b. Le fait et les fruits de l’Incarnation. 1, 14-18
14Et le Verbe a été fait chair, et il a habité parmi nous ; et nous avons vu sa gloire, gloire comme du Fils unique venu du Père, plein de grâce et de vérité. 15Jean rend témoignage de lui, et crie, en disant : C'est celui dont j'ai dit : Celui qui doit venir après moi a été placé au-dessus de moi, parce qu'il était avant moi. 16Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce. 17Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité ont été apportées par Jésus-Christ.
Plus que jamais le langage du narrateur s’émeut et vibre, pour exprimer les choses les plus divines. C’est ici du vrai lyrisme, après le calme épique des premiers versets. Dans la première partie du prologue, l’incrédulité seule avait été mentionnée (verset 5) ; dans la section suivante, nous avons vu les croyants mélangés aux incrédules (versets 10-11, 12-13) ; actuellement, on ne présente que le côté joyeux, lumineux, de l’activité du verbe fait chair : tout est à la foi !
Jean chap. 1 verset 14. - Et le Verbe a été fait chair, et il a habité parmi nous ; et nous avons vu sa gloire, gloire comme du Fils unique venu du Père, plein de grâce et de vérité. - Voici le faîte de l’histoire du monde et des divines bontés. - Et le Verbe s’est fait chair. Le Verbe fait chair ! “ Saint Jean ne recule pas devant le réalisme de cette expression ”. Baunard, L'apôtre s. Jean, p. 392. Il aurait pu dire “ il s’est fait homme ”, comme nous faisons dans le Symbole ; mais il a choisi à dessein le mot le plus énergique et le plus humble, afin de mieux marquer les profonds anéantissements de N.-S. Jésus-Christ. Cf. Phil. 2, 6 et s. Il aurait pu dire aussi : “ Le Fils de Dieu s’est fait chair ” ; mais, pour un motif semblable au précédent, il a voulu employer de nouveau le nom de Logos, qui nous rappelle les inexprimables grandeurs marquées aux versets 1- 5. Enfin il aurait pu dire : “ Le Verbe s’est uni à la chair ” ; mais ici encore il a pris l’expression de l’humilité. “ Dans tout le reste, (le Verbe) était, et voici qu’il commence à être fait ” (Bossuet), à devenir, comme ses propres créatures. Cf. versets 3, 6 12. C’est une phrase unique au monde, et digne du mystère qu’elle représente. 1 Joan. 4, 2, et 2 Joan. 7, nous trouvons la locution analogue “ venir dans la chair ”, également appliquée au Fils de Dieu ; mais elle est loin d’avoir la même vigueur. Du reste, par ce langage expressif, l’apôtre donnait le coup de mort au docétisme, qui niait en Jésus-Christ la réalité de l’Incarnation. Quant aux détails de ces deux sublimes mystères, saint Luc les a plus longuement exposés dans un récit tout virginal, I, 28-38. - Et il a habité parmi nous Le verbe grec (littéralement : il a habité sous la tente) est plus pittoresque. Il rappelle, d’une part, le tabernacle mobile, sous lequel le Seigneur avait daigné habiter au milieu des Juifs durant de longues années, et d’autre part, le caractère transitoire du séjour que le Logos devait faire dans le monde sous la forme humaine. Cf. 16, 28. Saint Jean est seul à l’employer. Cf. Apoc. 7, 15 ; 12, 12 ; 13, 6, 21, 3. - Et nous avons vu ; en grec : nous avons contemplé, vu à notre aise. Dans sa première épître, qui sert, ainsi qu’on l’admet généralement, d’introduction à son évangile, saint Jean développe lui-même admirablement cette pensée : “ Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons. Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. ” (1 Joan, 1, 1-3). Il y a là un véritable accent de triomphe. L’apôtre se souvient avec émotion du bonheur qu’il a eu de contempler personnellement, avec les autres apôtres et disciples, les merveilles du Verbe fait chair. - Sa gloire. Quoique le Logos, en devenant comme l’un de nous, se fût dépouillé de ses attributs divins, néanmoins des faits nombreux, durant sa vie mortelle, attestèrent son origine et sa nature célestes. Les miracles qu’il multipliait sous ses pas, et spécialement celui de la Transfiguration (Cf. Luc. 9, 32 ; 1 Petr. 1, 17), furent de brillants rayons de sa gloire. - Gloire, répétition solennelle en vue de compléter la pensée. - Comme du Fils unique venu du Père. Saint Jean ne fait usage de l’expression “ unique ” que pour désigner N.-S. Jésus-Christ. Ici elle différencie le Verbe incarné des nombreux enfants de Dieu signalés plus haut, verset 12. Lui, il possède la filiation divine dans un sens propre et unique. “ Comme ” dénote çà et là dans les saints Livres, et spécialement dans ce passage, une ressemblance exacte et réelle, une complète identité. Ce n’est pas une comparaison, c’est une assertion. Cf. Matth. 