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b. N. S. Jésus-Christ à Jérusalem à l'occasion de la Dédicace. 10, 22-42.

Après un intervalle d'environ deux mois  (voyez la note du v. 22). nous retrouvons le Sauveur à Jérusalem, et nous entendons le dernier témoignage public qu'il se rendit personnellement avant sa Passion. Les vv. 22-24 contiennent une petite introduction historique ; vient ensuite le discours de Jésus, vv. 25-39, coupé en deux parties par une criminelle tentative de l'auditoire. v. 31 ; le tout se termine par une retraite et un court séjour du divin Maître dans la province de Pérée, vv. 40-42.

1° Introduction 10, 22-24.

22Or on faisait à Jérusalem la fête de la Dédicace ; et c'était l'hiver. 23Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. 24Les Juifs l'entourèrent donc, et lui dirent : Jusqu’à quand tiendrez-vous notre esprit en suspens ? Si vous êtes le Christ, dites-le nous clairement.

Cette introduction expose les circonstances de temps, de lieu et l'occasion immédiate.

Jean chap. 10 verset 22. - Or on faisait à Jérusalem la fête de la Dédicace ; et c'était l'hiver. - 1° Circonstances de temps.   Les manuscrits B, L, 33, et plusieurs versions, portent 'γένετο τοτε “ alors eurent lieu ”, au lieu de Or on faisait (δε), ce qui rattacherait tout le présent passage (vv. 22-42) au récit 9, 1-10, 21. Plusieurs critiques, adoptant cette liaison, en déduisent que le miracle relatif à l'aveugle-né aurait eu lieu seulement pour la fête de la Dédicace. Déduction qui tombe avec sa base, car la vraie leçon est certainement celle de la Vulgate (d'après la plupart des documents antiques). - La Dédicace, ou Encénies : mot latin calqué sur le grec τα 'γκαίνια, qui signifie “ renouvellement ”, et, dans le langage sacré, “ dédicace ”. Cf. 3 Reg. 8, 63 ; 2 Par. 7, 5 ; Esdr. 6, 16, dans la traduction des Septante. On appelait ainsi une fête relativement moderne, instituée l'an 164 avant J.-C. par Judas Machabée, pour célébrer le souvenir de la purification solennelle du Temple, après la profanation sacrilège d'Antiochus Épiphane Cf. 1 Mach. 1, 20-60 ; 4, 36-59 ; 2 Mach. 10, 1-8 ; Josèphe, Ant. 12 7,7. On la nommait aussi la fête des Lumières, ou simplement les Lumières, τα φωτα, à cause des illuminations joyeuses qui l'accompagnaient partout. Son nom hébreu était et est encore Chanoukah (äëðç, de êðç, consacrer), car les Israélites n'ont pas cessé de la solenniser joyeusement chaque année. Voyez E. Coypel, Le Judaïsme, esquisses des mœurs juives, p. 224 et ss.  - A Jérusalem. La Dédicace pouvait se célébrer en tous lieux et n'exigeait pas, comme la Pâque, la Pentecôte et la fête des Tabernacles, un pèlerinage spécial au centre du culte juif. Cette mention de la Ville sainte suppose que Jésus avait dû quitter Jérusalem après la dernière solennité, et qu'il y était ensuite revenu. La haine maintenant si vive de ses adversaires ne lui permettait pas d'y résider longuement, sans courir des dangers qui auraient avancé l'heure voulue par son Père. Cf. 7, 33, 44 ; 8, 59. Peut-être retourna-t-il en Galilée. Voyez notre Synopsis evangelica, p. 73 et ss., et en sens contraire, Patrizi, De Evang. lib. 2, annot. 100 et 101.  - Et c’était l’hiver. La conjonction και  manque dans à, B, D, L, X, etc. ; elle a été probablement ajoutée. On était en effet en plein hiver, car la Dédicace commençait le 25 cislev, c'est-à-dire dans la seconde moitié de décembre. Comme la fête des Tabernacles avait lieu en octobre (voyez 7, 2 et le commentaire), il existe entre les versets 21 et 22 du chap. 10 une lacune d'environ deux mois. La note c’était l’hiver est, d'après l'hypothèse la plus naturelle, un détail écrit pour les lecteurs non initiés aux coutumes du judaïsme. D'après S. Cyrille et d'autres interprètes, elle aurait pour but d'expliquer pourquoi Jésus se tenait à l'abri sous les portiques du temple, ainsi qu'il est dit au verset suivant.

Jean chap. 10 verset 23. - Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon.  23. - 2° Circonstances de lieu.  - Et Jésus se promenait. Trait graphique, avec l'imparfait de la durée.  - Dans le temple, έν τω ίερω; c'est-à-dire dans l'ensemble des constructions qui composaient le temple. Sur la différence du ιερον et du  ναός, voyez le commentaire de 2, 14 et 19. - Sous le portique de Salomon. Ces mots déterminent l'endroit précis du ιερον où se promenait alors Notre Seigneur. On appelait στοα του Σολομωνος une galerie couverte située à l'orient, et qui, d'après la tradition juive, aurait été un reste du temple construit par Salomon. Cf. Jos. Ant. 20, 8, 6 ; Act. 3, 11 ; 5, 12. Au sud, se trouvait la triple colonnade d'Hérode le Grand. Voyez notre Atlas archéologique de la Bible. pl. 84, fig. 1 et 2.

Jean chap. 10 verset 24. - Les Juifs l'entourèrent donc, et lui dirent : Jusqu’à quand tiendrez-vous notre esprit en suspens ? Si vous êtes le Christ, dites-le nous clairement. - 3° L'occasion immédiate du discours est racontée d'une manière toute dramatique, qui dénote le témoin oculaire. - Les Juifs l’entourèrent donc (ουν, profitant  de la circonstance). Notez l'emploi de l'aoriste après un imparfait : περιεπάτει, il se promenait (v. 23) ; tout à coup, 'κύκλωσαν αύτον, littéralement, “ ils firent cercle autour de lui ” (Cf. Act. 14, 20), lui barrant ainsi le passage, pour le mieux forcer de répondre. - Les Juifs désigne naturellement le parti hostile, les hiérarques. - Et lui dirent (autre imparfait significatif) : Jusqu’à quand, ̔ως πότε... Locution qui exprime une extrême impatience. N'est-il pas temps de te déclarer enfin ? Inutile d'ajouter que cette impatience ne provenait nullement d'une sainte curiosité ; elle avait au contraire pour mobile la haine, le désir de compromettre et d'accuser Jésus. - Tiendrez-vous notre esprit. Même expression métaphorique dans le texte original : την ψυχην ήμων αιρεις. C'est, au propre, tenir suspendu en l'air, dans une situation pénible ; au figuré, laisser dans l'incertitude, agiter entre la crainte et l'espérance, par conséquent surexciter péniblement. - Ils vont préciser davantage leur question : Si vous (pronom accentué) êtes le Christ (ό χριστός, avec l'article), dites-le nous clairement (παρρησία. Cf. 7, 13). Plus tard le Sanhédrin adressera la même demande au Sauveur (Luc. 22, 67), pour en tirer également parti contre lui.

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