CHAPITRE I : IMPORTANCE ET DIGNITÉ DE LA CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE
16. La célébration de la messe, comme action du Christ et du peuple de Dieu organisé hiérarchiquement, est le centre de toute la vie chrétienne pour l’Église, aussi bien universelle que locale, et pour chacun des fidèles
[22]. C’est en elle en effet que se trouve le sommet de l’action par laquelle Dieu, dans le Christ, sanctifie le monde, et du culte que l’humanité offre au Père, en l’adorant dans l’Esprit Saint par le Christ Fils de Dieu
[23]. En outre, c’est dans cette célébration que les mystères de la Rédemption, au cours du cycle annuel, sont commémorés de telle sorte qu’ils sont rendus présents d’une certaine façon
[24]. Quant aux autres actions sacrées et à toutes les œuvres de la vie chrétienne, elles s’y relient, elles y trouvent leur source et leur fin
[25].
17. Il est donc de la plus grande importance que la célébration de la messe, c’est-à-dire de la Cène du Seigneur, soit réglée de telle façon que les ministres et les fidèles, y participant selon leur condition, en recueillent pleinement les fruits
[26] que le Christ Seigneur a voulu nous faire obtenir en instituant le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang, et en le confiant, comme le mémorial de sa passion et de sa résurrection, à l’Église, son épouse bien-aimée
[27].
18. Ce résultat sera obtenu si, en tenant compte de la nature de chaque assemblée et des diverses circonstances qui la caractérisent, la célébration tout entière est organisée pour favoriser chez les fidèles cette participation consciente, active et plénière du corps et de l’esprit, animée par la ferveur de la foi, de l’espérance et de la charité. Une telle participation est souhaitée par l’Église et demandée par la nature même de la célébration ; elle est un droit et un devoir pour le peuple chrétien en vertu de son baptême
[28].
19. La présence et la participation active des fidèles, qui manifestent plus clairement la nature ecclésiale de la célébration
[29], ne sont pas toujours réalisables. Cependant la célébration eucharistique possède toujours son efficacité et sa dignité, car elle est l’acte du Christ et de l’Église, dans lequel le prêtre accomplit sa principale fonction et agit toujours pour le salut du peuple.
Il lui est donc recommandé de célébrer même chaque jour le sacrifice eucharistique, s’il le peut
[30].
20. Mais, comme la célébration de l’Eucharistie, de même que toute la liturgie, se fait par des signes sensibles par lesquels la foi se nourrit, se fortifie et s’exprime
[31], il faut apporter un très grand soin à choisir et à organiser les formes et les éléments proposés par l’Église. Car ceux-ci, compte tenu des circonstances de personnes et de lieux, peuvent développer plus intensément la participation active et plénière, et répondre plus exactement aux besoins spirituels des fidèles.
21. C’est pourquoi cette
Présentation vise à donner les lignes générales selon lesquelles la célébration de l’Eucharistie sera bien organisée, et à expliquer les règles selon lesquelles seront établies les différentes formes de célébration
[32].
22. La célébration de l’Eucharistie dans les Églises particulières est également de la plus haute importance.
En effet, l’évêque diocésain, premier dispensateur des mystères de Dieu, est, dans l'Église particulière qui lui est confiée, celui qui règle et promeut toute la vie liturgique, et en est le gardien
[33]. Dans les célébrations, surtout les célébrations eucharistiques, qui se déroulent sous sa présidence avec la participation des prêtres, des diacres et du peuple, le mystère de l’Église se manifeste. C’est pourquoi de telles messes solennelles doivent être un exemple pour tout le diocèse.
Aussi l’évêque doit-il s’appliquer à ce que les prêtres, les diacres et les fidèles laïcs comprennent toujours plus profondément le sens authentique des rites et des textes liturgiques et soient ainsi conduits à une célébration active et fructueuse de l’eucharistie. Dans le même esprit, il doit veiller à une dignité toujours plus grande des célébrations elles-mêmes, ce à quoi contribue tout particulièrement la beauté de l’espace sacré, de la musique et des œuvres d’art.
23. En outre, pour que la célébration corresponde plus pleinement aux prescriptions et à l’esprit de la liturgie, et que son efficacité pastorale soit plus grande, on trouvera exposées dans cette
Présentation et dans l’Ordinaire de la messe quelques aménagements et adaptations.
24. Ces adaptations, pour la plupart, consistent dans le choix de certains rites ou de certains textes, comme les chants, les lectures, les prières, les monitions et les gestes, qui répondent mieux aux besoins, à la formation et à la mentalité des participants, et qui sont confiés au prêtre célébrant. Celui-ci se souviendra cependant qu’il est le serviteur de la liturgie et qu’il ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la célébration de la messe
[34].
