Jean chap. 6 verset 41. - Les Juifs murmuraient donc à son sujet, parce qu'il avait dit : Je suis le pain vivant, qui suis descendu du ciel. - Les Juifs murmuraient donc (en conséquence des paroles prononcées par Jésus). En cet instant, de vifs murmures interrompirent le divin orateur : les Juifs étaient coutumiers du fait, car ils avaient si souvent murmuré contre Jéhova. Cf. Num. 11, 1 ; 14, 1 ; 1 Cor. 10, 10, etc. Le verbe grec signifie d’abord parler à mi-voix, chuchoter (Cf. 7, 12, 32), puis murmurer en signe de mécontentement ; il a fréquemment ce second sens dans la traduction des Septante. Suivant quelques interprètes, le mot “ Juifs ” représenterait ici une classe d’auditeurs distincte de la “ foule ” des versets 22 et 24 ; par exemple, des docteurs de la loi, des sanhédristes ; bien plus, d’autres vont jusqu’à placer en cet endroit le début d’une nouvelle scène. Mais rien n’indique de pareils changements. Il s’agit toujours de même auditoire ; seulement, l’écrivain sacré lui donne actuellement le nom de “ Juifs ” à cause de l’hostilité qu’il manifestait contre Jésus. Cf. 1, 19 et le commentaire. - A son sujet : à son sujet, et non pas “ contre lui ” ; d’après le contexte (verset 43), c’est les uns contre les autres qu’ils murmuraient, deux partis s’étant formés dans la foule à propos des paroles du Sauveur. - Je suis le pain vivant… (cet adjectif n’a aucun équivalent dans le texte grec). Le Sauveur n’avait pas prononcé littéralement cette phrase, mais elle résumait d’une manière bien exacte ses précédentes affirmations. Cf. versets 33, 35 et 38. - Qui suis descendu du ciel. Ces paroles surtout blessaient et irritaient la foule, car leur conclusion directe et naturelle était la divinité de Jésus. Il est remarquable de voir que cette multitude illettrée comprend parfaitement, d’un bout à l’autre de l’entretien, la pensée du Maître ; elle se scandalise, elle murmure, elle se fâche, mais elle saisit toutes choses. Tout, du reste, était si limpide dans le fond comme dans la forme !
Jean chap. 6 verset 42. - Et ils disaient : N'est-ce pas là Jésus, fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment donc dit-il : Je suis descendu du ciel ? - Et ils disaient : A l’origine céleste que s’attribuait Notre Seigneur, ils opposent malignement ce qu’ils connaissent de sa généalogie humaine et de sa parenté si humble, si pauvre. Comment cet homme (cet, avec dédain, deux fois de suite dans ce verset), dont le père et la mère n’ont rien que de commun (car les privilèges et les vertus de Marie et de Joseph étaient ignorés de cette masse vulgaire), peut-il communiquer une vie impérissable et certifier qu’il vient du ciel ? Sa naissance, à elle seule, contredit ses audacieuses prétentions. Cf. 1, 46, où le bon Nathanaël faisait un raisonnement analogue. Voyez aussi Matth. 13, 35 ; Marc. 6, 3 ; Luc. 4, 22. - Fils de Joseph. C’est l’opinion générale que S. Joseph était mort à cette époque de la vie du Sauveur. - Dont nous connaissons… Le pronom est emphatique, et met en saillie la connaissance personnelle que ces Galiléens avaient des parents de Notre Seigneur
Jean chap. 6 verset 43. - Mais Jésus leur répondit : Ne murmurez pas entre vous. - Jésus leur répondit… Jésus va répondre à la foule mécontente (versets 43-46). Il n’entrera toutefois dans aucune explication sur son origine terrestre, sur l’erreur grossière dont il était l’objet ; mais, selon sa coutume, il réitère ses assertions en termes plus énergiques encore. Voyez les entretiens avec Nicodème (3) et avec la Samaritaine (4). La pensée fait néanmoins un pas en avant, car les Juifs apprendront comment ils pourraient venir à Jésus et ce qui les empêche de s’unir à lui. - Ne murmurez pas entre vous. (en grec, les uns avec les autres). C’est tout ce que Notre Seigneur dira de l’objection : il se borne à reprocher doucement à l’auditoire son opposition injuste.