7, 25 ; Luc. 22, 44 etc. La gloire qui se manifestait dans la personne, et les œuvres et les paroles du Verbe incarné était de telle nature, qu’elle ne pouvait appartenir qu’au Fils de Dieu. La traduction littérale serait donc : Comme d’un fils unique (venant) d’auprès d’un père. Mais le contexte indique nettement quel est ce fils, quel est ce père. - Deux idées nous ont été déjà présentées dans ce riche verset : le fait de l’Incarnation, et le témoignage du narrateur en l’honneur de “ l’Homme-Dieu ”. Un troisième trait révèle brièvement le caractère de l’Homme-Dieu : plein de grâce et de vérité. La construction, un peu singulière, rend encore la pensée plus saillante. Saint Jean s’était un instant interrompu pour chanter en l’honneur du Verbe un court mais sublime cantique ; il achève maintenant sa phrase, en rattachant “ plein ” à “ Verbe ”. Deux attributs essentiels, la grâce et la vérité, ont révélé en Jésus-Christ le Fils unique du Père. Rien ne pouvait être plus clair pour un Juif ; car l’Ancien testament associe très souvent ces deux attributs et les signale comme un apanage exclusif du vrai Dieu. Cf. Gen. 24, 27, 49 ; 32, 10 ; Ex. 34, 6 ; Ps. 86, 15 ; 89, 1-2, etc. Plein de grâce en tant qu’il est la vie, le Verbe est plein de vérité en tant qu’il est la lumière par excellence.
Jean chap. 1 verset 15. - Jean rend témoignage de lui, et crie, en disant : C'est celui dont j'ai dit : Celui qui doit venir après moi a été placé au-dessus de moi, parce qu'il était avant moi. - . En faveur de cette gloire toute divine dont il avait été l’un des premiers témoins, l’évangéliste cite dès maintenant avec beaucoup de solennité un témoignage explicite du Précurseur. - Rend témoignage. Choisi pour rendre témoignage au Christ (versets 7 et 8), Jean-Baptiste remplit fidèlement son rôle. L’emploi du temps présent est remarquable ; car, au moment où le disciple bien-aimé écrivait cette ligne, il y avait plus d’un demi siècle que la bouche du Précurseur était muette ; mais le témoignage subsistait encore avec toute sa force. - Et crie. Dans le grec, au parfait, parce que la voix, au point de vue physique et matériel, avait cessé de retentir. L’expression est très énergique : elle indique une parole vive, émue, sonore. “ C’était la voix claire et retentissante du héraut qui proclamait hautement son message, de sorte que tous pussent l’entendre ”. Westcott. Cf. 7, 28, 37 ; 12, 44. - C’est celui. Début pittoresque. En disant ces mots Jean-Baptiste montrait du doigt N.-S. Jésus-Christ. Cf. versets 29, 30, 36. L’imparfait exprime une nuance délicate au point de vue du temps. Comme le Précurseur avait répété en différentes circonstances l’assertion solennelle “ Celui qui doit venir après moi ” (Cf. v. 27 ; Matth. 3, 11 ; Marc. 1, 7 ; Luc. 3, 16), on suppose ici qu’il se reporte par la pensée au moment où il la proférait pour la première fois avant l’apparition de Jésus sur les bords du Jourdain. - Dont j’ai dit. Voilà celui que j’avais en vue lorsque je vous disais… - Celui qui doit… Parole sentencieuse et solennelle, qui détermine avec la plus grande netteté les relations mutuelles du Verbe fait chair et de S. Jean-Baptiste. C’est, dans la forme extérieure, un de ces paradoxes apparents que les Orientaux ont constamment goûtés. On joue en quelque sorte avec les mots “ après et avant, qui doit venir, a été fait, et était ”. La pensée est très riche, très profonde. Elle revient à la phrase suivante en langage occidental : Quoique Jésus, en tant qu’homme, n’ait apparu qu’après moi sur la terre, il me surpasse néanmoins de beaucoup, car il est éternel. - On le voit, nous entendons ici “ après moi ” sous le rapport du temps ; “ a été placé au-dessus de moi ” sous le rapport de la dignité ; “ était avant moi ” également sous le rapport du temps. Jean-Baptiste explique pourquoi il dut céder aussitôt le pas à Jésus, et s’effacer peu à peu totalement devant lui : c’était le Verbe éternel. Plusieurs commentateurs veulent voir dans les mots “ a été placé au-dessus de moi ” (ante me factus est) une priorité d’existence et traduisent “ a été fait avant moi ” ; mais il y aurait alors une tautologie. De plus, comment le Précurseur pourrait-il alors appliquer au Logos avant l’Incarnation l’expression “ a été fait ” ? Tandis que cette préférence en dignité est, “ pour ainsi parler, une chose qui a été faite ”. Bossuet, 16ème élévation de la 12è semaine.