25. Le Missel signale en outre, chaque fois en son lieu, certaines adaptations qui, selon la Constitution sur la liturgie, sont de la compétence soit de l’évêque diocésain soit de la Conférence des évêques
[35] (cf. ci-dessous, nn. 387, 388-393).
26. Pour ce qui est des adaptations et des changements plus importants qu’il serait utile ou nécessaire d’introduire pour faire droit aux traditions et à la mentalité des peuples et des régions, selon l’esprit de l’art. 40 de la Constitution sur la Liturgie, on observera ce qui est exposé dans l’instruction sur la liturgie romaine et l’inculturation
[36] et ci-dessous (nn. 395-399).
CHAPITRE II : LA STRUCTURE DE LA MESSE, SES ÉLÉMENTS ET SES PARTIES
I - STRUCTURE GÉNÉRALE DE LA MESSE
27. À la messe ou Cène du Seigneur, le peuple de Dieu est convoqué et rassemblé, sous la présidence du prêtre, qui agit en la personne du Christ, pour célébrer le mémorial du Seigneur, ou sacrifice eucharistique
[37]. C’est pourquoi ce rassemblement local de la sainte Église réalise de façon éminente la promesse du Christ : "Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux" (Mt 18, 20). En effet, dans la célébration de la messe où est perpétué le sacrifice de la croix
[38], le Christ est réellement présent dans l’assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa Parole et aussi, mais de façon substantielle et permanente, sous les espèces eucharistiques
[39].
28. La messe comporte comme deux parties : la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique ; mais elles sont si étroitement liées qu’elles forment un seul acte de culte
[40]. En effet, la messe dresse la table aussi bien de la parole de Dieu que du Corps du Christ, où les fidèles sont instruits et restaurés
[41]. En outre, certains rites ouvrent la célébration et la concluent.
II - LES DIVERS ÉLÉMENTS DE LA MESSE
La lecture et l’explication de la parole de Dieu
29. Lorsqu’on lit dans l’Église la sainte Écriture, c’est Dieu lui-même qui parle à son peuple, et c’est le Christ, présent dans sa parole, qui annonce l’Évangile.
C’est pourquoi les lectures de la parole de Dieu, qui constituent un élément de très grande importance dans la liturgie, doivent être écoutées par tous avec le plus grand respect. Cependant, bien que la parole divine, dans les lectures de la sainte Écriture, s’adresse à tous les hommes de n’importe quelle époque et leur soit intelligible, sa pleine intelligence et son efficacité sont favorisées par un exposé vivant, c’est-à-dire par l’homélie, qui fait partie de l’action liturgique
[42].
Les oraisons et les autres parties qui reviennent au prêtre
30. De tout ce qui revient au prêtre, la Prière eucharistique occupe la première place, car elle est le sommet de toute la célébration. Viennent ensuite les oraisons, c’est-à-dire la prière d’ouverture (collecte), la prière sur les offrandes et la prière après la communion. Ces prières, dites par le prêtre qui préside l’assemblée en tenant la place du Christ en personne, s’adressent à Dieu au nom de tout le peuple saint et de tous ceux qui sont présents
[43]. C’est donc à juste titre qu’on les nomme "oraisons présidentielles".
31. C’est encore au prêtre, dans sa fonction de président de l’assemblée, qu’il revient de prononcer certaines monitions prévues dans le rite lui-même. Là où les rubriques l’indiquent, il lui est permis de les adapter quelque peu pour qu’elles correspondent mieux à la compréhension des participants. Le prêtre aura soin cependant de toujours conserver le sens de la monition proposée dans le Missel, et de l’exprimer en peu de mots. Il revient également au prêtre qui préside de diriger la liturgie de la parole de Dieu, et de donner la bénédiction finale. Il lui est permis en outre, d’introduire les fidèles à la messe du jour par des paroles très brèves, après la salutation initiale et avant l’acte pénitentiel ; à la liturgie de la Parole, avant les lectures ; à la Prière eucharistique, avant la préface, mais jamais au cours de la prière elle-même ; et enfin de conclure toute la célébration, avant l’envoi des fidèles.
32. La nature des parties "présidentielles" exige qu’elles soient prononcées clairement et à haute voix, et qu’elles soient écoutées attentivement par tous
[44]. Par conséquent, pendant que le prêtre les prononce, il n’y aura pas d’autres prières ni d’autres chants, l’orgue et les autres instruments resteront silencieux.
