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3. Conclusion définitive de l'Évangile selon S. Jean.    21, 24-25.

24C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites ; et nous savons que son témoignage est véridique. 25Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; si on les écrivait une à une, je ne pense pas que le monde entier pût contenir les livres que l'on devrait écrire.

En cet endroit, nous voyons surgir de nouveau la question d'auteur et d'authenticité. Qui a écrit ces deux versets qui mettent le sceau au quatrième évangile ? Non qu'il y ait contre eux quelque témoignage extrinsèque digne d'attention (seul le manuscrit א omet le v. 25) ; mais, de prime abord, on serait porté à croire que le v. 24 contient l'attestation de plusieurs personnes en faveur de S. Jean, et que le v. 25 provient encore d'une autre main à cause du changement de nombre (“ je ne pense pas ”, après “ nous savons ”). Néanmoins, tout bien considéré, il est possible et même vraisemblable que ces lignes encore ont S. Jean pour auteur : lui-même il aurait joint à son propre témoignage celui de l'église d’Éphèse (“ nous savons ”). En toute hypothèse, ces deux versets sont inspirés et ont Dieu pour auteur, attendu qu'ils font partie du canon des saintes Écritures.

Jean chap. 21 verset 24. - C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites ; et nous savons que son témoignage est véridique. - C'est ce disciple. Formule très emphatique. Le disciple dont il a été question aux vv. 20-23, S. Jean par conséquent. - Qui rend témoignage : une des expressions favorites de notre évangéliste. - Et qui les a écrites : le témoignage demeure comme un fait constant ; mais déjà la composition de l'évangile appartenait au domaine du passé. “ Ces choses ” retombe en effet sur la narration entière de S. Jean, et point seulement sur le chapitre 21. - Et nous savons. S. Jean Chrysostome scinde à tort le verbe et traduit par “ or je sais ”, pour enlever la difficulté signalée plus haut. - Son témoignage est véridique...  Cf. 19, 35 et le commentaire.

Jean chap. 21 verset 25. - Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; si on les écrivait une à une, je ne pense pas que le monde entier pût contenir les livres que l'on devrait écrire. - Il y a encore beaucoup d'autres choses. Sorte d'excuse, analogue à celle de 20, 30. L'évangéliste voudrait avoir été plus complet. - Que Jésus a faites : le texte grec désigne tout à la fois l'éclat et la multitude des actions de Jésus omises par l'écrivain sacré. Cf. Apoc. 1, 2. - Si on les écrivait une à une... Il suit de là que les matériaux qui présentaient des garanties absolues de vérité abondaient encore ; le quatrième évangile a donc été en entier composé d'assez bonne heure, ainsi que tant d'autres arguments nous l'ont prouvé. Voyez la Préface, § 4, 1. - Je ne pense pas que le monde entier... L'emploi du singulier est peu dans le style de S. Jean, de même l'hyperbole qui suit ; car nous avons trouvé notre narrateur toujours si simple. Néanmoins, on ne saurait démontrer d'une manière certaine qu'il n'a pas pu tenir ce langage. - Pût contenir les livres que l'on devrait écrire. Hyperbole, disions-nous ; et pourtant quelle exacte vérité ! Depuis dix-huit siècles, la science et la piété ont accumulé volume sur volume à propos de ce thème adorable : combien de commentaires anciens et modernes sur les saints Évangiles ! combien de vies de N.-S. Jésus-Christ ! Et pourtant le sujet semble toujours neuf, tant la matière est riche et abondante. C'est la consolation des pauvres exégètes, en même temps que leur désespoir. Il faut s'en souvenir, les évangiles, même réunis, ne nous offrent que des fragments, qui roulent à peine sur la dixième partie de l'histoire personnelle de Jésus. - L’Amen de la Recepta est omis par les meilleurs témoins. C'est la prière d'un pieux copiste : que ce soit la nôtre aussi, pour que le désir de S. Jean soit accompli : “ afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, le croyant, vous ayez la vie en son nom ”, 20, 31.