Jean chap. 1 verset 16. - Et nous avons tous reçu de sa plénitude et grâce pour grâce. - Dans les trois derniers versets du prologue (16-18) l’évangéliste confirme la noble assertion de Jean-Baptiste par l’expérience de tous les croyants. C’est à tort qu’on a quelquefois regardé ce passage comme la continuation des paroles du Précurseur : les mots “ Et nous avons tous reçu ” ne sauraient convenir à son temps spécial. - De sa plénitude… Le narrateur, revenant sur les mots “ plein de grâce et vérité ” du verset 14, en confirme la vérité par un ensemble de faits magnifique. Le Verbe incarné, répète-t-il d’abord, possède réellement une plénitude de tous biens. “ Donner, pour lui, veut-il dire, ce n'est point partager, il est lui-même le principe et la source de tous les biens ; il est la vie même, la lumière même, la vérité même ; il ne retient pas en lui-même ses trésors, mais il les répand sur tous les autres ; et après qu'il les a répandus, il demeure plein ; après qu'il a donné, aux autres, il n'à rien de moins ; mais il prodigue ses biens, toujours il les répand, et en les répandant avec profusion sur les autres, il demeure dans la même perfection, dans la même plénitude ”, S. Jean Chrysostôme Hom. 14 in h.l. Cf. Eph. 1, 23 ; Col. 1, 19 ; 2, 9. - Tous : avec emphase. Ce ne sont pas seulement les apôtres et les disciples (verset 14) qui ont puisé à cette source abondante, intarissable, mais tous les fidèles. Et cette consolante parole est aussi vraie qu’à l’époque de S. Jean. Les grâces du Verbe ont débordé sur dix-huit siècles, et ses trésors sont pleins comme au premier jour. - Et grâce pour grâce. Ces mots ont reçu d’assez nombreuses interprétations : qu’il suffise de citer les principales. 1° La grâce de l’évangile substituée à la grâce de l’Ancien Testament (S. Jean Chrysost., S. Cyrille, S. Léonce, Théophylacte, Euthymius, etc.). Cette explication est peu en harmonie avec le verset 17, qui fait de la grâce un apanage de la nouvelle Alliance. 2° La grâce de la gloire dans le ciel, après la grâce de la foi sur cette terre (S. Augustin). Cela semble un peu recherché. 3° Grâce pour grâce ; c’est-à-dire, une série nouvelle de grâces en récompense de celles qu’on aura fidèlement mises à profit. 4° Grâce sur grâce, grâces qui débordent l’une après l’autre des trésors du Verbe. Cette dernière interprétation a nos préférences.
Jean chap. 1 verset 17. - Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité ont été apportées par Jésus-Christ. - A la façon de S. Paul, l’évangéliste établit un rapide et frappant contraste entre l’Ancien Testament et le Nouveau, pour mettre en relief la haute supériorité de ce dernier. - Car la loi a été donnée par Moïse : la loi par excellence. Tous les mots portent, Moïse avait donné une loi ; loi sublime, sans doute, qui avait été pour Israël un précieux avantage ; mais rigoureuse et difficile à accomplir. De plus, il ne l’avait pas donnée de son propre fond, mais comme un simple médiateur. Cf. Gal. 3, 19. - La grâce et la vérité (Cf. verset 14), ces deux biens incomparables, voilà ce que nous tenons directement de N.-S. Jésus-Christ. L’omission de toute particule au début de la seconde proposition rend le contraste plus saillant. - Par Jésus-Christ. S. Jean écrit ici pour la première fois ce beau nom. Maintenant que le Verbe divin, le Fils de Dieu, s’est incarné, on lui donne sa dénomination historique, sous laquelle il demeure plus connu et à jamais adoré. - Ont été apportées. La grâce et la vérité “ devinrent ”, prirent naissance en quelque sorte avec l'Incarnation ; car, auparavant, elles n'existaient que d'une manière imparfaite. Ainsi donc, le Nouveau Testament a de toutes façons la prééminence sur l'Ancien. Il l'emporte par la nature du bienfait accordé : la grâce et la vérité en place d’une législation sévère. Il l’emporte sous le rapport des médiateurs : d’une part un homme, cet homme fût-il Moïse ; de l’autre le Logos fait chair. Il l’emporte par le mode dont fut conféré le bienfait : là Moïse reçoit des mains de Dieu les institutions théocratiques pour les communiquer aux Juifs. Ici, “ Jean dit que le Christ a non seulement donné, mais encore fait la grâce… Le Christ n'a pas reçu la grâce, il l'a faite, car il est lui même fontaine de grâce ”. Maldonat, h.l.
