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Jean chap. 14 verset 7. - Si vous m'aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père ; et bientôt vous le connaîtrez, et vous l'avez déjà vu. - La pensée, comme le langage, continue de s'élever de sphère en sphère. Le Sauveur vient de mentionner son Père céleste, auquel seul il peut conduire : il explique ici pourquoi il n'y a pas d'autre chemin que lui pour aller à Dieu. “ En réalité, il n'est que l'extension du Père, dès lors la voie sainte qui mène à lui. Si voir Jésus c'est voir le rayonnement du Père, s'attacher à lui c'est atteindre et posséder le Père lui-même. Donc, il est non seulement le chemin qui mène au Père, mais le sanctuaire, le miroir, l'image manifeste du Père ”. Le Camus, Vie de N.-S. Jésus-Christ, t. 2, p. 446 (dans ce bel ouvrage, M. Le Camus a particulièrement bien traité le discours d'adieu). - Si vous m’aviez connu. Si vous étiez arrivés à me connaître, grâce à tant de révélations successives que je vous ai faites de ma personne. - Vous auriez connu aussi mon Père... : par là même vous connaîtriez mon Père. Dans le texte grec, le complément, placé avant le verbe, accentue davantage encore la pensée. - Et bientôt vous le connaîtrez. Précieuse assurance que Jésus donne à ses disciples. Non seulement ils “ auraient pu ” connaître Dieu le Père ; en vérité, déjà ils le connaissent (notez le temps présent), car, en cet instant même, Jésus le leur révèle avec la plus grande clarté. - Et vous l’avez déjà vu : c'est une chose accomplie. N'ont-ils pas vu le Père dans le Fils, qui est un avec lui ?

Jean chap. 14 verset 8. - Philippe lui dit : Seigneur, montrez-nous le Père, et cela nous suffit. - S. Philippe interrompt à son tour et de la même façon naïve que S. Thomas, v. 5. C'est la quatrième fois qu'il apparaît dans l'évangile selon S. Jean. Cf. 1, 44-49 ; 6, 5-7 ; 12, 22. Homme pratique, 6, 5 et ss., qui aimait à se rendre compte des choses par ses propres yeux, 1, 45. - Montrez-nous le Père. Les dernières paroles de son Maître l'ont frappé (“ et vous l’avez déjà vu ”). Mais il leur a donné une interprétation sensible et bornée, au lieu du sens idéal et supérieur qu'elles présentaient. Or, il ne se souvient nullement d'avoir vu le Père. Si Jésus daignait le leur montrer ! Il avait sans doute à l'esprit, en proférant cette audacieuse requête, les théophanies de l'Ancien Testament, et il aurait souhaité, pour lui et les autres apôtres, quelque manifestation semblable. - Et cela nous suffit. Ils se tiendront alors pour satisfaits, et ils croiront pleinement à tout. Ce trait final n'est pas ce qu'il y a de moins étrange dans la demande.

Jean chap. 14 verset 9. - Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, celui qui me voit, voit aussi le Père. Comment peux-tu dire : Montrez-nous le Père ? - Non ! “ ce n'est pas a côté de Jésus qu'il faut désirer voir le Père, mais en Jésus ”. Le Camus, l. c., p. 447.  - La réponse du Sauveur commence par un reproche bien légitime, affectueusement exprimé : Il y a si longtemps...! plus de trois années d'après la chronologie qui semble la meilleure. Et, en outre, dans des relations si intimes ! La réflexion portait d'autant plus juste, que S. Philippe avait été l'un des premiers attachés à la personne de N.-S. Jésus-Christ. Cf. 1, 44. - Et vous ne me connaissez pas. Le grec emploie le singulier, ce qui rend le reproche plus direct. Le parfait est très expressif : Tu n'es point parvenu à me connaître ! - Philippe. Il y a tout ensemble de la solennité et beaucoup de bonté dans cette appellation. Le texte grec la rattache à la phrase qui précède : “ tu ne m’as pas connu, Philippe ? ”. La preuve que Jésus n'était pas vraiment connu de ses plus intimes disciples, c'est que ceux-ci lui demandaient de voir son Père, comme si son Père et lui n'étaient pas, un seul et même Dieu. - Celui qui me voit, voit aussi le Père. Cf. 12, 45, où Notre Seigneur avait déjà fait cette majestueuse déclaration, proclamant son unité d'essence avec Dieu dans les termes les plus catégoriques. - Comment peux-tu dire...? Jésus est comme douloureusement étonné qu'on puisse lui adresser une telle prière : n'est-elle pas incompréhensible après tout ce qu'il a déjà montré de lui-même, de son Père ? Voyez de beaux développements dans Bossuet, Méditat. sur l’Évangile, 84ème jour.

Jean chap. 14 verset 10. - Ne croyez-vous pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais le Père, qui demeure en moi, fait lui-même mes œuvres. - Ne croyez-vous pas... Mieux, dans le texte grec, “ ne crois-tu pas ”, car le divin Maître continue d'argumenter directement avec l'interrupteur. - Que je suis dans le Père et que le Père est en moi. Cf. 10, 38 et le commentaire. Ce que Jésus revendique de nouveau par ce langage saisissant, c'est la complète communauté d'essence avec Dieu. - Un raisonnement concis, mais décisif, rappelle à Philippe et aux autres apôtres une double démonstration, qu'ils semblaient oublier dans la circonstance présente. L'enseignement et les œuvres de leur Maître ne sont-ils pas une preuve irrécusable de sa divinité ? Cf. 5, 19, 30 ; 8, 26, 29 ; 12, 44. - 1° La preuve tirée de l'enseignement : Les paroles ... je ne les dis pas de moi-même. Jésus ne fait donc que prêter ses lèvres à son Père ; il est l'organe de Dieu quand il parle, car il ne diffère pas de Dieu. - 2° La preuve tirée des œuvres : Le Père… fait lui-même mes œuvres. Le Père agit par le bras de Jésus, car la puissance de l'un est la puissance de l'autre.

Jean chap. 14 verset 11 et 12a. - Ne croyez-vous pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? 12aCroyez-le du moins à cause de ces œuvres. - Dans le grec, le v. 12 ne commence qu'aux mots “ En vérité, en vérité ”, division qui est bien préférable. - Ne croyez-vous pas... D'après le texte original : “ Croyez en moi, car... ”, sans point d'interrogation à la fin de la phrase. S'adressant à tous les membres du collège apostolique, Jésus demande qu'ils le croient sur parole quand il leur dit : Je suis dans le Père et le Père est en moi (est, omis par les meilleurs documents, n'est qu'un emprunt fait au v. 10). Cette répétition des mêmes paroles est significative. - Croyez-le du moins... L'assertion de Jésus n'avait pas besoin de garantie. Pourtant, à ceux qui en désiraient une, il offre celle de ses œuvres. Cf. 10, 37, 38 ; 15, 22, 24.

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