33. Le prêtre prie comme président, au nom de l’Église et de la communauté rassemblée ; il prie aussi parfois en son nom propre pour accomplir son ministère avec plus d’attention et de piété. Ces prières-là, proposées avant la lecture de l’Évangile, à la préparation des dons, avant et après la communion du prêtre, sont prononcées à voix basse.
Les autres formules dans la célébration
34. Puisque, par sa nature, la célébration de la messe a un caractère « communautaire »
[45], les dialogues entre le prêtre et les fidèles rassemblés, ainsi que les acclamations, possèdent une grande signification
[46] : en effet, ce ne sont pas seulement des signes extérieurs de la célébration commune, mais des éléments qui favorisent et réalisent la communion entre le prêtre et le peuple.
35. Les acclamations des fidèles et leurs réponses aux salutations et aux prières du prêtre constituent un degré de participation active qui doit être réalisé par les fidèles rassemblés quelle que soit la forme de la messe, pour exprimer clairement et pour favoriser l’action de toute la communauté
[47].
36. Il y a d’autres parties qui sont très utiles pour manifester et favoriser la participation active des fidèles, et qui reviennent à toute l’assemblée, notamment l’acte pénitentiel, la profession de foi, la prière universelle et l’oraison dominicale.
37. Enfin, parmi les autres formules :
a) certaines constituent un rite ou un acte ayant valeur en lui-même, comme l’hymne Gloria, le psaume responsorial, l´Alléluia et le verset avant l’Évangile, le Sanctus, l’acclamation d’anamnèse, le chant après la communion ;
b) certaines autres, comme les chants pour l’entrée, l’offertoire, la fraction (Agnus Dei / Agneau de Dieu) et la communion, accompagnent un rite.
Les façons de prononcer les différents textes
38. Dans les textes qui doivent être prononcés clairement et à voix haute par le prêtre, le diacre, le lecteur, ou par tous, le ton de voix doit répondre au genre du texte lui-même, selon qu’il s’agit d’une lecture, d’une prière, d’une monition, d’une acclamation ou d’un chant ; il doit répondre aussi à la forme de la célébration et à la solennité du rassemblement. En outre, on tiendra compte du caractère des diverses langues et de la mentalité des peuples.
Dans les rubriques et les normes qui suivent, les mots "dire" ou "prononcer" doivent donc s’entendre soit du chant, soit de la récitation, en observant les principes exposés ci-dessus.
L’importance du chant
39. L’Apôtre invite les fidèles qui se rassemblent dans l’attente de l’avènement de leur Seigneur, à chanter ensemble des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés (cf. Col 3, 16). Le chant est en effet le signe de l’allégresse du cœur (cf. Ac 2, 46). Aussi saint Augustin dit-il justement : "Chanter est le fait de celui qui aime"
[48], et selon un proverbe ancien : "Bien chanter, c’est prier deux fois".
40. On fera donc grand usage du chant dans les célébrations, en tenant compte de la mentalité des peuples et des aptitudes de chaque assemblée. S’il n’est pas toujours nécessaire, par exemple aux messes de semaine, de chanter tous les textes qui, par eux-mêmes, sont destinés à être chantés, on mettra tout le soin possible pour que le chant des ministres et du peuple ne soit pas absent des célébrations, les dimanches et fêtes de précepte.
Cependant, en choisissant les parties qui seront effectivement chantées, on donnera toutefois la priorité à celles qui ont plus d’importance, et surtout à celles qui doivent être chantées par le prêtre, le diacre ou le lecteur, avec réponse du peuple, ou qui doivent être prononcées simultanément par le prêtre et le peuple
[49]
41. Le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, doit, toutes choses égales d’ailleurs, occuper la première place. Les autres genres de musique sacrée, et surtout la polyphonie, ne sont nullement exclus, pourvu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action liturgique et qu’ils favorisent la participation de tous les fidèles.
[50]
Et comme les rassemblements entre fidèles de diverses nations deviennent de plus en plus fréquents, il est nécessaire que ces fidèles sachent chanter ensemble, en latin, sur des mélodies assez faciles, au moins quelques parties de l’Ordinaire de la messe, notamment la profession de foi et l’oraison dominicale.
[51]
Les gestes et les attitudes du corps
42. Les gestes et les attitudes du corps, tant ceux du prêtre, du diacre ou des ministres, que ceux du peuple doivent viser à ce que toute la célébration manifeste une belle et noble simplicité, que soit perçue toute la vraie signification de ses diverses parties et que soit favorisée la participation de tous
[52]. On devra donc être attentif aux normes de cette
Présentation générale et à la pratique reçue du rite romain ainsi qu’au bien commun spirituel du peuple de Dieu, plutôt qu’à ses goûts personnels et à son propre jugement.