Jean chap. 1 verset 18. - Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, voilà celui qui l'a manifesté. - Ce verset termine noblement un si splendide exorde. L’évangéliste expose le but de l’Incarnation, lequel consistait à révéler, à manifester le Seigneur, demeuré en grande partie inconnu jusqu’alors. Plus haut, verset 14, Jésus-Christ nous avait été présenté comme plein de grâce et de vérité. Le verset 16 a séparé ces deux éléments pour insister davantage sur la grâce. Le verset 17 les a de nouveau réunis. Voici que la vérité est à son tour envisagée à part. - Le substantif “ Dieu ” est mis en avant comme portant l’idée principale. - Nul n'a jamais vu : Grand luxe de négations. Le verbe grec est au parfait, pour mieux accentuer la chose. Non, jamais ; non, personne. Pas même Moïse, auquel l’allusion est si visible. Exode 33, 18 et ss. : Moïse dit : “ Je t’en prie, laisse-moi contempler ta gloire. ” Le Seigneur dit : “ Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur, et je proclamerai devant toi mon nom qui est : LE SEIGNEUR. Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. ” Il dit encore : “ Tu ne pourras pas voir mon visage, car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie. ” Le Seigneur dit enfin : “ Voici une place près de moi, tu te tiendras sur le rocher ; quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je t’abriterai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Puis je retirerai ma main, et tu me verras de dos, mais mon visage, personne ne peut le voir ”. Les autres théophanies de l’Ancien Testament n’ont de même manifesté que très incomplètement l’être divin. Comment donc les hommes parleraient-ils de Dieu d’une manière exacte et adéquate ? - Quelle différence pour N.-S. Jésus-Christ, le Fils unique du Père ! Au verset 14 nous avons déjà trouvé cette épithète fils unique significative. Elle accompagne ici, dans un certain nombre de documents très anciens non pas le substantif (ainsi que portent la plupart des manuscrits, des versions et des pères grecs ou latins), mais “ Deus, Dieu ” (d’après […] le syriaque revisé, S. Irénée, Clément d’Alexandrie, Origène, Didyme, etc.). Cette seconde leçon, qui est plus difficile, et même étrange au premier regard, pourrait bien être la vraie. Elle a été adoptée de nos jours par de nombreux critiques et commentateurs. D’ailleurs, le sens est identique de part et d’autre. - Qui est dans le sein du Père. Charmant tableau, qui dénote l’intimité la plus complète, par conséquent une connaissance absolue de Dieu. L’image est empruntée aux manifestations de la tendresse humaine. Cf. 13, 23 ; Nombres, 11, 12. Notez encore le temps présent, qui marque si bien l’éternité, la permanence, et, dans le texte grec, la nouvelle association du mouvement et du repos. Même après l’Incarnation le verbe demeure au sein du Père, échangeant avec lui ses communications indicibles. - Voilà celui est emphatique comme au verset 8 : Lui et aucun autre. S. Jean aime cet usage du pronom. Cf. v. 33 ; 5, 11, 37, 39, 43 ; 6, 57 ; 9, 37 ; 12, 48 ; 14, 12, 21, 26 ; 15, 26, etc. - L’a manifesté. Le verbe a été admirablement choisi, car il représente une interprétation complète, une parfaite exégèse. L’objet de ces merveilleuses narrations du verbe fait chair n’est pas directement exprimé, mais il ressort clairement du contexte : c’est Dieu, sa nature, ses attributs, ses volontés. La raison seule ne nous fournit que des lambeaux de “ théologie ” ; la révélation de l’Ancien Testament laisse en blanc bien des pages du magnifique traité “ de Deo ”. Heureusement, Jésus-Christ qui sait tout, qui a tout vu au sein du Père, a daigné se faire notre instructeur. - Et maintenant, “ taisez-vous, pensées humaines. Homme, viens te recueillir dans l’intime de ton intime… Répétons : Au commencement était le Verbe ; au commencement, au-dessus de tout commencement était le Fils. Le Fils, c’est, dit S. Basile (Orat. De Fid., Hom. 25) un Fils qui n’est pas né par le commandement de son Père, mais qui par puissance et par plénitude a éclaté de son sein : Dieu de Dieu, lumière de lumière, en qui était la vie, qui nous l’a donnée. Vivons donc de cette vie éternelle, et mourons à tout le créé. Amen. Amen ”. Bossuet, Elévat. sur les Myst. Ah ! qu’il fait bon “ se délecter ” ainsi dans le Verbe !