l'Apocalypse (Ap 12, 1-17)
Lutte de Michel et du dragon
Un grand signe apparut dans le ciel : une femme, vêtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et criait dans le travail et les douleurs de l'enfantement. Alors un autre signe apparut dans le ciel : C'était un grand dragon rouge feu. Il avait sept têtes et dix cornes et, sur ses têtes, sept diadèmes. Sa queue, qui balayait le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le dragon se posta devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l'enfant dès sa naissance. Elle mit au monde un fils, un enfant mâle ; c'est lui qui doit mener paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône. Alors la femme s'enfuit au désert, où Dieu lui a fait préparer une place, pour qu'elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. Il y eut alors un combat dans le ciel : Michaël et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon lui aussi combattait avec ses anges, mais il n'eut pas le dessus : il ne se trouva plus de place pour eux dans le ciel. Il fut précipité, le grand dragon, l'antique serpent, celui qu'on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre et ses anges avec lui. Et j'entendis une voix forte qui, dans le ciel, disait : Voici le temps du salut, de la puissance et du Règne de notre Dieu, et de l'autorité de son Christ ; car il a été précipité, l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu, jour et nuit. Mais eux, ils l'ont vaincu par le sang de l'agneau et par la parole dont ils ont rendu témoignage : Ils n'ont pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort. C'est pourquoi soyez dans la joie, vous les cieux et vous qui y avez votre demeure ! Malheur à vous, la terre et la mer, car le diable est descendu vers vous, emporté de fureur, sachant que peu de temps lui reste. Quand le dragon se vit précipité sur la terre, il se lança à la poursuite de la femme qui avait mis au monde l'enfant mâle. Mais les deux ailes du grand aigle furent données à la femme pour qu'elle s'envole au désert, au lieu qui lui est réservé pour y être nourrie, loin du serpent, un temps, des temps et la moitié d'un temps. Alors le serpent vomit comme un fleuve d'eau derrière la femme pour la faire emporter par les flots. Mais la terre vint au secours de la femme : la terre s'ouvrit et engloutit le fleuve vomi par le dragon. Dans sa fureur contre la femme, le dragon porta le combat contre le reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus.
R/ Voici le temps du salut,
De la puissance et du règne de Dieu !
Le dragon a poursuivi la femme
Mais Michel et ses anges
Combattirent le dragon.
L'ange Gabriel a été envoyé par Dieu
À une jeune fille nommée Marie
Il lui annonça : tu enfanteras un Fils.
Raphaël dit au jeune Tobie :
Bientôt les yeux de ton père s'ouvriront,
Il se réjouira de voir la lumière.
Homélie de Saint Bernard sur le Psaume 90
Il donne mission à ses anges de te garder sur tes chemins. Qu'ils rendent grâce au Seigneur de son amour, de ses merveilles pour les hommes. Qu'ils confessent et disent parmi les nations les merveilles que le Seigneur fit pour eux ! Seigneur, qu'est-ce que l'homme, que tu te sois fait connaitre à lui, que tu lui ouvres ton cœur ? Tu lui ouvres ton cœur, tu le traites avec sollicitude, tu prends soin de lui. Pour finir, tu lui destines ton Fils unique, tu envoies en lui ton Esprit, et même tu lui promets de voir ton visage. Mais, pour qu'aucun être du ciel ne reste hors de cette sollicitude pour nous, tu envoies ces esprits bienheureux pour qu'ils remplissent un service à notre égard, tu les charges de veiller sur nous, tu leur commandes de se faire nos pédagogues.
Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. Quel n'est pas le respect que cette parole doit susciter en toi, la ferveur qu'elle doit faire naître, la confiance qu'elle doit inspirer ! Le respect à cause de leur présence, la ferveur à cause de leur bienveillance, la confiance à cause de leur vigilance. Ils sont donc là, à tes côtés, non seulement avec toi mais pour toi. Ils sont présents pour te protéger, pour te secourir... Et même si c'est Dieu qui leur en a donné l'ordre, on ne peut pour autant manquer de reconnaissance à leur égard, en raison de la si grande charité avec laquelle ils obéissent et du besoin si grand que nous avons de leur aide.
Soyons donc pleins de respect et de reconnaissance pour une telle vigilance de leur part ; aimons-les en retour et honorons-les autant que nous le pouvons, autant que nous le devons. Mais c'est à Dieu qu'il nous faut rapporter la totalité de notre amour et de notre honneur, à Dieu de qui les anges, aussi bien que nous, reçoivent toute la capacité de l'honorer et de l'aimer, non moins que la possibilité de se rendre dignes de son amour et de son honneur… Aussi est-ce en Dieu, mes frères, qu'avec affection il nous faut aimer ses anges, dans la conscience qu'ils seront un jour nos cohéritiers, et que d'ici là le Père dispose et ordonne qu'ils soient pour nous des intendants et des éducateurs. Car dès maintenant nous sommes fils de Dieu, bien que cela ne soit pas encore évident, puisque nous sommes encore des enfants soumis à des intendants et à des éducateurs, et qui semblent pour le moment ne différer en rien des esclaves.
Pourtant, si petits que nous soyons, et si longue – que soit la route qui nous reste à parcourir – qu'aurions-nous à craindre sous une si bonne garde ? On ne peut ni les vaincre ni les égarer, et moins encore redouter qu'ils ne nous égarent, eux qui nous gardent sur tous nos chemins. Ils sont fidèles, ils sont sages, ils sont puissants : qu'aurions-nous à craindre : Suivons-les seulement, attachons-nous à eux, et demeurons sous la sauvegarde du Dieu du ciel.
R/ Dieu donne mission à ses anges
De te garder sur tous tes chemins.
Le malheur ne pourra te toucher,
Ni le danger, approcher de ta demeure.
Ils te porteront sur leurs mains
Pour que ton pied ne heurte les pierres.