Les attitudes communes à observer par tous les participants sont un signe de l’unité des membres de la communauté chrétienne rassemblée dans la sainte Liturgie ; en effet, elles expriment et développent l’esprit et la sensibilité des participants.
43. Les fidèles se tiendront debout depuis le début du chant d’entrée, ou quand le prêtre se rend à l’autel, jusqu’à la prière d’ouverture (collecte) inclusivement ; au chant de l´
Alléluia avant l’Évangile ; pendant la proclamation de l’Évangile ; pendant la profession de foi et la prière universelle ; et depuis l’invitation
Orate fratres (Prions ensemble) avant la prière sur les offrandes jusqu’à la fin de la messe, excepté ce que l’on va dire.
Ils seront assis pendant les lectures qui précèdent l’Évangile et le psaume responsorial ; à l’homélie et pendant la préparation des dons pour l’offertoire ; et, si on le juge bon, pendant qu’on observe un temps de silence sacré après la communion.
Ils s’agenouilleront pour la consécration, à moins que leur état de santé, l’exiguïté des lieux ou le grand nombre des participants ou d’autres justes raisons ne s’y opposent. Ceux qui ne s’agenouillent pas pour la consécration feront une inclination profonde pendant que le prêtre fait la génuflexion après la consécration.
Il appartient toutefois à la Conférence des évêques d’adapter les gestes et les attitudes décrits dans l’
Ordinaire de la messe à la mentalité et aux justes traditions des peuples, selon la norme du droit
[53]. On veillera cependant à ce qu’ils correspondent au sens et au caractère des différentes parties de la célébration. Là où il est de coutume que le peuple demeure à genoux depuis la fin du
Sanctus jusqu’à la fin de la Prière eucharistique, et avant la communion quand le prêtre dit
Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), il sera bon de conserver cette coutume.
Pour obtenir des attitudes et des gestes communs au cours d’une même célébration, les fidèles suivront les monitions du diacre, ou d’un autre ministre laïc, ou du prêtre, selon les indications du Missel.
44. Parmi les gestes, on compte aussi les actions et les processions quand le prêtre, avec le diacre et les ministres, se rend à l’autel ; quand le diacre porte à l’ambon l’Évangéliaire ou le Livre des évangiles avant la proclamation de l’Évangile ; quand les fidèles apportent les dons et s’approchent pour la communion. Il convient que ces actions et processions se déroulent avec beauté, tandis qu’on exécute les chants appropriés, selon les normes fixées pour chacune.
Le silence
45. Le silence sacré fait partie de la célébration : il doit aussi être observé en son temps
[54]. Sa nature dépend du moment où il trouve place dans chaque célébration. En effet, pendant l’acte pénitentiel et après l’invitation à prier, chacun se recueille ; après une lecture ou l’homélie, on médite brièvement ce qu’on a entendu ; après la communion, le silence permet la louange et la prière intérieure.
Dès avant la célébration elle-même, il est bon de garder le silence dans l’église, à la sacristie et dans les lieux avoisinants, pour que tous se disposent à célébrer les saints mystères religieusement et selon les rites.
III - LES DIFFÉRENTES PARTIES DE LA MESSE
A) Rites initiaux
46. Les rites qui précèdent la liturgie de la Parole, c’est-à-dire le chant d’entrée (introït), la salutation, l’acte pénitentiel, le
Kyrie, le
Gloria et la prière d’ouverture (collecte), ont le caractère d’une ouverture, d’une introduction et d’une préparation.
Leur but est que les fidèles qui se réunissent réalisent une communion et se disposent à bien entendre la parole de Dieu et à célébrer dignement l’Eucharistie.
Dans certaines célébrations qui sont jointes à la messe, selon la norme des livres liturgiques, on omet les rites d’ouverture ou on les accomplit d’une manière particulière.
Le chant d’entrée (l’introït)
47. Lorsque le peuple est rassemblé, tandis que le prêtre entre avec le diacre et les ministres, on commence le chant d’entrée (introït). Le but de ce chant est d’ouvrir la célébration, de favoriser l’union des fidèles rassemblés, d’introduire leur esprit dans le mystère du temps liturgique ou de la fête, et d’accompagner la procession du prêtre et des ministres.
