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Jean chap. 14 verset 23. - Jésus lui répondit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure. - Jésus lui répondit... Au premier regard, il nous paraîtrait que Jésus ne tient aucun compte de la question de S. Jude ; car il se contente, en effet, de réitérer, avec quelques développements, la déclaration qui l'avait occasionnée (v. 21). Néanmoins il répond d'une manière indirecte. En indiquant avec beaucoup de clarté les conditions expressément requises pour qu'il puisse se révéler et se manifester, c'est-à-dire l'amour et l'obéissance, il montre par là même pourquoi ses amis seuls jouiront du privilège de ses manifestations, et pourquoi le monde sera privé de ce bonheur. - Si quelqu’un m’aime. La charité, voilà ce qui établira la différence essentielle entre le monde et les disciples. - Il gardera ma parole. Cf. vv. 15 et 21. Ici, au lieu de l'expression “ commandements ” du v. 21, Jésus emploie un mot plus général, τον λόγον μου, qui désigne “ le message évangélique dans son unité totale ”, Westcott. - Et (à cette condition) mon Père l’aimera. Cette fois, c'est la forme active (v. 21 : “ aimé de mon Père ”), qui fait mieux ressortir l'aimable condescendance de Dieu.  - Et nous viendrons à lui. La locution est tout à fait remarquable. “ Nous viendrons ”. Quel autre qu'un Dieu peut parler ainsi ? Un simple homme, une simple créature, quelque parfaite qu'on la fasse, oserait-elle dire : Nous viendrons, et s'associer avec le Père éternel, pour demeurer dans le fond des âmes, comme dans son sanctuaire ? ” Bossuet, Médit. sur l'Evang. 93ème jour. C'est donc là une autre preuve évidente que Jésus revendiquait intégralement la divinité. - Nous ferons en lui notre demeure (voyez le v. 2 et la note)... Le ciel ne se contentera pas de descendre sur la terre ; Dieu fixera son séjour dans les âmes comme dans un temple (Cf. 1 Cor. 3, 16 ; Apoc. 3, 20). Lui qui, plus haut (vv. 2-3), nous promettait une habitation auprès de lui, voici qu'il condescend à se faire notre hôte. “ Qui nous dira quelle est cette secrète partie de notre âme, dont le Père et le Fils font leur temple et leur sanctuaire ? Qui nous dira combien intimement ils y habitent ; comme ils la dilatent comme pour s'y promener, et de ce fond intime de l'âme, se répandre partout, occuper toutes les puissances, animer toutes les actions ? Qui nous apprendra ce secret, pour nous y retirer sans cesse, et y trouver le Père et le Fils ? ”. Bossuet, l. c. L'Ancien Testament mentionne souvent la présence de Jéhova au milieu de son peuple. Cf. Ex. 25, 8 ; 29, 45 ; Ezech. 37 27 ; Zach. 2, 10, etc. Mais nulle part le Seigneur n'y promet de résider ainsi dans le cœur de chaque fidèle. - Nous ferons. La vraie leçon du grec est “ nous nous ferons ” : ce qui met bien mieux en relief la part active que Dieu prend à se préparer une habitation en nous.

Jean chap. 14 verset 24. - Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles ; et la parole que vous avez entendue n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé, du Père. - Même pensée, négativement exprimée : quels sont ceux auxquels Jésus ne se manifestera point. - Celui qui ne m’aime pas. Le monde sceptique, et opposé à N.-S. Jésus-Christ. - Ne garde pas mes paroles. Grand crime (Cf. 7, 16 ; 8, 28 ; 12, 49), dont la conséquence implicite sera : “ et mon Père ne l’aimera pas ”, etc. Comment se manifester à des hommes indifférents ou même hostiles ?  Remarquez le pluriel “ mes paroles ”; nous lisions “ ma parole ” au singulier dans le précédent verset. L'unique message est ainsi décomposé en ses diverses parties. - Et la parole (de nouveau le singulier, qui englobe tous les discours de Jésus) que vous avez entendue... Notre Seigneur ajoute cette idée pour mieux démontrer la culpabilité du monde. - N’est pas de moi... En ne recevant pas sa prédication, c'est la parole même de Dieu que les incrédules ont rejetée.

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