48. Il est exécuté alternativement par la chorale et le peuple ou, de la même manière, par le chantre et le peuple, ou bien entièrement par le peuple ou par la chorale seule. On peut utiliser ou bien l’antienne avec son psaume qui se trouvent soit dans le
Graduale romanum soit dans le
Graduale simplex ; ou bien un autre chant accordé à l’action sacrée, au caractère du jour ou du temps, et dont le texte soit approuvé par la Conférence des évêques
[55].
S’il n’y a pas de chant pour l’entrée, on fait réciter l’antienne que propose le Missel, soit par les fidèles, soit par certains d’entre eux, soit par un lecteur ou, autrement, par le prêtre lui-même, qui peut aussi l’adapter sous forme de monition d’ouverture.
La salutation à l’autel et au peuple rassemblé
49. Lorsqu’ils sont arrivés au “sanctuaire”*, le prêtre, le diacre et les ministres saluent l’autel par une inclination profonde.
Pour exprimer leur vénération, le prêtre et le diacre baisent ensuite l’autel ; et le prêtre, si cela est opportun, encense la croix et l’autel. .
50. Lorsque le chant d’entrée est fini, le prêtre, debout à son siège, fait le signe de la croix avec toute l’assemblée. Ensuite, en saluant la communauté rassemblée, il lui signifie la présence du Seigneur. Cette salutation et la réponse du peuple manifestent le mystère de l’Église rassemblée.
Après la salutation au peuple, le prêtre, ou le diacre, ou un ministre laïc, peut, par quelques mots très brefs, introduire les fidèles à la messe du jour.
L’acte pénitentiel
51. Ensuite, le prêtre invite à l’acte pénitentiel qui, après un bref instant de silence, est réalisé par toute la communauté en utilisant une formule de confession générale ; le prêtre la conclut par une absolution, qui n’a pas toutefois l’efficacité du sacrement de pénitence.
Le dimanche, au Temps pascal surtout, en lieu et place de l’acte pénitentiel, on peut faire la bénédiction de l’eau et l’aspersion en mémoire du baptême
[56].
Le Kyrie eleison
52. Après l’acte pénitentiel, on commence toujours le
Kyrie eleison, à moins que cette invocation n’ait déjà trouvé place dans l’acte pénitentiel lui-même. Puisque c’est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur et implorent sa miséricorde, il est habituellement exécuté par tous, le peuple, la chorale ou un chantre y tenant leur partie.
Chaque acclamation est ordinairement dite deux fois, mais cela n’exclut pas, en raison du génie des différentes langues, des exigences de l’art musical, ou en raison des circonstances, qu’on puisse la répéter davantage. Quand le Kyrie est chanté comme faisant partie de l’acte pénitentiel, on fait précéder d’un " trope "* chaque acclamation.
Le Gloria in excelsis
53. Le
Gloria est une hymne très ancienne et vénérable par laquelle l’Église, rassemblée dans l’Esprit Saint, glorifie Dieu le Père ainsi que l’Agneau qu’elle supplie. On ne peut jamais remplacer le texte de cette hymne par un autre. Le
Gloria est entonné par le prêtre ou, si cela est opportun, par un chantre ou par la chorale ; il est chanté soit par tous ensemble, soit par le peuple alternant avec la chorale, soit par la chorale elle-même. Si on ne le chante pas, il doit être récité par tous, ensemble ou par deux chœurs qui alternent.
On chante ou on dit le Gloria le dimanche en dehors de l’Avent et du Carême, aux solennités et aux fêtes, ou encore dans des célébrations particulières plus solennelles.
La prière d’ouverture (collecte)
54. Puis, le prêtre invite le peuple à prier ; et tous, avec le prêtre, font un instant de silence, pour prendre conscience qu’ils se tiennent en présence de Dieu, et pour mentionner intérieurement leurs intentions de prière. Ensuite le prêtre prononce la prière d’ouverture, appelée habituellement « collecte », qui exprime le caractère de la célébration. Selon l’antique tradition de l’Église, cette prière s’adresse habituellement à Dieu le Père, par le Christ, dans l’Esprit Saint
[57], et se termine par une conclusion trinitaire, c’est-à-dire par la conclusion longue, de la manière suivante :
- si elle s’adresse au Père : "Per Dominum nostrum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitate Spritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum" (Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles) ;
- si elle s’adresse au Père, mais avec mention du Fils à la fin : "Qui tecum vivit et regnat in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum" (Lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles) ;
- si elle s’adresse au Fils : "Qui vivis et regnas cum Deo Patre in unitate Spuiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum" (Toi qui règnes avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles).
Le peuple s’unit à la supplication et la fait sienne par l’acclamation Amen.
À la messe on ne dit toujours qu’une seule prière d’ouverture (collecte).